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Septembre à BCN.

Le 26 Août dernier, les membres du Bureau de BCN avaient rendez-vous pour mettre au point nos actions du dernier quadrimestre : en effet, la rentrée scolaire s’accompagne chaque année des formalités administratives, mais surtout, elle est pour l’association BCN, comme pour les nouveaux arrivants dijonnais, l’occasion d’une première rencontre. Pour cette rentrée 2021, celle-ci est prévu au Parc de la Toison d’Or, entre l’Holiday Inn et la Station de Tramway du Zénith.

La rentrée.

Les préparatifs s’achèvent : une équipe d’habitués sera présente sur le stand de BCN, dont les meilleurs témoins possibles, Nathalie et Françoise, – toutes deux nouvelles recrutées, qui viendront expliquer en quoi l’apport de BCN est différent de celui de tous les organismes « officiels », car il est fait d’implication et de bienveillance. Jamila et Antoine seront présents, nous attendons encore des réponses de Sophie, Jérôme, Saïd, Séraphin…

Ne nous racontons pas de balivernes : les nouvelles ne sont pas très bonnes. La Maison des Associations nous a annoncé le jour même, que toutes les Associations auraient désormais la responsabilité de gérer le PASS sanitaire dans les locaux. Autrement dit, pour pouvoir assurer les formations BCN qui reprennent à partir du jeudi 16 Septembre, il nous faudra connaître par avance, les noms de tous les participants et disposer de leur Q/R code scanné. Pas simple.

Cela veut dire également que les personnes intéressées par nos contenus vont devoir réagir vite ; notre offre sera donc la suivante. Nous inviterons les personnes qui nous auront contactés à titre gracieux aux modules déjà lancés jusqu’à fin septembre. A la fin du mois, – le 30 septembre -, plénière BCN pour décider de la suite.

Au-delà de cette rentrée active, quelques actualités d’intérêt général : le Plan de Communication que nous avions établi a repris son cours. A signaler le 5 Août, la rencontre très positive avec M. Bertrand Kaufmann, le nouveau Directeur de l’INSEE. Xavier avait initialisé ce rendez-vous, et animé un échange fructueux. Celui-ci nous propose de faire intervenir en plénière pour nous présenter un panorama des offres, standard et sur mesure que ses services peuvent mettre à notre disposition.

Les deux autres rencontres attendues : le déjeuner avec l’APEC, à caler la semaine prochaine, et l’audience auprès de Mme Charret-Godard : cette dernière est ajournée, car un changement de portefeuille vient d’avoir lieu, et nous rencontrerons bientôt la nouvelle personne en charge de l’insertion.

Christine propose également de reprendre contact avec Marie Pugliese, notre nouvelle conseillère départementale : nous avons toutes les raisons de le faire, car elle remplace Mme Popard sur le canton de Dijon N°5, auprès de Christophe Avena. Cette prise de contact sera aussi l’occasion de remercier le binôme de l’aide financière qu’il nous apporte. Et cela nous donne la transition pour indiquer que notre dossier budgétaire 2022 a été dûment déposé : reste à déposer de nouveau un dossier « Métropôle », nous avons un peu de temps pour le faire, et proposons de l’axer sur le sujet d’entraide suivant :

Florence et Jérôme nous présentent leur projet « Confiance Emploi » : nous avions déjà eu connaissance du projet de création d’Association ; Malika du Pôle ESS a déjà apporté ses conseils, les buts associatifs sont les mêmes que ceux de BCN, à ceci près qu’ils s’affichent plus en direction des « accidents de la vie », et des parcours « chaotiques ». Raison de plus pour les aider, nous les avons déjà mis en relation avec M. Lugand du Conseil Départemental, nous pouvons les aider à « pitcher » leur projet, le présenter à la Métropôle et faire front commun, en nous appuyant sur notre antériorité, qui nous donne accès à des locaux, à France Bénévolat, ainsi qu’à notre réseau de partenaires et d’amis.

Première opération : les Relations Publiques ! notre stand est assez généraliste le 12 septembre, nous pouvons largement accueillir, conseiller le public qui soyons-en sûrs, viendra nombreux sur le stand. Grâce aux animations que nous prépare Françoise, l’ambiance sera festive et le beau temps de la partie.

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Ludiques, pédagogiques… et uniques !

