Environnement - Climat

Énergie, Climat, Biodiversité: les enjeux écologiques de notre temps.

Tel est le thème de la conférence que donnera le 25 Mars à partir de 17 H 30 à la Maison des Associations 2, rue des Corroyeurs à Dijon,  Jérôme Chabot, ingénieur agronome, sous l’égide de l’Association BCN. 

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Si la participation est gratuite, en revanche, l’inscription est impérative, pour des raisons de logistique et de sécurité : soit en laissant un message au 03.80.53.37.02 (répondeur), ou mieux par courriel à BCN :

Inscription

Nous vivons une époque cruciale : jamais l’impact des activités humaines sur la planète n’a été aussi fort, jamais nous n’avons été aussi nombreux, jamais nous n’avons été aussi savants qu’aujourd’hui sur l’état de la planète. Par conséquent, jamais notre responsabilité n’a été aussi grande  vis à vis du vivant et de son avenir : pour nous-mêmes et pour les vivants autres qu’humains.

Mais agir pour restaurer la possibilité d’un avenir plus harmonieux suppose de comprendre à quels mécanismes et à quels enjeux nous avons à faire, en matière d’énergie, de climat et de biodiversité ; et chemin faisant, de passer d’un déni commun et confortable à une lucidité exigeante et intranquille.

L’objectif de BCN est de vous donner une vision élargie de ces enjeux : ce constat scientifique, destiné à clarifier les mécanismes en oeuvre sera doublé d’une approche historique: il s’agira de comprendre comment nous en sommes arrivés à un tel degré d’emprise sur le vivant.

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Au terme de cet examen complet, se dessinera un portrait lucide de l’homme, dans sa relation à son environnement et au vivant ; et avec ce portrait une esquisse des scénarii possibles pour le futur, des scénarii différents les uns des autres et dont certains s’excluront entre eux.

Loin de délivrer des solutions toutes faites, cette conférence prétend vous donner des outils pour comprendre, pour mûrir votre point de vue, et vous proposera en conclusion quelques outils (éthiques et méthodologiques), ainsi que des voies philosophiques aptes à nous guider dans les temps qui viennent.

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Bourgogne Collaborative Network

Actualités & News·Société

8 Mars : Journée Internationale des femmes.

Partenaire

A travers l’étude INSEE Partenaires, l’occasion nous est offerte d’évoquer l’inégalité devant l’emploi que représente la charge mentale des femmes, et notamment lorsqu’il s’agit d’assumer la garde des enfants. Bien que limitée à la situation de l’île de la Réunion, cette étude évoquera pour tous des situations bien connues ou encore actuelles.

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I. Le renfort indispensable pour les parents en emploi

En 2010, près de la moitié des familles réunionnaises utilisent un mode de garde pour leur plus jeune enfant de moins de 11 ans. En priorité, elles sollicitent leur entourage proche, les grands-parents en particulier. Mais les parents en emploi doivent aussi s’adresser à des professionnels de l’enfance pour pallier leurs longues absences. À la scolarisation du petit dernier, le recours à un mode de garde reste paradoxalement stable. La scolarisation favorise en effet le retour des mères sur le marché du travail, qui crée ainsi un besoin supplémentaire de modes de garde. 

Déléguer la garde de son enfant n’est pas une tâche facile. Les parents apportent en effet une attention particulière à l’épanouissement physique, intellectuel et affectif de l’enfant. Ils exigent de surcroît un cadre d’accueil sécurisé.

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En 2010, 46 % des familles réunionnaises qui ont un enfant de moins de 11 ans déclarent confier leur plus jeune enfant à une tierce personne ou à une structure d’accueil autre que l’école. Pour cela, les parents font d’abord confiance à leurs proches. Ainsi, les grands-parents sont particulièrement mis à contribution (tableau 1) : ils sont sollicités par 28 % des familles. En effet dans la culture réunionnaise, l’entourage familial est un repère important. En outre, les membres de la famille ne sont jamais très éloignés sur l’île. Seules 16 % des familles réunionnaises s’adressent à des professionnels de l’enfance. Dans ce cas, les centres d’accueil collectif sont privilégiés : crèche, garderie, centre de loisirs. Ils sont préférés aux « nénennes », qui assurent une garde individualisée de l’enfant. Cette garde individualisée est aussi la plus onéreuse. Cependant, la majorité des familles réunionnaises déclarent se passer de tout mode de garde. Les parents affirment alors s’occuper seuls de leur marmaille de moins de 11 ans.  

