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Huile de Minuit.

Il arrive que vos idées cheminent « seules » durant la nuit… et vous cueillent à froid au réveil, hagard et/ou mal dégrossi … Nous ne sommes déjà plus le matin depuis longtemps, mais je vous propose de réfléchir à la trace du « sillon neuronal » laissé dans nos consciences par le relais Twitter de Laurent Grandguillaume, à propos des incendies en Grèce.

Tout près d’Olympie.

Un feu a pris près du village de l’ancienne Olympie dans l’ouest de la péninsule du Péloponnèse. Le feu se rapprochait du célèbre site archéologique mercredi soir. Après avoir brûlé une vingtaine de maisons, « le front du feu se dirige désormais vers la zone de Lala », une surface forestière montagneuse située au nord-est du site antique, a déclaré jeudi matin le préfet Nektarios Farmakis, interrogé par l’agence ANA. La réaction de M. Grandguillaume trouve des échos comme celle-ci :  » Pendant que les jeux se tiennent sans public à Tokyo, Olympie est menacée par les flammes. L’univers essaierait-il de nous envoyer un message ?

Voilà ! Nous y sommes ; cette répétition sans espoir ranime notre colère et notre sentiment d’impuissance… La multiplication des méga-feux, risque identifié comme majeur par Jérôme, car leurs effets sont irréversibles, mais dont la solution est « connue » : de l’eau, des Canadairs, des pompiers, des tranchées coupe-feu dans les bois. Comment se peut-il que la Californie, l’un des plus riches états des U.S.A., le plus technologique, le plus avancé n’arrive pas à s’en défaire ? Comment s’étonner dès lors que les pays « méditerranéens », l’Espagne, la Grèce, la Turquie, déjà en proie à la crise économique et sanitaire, se battent à mains nues ? Et que dire de la Sibérie ?

Ces images terribles renvoient aussi à un son, celui des Midnight Oil, groupe de rock australien, dont le frontman, Peter Garrett avait réveillé nos consciences avec ces phrases tombées dans l’oubli :

Comment pouvons-nous vivre, pendant que notre terre « change »,

Comment pouvons-nous dormir, tandis que nos lits brûlent ?

A l’origine, (le groupe a été créé en 1970), Midnight Oil passe le mois de juillet 1986 à jouer dans le bush australien auprès des populations aborigènes à l’invitation du groupe aborigène The Warumpi Band, devenant le premier groupe blanc à se produire dans ces régions reculées4. L’aventure est retracée dans une VHS Sony Music Video Black Fella White Fella. Profondément marqué par l’expérience, le groupe enregistre la chanson The Dead Heart qui défend la cause des Aborigènes. Sorti en single, le titre se classe à la 6e place en Australie8, au Hot 1009, et au Royaume-Uni10. Il préfigure l’album Diesel and Dust, dans lequel il est inclus. Sorti en août 1987, l’album connaît un grand succès un peu partout sur la planète, avec ses tubes Beds are BurningThe Dead Heart (réédité à l’international), Dreamworld, ou encore Put Down that Weapon, qui rentrent dans les charts internationaux entre 1987 et 1989Beds are Burning est le single du groupe qui a connu le plus de succès, et demeure son titre emblématique. 

Les Oils entament alors une tournée mondiale, et à cette époque, Midnight Oil partage avec INXS, le titre de groupe australien le plus populaire au niveau international. En 1990 sort l’album Blue Sky Mining, abordant cette fois des sujets environnementaux mondiaux comme la déforestation et les pluies acidesBlue Sky MineForgotten YearsBedlam BridgeKing of the Mountain et One Country sortent en singles, avec pour les premiers cités, un succès certain. Le 30 mai de cette même année à New York, le groupe organise, en pleine tournée, un concert improvisé devant le siège de la compagnie pétrolière Exxon au World Trade Center, accusée d’avoir déversé des tonnes de pétrole en Alaska avec l’échouement de l’Exxon Valdez. Et c’est là que mes vieux instincts liés aux marées noires (Torrey Canyon – Boehlen – Amoco Cadiz – Olympic Bravery – Tanio – Erika – Prestige), se réveillent l’appel des Midnight Oil : cela n’en finira-t’-il donc jamais ? Les « acquis de l’expérience bretonne » n’ont profité à personne ?

Vingt ans plus tard, les dramatiques incendies de 2020 en Australie dévastent le territoire des aborigènes et la biodiversité, (1 milliard d’animaux tués, la moitié de la population des koalas disparue), d’où le rappel de ces images reproduites à profusion, que l’on trouve sur tous les media :

Triste Skippy

Un rôle-clé du groupe Midnight Oil devient alors celui de porte-parole de l’environnement de Peter Garrett ; devenu en 1976 la voix du groupe de rock australien, celui-ci répondait à une annonce, en partie du fait de ses motivations environnementales. Le groupe connaît alors un certain succès en Australie, puis, à partir du milieu des années 1980, dans le reste du monde, avec des albums engagés et militants, faisant notamment référence à la défense des minorités et à l’écologie.

En 1987, il devient le leader de la fondation écologiste Australian Conservation Foundation.

À partir de 1993, alors que la carrière de Midnight Oil commence à s’essouffler, Garrett accentue ses engagements politiques. Il devient membre du conseil international de Greenpeace (1993-1995) et s’insurge contre la décision du président français Jacques Chirac de relancer les essais nucléaires dans le Pacifique.

Depuis la séparation de Midnight Oil en 2002, le groupe s’est ponctuellement reformé pour des concerts de charité, en 2005 et en 2009. Peter Garrett sort son premier album en solo, A Version of Now, le 15 juillet 20161,2. En 2017, le groupe se reforme pour une tournée mondiale.

À la suite des élections législatives remportées par Kevin Rudd, Peter Garrett est nommé, le 29 novembre 2007, ministre de l’Environnement3.

Peter Garrett

Le gouvernement Rudd se trouve confronté à la Crise économique de 2008-2010  et y répond par un programme économique de soutien de la croissance de la demande4. En 2010, la mauvaise gestion des budgets injectés par le gouvernement dans l’isolation des toitures d’habitations amène à des feux dans des maisons et à une série d’accidents mortels parmi des ouvriers 5. Alors qu’il avait écrit quatre fois pour indiquer ses inquiétudes avant les sinistres6, Peter Garrett se voit reprocher cette gestion par le premier ministre Kevin Rudd, et ce projet est abandonné en avril 2010. Peter Garrett devient ministre de l’éducation le 14 septembre 2010 dans le second gouvernement de Julia Gillard.

Alors, merci monsieur Garrett, pour votre contribution à la conscience climatique de nos contemporains ; nous savons que l’environnement est un domaine difficile et sensible. Et enfin merci de nous rappeler que nous ne pourrons nous en sortir que collectivement, pas en regardant notre nombril.

Prospective·Société

Dunsany : une histoire de biodiversité.

Le naturaliste et cinéaste Randal Plunkett, 21e baron de Dunsany, a pris un pari peu orthodoxe  lorsqu’il a décidé de faire revivre le domaine familial de Co Meath (Comté de Meath). Face aux agressions, au vandalisme et aux menaces, il a construit une réserve naturelle florissante de 750 acres.

