Optimisme·Pour un meilleur emploi·Recrutement & RH

Vous avez dit « profil atypique »?

Bonjour les amis, je profite de cet article pour tenter de répondre à une question :

Revendiquer son « profil atypique » nuit-il à votre recherche d’emploi?

Malgré tout ce que l’on voit paraître dans les médias, vous appuyer d’un parcours non linéaire n’est pas toujours une bonne stratégie face à des recruteurs qui souhaitent être rassurés.

En effet, le terme « atypique » plaît de plus en plus aux candidats pour se décrire en entretien d’embauche. Dans l’absolu, ce n’est pas un problème car avoir une trajectoire particulière correspond à une réalité pour beaucoup, et il ne faut pas réellement vous en cacher. Néanmoins, il ne faut pas s’en contenter comme d’une qualité à ne pas justifier.

A l’heure actuelle, tous le monde peut comprendre si l’on explique, qu’il peut ne pas y avoir de cohérence entre notre formation et nos expériences professionnelles, ou la décision d’une reconversion dans un domaine complètement différent. Simplement, vous devez savoir parler de votre histoire sans vous sentir coupable de vos choix.

Votre objectif sera de ne pas « perdre » le recruteur dans des explications farfelues, mais plutôt expliquer « sans gêne » les raisons qui ont motivé cette transition. Car toutes les explications sont recevables.

A vrai dire, quand même préparer les éventuelles objections du recruteurs qui sont tout à fait légitimes. Comme exemple, un changement de cap après un échec montre votre résilience et votre volonté. Une (ou des) expérience(s) à l’étranger (ou un long voyage) peut présenter une volonté passée de découvrir le monde et d’autres cultures, sans oublier votre travail des langues étrangères.

Transformez ce que vous pensez être un handicap en une qualité ou un point fort. Un parcours atypique peut se vendre comme le développement d’une adaptabilité (plutôt qu’une instabilité), et il démontre votre polyvalence ainsi que votre flexibilité.

Moralité, il faut assumer votre parcours et en parler librement en essayant de devancer les possibles interrogations.

Aussi, privilégiez les PME aux grands groupes qui préfèrent les parcours linéaires sans failles, en mettant en avant votre personnalité et votre autonomie.

Enfin, ne jamais avoir honte de son parcours qui correspond à ses choix de vie et ses passions.

 

Je suis un candidat atypique, est-ce une chance? (Alphea Conseil – 2019)

Se définir « atypique » nuit-il à votre emploi? (cadremploi.fr)

Pourquoi les entreprises peinent à les recruter? (Forbes – 2019)

Comment trouver un emploi avec un profil atypique? (Quimper emploi – 2017)

 

Economie·Pour un meilleur emploi

INSEE Analyses N° 67

 

INSEE_6784 100 jeunes chômeurs ou inactifs en Bourgogne-Franche-Comté : pas ou peu diplômés, souvent au domicile familial 

En Bourgogne-Franche-Comté,84 100 jeunes, soit 20 % de 16 à 29 ans, sont en situation de chômage ou  d’inactivité. Ils sont en grande majorité pas ou peu diplômés. Certains jeunes chômeurs cumulent des  difficultés rendant leur parcours vers l’emploi plus difficile : 2 200 sont en recherche d’emploi depuis plus d’un an, sans expérience professionnelle, ni diplôme. Même si le diplôme augmente les chances d’obtenir rapidement un travail, il ne protège toutefois pas complètement du non-emploi. Les jeunes chômeurs ou inactifs habitent plus souvent chez leurs parents que ceux ayant un emploi. Lorsqu’ils vivent en couple, leur conjoint est une fois sur trois sans emploi. Dans l’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort, la part de jeunes au chômage ou en inactivité est la plus forte. Ce sont aussi les départements de la région dont les contextes socio-économiques sont les plus dégradés. 

Frédéric Biancucci, Régine Bordet-Gaudin (Insee) 

En Bourgogne-Franche-Comté, parmi les jeunes âgés de 16 à 29 ans, 84 140 sont au chômage ou en inactivité en 2016. Ainsi 20 % des jeunes de cette tranche d’âge ne travaillent pas sans pour autant poursuivre des études (figure 1). Cette proportion est cependant parmi les plus faibles de métropole. La région se classe au 5e rang derrière la Bretagne, les Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-France. Ce sont des régions où le marché du travail est globalement moins dégradé : dans ces cinq territoires, le taux de chômage, en particulier celui des 15-24 ans, est inférieur à la moyenne de France métropolitaine (Définitions). Sans qualification, trouver un premier travail et accéder durablement à l’emploi est beaucoup plus compliqué pour les jeunes sortis précocement du système éducatif. Ceux-ci constituent un des publics prioritaires du Pacte régional d’investissement dans les compétences (Pric) (Encadré). Leurs difficultés d’insertion ont une incidence sur leurs conditions de vie à une période où ils cherchent leur autonomie. Elles peuvent remettre en cause leur départ du foyer parental, leur mise en couple, l’arrivée d’un premier enfant. 