Le recours à un mode de garde dépend de la situation des parents ou du parent sur le marché du travail. Les parents sans emploi ou inactifs sont évidemment plus disponibles que les parents qui occupent un emploi. Ainsi, deux tiers des couples d’un seul parent en emploi affirment assumer seuls la garde de leur plus jeune enfant. Un tiers de ces couples ont recours à leurs proches. Plus disponibles encore, les trois quarts des familles de parent(s) inoccupé(s) se débrouillent seuls. Les couples d’un seul parent en emploi et les familles de parent(s) inoccupé(s) sont ensemble majoritaires. Ils rassemblent 62 % des familles réunionnaises avec un enfant de moins de 11 ans. 

A. Les professionnels de l’enfance au soutien des parents en emploi.

Les familles de parents en emploi ont quant à elles un net besoin d’aide pour garder leur dernier-né :  72 % recourent à un mode de garde. Ces familles sont constituées des couples de deux parents en emploi et du parent en emploi d’une famille monoparentale. Pendant leur temps de travail, ces parents n’ont guère d’autre choix que de faire garder leur plus jeune progéniture. 

Les familles de parents en emploi privilégient alors leur entourage et notamment les grands-parents. Le tiers de ces familles d’actifs occupés font garder leur plus jeune enfant par papi-mamie. Mais les absences de ces parents sont longues et régulières ; les proches ne peuvent pas toutes les pallier. Les familles de parents en emploi se tournent alors vers les systèmes de garde rémunérés. Le quart d’entre elles adopte des modes de garde collective. Quant aux gardes individualisées, une famille d’actifs en emploi sur dix recourt à une assistante maternelle. Ces familles de parents en emploi sont les seules à recourir à des services payants, bénéficiant en général de ressources financières plus favorables. Le quart des familles de parents en emploi parviennent tout de même à gérer leur quotidien sans mode garde. Les parents doivent pour cela ajuster leurs emplois du temps. Mais cet ajustement est plus fréquent si le petit dernier est scolarisé. 

B.Le recours à un mode de garde maintenu à la scolarisation

Vers trois ans, les enfants prennent le chemin de  l’école. L’école primaire  les occupe  dorénavant  quatre journées par semaine en dehors des vacances scolaires. La question du mode de garde pourrait se faire moins pressante. Les familles de parents qui étaient déjà en emploi et de parent(s) inoccupé(s) font d’ailleurs moins appel à un mode garde à la première rentrée de leur benjamin. 

Néanmoins, la scolarisation du dernier enfant est aussi l’occasion d’un retour sur le marché du travail pour certains parents. De ce fait, le recours à un mode de garde est quasiment équivalent, que l’enfant soit scolarisé ou non (respectivement 45 % et 48 %).

Au final, 46 % des familles ayant le plus jeune enfant à l’école ont des parents en emploi. Par contre, quand le plus jeune enfant n’est pas encore scolarisé, seulement 26 % des familles ont des parents en emploi. Dans les couples d’un seul parent en emploi, les parents inactifs s’occupent bien souvent de la garde des jeunes enfants. Ce sont aux trois quarts des mères au foyer. 

Parfois, elles ont mis leur carrière entre parenthèses pour se consacrer à leurs enfants. Leur scolarisation les incite alors à la reprise d’une activité professionnelle. Ces familles,redevenues « de parents en emploi », ont alors souvent  besoin d’un mode de garde extra-scolaire pour leurs enfants. 

C. Les parents en emploi toujours sur leurs gardes

École ou pas  les familles de parents en emploi sont toujours, les plus à la peine pour concilier activité professionnelle et garde d’enfant (graphique 3). Avec un enfant en très bas âge, une écrasante majorité (87 %) des familles de parents en emploi requièrent au moins un mode de garde. Elles sont encore les deux tiers à y requérir quand l’enfant s’assoit sur les bancs de l’école.  Avec la scolarisation, la période d’absence à combler des parents en emploi se réduit : avant et après l’école et le mercredi. Ces parents actifs s’adressent moins à des services de garde rémunérés. Les aides financières pour ces gardes diminuent aussi de moitié aux trois ans de l’enfant. Plus coûteuse, la garde individualisée est alors complètement délaissée tandis qu’un tiers des familles y recourent pour un nourrisson. Par contre, la garde collective se maintient : plus de 20 % des familles de parents en emploi lui font toujours confiance. Mais les structures d’accueil ne sont plus les mêmes : l’étude et le centre de loisirs ont supplanté la crèche et la garderie. À la première rentrée des classes, les proches des parents en emploi sont plus sollicités que les professionnels. Les grands-parents assurent toujours volontiers des permanences pour offrir un cadre familial sécurisé à leurs petits-enfants.

