Prospective·Société

Dunsany : une histoire de biodiversité.

Le naturaliste et cinéaste Randal Plunkett, 21e baron de Dunsany, a pris un pari peu orthodoxe  lorsqu’il a décidé de faire revivre le domaine familial de Co Meath (Comté de Meath). Face aux agressions, au vandalisme et aux menaces, il a construit une réserve naturelle florissante de 750 acres.

Ah, si j’étais riche… en fait, ce n’est pas aussi simple.

« J’ai reçu de nombreuses menaces de mort, mais je ne m’arrêterai  jamais. » Randal Plunkett, baron de Dunsany, parle du réaménagement de  son domaine familial.

Après le décès de son père, Edward Plunkett, 20e baron de Dunsany, il y a 10 ans, le fils aîné Randal a hérité non seulement de l’un des plus anciens titres de noblesse du pays, mais aussi d’un héritage agricole vénéré. Son ancêtre, Sir Horace Plunkett, pionnier de la réforme sociale irlandaise, avait fait des prairies vallonnées de Dunsany Castle and Demesne, situées entre Trim et Dunshaughlin, dans le comté de Meath, un centre d’innovation agronomique. 

Tout en développant le déploiement réussi du mouvement coopératif irlandais parmi une série de réalisations pastorales au tournant du 20e siècle, Horace a prêché le slogan « Better Farming, Better Business, Better Living ». 

En prenant en charge la gestion du domaine et du troupeau, Randal a appliqué ce mantra dans une optique de durabilité environnementale, avec le désir de faire mieux pour la terre. « Après avoir tenté une approche agricole normale, j’ai pris du recul et j’ai vu un paysage morne et épuisé par le surpâturage et l’agriculture excessive », explique-t-il. « Des produits chimiques injectés dans le sol et aucune pause pour la régénération ou la récupération. Comment une terre peut-elle rester saine lorsque le cycle de la vie est ignoré ? » 

Le 21e baron de Dunsany a pris une décision radicale. Il a retiré tous les animaux de pâturage de la propriété, s’orientant vers une approche holistique globale des cultures. Les pesticides ont été interdits, les engrais ont été abandonnés et les mauvaises herbes envahissantes comme le séneçon et le chardon ont été combattues à la main. « Ma mère m’a regardé comme si j’avais rejoint une secte. » 

Guidé par un nouveau plaidoyer passionné pour le véganisme, Randal – que la tradition veut que l’on appelle Lord Dunsany – a découvert le concept de « ré-ensauvagement » il y a sept ans, une approche progressiste de la conservation qui permet à l’environnement de s’occuper de lui-même et de revenir à son état naturel. Plutôt que de procéder à un test expérimental dans un coin tranquille de la propriété, il a sacrifié 750 acres (3 km² d’un pâturage très rentable de 1 700 acres dans un pari peu orthodoxe). Il y a 100 hectares dans un kilomètre carré. Un acre correspond à environ 0,405 hectare et un hectare contient environ 2,47 acres.

« Je voulais rendre la terre à l’état sauvage, et pas seulement préserver le peu d’habitat naturel qui restait. Nous avons donc verrouillé une grande partie du domaine et c’était militant. Pas de piétons la plupart de l’année, pas de chemins ni d’interférences. Cela ne veut pas dire que nous avons abandonné la terre, nous sommes des gardiens qui gardent un œil distant et vigilant. Et les résultats parlent d’eux-mêmes. » 

Premier projet irlandais à être reconnu par le réseau européen de ré-ensauvagement – une initiative conjointe à grande échelle visant à restaurer les habitats naturels sur tout le continent – la réserve naturelle de Dunsany est aujourd’hui un havre de forêts indigènes régénérées, de champs d’herbe, de sources et de ruisseaux se faufilant dans les marais. Depuis sa création, Randal affirme que l’on observe de plus en plus d’espèces d’oiseaux locaux rares, qui n’avaient pas été recensées dans la région depuis longtemps, notamment des milans royaux, des pics, des chouettes effraies, des hiboux de nuit, des hérons et des éperviers. 

La réserve abrite aussi désormais des cerfs élaphes, des renards, des loutres, des blaireaux, des martres des pins, des lièvres et des hermines. « Le retour des herbes et des plantes accueille le retour des insectes et des rongeurs, qui sont ensuite suivis par les oiseaux et les petits animaux. Avec le temps, il y a plus de buissons, plus d’arbres, plus de baies d’aubépine, de lierre, d’araignées et de papillons. L’herbe devient longue, les rongeurs prospèrent et sont mieux protégés, puis les prédateurs arrivent. Hier encore, j’ai vu un milan royal voler au-dessus de ma tête. S’il voit en dessous une prairie riche en vie, il va rester dans les parages. » 

Il y a deux ans, une étude internationale impliquant des experts du Trinity College Dublin et de l’UCD a confirmé que les champs agricoles présentant une plus grande biodiversité sont mieux protégés des insectes nuisibles, favorisent la pollinisation et produisent des rendements plus élevés. Et dans une nomination pour les 2021 Farm for Nature Awards, l’Irish Wildlife Trust a reconnu que la biodiversité issue du réensauvagement du Dunsany a eu un impact positif sur les rendements des cultures sur les terres de Randal consacrées au travail du sol – gérées par des locataires cultivant du chanvre, des haricots, du colza et du blé – ainsi que sur les exploitations voisines consacrées au travail du sol.