Xavier a l’habitude de parler des « dames de BCN » pour se moquer (gentiment) des quelques mohicans du sexe dit « fort » clairsemés dans leurs rangs. Pour cet édito de rentrée, voici la livrée que nous proposons à nos charmantes hôtesses, afin d’être facilement identifiables sur notre stand du Grand Déj’ ; les deux premiers qualificatifs étaient ceux du Grand Déj’, le dernier est l’illustration de notre fierté !

Grand Déj’ 2021

Nous avions déjà évoqué précédemment l’animation envisagée sur notre stand : métiers et storytelling. L’exposition « Émile Viollet, vigneron érudit » illustrera la richesse d’une connaissance plurielle, matinée de curiosité, de respect des traditions… et de lien social. Ce vigneron-là nous rappellera d’autres forgerons, bourreliers, maréchaux-ferrants, goémoniers, autant de métiers où la main comptait tout autant que la tête, pour manoeuvrer la plume…

L’erreur que font de nos jours de nombreux recruteurs, est de confondre – ou pire, d’amalgamer – des notions telles que croissance, performance, spécialisation, compétition, avec des compétences relationnelles, empathie, bienveillance, entraide, coopération… C’est un raccourci aliénant, car standardisant ; or, comme disait Saint-Ex (!) « Il n’est de ressources qu’humaines ». En nous verrouillant dans des cases, des grilles, des labels, ils nous séparent en deux clans : les créatifs, et les producteurs. (Ces derniers sont destinés à devenir stakhanovistes). Quant aux créatifs, nous savons à quel point leur petite flamme, l’étincelle de leur génie est aléatoire et fragile : raison de plus pour la faire naître partout, – avec des silex, de l’amadou, des allumettes… – et surtout de bien souffler sur les braises pour la développer et l’entretenir ! Tel est notre enjeu au Grand Déj’ 2021 : « je donne, je reçois ». En étant actifs dans l’insertion, les BCN contribuent à rendre leur société plus noble et plus humaine. Ce n’est pas rien !

Existe en toutes les tailles….

Bien sûr, nous ne faisons pas que « de commander des T-shirts et des panneaux » au bureau de BCN : ce jeudi 26 Août, nous allons décliner nos orientations financières et lancer les dossiers correspondants. En particulier, Florence vient nous présenter l’avancement du Projet « Confiance Emploi » : la proximité des enjeux est réelle, notre appui doit être sincère, mais pas écrasant. Cela donnera lieu à des échanges amicaux avec l’équipe de Florence.

Un mot pour conclure de la journée d’hier à la Mission Locale Rurale de Beaune : 6 jeunes se sont présentés aux entretiens, pour 7 inscrits. Comme c’est le cas très souvent, la fourchette d’âge de ces bénéficiaires de la « Garantie Jeunes », s’étend de 16 à 23-24 ans. D’où l’intérêt de s’être forgé une grille – qui ne demande qu’à s’enrichir et se perfectionner encore – car la dispersion des aspirations et des profils est importante ; pour le moment, nous nous limitions aux mnémoniques : SCOL.

Synthèse.

Cohérence.

Objectivité.

Lucidité.

Généralement, notre perception est assez proche de celle des cadres de la MILO. Un petit bémol cependant : au cours de ces entretiens « informels », -perçus comme des galops d’essai », ou encore sans enjeu, nos jeunes nous ont parfois fait des confidences, révélé des petits secrets ou des hobbies ; dans ce cas, originalité et pertinence doivent être notre marque de fabrique, et nous avons pris nos responsabilités en intervenant.

Du coup, nous cherchons un nouveau critère dans nos entretiens :

Imagination/curiosité : nous avons constaté que beaucoup de nos jeunes cherchaient -et obtenaient – leurs stages exactement en droite ligne de la formation professionnelle reçue. Mais certains l’entendaient différemment : musique, création de logiciels, suivi des hobbies (animaux, voyages…). Rappelons-nous de l’aiguillage initial : Créatif ou Producteur ?

Bonne rentrée à toutes et tous !

L'éditorial·Optimisme·Technétronique

Plaidoyer pour l’industrie.

Trouvé vendredi dernier dans le « Courrier des Lecteurs » de Ouest-France, à la rubrique Économie, ce plaidoyer, qui j’en suis sûr, vous parlera autant qu’à moi : « L’industrie est une chance pour l’humanité. les jeunes doivent découvrir un domaine où le plaisir de réaliser est possible, valorisant. La culture de la créativité de biens matériels est trop peu encouragée ».