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I. Une grande majorité de jeunes éloignés de l’emploi pas ou peu diplômés 

Peu de jeunes de 16 à 20 ans sont au chômage ou en inactivité, la plupart étant encore en études (figure 2). Dans la région, la moitié des jeunes chômeurs ou inactifs a entre 20 et 25 ans, population qui peut bénéficier d’un accompagnement global vers l’insertion professionnelle et sociale de la part des Missions Locales (Encadré). Un tiers a au moins 26 ans, âges ciblés par la mise en place de projets professionnels.

Les jeunes chômeurs ou inactifs sont, en grande majorité, pas ou peu diplômés : plus d’un tiers d’entre eux n’ont aucun diplôme et un quart dispose d’un CAP/BEP. Dans la région, comme en France, débuter dans la vie active est plus difficile pour les jeunes faiblement diplômés. En 2018, sept mois après la fin d’un cursus de formation professionnelle, à peine 68 % des diplômés d’un CAP en Bourgogne-Franche-Comté ont un emploi. Ce taux d’emploi atteint 86 % pour les titulaires d’un Deug, BTS, DUT ou DEUST et 89 % pour ceux encore plus diplômés. Ainsi, la possession d’un diplôme augmente les chances d’accéder rapidement et à l’emploi. Cependant, elle ne préserve pas complètement du chômage ou de l’inactivité : 16 % des jeunes au chômage ou en inactivité sont titulaires d’un diplôme d’études supérieures. 

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II. Jeunes en chômage : les trois quarts ont déjà travaillé

La grande majorité des jeunes sans emploi et ne poursuivant pas d’études sont en situation de chômage (70 %). Ils ont, alors pour la plupart, déjà travaillé et sont moins soumis au chômage de longue durée : 31 % sont au chômage depuis plus d’un an contre 44 % pour l’ensemble des chômeurs de la région. Néanmoins, certains jeunes sont au chômage de longue durée dès leur entrée dans la vie active : un quart n’ont aucune expérience professionnelle. 

Dans la région, un peu plus de 10 % des ont un niveau de diplôme plus élevé que les jeunes au chômage pourraient rencontrer des difficultés accrues dans leur recherche d’emploi. Ils sont à la fois non-diplômés et  recherchent un emploi depuis plus d’un an. Cette situation de forte vulnérabilité sur le marché du travail pourrait être accentuée pour 4 % des chômeurs (2 190) qui cumulent ces deux difficultés et l’absence d’expérience professionnelle. 

III. Les jeunes femmes plus souvent sans emploi, davantage au foyer.

Les jeunes éloignés de l’emploi sont en majorité des femmes. Celles-ci sont en effet plus fréquemment touchées par le chômage ou l’inactivité que les hommes ; 21 % des femmes de 16 à 29 ans de la région contre 18 % des hommes. Les femmes concernées ont un niveau de diplôme plus élevé que les hommes et elles sont en moyenne plus âgées. À partir de 26 ans, elles sont plus souvent en situation d’inactivité, fréquemment femmes ou mères au foyer.

IV. Les hommes plus souvent chez les parents, les femmes davantage en couple 

Compte tenu notamment de leurs difficultés financières et de logement liées à leur situation de non-emploi, les jeunes chômeurs ou inactifs ont moins souvent leur indépendance résidentielle que les actifs en emploi de leur âge (figure 3).

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 Ils habitent plus fréquemment avec leur mère et/ou leur père : 42 % contre 27 % chez les jeunes qui travaillent. À partir de 26 ans, ils sont encore plus de 20 % à cohabiter avec au moins un parent, alors que leurs homologues ayant un emploi ne sont que 10 % dans cette situation. Si certains d’entre eux ne sont jamais partis vivre ailleurs, d’autres sont revenus habiter au foyer parental par nécessité, n’ayant plus les moyens de conserver leur propre logement. En France, en 2014, 14 % des jeunes chômeurs ou inactifs vivent chez leurs parents après être partis une première fois. 

Ces retours se produisent notamment à la fin de leurs études, à leur entrée sur le marché du travail ou suite à un accident de la vie (perte d’emploi, rupture amoureuse…). Un tiers des jeunes chômeurs et inactifs vivent en couple, le plus souvent avec au moins un enfant. Les hommes n’ont pas le même mode de vie que les femmes. Entre 20 et 25 ans, les jeunes hommes au chômage ou inactifs de la région habitent en grande majorité avec au moins un de leurs parents. Les jeunes femmes, en revanche, sont beaucoup plus fréquemment en couple. Cet écart persiste avec l’âge même s’il s’atténue. Entre 26 et 29 ans, un tiers des hommes cohabitent encore avec au moins un parent. Les femmes, pour la plupart, partagent leur vie avec leur conjoint et 13 % sont à la tête d’une famille monoparentale. Les mères seules ont le plus souvent un enfant à charge. Dans trois cas sur dix, elles élèvent deux enfants. .