Il s’agit d’une version du 21e siècle du slogan de Sir Horace Plunkett « Better Farming, Better Business, Better Living » ‘Une meilleure agriculture, de meilleures affaires, une meilleure vie). « Horace a construit des écoles, a créé la Société irlandaise d’organisation agricole et a participé à la création de l’Association irlandaise des femmes de la campagne. Il a essayé d’élever les gens. Nous sommes une famille qui a fait cela à travers les âges, de différentes manières. Aujourd’hui, l’environnement est un problème et, à ma modeste échelle, je peux y remédier. Tout le monde n’a pas ce pouvoir. » 

Randal parle avec des phrases autoritaires et éduquées. Un accent américain, fruit d’une éducation précoce à New York, se mêle aux brins contrastés d’un accent irlandais sans relief. Ce n’est pas tout à fait aussi confrontant que l’hybride transatlantique de Michael Flatley, mais l’effet est similaire. Des épaules larges, une mâchoire fringante et un regard surélevé caractérisent confortablement sa stature de sang bleu en tant que Lord Dunsany, gardien de la forteresse gothique du 12e siècle, à 40 minutes de Dublin. 

Commandée par Hugh de Lacy, Lord de Meath, et construite par Geoffrey de Cusack, la dynastie des Plunkett a hérité du château de Dunsany au XVe siècle, après le mariage de Sir Christopher Plunkett avec Lady Joan de Cusack. 

C’est l’un des plus anciens bâtiments d’Irlande à avoir survécu et à avoir été habité en permanence. Randal avait 28 ans lorsqu’il est devenu le gardien du domaine après le décès de son père en 2011, une tâche à laquelle il a résisté pendant de nombreuses années. « C’est quelque chose que j’ai été formé à faire depuis ma naissance, mais je l’ai longtemps rejeté », dit Randal, qui a perdu sa mère, Lady Dunsany, Maria-Alice De Marsillac Plunkett, plus tôt cette année. 

« Je voulais avoir une vie et choisir mes décisions, mais le sens du devoir a fini par s’imposer. J’ai commencé à apprécier le poids de cet héritage. Je suis né dans le privilège et avec le privilège, vient souvent le sacrifice. Il y a une responsabilité que nous devons assumer. Je ne peux pas dire exactement quand je l’ai acceptée, je l’ai simplement fait. Je suis le gardien de Dunsany jusqu’à ma mort et en tant que gardien, nous avons des devoirs et des responsabilités. Et l’une de ces responsabilités est d’avoir des enfants. Il doit toujours y avoir un enfant qui doit prendre la relève. » 

La pression pour produire un héritier ou une héritière est-elle une préoccupation ? Il marque une pause, avant de répondre prudemment : « Eh bien, je viens d’avoir un enfant », révélant l’arrivée de sa fille en mai, tout en taisant son nom et l’identité de sa mère. « Elle recevra la même formation que moi et apprendra ce que signifie le fait de naître dans la plus ancienne famille encore associée à un lieu en Irlande. » 

Si sa fille nouveau-née est actuellement en lice pour hériter du château et des dèmes, elle n’héritera pas du titre de son père. Aujourd’hui encore, la tradition médiévale l’emporte sur la parité des sexes. (Un reste de Loi salique).

« Je pense que c’est une ânerie mais c’est un truc historique et le titre va généralement au premier fils. Pour l’instant, je n’ai pas l’intention d’avoir d’autres enfants. J’en ai un et à mes yeux, ce sera à elle d’être la prochaine gardienne de cet endroit. » 

Bien qu’il ait abandonné son indépendance au profit d’obligations aristocratiques, Randal continue de travailler sur sa passion de toujours, le cinéma, avec son premier long métrage, The Green Sea, sorti ce mois-ci. Tourné principalement dans les environs accidentés de Dunsany, ce drame surnaturel s’intéresse à une écrivaine américaine (Katharine Isabelle) et à sa lutte pour trouver l’inspiration pour un nouveau roman alors qu’elle vit isolée dans l’Irlande rurale. 

Hantée par des visions du passé, celle-ci s’interroge sur ce qui est réel avec l’arrivée d’un mystérieux étranger, tout en affrontant un environnement hostile et inconnu. Randal admet qu’il s’agit d’un travail d’amour et que l’histoire comporte des couches semi-autobiographiques. 

« Elle est solitaire et je sais ce que c’est. Elle traite du passé, c’est ce avec quoi je vis à Dunsany. Le passé de ma famille est littéralement sur les murs. Son personnage est quelqu’un qui essaie d’imiter un succès précoce, c’est ce qui m’est arrivé dans ma carrière cinématographique que je pensais voir exploser après mon dernier film. Et elle est une étrangère dans un pays étranger et depuis que j’ai emménagé ici, il y a toujours eu cette distance culturelle. » 

En écrivant ce récit effrayant alors qu’il se lançait dans le projet de ré-ensauvagement, Randal reconnaît que les hostilités rencontrées par les détracteurs de la réserve – un problème auquel il est toujours confronté – ont trouvé un écho dans le film et ses tonalités de suspicion culturelle. « J’ai reflété cela dans le film parce que, oui, je reçois toujours beaucoup d’objections de la part d’un groupe de personnes très distinct et la diplomatie ne fonctionne pas avec eux. Lorsque vous défendez quelque chose contre le statu quo et que vous vous mettez dans cette position, il peut y avoir des conflits. » 

C’est une description curieusement modérée de l’agression, du vandalisme et des menaces de violence auxquels il dit être régulièrement confronté de la part des braconniers et des chasseurs, en colère contre le cercle de protection de la faune indigène. « Je ne peux pas garer ma voiture sur le bord de la route, sinon mes pneus vont être crevés. Je me heurte à des braconniers qui tiennent des fusils pointés sur mon visage. L’un d’entre eux m’a menacé de m’ouvrir le visage. Je m’attends même à ce qu’un renard mort soit installé sur mon portail d’un jour à l’autre », dit-il avec un air fier. « Il y a eu tellement de menaces de mort, tellement de menaces, mais je ne m’arrêterai jamais. » 

