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Éditorial : « Nous avons besoin de douceur » par Patrick Pelloux, président de l’Association des Médecins urgentistes de France.

Pour le médiatique urgentiste et ancien chroniqueur de « Charlie Hebdo », qui sort un nouveau livre ce mois-ci, il faut tout faire pour sauver le vivre ensemble à la française, lutter pour réhabiliter le système de soin et mettre de l’ordre sans attendre sur les réseaux sociaux.

« Urgences de vivre », son nouvel ouvrage.

L’entretien du Dimanche : Vous sortez un nouveau livre « Urgences de Vivre », quel est le sens de ce titre ?

C’est un livre prêt depuis 3 ans qui correspondait à un best off des chroniques que j’ai écrites dans Charlie Hebdo de 2004 à 2016. Elles sont plutôt optimistes et bienveillantes, ce dont notre pays a besoin dans cette phase de son histoire. La France est en très très grande souffrance, confrontée aux urgences sanitaires, économiques, sociales, de bien-être, de convivialité, et de vivre ensemble… tout simplement.

L’entretien du Dimanche :Depuis 2004, votre regard sur la société a-t-il changé ?

J’avais commencé à écrire dans Charlie Hebdo après le drame de la canicule de 2003. Il m’était alors apparu que la société vivait une fracture avec le monde des personnes âgées. Sous le sceau du progrès, nous engendrions des fractures que nous n’imaginions même pas ou alors que l’on ne veut pas voir. La société s’est dégradée sur le vivre ensemble, elle a creusé ses inégalités auxquelles s’est greffé le retour en force du communautarisme. Nous n’avons pas à l’heure actuelle, à gauche comme à droite, de grandeur politique qui propose des solutions pour se sortir de tous nos maux.

L’entretien du Dimanche : Vous êtes aussi très remonté contre les réseaux sociaux…

Moi, je les appelle les réseaux a-sociaux. Ils font des dégâts considérables et leurs propres créateurs se demandent s’ils n’ont pas engendré un monstre vecteur de désinformation. Le rôle du journalistes est de démonter tout cela, de dire la vérité. Et au législateur de mieux réguler ces réseaux.

L’entretien du Dimanche : Vous êtes l’auteur d’un livre-référence sur la mort des gens célèbres. Le regard des français sur la mort a-t-il évolué avec cette crise sanitaire ?

Par le passé, la culture de la mort était mieux acceptée. Nôtre société la fuit de plus en plus. On ne voit plus les images des cercueils nus à la télé par exemple.

Je vois dans le rapport aux patients, combien les gens sont tristes. L’augmentation non chiffrée de la souffrance, que l’on voit dans la hausse de consommation d’alcool ou antidépresseurs, nous rappelle que nous avons tous besoin de douceur.

Nous sommes un peuple vaillant, courageux et plutôt plus obéissant que ce que tout le monde prédisait, mais qui hélas vit dans la peur. Il est inutile d’ajouter de l’anxiété sans cela nous risquons une explosion sociale. Nos dirigeants doivent l’entendre. Notre pays ne compte plus de mouvement qui appelle à la non-violence. La violence est de part et d’autre.

L’entretien du Dimanche : Quel jugement portez-vous sur l’action du gouvernement ?

J’ai été très sensible au discours du président de la République quand il a dit « Il faut faire Nation ». Donc, j’ai fait Nation. J’ai rarement critiqué ou seulement dans les angles, l’action du gouvernement car je ne sais pas qui aurait fait autrement, à vrai dire. Ils ont fait ce qu’ils ont pu avec nos incohérences et nos imprécisions sur l’achat des masques ou la fabrication de respirateurs. La réindustrialisation de la France, notre souveraineté sur ces sujets, restent centrales mais je ne vois pas bien où le gouvernement en est exactement là-dessus.

On est un pays merveilleux qui est complètement retenu par des freins incroyables, c’est peut-être là l’échec de Macron qui incarnait l’espérance et le renouveau.

L’entretien du Dimanche : Comprenez-vous les personnes qui se disent opposées au vaccin ?

Non, je ne suis pas d’accord avec les anti-vaccins. Regardez les gravures du XVIIIe siècle et vous y verrez des tas de gens tordus. Si aujourd’hui nous sommes tous de beaux gosses, bien droits, c’est parce qu’on a éradiqué la poliomyélite, grâce au vaccin !

L’entretien du Dimanche : Beaucoup de Français, sans y être formellement opposés, restent prudents à l’égard de la vaccination anti-Covid…

Ceux-là, je les comprends mais il ne faut pas avoir peur. Depuis longtemps des recherches étaient menées par les vétérinaires sur le coronavir qui décimait les cheptels, nous ne sommes pas partis de zéro. On est en effet allé très vite et il faut un peut de temps pour que la confiance s’installe.

L’entretien du Dimanche : Vous en voulez aux médias d’avoir relayé chaque jour le nombre de morts du Covid, pourquoi ?

C’est une connerie délirante, anxiogène au possible. C’est incompréhensible. Pourquoi alors ne dirait-on pas le nombre de morts sur la route ou du cancer chaque soir ? C’est complètement dépressogène et absurde. Ce que veulent les gens, c’est que la météo annonce du soleil !

L’entretien du Dimanche : Vous êtes un soutien du Professeur Raoult ? Vous comprenez la place qui lui a été accordée ?

