L'éditorial·Nos projets·Prospective

Éditorial : Le pas de coté.

Une fois n’est pas coutume : le mercredi est le plus souvent consacré à la rubrique « Culture – Cinéma » : mais nous y reviendrons ! Pour le moment, la priorité est à la prospection. Des réflexions étaient déjà en cours, et nous les avons abordées lors de la plénière de Jeudi dernier. Il s’agissait de définir la meilleure manière d’exploiter les spécificités de B.C.N. compte tenu du contexte spécial de la Covid 19, et de l’annulation de la plupart des manifestations prévues.

Nous avions déjà défini ensemble que la meilleure façon de légitimer les candidatures de nos adhérents était le storytelling : c’est ainsi qu’est née l’idée du « Pas de Coté ». Encore une fois, le concept émane d’un homme d’expérience, qui l’a expérimenté de son coté, et pour les fouineurs, ils pourront vérifier que nous y avions consacré un article de Claude en début d’année.

Une seconde considération provient de l’expérience réussie à Talent-Campus : (merci à toute l’équipe,) expérience que l’on appelle « recrutement inversé ». De quoi s’agit-il ? Après découverte et assimilation du curriculum vitae du candidat, un professionnel prend sa place : le candidat devient recruteur, et inversement. Et là, un phénomène étonnant se produit : le candidat prend conscience de sa propre valeur, à travers les réponses et les arguments utilisés par son avatar, qui vont mettre en avant sa polyvalence, sa flexibilité, son avoir-être… bref, ce que l’on appelle généralement les softskills. D’où la prise de conscience que « mes talents sont bien plus étendus que ceux auxquels j’avais pensé, puisqu’un professionnel arrive à faire feu de tout bois, et être crédible en « Me » parlant de « Mon » métier, à Moi qui le connais mieux que lui. Réconfortant pour l’estime de soi, n’est-ce-pas ?

Troisième argument : l’efficacité des binômes, telle que la souligne régulièrement Jean-Louis, qui participe régulièrement aux campagnes de CTP21, dont le but est de récolter « à la volée » des missions pour les adhérents, lors de ratissages géographiques de zones d’activités. Bien des personnes pourraient trouver cette démarche contre-intuitive, (pas de prise de rendez-vous, peu de connaissance préalable des clients visités, etc.) mais ça marche ! Mais comme toujours, les raisons « de ne pas faire » l’emportent toujours sur celles de se lever de son siège et d’aller au front. A la réflexion, je me dis qu’il y a une forme d’émulation dans le binôme, – une dynamique, dirait Xavier – et que cela doit bien générer des opportunités sur le terrain.

Nous en étions là, quand Nathalie nous a alertés sur la démarche « tribu » de nos amis de l’APEC : en deux mots, ils nous ont devancés ! Autant le reconnaître, et apprendre de cet essai : le réseautage et le storytelling sont les deux leviers que nous utilisons de manière parallèle, à nous d’enrichir notre propre Plan d’Action. Non pour faire concurrence (ce qui n’aurait aucun sens : Élève des corbeaux et ils t’arracheront les yeux*.), mais pour proposer autre chose, de plus proche de nous.

La Tribu de l’APEC

Il y a du pain sur la planche ! Tout d’abord, il convient de « raconter l’histoire » de Jérôme : sa Conférence Enjeux écologiques. Nous sommes presque prêts, il reste à définir une « cible » pour l’invitation à la répétition, et ensuite à s’adresser à nos organisations amies, à l’Éducation populaire, aux communes un cycle de ces conférences. Une réunion de travail est prévue demain.

Un accueil favorable a été reçu aujourd’hui de la part d’Orange Solidarités pour « parrainer » les réunions de rapprochement entre BCN (Bourgogne) et FACES (Franche-Comté). Les arguments en faveur de ce rapprochement sont nombreux : nous sommes la même Grande Région, et sommes loin de nous adresser au même public ! Cependant, là aussi, la circonscription territoriale de l’APEC est la même. Conclusion : le groupe Marketing – Storytelling dont nous avions évoqué la création aurait les mêmes ambitions dans les 2 anciennes régions. Et nous n’oublions pas les renseignements fournis par Alexandre à propos des associations de Lyon. Qui pour aider à constituer ce groupe, et comment faire en sorte que ses avancées profitent à l’ensemble de BCN, et pas seulement aux initiés ?

Nos relations avec Pôle Emploi se structurent et progressent : ainsi, notre quatrième entretien « Garantie Jeunes » s’est déroulé aujourd’hui, avec un retour unanime des candidats, des partenaires et des bénévoles. Une action à renforcer donc, puis à relayer en direction des autres Missions Locales, qu’il s’agisse de cadres ou de tous publics. Comme cela a été souligné : « nous apprenons toujours quelque chose d’un entretien », à commencer par l’oubli du contexte , au profit d’une relation valorisante, humaine et bienveillante, porteuse de confiance en soi. Nul doute que nous validerons demain avec Mme Saïmi, les mêmes principes pour la rencontre prévue le 22 Septembre à la mission locale Cadres de Quétigny.

  • Film de Carlos Saura de 2007.

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Plénière BCN N°126 : Stratégies pour le Jour d’après.

