Economie·Nos synthèses par domaines.·Pour un meilleur emploi

Économie : attention au transport routier de marchandises. (TRM)

Le travail présenté par Nathalie, la méthodologie mise au point par Xavier doivent être pour tout notre groupe l’occasion de naviguer entre les icebergs : une approche sectorielle « futée » doit être notre marque de fabrique collective. Déjà sévèrement impacté par la première vague de la pandémie, le TRM redoute les conséquences du nouveau confinement. Surtout pour les plus petites entreprises du secteur...

Un secteur fragilisé par son morcellement.

C’est une première victoire qui redonne un peu d’espoir aux routiers. Le 5 Novembre dernier, après une réunion téléphonique avec le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, les syndicats de chauffeurs annonçaient l’ouverture de 250 relais routiers sur l’ensemble du territoire. Sur présentation de leu(r carte professionnelle, les conducteurs peuvent désormais accéder à l’un de ces établissements pour y prendre un repas chaud à table, faire une pause, accéder aux sanitaires… Une restriction contrarie cependant les transporteurs : les restaurants ne seront ouverts que de 18 h à 10 h sur arrêté préfectoral. Pas de repas chaud à midi donc !

Des Héros de la continuité économique

« On pense que c’est déjà un bon début parce qu’il n’y avait que 50 relais routiers d’ouverts au premier confinement. Et on aura un interlocuteur en permanence pour ajuster les relais qui auront besoin d’être ouverts », estime néanmoins Thierry Douline, président CFTC Transports. Aires de repos inaccessibles, points de restauration fermés, douches et toilettes condamnées, stations-services closes..; depuis le début de la crise sanitaire, les organisations patronales du secteur et les syndicats professionnels dénoncent les conditions de travail inacceptables des conducteurs routiers. « C’est une première victoire pour les conditions de travail et d’hygiène de ces héros qui assurent la continuité de l’économie du pays », se sont réjouies toutes ces structures dans un communiqué commun. Mais elles restent sceptiques quant à la volonté réelle du gouvernement de soutenir leur profession. En pleine pandémie, dans une France deux fois confinée et confrontée à des ruptures d’approvisionnement le transport routier de marchandises a vaillamment poursuivi son activité. Apportant ainsi son soutien vital aux principaux secteurs d’activité qui animent l’économie du pays.

Des conditions de travail à rétablir.

Oubliés dans le Plan de Relance du Gouvernement !

Pourtant, alors qu’il représente 90 % du fret de marchandises en France, le secteur est le grand oublié du fameux Plan de relance annoncé par le Premier Ministre Jean Castex ( 100 milliards d’€ sur 3 ans). Pas un mot sur le TRM dans le dispositif ! Le ferroviaire, lui rafle la plus belle part du gâteau avec 4,7 milliards d’euros. Tandis que « l’avion vert » bénéficiera d’une aide de 1,9 milliard d’euros. pas un centime n’est directement prévu pour le transports routier. Même si certaines mesures, comme le développement de la filière hydrogène ou l’amélioration des infrastructures routières, devraient tout de même lui être profitables. L’absence de mesures spécifiques pour le TRM dans le Plan de relance est d’autant plus incompréhensible que le fret routier a connu une baisse de 50 % à 60 % de son activité en moyenne pendant le confinement. « certaines entreprises annoncent des pertes allant jusqu’à 20 % encore aujourd’hui ! Les transporteurs qui continuaient de rouler ont vu exploser leurs coûts alors même quec de nombreux clients exerçaient une pression à la baisse sur les prix. ces pressions persistent. Pour beaucoup d’entreprises, les comptes d’exploitation sont dans le rouge ! « , s’alarme la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR).

A l’évidence, un soutien à la profession à la profession s’imposait pour aider les plus petites entreprises du secteur à se relever. Comme le rappelle une étude récente de l’INSEE, le secteur routier de marchandises comprend 83 % de TPE ! Caractéristiques : elles occupent moins de 10 personnes et ont un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan n’excédant pas 2 millions d’euros. On dénombre ensuite 16 % d’autres petites et moyennes entreprise (PME) et 0,4 % d’entreprises de taille intermédiaire et de grandes entreprises. la profession se démarque par un très fort poids de ses PME : ces dernières réalisent 45 % du chiffre d’affaires du secteur, contre 18 % dans l’ensemble du transport.

Des objectifs de report modal : décongestionner les routes ?

Dépôts de bilan en perspective.

Des chiffres qui illustrent bien la nécessité d’aider les plus petites entreprises de TRM, généralement plus fragiles financièrement, à surmonter cette frise sanitaire. Mais il y a aussi un intérêt plus stratégique, pour toute l’économie nationale à soutenir le transport routier. Car même si l’on atteint les objectifs de report modal (pour décongestionner les routes) , le TRM représentera toujours plus de 75 % du fret de marchandises en France. « Il est et restera incontournable. Il est un levier à court et moyen terme pour réussir la transition énergétique, pour améliorer la compétitivité française et l’emploi. Le gouvernement doit enfin en prendre la mesure… »rappellent les représentants des entreprises de transport routier.

En attendant ce jour improbable, le secteur souffre. Au troisième trimestre 2020, selon la note de conjoncture de la FNTR, l’activité du TRM accentue sa baisse. le solde d’opinion, indicateur qui mesure l’activité économique par rapport à la même période de l’exercice précédent, se trouve très en-dessous de sa moyenne habituelle depuis 4 trimestres consécutifs. Une chute qui bientôt, dépassera celle observée lors de la crise financière de 2008. 56 % des chefs d’entreprise estiment que leur activité ca régresser, contre seulement 8 % qui envisagent une hausse. les autres sont dans l’incertitude. « dans un secteur composé à 95 % de TPE/PME, cette situation signifie très concrètement des dépôts de bilan en perspective et des menaces sur l’emploi. Il en va de l’avenir des 40.000 entreprises du secteur et de leurs 400.000 salariés, prévient la FNTR.

Des charges d’exploitation élevées.

Allongement des délais de paiement, pertes de marchés, tensions sur les prix: les trésoreries de la plupart des TPE du TRM sont exsangues… Une épreuve peut-être plus douloureuse pour celles-ci car le secteur se caractérise par des charges d’exploitation élevées, inhérentes aux activités selon l’INSEE. La part de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires est ainsi plus faible que pour l’ensemble des transporteurs (36,2 % contre 42,1 %). Cela est dû au poids important des achats de matières premières (11% de la valeur ajoutée), en particulier de carburant stocké. Le taux de valeur ajoutée est encore plus faible dans les transports routiers de fret interurbains (33,2%).