C’est la place de la liberté d’expression et d’un débat scientifique. Il a dit des choses tantôt justes tantôt moins justes. On est tous dans ce cas. Est-ce-pour cela qu’une nomenklatura veut le bousiller ? Cela démontre une immaturité du dialogue. Didier Raoult n’a pas appelé à tuer les français ni à faire n’importe quoi. C’est un homme qui a apporté des idées, à sa manière… Parfois certes très curieuse. Il a eu une utilité dans ce débat : il a été le premier à dire qu’il fallait tester, isoler et traiter.

L’entretien du Dimanche : Des procès en justice ont eu lieu ou des sanctions ont été prises ont été prises conte un certain nombre de médecins. Qu’en penser ?

C’est assez bizarre ce monde qui se veut intellectuel et universitaire et qui a besoin de régler ses comptes au tribunal. Ce que disent ces professeurs n’est pas du charlatanisme, c’est du débat.

L’entretien du Dimanche :Peut-on dire que l’hôpital recule encore en France malgré tous les moyens annoncés durant cette crise du Covid ?

Vous avez une technostructure de gens très puissants en France qui distillent des idées néolibérales qui visent encore à appliquer un programme de casse de l’hôpital public décrété il y a 30 ans. Ils ont un peu augmenté les personnels infirmiers, c’était nécessaire, mais là pire que tout, ils ont inventé un nouveau métier à cheval entre infirmier et médecin. On veut nous imposer des médecins low-cost. C’est l’ubérisation de la médecine. On retoque des étudiants français qui n’ont pas 15 de moyenne et d’un coup on va chercher des médecins à l’étranger en pillant le système de santé de leur pays.

Gare à l’ubérisation de la médecine.

L’entretien du Dimanche : Conflans, Nice, comment avez-vous vécu les derniers attentats terroristes ?

Ils ont touché deux symboles. Nous sommes réellement en guerre contre l’islamofascisme. Les dessins de presse sont un pur prétexte pour justifier l’attaque de l’Occident. La France ne peut pas baisser la garde et doit conserver sa présence militaire au Mali notamment.

L’entretien du Dimanche : Dans ce contexte sanitaire et social, craignez-vous un recul de nos libertés individuelles ?

Oui, il faut rester vigilant parce que je suspecte un certain nombre de politiques de bien aimer l’état d’urgence. C’est plus facile pour eux (Sourires).

BIO-EXPRESS :

1963 : Naissance à Villeneuve-Saint-Georges près de Paris.

1995 : Docteur en médecine.

2007 : Soutient François Bayrou (modem) à la Présidentielle.

2015 : Participe au secours des blessés de l’attentat de Charlie Hebdo.

2018 : Co-signataire d’une tribune « Dignité des personnes âgées ».

2019 : Soutient le parti Communiste français aux Européennes.

  • Urgences de Vivre, 447 pages, 18 €. Éditions du Cherche-Midi.
  • Propos recueillis par Fabrice Veysseyre-Redon. L’entretien du Dimanche, dimanche 27/12/2020.
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Climat : le portrait de Jérôme.

Menaces sur le climat : l’avis de l’expert.

Son expertise et son implication commencent à se répandre dans la Métropole de Dijon : l’approche partenariale engagée par BCN, fondée sur la RSE, l’insertion, l’implication citoyenne convergent avec celle de Jérôme en matière de risques climatiques. Comme toujours, derrière ce projet de conférences de sensibilisation se trouve une histoire d’homme :

Bonjour,  Jérôme ; en quelques mots, qui es – tu et comment es – tu arrivé à BCN ?

Ayant vécu des turbulences professionnelles, j’ai trouvé à BCN un lieu propice aux échanges bienveillants, un lieu où l’expérience des uns peut être utile aux autres et où le collectif permet de se hisser au dessus des difficultés du moment et de continuer à nourrir un projet.

Habité par une impérieuse quête de sens, j’ai mis ma culture scientifique et l’éclectisme de mes centres d’intérêt au service d’un projet de compréhension de notre époque et singulièrement de ces enjeux écologiques.

Comment t’es – tu transformé en « conférencier » ? Comment vis – tu cette activité nouvelle ?

Il s’agissait pour moi de me donner un cadre cohérent de compréhension des enjeux de notre époque, notamment de savoir que penser des nouvelles alarmantes qui s’accumulent. BCN a été à ce stade le premier endroit bienveillant où j’ai pu exprimer le fruit de mes réflexions et partager cette analyse. Cette première étape m’était nécessaire pour raffermir ma confiance et me donner l’audace de présenter le fruit de mon travail à un public plus large.

Pour ce faire, le cadre associatif de BCN m’a été précieux pour étayer ma légitimité à proposer une présentation publique. Ce cadre associatif, outre son apport institutionnel, est aussi tissé de relances amicales, de supports organisationnels, d’engagements réciproques.

Une des difficultés de cette activité de conférencier réside dans le fait de proposer une analyse radicale (qui va à la racine), analyse qui me conduit à tenir des propos qui remettent en cause nos représentations usuelles. Je m’efforce de compenser cette déstabilisation potentielle de l’auditoire, en tenant des propos ouverts, en proposant une grille d’analyse élargie. Je sais que celui qui montre ce que l’on ne veut pas voir, n’est pas toujours bien accueilli, car il met en cause le déni qui est aussi un besoin naturel.

Où en es – tu aujourd’hui,  à mi-chemin de l’expérience ?