Quand on a envie de souhaiter du bien à quelqu’un… il  existe plusieurs manières de procéder : sur notre territoire hexagonal, l’une d’entre elles porte le nom du Général Cambronne. A ce sujet, la meilleure anecdote sur ledit général est à mettre au crédit de Jean Yanne : « Cambronne, Cambronne… encore un qui ne mâchait pas ses mots, heureusement pour lui ! ».

Lors de notre plénière d’hier soir (nous étions douze), nous avons évoqué nos sujets habituels, mais nous avons eu également l’occasion de dire – ou ne pas dire – le mot de Cambronne :

  1. Le Tour de Table et les échanges.

A Juliette, tout d’abord, qui passait ce matin un entretien pour une entreprise de Nancy, d’où elle vient précisément, pour suivre son conjoint. Diplômée d’une école de commerce « moyenne », elle possède une expérience de 15 ans dans le marketing, et au moment de quitter son entreprise nancéienne, a réussi à devenir prestataire de service en tant qu’entrepreneur pour son ancien patron. Juliette nous est arrivée grâce à Nathalie, suite à une rencontre virtuelle à un atelier de l’APEC. En termes de marketing, Juliette constitue l’opportunité d’activer un réseau collaboratif en Franche-Comté, et nous avons bien l’intention de nous en saisir !

Il semble bien d’ailleurs que nos premières actions soient couronnées de succès, car Orange Solidarités partage cet objectif de réseautage, et dispose de correspondants bien en place. M… donc, pour Juliette et son entretien de ce matin, et collectivement à nos projets futurs. Et aussi, merci pour ce moment d’émotion sincère que nous avons partagé, si rare dans nos sociétés policées.

Le second participant à qui nous avons dit le mot de Cambronne, c’est bien évidemment Yannis : huit mois se sont écoulés depuis son recrutement, et voici que la chrysalide est devenue papillon. C’est un jeune homme debout, affirmé, sûr de lui qui prend aujourd’hui son destin en mains. Inscrit à l’Université BFC en Histoire, il n’attend pas le résultat de son oral de concours. A la question de Fabienne : « Mais que se passera-t-il si tu es reçu ? » la réponse a fusé, comme on les aime : « eh bien, dans ce cas, tant pis pour l’histoire ! » Décidément, ce garçon est sur la bonne voie !

Le troisième visage (nouveau) de ce soir est Saïd, présenté par Nadine, qui l’a rencontré lorsqu’elle travaillait à l’IRTESS. Saïd a longtemps travaillé dans le domaine de la production à Vesoul, puis par évolution interne est devenu formateur dans ce domaine pendant 7 ans à l’Afpa, – à BCN, nous aimons bien l’Afpa -, et du coup, voici la réaction de Saïd : « Je suis parti en bons termes avec eux ». Cela tombe bien : car Saïd se propose de partager avec nous ses compétences de coach, son réseau franc-comtois (Vesoul, Besançon, Saint-Vit, Dôle), soit lors des plénières lorsqu’il est présent à Dijon, soit lors des ateliers visio dès qu’un noyau sera constitué.

Enfin, nous accueillons Zelina, qui nous vient de l’entreprise Strategic Event, elle-même acquéreur de la structure d’organisation de marketing événementielle dont elle était la co-associée. L’arrêt quasi-total des manifestations du 1er semestre a débouché sur un licenciement économique, et maintenant il s’agit de remettre très vite le pied à l’étrier : candidature cette semaine pour un poste vacant à la Ville de Dijon, tout est à faire ! Christine notre présidente prend Zélina en charge pour assurer l’échéance, et comme on dit dans le bâtiment : « Pour les finitions, on va attendre d’écouter sécher la peinture ».

Fabienne nous explique ensuite qu’elle a exercé quelques missions au cours des derniers mois, sur ses compétences de DRH – QVT, en partie en raison du ralentissement du trafic maritime lié au Covid, trafic auquel s’intéresse son mari, qui a développé une entreprise de commercialisation et de développement de logiciel. Cependant, les perspectives de la rentrée s’avèrent meilleures pour le trafic maritime, et du coup, une partie de l’activité prévue dans les nouveaux contrats pourrait inclure des prestations dédiées dévolues à Fabienne. Encore une fois, M… donc.

Christine nous raconte comment elle est arrivée à BCN, puis en a pris la présidence, puis s’est appliquée à elle-même les contenus de l’enseignement A.E.C. – pour Action Emploi Compétences – que nous avons développés et enrichis grâce à nos amis de Cesson (35) qui ont une expérience de 20 ans dans le domaine. Christine est maintenant épanouie dans son poste de juriste sociale dans un syndicat d’agriculture ; elle vient par ailleurs de créer une structure affiliée à R.P.B.O. (reconstruction Post Burn Out) et finalise ses premiers accompagnements en vue d’une prochaine certification.