Ah, si j’étais riche… en fait, ce n’est pas aussi simple.

« J’ai reçu de nombreuses menaces de mort, mais je ne m’arrêterai  jamais. » Randal Plunkett, baron de Dunsany, parle du réaménagement de  son domaine familial.

Après le décès de son père, Edward Plunkett, 20e baron de Dunsany, il y a 10 ans, le fils aîné Randal a hérité non seulement de l’un des plus anciens titres de noblesse du pays, mais aussi d’un héritage agricole vénéré. Son ancêtre, Sir Horace Plunkett, pionnier de la réforme sociale irlandaise, avait fait des prairies vallonnées de Dunsany Castle and Demesne, situées entre Trim et Dunshaughlin, dans le comté de Meath, un centre d’innovation agronomique. 

Tout en développant le déploiement réussi du mouvement coopératif irlandais parmi une série de réalisations pastorales au tournant du 20e siècle, Horace a prêché le slogan « Better Farming, Better Business, Better Living ». 

En prenant en charge la gestion du domaine et du troupeau, Randal a appliqué ce mantra dans une optique de durabilité environnementale, avec le désir de faire mieux pour la terre. « Après avoir tenté une approche agricole normale, j’ai pris du recul et j’ai vu un paysage morne et épuisé par le surpâturage et l’agriculture excessive », explique-t-il. « Des produits chimiques injectés dans le sol et aucune pause pour la régénération ou la récupération. Comment une terre peut-elle rester saine lorsque le cycle de la vie est ignoré ? » 

Le 21e baron de Dunsany a pris une décision radicale. Il a retiré tous les animaux de pâturage de la propriété, s’orientant vers une approche holistique globale des cultures. Les pesticides ont été interdits, les engrais ont été abandonnés et les mauvaises herbes envahissantes comme le séneçon et le chardon ont été combattues à la main. « Ma mère m’a regardé comme si j’avais rejoint une secte. » 

Guidé par un nouveau plaidoyer passionné pour le véganisme, Randal – que la tradition veut que l’on appelle Lord Dunsany – a découvert le concept de « ré-ensauvagement » il y a sept ans, une approche progressiste de la conservation qui permet à l’environnement de s’occuper de lui-même et de revenir à son état naturel. Plutôt que de procéder à un test expérimental dans un coin tranquille de la propriété, il a sacrifié 750 acres (3 km² d’un pâturage très rentable de 1 700 acres dans un pari peu orthodoxe). Il y a 100 hectares dans un kilomètre carré. Un acre correspond à environ 0,405 hectare et un hectare contient environ 2,47 acres.

« Je voulais rendre la terre à l’état sauvage, et pas seulement préserver le peu d’habitat naturel qui restait. Nous avons donc verrouillé une grande partie du domaine et c’était militant. Pas de piétons la plupart de l’année, pas de chemins ni d’interférences. Cela ne veut pas dire que nous avons abandonné la terre, nous sommes des gardiens qui gardent un œil distant et vigilant. Et les résultats parlent d’eux-mêmes. » 

Premier projet irlandais à être reconnu par le réseau européen de ré-ensauvagement – une initiative conjointe à grande échelle visant à restaurer les habitats naturels sur tout le continent – la réserve naturelle de Dunsany est aujourd’hui un havre de forêts indigènes régénérées, de champs d’herbe, de sources et de ruisseaux se faufilant dans les marais. Depuis sa création, Randal affirme que l’on observe de plus en plus d’espèces d’oiseaux locaux rares, qui n’avaient pas été recensées dans la région depuis longtemps, notamment des milans royaux, des pics, des chouettes effraies, des hiboux de nuit, des hérons et des éperviers. 

La réserve abrite aussi désormais des cerfs élaphes, des renards, des loutres, des blaireaux, des martres des pins, des lièvres et des hermines. « Le retour des herbes et des plantes accueille le retour des insectes et des rongeurs, qui sont ensuite suivis par les oiseaux et les petits animaux. Avec le temps, il y a plus de buissons, plus d’arbres, plus de baies d’aubépine, de lierre, d’araignées et de papillons. L’herbe devient longue, les rongeurs prospèrent et sont mieux protégés, puis les prédateurs arrivent. Hier encore, j’ai vu un milan royal voler au-dessus de ma tête. S’il voit en dessous une prairie riche en vie, il va rester dans les parages. » 

Il y a deux ans, une étude internationale impliquant des experts du Trinity College Dublin et de l’UCD a confirmé que les champs agricoles présentant une plus grande biodiversité sont mieux protégés des insectes nuisibles, favorisent la pollinisation et produisent des rendements plus élevés. Et dans une nomination pour les 2021 Farm for Nature Awards, l’Irish Wildlife Trust a reconnu que la biodiversité issue du réensauvagement du Dunsany a eu un impact positif sur les rendements des cultures sur les terres de Randal consacrées au travail du sol – gérées par des locataires cultivant du chanvre, des haricots, du colza et du blé – ainsi que sur les exploitations voisines consacrées au travail du sol.

Il s’agit d’une version du 21e siècle du slogan de Sir Horace Plunkett « Better Farming, Better Business, Better Living » ‘Une meilleure agriculture, de meilleures affaires, une meilleure vie). « Horace a construit des écoles, a créé la Société irlandaise d’organisation agricole et a participé à la création de l’Association irlandaise des femmes de la campagne. Il a essayé d’élever les gens. Nous sommes une famille qui a fait cela à travers les âges, de différentes manières. Aujourd’hui, l’environnement est un problème et, à ma modeste échelle, je peux y remédier. Tout le monde n’a pas ce pouvoir. » 

Randal parle avec des phrases autoritaires et éduquées. Un accent américain, fruit d’une éducation précoce à New York, se mêle aux brins contrastés d’un accent irlandais sans relief. Ce n’est pas tout à fait aussi confrontant que l’hybride transatlantique de Michael Flatley, mais l’effet est similaire. Des épaules larges, une mâchoire fringante et un regard surélevé caractérisent confortablement sa stature de sang bleu en tant que Lord Dunsany, gardien de la forteresse gothique du 12e siècle, à 40 minutes de Dublin. 

Commandée par Hugh de Lacy, Lord de Meath, et construite par Geoffrey de Cusack, la dynastie des Plunkett a hérité du château de Dunsany au XVe siècle, après le mariage de Sir Christopher Plunkett avec Lady Joan de Cusack. 

C’est l’un des plus anciens bâtiments d’Irlande à avoir survécu et à avoir été habité en permanence. Randal avait 28 ans lorsqu’il est devenu le gardien du domaine après le décès de son père en 2011, une tâche à laquelle il a résisté pendant de nombreuses années. « C’est quelque chose que j’ai été formé à faire depuis ma naissance, mais je l’ai longtemps rejeté », dit Randal, qui a perdu sa mère, Lady Dunsany, Maria-Alice De Marsillac Plunkett, plus tôt cette année. 