Au cours de l’année dernière, Randal a travaillé avec l’hôpital d’urgence pour animaux sauvages WFI à Garlow Cross, non loin de là, pour réhabiliter et placer les animaux blessés, y compris les hérissons, les renards et les blaireaux, dans la réserve. Il est également prévu d’installer jusqu’à 200 ruches pour les abeilles noires irlandaises, qui sont en déclin, avec le projet de conservation des abeilles irlandaises, et de réintroduire l’écureuil rouge. « C’est l’un des rares comtés où l’on ne trouve pas d’écureuil rouge. Il n’y a pas de couloirs d’habitat pour qu’ils émigrent à partir d’endroits comme Cavan. Mais je devrai passer par les Parcs Nationaux et la Faune avant que quelque chose ne se passe. » 

L’aristocrate naturaliste est également à la peine pour ajouter que ces avancées significatives dans la régénération de la biodiversité s’opèrent toutes sur son propre argent, ce qui s’avère une immense tension, malgré la richesse accumulée des Dunsany. « On croit que nous débordons d’argent, mais la vérité est que nous perdons une somme importante chaque année à cause du réensauvagement et que nous n’avons reçu aucun soutien. Sept ans et le nombre d’espèces qui reviennent, sans parler du fait que nous agissons comme un puits de carbone. Je contribue probablement à un puits de carbone massif pour tout le comté de Meath. » 

Dans une interview accordée au journal Irish Times en janvier dernier, Malcolm Noonan, ministre d’État chargé du patrimoine, qui comprend le domaine de la biodiversité, a déclaré : « Nous devons récompenser les agriculteurs en tant que gardiens [de l’environnement], et les terres agricoles en tant que puits de carbone et pour l’amélioration de la biodiversité. » Deux mois plus tard, l’ancien directeur de Friends of the Earth Ireland annonçait 1,35 million d’euros pour les projets de biodiversité des autorités locales afin de soutenir la mise en œuvre du plan d’action national pour la biodiversité – un financement auquel la réserve naturelle de Dunsany ne peut prétendre. (Bien que des rapports indiquent que la structure du château elle-même a reçu plus de 14 000 € par le financement du ministre Noonan pour les projets de patrimoine bâti l’année dernière). 

« Malgré ma contribution à la biodiversité locale, cela vous montre les failles de la politique globale. Je n’ai eu aucune visite du gouvernement Vert. Il s’agit du plus grand projet de ré-ensauvagement d’Irlande mais Eamon Ryan semble préoccupé par les pistes cyclables et l’abattage des arbres à Dublin. Je comprends que le gouvernement soit débordé par le projet Covid-19, mais je m’attendais à ce que le chef des Verts vienne frapper à la porte à ce stade. Peut-être que cela se produira à l’approche des élections ». 

C’est la mi-juillet dans la réserve naturelle de Dunsany. Les martres des pins se cachent parmi les branches enchevêtrées tandis que, la nuit, les blaireaux patrouillent entre un sous-bois épais et lumineux. À certains endroits, les herbes des prés sont plus hautes que les gens, se balançant au son du chœur multiple des oiseaux. 

Récemment, Randal a reçu en cadeau un jeune chêne en pot, cultivé à partir d’un gland par un groupe local de Brownies. Il dit que cette petite plante sera placée dans le sol qui surplombe le château, de sorte qu’avec le temps, lorsque les enfants le visiteront une fois adultes, ils le verront comme un arbre adulte. « Je me promène aujourd’hui et je vois de grands arbres plantés par quelqu’un qui n’a jamais pu les voir grandir. Et à mon tour, je plante aujourd’hui des arbres que je ne verrai jamais grandir.

« Mais ces arbres ne sont pas pour moi, ces arbres sont pour les jeunes qui nous entourent. C’est la prochaine génération qui va faire le changement. Préparons le terrain pour eux. » 

A méditer : nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. (Saint-Ex, encore une fois…).

L'éditorial·Nos projets·Prospective

Éditorial : L’envol de Découverte 2021.

Derrière ce titre mystérieux, il s’est réellement « passé quelque chose » hier soir ; ce groupe, que l’on appelait jusqu’à l’année dernière le groupe AEC, avait changé de nom « cause Covid » et en raison de notre confinement en visio. Depuis plusieurs semaines, nous nous sommes attaqués au sujet du pitch, ou comment produire une histoire synthétique et percutante, genre : « Qui je suis, à quel point mes talents sont multiples, et pourquoi vous devez m’embaucher ! ».

Cela vous paraît simple comme ça ? Mais ce pitch, il faut le connaître « par coeur », le décliner sans que cela ait l’air d’une récitation, que l’essentiel y soit, les transitions soient compréhensibles pour l’interlocuteur, et le tout en y ajoutant de la vie, de l’âme et de la conviction. bref, il s’agit d’être clair, court et VIVANT !