Nathalie, arrivée à BCN il y a 1 an, pour suivre son conjoint, possède une solide formation dans le domaine de la « maîtrise d’ouvrage des systèmes d’information », et passée une première période où elle a travaillé son CV, testé différentes formules, chronologique, par expérience, par blocs de compétence, elle s’est placée en recherche active depuis le début de l’année. Elle reconnaît la difficulté de se constituer un réseau, que BCN essaie de corriger en « faisant feu de tout bois ». Les prochaines journées qui vont dans ce sens ; sont le 1er octobre, Journée des Recruteurs, les 2 et 3 Novembre, celles de l’APEC. Néanmoins, Nathalie obtient des contacts, regrette l’imprécision des appels à candidature, (le recruteur ratisse large, parce qu’il n’a pas suffisamment défini ses besoins), et enfin la tendance à « recruter des moutons à 5 pattes payés au lance-pierres », selon l’expression de Christophe. (A propos de l’obligation de parler 5 langues – dont l’albanais – pour un responsable de chantier bâtiment). A regret, elle a dû décliner une offre qui ne correspondait pas à son projet de vie, du fait des nombreux déplacements.

Nadine, arrivée il y a 3 ans, en même temps que Gilles, est allée « au front » dès le 1er jour, et a tenu le stand de BCN au salon du Bien Vieillir ; cela lui a d’ailleurs plutôt bien réussi, puisqu’elle a dans un premier temps trouvé un travail à l’IRTESS, et maintenant à Binôme 21. Elle reste à BCN où elle se trouve bien, car elle y apprécie : la présence, l’accompagnement et la bienveillance. A part SNC (Solidarités Nouvelles face au Chômage) qui est une Fédération, nous sommes la seule structure autonome généraliste : c’est-à-dire que nous définissons nos actions, nos partenaires, et mettons ensuite tout en œuvre pour obtenir des financements.

Alexandre nous parle de son expérience du marché du travail « post-subprime », et de la tendance à botter en touche des DRH à cette époque, dès lors que l’on n’était pas exactement le profil prévu (ingénieur généraliste) ; dans son cas, il a été promené de service en service, d’une expérience à l’autre, jusqu’au moment de trouver son épanouissement avec le concours d’Inspecteur des finances. Alexandre se voit comme un « témoin » désireux d’apporter son expérience et ses excellentes facultés d’analyse et de synthèse. C’est un bénévole précieux pour BCN.

Gilles nous fait part de ses difficultés liées à la santé de Madame, qui pèsent parfois sur leur moral à tous les deux ; il faut dire que le traitement est pénible et pourrait avoir des conséquences sur le travail de professeur de son épouse. Évidemment, nous souhaitons tout le meilleur en vue d’un prompt rétablissement, et décochons une nouvelle fois le mot de … qui vous savez. Cadre de terrain et responsable de la conduite d’activité à la SNCF, Gilles est « pointu » dans les rapports humains.Malgré ses incertitudes, Gilles pense néanmoins pouvoir être présent à notre journée d’entretiens à la Maison Familiale Rurale de Beaune le 9 Septembre, dans le cadre  de la Garantie Jeunes. Nous réalisons ces entretiens de manière bénévole, et ils sont perçus par la MFR comme très professionnels, car : nous sommes extérieurs, nous sommes expérimentés, nous sommes BIENVEILLANTS. Nous avons imaginé que ces rendez-vous mensuels puissent être proposés à titre d’exercice pour d’autres volontaires de BCN : il s’agirait d’une variante de nos simulations d’entretien, toujours disponibles sur demande.

2. LA SUITE.

Antoine fait ensuite le point de la campagne d’été (les subventions sont une quête de reconnaissance et demandent un professionnalisme croissant), qui vient de se dérouler, et annonce les perspectives du quadrimestre :

  • 4 dossiers ont déjà été déposés en bonne et due forme : un en ligne My Dijon, un en ligne Conseil Départemental, 2 Cerfa (papier) pour la Métropole et la Région.
  • En synthèse, ces dossiers visent à financer 3 emplois de Volontaires en Service Civique, destinés à soutenir nos efforts de formation digitale, et la communication de l’Association. Les Volontaires sont tout d’abord apprenants dans nos formations AEC, puis relaient leurs acquis auprès des personnes moins à l’aise sur le numérique.
  • Un agenda partiel est présenté dans le présent compte-rendu : les échéances du 9 Septembre, du 22 et 24 septembre apparaissent ci-dessous.  Concernant la date du 1er octobre, après un contact avec Philippe Le Bel (de RH-Solutions), voici la réponse qui nous est parvenue ce jour.

Pour répondre à tes questions:

  • Il est possible de s’inscrire aux prochaines visioconférences sur le portage salarial sur notre page:

https://www.rh-solutions.com/agence/bourgogne/rh-solutions-dijon.html

  • Nous pouvons rencontrer les personnes de votre groupe qui le souhaite lors de la journée du Village des Recruteurs. Qu’elles n’hésitent pas à me passer un petit mot auparavant pour fixer une heure de rdv.
  • Je recommande aux personnes en recherche de poste de s’inscrire sur la plateforme du « Village des recruteurs » où elles trouveront les informations concernant les entreprises présentes, les postes proposés et déposer leur CV. http://www.levillagedesrecruteurs.fr
  • Nous pouvons également, comme par le passé, organiser avec les personnes intéressées, une réunion d’information en vos locaux ou en nos bureaux.
  •  A bientôt, Amicalement


Philippe Le Bel

Développement Commercial et Communication

RH Solutions Dijon
Tél: 06.78.89.65.84
Mail: lebel@rh-solutions.co

3. Vers un groupe Marketing – Storytelling à BCN ?

Au cours des échanges du 1er semestre, et encore cet été, il est apparu que le fait « de présenter avec bienveillance et acuité les compétences d’un autre candidat apporte une crédibilité supplémentaire à cette candidature, surtout si l’éloge est sincère et bien ficelé ». D’où cet échange, qui devra faire l’objet d’une validation de l’organe de gestion (le bureau) et d’une proposition à l’Assemblée Générale. Pour mémoire : plénière de septembre : le Mardi 22 Septembre. Octobre : le jeudi 29 Octobre. Novembre : le Jeudi 19, pour clore en beauté avec notre AG ordinaire le mardi 15 Décembre. Une alternance parfaite, si nos réservations marchent. A vos masques !