Les « autres achats et charges externes » pèsent aussi fortement sur la valeur ajoutée : ils représentent 80 % des consommations intermédiaires et 50 % du chiffre d’affaires du secteur. Plus d’un tiers des dépenses de ce poste est consacré à la sous-traitance, soit 15 % du chiffre d’affaires du secteur (21% pour l’ensemble du transport). Le recours à la sous-traitance est plus élevé dans les plus grandes entreprises (21% du chiffre d’affaires) que dans les microentreprises (7ù) et les autres PME (12%). plus des deux tiers de cette sous-traitance participent à l’activité principale des entreprises, le reste de son fonctionnement (nettoyage, comptabilité…).

Un autre tiers des « autres achats et charges externes » est consacré à l’entretien et aux réparations ,aux loyers et charges locatives et aux assurances. En sous-traitant une partie de leur activité principale, les plus grandes entreprises réduisent le poids de ce type de dépenses. le tiers restant regroupe les achats non stockés de carburants, les redevances de crédit-bail, les autres frais annexes et le coût du personnel extérieur. Les entreprises sollicitent beaucoup l’emploi intermédiaire(24.000 intérimaires), notamment en raison des difficultés de recrutement de personnel roulant qui se sont accrues depuis 2017.

Le taux de marge du secteur est aussi plus faible que celui de l’ensemble des transports (13,4 % contre 24,8%). les frais de personnel sont en effet relativement plus élevés dans le transport routier de marchandises, avant tout du fait du volume des emplois, les frais de personnel par salarié étant plus faibles. Toutefois, le taux de marge des entreprises ne reflète que partiellement leur rentabilité : celle-ci doit s’apprécier relativement au capital engagé. La rentabilité économique de ce secteur est ainsi supérieure à celle de l’ensemble des transports (10,4 % contre 5,5%). Une vérité statistique qui remonte à l’année 2017 et qui n’est certainement plus qu’un lointain souvenir en 2020…

Chiffres-clés de la Profession : CA : 47,6 milliards d’euros. (Source : INSEE et FNTR).

Nombre d’entreprises : 31.800

Nombre de salariés : 400.000

Revue CGA Contact – N° 141 Novembre/décembre 2020 – auteur : Nasser NEGROUCHE.

Economie·Nos synthèses par domaines.·Pour un meilleur emploi·Société

L’effet hétérogène du commerce international sur l’innovation.

L’évolution des marchés d’exportation d’une entreprise influe sur ses décisions d’innovation.  

Les entreprises manufacturières françaises brevettent davantage lorsqu’elles sont soumises à  un choc de demande étrangère, c’est-à-dire lorsque leurs marchés d’exportation croissent  plus fortement de manière exogène. La hausse du nombre de brevets est perceptible deux à  cinq ans après un tel choc de demande, mettant en évidence le temps nécessaire pour innover. Cet effet est entièrement imputable aux entreprises initialement les plus productives. Outre ses  effets sur l’innovation, un choc de demande étrangère a un effet positif et immédiat sur les ventes et  l’emploi des entreprises, et ceci quel que soit leur niveau de productivité

Matthieu Lequien (division des études macroéconomiques, Insee) 

De nombreux événements, comme la  crise liée à la Covid-19, ou les politiques  commerciales affectent le commerce  international. Au-delà de leurs effets  immédiats, ces chocs commerciaux  peuvent avoir des conséquences à long  terme, notamment sur l’innovation des  entreprises, l’un des principaux moteurs  de la croissance économique. L’ampleur  économique de ce lien est considérable.  Selon la spécification la plus prudente, une expansion de 1 % de la demande étrangère entraînerait 52 brevets prioritaires supplémentaires dans le secteur  manufacturier français, soit une hausse de 0,64 % de ces brevets. Cette étude analyse comment la quantité et la qualité  de cet effet sur l’innovation évoluent dans le temps et varient selon les entreprises (au sens des unités légales) ayant  différents niveaux initiaux de  productivité. 

Les innovateurs sont plus productifs,  réalisent un chiffre d’affaires plus  élevé et exportent davantage.

Un faible nombre d’entreprises  concentrent encore plus les brevets que  les exportations, elles-mêmes plus concentrées que le chiffre d’affaires ou  l’emploi. En effet, le top 1 % des entreprises déposant des brevets en possède  91 % en 2007, tandis que le top 1 % des  entreprises en matière d’exportations  (chiffre d’affaires) réalise 70 % des  exportations totales (respectivement  51 % du chiffre d’affaires total ;  figure 1). Dans un même secteur, les  entreprises exportatrices génèrent un chiffre d’affaires plus élevé, ont plus  d’employés que les non-exportatrices ;  elles sont aussi plus productives. Même  à secteur et emploi donnés, une entreprise exportatrice réalise un chiffre d’affaires supérieur à celui d’une entreprise  non exportatrice, avec une valeur ajoutée par travailleur supérieure de 18 %.  Au sein de ces entreprises exportatrices,  déjà plus grandes et performantes, les innovantes (celles avec au moins un brevet)  se démarquent : elles sont encore plus  grandes, plus productives et exportent  davantage et vers plus de destinations. 

En outre, innover et exporter sont fortement  liés : seules 5 % des entreprises ayant  déposé au moins un brevet entre 1995 et  2012 n’ont jamais exporté sur cette période. Ce lien entre innovation et exportations  porte non seulement sur la marge extensive,(les entreprises n’exportant pas brevettent très peu souvent), mais aussi sur la marge  intensive (plus une entreprise exporte, plus  elle a de chances d’innover. (figure 2). 

Au-delà de cette corrélation très nette entre exportations et innovation au sein des entre prises manufacturières françaises, l’étude  cherche à identifier l’effet causal des exportations sur l’innovation. La stratégie d’identification repose sur la construction d’un  choc de demande qui suit l’évolution des  marchés d’exportation d’une entreprise tout  en restant indépendant des décisions de  l’entreprise. 