« le 4 Février, cinquante experts de « premier plan » ont abordé un thème qui n’aurait jamais dû se présenter, à savoir, celui de la réindustrialisation de la France, s’ils n’avaient eux-mêmes, lorsqu’ils étaient « aux manettes », pour la plupart, engendré la casse de nos outils de production, et en parallèle dévalorisé les enseignements scientifiques et techniques.

Un processus industriel complexe.

Le « Courrier des Lecteurs » a, en quelques circonstances, diffusé quelques « coups de gueule » pour dénoncer ce gâchis, engendrés parfois par un virus dévastateur, né de la finance, alors que celle-ci aurait dû mieux accompagner le développement de la production durable et responsable.

Le « mépris » du secteur industriel a accentué cette dégradation, sans doute irréversible, nos concurrents ayant les compétences et les moyens suffisants pour progresser, dotés de savoir-faire que nous avons distribués généreusement.

Il serait intéressant de connaître les formations suivies par les enfants et petits-enfants des experts. On peut supposer qu’ils ont encouragé l’accès aux voies autres que celles de l’industrie, ce qui m’amène depuis des décennies, à clamer cette formule : « Le technique, c’est bien pour les enfants des autres »!

Quant à l’orientation des filles !

La pandémie en cours exclut la découverte de l’entreprise, élément de formation qui permettrait au collégien de construire son projet d’orientation, lors des stages, de vivre l’entreprise « en vraie grandeur », afin de déterminer son choix d’activités futures. Cette situation est dommageable, peu facile à remplacer par du virtuel sur Internet. « Contaminé » par le virus de la miniaturisation appliquée aux mécanismes, depuis les années 1980, lorsque j’ai créé, avec des complices, les sections micromécaniques au Lycée de Morlaix.

Je suis admiratif des progrès que ces techniques nouvelles, mécatroniques, ont apportés au domaine médical. Je suis aussi épaté par les capacités de la production industrielle de vaccins.

Les images de la télévision qui montrent les flacons de vaccins qui « dansent » sur le tapis de convoyage des chaînes de fabrication, pour nous apporter la délivrance, m’émeuvent, car derrière, je sais qu’il y a l’apport dans l’ombre, des techniciens de la productique qui ne sont pas évoqués, et qui seront pourtant, aussi, des héros, comme les personnels médicaux, (chercheurs, soignants…)

Ces réflexions ont pour but de recommander à tous, jeunes et moins jeunes, de regarder l’industrie comme une chance pour l’humanité, où le plaisir de réaliser est possible, valorisant.

Vaccins qui dansent.

La culture de la créativité de biens matériels est trop peu encouragée dans notre pays. Il faut la faire émerger au plus tôt par du concret, du palpable, par des exemples comme ces vaccins, non par des discours, des promesses.

Jean-Pierre Le Coq (Ille-et-Vilaine).

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Le Calendrier de l’Avent de BCN, comme promis !

J’ai hésité avant de vous livrer une carte postale….Stéphanoise ou Camerounaise ?

Née à St Etienne où sont mes racines familiales, mes souvenirs d’enfance et d’adolescence passés à « crapahuter » dans les forêts du Forez ou du Pilat, à ramasser les « barabans » ou les « babets » à « cacasson » (les mots entre guillemets sont du gaga stéphanois), je me suis décidée pour une carte postale non moins exotique…BIPINDI.

Bienvenue à Jane Birkin !

C’est où ???? Au sud du Cameroun, Bipindi est un village niché au cœur de la Forêt équatoriale,  à 70 Kilomètres de piste de la ville côtière de Kribi, où se côtoient de nombreuses ethnies, et où nous avons vécu avec mon mari entre 1990 et 1992. Nous vivions précisément dans un foyer internat qui accueillait les enfants de la forêt, autrement dit les enfants pygmées, pour permettre leur scolarisation.

Animation, enseignement, encadrement, participation à la vie du foyer, à la vie du village ont été nos activités et nos missions. Inculturation, adaptation, expérimentation ont été les maîtres mots de cette aventure initiatique à plus d’un titre.

Fourmis, serpents, rats, chaleur, saison des pluies, humidité, tornade, nourriture aléatoire, électricité et eau courante capricieuses et incertaines, paludisme … nous ne pourrions retenir que ce qui a été parfois dur, difficile et périlleux, et qui faisait néanmoins partie de notre quotidien.

Ce qu’il reste de lumière… après les fourmis.