L’avenir proche se construit pas à pas, au gré des mesures sanitaires, avec l’ambition collective de valoriser cette démarche, et au plan personnel, un talent à cultiver pour demain oser se présenter à des publics plus larges que les premiers cercles amicaux et militants.

Est-ce-que tu peux résumer la trame (sans les conclusions)… de tes présentations ?

Il s’agit de résumer les connaissances actuelles dans les domaines de l’énergie, du climat et de la biodiversité, pour faire un constat lucide et grave de l’état de la planète et surtout des mécanismes en jeu ; pour ensuite replacer ces enjeux dans la trame de nos contingences économiques, sociales, éthiques. Devant une situation à ce point inextricable, le point positif de ma présentation est de permettre à chacun de se situer, pour comprendre la situation et pour potentiellement agir.

Au fil du temps, tes convictions ont-elles changé ?

J’ai tout d’abord mesuré l’écueil que représente le catastrophisme, le fait de sonner l’alarme une fois de plus ; et pour dépasser cet écueil je me suis tourné vers les outils de pensée que propose la philosophie. Ensuite ; loin de tout solutionnisme, j’ai la conviction que l’issue est à rechercher dans le champ culturel, dans la réforme de nos représentations et la conversion de nos valeurs. De ce fait, je regarde avec beaucoup d’attention toutes les initiatives qui impliquent de nouvelles pratiques sociales, de nouvelles façons de penser. Je voudrais moi-même pouvoir m’y impliquer plus avant ! Il est plus que temps d’expérimenter de nouvelles façons de faire, tous azimuts.

Un cycle qui reprend en 2021.

2020, et bientôt 2021 sont (seront)-elles des années repères pour la planète ?

2020 et sa pandémie sonne comme un avertissement et une illustration : l’écrasement des écosystèmes nous réserve quelques mauvaises surprises et l’ampleur de la récession économique qui en découle est comparable avec celle que nous devrions volontairement engager chaque année jusqu’en 2050 si nous prenions nos propres engagements (COP21) au sérieux. C’est peu dire le caractère vertigineux de la situation. Toute la question est de savoir quelle part nous allons maîtriser et quelle part nous allons subir de la descente énergétique et matérielle qui nous est promise.

Différentes perceptions… qui nous poussent à agir.

2020 nous dit ce que nous ne voulions pas entendre : il est plus que temps d’ouvrir les yeux et de trouver le mode d’emploi d’une vie soutenable.

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21 zones d’emploi en Bourgogne Franche-Comté en 2020. Économie spécialisée, diversifiée ou résidentielle. A voir.

Le millésime 2020 des zones d’emploi permet, sur l’ensemble de la France, d’actualiser l’analyse du tissu  économique des territoires. Pour la Bourgogne-Franche-Comté, cette refonte en 21 zones permet de tenir  compte des mutations vécues au cours des années récentes. Trois d’entre elles sont centrées autour des  grandes agglomérations de la région qui sont parmi les plus pourvoyeuses d’emplois de la région, Dijon, Besançon et Belfort. L’activité économique de certaines zones se caractérise par une orientation spécifique, industrielle pour  Montbéliard et le Creusot-Montceau. Cette empreinte se retrouve également dans des zones plus résidentielles à  Saint-Claude, Dole, Pontarlier et Sens. Pour d’autres, l’agriculture joue un rôle important comme à Beaune, Cosne Cours-sur-Loire et Avallon. Enfin, neuf autres zones d’emploi de la région se caractérisent par une économie plus  diversifiée. À l’image de l’ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté, ces zones restent plus industrielles et agricoles que les zones de même catégorie sur le reste de la France. 

Hugo Andrieu, Benoit Leseur (Insee)

Une révision des zones d’emploi a été menée en 2020 par l’Insee et la Direction statistique du Ministère en charge du travail et de l’emploi (Dares). Ce découpage vise à constituer des territoires dans lesquels la plupart des actifs résident et travaillent, et où les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts. Ces nouveaux zonages permettent d’actualiser l’analyse du fonctionnement du marché du travail, notamment les caractéristiques du tissu économique (activités présentes, taille des établissements,…) et de la population active. Cette actualisation du dernier zonage, qui date de 2010, a été entreprise dans un souci d’harmonisation européenne (La nouvelle méthode de constitution des zones d’emploi). Cette partition du territoire est construite pour que la part des résidents d’un territoire qui y travaillent (ceux appelés « stables ») soit la plus élevée possible. Le millésime 2020 des zones d’emploi segmente la région Bourgogne-Franche Comté en 21 zones. Trois de ces zones débordent sur les régions limitrophes : Cosne-Cours-sur-Loire ainsi que Nevers s’étendent sur la région Centre-Val-de  Loire, et Mâcon sur Auvergne-Rhône Alpes (figure 1)

1 Neuf zones d’emploi de Bourgogne-Franche-Comté ont une économie diversifiée

La zone la plus peuplée, Dijon, compte 394 800 habitants et 169 800 emplois. A l’opposé, la moins peuplée, Autun, comporte 42 100 habitants et 14 100 emplois. La diversité du tissu économique de Bourgogne-Franche-Comté s’illustre par une pluralité de profils parmi ses zones d’emploi. 

Un tiers de l’emploi régional dans trois zones d’emploi 

Dijon, Besançon et Belfort sont trois zones abritant de grands employeurs au sein de grandes agglomérations. Elles rassemblent 34 % de l’emploi régional et comptent de nombreux grands établissements, notamment dans la sphère publique : des centres hospitaliers ou des sièges de collectivités territoriales comme des mairies, des intercommunalités, des conseils départementaux ou le conseil régional (figure 2 et 4). 