Une hausse de la demande étrangère  conduit une entreprise à innover  davantage 2 à 5 ans après 

En premier lieu, une hausse exogène de la  demande étrangère adressée à une entreprise  conduit cette entreprise à innover davantage. Cet effet du choc de demande sur l’innovation (i.e. sur le nombre de brevets) est  spécifique aux entreprises en bénéficiant.  En effet, il est observé en comparant des entreprises appartenant aux mêmes secteurs ; il n’est donc pas seulement lié à l’appartenance sectorielle (contrairement à  [Acemoglu et Linn, 2014]). En outre, l’innovation a lieu 2 à 5 ans après un choc de  demande, ce qui est cohérent avec le temps  de la recherche et développement et du  dépôt de brevet (figure 3)

Impact de la demande exogène.

En revanche, les ventes et l’emploi augmentent immédiatement à la suite du choc : il y  a un effet tangible et immédiat sur l’activité  de l’entreprise, ce qui confirme que la  réponse à ce choc de demande étrangère est bien liée à l’augmentation de la taille du marché (figure 4)

Le chiffre d’affaires.

Seules les entreprises les plus  productives innovent davantage après une hausse de la demande étrangère. 

L’effet du choc de demande étrangère sur  l’innovation est entièrement porté par les  entreprises dont la productivité est supérieure à la médiane de leur secteur (mesurée  une année initiale avant tout choc de  demande). Aucun effet sur l’innovation  n’est visible dans les entreprises les moins productives et la différence d’effet entre entreprises plus ou moins productives est  toujours significative au seuil de (un) : 1 %. Cette réponse hétérogène pourrait a priori simplement refléter que les entreprises les plus productives bénéficient prioritairement du choc de demande. Mais ce n’est pas le cas puisque l’effet sur les ventes et l’emploi n’est pas différent pour les entreprises à productivité initiale faible ou  élevée. 

La construction de chocs de demande placebos, dans lesquels les produits ou les destinations déterminant l’exposition des entreprises aux marchés d’exportation ont été tirés au hasard, montre qu’il est hautement improbable qu’une entreprise à forte  productivité aurait autant innové « de toute  façon », c’est-à-dire sans le vrai choc. 

Une concurrence accrue après une hausse de la demande pourrait  freiner davantage l’innovation des entreprises les moins productives 

Ces résultats peuvent être interprétés à  travers le prisme d’un modèle de commerce  international avec concurrence monopolistique d’entreprises hétérogènes. Une  demande accrue sur les marchés d’exportation générerait un effet d’échelle qui rendrait l’innovation plus attrayante pour toutes les  entreprises, mais aussi un effet de concurrence par l’entrée d’entreprises supplémentaires sur ce marché. Cet effet de  concurrence réduirait de manière disproportionnée les incitations à innover dans  les entreprises à faible productivité. Avec  ces deux effets, un choc de demande étrangère générerait plus d’innovation dans les  entreprises à forte productivité que dans  celles à faible productivité. Les mécanismes identifiés par cette modélisation  rendent ainsi compte des résultats observés  empiriquement. Ce modèle est détaillé  dans [Aghion et al., 2020]. D’autres mécanismes pourraient naturellement être à  l’œuvre. Par exemple les entreprises les  plus productives pourraient plus facilement absorber un coût fixe de l’innovation grâce à leurs marges plus élevées, ou faire face à  de l’incertitude sur le rendement de la  R&D ou la taille de marché. ■ 

Définitions 

L’innovation est ici approchée par le nombre de dépôts de brevets prioritaires, c’est-à-dire la première publication décrivant une  invention, les dépôts suivants protégeant la  même propriété intellectuelle dans d’autres  juridictions n’étant pas prioritaires et donc  non comptabilisés. 

Sources :  Pour étudier comment la demande étrangère affecte l’innovation des entreprises,  l’étude mobilise les données des Douanes, la base Baci de commerce international du  Cepii, les données administratives DGFiP/ Insee Ficus/Fare et les données Patstat de brevets de l’Office européen des brevets. Les bases Patstat et le répertoire  Sirene ont été appariés sur le nom des  entreprises, par une méthode de Machine  Learning, afin d’associer aux déposants de  brevets leur numéro Siren (absent de Patstat). L’analyse porte sur les entreprises  françaises manufacturières et couvre la  période 1995-2012. 

L’effet hétérogène d’un accès facilité à l’exportation sur les investissements technologiques est documenté par [Bustos, 2011] et  [Lileeva et Trefler, 2010]. Cette étude contribue à la littérature, notamment avec l’utilisation des brevets pour mesurer linnovation des entreprises. Ainsi, l’innovation est approchée par le nombre de dépôts de  brevets prioritaires, c’est-à-dire la première  publication décrivant une invention, les  dépôts suivants protégeant la même propriété intellectuelle dans d’autres juridictions n’étant pas prioritaires et donc non  comptabilisés. Ceci évite de capturer le lien  mécanique qu’il peut y avoir entre nombre  de brevets et marchés d’exportation  puisqu’une entreprise présente sur de nombreuses destinations aura tendance à déposer de nombreux brevets non prioritaires  pour y protéger ses produits. Une deuxième  mesure de l’activité d’innovation porte sur  le nombre de citations venant d’autres brevets et reçues dans les cinq ans suivant le dépôt de ses brevets une année donnée.  Les résultats sont robustes à d’autres  mesures de brevets. 

Les analyses sont effectuées au niveau de  l’unité légale. Si un groupe enregistre ses brevets et ses exportations dans des unités  légales différentes, alors le lien entre brevets  et exportations n’est pas capturé. Ce problème se pose également dans le cas des  multinationales. Ainsi, les brevets peuvent être  localisés au nom d’une filiale dans un pays  étranger alors que la production et les exportations sont situées en France. Inversement,  l’activité de R&D peut être localisée en France  alors qu’une part importante de la production  est délocalisée dans d’autres pays. Dans tous  ces cas, le lien approprié entre les chocs à  l’exportation pour ce producteur et une innovation induite (brevets) n’est pas enregistré,  ce qui biaise les coefficients estimés vers 0.  Si l’information sur les groupes et les multinationales était disponible, les résultats empiriques en seraient probablement renforcés. 