« Je voulais avoir une vie et choisir mes décisions, mais le sens du devoir a fini par s’imposer. J’ai commencé à apprécier le poids de cet héritage. Je suis né dans le privilège et avec le privilège, vient souvent le sacrifice. Il y a une responsabilité que nous devons assumer. Je ne peux pas dire exactement quand je l’ai acceptée, je l’ai simplement fait. Je suis le gardien de Dunsany jusqu’à ma mort et en tant que gardien, nous avons des devoirs et des responsabilités. Et l’une de ces responsabilités est d’avoir des enfants. Il doit toujours y avoir un enfant qui doit prendre la relève. » 

La pression pour produire un héritier ou une héritière est-elle une préoccupation ? Il marque une pause, avant de répondre prudemment : « Eh bien, je viens d’avoir un enfant », révélant l’arrivée de sa fille en mai, tout en taisant son nom et l’identité de sa mère. « Elle recevra la même formation que moi et apprendra ce que signifie le fait de naître dans la plus ancienne famille encore associée à un lieu en Irlande. » 

Si sa fille nouveau-née est actuellement en lice pour hériter du château et des dèmes, elle n’héritera pas du titre de son père. Aujourd’hui encore, la tradition médiévale l’emporte sur la parité des sexes. (Un reste de Loi salique).

« Je pense que c’est une ânerie mais c’est un truc historique et le titre va généralement au premier fils. Pour l’instant, je n’ai pas l’intention d’avoir d’autres enfants. J’en ai un et à mes yeux, ce sera à elle d’être la prochaine gardienne de cet endroit. » 

Bien qu’il ait abandonné son indépendance au profit d’obligations aristocratiques, Randal continue de travailler sur sa passion de toujours, le cinéma, avec son premier long métrage, The Green Sea, sorti ce mois-ci. Tourné principalement dans les environs accidentés de Dunsany, ce drame surnaturel s’intéresse à une écrivaine américaine (Katharine Isabelle) et à sa lutte pour trouver l’inspiration pour un nouveau roman alors qu’elle vit isolée dans l’Irlande rurale. 

Hantée par des visions du passé, celle-ci s’interroge sur ce qui est réel avec l’arrivée d’un mystérieux étranger, tout en affrontant un environnement hostile et inconnu. Randal admet qu’il s’agit d’un travail d’amour et que l’histoire comporte des couches semi-autobiographiques. 

« Elle est solitaire et je sais ce que c’est. Elle traite du passé, c’est ce avec quoi je vis à Dunsany. Le passé de ma famille est littéralement sur les murs. Son personnage est quelqu’un qui essaie d’imiter un succès précoce, c’est ce qui m’est arrivé dans ma carrière cinématographique que je pensais voir exploser après mon dernier film. Et elle est une étrangère dans un pays étranger et depuis que j’ai emménagé ici, il y a toujours eu cette distance culturelle. » 

En écrivant ce récit effrayant alors qu’il se lançait dans le projet de ré-ensauvagement, Randal reconnaît que les hostilités rencontrées par les détracteurs de la réserve – un problème auquel il est toujours confronté – ont trouvé un écho dans le film et ses tonalités de suspicion culturelle. « J’ai reflété cela dans le film parce que, oui, je reçois toujours beaucoup d’objections de la part d’un groupe de personnes très distinct et la diplomatie ne fonctionne pas avec eux. Lorsque vous défendez quelque chose contre le statu quo et que vous vous mettez dans cette position, il peut y avoir des conflits. » 

C’est une description curieusement modérée de l’agression, du vandalisme et des menaces de violence auxquels il dit être régulièrement confronté de la part des braconniers et des chasseurs, en colère contre le cercle de protection de la faune indigène. « Je ne peux pas garer ma voiture sur le bord de la route, sinon mes pneus vont être crevés. Je me heurte à des braconniers qui tiennent des fusils pointés sur mon visage. L’un d’entre eux m’a menacé de m’ouvrir le visage. Je m’attends même à ce qu’un renard mort soit installé sur mon portail d’un jour à l’autre », dit-il avec un air fier. « Il y a eu tellement de menaces de mort, tellement de menaces, mais je ne m’arrêterai jamais. » 

Au cours de l’année dernière, Randal a travaillé avec l’hôpital d’urgence pour animaux sauvages WFI à Garlow Cross, non loin de là, pour réhabiliter et placer les animaux blessés, y compris les hérissons, les renards et les blaireaux, dans la réserve. Il est également prévu d’installer jusqu’à 200 ruches pour les abeilles noires irlandaises, qui sont en déclin, avec le projet de conservation des abeilles irlandaises, et de réintroduire l’écureuil rouge. « C’est l’un des rares comtés où l’on ne trouve pas d’écureuil rouge. Il n’y a pas de couloirs d’habitat pour qu’ils émigrent à partir d’endroits comme Cavan. Mais je devrai passer par les Parcs Nationaux et la Faune avant que quelque chose ne se passe. » 

L’aristocrate naturaliste est également à la peine pour ajouter que ces avancées significatives dans la régénération de la biodiversité s’opèrent toutes sur son propre argent, ce qui s’avère une immense tension, malgré la richesse accumulée des Dunsany. « On croit que nous débordons d’argent, mais la vérité est que nous perdons une somme importante chaque année à cause du réensauvagement et que nous n’avons reçu aucun soutien. Sept ans et le nombre d’espèces qui reviennent, sans parler du fait que nous agissons comme un puits de carbone. Je contribue probablement à un puits de carbone massif pour tout le comté de Meath. » 

Dans une interview accordée au journal Irish Times en janvier dernier, Malcolm Noonan, ministre d’État chargé du patrimoine, qui comprend le domaine de la biodiversité, a déclaré : « Nous devons récompenser les agriculteurs en tant que gardiens [de l’environnement], et les terres agricoles en tant que puits de carbone et pour l’amélioration de la biodiversité. » Deux mois plus tard, l’ancien directeur de Friends of the Earth Ireland annonçait 1,35 million d’euros pour les projets de biodiversité des autorités locales afin de soutenir la mise en œuvre du plan d’action national pour la biodiversité – un financement auquel la réserve naturelle de Dunsany ne peut prétendre. (Bien que des rapports indiquent que la structure du château elle-même a reçu plus de 14 000 € par le financement du ministre Noonan pour les projets de patrimoine bâti l’année dernière). 

« Malgré ma contribution à la biodiversité locale, cela vous montre les failles de la politique globale. Je n’ai eu aucune visite du gouvernement Vert. Il s’agit du plus grand projet de ré-ensauvagement d’Irlande mais Eamon Ryan semble préoccupé par les pistes cyclables et l’abattage des arbres à Dublin. Je comprends que le gouvernement soit débordé par le projet Covid-19, mais je m’attendais à ce que le chef des Verts vienne frapper à la porte à ce stade. Peut-être que cela se produira à l’approche des élections ». 

C’est la mi-juillet dans la réserve naturelle de Dunsany. Les martres des pins se cachent parmi les branches enchevêtrées tandis que, la nuit, les blaireaux patrouillent entre un sous-bois épais et lumineux. À certains endroits, les herbes des prés sont plus hautes que les gens, se balançant au son du chœur multiple des oiseaux. 