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D . Les parents en emploi en difficulté pour organiser la garde de leur enfant. 

À La Réunion, la garde d’un enfant  ne paraît pas poser de difficultés  particulières pour une majorité de familles : près de neuf familles sur dix la jugent même facile pour un enfant de moins de sept ans. Mais les familles de parent(s) en emploi ne partagent pas ce jugement : le quart d’entre elles estiment au contraire que l’organisation de la garde est plutôt difficile. Les journées de travail de ces parents actifs imposent en effet des absences longues et répétées. La garde de leur jeune enfant est alors parfois délicate à organiser. Plus disponibles, les couples d’un seul parent en emploi et les familles de parent(s) inoccupé(s) ayant le même souci sont rares. 

II. Plus de difficultés dès qu’il y a des enfants.

Après une journée de travail, près de la moitié des personnes affirment être fréquemment en difficulté pour effectuer les tâches domestiques. Les mères qui élèvent seules leur(s) enfant(s) sont les plus à la peine. Les couples de deux personnes en emploi avec enfant(s) éprouvent aussi fréquemment des difficultés. À l’inverse, peu de personnes qui travaillent considèrent que leur vie familiale agit sur leur capacité à « bien travailler ». Les employeurs font néanmoins souvent preuve de « souplesse » pour gérer les imprévus.

Les deux tiers des personnes qui travaillent affirment n’avoir pas pu récemment s’occuper de toutes les tâches domestiques après leur journée de travail. Près de la moitié des travailleurs-ses déclarent être dans cette situation au moins une fois par mois, voire plusieurs fois par semaine (graphique 4). L’impact de la fatigue de la journée de travail sur la vie personnelle est donc indéniable. Mais selon que l’on vive en couple ou non, avec ou sans enfant, selon les responsabilités que l’on exerce au travail, les répercussions sont nuancées. Par ailleurs, les femmes sont plus fréquemment confrontées à la difficulté d’exécuter les tâches domestiques que les hommes. 

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A. Les mères de familles mono – parentales les plus à la peine 

L’articulation entre la vie professionnelle et la vie familiale n’est donc pas toujours aisée. Les adultes, essentiellement des femmes, qui travaillent et élèvent seuls leur(s) enfant(s) ont le plus de difficultés à accomplir l’ensemble des tâches domestiques après leur journée de travail. Ensuite, les couples d’une seule et de deux personnes en emploi avec enfant(s) éprouvent le plus de difficultés. Les couples sans enfant ont moins de mal à concilier le travail et la famille. Les familles monoparentales sont donc plus souvent confrontées à des difficultés, un seul adulte ayant à faire face à la fois aux responsabilités professionnelles et domestiques. Dans 80 % des cas, l’adulte est une femme en emploi (20 % d’hommes en emploi). La difficulté de conciliation semble augmenter avec la jeunesse de l’enfant : plus l’enfant est jeune, plus la difficulté est grande. Une grande diversité de situation prime parmi les couples de deux personnes en emploi. Ainsi, les foyers qui rencontrent des difficultés sont aussi nombreux que ceux qui n’en ont pas. 

La situation des couples d’une seule personne en emploi est assez proche de celle des couples biactifs occupés : l’impact du travail sur la vie familiale est presque du même ordre, avec plus de la moitié des personnes déclarant n’être que rarement voire jamais confrontées à des difficultés pour les tâches domestiques. Néanmoins, c’est l’homme qui est en emploi dans les trois quarts des cas. C’est donc à la femme sans emploi qu’incombent les tâches ménagères

Le temps de travail et les fonctions occupées, en lien avec le diplôme, influent également sur les difficultés de prise en charge des tâches domestiques, particulièrement dans les familles monoparentales ou chez les couples de deux actifs en emploi. 