Méthodes 

Pour identifier l’effet causal des exportations  sur l’innovation, la stratégie d’identification  repose sur la construction d’un choc de  demande qui suit l’évolution des marchés  d’exportation d’une entreprise tout en restant  indépendant des décisions de l’entreprise.  S’appuyant sur la méthodologie des instruments shift-share et de travaux comme [Hummels et al., 2014], ce choc est construit de la  manière suivante. Les entreprises sont exposées à des chocs agrégés, la croissance chaque année des importations dans un pays  pour un produit venant du reste du monde  sauf de France. Elles sont exposées au choc  agrégé venant d’un pays pour un produit  donné seulement si elles exportaient ce produit vers ce pays la première année de  l’échantillon. Plus précisément, le choc pour  une entreprise est égal à la somme de tous  les chocs agrégés pondérés par la part que  représentaient chaque pays et chaque produit  dans le chiffre d’affaires total de l’entreprise durant cette année initiale. Utiliser une année initiale (la première année pour chaque entreprise avec des exportations positives), qui  n’est ensuite plus utilisée dans les régressions, pour définir les marchés d’exportation  auxquels est exposée une entreprise permet  de s’assurer que l’innovation de l’entreprise à  une date donnée n’influe pas sur le choc de demande étrangère via la sélection chaque  année des marchés d’exportation. Exclure les  exportations françaises vers les marchés d’exportation pour le calcul du choc agrégé permet d’éliminer des sources de variation venant de France et qui pourraient être corrélées aux variables d’intérêt de l’entreprise française. 

La stratégie d’estimation principale consiste à régresser une variable d’intérêt de l’entreprise, la croissance de sa taille et son activité  de brevets, sur des avances et des retards  du choc de demande, des contrôles (niveaux  et évolutions des ventes et de l’emploi l’an née initiale) et des effets fixes secteur-année.  Pour pallier les nombreux zéros présents  dans les données de brevets, des régressions negative binomial sont aussi utilisées. 

Pour en savoir plus 

• Aghion P., Bergeaud A., Lequien M., Melitz  M.-J., “The Heterogeneous Impact of Market Size on Innovation: Evidence from French Firm-Level Exports”, Documents  de travail n° G2020/11, Insee,  novembre 2020. 

• Hummels D., Jørgensen R., Munch J.,  Xiang C., “The Wage Effects of Offshoring:  Evidence from Danish Matched Wor ker-Firm Data”, American Economic  Review, 104 (6), 1597–1629, juin 2014. 

• Bustos P., “Trade Liberalization, Exports,  and Technology Upgrading: Evidence on  the Impact of MERCOSUR on Argentinian  Firms », American Economic Review,  101 (1), 304–340, février 2011. 

• Lileeva A., Trefler D., “Improved access to  foreign markets raises plant-level productivity… for some plants”, The Quarterly  journal of economics, 125(3), 1051–1099,  aout 2010. 

• Acemoglu D., Linn J., “Market size in innovation: theory and evidence from the pharmaceutical industry”, The Quarterly journal of economics, 119 (3), 1049–1090,  août 2004.

 Direction Générale 88 avenue Verdier 92541 Montrouge Cedex – Directeur de la publication : Jean-Luc Tavernier 

Rédactrices en chef : A. Goin, S. Pujol  Rédacteurs : C. Lesdos, P. Glénat 

Maquette : B. Rols  Code Sage : IA2058  ISSN 2416-7851 © Insee 2019 

Insee Analyses figure dès sa parution sur le site internet de l’Insee :

https://www.insee.fr/fr/statistiques?debut=0&collection=6 

Pour recevoir par courriel les avis de parution : 

https://www.insee.fr/fr/information/1405555

L'éditorial·Pour un meilleur emploi

Pourquoi devons-nous rechercher des partenaires ?

BCN, Collectif bienveillant d’aide à l’insertion.

Direction des Partenariats et Relations avec les Grands Comptes.

Née de la coopération créative d’un trio de cadres et de leur conseillère, « Bourgogne Cadres Network » s’est formée dans les locaux de l’APEC à Dijon fin 2012. Au fil des années, elle s’est transformée en Association Loi de 1901 « Bourgogne Collaborative Network », a diversifié ses ambitions et poursuit désormais deux objectifs principaux :

  • Accompagner ses membres, dans l’élaboration, la consolidation et la mise en œuvre du projet professionnel de chacun, approfondi lors de réunions régulières, selon les principes de notre charte éthique.
  • Susciter l’émergence de nouveaux rapports de proximité entre les acteurs économiques, sociaux et les personnes physiques en cours d’évolution professionnelle, donnant ainsi tout son sens à la signature de BCN :

« RAPPROCHER LES PROJETS ET LES HOMMES »

L’association comptait au 31 Décembre 2019,  33 adhérents actifs, elle a accompagné en 6 ans le parcours de plus de 90 personnes, tissant des relatons de partenariat dans toute la Région Bourgogne. Notre but est maintenant de développer ce réseau avec tous les organismes franc-comtois qui poursuivent les mêmes ambitions.

Dans cet esprit, BCN propose en continu sur l’année, des réunions plénières d’information, d’échanges, et de prise en charge individualisée. Elle réalise à la demande des simulations d’entretien bénévoles et confidentielles : selon les disponibilités ces simulations peuvent associer un psychologue agréé. Enfin, BCN s’est dotée dispose en Novembre 2016 d’une plateforme pédagogique en ligne, donnant accès à des dossiers, des documents et des travaux pratiques.

A l’exception de 2020, où la plupart des manifestations physiques ont été annulées, BCN encourage les formations apprenantes en situation, et notamment la prise de parole en public.   Elle offre également des activités réelles, telles que membre du bureau bénévole :

  • Animateur – webmaster (communication digitale, externe et interne).
  • Comptable, trésorier, trésorier-adjoint.
  • Secrétaire, secrétaire-adjoint.

Enfin, la priorité de nos adhérents doit rester à la recherche ; c’est pourquoi l’équilibre s’obtient grâce à l’appui d’expert bénévoles, et au pilotage des activités et des ressources par un bureau de 7 membres. BCN est devenue partenaire de Pôle-Emploi Beaune, Dijon, Quétigny et de la Maison Familiale Rurale (MFR) de Beaune, où elle assure régulièrement les entretiens professionnels de la Garantie Jeunes.