Récemment, Randal a reçu en cadeau un jeune chêne en pot, cultivé à partir d’un gland par un groupe local de Brownies. Il dit que cette petite plante sera placée dans le sol qui surplombe le château, de sorte qu’avec le temps, lorsque les enfants le visiteront une fois adultes, ils le verront comme un arbre adulte. « Je me promène aujourd’hui et je vois de grands arbres plantés par quelqu’un qui n’a jamais pu les voir grandir. Et à mon tour, je plante aujourd’hui des arbres que je ne verrai jamais grandir.

« Mais ces arbres ne sont pas pour moi, ces arbres sont pour les jeunes qui nous entourent. C’est la prochaine génération qui va faire le changement. Préparons le terrain pour eux. » 

A méditer : nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. (Saint-Ex, encore une fois…).

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Joli mois de Mai.

On ne va pas se mentir : cela n’a pas été aussi facile que prévu… D’ailleurs, tout n’est peut-être pas tout à fait terminé. Pour autant, la somme des énergies mises en commun l’emportera toujours sur celle des pisse-vinaigre, qui ne mène qu’à la dispersion et à la rancune.

Saint-Yves : une bonne date !

Du coup, si on jetait un coup d’oeil à ce que devient BCN ? Il y a deux semaines, l’atelier « pitches » avait déclenché une salve d’entretiens, et mobilisé nos forces vives et solidaires. Cela montre que le distanciel confiné ne nous a pas abattus, et que passé le temps de l’acclimatation, vous êtes bien là, attentifs et solidaires, le « BCN apaisé » dont parlait Danièle. J’en profite pour lui rendre hommage, car selon nos dernières informations, la transition se poursuit tranquillement.

Avant d’aborder le fond, nos échéances pour le mois de Mai « où les feuilles volent au vent ».

Jeudi 6 Mai : 18 heures en visio, atelier Découverte. Deux aménagements : renforcement de la Météo de la Semaine, envoi de l’enregistrement audio aux participants, via Gros fichiers. (Pour les absents, sans alibi, fournir un mot des parents).

Mardi 11 Mai : Plénière de BCN. Comme prévu, il y sera question de la formation « Mise en avant des compétences du chercheur – Présence digitale ». Nous savons déjà que nous disposons d’un budget de 2 semaines complètes, approximativement 20 sessions d’1 h 30 : un enseignement de notre expérience de 2020, on ne peut pas lancer une action de cette ambition, sans s’appuyer sur « Vos envies ». En effet, la matière existe, elle évolue, et comme disent de concert Estelle et Nathalie : « les contenus, c’est une chose, mais il nous faut une bande », pour s’entraider pour les exercices et les devoirs… La question est donc : qui en est ?

Jeudi 13 Mai : Il ne vous aura pas échappé que nous « avons un Jeudi de l’Ascension », comme disent nos amis d’outre-Rhin, et que c’est précisément pour cela que nous avançons la Plénière ci-dessus.

Mardi 18 Mai : Comité d’Organisation du Grand Déj’ : Françoise nous représente dans cet organe, nous savons déjà le « Quand – Où » : Quand : le 12 Septembre, Où ? Au Parc de la Toison d’Or. Il reste : le Quoi – Comment – Pourquoi – Combien ? Les idées avancent, mais les vôtres (fort nombreuses, of course, ) sont les bienvenues ! Lâchez-vous !

Mercredi 19 Mai : Grosse journée ! (Pour les trégorrois, c’est la St-Yves, patron des avocats et des magistrats, et par extension la Fest’Yves, la Fête des Bretons)… Nous allons à Beaune pour la journée, car en plus des entretiens Garantie Jeunes, nous avons rendez-vous avec Adèle Bugaud, responsable des Cadres de la Mission Locale. Pas de souci de couvre-feu, ce jour-là a lieu la réouverture des cinémas.

Jeudi 20 et jeudi 27 Mai : Ateliers Découverte à 18 Heures. La proposition de contenu serait la suivante : choix des modules à proposer pour un lancement début Juin. Nos amis coaches sont invités à adresser leurs idées au bureau de BCN, ils seront contactés pour recueillir leur concept, mais peuvent laisser des messages sur le répondeur : 03 80 53 37 02. A vos marques !

C’est à vous !

L’ours.

Economie·Société

Quel avenir pour les 18 petites unités urbaines en déprise ?

Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté • n° 85 • Avril 2021 

En Bourgogne-Franche-Comté, les 18 petites unités urbaines  en déprise démographique subissent un fort vieillissement  de leur population et un déclin de l’emploi présentiel.  

La pauvreté y est plus présente que dans les autres  unités urbaines de même taille, en raison d’une insertion  professionnelle plus difficile et de revenus davantage  issus de retraites ou de prestations sociales. Le manque  d’attractivité et la dynamique démographique défavorable  de ces territoires conduisent à une vacance de logement  élevée, y compris dans le parc social. 

En Bourgogne-Franche-Comté, les  40 unités urbaines (UU) de moins  de 20 000 habitants, qui maillent le  territoire, accueillent 313 500 habitants  en 2016. 

Dans 18 d’entre elles, la population a  fortement baissé entre 1982 et 2016   

figure 1. Elles comptent près de 139 700 habitants

figure 2. L’enjeu  est important, car elles jouent toutes un  rôle d’animation au sein de zones peu  denses. 

18 unités urbaines  en décroissance confrontées  à la pauvreté 

En 2017, la pauvreté monétaire en  Bourgogne-Franche-Comté s’établit à  12,8 % de la population. D’une manière  générale, elle est amplifiée dans les  petites unités urbaines, où elle atteint  16 %. Sur les 10 unités urbaines où la  pauvreté est la plus présente, 9 sont en  forte décroissance. La pauvreté est la plus  marquée à Saint-Loup-sur-Semouse, Saint Florentin et Tonnerre avec une personne  sur quatre ou plus vivant sous le seuil de  pauvreté. À l’opposé, dans les Hauts de  Bienne, la pauvreté monétaire est moins implantée et conforme à la moyenne  régionale. Dans ce territoire, le tiers des sur quatre ou plus vivant sous le seuil de  pauvreté. À l’opposé, dans les Hauts de  Bienne, la pauvreté monétaire est moins  implantée et conforme à la moyenne  régionale. Dans ce territoire, le tiers des actifs travaillent en Suisse et bénéficient  de conditions de rémunération plus  avantageuses qu’en France. Ce territoire très spécifique très spécifique se caractérise par le niveau  de vie le plus élevé des unités urbaines  en déprise, mais avec des inégalités  marquées. Les habitants de l’unité urbaine  « voisine », Saint-Claude, ne bénéficient  pas du même niveau de revenu, la Suisse y étant beaucoup moins accessible. 