V. Le niveau social de l’entourage pourrait limiter le soutien à ces jeunes 

Au total, trois quarts des jeunes chômeurs ou inactifs habitent avec leur conjoint ou avec au moins un de leur parent. Cela favorise l’aide financière, matérielle ou morale dont ils peuvent avoir besoin au quotidien. Ce soutien peut être cependant plus ou moins important compte tenu notamment de la situation sociale et professionnelle des personnes qui les entourent. Le soutien familial peut être en particulier limité lorsque les parents sont confrontés, eux aussi, à des difficultés professionnelles et sociales. Ainsi, parmi les jeunes chômeurs ou inactifs vivant avec leur père et leur mère, près de 20 % ont leurs deux parents qui ne travaillent pas (figure 4) ; le plus souvent, l’un est à la retraite, l’autre est au foyer. Néanmoins, la moitié des jeunes ont une situation a priori beaucoup plus favorable : leurs deux parents ont une activité professionnelle. Ils sont souvent ouvriers ou employés. Dans seulement un cas sur dix, leurs deux parents ont même un niveau social plus élevé : ils sont cadres ou exercent une profession intermédiaire. 

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VI. Vie en couple : dans un cas sur trois, le conjoint est aussi sans emploi 

Les possibilités d’aide peuvent être réduites également pour les jeunes chômeurs ou inactifs vivant en couple : lorsque le conjoint, aussi, n’a pas d’emploi, ce qui est le cas pour un tiers d’entre eux. Celui-ci est alors très souvent au chômage. Toutefois, dans la majorité des foyers, le conjoint a un emploi à durée indéterminée. Les jeunes femmes éloignées de l’emploi ont, dans les trois quarts des cas, un conjoint qui travaille, souvent comme ouvrier. Cela est moins vrai pour les jeunes hommes non insérés : leur compagne a un emploi dans seulement un cas sur deux. Elle exerce alors davantage une profession intermédiaire ou de cadre. 

VII. Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs ne résident pas avec un conjoint ou un parent

Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs vivent dans d’autres conditions : 5 % sont à la tête d’une famille monoparentale, 10 % habitent seul et autant sont en colocation ou hébergés dans une communauté (établissement médico-social, foyer étudiants…). Cela ne signifie pas qu’ils soient isolés socialement et qu’ils ne bénéficient pas du soutien de leur famille. En France métropolitaine, les jeunes au chômage ou inactifs qui ont quitté le domicile parental reçoivent plus fréquemment une aide de leurs parents, de leur famille ou de leurs amis que ceux ayant un emploi ; il peut s’agir d’une aide financière, matérielle (repas, lessives, garde d’enfants…) ou d’un soutien moral. Entre 18 et 24 ans, ils sont 11 % à bénéficier d’une aide financière qui participe par exemple au paiement du loyer ou des courses, contre 6 % parmi ceux ayant un emploi. Entre 25 et 29 ans, ils sont encore 9 % à disposer de cet appui (source Enquête Logement 2013). 

L’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort : des jeunes plus souvent en situation de chômage ou d’inactivité 

Près de 60 % des jeunes au chômage ou en inactivité, soit 47 900, résident dans un des trois départements les plus peuplés de la région : dans le Doubs, en Côte-d’Or ou en Saône-et-Loire (figure 5). Toutefois dans les deux premiers, leur part parmi l’ensemble des jeunes est relativement faible puisqu’ils accueillent de nombreux étudiants notamment à l’université de Besançon et de Dijon. Dans le Grand Besançon Métropole et Dijon Métropole, les jeunes chômeurs sont davantage titulaires d’un diplôme d’études supérieures. Un certain nombre d’entre eux, fraîchement diplômés, ont terminé leurs études dans ces territoires et sont en quête d’un premier emploi. D’autres sont venus s’y installer, attirés par les opportunités d’emplois qu’offrent ces grands pôles d’activité.

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Dans l’Yonne, la proportion de chômeurs et d’inactifs parmi les 16-29 ans est la plus forte. Elle atteint 30 % dans l’agglomération migennoise. Elle est également élevée dans celles de Joigny, Sens, Tonnerre (figure 6). La moyenne d’âge de ces jeunes est faible, 20 % n’ayant pas plus de 19 ans et ils sont davantage non diplômés que dans les autres départements. La part de jeunes chômeurs ou inactifs est également importante dans la Nièvre. Ce département est marqué par les difficultés économiques et l’ensemble des actifs est plus fortement touché par le chômage. La proportion de jeunes éloignés de l’emploi est importante dans les intercommunalités du Tannay-Brinon-Corbigny et du Haut-Nivernais, espaces peu denses où les jeunes sont, de plus, distants des structures de formation, de santé et des espaces culturels. Elle est également élevée dans le sud nivernais notamment à Decize. Dans le Territoire de Belfort, département plus industrialisé et très touché par la crise économique, les jeunes sont également fréquemment en situation de non-emploi. Ceux-ci, tout comme ceux travaillant, sont davantage diplômés du supérieur qu’en moyenne dans la région. En revanche le Jura se distingue par une proportion de jeunes au chômage ou inactifs inférieure à la moyenne régionale. C’est le département où les jeunes sont le plus souvent en emploi et où le taux de chômage des 15-24 ans est le plus bas de la Bourgogne- Franche-Comté.