Vue d’ensemble

Les emplois de cadres des fonctions métropolitaines y sont particulièrement bien implantés : entre 7 % et 9 % de l’emploi, contre 5 % pour les autres zones d’emploi de la région. Cette surreprésentation s’explique notamment par la présence de sièges sociaux, de grandes entreprises liées à des centres de recherche comme le Commissariat à l’énergie atomique de Valduc dans la zone de Dijon, aux technopoles de Besançon ou de Belfort et aux pôles de compétitivité comme Vitagora à Dijon ou le Pôle des microtechniques de Besançon. Ces zones, où se trouvent de nombreux emplois, permettent à de nombreux actifs de travailler sur place. En conséquence, le taux de stables (définition) est important, autour de 90 % dans les zones d’emploi de Dijon, et Besançon et de 70 % dans celle de Belfort (figure 3)

Montbéliard et le Creusot-Montceau :  des zones industrielles qui perdent de  l’emploi 

Les zones d’emploi de Montbéliard et du Creusot-Montceau sont spécialisées dans l’industrie. Ce secteur, historiquement très implanté, représente toujours une part importante de l’emploi, de respectivement 30 % et 23 %. Toutefois, ces effectifs se sont fortement contractés en 40 ans. Dans le même temps, l’emploi total a nettement baissé entre 2007 et 2017, davantage à Montbéliard qu’au Creusot Montceau. 

Les groupes étrangers, souvent présents dans les zones industrielles de la région, y jouent encore un rôle important, principalement dans la zone du Creusot-Montceau. Dans ce territoire, une part notable de l’emploi dépend de groupes étrangers (18 % en 2015 contre 12 % en Bour gogne-Franche-Comté). Ce phénomène est particulièrement ancré dans l’industrie. Au Creusot-Montceau, 29 % de l’emploi industriel est détenu par des groupes étrangers, avec comme figure de proue l’établissement luxembourgeois Industeel, situé dans la ville du Creusot. À l’inverse, à Montbéliard, la présence d’un groupe français comme Peugeot, fleuron de l’industrie automobile, explique la faible présence d’emplois dépendants de groupes étrangers. Cette part y est plus faible (9,6 %), bien inférieure à celle de la région. 

Que les groupes soient français ou étrangers, ils sont soumis à la concurrence internationale. En conséquence, en cas de difficultés économiques, et indépendamment de la nationalité du groupe, l’emploi dans ces territoires est fortement dépendant de la conjoncture économique et des logiques concurrentielles. 

Quelques zones résidentielles à dominante industrielle 

Les zones d’emploi de Sens, Pontarlier, Saint-Claude et Dole sont des espaces où les actifs qui y résident ont plus souvent tendance à ne pas y travailler. Le taux de stables y est ainsi plus faible qu’ailleurs, entre 56 % et 73 %. Ces actifs travaillent souvent dans les territoires voisins : dans le bassin parisien pour ceux habitant à Sens, en Suisse pour ceux résidant à Pon tarlier, à Oyonnax et en Suisse pour ceux demeurant à Saint-Claude, et à Dijon et Besançon pour ceux vivant à Dole. 

Par ailleurs, ces zones d’emploi disposent d’un tissu industriel développé allant de 18 % à 31 % de l’emploi. À Saint Claude, la fabrication d’autres produits industriels (production manufacturière, fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, métallurgie) y représente 86 % de l’emploi industriel. Les groupes étrangers contribuent également à cette forte présence. À Dole, le groupe Solvay, de nationalité belge, dispose des plus grands établissements industriels de la zone. Le fait d’être lié avec l’extérieur peut être un atout pour ces zones. À Pontarlier, les habitants jouissent d’un niveau de vie annuel médian par unité de consommation (définition) de 26 330 €, soit 26 % supé rieur à celui des habitants de la région. De nombreux habitants travaillent en Suisse où les rémunérations sont bien plus favorables qu’en France. 

Des zones agricoles aux  productions diversifiées 

Beaune, Cosne-Cours-sur-Loire et Avallon sont trois zones d’emploi où l’agriculture tient une place importante dans l’économie locale, représentant de 10 % à 13 % de l’emploi total, contre 4 % pour l’ensemble de la région. 

Ces zones ont des savoirs-faire divers. Pour Beaune, la production agricole est très spécialisée. La production agricole se déploie autour d’une viticulture renommée,   fortement valorisée et dynamique à l’exportation. C’est également une des zones les plus touristiques de la région, au carrefour d’axes de communication majeurs. Ce territoire se démarque aussi en étant la seule zone d’emploi de Bourgogne-Franche-Comté où l’emploi progresse nettement entre 2007 et 2017. Pour Cosne-Cours-sur-Loire et Avallon, la production agricole est plus diversifiée. Ces zones pratiquent la culture céréalière et l’élevage, avec une spécialité près d’Avallon, la production de sapins du Morvan. 

Si les productions agricoles font appel à des permanents résidant souvent à proximité, les saisonniers peuvent provenir de plus loin. La part de stables dans ces zones d’emploi est alors relativement moyenne, oscillant entre 72 et 79 %, contre 81 % au niveau régional. 