La décroissance démographique  en lien avec la baisse de l’emploi 

Les unités urbaines en forte décroissance  perdent 23,5 % de population entre 1982 et  2016, contre 3,2 % pour les autres. Excepté  à Paray-le-Monial  encadré 1, le déclin  de population est structurel et perdure  aujourd’hui sans signe apparent de rebond.  Pour l’essentiel de ces unités urbaines, la  baisse de population est concomitante à  la baisse de l’emploi. Celles qui perdent le  plus de population sont souvent les plus  industrielles, à l’image de Saint-Loup-sur-Semouse ou Gueugnon  figure 3. La  désindustrialisation s’est accompagnée du  départ d’une partie des habitants, faute  d’emplois adaptés. Ainsi, à Saint-Loup-sur-Semouse, qui en 1982 comptait trois quarts  d’emplois industriels, plus de la moitié des  emplois ont été détruits en 34 ans et la  population a diminué d’un tiers. À l’opposé,  les unités urbaines plus tertiaires limitent les pertes d’emplois, comme Clamecy,  Bourbon-Lancy ou Luxeuil-les-Bains, voire  en gagnent à l’instar de Gray, Avallon et  Paray-le-Monial. Ces trois unités urbaines renforcent leur rôle de centralité dans un environnement dépourvu de grands pôles urbains. Elles polarisent ainsi l’emploi alentour. Les pertes de population y sont  globalement marquées.

Paray-le-Monial

Un fort vieillissement  de la population

En 1982, les structures par âge des  populations des unités urbaines actuellement en déprise et des autres étaient proches. Aujourd’hui, la  population de celles en décroissance a  davantage vieilli. Ainsi, en 1982, pour 100  personnes de moins de 20 ans, environ 40 étaient âgées de 65 ans ou plus. En 2016, cette population a plus que triplé dans les unités en déclin (130 pour 100 jeunes).
figure 4. Les unités  urbaines en décroissance sont très  souvent localisées dans des territoires  ruraux, eux-mêmes vieillissants. Pour certaines, la population était  jeune en 1982 mais a fortement vieilli  (Gueugnon, Avallon, Saint-Loup-sur-Semouse, Saint-Florentin).

D’autres  avaient une population déjà âgée en  1982 (Clamecy, Bourbon-Lancy). À l’opposé, la population de Saint-Claude  était âgée en  1982 était âgée en 1982, mais a peu vieilli,  tout comme l’unité urbaine voisine  des Hauts de Bienne qui avait une  population jeune en 1982. En 2016,  seuls les Hauts de Bienne et Migennes conservent une proportion d’habitants  de moins de 20 ans supérieure à celle  des plus de 65 ans. Elles parviennent à  garder les familles sur leurs territoires.  Très résidentielles, elles bénéficient  d’atouts liés à leur environnement  extérieur. Dans les Hauts de Bienne, la  population peut profiter de l’attractivité  du marché de l’emploi suisse. À  Migennes, la population a accès en  moins de 15 minutes aux unités urbaines  d’Auxerre et de Joigny, qui comptent  parmi les plus fournies en emplois  du département. Elles bénéficient  également de l’ouverture au marché de  l’emploi francilien. La gare de Laroche Migennes donne accès à Paris en 1h30. Parmi les personnes de 65 ans ou plus,  plus du tiers vivent seules.

Par taille d’entité

Un enjeu pour ces territoires est de répondre aux  besoins d’une population âgée de plus en plus nombreuse et souvent isolée, en développant de nouveaux services à la personne. Ces nouveaux emplois qui nécessitaient souvent peu de qualifications, pourraient offrir des opportunités d’emplois à la population locale. Cela passe également par le fait de rendre plus attractif le territoire, afin d’y faire venir des actifs plus jeunes pour travailler dans ces services et renvoie à la problématique plus générale de l’attractivité de ces métiers.

Le déclin de l’emploi présentiel  en lien avec la baisse de la  population 

L’emploi présentiel, celui qui permet de  répondre aux besoins des personnes  résidentes, recule dans les unités  urbaines en décroissance, en lien avec  la baisse de population, alors qu’il  augmente dans les autres.  

L’emploi présentiel.

figure 5.  Dans l’ensemble des unités urbaines  en décroissance, six emplois sur  dix sont destinés à satisfaire la  population présente, principalement dans l’administration publique, l’enseignement, la santé et l’action sociale.

Conséquence de la faible attractivité  vis-à-vis des familles avec enfants ou des  jeunes couples, les baisses d’effectifs  dans les unités urbaines en décroissance  sont importantes dans l’enseignement,  notamment dans le primaire et le  secondaire, mais aussi dans la formation  continue pour adultes. 

Malgré une hausse d’emplois dans  les activités hospitalières, le nombre  d’emplois dans la santé humaine  recule. Ainsi, le nombre de médecins  généralistes a été divisé par 2 en 10 ans,  ce qui pourrait être préjudiciable dans ce contexte de vieillissement. En revanche, le vieillissement de la population a permis de créer des emplois dans l’action sociale. Ainsi, l’emploi a doublé dans l’hébergement  social ou médicalisé pour personnes  âgées. Il a également augmenté de 15 % dans l’aide à domicile.

Des difficultés d’insertion  professionnelle 

Les conditions d’emplois sont peu  favorables dans ces territoires en  déprise souvent éloignés des grands  pôles. L’offre y est limitée et souvent peu  diversifiée. 

Les jeunes de 15 à 29 ans sont  particulièrement vulnérables puisqu’ils  finissent leur scolarité plus tôt qu’ailleurs  et en sortent ainsi moins diplômés.  Parmi ceux qui restent, ils sont 23,5 % à  ne pas être insérés, c’est-à-dire à n’être  ni en emploi ni en formation, contre  moins de 20 % pour ceux des autres  unités urbaines. 

Parmi les 15-64 ans des unités urbaines  en forte décroissance, 57,5 % occupent  un emploi contre 63 % en moyenne  pour les autres. Le faible niveau de  qualification et des capacités financières  limitées peuvent être un frein à la  mobilité géographique. Le chômage y est  ainsi plus présent. Les écarts observés  sont encore plus marqués dans les très  petites unités urbaines. Lorsqu’ils sont  en emploi, les actifs des unités urbaines en déprise occupent globalement les  mêmes catégories socioprofessionnelles que dans les autres.

Cependant, en  proportion, ils sont légèrement plus  nombreux à occuper un emploi dit  « précaire » (emploi aidé, intérim, emploi  à durée limitée). 

Les inégalités professionnelles entre  femmes et hommes ne sont pas plus  marquées dans les unités urbaines  en décroissance, à l’exception des  personnes ni en emploi, ni en formation qui sont plus souvent des femmes. 

Des revenus davantage  dépendants des prestations  sociales et des retraites 

Dans les unités urbaines en  décroissance, le niveau de vie médian  annuel s’élève à 18 500 euros contre  19 900 dans les autres. Conséquence des  conditions d’emplois moins favorables  dans les unités urbaines en déclin, pour  100 euros disponibles après déduction d’impôts, seuls 52 euros proviennent d’activités salariées, contre 61 euros  pour les autres. À l’inverse, le poids des  prestations sociales (minima sociaux,  prestations familiales, prestations  logements) y est plus élevé. Comme  le vieillissement de la population y  est plus marqué, la part du revenu  lié aux retraites y est également plus  importante. Outre un niveau de vie  inférieur, la proportion de propriétaires  de leur logement est moins importante  (52 % contre 58 %). La situation  financière de ces populations est donc  plus fragile. Ces constats sont d’autant  plus vérifiés dans les très petites unités  urbaines en décroissance. 