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Définitions

 Les jeunes au chômage ou en inactivité sont comptabilisés à partir du recensement de la population. Dans cette étude, ce sont des personnes qui ont déclaré, lors de l’enquête de recensement, être au chômage, femme ou homme au foyer ou être dans une autre situation d’inactivité notamment d’incapacité de travailler pour raison de santé ou de handicap. Les jeunes s’étant déclarés en études (élève, étudiant) ou en stage non rémunérés ne sont pas considérés, dans l’étude, comme des inactifs. 

 Le taux de chômage est celui défini au sens du Bureau international du travail (BIT) : c’est le nombre de chômeurs rapporté à l’ensemble de la population active (somme de la population en emploi et au chômage). 

Pour en savoir plus 

  • « Insertion dans la vie active des lycéens et des apprentis – Bourgogne-Franche- Comté – Enquêtes 2018 », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, octobre 2019. 
  • Bordet-Gaudin R., Lèbre P-S., « Un quart des jeunes vivent dans des territoires distants des services favorisant leur insertion sociale et professionnelle », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 27, février 2018. 
  • « La jeunesse en Bourgogne-Franche-Comté » : sélection d’indicateurs », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, décembre 2019. 
  • Pouliquen E., « Depuis 2000, la part des 18-29 ans habitant chez leurs parents augmente à nouveau », Insee Première n° 1686, janvier 2018. 

Source : INSEE Bourgogne Franche-Comté.

 

Economie·Evènements·Pour un meilleur emploi·Société

ESS : est-elle soluble dans le capitalisme d’intérêt général ?

Ouf ! Vous pouvez répéter la question ? La Table ronde de ce vendredi 29 Novembre était l’un des jalons de ce mois consacré à l’Économie Sociale et Solidaire. Pour introduire les débats, quelques sous-questions étaient proposées en hors d’oeuvre :

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Être client d’une entreprise du CAC 40 ou sociétaire d’une entreprise d’une mutuelle de l’ESS, est-ce la même chose ? L’essor de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, l’entrée de représentants des salariés dans les conseils d’administration des grandes entreprises ou le nouveau statut des entreprises à mission introduit par la Loi Pacte semblent banaliser l’ESS. Et pourtant , les principes qui la fondent et les valeurs qu’elle défend, quand elle est exemplaire, l’opposent radicalement aux grandes sociétés de capitaux. Cela suffit-il à transformer l’ensemble de l’économie ?

I. COMMENT DÉFINIR CES CONCEPTS ?

En commençant par opposer : coté Entreprises :

– la financiarisation à outrance de l’entreprise,

– la consommation « non soutenable » des ressources naturelles.

Côté ESS :

– la consommation de biens/services collectifs  individuels.

– la démocratie de toute gouvernance.

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Jérôme SADDIER, président de la Chambre française de l’ESS, s’efforce le premier de « jouer avec les mots » du débat inversé  : Capital d’Intérêt Général et Économie Sociale et Solidaire sont tout autant des oxymores que des pléonasmes.  Les deux dépendent de la légitimité, seule à définir l’intérêt général, qui appartient au seul régulateur. Une fois celle-ci définie, c’est la sincérité des engagements qui clarifie la place de chacun.

Il y a en effet des entreprises qui depuis fort longtemps ont mobilisé des capitaux à des fins paternalistes, ou philanthropiques, et surtout oeuvré pour le bien commun en mobilisant les ressources capitalistiques que nécessitaient par exemple les grands réseaux. C’est un clin d’oeil à Jean-Marc Borello (Photo) : « Pour un capitalisme d’intérêt général », qui démontre qu’une entreprise porte en elle la capacité de résoudre les maux de notre société, tout en étant parfaitement performante économiquement. De même aujourd’hui, la RSE (responsabilité sociale et environnementale) est assumée par des entreprises clairement capitalistes.

Quant à l’ESS, a-t-elle les moyens financiers de ses ambitions ? Le financement des l’utilité sociale, de la cohésion sociale, était d’abord l’affaire du nombre des adhérents : les 16 millions de bénévoles ont permis de financer le bien-vivre. L’utilité sociale passait avant l’intérêt général.

La loi de Juillet 2014 a donné un statut à l’ESS fondé sur les critères d’utilité sociale, de  démocratie de la prise de décision, et du caractère non lucratif.  De nouveaux éléments sont apparus avec la Loi Pacte sur les entreprises à Mission. Une définition de l’agrément ESUS Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale est un pas qui permet d’être ouvert à l’égard des entreprises  qui veulent avancer.

Guy Babolat, vice-président de la CGScop : Ce qui est interrogé, c’est l’État libéral. Quelles régulations veut-il -doit-il-  mettre en place ? Quel équilibre entre travail et capital ? Pour la Fonction Publique : quelle place accordée aux usagers ? Répartition des résultats : comment trouver une clé de répartition qui a du sens ?

Dominique Mahé, président de la MAIF défend la stratégie de l’assureur militant, créée il y a  90 ans par des « hussards noirs de la république » en Vendée le 17 Mai 1934. Plutôt que de subir la loi des compagnies d’assurance, ces instituteurs ont décidé de s’assurer eux-mêmes.

Qui peut agir pour le « mieux commun » ? En respectant le sens de l’éthique, tout en délivrant de la performance ? La Loi PACTE crée les sociétés à mission, dont elle définit l’objet social. Celles-ci pourront prendre publiquement des engagements connus et opposables.