Enfants joyeux, parents chaleureux, fruits en abondance cueillis dans les arbres devant la maison ou dans la cour d’une école sans portes ni fenêtres, danses et chants, découverte d’un autre monde, accueil, partage, rencontres, sont ce que nous sommes devenus, sont les éléments fondateurs de notre vie.

Le pressoir cassé.

Un reportage photo est joint à ce résumé ultra court, sachant qu’une fois lancée sur le sujet je peux être intarissable. Nous continuons en effet à recevoir des nouvelles du Foyer Notre Dame de la Forêt, dont nous sommes marraine et parrain. Les photos reçues hier parlent d’une rentrée scolaire tardive, placée sous le signe de la Covid, d’un accouchement rocambolesque (nous en avons vécu de semblables !!!), de la vie des enfants, de la vie à Bipindi.

Françoise, Live from Bipindi.

Assigo !!!

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Frédéric Lenoir : « Soyons bienveillants ».

Convaincu que rien ne sera plus comme avant la crise et qu’il nous faut apprendre à faire face à un avenir incertain, le philosophe Frédéric Lenoir publie « Vivre ! Dans un monde imprévisible » (Fayard). Un manuel de survie optimiste.

Frédéric Lenoir

Le Grand Entretien : Votre livre appelle à « Vivre ! » Pourquoi un tel cri du coeur ?

Vivre est essentiel : il ne s’agit pas simplement de survivre, mais de vivre pleinement, de ne pas se laisser abattre par la crise et par les difficultés de la vie. c’est ainsi que l’on pourra entrer en résilience, que l’on pourra se reconstruire pour ensuite essayer non pas de retrouver l’équilibre antérieur, mais d’aller plus loin.

Le Grand Entretien : Comment être résilient ?

La résilience, c’est-à-dire la reconstruction, est possible à condition d’avoir déjà connu une fois dans sa vie l’amour inconditionnel, avoir été aimé pour ce que l’on est. la plupart d’entre nous ont heureusement connu cet amour inconditionnel sur lequel s’appuyer pour traverser une épreuve et un profond désarroi. Il faut aussi, pour être résilient, vouloir rebondir : certains ont cette énergie de vie en eux, d’autres non.

Le Grand Entretien : Comment s’aider les uns les autres, pour trouver ensemble un chemin de consolation commun ?

Pour aider ceux qui sont pris dans une dépression, il faut susciter un nouveau désir, parce que l’on ne va pas s’en sortir par la seule force de la volonté et de la raison. Comme dit le philosophe Spinoza, on ne peut se sortir d’une tristesse profonde que par un désir supérieur à l’affect négatif ans lequel on est. Il faut une motivation : c’est cela qu’il faut chercher.

Le Grand Entretien : Est-ce-que de cette crise, on peut faire une chance ?

Elle offre l’opportunité d’évoluer, de sortir de la logique de l’ultralibéralisme consumériste sans avenir. Allons vers plus d’écologie et de justice sociale, parce que l’on voit bien qu’une crise de cette ampleur ne fait qu’accentuer les inégalités. Et soyons bienveillants dans les rapports sociaux.

Le Grand Entretien : Doit-on croire à un monde d’après ?

Il sera impossible de reconstruire le monde sans tenir compte de ce qui s’est passé. Il faut tirer les leçns de cette crise et essayer de grandir après cette épreuve, pour trouver un équilibre plus satisfaisant, c’est-à-dire une meilleure relation à la planète. Il faut aussi rester vigilant, pour ne pas rentrer dans une société autoritaire et de contrôle des individus, qui menacerait nos libertés.

Le Grand Entretien : ce monde sera-t-il forcément meilleur ?

Nous espérons tous aller vers quelque chose de meilleur, parce que notre monde avant n’était pas idéal. Mais il faudra faire des choix, parfois douloureux. Si l’on décide par exemple de diminuer demain le trafic aérien, il faudra accepter qu’il y ait du chômage dans le trasnport aérien, qu’on cherchera à compenser par la création d’emplois dans d’autres domaines, comme les énergies renouvelables ou les transports propres. L’État, qui injecte des milliards dans l’industrie classique, pourrait les redistribuer pour soutenir tout ce qui va dans le sens du durable, du renouvelable et du respect de l’environnement.

Un avenir écologique ?

Le Grand Entretien : vous pensez que l’avenir sera écologique ?