La vacance se développe aussi  dans le parc social 

Les baisses de populations ont un impact  sur la vacance de logements. Depuis  1999, les populations ont diminué  presque partout. Dans le même temps,  le parc de logements s’est développé  (excepté à Saint-Claude et à Saint Florentin). En conséquence, même si  le nombre de personnes par ménage  a tendance à diminuer au cours du  temps, passant de 2,34 personnes à  2,06 personnes, la part de logements  vacants augmente entre 1999 et 2016.  Elle passe de 7 % à 12,5 %. Dès 1999, la  vacance est plus élevée dans les unités  urbaines en forte décroissance que  dans les autres et son augmentation  entre 1999 et 2016 y est également plus marquée.

Elle touche majoritairement  les centres-villes composés de logements  souvent anciens, énergivores et peu  adaptés aux familles, mais s’étend  également en périphérie. Sur la période,  la vacance double à Saint-Claude où  près d’un logement sur cinq est vide,  contre un sur douze en 1999. La vacance  structurelle y est conséquente puisqu’un  logement sur deux est inhabité depuis  plus de quatre ans. 

La vacance est également très élevée  dans les logements sociaux, pour  lesquels la demande est habituellement  tendue  figure 6. Elle est deux fois  plus importante dans les unités urbaines  en décroissance, malgré l’application  de programmes de destruction et  réhabilitation récents (Saint-Florentin,  Tonnerre, Migennes, Gueugnon). À  Saint-Claude, le tiers du parc social  est disponible. Même si des projets de démolitions sont entérinés, la part de  logements sociaux inhabités restera  conséquente. 

Dans ces territoires, un réel enjeu  apparaît en matière de réaménagement  paysager pour le bien-être des  populations. La réhabilitation des logements vieillissants et peu adaptés  pourrait générer de l’emploi dans  plusieurs domaines, comme la  domotique, la rénovation énergétique,  ou plus largement le second œuvre.  Aussi, le resserrement de l’offre publique  ou privée, en démolissant des logements vacants, permettrait de rééquilibrer les marchés du logement et d’éviter une dégradation globale du bâti tout  en favorisant l’atteinte de l’objectif  gouvernemental « zéro artificialisation nette ».  

Mélanie Bouriez, Florent Ovieve,  Philippe Rossignol (Insee) 

Pour en savoir plus 

• Chassard M., René Y. Ville H., « Déclin marqué ou affirmation de leur rôle central, les destins  contrastés des petites villes de Bourgogne-Franche-Comté », Insee Analyses Bourgogne-Franche Comté n°31, avril 2018. 

• Chassard M., « Petites villes de Bourgogne-Franche-Comté : un passé démographique et  industriel qui contribue au déficit de croissance », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°38,  juillet 2018. 

Définitions 

Unité urbaine : commune ou ensemble  de communes présentant une zone de  bâti continu (pas de coupure de plus de  200 mètres entre deux constructions) et  comptant au moins 2 000 habitants. 

Les 40 petites unités urbaines (UU) de  moins de 20 000 habitants en 2016 qui  avaient au moins 5 000 habitants en 1982  peuvent être partitionnées en « très petites UU » si elles sont peuplées de moins de 7 500  habitants (22) ou « petites UU » si elles en ont davantage (18).

Le champ de l’étude est constitué de 18  unités urbaines en forte décroissance (10  très petites et 8 petites), c’est-à-dire celles  ayant eu une évolution annuelle moyenne  de population inférieure à – 0,9 % par an sur au moins une période du recensement  de la population de 1982 à 2016. La valeur  de – 0,9 % par an correspondant au premier  décile de l’évolution annuelle moyenne de  population de chaque période. 

Pauvreté monétaire : un individu (ou un  ménage) est considéré comme pauvre  lorsqu’il vit dans un ménage dont le niveau  de vie est inférieur au seuil de pauvreté.  Dans l’approche en termes relatifs, le seuil  de pauvreté est déterminé par rapport  à la distribution des niveaux de vie de  l’ensemble de la population. Le seuil est  fixé à 60 % du niveau de vie médian (1 041€  par mois en 2017). 

Emploi présentiel : emploi mis en œuvre  localement pour la production de biens  et de services visant la satisfaction des  besoins de personnes présentes dans  la zone, qu’elles soient résidentes ou  touristes. 

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Directeur de la  publication : Bertrand Kauffmann 

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Economie·Nos synthèses par domaines.·Société

En 2019, 61% des entreprises classiques créées 5 ans plus tôt sont encore actives.

Parmi les entreprises créées au premier semestre 2014 en France, hors  régime de l’auto-entrepreneur, 61 % sont encore actives cinq ans après  leur création. Cette proportion est stable par rapport à la génération  2010. 

Comme pour la génération précédente, les sociétés sont plus pérennes  que les entreprises individuelles. Les entreprises sont davantage  pérennes dans l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale, et  moins dans le commerce. Les moyens financiers investis au démarrage  et l’expérience dans le métier favorisent également la pérennité. 

Parmi les entreprises encore actives en 2019, 36 % emploient au moins  un salarié, contre 27 % lors de leur création. 

Quatre profils se distinguent parmi les entreprises encore actives  cinq ans après leur création : les entreprises en difficulté (21 %), les  professions libérales économiquement stables (10 %), les entreprises  satisfaites de leur niveau d’activité (34 %), et les sociétés investisseuses  et innovantes (35 %). 

En 2014, hors régime de l’auto-entrepreneur,  267 000 entreprises  ont été créées en France.  Cinq ans après leur création, 61 % de celles créées au premier semestre sont encore  actives  sources. Ce taux de pérennité à  cinq ans est similaire à celui des entreprises  créées au premier semestre 2010 (60 %)   figure 1

Les sociétés sont plus pérennes que  les entreprises individuelles 

Cinq ans après leur création, 67 % des  sociétés sont toujours actives, contre 53 %  des entreprises individuelles classiques, c’est à-dire hors régime de l’auto-entrepreneur. 

Une analyse « toutes choses égales  par ailleurs » permet de mesurer l’effet  spécifique de chaque facteur sur la pérennité  à cinq ans d’une entreprise et confirme qu’une société a nettement plus  de chances d’être pérenne à cinq ans qu’une  entreprise individuelle classique  figure 2.

 

Déterminants de la pérennité.

Cette plus forte pérennité des sociétés  ressort davantage sur les trois premières  années d’existence des entreprises (81 %  contre 63 %). Sur les deux années suivantes,  le risque de cessation est presque le même  entre sociétés et entreprises individuelles :  parmi les entreprises encore actives après trois ans, 83 % des sociétés le sont toujours au bout de leurs 5 ans, contre 84 % des entreprises individuelles.