L’Économie collaborative, les startups, les SAS, les SCOPs : quel sens veulent-elles donner à leur mission ? Les choses sont claires lorsque l’on parle de missions régaliennes : éducation, santé, assurance.

Les entreprises industrielles peuvent aussi exercer une mission d’utilité sociale (exemple : fabriquer des radiateurs), tout en proposant une distribution de revenus inégalitaire.

Nadine Richez-Battesti, universitaire conclut à une situation paradoxale, directement issue de la crise actionnariale de 2008, et de la recherche de sens qui en a résulté.

1°) L’État-providence a failli dans sa définition de l’Intérêt Général : cela a entraîné des  inégalités accrues dans la répartition des droits des actionnaires. Dès 1974, des  entreprises comme Danone avaient réfléchi à des modes avancés de distribution d’actions.

2°) L’État, les Entreprises et qui ?

Quid du bénévolat ?

Le capitalisme produit de l’exclusion.

Faut-il une régulation produite ou déléguée ?

La mise en concurrence génère des coûts cachés : à l’évidence, dans les EHPAD. D’autre part, comment s’assurer qu’elle ne détourne pas des objectifs initiaux, si la régulation est négociation, voire déléguée ?

L’État doit encourager une société qui produise de la solidarité, qui prenne conscience d’une communauté de destins.

3°) L’ESS : tout le monde n’a pas envie de transformer la société !

Elle est là pour produire des biens communs, et pas à réparer du social. Pour cela, son action doit être guidée par les gains en termes de qualité de vie.

Jonathan Jeremiasz : co-fondateur de l’agence Voix Publique et de Handiamol. Il observe que la question de l’indépendance capitalistique est toujours prégnante au sein de l’ESS, que l’essentiel de son histoire est ancré dans la résistance au capitalisme. Il s’interroge sur l’émergence d’un nouveau modèle de collectif (les ZAD) et sur la kleptocratie de la Fonction Publique. (Une kleptocratie est un terme péjoratif désignant un système politique où une ou des personnes à la tête d’un pays pratiquent à une très grande échelle la corruption.).

Généralement, ces personnes pratiquent le blanchiment d’argent, de manière à dissimuler l’origine de leur richesse.

II. QUELLE SOCIÉTÉ VOULONS-NOUS ?

Dominique Mahé, défend l’alignement entre le client, le sociétaire et le coopérateur au sein de la MAIF. 700 militants entretiennent au jour le jour la flamme mutualistes des conseillers.

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C’est très différent de sociétés qui habillent leur quotidien de « green-washing » soit en créant des fondations à caractère philanthropique, soit en préconisant l’éducation à de nouveaux modes de consommation.

 

Guy Babolat, évoque la création de la SCOP Alternatives Économiques. La revue a d’abord progressé grâce au militantisme de ses rédacteurs, avant qu’ils ne deviennent ses coopérateurs.

Quelques références d’auteurs : André Glücksman qui s’interrogeait sur la nature de l’État et ses modes de régulation. L’exemple de la Taxe Carbone votée quasiment à l’unanimité a été balayée par 200.000 bonnets rouges.

Amazon a été « défendu » par les CRS à l’occasion du Black Friday ; mais Amazon a de plus en plus de clients…

Pierre Rosanvallon avait coutume de dire que la démocratie est un processus toujours en devenir.

Enfin que penser de l’appel à l’Épargne Solidaire, qui permet d’orienter les capitaux vers des objectifs d’intérêt général ? Il reste des progrès à faire, mais si « Statut ne fait pas Vertu », absence de statut non plus !

Jonathan Jeremiasz : La Loi de 2014 a permis de développer la démocratie dans les SCOPs, de répartir les revenus au vu des résultats, de créer une activité, de développer des solidarités (mais pas forcément quand l’activité est encore naissante, et qu’il serait hasardeux de soumettre les premières décisions au vote).

Pour ce qui est de la MAIF, la possibilité de devenir une entreprise « à mission », ne modifie pas son objet mais constitue une vraie opportunité de communiquer.

Sur la réinsertion des entreprises-voyous, son opinion est de toujours tendre la main, même aux plus voyous ! Et ainsi de ne se priver d’aucune ressource y compris publique, (ce que l’on nommait autrefois les fonds de concours). Attention toutefois aux dérives fiscales, notamment sur l’ISF. Et enfin, pas d’objection de principe sur l’existence des Z.A.D. tant qu’elles demeurent non-violentes.

Nadine Richez-Battesti : elle renvoie aux auteurs Desroches et Castoriadis qui avaient mis en évidence le concept de « marches instituantes ». Et regrette l’attaque contre l’ESS portée par le MEDEF, « injustement aidée » : en cherchant à obtenir la transformation des plafonds de mécénat, l’impact sur les entreprises de l’ESS risque d’être non-négligeable.

Jérôme SADDIER : 

Il ne faut pas fantasmer l’ESS : ce sont d’abord des considérations pratiques qui ont prévalu, plus qu’idéologiques. Nous vivons dans une période d’injonctions paradoxales : l’État renonce à produire, et éprouve même de plus en plus de difficultés à réguler.