L’Ours.
Economie·Nos synthèses par domaines.·Pour un meilleur emploi·Société

Emploi en Bourgogne-Franche-Comté : de grandes agglomérations dépendantes de la demande locale et de petits territoires spécialisés très exposés à la demande extérieure .

Sur un territoire, certaines activités sont d’abord dédiées à satisfaire les besoins des consommateurs qui vivent à proximité, quand d’autres sont régies par une demande plus lointaine, qu’elle soit nationale ou  internationale. Les activités dites de proximité, qui concourent principalement à satisfaire les besoins  quotidiens de la population présente, génèrent en Bourgogne-Franche-Comté plus de 650 000 emplois, soit  61 % de l’emploi total. Comme en province, le maintien de ces activités de première nécessité dépend surtout de  l’évolution de la population. Elles sont restées stables dans la région. 

D’autres activités sont liées à la demande locale, mais répondent à des besoins plus occasionnels. Elles  représentent 19 % de l’emploi total. Depuis la crise économique de 2008, elles ont été davantage fragilisées. Enfin, 20 % de l’emploi régional restant dépend essentiellement de la demande extérieure. C’est plus qu’ailleurs en  province et s’explique par la surreprésentation de l’industrie dans la région. La dépendance de l’emploi, et donc de  l’appareil productif à cette demande extérieure, est très variable. Elle est particulièrement marquée dans certaines  intercommunalités situées en deuxième couronne comme Selongey ou Valdahon

Mélanie Chassard (Insee) 

Entre 2008 et 2016, l’emploi a reculé en  Bourgogne-Franche-Comté de l’ordre  de – 0,5 % par an, correspondant à 48 000 emplois de moins en 8 ans. Après  les épisodes sanitaires sans précédent que  le monde vient de connaître, la conjoncture nationale et internationale n’a jamais  été aussi incertaine. Les prévisions de  croissance sont en berne, et en Bourgogne-Franche-Comté, comme dans les  autres régions, l’emploi pourrait encore  reculer. Dans ce contexte, mieux connaître  la nature des emplois qui participent à la  richesse de la région, et savoir de quoi ces  emplois dépendent, revêt un enjeu d’autant  plus important. En effet, certains emplois  dépendent principalement de la demande  locale exprimée par les consommateurs  de la zone, et sont ainsi fortement liés  aux évolutions démographiques. D’autres  dépendent plutôt de la demande extérieure,  donc de l’activité économique nationale  voire internationale. Ainsi, selon que  l’appareil productif d’un territoire dépend  davantage de l’une ou l’autre demande, les  enjeux pour maintenir ses emplois ne seront pas les mêmes. Globalement dans la région, le nombre total d’emplois par habitant se situe au même niveau que la moyenne de province (38 pour 100 habitants) ; cependant des différences apparaissent selon que  les emplois dépendent de le demande locale  ou extérieure. 

Les travaux de Frocrain et Giraud.

Besoins courants de la population :  23 emplois nécessaires  pour 100 habitants 

Les emplois dits de proximité sont liés à la  demande locale (méthodes groupe 1). Avec  près de 650 700 emplois, ils représentent  ainsi 61 % de l’emploi total de la région  en 2016. Ils répondent aux besoins courants, voire quotidiens, de la population et  sont localisés près des consommateurs. Les  principales activités concernées relèvent du  commerce (boulangerie, hypermarchés,  restauration… ), des services (salons de  coiffure, activité des agences d’intérim,  services de nettoyage… ). L’action sociale,  de même que l’action publique sont très  présentes également, en particulier l’enseignement primaire et secondaire, l’accueil de jeunes enfants, l’hébergement pour  personnes âgées (figure 2). 

Répartition des emplois de proximité.

Le nombre d’emplois dits de proximité par  habitant (23,1 emplois pour 100 habitants  en Bourgogne-Franche-Comté) varie peu selon les régions. Il est malgré tout un peu  plus élevé en Île-de-France, en Provence Alpes-Côte d’Azur et en Nouvelle-Aquitaine,  régions dans lesquelles ces emplois répondent  également aux besoins des touristes (figure 1).  Le nombre d’emplois par habitant est le  même dans la région qu’en moyenne en province, également dans chaque sous-secteur  des emplois dits de proximité. Ainsi, pour  100 habitants, la région compte 3,4 emplois  dans le commerce, 3,2 emplois dans l’administration publique, 2,8 emplois dans les activités  pour la santé humaine, comme ailleurs. 

France entière

Le nombre d’emplois dit de proximité a  peu évolué entre 2008 et 2016 

Le nombre d’emplois dit de proximité d’un territoire dépend ainsi directement de la présence  des habitants, qu’ils soient résidents ou de pas sage. Au niveau régional, la population a très  peu progressé entre 2008 et 2016 (+ 0,07 %  par an), ce qui explique la quasi-stabilité du  nombre d’emplois dit de proximité sur la  même période (- 0,05 % par an). Cette très  légère baisse est imputable en partie au nombre  croissant de navetteurs qui vivent aux franges  de la région et qui travaillent et consomment  davantage en dehors de la région, et près de  leur lieu de travail. Dans les autres régions,  l’emploi dit de proximité a augmenté. Mais  comme en Bourgogne-Franche-Comté, cette  dynamique a été très largement comparable à  celle de la population. 

Ainsi, les emplois dits de proximité, contrai rement au reste des emplois, n’ont pas ou  très peu été impactés par la crise économique  qu’a connue la France à partir de 2008. Le  ratio par habitant est resté le même au cours  de la période 2008-2016. Les évolutions démo graphiques récentes montrent cependant que  la population régionale diminue et que cette  tendance devrait se prolonger sur le long terme  en raison notamment du vieillissement de la  population. Les habitudes de consommation  courantes de la population ont depuis peu été  bouleversées par le contexte sanitaire de l’an née 2020 et les citoyens aspirent à consommer  mieux et de manière plus durable. Ces deux  facteurs peuvent, à très court terme, être susceptibles de perturber l’évolution des emplois  dits de proximité dans la région comme dans  le reste de l’hexagone. 