Et hier soir, Découverte 2021 y est arrivé : une demi-douzaine d’impétrants est passée à la « planche à secousses », et l’ensemble s’est brillamment comporté. Certes, il reste des transitions perfectibles, mais tous ont bien progressé ; et surtout, cette histoire est comme un « squelette qui prend chair ». L’ensemble des questions, des observations, des réserves est déposé en toute bienveillance, dans une logique collaborative, dans un but de parvenir à un produit fini optimal, le résultat de notre intelligence collective. Un grand bravo à tous, ils se reconnaîtront (et en plus, ils vont avoir des devoirs à faire…)

Que faut-il en retenir ? Un groupe est un « être vivant », on ne peut pas décréter d’avance, si ça va marcher ou pas : que ce groupe se forge une « âme », (anima) un allant, une ambition collective. En revanche, lorsque cela se produit, tous sont à féliciter, même si c’est « l’animateur » qui gicle en cas de descente en Nationale 2 la saison suivante… Cela veut dire qu’il existe un rôle modeste d’étincelle, ou d’allumage en cas de succès, et inversement, une responsabilité globale en cas d’échec imputable ou supposé. Heureusement, tout cela est derrière nous, et pour l’instant, souhaitons bon vent à tous nos candidats, et ils sont tous « chauds » !

Et nous espérons tous en savoir plus, lors de nôtre prochaine plénière, programmée pour le Mardi 11 Mai, (à cause du Jeudi de l’Ascension) : il y sera question des besoins exprimés par nos adhérents en termes d’apports de contenus, de formation. Bref, que du sérieux !

L’Ours
Développement personnel·Formation et professionnalisation·Prospective

Découverte 2021 : une visio pleine de Peps !

Il manque Murielle et Angelo.

Une fois n’est pas coutume… deux fois, cela peut passer pour du hasard, trois fois, c’est déjà le début d’une bonne habitude ! Voici un compte-rendu de découverte assez proche de ce que nous avons coutume de faire en plénière. Même le nombre pourrait le laisser croire : 14 participants, c’est déjà très bien !

Bienvenue à nos nouveaux arrivants : Florence, DRH de profession, présentée par Malika, du Pôle Économie Sociale et Solidaire. Florence nous l’expliquera mieux par elle-même, elle est porteuse d’un projet d’intégration et d’accompagnement de personnes éloignées durablement de l’emploi, et qui durant cette période, ont vu leur situation changer, notamment en raison de l’apparition d’un handicap. Angelo, – qui nous écoute – a présenté à Florence les fondamentaux d’entraide et de coopération bienveillante de BCN. Antoine note la difficulté de faire appel à un travailleur social dans le cadre du projet : BCN sollicite ponctuellement des interventions de psychologue, qui nous facturent des prestations labellisées. Du coup, les efforts de construction de contenus, les différents partenaires (dont AEC), les règles de bonne conduite et de confidentialité sont déjà assimilés : c’est bon signe ! Notre dispositif reste souple et cela tombe bien : les usines à gaz ne créent guère d’emplois.

L’arrivée Hugo nous avait été annoncée par Xavier mardi. Jeudi après-midi, nous étions en contact, à 18 heures, nous avions son CV – impressionnant – il était connecté à la visio, et Alexandre nous proposait ce qui suit : « 

Tout d’abord merci pour ce transfert de CV. En effet, Hugo possède un parcours quelque peu similaire au mien en tant qu’ingénieur. Je suis malheureusement indisponible aujourd’hui, et nous partons en voyage demain avec ma femme. Néanmoins, je suis de retour la semaine du 25 et serai parfaitement disponible pour échanger avec lui (téléphone ou mail).N’hésite pas à lui transmettre mes coordonnées si nécessaire.« 

Ce sera chose faite ce soir-même. Notons que l’expérience d’Alexandre, issu également d’une école d’ingénieur de Clermont permettra d’aiguiller Hugo au travers des difficultés spécifiques liées au contexte.

I. Deux arrivées, deux embauches.

Patricia et Murielle venaient ce soir présenter dans quelles conditions elles ont retrouvé du travail en fin d’année. La première à l’Union Régionale des Résidences d’Habitat pour les Jeunes, dont elle sera la déléguée, la seconde s’intégrant dans l’équipe administrative de la Collectivité de Corcelles-les-Citeaux. Champagne ! Nous saluons nos 4 impétrantes de 2020 : Estelle, Nathalie, Patricia et Murielle. C’est loin de notre meilleure année, et l’une des raisons tient à l’absence de manifestations, salons et actions, autant d’opportunités de mettre en relations nos candidats « en situation », dans un contexte qui les met en valeur.

II. La logistique et la Maison Pôle Emploi de Beaune.

Sébastien, Thierry et désormais Hugo peuvent désormais se revendiquer d’un domaine « Logistique » au sens large. Je veux parler bien sûr d’un domaine élargi, que l’on appelle parfois « Intervention – Maintenance », domaine où l’approvisionnement – la livraison – le SAV et le pilotage (conduite d’activités) sont partie prenante. Si l’on y ajoute la normalisation, la documentation et la démarche Qualité, il est nécessaire de préciser de quoi on parle ! Et c’est d’autant plus important quand on souhaite en sortir : oui, mais de quoi ?

Sébastien nous explique qu’il passe actuellement beaucoup d’entretiens dans ce domaine, avec des succès variés, mais plutôt dans le haut de la short-list, ce qui veut dire qu’il est un bon candidat, mais qu’il n’est pas forcément dans « le flow » :

Mais d’abord, qui êtes-vous ?

Notre blog a déjà consacré pas mal d’articles à l’ikigaÏ : notre proposition est donc la suivante : avec l’appui de Florence et d’Angelo, donnons-nous rendez-vous (maxi 10 personnes) autour de 4 questions :

  • quel enfant étiez-vous ? (caractère).
  • quelle star étiez-vous ? (sport, course à pied, sport collectif, dessin, jeux vidéo).
  • Où étiez-vous quand vous disparaissiez une après-midi ? (à dénicher les oiseaux, grimper aux arbres, faire du bateau…).
  • Quelle est l’activité où l’on « vous perd » ? (Vous n’avez plus conscience du temps qui passe, de la réalité, de la contrainte et/ou du plaisir).