Généralement, lorsque le niveau de diplôme s’accroît, le temps » de travail également, ce qui laisse moins de temps pour le reste. Ainsi, 60 % des diplômé-es du supérieur déclarent être. fréquemment dans l’impossibilité de s’occuper de toutes les tâches domestiques, contre 45 % chez les détenteurs d’un baccalauréat ou moins.. 

B. La vie personnelle influe peu sur la vie professionnelle 

S’il apparaît clairement que l’exercice professionnel influence plus  souvent la réalisation des tâches domestiques, dont le soin aux enfants, l’inverse est beaucoup plus rare. Ainsi, 93 % des personnes en emploi considèrent que leur vie personnelle ne se répercute pas sur leur capacité à « bien travailler ». Cependant, lorsque il y a des enfants, les parents qui travaillent éprouvent un peu plus souvent de difficulté à « bien travailler. Ceci d’autant plus que les enfants sont jeunes. Ainsi, les familles ayant un ou des enfants de moins de sept ans sont trois fois plus nombreuses à avoir fréquemment des difficultés à « bien travailler » que les autres. Toutefois, les employeurs de notre île font régulièrement preuve de « souplesse » en cas d’imprévu familial ou de besoin de garder un enfant : 80 % des travailleur-ses déclarent en bénéficier en cas d’imprévu et 75 % pour une garde d’enfant. 

C. Les enfants pièce maîtresse de la conciliation des temps de vie. 

Face et les aux hommes inégalités notamment persistantes en entre les femmes matière d’accès à l’emploi et de développement de carrière, la question de la répartition des responsabilités domestiques se pose de plus en plus. Elle devient encore plus préoccupante avec la naissance des enfants qui ont un effet flagrant et inégal sur la carrière professionnelle. En effet, les naissances n’affectent pas la situation face à l’emploi pour plus de 90 % des pères. Pour les mères au contraire, la naissance du premier enfant a un impact fort sur la situation professionnelle : 40 % d’entre elles changent de situation (passage au temps partiel, changement de poste, prise de congé parental, démission). À l’arrivée du deuxième enfant, 16 % des femmes prennent un congé parental à temps plein et 31 % passent à temps partiel. 

(Cf. Génération 98, 7 ans après, Céreq 2007). 

D. Un « plan crèche » pour répondre à des besoins croissants et très divers.

Les enfants sont souvent au cœur de la  problématique  de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.L’enjeu est donc important pour La Réunion de satisfaire aux besoins des familles en terme d’accueil des jeunes enfants.

La Réunion est faiblement dotée en places pour la  garde des enfants d’âge pré-scolaire. En 2008, le taux d’équipement en crèches collectives ou parentales et  haltes garderies s’élève à 50 pour 1 000 enfants, contre plus du double en France métropolitaine. L’État et ses partenaires ont lancé fin 2007 un plan de rattrapage. 

Ce plan est cofinancé et accompagné par l’État, la Caisse d’Allocations Familiales, le Conseil général, en lien avec  l’Association des Maires du Département de La Réunion. 

Dans un premier temps, il permet le dépassement des plafonds de financement des institutions pour la création de crèches d’une quarantaine de places. Le plafond de financement est ainsi porté à 80 % pour les investissements (construction) et à 75 % pour le fonctionnement. 

Dans un second temps, la création de micro crèches est accompagnée et encouragée, notamment par la formation des personnels et la mise à disposition par les communes de lieux d’accueil adaptés. Enfin une attention particulière est portée sur les horaires d’ouverture, favorisant les horaires dits atypiques.

Fin 2010, 418 places en micro crèches et 421 places en Établissements d’Accueil du Jeune Enfant ont été créées à travers le plan de rattrapage, qui court jusque en 2014.

Pour en savoir plus 

  • « Génération 98, sept ans après », enquête Événements familiaux et carrière, Cereq, 2007. 
  • « Promotion de l’égalité des chances entre les hommes et les femmes à La Réunion : le travail des femmes », les documents de l’ODR, Mai 2008. 

Signet

 

L'éditorial

L’édito.

Je m’étais bien promis de ne jamais vous parler du Covid-19… me voilà à mon tour contraint d’avaler mon chapeau (rond… ). Et voilà que le Conseil Départemental vient de prendre la décision de reporter le Salon du Bien Vieillir. Ce n’est que modérément contrariant pour BCN : l’agenda est plutôt bien garni entre la conférence de Jérôme du 25 Mars, la Journée Cadres du 16 Avril, et la Masterclass du 17 sur le Crédit Impôt-Recherche.