Il existe 3 versions des coopératives :

-une notion juridique (définie par la Loi du 31.07.2014).

-une notion technique, la coopération faisant appel à des capitaux fermés.

-une notion idéologique (opposition sur l’origine du capital) : la question de la propriété est alors fondamentale.

Au nom de quoi, agissons-nous ?

Les critères sont désormais définis : dérives, pas de leçons à recevoir, ni à donner sur la vertu. Sur l’organisation : les structures, le fonctionnement, la répartition des résultats. Enfin, sur la communication : performance, transparence.

Conclusion : Non, l’ESS n’est pas soluble dans le Capitalisme d’Intérêt Général. En revanche, l’inverse est peut-être vrai…

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L’Emploi autrement.

Événement Coopératif du 21 novembre 2019 à Besançon.

Accueil et Introduction : François COLAS, président comité régional BFC du Crédit Coopératif

Présentation de la problématique et Animation : Philippe FREMEAUX, éditorialiste à Alternatives Économiques

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Il ne faut pas exagérer les « grandes » transformations actuelles du marché de l’emploi. Des mutations importantes ont toujours existé comme dans les années 50 60 où le nombre d’agriculteurs s’est réduit très rapidement. Le fait marquant de notre époque est la persistance d’un chômage de masse, l’élévation générale des qualifications avec de moins en moins de jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification, mais en même temps de moins en moins d’issues possibles pour ceux qui n’ont pas de qualification. D’où un chômage d’insertion pour les non qualifiés.

Il en résulte une dualité croissante entre des personnes en emploi stable et sécure et des personnes en situation de précarité. Cela s’accompagne du retour du travail indépendant, à rebours de l’évolution antérieure. Aujourd’hui l’exercice autonome et individuel du travail encourage l’externalisation et le développement du statut d’indépendant, micro entrepreneur, et in fine une « ubérisation » du travail.

Dans le même temps, l’aspiration des jeunes à l’autonomie, voire leur nature réfractaire au management, les conduit à l’insatisfaction en situation de travail classique : ils rêvent de meilleures conditions de travail. Ils semblent donc prêts à emboîter le pas de l’externalisation, autonomisation du travail.

Pour autant, dans les grandes lignes, le salariat classique reste ultra dominant avec 90 % des emplois contre 10 % d’emplois sous forme précaire. Si les recrutements en contrats courts sont si nombreux, ils ne représentent néanmoins que 10 % des volumes d’emploi. En effet, pour leur cœur de métier, où un suivi dans la durée est nécessaire, avec une acculturation au métier et à l’entreprise avec des activités transversales, les entreprises ont besoin d’emploi stable. Le recours à l’externe se pratique pour faire intervenir des experts ou si l’entreprise est trop petite. Les cas d’emploi « externes » répondent aussi aux aspirations de liberté et d’autonomie de certains.

Profession Sport – Groupement d’employeur en Franche Comté : Mr TUDESKA

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Si la formation des encadrants sportifs est un point fort de la France, la mise en œuvre des métiers du sport était insuffisamment structurée. Le ministère des sports a donné une impulsion à la professionnalisation des métiers du sport en encourageant l’organisation et la structuration des métiers du sport. Les caractéristiques principales sont l’exercice réglementé de ces métiers (diplômes nécessaires) et la fragmentation du marché du sport, avec des besoins à temps partiels.

Les emplois sont donc inévitablement partagés sur plusieurs structures, et ils ont rapidement évolués vers la forme du groupement d’employeur, forme d’organisation déjà mise en place en agriculture.

Profession Sport a d’abord œuvré dans le secteur non marchand, auprès des Associations et des Collectivités qui deviennent adhérents du groupement d’employeur. L’expérience acquise a ensuite était valorisée auprès des plus petites structures.

La vertu du groupement d’employeur est d’amener les adhérents à bien (et mieux) calibrer leur besoin, en rupture avec les pratiques anciennes inhérentes aux contrats aidés, où les structures optaient pour des emplois à temps plein et se préoccupaient ensuite du reste à charge à trouver pour financer le poste. La fin des emplois jeunes a de ce fait était pour ces structures une opportunité pour se professionnaliser, vers une véritable approche économique de la création d’emploi.

L’intérêt pour les jeunes est de trouver un cadre unique et une stabilisation de leur emploi. Le groupement d’employeur veille également au développement des compétences des salariés par la formation pour accéder à plus de polyvalence dans le respect des réglementations s’agissant d’activités réglementées. Le salarié a ensuite l’assurance de pouvoir valoriser ses compétences sur plusieurs structures.

Après avoir travaillé dans le secteur non marchand, Profession Sport s’est tourné vers le secteur marchand où de petites entreprises ont des besoins du même ordre. L’outil pour cela est « STAFFEMPLOI », groupement d’employeur dans le secteur marchand, toujours dans le domaine des sports. Les entreprises doivent adhérer au groupement d’employeur.

STAFFEMPLOI assure le recrutement, la gestion de l’emploi et facture à l’entreprise. Il y a un seul contrat de travail, un seul interlocuteur. Cette forme d’emploi concerne 10 000 entreprises et 36 000 salariés en France. Pour STAFFEMPLOI c’est 113 salariés et 70 entreprises, avec le même engagement de suivi et de formation des salariés.