Neuf zones diversifiées qui disposent d’un socle d’emploi public notable 

Ces zones d’emploi sont considérées comme diversifiées car aucun secteur d’activité ne se démarque des autres. Cette diversité économique pourrait amortir les chocs conjoncturels qui se concentrent souvent sur quelques secteurs très concurrentiels. Cinq d’entre elles comportent la préfecture départementale. L’emploi public représente de 23 % de l’emploi dans le Charolais à 31 % à Nevers, contre 26 % sur l’ensemble de la région. Pour autant, hormis Mâcon dont l’emploi est stable, toutes ces zones subissent des pertes d’emploi. À l’image de la région, ces zones diversifiées sont malgré tout davantage orientées vers l’industrie et l’agriculture que leurs homologues dans le reste de la France. ■

La nouvelle méthode de constitution des zones d’emploi 

Les zones d’emploi forment un découpage de l’ensemble du territoire français depuis 1984. Construite à partir des déplacements domicile-travail, une zone  d’emploi est un ensemble de communes sur lequel la plupart des actifs résident et travaillent. Ce zonage d’étude est régulièrement mis à jour pour tenir compte de  l’évolution de l’économie locale et de la population. En 2020, l’Insee et la Direction statistique du Ministère en charge du travail et de l’emploi (Dares) ont révisé ce zonage  en s’appuyant sur une méthodologie développée par Eurostat, permettant de comparer plus facilement les pays européens. Un autre objectif de cette refonte est  d’homogénéiser la méthode sur le territoire. Contrairement aux zones d’emploi de 2010, construites région par région, les zones d’emploi de 2020 sont issues de  paramètres nationaux. Seules quelques régions font exception : les DOM et la Corse en raison de leur particularité géographique, qui suppose des déplacements  domicile-travail limités, et l’Île-de-France qui a fait l’objet d’un traitement différent pour tenir compte de la très forte polarisation des flux vers Paris.  

La méthode repose sur un procédé itératif basé sur l’analyse des déplacements domicile-travail entre les différentes zones. Un ensemble de communes  agrégées constitue une zone d’emploi dès lors qu’elle satisfait à des critères de taille (nombre d’emplois) et de stabilité (part élevée d’actifs travaillant et résidant dans  la zone). 

Un des principaux résultats de cette nouvelle méthode de constitution est un rééquilibrage des zones en nombre d’actifs. C’est particulièrement vrai autour des grandes  métropoles, qui avaient tendance à agréger de nombreuses communes en 2010. La nouvelle méthode permet de limiter la taille des zones d’emploi et de laisser se  construire d’autres zones autour des grands pôles. Dans la région, la zone d’emploi de Dijon passe ainsi de 207 000 actifs dans sa version de 2010 à 188 950 dans sa  version de 2020. Quelques zones fusionnent : Besançon et Gray, Pontarlier et Morteau, Lons-le-Saunier et Louhans, Châtillon et Montbard, Avallon et Le Morvan. Deux  nouvelles zones d’emploi apparaissent suite à une scission (Belfort et Montbéliard)

Sources et méthode 

Cette étude s’appuie sur les exploitations principale et complémentaire des recensements de la population 2007 et 2017, le Fichier localisé des rémunérations et de l’emploi salarié (Flores) 2017, Clap 2015, et des données relatives au nombre de nuitées dans les hôtels et campings qui sont issues des enquêtes sur la fréquentation touristique. 

Afin de dégager les spécificités économiques des territoires, une typologie des 306 zones d’emploi de France a été réalisée. Elle s’appuie sur des indicateurs de spécialisation économique mesurée par le rapport entre la part de l’emploi dans un secteur et cette même part mesurée sur la France entière. Les variables retenues sont l’emploi des sphères productives et présentielles (Définitions), de l’industrie, de l’administration publique, l’emploi dans les grandes ou petites entreprises et des indicateurs d’activité touristique. Une classification ascendante hiérarchique a permis de regrouper les zones d’emploi selon des caractéristiques communes. 

Les données structurelles utilisées portent sur une période antérieure à la crise sanitaire du Covid-19. Elles ne prennent donc pas en compte ses conséquences économiques. 

Définitions 

Le taux de stables ou la part de stables rapporte le nombre d’actifs habitant et travaillant dans une zone, au nombre total d’actifs occupés de la zone. 

L’économie présentielle recouvre les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, résidents ou touristes. 

L’économie productive recouvre les activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère. Pour la réalisation de la typologie, les secteurs de l’agriculture et de l’administration, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale sont exclus de ces deux sphères. 

Le niveau de vie est égal au revenu disponible (revenu tenant compte de la redistribution socio-fiscale) du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus du ménage et le niveau de vie médian est le niveau de vie au-dessus duquel se situe la moitié de la population, l’autre moitié se situant en dessous. 

Les cadres des fonctions métropolitaines regroupent les cadres et professions intellectuelles supérieures et les chefs d’entreprises de 10 salariés et plus des cinq fonctions suivantes : Conception-recherche, Prestations intellectuelles, Commerce inter-entreprises, Gestion et Culture-loisirs. 

Pour en savoir plus

● Levy D., Dubois M., Lefebvre M., « L’orientation économique des zones d’emploi : entre spécialisation et diversité des économies locales », Insee Première n° 1814, Septembre 2020.

Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°23, octobre 2017.  Bilan économique 2019 – Bourgogne-Franche-Comté, « L’économie régionale globalement bien orientée en 2019 mais à l’épreuve de la crise sanitaire en 2020 », Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n°22, juin 2020. 