208 300 emplois pour les services  dont l’usage est moins fréquent 

Aux emplois dits de proximité s’ajoutent les  emplois liés aux besoins moins courants des consommateurs locaux. Les activités liées à  ces besoins dépendent également davantage  de la demande locale que de la demande  extérieure (méthode groupe 2). Ces activités  génèrent 208 300 emplois en Bourgogne Franche-Comté, soit 19 % de l’emploi total.  Les activités de services telles que l’hôtellerie, le commerce de détail de la papeterie,  du livre, d’équipements informatiques, y  sont surreprésentées, au même titre que les  activités créatives, artistiques et de spectacle,  l’enseignement supérieur, les activités liées à  l’architecture, à la comptabilité, ou encore au  transport ferroviaire et urbain. Les emplois  correspondants sont surtout l’apanage des plus  grandes villes et ont tendance à se concentrer,  au plan national comme régional, dans les  métropoles. 

Depuis 2008, ces activités ont été plus  fragilisées. Les emplois associés ont en  effet diminué de 0,5 % par an entre 2008  et 2016 en Bourgogne-Franche-Comté, malgré une démographie stable. Ces activités qui  dépendent aussi de la demande locale ont pu  être soumises à des arbitrages budgétaires, en  raison entre autres des variations de niveau de  vie des ménages. En effet, contrairement aux  services et équipements de proximité, ces activités sont davantage liées aux loisirs et confort matériel. Elles sont moins indispensables dans  la vie quotidienne des ménages et donc plus  facilement restreintes en cas d’incertitude  économique. 

Les emplois exposés à la demande  extérieure plus présents en Bourgogne Franche-Comté 

Les autres activités présentes sur le territoire national dépendent bien plus de la  demande extérieure. La région compte ainsi  216 500 emplois dont l’activité est liée à la  demande extérieure, soit 20 % de son emploi  total. Ces activités qualifiées d’exposées (méthode groupes 3 et 4) sont les plus dépendantes du contexte économique. Elles sont sensibles aux variations de la demande nationale et  mondiale, mais aussi à la concurrence des autres  producteurs. Puisqu’elles ne répondent pas à  une demande de consommation locale, elles  sont susceptibles de s’exercer ailleurs, dans  d’autres régions, voire dans d’autres pays. En  Bourgogne-Franche-Comté, l’emploi dans les  activités exposées est en proportion plus présent  qu’ailleurs : 1,5 point de plus qu’en province. Ces emplois relèvent souvent des secteurs  industriels ou agricoles, mais le commerce  de gros, de même que certaines branches des  services sont également concernés. 

Les activités dites exposées les plus fréquentes, réparties sur l’ensemble du territoire  national, sont l’élevage de bovins, de volailles,  la culture céréalière, la production d’électricité, la fabrication d’emballage et produits  plastiques, l’industrie pharmaceutique, le  travail du bois, l’industrie du cuir, le commerce  de gros de fruits et de légumes, la fabrication de vêtement, les services de la défense,  la recherche-développement scientifique. 

Ensemble, ces activités rassemblent en  Bourgogne-Franche-Comté 140 100 emplois  en 2016 et ont connu un déclin marqué depuis  2008. Ces emplois ont en effet reculé de 1,6 %  par an entre 2008 et 2016. 

Automobile, viticulture, production  de fromage, des activités  emblématiques de la région 

Parmi les activités dites exposées à la demande  extérieure, certaines sont plus rares et sont souvent emblématiques des emplois d’un territoire.  Ces activités rassemblent 76 400 emplois  en Bourgogne-Franche-Comté. Parmi elles,  la construction de véhicules automobiles, la  métallurgie, l’horlogerie, la culture de la vigne,  la production de fromage, de condiments, en  sont sans doute les exemples les plus illustratifs  de la région (figure 3). 

Les emplois rares.

C’est dans ces activités que l’emploi a le plus  diminué dans la région entre 2008 et 2016  (- 2,6 % par an). Et cette baisse est plus marquée qu’en moyenne en province (- 2,1 %  par an). Leur présence sur un territoire dépend de  différents paramètres. En effet, les ressources naturelles ont permis le développe ment des activités viticoles. L’essor d’une  activité peut aussi tenir à l’histoire et aux  savoir-faire locaux, comme les activités  industrielles de niche, de l’horlogerie et de  la lunetterie, implantées de longue date en  Bourgogne-Franche-Comté. 

Dans les grandes agglomérations,  l’emploi dépend surtout de la demande locale..

 Au sein de la région, selon les intercommunalités, le poids des activités liées à la demande  locale et celui lié à la demande extérieure  sont très variables et exposent différemment  chaque territoire au contexte économique et  démographique (figure 4). 

Intercommunalités exposées

Dans les grandes intercommunalités de Besançon, Nevers, Mâcon, Dijon, Pontarlier,  Auxerre, Lons-le-Saunier et Vesoul, les  emplois sont davantage dépendants de la  demande émise localement. Les emplois dits  de proximité y sont très présents, supérieurs  ou égaux à 30 emplois pour 100 habitants. Les  activités dédiées aux besoins plus occasionnels  de la population s’y concentrent également.  Dans ces grands pôles d’emplois, les activités  de proximité comme celles plus occasionnelles, permettent de satisfaire les besoins des  habitants, mais également ceux des personnes  de passage, qui viennent y travailler quotidiennement. Le développement des emplois dits  de proximité dans ces grandes villes se fait au  détriment des intercommunalités plus résidentielles qui les entourent. Ainsi à Arc-sur-Tille,  Genlis, Brazey-en-Plaine autour de Dijon, à  Marnay, Fraisans, Ornans, près de Besançon ou  encore à Héricourt sous l’influence de Belfort et Montbéliard, le nombre d’emplois dits de  proximité par habitants est deux fois moins  élevé. Dans ces territoires, c’est davantage la  dépendance vis-à-vis de la demande extérieure,  quand l’emploi industriel ou agricole y est  développé, qui est plus marquée

De nombreux territoires moins peuplés  exposés à la demande extérieure 

L’emploi exposé est plus présent en moyenne  dans la région. Ainsi, parmi les 119 intercommunalités, le poids des emplois exposés  est élevé, supérieur à 28 % pour 21 d’entre  elles, comme Ornans, Nuits-Saint-Georges ou  Saint-Amour. Il est plus élevé encore, supé rieur à 35 %, pour 12 autres. Sont notamment  concernées les intercommunalités situées en  deuxième couronne de grandes agglomérations, dont l’appareil productif est très spécialisé, pour peu d’emplois dits de proximité.  Ainsi, à Selongey, Valdahon, Saint-Florentin  et Moirans-en-Montagne, l’emploi exposé représente plus de 40 % de l’emploi total. À l’inverse, le niveau d’emplois dits de  proximité y est relativement faible et avoisine  15 emplois pour 100 habitants, contre 23 en  moyenne régionale. 