Les difficultés de recrutement des entreprises tiennent pour une part à leur posture : elles ne souhaitent pas réellement recruter ou ont des attentes irréalistes. STAFFEMPLOI fait un travail de sourcing, gère des fichiers et mobilise les réseaux ad hoc (Pôle Emploi, Mission Locale) sur des compétences bien identifiées. Pour améliorer l’arrivée du salarié dans l’entreprise, STAFFEMPLOI préconise un parcours d’adaptation à l’emploi sur 6 mois incluant les formations utiles au poste, ce temps d’adaptation est financé par l’OPCA. La pertinence du dispositif est accrue du fait que les formations sont directement et rapidement mises en œuvre dans l’entreprise en situation réelle.

L’atteinte d’un emploi à temps plein permet de fidéliser le salarié à court terme. A moyen terme (18 mois), 90 % des salariés du groupement d’employeur sont embauchés à temps plein par une des entreprises adhérentes. Ce qui est une forme évidente d’aboutissement du processus.

La Canopée – Biocoop : transformation de la SARL en SCOP.

Mr MAILLOTE, responsable de Biocoop La Canopée à Besançon.(A gauche sur la photo).

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La Canopée présente une gouvernance atypique, qui associe les producteurs, les salariés et les consommateurs. Elle est animée d’une vie coopérative forte, avec des allers-retours permanents au service du projet politique de l’entreprise : promouvoir un projet agricole bio et de proximité, et concourir au développement d’une marque nationale « Ensemble ».

Le passage d’une SARL à une SCOP s’origine dans le désir des gérants de transmettre l’entreprise tout en conservant les compétences et la nature du projet : inscrire l’ESS dans le territoire.

D’où l’engagement dans un processus de transformation en SCOP qui a pris 2 ans et demi de discussions et concerne 2 magasins et 26 salariés. Les discussions ont porté sur la charte de la future SCOP, le mandat du mandataire, les modalités de décisions internes.

Le financement de cette transformation s’est fait essentiellement par endettement de la SCOP, avec le soutien de la Banque Populaire, du Crédit Coopératif, et de la NEF, et le fonds régional dédié « Tremplin SCOP ». Les apports des sociétaires respectent une échelle de 1 à 2,5, chaque personne disposant d’une voie indépendamment du montant de son apport.

Parmi les 26 salariés, 13 sont devenus sociétaires, et les réunions ou groupes de travail thématique restent ouvertes aux non sociétaires, qui pourront le devenir ultérieurement, s’ils le souhaitent.

Aujourd’hui l’axe de travail essentiel est d’avancer dans la gouvernance partagée et l’horizontalité. Le gérant devenu mandataire conserve, selon le souhait des sociétaires, des prérogatives en matière de RH et une marge de manœuvre opérationnelle (pour des achats inférieurs à 2000 euros) afin de préserver l’efficacité. Les décisions stratégiques sont prises par l’ensemble des sociétaires.

Le principal critère de réussite aura été de prendre le temps de la discussion. Passer du « je » au « nous » n’est pas évident. Les salariés doivent passer de l’autre côté du miroir, accepter la prise de responsabilité, et l’accompagnement par l’ex gérant est nécessaire, voire déterminant.

Aujourd’hui, le projet de La Canopée Biocoop est axé sur le local, les liens et les garanties au-delà du seul label Bio, et les préoccupations sont la qualité et la pérennité des emplois.

Reportage signé : Jérôme, envoyé spécial de BCN.

 

Pour un meilleur emploi·Revue de Presse

Elle a pris une pause de deux ans dans sa carrière. Maintenant, elle est PDG.

Deanna Mulligan, de Guardian Life Insurance, explique comment le congé sabbatique lui a permis de trouver de nouveaux centres d’intérêt.

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À l’âge de 41 ans, Deanna Mulligan s’est retirée au sommet de sa carrière. À présent chef de la direction de Guardian Life Insurance, Mme Mulligan réfléchit à cette démarche et à ce qu’elle lui a appris, notamment: «La vie n’est pas une ligne droite.» Ce qui suit est une version révisée de ses réflexions, telles que racontées au journaliste Chip Cutter, du Wall Street Journal .

Un jour, mon patron m’a vu attendre devant sa porte à 7 heures du matin. Il a dit: « Oh non, qu’est-ce qui ne va pas? »

J’ai dit: « Eh bien, je dois vous parler. » J’avais une énorme boule dans la gorge. Je suis entrée, je me suis assise et j’ai eu la conversation: je voulais prendre du temps.

J’avais 41 ans. C’est censé être le point d’orgue de votre carrière. À l’époque, prendre une pause était considéré comme une chose très étrange. Les gens m’ont dit : «Vous ne pouvez pas prendre de congé. Vous ne retrouverez jamais de carrière. « 

Quelques choses dans ma vie m’ont amené à croire que c’était important. J’ai eu un parent qui, malheureusement, est décédé assez tôt. Lors de ses funérailles, il était clair qu’elle avait eu un impact considérable sur de nombreuses personnes en tant qu’enseignante en maternelle et directrice d’une école maternelle. Je pensais à ma vie à l’époque : sur combien de personnes est-ce que j’ai eu un impact ? Ma vie allait-elle avoir un impact aussi grand que le sien?