L’Ours.
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A quoi sert B.C.N. ?

En pleine préparation des dossiers budgétaires 2021, je me suis intéressé à nos (premiers) débats fondateurs ; beaucoup d’éléments-clés étaient déjà présents en 2015, beaucoup de péripéties intervenues depuis, s’expliquent par des débats non tranchés ou demeurés flous dès l’origine. A la lumière de ces échanges déjà virulents et passionnés, nous organiserons fin août une plénière (à 10 ?) et une visio pour se synchroniser à nouveau sur notre fil rouge.

Les fondations.

Atelier du 29 Janvier 2015 destiné à éclairer les choix de BCN sur l’intérêt de créer une Association.

Le paysage administratif et règlementaire.

La dernière réunion de BCN a mis en évidence les nombreux tâtonnements, regrets, retours des participants aux réunions sur le devenir du collectif. Selon Olivier Rouillard, beaucoup des orientations et/ou problématiques soulevées par le questionnaire avaient déjà été évoquées dans le passé, certaines testées, d’autres abandonnées.

Qu’il y ait débat dans un groupe n’est pas du tout malsain, si au bout du compte chacun adopte une attitude positive et constructive : attention au « On a déjà essayé, ça ne marchera jamais… »

Le débat sur les actions extérieures de BCN soulève le point d’une participation financière pour une présence aux réunions du MEDEF ou de la CGPME. D’où l’idée de préciser ce que seraient les conséquences d’une telle décision : si l’on décidait d’accepter le principe d’une participation payante, cela suppose collecte de recettes pour la financer : cotisations, subventions,…

L’organisme le plus simple pour répondre à ce besoin est l’Association Loi de 1901. Une association de personnes dont l’objet est licite, n’a quasiment qu’une seule obligation principale, celle de la transparence : obligation de publication au Journal Officiel, (comprenant l’objet, le siège, les statuts, l’identité des personnes chargées de sa gestion et de sa direction), tenue à jour de ses comptes, du registre des décisions prises,… et une séparation des fonctions minimale au sein du conseil d’administration.

En échange de ces obligations, somme toute assez simples, une association déclarée peut :

  1. Plaider devant les tribunaux.
  2. Posséder et administrer des biens.
  3. Agir en tant que personne morale, représenter un intérêt collectif.
  4. Percevoir des cotisations de ses membres.
  5. Recevoir des subventions.
  6. Recevoir des dons provenant d’établissements d’utilité publique.
  7. Recevoir des versements effectués par des entreprises, particuliers, autres contribuables.

Il est facile de chiffrer le budget minimum pour constituer une Association loi de 1901 : 44 €. C’est le tarif actuel pour une publication au Journal Officiel, suite à déclaration au Greffe des Associations de la Préfecture.

Les opportunités pour BCN.

Parmi ses membres, le groupe compte quelques personnes ayant une expérience du monde associatif, président, secrétaire, trésorier… Une base solide existe, l’objet social (la mission) sur lequel nous avons pas mal travaillé, la charte, de nature à fournir la trame des Statuts, et si besoin, du Règlement Intérieur. Le fonctionnement d’une Association Loi de 1901 distingue 3 organes :

  • L’Assemblée générale ; (ordinaire ou extraordinaire).
  • Le Conseil d’Administration, qui est la structure de décision permanente.
  • Le Bureau, qui en est l’émanation, chargée des affaires courantes.

On voit que cela pourrait correspondre assez facilement au mode de fonctionnement actuel de BCN : les personnes mandatées d’aujourd’hui seraient habilitées à agir au nom de l’Association demain, sous la seule condition de l’opposabilité aux tiers, c’est-à-dire, une décision en bonne et due forme figurant au registre des PV de délibération, et/ou une déclaration au greffe, pour une « personne chargée à un titre quelconque de la gestion ou de la direction ».

Pour faire quoi ?

Dans l’objet de l’Association, l’aspect interne nous semble maîtrisé :

  • Écoute, soutien.
  • Partage de compétences.
  • Partage d’expérience.
  • Rupture de l’isolement, convivialité.
  • Mise en relation vers les acteurs/interlocuteurs éventuels.
  • Connaissance des milieux économiques locaux.

La transition entre l’interne et l’externe s’ébauche comme ceci :

«L’échange étant reconnu comme source de progrès et d’enrichissement mutuel, l’Association BCN se donne pour objectifs de saisir toute opportunité pour créer, encourager, susciter la mise en relation de tous ses membres avec les acteurs et intervenants pertinents du tissu économique, afin de porter les perspectives d’emploi ».