Pour conclure si ce thème, j’ai proposé l’action suivante à Madame Adèle Bugaud. Il s’agit de la conseillère Pôle emploi qui a pris le relais de Mme Elise Jafflin dans l’accompagnement des cadres inscrits au Pôle emploi de Beaune dans la modalité « guidée ». L’idée serait de lui montrer EN QUOI nos approches sont complémentaires et nullement concurrentes.

Pôle Emploi Beaune communique régulièrement sur notre association en direction des personnes de mon portefeuille. Elle est évidemment incontournable lorsque l’on parle de logistique. Nous avons donc échangé longuement sur la structure BCN, pour lui permettre de mieux en parler aux demandeurs d’emploi et réaliser des orientations plus pertinentes.

III. Nos autres candidatures.

Françoise prépare son dossier pour la Promo 16 – 18 de l’Afpa : Patricia et Saïd lui conseillent de travailler davantage les éléments de compétences transférables, et dans les points à améliorer, l’aptitude à entraîner, la pédagogie de projet, l’expérience pédagogique… Tous deux se proposent de l’aider : est-ce-que cela pourrait se faire autour d’une « feuille Carrédas » ?

Sophie – Julien – Juliette : pas d’avancée notable au cours des dernières semaines, si ce n’est que le « retard à l’allumage » du dossier de la com – com du Pays de Langres agace Juliette, qui observe un retour favorable pour son activité de freeelance dans le Doubs.

IV. Decidata.Org.

http://www.decidata.org

Nous l’avions abordé rapidement lors d’une session découverte précédente ; sur les conseils de Nathalie, qui présentait ses méthodes de recherche, le recours à cette banque de données gratuite avait été recommandé. Xavier disait ceci : Pour ma part je ne me suis pas inscrit à titre personnel, il me semble plus efficace d’enregistrer BCN et de nous communiquer le mot de passe prévu pour y accéder. Les connexions des utilisateurs seront probablement comptabilisés et si celles de BCN sont nombreuses cela peut être utile. Actuellement, le champ « structure » n’est pas ouvert : l’inscription collective n’a donc pas pu être réalisée. Ceux que cela intéresse peuvent surfer seulement à titre individuel pour l’instant. Enfin, l’INSEE a mis à disposition ces jours derniers quelques publications de 1ère main ; à suivre dans les prochains jours !

IV. Les animateurs bénévoles de BCN.

Ce sont les « éclairagistes »- les « poursuites » – ingénieurs du son – balances – machinistes : sans eux, le rythme de 2 à 3 sessions mensuelles de BCN, les simulations, les montages de stand, déplacements.. seraient beaucoup plus compliqués : merci et Bonne Année à Françoise, Gilles, Jérôme, Xavier, ainsi qu’à nôtre Pôle Marketing : Zélina, Anastasia et Olga. Et je n’oublie pas les « nominés » : Saïd et Patricia. Cela me donne l’occasion de souligner que l’on peut (c’est même très apprécié) être à la fois candidat ET bénévole !

Nous mentionnerons les actuels membres du bureau avec le compte-rendu de la prochaine session Découverte, sur le thème « SCORE » proposé par Saïd.

Sujet : BCN Atelier Découverte Jeudi 21 Janvier à 18 Heures

Participer à la réunion Zoom https://zoom.us/j/7458503747
ID de réunion : 745 850 3747

Environnement - Climat·Nos synthèses par domaines.·Prospective·Société

Climat : le portrait de Jérôme.

Menaces sur le climat : l’avis de l’expert.

Son expertise et son implication commencent à se répandre dans la Métropole de Dijon : l’approche partenariale engagée par BCN, fondée sur la RSE, l’insertion, l’implication citoyenne convergent avec celle de Jérôme en matière de risques climatiques. Comme toujours, derrière ce projet de conférences de sensibilisation se trouve une histoire d’homme :

Bonjour,  Jérôme ; en quelques mots, qui es – tu et comment es – tu arrivé à BCN ?

Ayant vécu des turbulences professionnelles, j’ai trouvé à BCN un lieu propice aux échanges bienveillants, un lieu où l’expérience des uns peut être utile aux autres et où le collectif permet de se hisser au dessus des difficultés du moment et de continuer à nourrir un projet.

Habité par une impérieuse quête de sens, j’ai mis ma culture scientifique et l’éclectisme de mes centres d’intérêt au service d’un projet de compréhension de notre époque et singulièrement de ces enjeux écologiques.

Comment t’es – tu transformé en « conférencier » ? Comment vis – tu cette activité nouvelle ?

Il s’agissait pour moi de me donner un cadre cohérent de compréhension des enjeux de notre époque, notamment de savoir que penser des nouvelles alarmantes qui s’accumulent. BCN a été à ce stade le premier endroit bienveillant où j’ai pu exprimer le fruit de mes réflexions et partager cette analyse. Cette première étape m’était nécessaire pour raffermir ma confiance et me donner l’audace de présenter le fruit de mon travail à un public plus large.

Pour ce faire, le cadre associatif de BCN m’a été précieux pour étayer ma légitimité à proposer une présentation publique. Ce cadre associatif, outre son apport institutionnel, est aussi tissé de relances amicales, de supports organisationnels, d’engagements réciproques.

Une des difficultés de cette activité de conférencier réside dans le fait de proposer une analyse radicale (qui va à la racine), analyse qui me conduit à tenir des propos qui remettent en cause nos représentations usuelles. Je m’efforce de compenser cette déstabilisation potentielle de l’auditoire, en tenant des propos ouverts, en proposant une grille d’analyse élargie. Je sais que celui qui montre ce que l’on ne veut pas voir, n’est pas toujours bien accueilli, car il met en cause le déni qui est aussi un besoin naturel.