● Charton C., Ville H., « La bande frontalière : un territoire lié à l’économie suisse », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°70, juin 2020. ● Andrieu H., Bordet-Gaudin R., « L’industrie régionale très convoitée par les groupes étrangers », Insee

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Calendrier de l’Avent (3) et maintenant l’Italie !

Au tour d’Angelo de nous faire partager son « voyage dans le temps » … à Claout :

Claout : un voyage dans le temps…

Une petite visite dans ce petit village typique du nord de l’Italie. J’y ai passé  mes vacances  d’été avec ma famille.

Mais…. où se trouve Claout, me direz-vous ? (Avec toute la curiosité et l’à-propos qui vous distingue).

Un relief remarquable.

Nous étions quatre enfants et nous nous déplacions en Peugeot 404. Le départ avait lieu à 4 h 00 du matin, pour un périple de 1000 km, en une traite. Je ne vous dis pas la colonie de vacances qu’il y avait à l’arrière de la voiture.

Et… Que fait-on là-bas ?

Des randonnées remarquables : El Pradut.
Les Maisons du Village.
Une rivière : Al Settimana.

Arrivederci e buon Natale !

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Déplacements domicile-travail en Bourgogne-Franche Comté : les trajets s’allongent et l’automobile reste reine

Chaque jour, 725 000 actifs résidant en Bourgogne-Franche Comté se déplacent dans une autre commune pour aller travailler. Dix ans auparavant, ils étaient 25 700 de moins. Même si les trajets continuent de  s’allonger, ils restent avant tout des déplacements de proximité. La moitié des navetteurs résident ainsi à  moins de 16 km de leur lieu de travail

Les grands pôles d’emploi de la région captent l’essentiel des navetteurs. Dijon et Besançon exercent une  influence forte dans leur espace périurbain et même au-delà. Sur la bande frontalière, près de 35 000 résidents  travaillent en Suisse, soit près de 15 000 actifs supplémentaires en dix ans. Habitant de plus en plus loin de la  frontière, ils parcourent des distances plus élevées. 

La voiture est le mode de transport privilégié par 90 % des navetteurs. Les externalités négatives de ce mode  de déplacement sont nombreuses (pollutions, GES, accidentologie, précarité énergétique…) mais la région a  l’avantage de ne pas connaître d’importants embouteillages. Globalement, les transports en commun véhiculent  peu de navetteurs et seules les lignes les plus structurantes parviennent à concurrencer en partie la voiture.  

Charles Pilarski, Yohann René (Insee)

Trois groupes d’égale importance : les non-navetteurs, les navetteurs restant dans leur EPCI et ceux travaillant ailleurs en Bourgogne-Franche-Comté 

En 2016, 7 actifs sur 10 de Bourgogne Franche-Comté sont navetteurs (définitions). Ce sont ainsi près de 725 000 personnes qui travaillent dans une commune différente de celle où elles habitent  (figure 1). En dix ans, le nombre de ces  navetteurs a augmenté de 3,7 %, soit  25 700 personnes supplémentaires. Dans  un espace périurbain qui s’étend, la part de  navetteurs continue de progresser. Dans le  même temps, l’essor du travail frontalier a  multiplié par 1,5 le nombre d’actifs travaillant en Suisse. Par ailleurs, la plupart des  territoires de frange de la région sont davantage polarisés qu’avant vers les grands pôles  d’emploi extérieurs : le Sénonais, l’est  belfortin, le sud du Jura notamment. Au  final, le nombre d’actifs sortants de la région  a augmenté de 30 %, alors que les entrants  n’augmentaient que de 22 %.

725.000 navetteurs en Bourgogne-Franche Comté

Un navetteur sur deux passe plus de 40 minutes dans les transports. 

La moitié des navetteurs résidant en  Bourgogne-Franche-Comté parcourt  plus de 16 km pour se rendre au travail (figure 2). Cela représente l’équivalent  de 40 minutes de trajet aller-retour par  la route, 3 minutes de plus que dix ans  auparavant. Bien qu’en recul, les déplacements au sein  de l’intercommunalité (EPCI) de résidence  restent nombreux. Toutefois, leur part  dans l’ensemble des navettes a nettement diminué : en 2006, 48 % des navetteurs travaillaient dans leur EPCI de résidence contre  43 % en 2016. Naturellement, les distances  parcourues se sont allongées, en particulier  pour les trajets les plus longs : 10 % des  navetteurs de Bourgogne-Franche-Comté  font plus de 53 km pour se rendre sur leur  lieu de travail, soit un allongement de 6 km  en dix ans. 

Moins de 16 km ou 30 mn a/r pour se rendre au travail.

Des déplacements longue distance  entre métropoles, mais aussi depuis  des zones moins denses. 

Les navettes longue distance, supérieures à  100 km, concernent seulement 5 % des navetteurs. Il s’agit d’abord des résidents de grands pôles, comme Dijon ou Besançon. Parmi  ces navetteurs longue distance, on retrouve  davantage de cadres (28 %, deux fois plus  que dans l’ensemble des navetteurs) vraisemblablement attirés par des emplois qualifiés,  en grand nombre et mieux rémunérés. Ils  travaillent dans les grandes agglomérations  de la région ou à Paris, Lyon et Strasbourg.  Ces flux restent cependant limités. Ces trajets lointains ne se cantonnent pas  à des échanges entre grands pôles urbains  (figure 3). Certains navetteurs parcourent de longues distances tout en habitant dans des territoires plus ruraux, moins dynamiques et  moins bien reliés : dans la Puisaye ou dans le  Morvan, dans le Châtillonnais ou à proximité  de la Suisse. L’infrastructure de transport en  commun y existe rarement. Ces navetteurs  ruraux utilisent donc surtout leur voiture pour  rejoindre Nevers, l’Île-de-France, Dijon ou  l’intérieur de la Suisse, notamment Lausanne. 