D’où un objet externe, que nous avons ébauché, et qui reste à enrichir :

  • Développer une posture d’offreur de services de proximité territoriale :
    • Études, prospectives.
    • Diagnostics locaux,
    • Missions, projets.
  • Valoriser la force du réseau et du vivier de compétences de BCN.
  • Favoriser la mise en relation entre les attentes des acteurs économiques, et les compétences des membres de BCN.
  • Force de proposition, organisateur d’événements.
  • Ex : Rencontres sous forme « collaborative dating »
    • Étude GPEC territoriale : mobilités maîtrisables, contrats de pays.
  • Développer un rôle de fédérateur et d’interface :
    • Entre les élus et les cadres,
    • En partenaire de l’ANPE et de l’APEC (à clarifier),
    • En tant que détenteur de l’expertise RH en matière de formation.

Conclusion : « What else ? »

L’ensemble a plutôt bien résisté, il y manque cependant les rituelles : Qui – Quoi – Où – Quand – Comment – Combien – Pourquoi ? Les premières démarches à mener auprès de la Métropole, du Conseil Départemental, du Conseil Régional sont structurantes : quel est en effet le périmètre que nous visons, par quelles techniques allons-nous l’aborder ? Qui pour animer un tel projet l’année prochaine ?

Prenez soin de vous en attendant, gare aux U.V.!

L’Ours.
Economie·Prospective·Société

La Saône-et-Loire, un territoire porté par l’axe dynamique Mâcon – Chalon-sur-Saône .

La Saône et Loire est le département le plus peuplé de la région Bourgogne – Franche-Comté. L’activité repose en partie sur sa tradition agricole et industrielle. Bien desservi par des réseaux routiers ferroviaires importants, le département compte deux agglomérations principales, Chalon-sur-Saône et Mâcon, et un maillage de villes moyennes uniformément réparties qui disposent de tous les équipements nécessaires à la population. Une analyse des caractéristiques économiques et démographiques du territoire permet de différencier cinq zones. Tout d’abord, le Chalonnais et le Mâconnais, avec une croissance démographique et un marché du travail attractif, forment un axe nord-sud fort et dynamique, qui tranche avec les autres territoires de Saône-et-Loire. À l’est, la Bresse est un territoire tourné vers Chalon-sur-Saône et Lons-le-Saunier et qui accueille notamment une forte part de retraités. Enfin, à l’ouest, le Charolais et le Nord-Ouest, deux espaces en déprise démographique, avec peu de liens avec l’extérieur, présentent un tissu économique encore marqué par plusieurs décennies de désindustrialisation. 

Benoit Leseur, Hélène Ville, Guillaume Volmers (Insee) 

La Saône-et-Loire est au carrefour d’axes de circulation majeurs de l’Hexagone. Située entre Dijon et Lyon, elle est traversée par les réseaux routiers français nord-sud (notamment l’autoroute A6), est-ouest (surtout la Route Centre- Europe Atlantique dite RCEA), la ligne TGV Paris-Lyon-Marseille et le canal du Centre qui relie les bassins de la Loire et du Rhône. 

Principales caractéristiques des 5 zones de Saône et Loire en 2016.

Juillet 2020 Avec une population estimée de 548 000 habitants au 1er janvier 2020, la Saône-et- Loire est le département le plus peuplé de la région Bourgogne-Franche-Comté (figure 1). Mais la dynamique démographique n’est plus au rendez-vous ; sa population est en baisse depuis 2013. Tout d’abord, depuis 2005, le nombre de naissances est devenu plus faible que celui des décès. Puis l’excédent migratoire, qui était positif jusqu’en 2015, est devenu négatif et ne compense plus ce déficit naturel (figure 2).

Évolution de la population entre 2011 et 2016.

Un réseau de villes moyennes avec deux agglomérations plus importantes.

 La Saône-et-Loire présente un riche maillage urbain, des villes bien équipées offrant un niveau d’équipements de proximité et intermédiaire supérieur à la moyenne régionale. Ce réseau est organisé autour de deux villes principales, Chalon-sur-Saône et Mâcon qui sont les quatrième et sixième villes de Bourgogne-Franche-Comté en termes de population. Elles comptent respectivement 46 500 et 34 200 habitants en 2016. De nombreuses villes de taille moyenne, uniformément réparties, constituent également des pôles d’équipement supérieurs (Montceau-les-Mines, Le Creusot, Autun, Louhans, Paray-le-Monial) ou intermédiaires (27 au total), accessibles à la population. Le département s’inscrit dans la tradition agricole et industrielle de la région. L’agriculture est diversifiée avec des produits de qualité identifiés par des appellations d’origine protégée (AOP) comme le bœuf de Charolles, les vins du Chalonnais, les volailles de Bresse… Par ailleurs, le secteur industriel est resté important malgré les crises successives et le phénomène de désindustrialisation. Le savoir-faire industriel est désormais reconnu dans deux territoires bénéficiant du programme « Territoires d’industrie », « Grand Chalon » et « Ouest Saône-et-Loire », et au travers du pôle de compétitivité Nuclear Valley. Cinq établissements font ainsi partie des dix plus gros employeurs du secteur de la région. Au sein du département, les dynamiques économiques et démographiques diffèrent. Elles dessinent ainsi cinq zones bien marquées : Le Chalonnais, le Mâconnais, le Charolais, le Nord-Ouest et la Bresse. À chaque « terroir », ses productions agricoles emblématiques : sur l’axe Mâcon-Chalon le vignoble, à l’ouest l’élevage allaitant, l’est avec la polyculture, les volailles et les produits laitiers (figure 3)

Orientation technico-économiques des communes.