Les entreprises du commerce  restent les moins pérennes 

La pérennité d’une entreprise dépend fortement du secteur d’activité. Les  entreprises du secteur de l’enseignement,  de la santé humaine et de l’action sociale affichent la plus forte longévité (74 % sont  encore actives cinq ans après leur création)   figure 3. Dans ce secteur, les professions  libérales exerçant des métiers de nature  médicale ou paramédicale sont majoritaires  et moins soumises au risque de cessation.  La pérennité est également très au-dessus  de la moyenne dans les activités spécialisées,  scientifiques et techniques (69 %), et dans les transports et l’entreposage (68%) Dans  ces secteurs, le taux de pérennité évolue peu entre la génération 2010 et la génération  2014.

Pérennité à 5 ans selon l’activité.

À l’opposé, les entreprises du commerce ont  le taux de pérennité le moins élevé (54 %),  même si celui-ci augmente légèrement  (+ 2 points par rapport aux entreprises  créées en 2010). La pérennité est également  inférieure à la moyenne dans les activités  immobilières (56 %), l’hébergement et la  restauration (59 %) ou la construction (59 %).  Cependant, dans cette dernière, le taux de  pérennité augmente le plus (+ 5 points). Les  entreprises créées en 2014 dans ce secteur  ont bénéficié d’un contexte économique  plus favorable que celles de 2010 : en 2019,  leur activité croît pour la quatrième année  consécutive alors qu’elle a diminué entre  2012 et 2015. 

L’investissement financier au  démarrage et l’expérience favorisent  la pérennité 

Comme pour les générations précédentes, le  taux de pérennité à cinq ans des entreprises  de 2014 augmente avec les moyens  financiers investis au démarrage 2014. 

Comme pour les générations précédentes, le  taux de pérennité à cinq ans des entreprises  de 2014 augmente avec les moyens  financiers investis au démarrage  figure 2.  Ainsi, 72 % des entreprises de 2014 ayant  investi au moins 80 000 euros à la création  sont encore actives cinq ans après, contre  seulement 55 % pour celles ayant investi  moins de 2 000 euros. 

Certains secteurs d’activité nécessitent plus  de moyens pour démarrer. Alors qu’en  moyenne, 47 % des entreprises démarrent  avec au moins 8 000 euros, elles sont 71 %  dans l’hébergement et la restauration, 67 %  dans les transports et l’entreposage et 59 %  dans le commerce.

 L’expérience dans le métier favorise  également la pérennité. La part d’entreprises  encore actives cinq ans après la création est  de 66 % lorsque le créateur a plus de 10 ans  d’expérience dans le métier, contre 62 %  lorsqu’il a une expérience plus courte et 56 % lorsque l’expérience est issue d’un autre métier.

Les chances de pérennité diminuent  avec la taille de l’unité urbaine 

À caractéristiques identiques, créer une  entreprise dans une commune urbaine  diminue les chances de pérennité, cet effet  étant plus marqué dans l’agglomération  parisienne. Ce phénomène, déjà présent  sur les trois premières années d’existence,  persiste sur les deux années suivantes et  pourrait s’expliquer par la concurrence. En  effet, dans l’agglomération parisienne, 52 %  des créateurs déclarent une augmentation  de la concurrence depuis 2014, soit 9 points  de plus qu’en moyenne.

36 % des entreprises sont employeuses  cinq ans après leur création 

Parmi les entreprises créées en 2014 et  encore actives en 2019, la part des entreprises  employant au moins un salarié en plus du  dirigeant a augmenté depuis la création : de  27 % en 2014, à 35 % en 2017, et 36 % en 2019  

Longévité par taille

 figure 4. Le nombre moyen de salariés par  entreprise employeuse croît également depuis  la création : 3 salariés en 2014, 4 en 2017 et  5 en 2019. Les entreprises employeuses ont  pour la plupart peu de salariés : 54 % ont 1 ou  2 salariés en 2019. Par ailleurs, 10 % en ont au  moins 10, alors qu’elles n’étaient que 5 % dans  ce cas en 2014. 

La part des entreprises employeuses est plus  élevée dans l’hébergement et la restauration (58 %), le commerce (42 %) et les transports  et l’entreposage (41 %). 

Quatre profils d’entreprises  se distinguent cinq ans après  la création Les entreprises encore actives cinq ans après  leur création n’ont pas toutes les mêmes  problématiques, et connaissent plus ou  moins d’obstacles à leur développement.  Elles peuvent être décrites en quatre profils  prédominants  méthode : les entreprises  en difficulté qui tentent de sauvegarder  leur activité, les professions libérales  économiquement stables, les entreprises  satisfaites de leur niveau d’activité, et les  sociétés investisseuses et innovantes.

Insee Première • n° 1852 • Avril 2021 

21 % des entreprises sont en difficulté 

Les « entreprises en difficulté » représentent  21 % des entreprises encore actives en  novembre 2019. Pour 66 % d’entre elles,  l’objectif principal pendant les deux  dernières années a été de tenter de  sauvegarder leur activité. 

Les entreprises du commerce (27 %) et de  l’hébergement et de la restauration (11 %)  sont surreprésentées dans ce profil alors  qu’elles représentent respectivement 19 % et  8 % des entreprises en moyenne. 

Elles ont fréquemment rencontré des  problèmes de trésorerie (76 % contre  30 % en moyenne) et des obstacles à  l’investissement (48 % contre 17 % en moyenne), notamment un manque de fonds  propres (57 %), un refus de crédit bancaire  (38 %) et une faible rentabilité (35 %).

Pour 41 % de ces entreprises, le principal obstacle à leur développement depuis  la création est d’ordre financier, et pour  40 % d’entre elles, il s’agit d’un problème  commercial, de débouché ou de  concurrence. Par ailleurs, dans ce profil,  89 % des entreprises ne sont pas satisfaites  de leur chiffre d’affaires. Une entreprise sur deux déclare qu’il a diminué sur les deux  dernières années. 

Quant à leur avenir, 40 % des entreprises  de cette catégorie sont pessimistes, contre  seulement 12 % en moyenne sur l’ensemble.  En particulier, 24 % pensent devoir redresser  une situation difficile, 10 % envisagent de  fermer leur entreprise, et 7 % envisagent de  la vendre ou la transmettre. 

Les professions libérales économiquement stables représentent une entreprise sur dix 

Le profil des « professions libérales  économiquement stables » (10 % des  entreprises créées au 1er semestre 2014 et toujours actives cinq ans après) concentre  principalement des entreprises exerçant  dans l’enseignement, la santé humaine et  l’action sociale (81 %), ou dans les activités  spécialisées, scientifiques et techniques (17 %).  Ce sont en quasi-totalité des entrepreneurs  individuels exerçant en tant que professions  libérales médicales, paramédicales, juridiques  ou comptables. La part des femmes y est plus  grande qu’en moyenne (64 % contre 28 %).  Ces entreprises n’ont pas eu de problème  de trésorerie depuis la création et 83 %  sont satisfaites de leur chiffre d’affaires.  Leur objectif est principalement de maintenir  leur niveau d’activité. 

34 % des entreprises recherchent la  stabilité économique 

Les « entreprises satisfaites de leur niveau  d’activité » représentent 34 % des entreprises  encore actives en 2019. Elles ont, en grande majorité,  eu pour objectif de maintenir ou  d’accroître légèrement leur niveau d’activité  pendant les deux dernières années (75 %), et  souhaitent faire de même pour l’avenir (66 %). 