Tout est imprévisible, mais on est sûr d’une chose : nous allons au-devant de catastrophes écologiques majeures et cela fait consensus parmi les scientifiques. Si nous continuons à vivre de la même façon, nous connaîtrons un réchauffement climatique dramatique, avec une montée des eaux qui va faire se déplacer des millions de personnes. Puisque c’est prévisible, mettons tout en oeuvre pour faire face à ce défi et rentrons dans la véritable transition écologique. Il faut en convaincre chaque citoyen.

Le Grand Entretien : Gouverner est un art difficile en temps de crise. Faut-il changer de cap pour en sortir ?

On gouverne à vue, sans perspectives. Il faudrait une vision à moyen et à long terme : cela demande du courage, car cela suppose une transition difficile. Aucun homme politique actuel n’a montré cette capacité à dessiner un vrai cap, même si je ne méconnais pas la difficulté à mener des réformes en profondeur, car les Français sont un peuple râleur qui n’aime pas les réformes, même quand elles sont nécessaires.

Le Grand Entretien : l’épidémie nous a confrontés à une grande incertitude. Comment faire face à cette insécurité ?

Plutôt que de vouloir à tout prix rétablir une fiction de stabilité, il faut s’habituer à vivre dans un monde en mouvement, accepter l’imprévisibilité. C’est ce que nous enseignent les sages taoïstes : la joie vient de la flexibilité, de la souplesse, de la capacité à s’adapter aux mouvements permanents de la vie. Si on ne développe pas en nous cette capacité, nous serons de plus en plus déstabilisés et donc nous serons malheureux. Il faut vraiment changer son regard pour voir la vie comme un flux permanent dans lequel on se fond, comme le nageur qui accompagne le courant dans l’eau.

Le Grand Entretien : Nous ne savons pas si l’épidémie est terminée. Si le cauchemar reviendra. Comment ne pas avoir peur ?

L’épidémie n’est pas la seule peur. On vit dans un monde de pljus en plus sujet aux catastrophes écologiques, aux crises sanitaires, économiques, sociales, toutes liées à la globalisation du monde qui nous fragilise énormément, tout comme nous menace notre arrachement à la nature et la destruction des écosystèmes. Il faudrait une attitude beaucoup plus respectueuse de la planète, la relocalisation économique de domaines stratégiques, dans lesquels chaque pays doit avoir une autonomie minimale.

Le Grand Entretien : La crise sanitaire a mis aujour une médecine en plein doute et traversée de contradictions. Pensez-vous que l’épidémie a remis en question la science ?

Ce que nous avons observé n’est pas une claque pour la science, mais pour la croyance que l’on avait investie dans la science et les experts. On a vu non seulement que la science n’a pas la réponse à tout, mais que les scientifiques sont parfois en désaccord entre eux et qu’ils ne sont pas toujours neutres : ils peuvent aussi avoir des croyances et des intérêts financiers qui polluent la recherche.

Le Grand Entretien :Nous avons vécu ces derniers mois avec la maladie et la mort. Ce traumatisme collectif va-t-il nous marquer durablement ?

La mort fait partie de la vie ,mais on a créé du traumatisme sur du traumatisme en interdiant à des proches d’aller visiter dans les hôpitaux ou les maisons de retraite ceux qui étaient en train de mourir. On a laissé des gens mourir seuls et c’est extrêmement violent. Mourir dignement, c’est être entouré de ses proches et c’est une des choses les plus importantes de la vie: aucune raison sanitaire ne peut interdire cela.

Propos recueillis par Nathalie Chifflet – Paru dans Le Bien Public du Dimanche 21 Juin 2020.

BIO EXPRESS :

Naissance le 3 Juin 1962 à Madagascar.

1986 – 1990 : Directeur de collection aux Éditions Fayard.

1991 : consacre sa thèse de doctorat à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) au bouddhisme en occident.

1992 : devient chercheur associé à l’EHESS.

2004 – 2013 : dirige la rédaction du magazine Le Monde des Religions.

2008 – 2016 : anime Les Racines du Ciel sur France Culture, émission hebdomadaire consacrée à la spiritualité, qu’il a créée.

Entre 1987 et 2019 : Frédéric Lenoir a publié une quarantaine d’ouvrages, encyclopédies, livres d’entretiens, essais et romans, vendus à plus de 7 millions d’exemplaires et traduits dans une vingtaine de langues. Il a cofondé la fondation Seve (Savoir-être et Vivre ensemble) sous l’égide de la Fondation de France dont la mission principale est de former les animateurs d’ateliers de philosophie et de méditation dans les écoles. Il a également créé l’Association Ensemble pour les animaux.