Où en es – tu aujourd’hui,  à mi-chemin de l’expérience ?

L’avenir proche se construit pas à pas, au gré des mesures sanitaires, avec l’ambition collective de valoriser cette démarche, et au plan personnel, un talent à cultiver pour demain oser se présenter à des publics plus larges que les premiers cercles amicaux et militants.

Est-ce-que tu peux résumer la trame (sans les conclusions)… de tes présentations ?

Il s’agit de résumer les connaissances actuelles dans les domaines de l’énergie, du climat et de la biodiversité, pour faire un constat lucide et grave de l’état de la planète et surtout des mécanismes en jeu ; pour ensuite replacer ces enjeux dans la trame de nos contingences économiques, sociales, éthiques. Devant une situation à ce point inextricable, le point positif de ma présentation est de permettre à chacun de se situer, pour comprendre la situation et pour potentiellement agir.

Au fil du temps, tes convictions ont-elles changé ?

J’ai tout d’abord mesuré l’écueil que représente le catastrophisme, le fait de sonner l’alarme une fois de plus ; et pour dépasser cet écueil je me suis tourné vers les outils de pensée que propose la philosophie. Ensuite ; loin de tout solutionnisme, j’ai la conviction que l’issue est à rechercher dans le champ culturel, dans la réforme de nos représentations et la conversion de nos valeurs. De ce fait, je regarde avec beaucoup d’attention toutes les initiatives qui impliquent de nouvelles pratiques sociales, de nouvelles façons de penser. Je voudrais moi-même pouvoir m’y impliquer plus avant ! Il est plus que temps d’expérimenter de nouvelles façons de faire, tous azimuts.

Un cycle qui reprend en 2021.

2020, et bientôt 2021 sont (seront)-elles des années repères pour la planète ?

2020 et sa pandémie sonne comme un avertissement et une illustration : l’écrasement des écosystèmes nous réserve quelques mauvaises surprises et l’ampleur de la récession économique qui en découle est comparable avec celle que nous devrions volontairement engager chaque année jusqu’en 2050 si nous prenions nos propres engagements (COP21) au sérieux. C’est peu dire le caractère vertigineux de la situation. Toute la question est de savoir quelle part nous allons maîtriser et quelle part nous allons subir de la descente énergétique et matérielle qui nous est promise.

Différentes perceptions… qui nous poussent à agir.

2020 nous dit ce que nous ne voulions pas entendre : il est plus que temps d’ouvrir les yeux et de trouver le mode d’emploi d’une vie soutenable.

Economie·Nos synthèses par domaines.·Prospective·Société

21 zones d’emploi en Bourgogne Franche-Comté en 2020. Économie spécialisée, diversifiée ou résidentielle. A voir.

Le millésime 2020 des zones d’emploi permet, sur l’ensemble de la France, d’actualiser l’analyse du tissu  économique des territoires. Pour la Bourgogne-Franche-Comté, cette refonte en 21 zones permet de tenir  compte des mutations vécues au cours des années récentes. Trois d’entre elles sont centrées autour des  grandes agglomérations de la région qui sont parmi les plus pourvoyeuses d’emplois de la région, Dijon, Besançon et Belfort. L’activité économique de certaines zones se caractérise par une orientation spécifique, industrielle pour  Montbéliard et le Creusot-Montceau. Cette empreinte se retrouve également dans des zones plus résidentielles à  Saint-Claude, Dole, Pontarlier et Sens. Pour d’autres, l’agriculture joue un rôle important comme à Beaune, Cosne Cours-sur-Loire et Avallon. Enfin, neuf autres zones d’emploi de la région se caractérisent par une économie plus  diversifiée. À l’image de l’ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté, ces zones restent plus industrielles et agricoles que les zones de même catégorie sur le reste de la France. 

Hugo Andrieu, Benoit Leseur (Insee)

Une révision des zones d’emploi a été menée en 2020 par l’Insee et la Direction statistique du Ministère en charge du travail et de l’emploi (Dares). Ce découpage vise à constituer des territoires dans lesquels la plupart des actifs résident et travaillent, et où les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts. Ces nouveaux zonages permettent d’actualiser l’analyse du fonctionnement du marché du travail, notamment les caractéristiques du tissu économique (activités présentes, taille des établissements,…) et de la population active. Cette actualisation du dernier zonage, qui date de 2010, a été entreprise dans un souci d’harmonisation européenne (La nouvelle méthode de constitution des zones d’emploi). Cette partition du territoire est construite pour que la part des résidents d’un territoire qui y travaillent (ceux appelés « stables ») soit la plus élevée possible. Le millésime 2020 des zones d’emploi segmente la région Bourgogne-Franche Comté en 21 zones. Trois de ces zones débordent sur les régions limitrophes : Cosne-Cours-sur-Loire ainsi que Nevers s’étendent sur la région Centre-Val-de  Loire, et Mâcon sur Auvergne-Rhône Alpes (figure 1)

1 Neuf zones d’emploi de Bourgogne-Franche-Comté ont une économie diversifiée

La zone la plus peuplée, Dijon, compte 394 800 habitants et 169 800 emplois. A l’opposé, la moins peuplée, Autun, comporte 42 100 habitants et 14 100 emplois. La diversité du tissu économique de Bourgogne-Franche-Comté s’illustre par une pluralité de profils parmi ses zones d’emploi. 