Le secteur de la construction y est  surreprésenté, avec 27 % des entreprises,  alors qu’il ne représente que 19 % des  entreprises encore actives en 2019. 

La plupart de ces entreprises n’ont pas eu  de problème de trésorerie (89 %). Elles sont  satisfaites de leur chiffre d’affaires dans 77 %  des cas. Les entreprises de ce profil ont moins  souvent un site internet qu’en moyenne (20 %  contre 44 %) et utilisent moins les réseaux  sociaux (22 % contre 46 %). 

Les entreprises individuelles sont légèrement  surreprésentées (39 % contre 33 % en  moyenne), mais les sociétés sont majoritaires  (61 %). Néanmoins, ces dernières sont moins  souvent employeuses (35 %) que l’ensemble  des sociétés encore actives après cinq ans (48 %). 

Des sociétés qui souhaitent  développer fortement leur activité  par l’investissement 

Le profil des « sociétés investisseuses et  innovantes » (35 % des entreprises encore  actives cinq ans après leur création)  concentre très majoritairement des sociétés  (89 %). Les entreprises du commerce  sont légèrement surreprésentées (21 %,  contre 19 % en moyenne), de même que  les entreprises des activités spécialisées,  scientifiques et techniques (17 % contre  15 %). 

Ces entreprises ont plus souvent cherché  à accroître fortement leur activité au cours  des deux dernières années que l’ensemble  des entreprises actives en 2019 (35 %  contre 16 %). Elles sont nombreuses à avoir  investi (83 %) et les investissements sont  importants : 33 % ont investi au moins  30 000 euros sur les deux dernières années.  

De plus, 76 % déclarent avoir réalisé des  développements en matière de produits,  de procédés de fabrication ou de méthodes  de commercialisation ou d’organisation de  l’entreprise. Elles sont également 84 % à avoir  réalisé des actions commerciales durant les  deux dernières années. Les entreprises de  ce profil utilisent majoritairement les outils  numériques : 75 % ont un site internet et  72 % sont présentes sur les réseaux sociaux. Ces entreprises ont un chiffre d’affaires  important : 38 % déclarent 300 000 euros ou  plus, contre 21 % en moyenne pour l’ensemble  

 figure 5. De plus, le chiffre d’affaires de  70 % de ces entreprises a augmenté lors  des deux dernières années. Elles pensent  majoritairement continuer à se développer  dans les 12 prochains mois. Fin 2019, 55 %  sont employeuses, et 28 % envisagent  d’embaucher pour créer de nouveaux postes. 

Audrey Dorolle (Insee) 

Sources  Le système d’information sur les nouvelles entreprises (Sine) est un dispositif permanent d’observation d’une génération de nouvelles entreprises  tous les quatre ans. Le champ de l’enquête Sine couvre l’ensemble des créations d’entreprises du premier semestre, hors auto-entrepreneurs, qui  ont vécu plus d’un mois dans l’ensemble des activités économiques marchandes non agricoles. Entré en vigueur au 1er janvier 2009, le régime de  l’auto-entrepreneur (remplacé par le régime du micro-entrepreneur depuis 2015) offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de  calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande,  sous certaines conditions. Les entreprises créées sous le régime de l’auto-entrepreneur font l’objet d’une enquête spécifique. Ainsi, parmi les 141 000  entreprises classiques créées au premier semestre 2014, 124 000 entrent dans le champ de l’enquête. L’échantillon utilisé pour les enquêtes relatives à  la génération 2014 contient 45 000 entreprises qui ont été interrogées à trois reprises : en 2014, en 2017 et en 2019. 

La nomenclature utilisée pour les enquêtes relatives à la génération 2014 est la NAF rév. 2 au niveau A21. Les intitulés des postes « Autres activités  de services » et « Commerce, réparation d’automobiles et de motocycles » ont été remplacés par « Autres activités de services aux ménages » et  « Commerce », plus explicites. 

  Définitions 

La création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de  nouveaux moyens de production. Ce concept, harmonisé au  niveau européen, inclut aussi la réactivation d’entreprise après  une interruption de plus d’un an et la reprise d’entreprise s’il  n’y a pas continuité entre la situation du cédant et celle du  repreneur, du point de vue de l’activité et de la localisation.  La notion de création d’entreprise dans les enquêtes Sine est  un peu plus restrictive. En effet, sont exclues les entreprises  ayant vécu moins d’un mois et les « activations économiques »  correspondant à des immatriculations dans Sirene (système  informatisé du répertoire national des entreprises et des  établissements) avant le 1er janvier de l’année de la génération  considérée. 

Le taux de pérennité à N ans est le rapport entre le nombre  d’entreprises créées au cours du premier semestre de l’année  considérée (2014 ou 2010) ayant atteint leur Nanniversaire  et l’ensemble des entreprises créées au cours du premier  semestre de l’année considérée.

Méthode 

Une régression logistique permet de mesurer l’effet spécifique de chaque  facteur sur la pérennité des entreprises, les autres facteurs étant inchangés  (« toutes choses égales par ailleurs »). Les effets de chaque facteur sont  présentés en écart par rapport à une situation de référence notée « Réf ».  Dans la figure 2, le coefficient, également appelé odds ratio, est le rapport des  cotes de pérennité de la sous-population d’intérêt sur la sous-population de  référence. La cote c d’un événement est égale au rapport de sa probabilité p sur  la probabilité de l’événement opposé : c = p / (1 – p). Plus l’odds ratio est supérieur  à 1 (respectivement inférieur à 1), plus la probabilité d’atteindre le cinquième  anniversaire est forte (respectivement faible) par rapport à la situation de référence. 

Les profils prédominants des entreprises encore actives cinq ans après leur  création sont issus d’une méthode statistique de classification (analyse des  correspondances multiples puis classification ascendante hiérarchique) réalisée  sur des variables caractérisant l’activité et le développement des entreprises  (objectifs, chiffre d’affaires, obstacles au développement, investissement, secteur  d’activité, etc.). Les noms de chaque classe s’appuient sur les caractéristiques des  entreprises qui y sont fortement représentées, même si toutes les entreprises de  la classe ne partagent pas ces mêmes caractéristiques.

Pour en savoir plus.

• Gourdon H., « Un nouveau record de créations d’entreprises en 2020 malgré la crise sanitaire », Insee Première n° 1837, février 2021. • 

Dorolle A., « Les créateurs d’entreprises de 2018 : deux sur trois sont seuls à l’origine du projet de création », Insee Première n° 1818, septembre 2020.

• Richet D., « Auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 : trois ans après , 36 % sont actifs », Insee Première n° 1765, juillet 2019.

• Dorolle A., « Entreprises créées en 2014 : trois sur quatre sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première n° 1751, avril 2019.  

Direction générale : 88 avenue Verdier 92541 Montrouge Cedex 

Directeur de la publication : Jean-Luc Tavernier 

Rédactrices en chef : A. Goin, S. Pujol  Rédacteurs : X. Besnard, P. Glénat 

Code Sage : IP211852 ISSN 0997 – 3192 (papier) ISSN 0997 – 6252 (web) © Insee 2021

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