Part de navetteurs parcourant plus de 50 km.

Les grandes agglomérations attirent  surtout des habitants de leur première  couronne périurbaine 

Quelle que soit leur taille, les principales agglomérations de la région entretiennent peu  de liens avec les territoires au-delà de leur  première couronne périurbaine. Pour autant, les grands pôles captent l’essentiel des flux de navetteurs.  Localement, ils  représentent jusqu’à 40 % de l’emploi occupé.  Qu’ils travaillent dans des pôles de taille  moyenne ou plus grands, la distance alors  parcourue par les entrants est sensiblement  la même, 20 à 30 km (médiane) excepté pour  Le Creusot-Montceau où les trajets sont plus  longs (figure 4). 

Dans ces espaces périphériques, plus des  deux tiers des actifs travaillent dans un autre  EPCI. Davantage de couples bi-actifs avec  enfants résident en périphérie, que dans le  reste de la population. Plus jeunes, ils sont  aussi plus souvent cadres et propriétaires  de leur maison. C’est particulièrement vrai  autour de Dijon. Cependant, des populations s’éloignent aussi des centres urbains  pour réduire notamment leurs dépenses de  logement. 

Courbe des distances parcourues par jour.

Dans certains territoires ruraux bien reliés, plus de navetteurs en contrepartie  de temps de trajets plus longs .

Dans l’espace rural, certains territoires sont  de plus en plus sous l’influence des grandes  agglomérations régionales. C’est le cas le  long de la vallée de l’Ognon et à l’est de  l’axe Dijon-Mâcon. Ils demeurent assez  éloignés des grandes agglomérations tout en  restant proches des axes de communication  permettant d’y accéder facilement. Ils sont  devenus attractifs pour des actifs à revenu  intermédiaire qui continuent à travailler en  ville, au prix de trajets plus longs. Plus souvent employés que dans le périurbain, plus  souvent dépendants de leur voiture également, ces nouveaux navetteurs sont particulièrement impactés par les variations des coûts du transport, automobiles et carburants, et par les frais  induits comme la garde des enfants. 

Dans la bande frontalière,  35 000 navetteurs au profil atypique .

Dans la zone montagneuse frontalière,  résident 35 000 navetteurs travaillant en  Suisse. Le travail frontalier a connu un essor  important depuis le milieu des années 2000.  Le profil du navetteur frontalier reste singulier : plus jeunes que les non-frontaliers, plus  de la moitié à être ouvriers. 

Ils parcourent souvent des distances bien plus  importantes que les non-frontaliers : plus de la  moitié dépassent les 40 km ; mais il existe de  fortes disparités. Elles sont d’abord liées aux  lieux de travail : si une majorité de ces navetteurs travaillent dans les pôles d’emploi horlogers juste de l’autre côté de la frontière comme  La Chaux-de-Fonds ou Le Locle, d’autres  occupent des emplois tertiaires plus éloignés,  à Lausanne ou Yverdon-les-Bains. D’autre  part, les lieux de résidence, historiquement  situés à moins de 10 km de la frontière, se  sont considérablement éloignés, parfois même jusque dans le périurbain bisontin. Le foncier  y est moins cher, ce qui favorise l’installation  de familles. Au final, si les trajets les plus  fréquentés relèvent de distances inférieures  à 20 km, comme Morteau – Le Locle ou Les  Rousses – Le Chenit, certains navetteurs parcourent parfois jusqu’à 100 km, attirés par les  emplois suisses mieux rémunérés. 

90 % des déplacements en voiture,  sur un réseau peu chargé malgré  quelques points noirs 

La voiture reste partout le mode de transport  dominant pour aller travailler : 90 % des  navetteurs de la région le privilégient. Les tronçons les plus empruntés se situent autour des trois principaux pôles d’emploi régionaux : vers Dijon, depuis Beaune et Auxonne,  vers Besançon depuis Dole ainsi qu’entre  Belfort et Montbéliard (figure 5)

Des tronçons saturés.

Dans le reste de la région, la fréquentation  des routes est moins importante. Seules les  routes du Jura et du Doubs sont un peu plus  fréquentées par la présence des frontaliers.  Sur ces routes de moyenne montagne, le  nombre de voies praticables est alors déterminant. Il n’est pas rare d’y constater des  engorgements aux heures de pointe comme  dans les grandes villes. 

Dans d’autres territoires, certains points noirs  ont été résorbés grâce à des améliorations de  l’infrastructure routière. C’est par exemple le  cas de l’élargissement à quatre voies en 2011  de la route nationale à l’ouest d’Héricourt. En  rapprochant cette zone de Belfort et Montbéliard, l’extension a participé directement au  développement résidentiel et à la transformation de Lure et de sa périphérie. 

Les transports en commun restent peu  utilisés.