Du coup, ce répit bienvenu a été mis à profit pour une rencontre à la section Cadres de PE-Quétigny, le 9 Avril. Mais surtout, nous pouvons désormais nous concentrer sur la communication digitale de BCN, et saisir la chance d’aligner nos planètes !

Artistes, contributeurs, rédacteurs : nous attendons le meilleur de vous, de votre imagination, de votre créativité dans les prochaines semaines. On compte sur vous !

L’Ours.

Grizzly

 

 

Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous : « Judy ».

Renée Zellweger incarne Judy Garland à la fin de sa vie dans ce biopic. Critiques, bande-annonce, casting, tout ce qu’il faut savoir sur Judy.

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Tout le monde a entendu parler de Judy Garland, l’interprète vedette du « Magicien d’Oz », ainsi que de la scie « Somewhere over the rainbow ». C’est l’une des chansons les plus connues de la fin des années 1930. Incarnant les espoirs et les rêves d’une jeunesse aspirant à un monde idéal d’amour et de joie, la chanson fut écrite en une nuit pour Judy Garland qui l’interpréta dans le film Le Magicien d’Oz, et elle devint le thème musical qui devait bercer toute sa vie. En effet, on lui demanda de l’interpréter à presque toutes ses apparitions publiques.

La mélodie plaintive et les paroles simples de la chanson racontent le désir d’une adolescente de s’échapper du « désordre sans espoir » de ce monde (hopeless jumble), de la tristesse des gouttes de pluie, vers un nouveau monde plein de couleurs « par-delà l’arc-en-ciel » (over the rainbow). Cette chanson exprime aussi la croyance enfantine selon laquelle les cieux ouvriront un passage vers un lieu où « les soucis fondent comme du sorbet au citron » (troubles melt like lemon-drops).

Seconde chose que l’on sait généralement sur Judy Garland, c’est qu’elle vient de rapporter l’Oscar de la meilleure actrice à Renée Zellweger. Les cinéphiles français se souviennent du trophée obtenu par Marion Cotillard pour la Môme. De là à penser que les artistes « sulfureuses » fournissent de la matière à d’excellents biopics…

Synopis : Hiver 1968. La légendaire Judy Garland débarque à Londres pour se produire à guichets fermés au Talk of the Town. Cela fait trente ans déjà qu’elle est devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz. Judy a débuté son travail d’artiste à l’âge de deux ans, cela fait maintenant plus de quatre décennies qu’elle chante pour gagner sa vie. Elle est épuisée. Alors qu’elle se prépare pour le spectacle, qu’elle se bat avec son agent, charme les musiciens et évoque ses souvenirs entre amis ; sa vivacité et sa générosité séduisent son entourage. Hantée par une enfance sacrifiée pour Hollywood, elle aspire à rentrer chez elle et à consacrer du temps à ses enfants.

Les critiques : elles sont unanimes : Renée Zellweger a amplement mérité son Oscar de la meilleure actrice, décroché quelques semaines plus tôt pour ce rôle. « Renée Zellweger se livre corps et âme pour ce rôle exigeant, offrant une performance magistrale » selon Télé-Loisirs, Le Parisien note une interprétation « déchirante »,  Ouest France souligne que la légende d’Hollywood est « si bien incarnée par l’actrice de Bridget Jones ». Pour Première, ce biopic tout ce qui a de plus classique vaut d’ailleurs principalement pour cette performance d’actrice : « Sans jamais tomber dans l’imitation, elle rend compte de la complexité d’une vie de star lancée toute jeune et soumise à la pression d’un métier qui exige plus qu’il ne donne. Et finalement, elle nous parle autant d’elle que de Judy Garland. »

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Inspiré de la comédie musicale End of the Rainbow, le long-métrage avait « seulement » été cité aux Oscars dans la catégorie Meilleure actrice et Meilleurs coiffures et maquillages. Judy doit donc beaucoup à son interprète, visiblement inspirée par Liza Minelli. Le film satisfera les amateurs du genre, et décevra sans doute les spectateurs qui attendent une « proposition originale ».