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Cela s’est passé après le 11 septembre. Vous avez lu beaucoup de gens qui disaient: «Après le 11 septembre, je pensais différemment à ma vie, à mes objectifs de carrière et à ce que je voulais faire.» Je connaissais des personnes dans le bâtiment qui se sont échappées et, malheureusement, quelques victimes. C’était difficile d’être à New York vers le 11 septembre et de ne pas en être affecté d’une manière ou d’une autre. Je me souviens avoir pensé : « Si je ne devais pas être ici demain, quel impact ou quel souvenir laisserais-je « ?

S’éloigner.

Même si j’avais travaillé très dur jusqu’à présent, j’étais très heureuse de ma carrière. J’ai eu la grande expérience d’être un consultant McKinsey pendant près de neuf ans. J’ai travaillé chez AXA, une grande compagnie d’assurance.

J’ai essayé de ne pas me laisser cantonner à cette personne. Et je suis allée voir quelques personnes qui avaient déjà pris des pauses. Fait intéressant, personne qui l’avait fait n’a dit : «Oh, ne le fais pas. Oh, c’est une mauvaise idée». Tous ceux qui l’avaient fait ont déclaré :« Ce fut l’une des meilleures choses que j’ai jamais faites». Et personne à qui j’ai parlé n’a pensé que cela aurait eu un impact négatif sur leur carrière.

Je voulais m’arrêter six mois. Mais un de mes amis a déclaré : «Vous pensez que vous allez prendre six mois de congé, mais cela ne suffit pas. Vous devez prendre au moins deux ans ». Et je me souviens à l’époque, en me disant : « Deux ans « ? Je ne pourrais jamais prendre deux ans.

Rétrospectivement, deux ans était la bonne période. La première année, j’ai passé la décompression et passé du temps à des activités que j’avais négligées, comme l’exercice. Bien sûr, passer beaucoup de temps avec ma famille, mes amis. Et, je dois dire, de temps avec moi-même. Il est temps d’être vraiment seul et de penser à ce que j’avais appris et à ce que cela signifiait pour mon avenir.

C’était une grosse réinitialisation.

La deuxième année, j’ai pu me concentrer sur ce que j’aimerais peut-être faire ensuite. J’ai lancé mon filet assez large. J’aime l’équitation, j’ai donc regardé quelque chose dans le domaine équestre. Puis j’ai discuté avec l’une des grandes maisons d’art que j’avais connues professionnellement, d’un travail dans ce domaine parce que je suis passionnée d’art.

Ma carrière initiale était dans le secteur de l’assurance et j’ai finalement décidé de m’y réinvestir vraiment. Je trouve ce secteur très significatif – il affecte la vie des gens de manière majeure. Nous sommes au service des personnes dans leurs pires moments. Nous fournissons de l’aide quand une personne décède, quand une personne est handicapée, quand quelqu’un est malade.

J’avais toujours voulu créer ma propre entreprise et j’ai donc créé une petite société de conseil. De là, je suis allée travailler pour Guardian, un de mes clients. J’y suis entrée comme salariée en juillet 2008. D’un poste de vice-président directeur des affaires de la vie et de l’invalidité individuelle, je suis devenu président et chef de l’exploitation. En juillet 2011, je suis devenue PDG.

But et signification.

J’ai travaillé très dur avant de prendre mon congé sabbatique, mais j’ai travaillé aussi très dur après. J’ai toujours aimé mon travail et j’étais très engagée, alors je ne pense pas avoir abordé le travail différemment.

Je ne suis pas sortie de mon temps libre en disant : «Je veux être PDG». Je suis sortie en disant : «Je veux faire une différence et contribuer de telle manière que je sois la seule  à le pouvoir. Que puis-je faire qui soit significatif?

Diriger avec des valeurs était quelque chose qui me distinguait. Je trouve un but et une signification dans mon travail chaque jour. Une fois que vous avez trouvé ce qui vous distingue vraiment, vous ne le perdrez plus vraiment. J’ai un point de vue différent de celui de nombreuses personnes aujourd’hui dans la société. C’est bien d’explorer et de prendre le temps de réfléchir à ses passions.

Au fil des ans, de nombreux conseils ont été donnés aux femmes – et aux hommes aussi – de trouver rapidement le chemin, d’aller à la bonne école, de prendre toutes les bonnes mesures. Des pressions sont exercées pour obtenir le premier emploi qui convient et pour atteindre cet objectif ultime.

Ce que j’ai appris, c’est que la vie n’est pas une ligne droite.

Donc, si vos enfants, votre conjoint, vos amis empruntent toujours un chemin sinueux et qu’ils découvrent ce qui est important pour eux et essaient de le vivre, je pense que  tout ce que vous avez à faire, c’est les laisser faire. Ils arriveront finalement au bon endroit.

Témoignage recueilli par Chip Cutter, du Wall Street Journal. 5 Octobre 2019.