L’axe dynamique Mâcon-Chalon polarise les flux d’actifs.

La vallée de la Saône forme un couloir nord-sud avec deux zones, celle de Mâcon et celle de Chalon-sur-Saône, en croissance démographique. La part des jeunes y est plus importante que dans le reste du département. Par ailleurs, il attire de nouveaux arrivants notamment des jeunes et des actifs en emploi. C’est également le territoire où le niveau de vie des habitants est globalement le plus élevé du département (figure 4).

Revenu médian disponible en 2016 (€).

L’est de la Saône-et-Loire en croissance de population

 En 40 ans, le nombre d’emplois a progressé tant dans la partie mâconnaise que chalonnaise, alors qu’il a diminué en Saône-et-Loire (figure 5). Cette hausse est liée au développement du secteur tertiaire qui représente désormais les 3/4 des emplois et qui fait plus que compenser les pertes dans l’industrie. La tertiarisation a notamment profité aux activités du transport et de la logistique en relation avec la très fréquentée autoroute A6. Cependant, la croissance du tertiaire s’est ralentie depuis 2011.

Évolution de l’emploi par secteur d’activité en Saône et Loire (Base 100 en 2006).

La vallée de la Saône polarise les flux d’actifs, en majorité originaires des départements voisins (figure 6). Le Mâconnais est une destination attractive, avec près de la moitié des actifs entrant en Saône-et-Loire, 11 700 sur un total de 23 600. Près de 73 % arrivent du département de l’Ain et 19 % de celui du Rhône. Ils viennent travailler pour moitié dans le tertiaire marchand, en particulier le commerce, mais aussi dans le tertiaire non marchand, que ce soit dans l’administration ou les activités hospitalières. C’est une spécificité du Mâconnais où se situe la préfecture, car dans le reste du département le tertiaire non marchand est peu développé. La Saône- et-Loire est, comme le Jura, un département où sa part est un peu plus basse qu’ailleurs , 32 % contre 34 % pour la région. Le Chalonnais est lui, très ouvert vers la Côte-d’Or où près de 4 600 résidents travaillent. De grands axes routiers et ferroviaires le relient rapidement à Beaune et Dijon, grands pourvoyeurs d’emplois. Les navettes se font donc aussi dans l’autre sens mais concernent moins de personnes, 2 500. Environ 21 % d’entre eux sont des cadres, proportion la plus forte du département. Le Chalonnais attire surtout des personnes qui viennent travailler dans le tertiaire marchand, pour 46 % d’entre eux, et dans une moindre mesure, dans l’industrie, plus de 20 %. Cela s’explique notamment par la présence de deux établissements de Framatome, l’un à Chalon-sur-Saône et l’autre à Saint-Marcel, en lien avec le pôle de compétitivité de la filière nucléaire. Ceux-ci figurent parmi les dix plus gros établissements industriels employeurs de Bourgogne-Franche-Comté. Enfin, sa tradition viticole est internationalement reconnue. Le vignoble du Mâconnais est le plus étendu de Bourgogne. Plusieurs AOC de Bourgogne, comme le Mercurey, le Rully et le Montagny participent au rayonnement du Chalonnais. 

Principaux flux domicile-travail en Saône et Loire en 2016.

La Bresse, tournée vers Chalon et Lons-le-Saunier, attire les retraités.

À l’est de la Saône-et-Loire, la Bresse a connu en 40 ans des pertes d’emplois comme dans tous les autres territoires, mais qui se sont révélées relativement faibles sur la période récente. Tout d’abord, le territoire possède un tissu très industriel qui a assez bien résisté jusqu’en 2006. Plus spécialisé dans l’industrie agroalimentaire, plus difficilement délocalisable, il a été moins touché par les crises successives. Cependant après 2006, ce secteur a subi des pertes assez importantes. À l’inverse, le tertiaire a progressé de façon continue, puis sa croissance s’est accélérée après 2006, principalement dans les services aux particuliers dans les premières années. Ce phénomène a permis de compenser les pertes d’emplois industriels qui se sont accentuées à ce moment-là. Le développement du tertiaire répond aux besoins d’une population en croissance. La Bresse est le territoire du département où la population augmente le plus : entre 2011 et 2016, la population croît de 0,3 % en moyenne annuelle. Sur la même période, le nombre d’habitants venant s’installer l’emporte sur le nombre de départs. Cet excédent migratoire contribue à augmenter localement la demande de biens et services et soutient l’économie. Le prix attractif du foncier intéresse ces nouveaux habitants. Des retraités, mais également des Suisses, investissent pour une résidence secondaire avant de s’installer durablement pour leurs « vieux jours ». Ainsi, 1 450 Suisses détiennent des résidences secondaires. S’y ajoutent 950 habitants suisses, la population étrangère la plus importante du département. La proximité de Chalon-sur-Saône et Lons-le-Saunier permet à 6 300 de ses habitants d’aller y travailler ; à l’inverse, 2 300 navetteurs « extérieurs » viennent exercer en Bresse. Ces flux, qui se développent, concernent surtout des ouvriers, la Bresse étant le territoire avec la plus forte part d’ouvriers, 33 % contre 26 % en Saône-et-Loire. 