Enfin, certains territoires présentent une double  exposition, à savoir une certaine dépendance à  la demande locale et une dépendance, souvent  un peu plus marquée à la demande extérieure.  Les intercommunalités davantage isolées, loin de l’influence des grands pôles d’emplois sont  les plus concernées. L’économie locale y est  plus autocentrée et le nombre d’emplois dits  de proximité proche de la valeur régionale, car  les besoins quotidiens des consommateurs sont  satisfaits localement. Parallèlement, l’appareil  productif de ces territoires est tourné vers  l’industrie ou l’agriculture. C’est notamment  le cas des intercommunalités de Luxeuil, de  Gray, de Montbéliard, de Poligny, de Beaune  ou encore de Montbard. Ces zones sont à la fois des pôles d’équipement de proximité pour leurs  habitants et ceux des territoires voisins et des  pôles d’emplois très spécialisés. Se positionner  sur des activités rares et tournées vers l’extérieur, notamment en termes de qualification  des emplois, peut être une vraie opportunité,  et l’ouverture vers des marchés extérieurs est aussi une source de richesse. ■ 

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier CS 11997 

25020 BESANÇON CEDEX Directeur de la publication : Moïse Mayo 

Rédactrice en chef : Marie Léger  Mise en page : STDI  Crédits photos :  CRT, L. Cheviet  ISSN : 2497-4455 

Dépôt légal : octobre 2020 © Insee 2020 

Pour en savoir plus 

•  P. Frocrain et P. Giraud, « L’évolution de l’emploi dans les secteurs exposés et  abrités en France », Économie et statistiques N° 503-504, 2018. 

•  M. Chassard, « Petites villes de Bourgogne-Franche-Comté : un passé démographique et industriel qui contribue au déficit de croissance », Insee Analyses  Bourgogne-Franche-Comté n° 38, juillet 2018. 

Evènements·L'éditorial·Pour un meilleur emploi

Plénière N°128 : Créer une promotion BCN au profit de tous ?

Notre plénière du jeudi  29 Octobre a réuni une dizaine de membres de BCN, dont Alexandre  Antoine et Danièle du bureau de l’Association, Jean-Louis, Jérôme, Hélène T. et Nathalie. Nous attendions également Nathalie, la Directrice du CIBC,  qui avait répondu positivement à notre invitation, et pour qui nous avions des questions concrètes… que nous allons lui relayer. Voici le message reçu pendant la plénière : « Je vais devoir reporter mon intervention de ce soir. J’ai programmé une réunion d’information avec l’ensemble de mes équipes pour leur transmettre les consignes qui devront s’appliquer dès demain. Je suis désolée. 

I. LA METEO de notre mois d’Octobre.

Au chapitre des très bonnes nouvelles, le succès de Natalie comme maîtres d’ouvrage du S.I. au Conseil  Régional  de Bourgogne – Franche-Comté, pour un CDD de 3 ans, où elle embauche le 9 Novembre, quelques semaines après avoir embauché en période d’essai chez Alteca. Lors d’une plénière précédente, Nathalie nous avait parlé de cet entretien à Alteca, qui à l’époque n’avait pas débouché. Et voici  que les deux offres aboutissent d’un coup, du coup Nathalie a démissionné de sa période d’essai, pour rejoindre le conseil régional. Un grand bravo, toutes nos félicitations à elle, toujours très impliquée, et prête à innover ! Un exemple de ce sens de l’innovation : Nathalie avait réalisé une présentation complète de sa « routine » de recherche. C’est un document sérieux et complet que nous mettrons à disposition des nouveaux.

 Ce matin 29 Octobre, nous avions rendez-vous au 12, rue Gustave Eiffel pour visualiser les locaux que la ville de Dijon se propose de mettre à notre disposition : (photos). L’endroit est très bien situé, dans un quartier tranquille et agréable, ce qui pourrait constituer un argument très appréciable, pour nos réunions et nos ateliers. BCN conserverait sa Boîte aux Lettres actuelle à la M.D.A., tout en bénéficiant de ses locaux pour choisir les jours et les horaires de ses réunions. Deux options restent possibles : soit l’actuel bureau de l’association décide, soit c’est l’Assemblée Générale qui prend cette décision 

II. Une nouvelle « promotion » ?

Nous étions tous bien d’accord avec Alexandre : à chaque fois qu’un groupe se forme d’entrée ( !) ses performances  sont remarquables tout au long de son parcours. Pourquoi ? Mais parce que l’essentiel vient de nos adhérents ! La formation du collectif est un élément-clé : si 2020 n’a pas été une bonne année pour BCN, elle nous a cependant permis de passer de très bons moments ensemble, lors des ateliers AEC animés par Hélène T., notre psychologue clinicienne, et les projets Carrédas et LinkedIn proposés par Hélène V. notre RH.  En effet, une demi-douzaine de personnes ont suivi la majeure partie de ces modules, jusqu’à la Fête du 5e anniversaire de l’Association !

Alors, sommes-nous aujourd’hui en mesure de construire un tel groupe ? A l’été, Nadine nous  a présenté Saïd, formateur à l’IRTESS, dont l’objectif était de mettre à disposition ses compétences d’homme de terrain, en un mot de « donner un coup de main ». Saïd devient adhérent de l’association, et nous avons déjà commencé à échanger des informations et des informations, en vue d’adapter notre plateforme « AEC » Action Emploi Compétences, afin de la rendre proche de vos attentes. 

De l’avis d’Hélène, qui  assurait ces modules l’an dernier, passés les 6 premiers modules généraux, il serait bon de faire une pause, pour définir ensemble la suite. Un groupe BCN ne peut pas passer tout son temps en atelier ! La priorité doit rester à la recherche.

Du coup, nous prenons ensemble la décision de créer une communauté LinkedIn (Rôle de l’Administrateur actuel) : ainsi chacun aura la possibilité de contacter les autres membres du groupe, pour échanger titres, livres, infos et documents.