Judy6L’on apprend dans ce film, que Judy s’est « pris son premier rateau » de  Mickey Rooney, un autre enfant-star de Hollywood. Celui-ci aura eu la chance de vivre deux fois plus longtemps : 94 ans, de divorcer deux fois plus souvent, et évoquait cette rencontre bien longtemps après la disparition de l’actrice. L’enfance et l’adolescence sous la tutelle de M. Mayer (des studios MGM) sont un perpétuel balancier entre l’esclavage de la production et l’occasion de briller, de sortir de l’enfance pauvre du Minnesota : cela laissera bien plus tard des séquelles.

Que faut-il en penser ? Attendre une proposition originale sur une biographie, suppose de « picorer », de piocher des extraits, comme ce fut le cas de « J’accuse », ou du prochain « De Gaulle »; ici,  le parti pris est différent. Pour incarner le personnage, l’actrice Renée Zellweger a dû elle aussi se mettre au chant pour incarner ce rôle. C’est bien elle qui chante dans Judy : la comédienne a répété plusieurs mois durant avec le directeur musical du film. C’est donc bien la voix de l’interprète de Bridget Jones, transformée par ses talents pour coller au plus près à celle de Judy Garland, qu’on entend dans ce biopic. C’est très courageux, et c’est aussi ce qui fait la force et l’émotion des scènes de show restituant la tournée de Londres. Un très bon moment.

L’Ours.

Grizzly

Culture - Loisirs - Histoire·Evènements·Revue de Presse

La voix de l’Europe porte encore.

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Spécialiste du nazisme, l’historien Ian Kershaw trace dans « L’âge global le portrait d’un continent européen prospère, puis secoué par les crises économiques et identitaires. A l’heure du Brexit et des populismes, il décrit une Europe écartelée entre les incertitudes et les motifs d’espoir.

Question :  Que représente pour vous le Mur de Berlin, qui figure sur la couverture de votre livre ?

Ce mur représente toujours d’après moi, la vision d’une Europe unie. Avec des jeunes,     « juchés » sur le Mur, qui ont réussi à surmonter les divisions de ce continent.

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Question :  Pourquoi cet « âge » est-il devenu « global »  après la Seconde Guerre Mondiale ?

La période qui suit la Seconde Guerre Mondiale est subordonnée d’entrée à deux superpouvoirs mondiaux, les États-Unis et la Russie : le livre s’ouvre d’ailleurs sur la guerre de Corée, pour montrer à quel point les intérêts mondiaux leur étaient subordonnés. Avec le temps sont venus se greffer les effets de la mondialisation. Et puis la Chute de Mur, la convergence économique, Internet, la révolution technologique des années 1990 et 2000 pour aller vers un monde de plus en plus lié et interconnecté.

Question :  En quoi la crise des missiles de Cuba, en 1962 constitue-t-elle un cap dans l’histoire ?

C’est la fin d’une première phase de peur profonde d’un conflit nucléaire et aussi la preuve que ce qui menace l’Europe est désormais lié aux intérêts des Américains et des Russes. 1960, le Mur de Berlin, 1962, les missiles de Cuba. La confrontation nucléaire prend fin à l’heure de ces deux événements. Contrairement à ce quel ‘on croit, le Mur met fin à la tension entre les peuples en Europe, et en 1962 surgit un moment de paix, de stabilité, lié à l’équilibre nucléaire entre les deux.

Question :  Vous décrivez cette période comme celle du retour à une certaine forme de « normalité » ?

Dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le désir de paix était là en Europe, avec cette reconstruction d’une Europe pacifiée, avec l’idée que cela ne se reproduirait jamais. La stabilité a consolidé de développement pacifique en Europe. Au niveau culturel, des développements spécifiquement européens sont nés parce qu’ils prenaient racine dans l’horreur qu’a connue l’Europe, dans le traumatisme physique et psychologique de la guerre. On les a retrouvés notamment dans l’architecture et la littérature.

Question :  Un long chapitre est consacré à la guerre de Yougoslavie, un autre cap pour le continent européen ?

Ce n’est pas forcément un tournant, mais elle a rappelé à l’Europe que son sol pouvait encore être le théâtre de guerres, que toute forme de conflit n’avait pas totalement disparu. C’est un conflit que l’Europe occidentale n’a pas compris à ce moment-là, qui se déroulait dans un pays lointain, que l’on ne connaissait pas ou pas bien. On n’en a pas tiré les enseignements qu’on a pu tirer des deux guerres mondiales parce qu’elle ne nous touchait pas. Elle n’affectait pas notre quotidien d’Européen. C’était un avertissement.