Déprise démographique et économique à l’ouest

Les deux territoires qui composent l’ouest du département, le Charolais et le Nord-Ouest, traditionnellement à forte spécificité industrielle, ont essuyé de lourdes pertes d’emplois sur les 40 dernières années. Ces difficultés économiques sont notamment liées à celles de la métallurgie et du textile, fortement touchés par les crises qui se sont succédé. Ces territoires, bien qu’ayant perdu plus de 60 % de leur emploi industriel depuis 1975, bénéficient encore de la présence de trois des dix plus grands employeurs industriels de la région : Fiat Powertrain Technologies à Bourbon-Lancy, Michelin à Blanzy et Industeel France au Creusot. Cependant, les pertes dans l’industrie n’ont pas été compensées par les créations d’emplois dans le secteur tertiaire. Le tertiaire est lui-même en diminution depuis dix ans, en lien avec la baisse du nombre d’habitants des deux territoires. Tout d’abord, leur population est relativement âgée, les personnes de 65 ans et plus représentent 27 % des habitants contre 24 % dans l’ensemble du département. Entre 2011 et 2016, la diminution de la population est en moyenne annuelle de 0,6 % dans le Nord-Ouest et de 0,2 % dans le Charolais du fait d’un solde naturel négatif. De plus, dans la zone Nord-Ouest, s’ajoute un déficit migratoire qui accentue le repli démographique. Des actifs et des jeunes quittent ces territoires qui font face à de forts taux de chômage, parmi les plus hauts de la région. Les zones d’emploi du Creusot-Montceau et d’Autun, avec un taux de chômage respectivement de 9,1 % et 8,6 % fin 2019, sont bien au-dessus de la moyenne départementale à 7,4 %. Dans la zone d’emploi du Charolais, la situation est moins défavorable avec 6,2 %. Ces deux territoires profitent peu des départements limitrophes, Nièvre et Allier, qui en difficulté, ne peuvent être moteurs et n’échangent donc guère d’actifs, ni de l’axe Mâcon-Chalon, pourtant dynamique. Aussi, l’aire d’influence des petites villes du Charolais et du Nord-Ouest se réduit. Elles n’ont plus la même attractivité au niveau des services et du marché du travail qui déclinent. Par ailleurs, le Charolais échange avec le département de la Loire, environ 1 000 entrants contre 2 100 sortants, avec plus d’un tiers d’ouvriers travaillant dans l’industrie pour les deux flux. Entre le Nord-Ouest et le Chalonnais, les flux sont plus importants et plutôt équilibrés, 2 300 entrants et 2 600 sortants. Ces flux concernent davantage les cadres, en particulier ceux de l’industrie.

Méthodologie et définitions Pour cette étude, 5 territoires (Bresse, Chalonnais, Charolais, Mâconnais, Nord-Ouest) ont été constitués en regroupant les intercommunalités présentant des caractéristiques proches (évolution de population, nature et poids de l’agriculture ou de l’industrie…) et qui ont des liens entre eux au travers des navettes domicile-travail. 

Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage (revenu après redistribution) rapporté au nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus du ménage. Le taux de pauvreté monétaire est la part des personnes dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, seuil fixé à 60 % du niveau de vie médian de la population française, soit 12 312 euros annuels en 2016. Le niveau de vie médian est tel que la moitié de la population se situe au-dessus, l’autre moitié en dessous. 

Solde naturel : différence entre le nombre de naissances et de décès enregistrés au cours d’une période. 

Solde migratoire : différence entre le nombre de personnes entrées sur le territoire et celles sorties au cours d’une période. 

Les équipements sont répartis en trois gammes : de proximité (27 équipements dont école maternelle, pharmacie, boulangerie, bureau de poste, médecin généraliste…), intermédiaire (36 dont collège, orthophoniste, supermarché, police, gendarmerie…) et supérieure (47 dont lycée, maternité, hypermarché, agence Pôle Emploi…). Un pôle d’équipements est une commune disposant d’au moins la moitié des équipements d’une gamme. 

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier CS 11997 25020 BESANÇON CEDEX 

Directeur de la publication : Moïse Mayo  – Rédactrice en chef : Isabelle Revillier 

Mise en page : STDI  Crédits photos : CRT, L. Cheviet 

ISSN : 2497-4455 – Dépôt légal : juillet 2020 – © Insee 2020 

Pour en savoir plus 

• Leseur B., Ville H. « La CUCM : un rôle central dans l’ouest de la Saône-et-Loire malgré les crises industrielles successives », Insee Analyses Bourgogne-Franche- Comté n° 66, décembre 2019. 

• Ulrich A., Leseur B., « Grande région industrielle, la Bourgogne-Franche-Comté abrite de multiples activités bien implantées dans dix territoires d’industrie », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 56, juin 2019. 

• Bertrand M., « En Bourgogne-Franche-Comté, l’offre de services progresse, mais moins qu’ailleurs », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 41, septembre 2018. 