En plus de Saïd, voici nos deux arrivants de Quétigny : Hervé, informaticien, et Murielle assistante de Direction. Tous deux sont d’ores et déjà adhérents. En effet, ils ont complété la Charte de Communication Responsable de BCN : cela assure l’anonymat des situations, et le risque de dénigrement. C’est aussi la garantie de la bienveillance entre nous.

Ce soir, nous recevons Patricia, Ingénieur de Formation, qui possède une expérience d’intervenante dans une structure d’Insertion, et des compétences proche de la psychologie en ESS. Avec Patricia, nous avions eu l’occasion d’échanger quelques courriels, jusqu’à son adhésion d’aujourd’hui.

Angelo nous a appelé sur le répondeur il y a deux jours, juste à temps pour participer à la plénière d’aujourd’hui.  Angelo a exercé des fonctions de commercial dans différents secteurs dont l’assurance, et souhaite évoluer vers le métier de formateur par exemple.

Alexandre, notre animateur reprend à son compte la notion de « compétence transversale » : en effet, à la fois dans le cas de Murielle, ou celui d’Angelo, on peut réussir des mutations professionnelles,  en identifiant ces compétences,  et en complétant cette approche par une  analyse du marché et des établissements où de tels débouchés sont possibles dans notre région. (Et pour cela, nous avons deux spécialistes  Xavier et Danièle) : le premier nous alimente de toutes les études et analyses pertinentes de l’INSEE, et Danièle connaît toutes les finesses des codes ROME, et autres appellations métier plus ou moins labellisées qui conduisent à la pensée unique. Alors que nous savons tous quel potentiel chacun peut montrer au-delà de « son parchemin ».

Enfin, nous accueillons Julien, dont l’ancien métier était le marketing digital, dans le domaine du tourisme [ ~Le Guide.com). Julien nous est adressé par Christine en direct, et il nous apprend qu’il vient de rentrer de Nouvelle-Zélande.  Lors d’un groupe de travail de 2017, les marketeurs de l’association et les oenotouristes avaient produit un document d’orientation pour nos élus à l’occasion de l’inscription des terroirs de Bourgogne au patrimoine mondial de l’UNESCO. La plupart de ces idées ont été reprises depuis par le département. (Et tous nos adhérents de l’époque ont retrouvé du travail).

Voilà un bon début ! En imaginant que le rendez-vous avec Pôle Emploi Valmy ne soit que reporté de quelques semaines, quelques renforts supplémentaires pourraient venir s’adjoindre : d’ici le 19 Novembre, nous devrons décider si la prochaine plénière aura lieu par visio ou en salle.

III. Un mot de nos autres adhérents.

Maud nous a rejoints par visio, pour nous annoncer de bonnes nouvelles : tout d’abord, son projet d’évolution vers un métier artistique s’est précisé : avec l’aide du Cibc elle entame les entretiens de sellier maroquinier, et que par ailleurs, suite à son intervention à la Clinique des Rosiers, elle pourrait bénéficier d’une rupture contractuelle, pour incapacité à exercer son ancien métier d’infirmière. Les choses semblent se décanter, et nous en sommes tous ravis !

Quant à Jérôme, il nous a tous épatés lors de sa première conférence publique. Comme il le dit lui-même, il éprouve satisfaction et estime de soi, en animant cette conférence climat, dont le deuxième N° est prévu pour le 10 Novembre.  Pour l’instant, il reste quelques places, mais le contexte est assez changeant. Ce qui est d’ores et déjà, certain, c’est que cette activité conforte Jérôme dans ce qu’il aime faire, même si le contexte fait que cela n’a pas encore débouché.

Danièle poursuit de son côté sa mission de Manager de Transition en EHPAD, mission qui devrait s’achever dans les prochaines semaines. Pour le moment, elle n’envisage pas de répondre à de nouvelles sollicitations, et se laisse a minima le temps de souffler.

La Trésorière en plein travail.

De la même façon, Jean-Louis nous fait part de son souhait d’arrêter son activité de gestionnaire d’immeubles et d’actifs immobiliers : cela fait en effet 10 ans qu’il s’est engagé dans cette voie, une certaine saturation, qui fait suite à quelques ennuis de santé, commence à se faire sentir.

IV.Comment BCN doit-elle communiquer ?

A nouveau, nous nous appuyons sur le témoignage d’Alexandre : il nous parle des associations lyonnaises qui se donnaient comme objectif de faciliter l’insertion des chercheurs, soit jeunes diplômés, soit de cadres ayant déjà exercé, et donc cotisé AGIRC-ARRCO. Au-delà de la recherche sur Internet, notre idée (suggérée par Danièle) serait de tisser des liens avec celle(s) dont nous nous sentirions le plus en phase, et au besoin d’établir des liens d’approfondissement, comme nous l’avions fait en décembre 2016 avec Cesson.

Comment développer les animations BCN en Maison de Quartier, en Missions Locales de l’Emploi ? L’exemple de Beaune montre que le travail en profondeur finit par payer, c’est aussi une question de persévérance : nous étions invités le 3 Novembre à Valmy, chez Pôle-Emploi. Si celui-ci devait être (à nouveau) reporté, il faudra de nouveau se montrer vigilant pour en obtenir une nouvelle édition lors du déconfinement ! Même remarque pour notre entretien avec Mme Charret-Godard, le 8/11.

En conclusion : c’était un souhait exprimé par Nathalie, associer davantage les adhérents lors des décisions qui mobilisent les énergies de l’Association. Voilà pourquoi ces quelques lignes pour finir 2020 :

  • Lancer sans tarder notre session « kit pédagogique » AEC, afin de ne pas perdre une minute, dans un contexte pas aisé. Ce cycle pourrait être mené en 6 à 8 semaines.
  • Mettre à disposition de tous des entretiens individuels en mode « pitch » ou « recrutement inversé » pour raconter une autre histoire lors des entretiens. N’hésitez pas à vous manifester si vous êtes volontaires !
  • Programme 2021 et constitution d’une équipe de gestion : le 19 Novembre à 18 heures phase préalable à l’Assemblée Générale du 15 Décembre. On part sur une base de 6 élus, 3 titulaires, trois suppléants, puisque les chercheurs ont vocation « à se consacrer à leur job »  dès qu’ils en ont trouvé. On attend simplement d’eux qu’ils parlent en bien de l’Association « chère à mon cœur » !
L’Ours.