Un tiers de l’emploi régional dans trois zones d’emploi 

Dijon, Besançon et Belfort sont trois zones abritant de grands employeurs au sein de grandes agglomérations. Elles rassemblent 34 % de l’emploi régional et comptent de nombreux grands établissements, notamment dans la sphère publique : des centres hospitaliers ou des sièges de collectivités territoriales comme des mairies, des intercommunalités, des conseils départementaux ou le conseil régional (figure 2 et 4). 

Vue d’ensemble

Les emplois de cadres des fonctions métropolitaines y sont particulièrement bien implantés : entre 7 % et 9 % de l’emploi, contre 5 % pour les autres zones d’emploi de la région. Cette surreprésentation s’explique notamment par la présence de sièges sociaux, de grandes entreprises liées à des centres de recherche comme le Commissariat à l’énergie atomique de Valduc dans la zone de Dijon, aux technopoles de Besançon ou de Belfort et aux pôles de compétitivité comme Vitagora à Dijon ou le Pôle des microtechniques de Besançon. Ces zones, où se trouvent de nombreux emplois, permettent à de nombreux actifs de travailler sur place. En conséquence, le taux de stables (définition) est important, autour de 90 % dans les zones d’emploi de Dijon, et Besançon et de 70 % dans celle de Belfort (figure 3)

Montbéliard et le Creusot-Montceau :  des zones industrielles qui perdent de  l’emploi 

Les zones d’emploi de Montbéliard et du Creusot-Montceau sont spécialisées dans l’industrie. Ce secteur, historiquement très implanté, représente toujours une part importante de l’emploi, de respectivement 30 % et 23 %. Toutefois, ces effectifs se sont fortement contractés en 40 ans. Dans le même temps, l’emploi total a nettement baissé entre 2007 et 2017, davantage à Montbéliard qu’au Creusot Montceau. 

Les groupes étrangers, souvent présents dans les zones industrielles de la région, y jouent encore un rôle important, principalement dans la zone du Creusot-Montceau. Dans ce territoire, une part notable de l’emploi dépend de groupes étrangers (18 % en 2015 contre 12 % en Bour gogne-Franche-Comté). Ce phénomène est particulièrement ancré dans l’industrie. Au Creusot-Montceau, 29 % de l’emploi industriel est détenu par des groupes étrangers, avec comme figure de proue l’établissement luxembourgeois Industeel, situé dans la ville du Creusot. À l’inverse, à Montbéliard, la présence d’un groupe français comme Peugeot, fleuron de l’industrie automobile, explique la faible présence d’emplois dépendants de groupes étrangers. Cette part y est plus faible (9,6 %), bien inférieure à celle de la région. 

Que les groupes soient français ou étrangers, ils sont soumis à la concurrence internationale. En conséquence, en cas de difficultés économiques, et indépendamment de la nationalité du groupe, l’emploi dans ces territoires est fortement dépendant de la conjoncture économique et des logiques concurrentielles. 

Quelques zones résidentielles à dominante industrielle 

Les zones d’emploi de Sens, Pontarlier, Saint-Claude et Dole sont des espaces où les actifs qui y résident ont plus souvent tendance à ne pas y travailler. Le taux de stables y est ainsi plus faible qu’ailleurs, entre 56 % et 73 %. Ces actifs travaillent souvent dans les territoires voisins : dans le bassin parisien pour ceux habitant à Sens, en Suisse pour ceux résidant à Pon tarlier, à Oyonnax et en Suisse pour ceux demeurant à Saint-Claude, et à Dijon et Besançon pour ceux vivant à Dole. 

Par ailleurs, ces zones d’emploi disposent d’un tissu industriel développé allant de 18 % à 31 % de l’emploi. À Saint Claude, la fabrication d’autres produits industriels (production manufacturière, fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, métallurgie) y représente 86 % de l’emploi industriel. Les groupes étrangers contribuent également à cette forte présence. À Dole, le groupe Solvay, de nationalité belge, dispose des plus grands établissements industriels de la zone. Le fait d’être lié avec l’extérieur peut être un atout pour ces zones. À Pontarlier, les habitants jouissent d’un niveau de vie annuel médian par unité de consommation (définition) de 26 330 €, soit 26 % supé rieur à celui des habitants de la région. De nombreux habitants travaillent en Suisse où les rémunérations sont bien plus favorables qu’en France. 

Des zones agricoles aux  productions diversifiées 

Beaune, Cosne-Cours-sur-Loire et Avallon sont trois zones d’emploi où l’agriculture tient une place importante dans l’économie locale, représentant de 10 % à 13 % de l’emploi total, contre 4 % pour l’ensemble de la région. 

Ces zones ont des savoirs-faire divers. Pour Beaune, la production agricole est très spécialisée. La production agricole se déploie autour d’une viticulture renommée,   fortement valorisée et dynamique à l’exportation. C’est également une des zones les plus touristiques de la région, au carrefour d’axes de communication majeurs. Ce territoire se démarque aussi en étant la seule zone d’emploi de Bourgogne-Franche-Comté où l’emploi progresse nettement entre 2007 et 2017. Pour Cosne-Cours-sur-Loire et Avallon, la production agricole est plus diversifiée. Ces zones pratiquent la culture céréalière et l’élevage, avec une spécialité près d’Avallon, la production de sapins du Morvan. 

Si les productions agricoles font appel à des permanents résidant souvent à proximité, les saisonniers peuvent provenir de plus loin. La part de stables dans ces zones d’emploi est alors relativement moyenne, oscillant entre 72 et 79 %, contre 81 % au niveau régional. 