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Question :  ces dernières années, l’Europe a été durement frappée par le terrorisme. Est-ce une autre forme de guerre ?

Je n’aime pas cette expression « guerre contre le terrorisme », ce n’est pas une guerre, c’est une question de sécurité et de défense. Il n’y a pas d’ennemi défini comme pour un conflit avec un État. C’est plutôt une manière de défendre un mode de vie et une civilisation. Le danger n’est pas tant, dans ces attaques terroristes, de détruire le continent européen, que de réduire les libertés individuelles dans ces pays,  en mettant l’accent sur la sécurité intérieure dans ces pays.

Question :  Certains établissent un parallèle entre le nazisme, dont vous êtes un spécialiste, et le djihadisme.

Pour moi, ce sont des phénomènes différents, que j’analyse de manière distincte. Le nazisme est né dans un contexte européen et allemand bien précis qu’il s’agit de comprendre en tant que tel, il est impossible de les comparer. Pour moi ce parallèle est une simplification.

Question :   Brexit, Allemagne affaiblie, Italie, contestation sociale en France… Les turbulences que connaît l’Europe traduisent-elles un mal global ?

Tout ça n’engendre pas forcément une crise générale de l’Europe, ce ne sont pas des éléments susceptibles de déstabiliser voire d’engendrer l’effondrement de l’Europe. Ce sont des phénomènes certes préoccupants, mais centralisés sur leur pays : Brexit, départ de Mme Merkel, M. Salvini, les gilets jaunes en France… la question des grèves en France est un problème spécifiquement français pour lequel la France trouvera une solution, ou pas.

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Question :  Dans cette Europe-là, quel rôle doit jouer Emmanuel Macron ?

C’est quasiment le seul dirigeant européen à avoir cherché à être novateur, à vouloir réformer, mais ses initiatives n’ont mené nulle part. A chaque fois,  ses projets de réforme fondamentaux du système européen se sont heurtés aux intérêts nationaux d’autres pays, notamment de l’Allemagne. Comme sur son projet de finaliser l’Union bancaire… Macron est un énième leader politique qui a échoué sur la question européenne.

Question :   Une demi-siècle plus tard, la démocratie à l’européenne fonctionne-t-elle encore ?

Cela ne fonctionne pas toujours brillamment, mais ça fonctionne. C’est une réussite, même si, aujourd’hui, les mouvements contestataires et de protestation existent. Elle fonctionne même si elle n’est pas égalitaire et équitable pour tout le monde. Churchill disait : « La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres ». mais si on compare avec les années 30, on peut dire que la démocratie est consolidée.

Question :  Face aux poids lourds Donald Trump, Vladimir Poutine ou Xi-Jinping, la voix de l’Europe porte-t-elle encore ?

Oui, l’Europe a encore une voix, même si elle est plus faible que par le passé. L’Europe continue à être une puissance économique majeure dans le monde, malgré son déclin relatif par rapport à d’autres parties du globe. Sa voix restera d’autant plus forte si elle tient bon. Le Brexit atténue cette voix de l’Europe, mais surtout celle de la Grande-Bretagne, qui devient un pays esseulé, se contentant d’une toute ^petite voix dans les affaires du monde.

Question :  Le Royaume-Uni se retrouve donc affaibli par le Brexit ?

C’est le début de la fin. C’est en tout cas, la source d’un profond regret pour moi. Il va falloir des années avant que tout cela ne se mette réellement en place. Après, en termes de commodités en tant qu’écrivain britannique, j’attendrai plus longtemps pour passer la douane… Pour le reste, on verra.

Propos recueillis par Xavier Frère – Le grand entretien – Le bien Public du Dimanche 23 février 2020.

Bio Express : Ian Kershaw.

23 avril 1943 : naissance à Oldham (U.K.)

Années 60 : études supérieures à Liverpool et Oxford.

1983 : professeur invité à l’université de la Ruhr à Bochum (D.)

1987 : Premier livre sur Adolf Hitler, Le mythe Hitler.

1995 : publie L’opinion allemande sous le nazisme.

1999 – 2000 publie Hitler tome 1 et 2.

2016 : L’Europe en enfer, 1914 – 1949.

Janvier 2020 : L’âge global, l’Europe de 1950 à nos jours (Éditions du Seuil).