 Pour les navetteurs de la région, le recours  aux transports en commun reste modeste :  seuls 5 % (38 200 personnes) utilisent ce  mode de transport. Pour un quart d’entre eux,  il s’agit de trajets courts, relevant souvent de  logiques périurbaines. Le train y concurrence  directement le véhicule individuel. C’est  notamment le cas des liaisons entre Dijon et  son espace de proximité au sud, à l’ouest et  à l’est (figure 6). La ligne Beaune-Dijon est  particulièrement utilisée. L’utilisation des  transports en commun est moins fréquente pour se rendre à Besançon, ce réseau étant moins développé et chargé.

Utilisation des transports en commun en EPCI.

C’est surtout pour les trajets plus longs que  les transports en commun peuvent constituer  une alternative pratique, moins fatigante et  coûteuse que la voiture. Plus de la moitié de  ses usagers parcourent au moins 30 km. C’est  deux fois plus que pour l’ensemble des navetteurs. Pour les trajets inter-urbains, le train  peut constituer une solution de remplacement  à la voiture dès lors que le cadencement est  important et que le réseau routier est moins  performant ou trop cher. C’est par exemple  le cas le long de l’axe Dijon-Mâcon, ou entre  Sens et la Seine-et-Marne. 

Enfin, les transports en commun rendent  également possibles des trajets très longue distance. La majeure partie de ces trajets relève  encore de liaisons TER : entre Dijon et Besançon, entre Dijon et Lyon ou entre l’Yonne et  Paris. Un quart des usagers parcourent plus de  92 km, soit 24 km de plus que dix ans avant.  L’infrastructure TGV contribue modestement  à cet allongement : seuls 900 Dijonnais se rendent à Paris pour y travailler.

La moitié des navetteurs génèrent plus de 80 % des émissions de  gaz à effet de serre liées aux  déplacements domicile-travail .

En France, le transport est l’activité qui  contribue le plus aux émissions de gaz à effet  de serre (GES). Il représente 30 % des émissions totales, dont une moitié liée directement  aux déplacements des ménages en voiture. En 2016, 1,6 million de tonnes de GES ont été  rejetées dans l’air par la circulation routière des  navetteurs de Bourgogne-Franche-Comté.  Ces émissions de GES dépendent surtout du  nombre de kilomètres parcourus, plus que de  la classe environnementale des véhicules. Les  actifs qui travaillent hors de leur EPCI de résidence contribuent plus fortement à ces rejets  de gaz polluants. S’ils ne représentent que  57 % des navetteurs, leurs trajets génèrent  83 % des émissions régionales de GES liées  aux déplacements domicile-travail. Dans certaines intercommunalités très dépendantes de  l’emploi extérieur, ces déplacements externes  expliquent plus de 95 % des GES émis par les  navetteurs. C’est le cas par exemple dans la  vallée de l’Ognon, au nord de Dijon dans la  Tille, dans le Sénonais ou encore en deuxième  couronne frontalière avec la Suisse. 

Sources, définitions et méthodologie.

Le recensement de la population (RP) fournit  des statistiques sur le nombre d’habitants et  leurs caractéristiques. Il permet de connaître  leur commune de résidence et leur commune  de lieu de travail. 

Un navetteur correspond à un actif ayant un  emploi et travaillant dans une autre commune  que celle où il réside. 

Méthodologie de calcul des distances et des  temps de trajet : 

Les trajets domicile-travail ont été extraits du  recensement de la population à partir des  enquêtes de recensement 2004 à 2008 et 2014  à 2018. Ces données sont communales. Faute  d’information infra-communale, les distances  et temps de trajet pour les actifs qui résident  et travaillent dans la même commune ont été  considérés comme nuls. 

Le champ de l’étude est celui des actifs en  emploi qui résident en Bourgogne-Franche Comté, quels que soient leur commune ou  leur pays de lieu de travail. Par convention,  n’ont pas été pris en compte les personnes se  déclarant navetteurs sans se déplacer pour travailler (54 000 actifs), ceux qui ont déclaré  travailler dans des communes éloignées de  plus de 5 h par la route de leur lieu de résidence  (4 300 actifs), et ceux qui ont déclaré se rendre  à pied sur leur lieu de travail, celui-ci étant situé  dans une autre commune que leur commune  de résidence (3 900 actifs). 

Les distances et temps de parcours ont été calculés pour chaque trajet, du centre de la commune de résidence au centre de la commune  de travail, à partir de l’itinéraire routier le plus  court obtenu par le service de cartographie en  ligne OpenStreetMap. Ces calculs sont fondés  sur le réseau routier actuel (janvier 2020). Les  écarts de temps et de distances mis en avant  dans l’étude entre 2006 et 2016 relèvent donc  uniquement de changements dans les duos  commune de résidence-commune de travail, et  non de l’amélioration du réseau routier. 

Les estimations d’émissions de gaz à effet de  serre ont été déterminées à partir des mesures  réalisées par ATMO Bourgogne-Franche Comté appliquées aux trajets des navetteurs.

Pour en savoir plus.

•  Charton C., René Y., Hmamda N., « Les déplacements domicile-travail des frontaliers de l’Arc jurassien », Ostaj, août 2020.

 •  Brion D., Lebeau Y., « Déplacements domicile-travail en Bourgogne-Franche Comté : plus nombreux, plus longs et en voiture », Insee Flash Bourgogne Franche-Comté n° 12, juin 2016. 

•  Baccaïni B., Semécurbe F., Thomas G., « Les temps de déplacement entre domicile et travail », Dares Analyses 20135-081, mars 2017.

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