Neuf zones diversifiées qui disposent d’un socle d’emploi public notable 

Ces zones d’emploi sont considérées comme diversifiées car aucun secteur d’activité ne se démarque des autres. Cette diversité économique pourrait amortir les chocs conjoncturels qui se concentrent souvent sur quelques secteurs très concurrentiels. Cinq d’entre elles comportent la préfecture départementale. L’emploi public représente de 23 % de l’emploi dans le Charolais à 31 % à Nevers, contre 26 % sur l’ensemble de la région. Pour autant, hormis Mâcon dont l’emploi est stable, toutes ces zones subissent des pertes d’emploi. À l’image de la région, ces zones diversifiées sont malgré tout davantage orientées vers l’industrie et l’agriculture que leurs homologues dans le reste de la France. ■

La nouvelle méthode de constitution des zones d’emploi 

Les zones d’emploi forment un découpage de l’ensemble du territoire français depuis 1984. Construite à partir des déplacements domicile-travail, une zone  d’emploi est un ensemble de communes sur lequel la plupart des actifs résident et travaillent. Ce zonage d’étude est régulièrement mis à jour pour tenir compte de  l’évolution de l’économie locale et de la population. En 2020, l’Insee et la Direction statistique du Ministère en charge du travail et de l’emploi (Dares) ont révisé ce zonage  en s’appuyant sur une méthodologie développée par Eurostat, permettant de comparer plus facilement les pays européens. Un autre objectif de cette refonte est  d’homogénéiser la méthode sur le territoire. Contrairement aux zones d’emploi de 2010, construites région par région, les zones d’emploi de 2020 sont issues de  paramètres nationaux. Seules quelques régions font exception : les DOM et la Corse en raison de leur particularité géographique, qui suppose des déplacements  domicile-travail limités, et l’Île-de-France qui a fait l’objet d’un traitement différent pour tenir compte de la très forte polarisation des flux vers Paris.  

La méthode repose sur un procédé itératif basé sur l’analyse des déplacements domicile-travail entre les différentes zones. Un ensemble de communes  agrégées constitue une zone d’emploi dès lors qu’elle satisfait à des critères de taille (nombre d’emplois) et de stabilité (part élevée d’actifs travaillant et résidant dans  la zone). 

Un des principaux résultats de cette nouvelle méthode de constitution est un rééquilibrage des zones en nombre d’actifs. C’est particulièrement vrai autour des grandes  métropoles, qui avaient tendance à agréger de nombreuses communes en 2010. La nouvelle méthode permet de limiter la taille des zones d’emploi et de laisser se  construire d’autres zones autour des grands pôles. Dans la région, la zone d’emploi de Dijon passe ainsi de 207 000 actifs dans sa version de 2010 à 188 950 dans sa  version de 2020. Quelques zones fusionnent : Besançon et Gray, Pontarlier et Morteau, Lons-le-Saunier et Louhans, Châtillon et Montbard, Avallon et Le Morvan. Deux  nouvelles zones d’emploi apparaissent suite à une scission (Belfort et Montbéliard)

Sources et méthode 

Cette étude s’appuie sur les exploitations principale et complémentaire des recensements de la population 2007 et 2017, le Fichier localisé des rémunérations et de l’emploi salarié (Flores) 2017, Clap 2015, et des données relatives au nombre de nuitées dans les hôtels et campings qui sont issues des enquêtes sur la fréquentation touristique. 

Afin de dégager les spécificités économiques des territoires, une typologie des 306 zones d’emploi de France a été réalisée. Elle s’appuie sur des indicateurs de spécialisation économique mesurée par le rapport entre la part de l’emploi dans un secteur et cette même part mesurée sur la France entière. Les variables retenues sont l’emploi des sphères productives et présentielles (Définitions), de l’industrie, de l’administration publique, l’emploi dans les grandes ou petites entreprises et des indicateurs d’activité touristique. Une classification ascendante hiérarchique a permis de regrouper les zones d’emploi selon des caractéristiques communes. 

Les données structurelles utilisées portent sur une période antérieure à la crise sanitaire du Covid-19. Elles ne prennent donc pas en compte ses conséquences économiques. 

Définitions 

Le taux de stables ou la part de stables rapporte le nombre d’actifs habitant et travaillant dans une zone, au nombre total d’actifs occupés de la zone. 

L’économie présentielle recouvre les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, résidents ou touristes. 

L’économie productive recouvre les activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère. Pour la réalisation de la typologie, les secteurs de l’agriculture et de l’administration, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale sont exclus de ces deux sphères. 

Le niveau de vie est égal au revenu disponible (revenu tenant compte de la redistribution socio-fiscale) du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus du ménage et le niveau de vie médian est le niveau de vie au-dessus duquel se situe la moitié de la population, l’autre moitié se situant en dessous. 

Les cadres des fonctions métropolitaines regroupent les cadres et professions intellectuelles supérieures et les chefs d’entreprises de 10 salariés et plus des cinq fonctions suivantes : Conception-recherche, Prestations intellectuelles, Commerce inter-entreprises, Gestion et Culture-loisirs. 

Pour en savoir plus

● Levy D., Dubois M., Lefebvre M., « L’orientation économique des zones d’emploi : entre spécialisation et diversité des économies locales », Insee Première n° 1814, Septembre 2020.

Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°23, octobre 2017.  Bilan économique 2019 – Bourgogne-Franche-Comté, « L’économie régionale globalement bien orientée en 2019 mais à l’épreuve de la crise sanitaire en 2020 », Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n°22, juin 2020. 

● Charton C., Ville H., « La bande frontalière : un territoire lié à l’économie suisse », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°70, juin 2020. ● Andrieu H., Bordet-Gaudin R., « L’industrie régionale très convoitée par les groupes étrangers », Insee