• Bouriez M., Chassard M., « Les 18 espaces ruraux de Bourgogne-Franche- Comté : parfois attractifs, souvent isolés, toujours en évolution », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 57, juin 2019. 

Economie·Prospective

La France adopte enfin son plan carbone pour 2023.

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…Mais ses émissions sont trop élevées.

La France a définitivement adopté sa feuille de route climat en publiant au Journal officiel la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la Stratégie nationale-bas-carbone (SNBC). Ces deux documents, présentés en début d’année, sont restés inchangés malgré la crise du coronavirus et les nombreux appels à construire un monde plus durable. Le pays ne relève pas ses ambitions climatiques pour être en ligne avec l’Accord de Paris.

Le gouvernement est pris en étau. D’un côté, le Medef lui demande de reculer sur la transition écologique pour faire face à la crise du coronavirus. De l’autre, des citoyens, des ONG, des entreprises et des climatologues lui demandent d’aller plus loin et de se saisir de l’occasion pour une remise à plat. Finalement, il est resté au milieu du gué. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour 2019-2028 et la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui fixe comme objectif la neutralité carbone de la France à l’horizon 2050, ont été publiées jeudi 23 avril au Journal officiel sans aucun changement majeur. Le pays continue de revoir à la hausse ses émissions de CO2 autorisés jusqu’en 2023 au lieu de les réduire.

« Tout en prônant qu’il veut bâtir un après coronavirus reposant sur le temps long, la sobriété, la prévention et la résilience, le gouvernement publie une feuille de route pour le climat et la transition énergétique reposant sur des objectifs insuffisants et qui ne comprend même pas les mesures nécessaires pour les atteindre. Comme d’habitude avec Emmanuel Macron et le gouvernement, il y a les paroles et les actes », dénonce Cécile Marchand, des Amis de la Terre. Ce sont « des textes écologiques structurants, qui impliquent la décarbonation de tous les secteurs d’activités et qui incarnent notre volonté intacte de poursuivre la transition écologique de notre pays », a au contraire tenu à souligner Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire.

I. Tout l’effort est concentré sur 2024-2028

Concrètement, l’Exécutif a choisi de relever le deuxième budget carbone de la France pour la période 2019-2023. En clair, cela va permettre à la France d’émettre plus de CO2 que prévu, alors que la tendance devrait être à la baisse. Dans le détail, ce budget carbone passe à 422 millions de tonnes de CO2 équivalent en moyenne par an, contre 398 millions prévus initialement en 2015. Il s’agit pour le gouvernement d’éviter un dépassement qui aurait pu atteindre les 6 % alors que le premier budget carbone avait déjà été dépassé de 3,7 %.

Cet ajustement est prévu pour être compensé au cours du troisième budget carbone, qui couvre la période 2024-2028. Celui-ci reste quasi inchangé par rapport à la première SNBC de 2015 à 359 millions de tonnes de CO2 équivalent en moyenne annuelle. Cela signifie qu’entre 2024 et 2028, il faudra baisser nos émissions de 63 millions de tonnes de CO2 équivalent, contre 41 millions prévus initialement, soit une baisse de 50 % supplémentaire. Un effort qui semble peu réaliste. À titre de comparaison, entre 2015 et 2018, nous avons réduit nos émissions de seulement 13 millions de tonnes.

La crise du coronavirus apporte des incertitudes supplémentaires. Si elle aura pour effet immédiat une baisse des émissions, estimées à 45 millions de tonnes de CO2 d’ici la fin de l’année en France, selon le Haut conseil pour le climat, un effet rebond est à craindre. « Ces réductions ne proviennent pas de changements énergétiques ou structurels, et donc seront vraisemblablement de courte durée, en fonction des mesures mises en place pour la sortie de crise et sa suite » expliquent les experts dans un rapport publié le 21 avril. Ils appellent dès lors à relancer rapidement certains secteurs comme la rénovation des bâtiments et les infrastructures de transport alternatif et ferroviaire.

II. 14 réacteurs fermés et construction de six nouveaux EPR.

De son côté, la Programmation pluriannuelle de l’énergie acte la baisse de la part du nucléaire à 50 % dans le mix électrique d’ici 2035 et la fermeture de 14 réacteurs. Le premier a déjà été arrêté en février, le second doit l’être le 30 juin. « Le principe général sera l’arrêt des 12 réacteurs (hors Fessenheim) au plus tard à l’échéance de leur cinquième visite décennale », précise le document, et « sauf exceptions, la décroissance du parc nucléaire ne devra conduire à l’arrêt complet d’aucun site nucléaire. » La PPE ouvre par ailleurs la voie à la construction de six nouveaux EPR.

Le texte prévoit également une baisse de la consommation finale d’énergie de 16,5 % en 2028 par rapport à 2012 contre 14 % dans les versions précédentes, ce qui va dans le bon sens. Reste que l’objectif est d’atteindre -20 % en 2030 et que le fossé va être également difficile à combler en seulement deux ans. Enfin, le gel de la taxe carbone, qui a donné naissance au mouvement des Gilets jaunes, est confirmé.  Il est précisé que « certaines [mesures] doivent être prises pour encourager les économies d’énergies et atteindre les objectifs climatiques, afin notamment de compenser le gel de la trajectoire de la taxe carbone initialement prévue ».

Concepcion Alvarez, @conce1

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