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INSEE Analyses N°83.

En Bourgogne-Franche-Comté, le solde  naturel poursuit sa dégradation en 2019 

 

Au 1er janvier 2020, la population de Bourgogne-Franche-Comté est estimée à 2 794 500 habitants. Elle baisse de 0,3 % sur un an, en raison notamment d’un déficit naturel qui s’accentue. Le taux d’accroissement naturel  est le plus faible des régions métropolitaines. C’est la conséquence d’une forte baisse des naissances et d’une  relative stabilité des décès. Moins de femmes en âge d’avoir des enfants et vieillissement de la population expliquent  le décrochage du solde naturel par rapport à la France métropolitaine. L’indice de fécondité de la région est aussi  plus faible qu’en moyenne en métropole. Dans tous les départements de la région le solde naturel se dégrade, sauf  dans le Jura. Le Doubs est le seul département dont l’accroissement naturel est supérieur au niveau national. En Haute-Saône, en Saône-et-Loire, dans l’Yonne et le Territoire de Belfort, les naissances diminuent et les décès  augmentent. 

Caroline Logeais, Fabrice Loones (Insee)

Au 1er janvier 2020, 2 794 500 habitants résideraient en Bourgogne-Franche Comté, soit 4,3 % de la population de  France métropolitaine. En nombre d’habitants, la région se situe au 11e rang des 13  régions de métropole devant le Centre-Val  de Loire et la Corse. 

Le solde naturel (définitions) ne soutient  plus la croissance démographique de la  région qui pâtit de plus, d’un solde migratoire (définitions) tout juste stabilisé après  plusieurs années de déficit. 

Le déficit naturel s’accentue 

En Bourgogne-Franche-Comté, le solde  naturel est négatif depuis 2015 (figure 1) Ce déficit naturel, qui s’est creusé d’année  en année est dorénavant davantage porté  par le recul des naissances. Le nombre de  décès s’est quant à lui stabilisé sur les trois  dernières années. En 2014, le solde naturel  excédentaire apportait 2 500 habitants à la région. Cinq ans plus tard, en 2019, celui-ci lui  en fait perdre 4 100. 

Visuellement, le solde négatif.

Cette dégradation n’est pas spécifique à la  région. En effet, le solde naturel, moteur  de la croissance de la population, est  sur une tendance à la baisse dans toutes les régions, à l’exception des Hauts de  France. La croissance démographique de la  France métropolitaine ralentit : en 2019,  il y a 115 100 naissances de plus que de décès.

Ce solde naturel reste positif mais  ne cesse de diminuer, apportant deux  fois moins d’habitants qu’en 2014. La  dégradation du solde naturel, à l’échelle  nationale, est due à la fois aux mouvements de baisse des naissances et de  hausse des décès

 En 2019, le taux d’accroissement naturel négatif (définitions) de Bourgogne-Franche Comté (figure 2) s’établit à – 1,5‰ habitants.  En France métropolitaine, l’excédent naturel contribue encore à faire progresser la  population de + 1,8 ‰ portant l’écart avec  la région à 3,3 points. Attirant davantage de  jeunes actifs, les départements de la grande  région parisienne, des grandes métropoles  et de l’axe Genève-Lyon-Marseille pré sentent un accroissement naturel en hausse.  Au contraire, les départements ruraux de la  « diagonale du vide », ceux de la Corse et  de l’ouest de la Normandie et de la Bretagne  ont un taux d’accroissement naturel inférieur  à – 0,5 ‰. 

La Nièvre, isolée.

En Bourgogne-Franche-Comté, le taux  d’accroissement naturel se dégrade dans  tous les départements excepté dans le Jura.  Il est négatif dans cinq départements sur huit,  en particulier dans la Nièvre (- 7,3 ‰), en  Saône-et-Loire (- 3,4 ‰) et dans l’Yonne  (- 3,3 ‰). Dans les trois départements les  plus jeunes de la région, le Doubs, le Territoire de Belfort et la Côte-d’Or, l’accroissement naturel reste positif. 

Un fort recul des naissances 

En 2019, 26 100 bébés sont nés en Bourgogne-Franche-Comté, soit 730 naissances  de moins qu’en 2018 (figure 3). Dans les  années 2000, le nombre de naissances était  supérieur à 30 000. Cette tendance à la  baisse se poursuit depuis 2006. Elle est plus  prononcée qu’au niveau France métropolitaine : – 2,7 % contre – 0,8 %. Elle est aussi plus forte que l’an passé (- 2,1 %). À part  en Nouvelle-Aquitaine, la baisse de la nata lité est sensible dans toutes les régions de  métropole mais c’est en Bourgogne-Franche Comté qu’elle est la plus forte, loin devant la Normandie et le Grand Est (- 1,3 %). La diminution des naissances résulte à la fois  de la baisse du nombre de femmes en âge de procréer et de leur fécondité. Ces deux  phénomènes se conjuguent et contribuent  chacun pour moitié à cette dégradation. La  population féminine de 15 à 49 ans diminue depuis dix ans : – 5 600 personnes en  moyenne par an, soit (- 1 %).  

Site par site.

En France métropolitaine, la baisse n’est  que de 0,3 % par an. Globalement, la région peine à retenir ses habitantes de 20 à 40 ans et accuse un déficit plus important sur cette classe d’âge, où elles sont plus fécondes.

Le nombre d’enfants par femme diminue

 En Bourgogne-Franche-Comté, l’indice  conjoncturel de fécondité (définitions)  s’établit à 1,78 enfant par femme en 2019, niveau inférieur à la moyenne métropolitaine  de 1,84 (figure 4). Jusqu’en 2008, l’indice  régional était pourtant proche de la moyenne  nationale de 2 enfants par femme, mais il  s’est dégradé plus vite dans la région. Au  cours de l’année 2019, la seule baisse de la  fécondité a entraîné près de 360 naissances  en moins par rapport à 2018. 

L’ICF en baisse régulière.

Après 35 ans, les mères de Bourgogne Franche-Comté font moins d’enfants qu’en  moyenne métropolitaine. En effet, si, entre  15 et 34 ans, l’indice conjoncturel de fécondité régional est légèrement supérieur  à la moyenne métropolitaine, de 35 à 49 ans,  il y est inférieur : 0,35 contre 0,45. 

De façon générale, la fécondité est plus élevée chez les employées et ouvrières que chez  les cadres. Globalement, les femmes ont en  moyenne des enfants plus tard. Cependant,  l’âge moyen des mères à la naissance est  légèrement inférieur en Bourgogne-Franche Comté, 30,4 ans contre 31 pour la France  métropolitaine. Le taux de natalité (définitions) y est aussi  plus faible : 9,3 ‰ habitants contre 11 ‰ pour la France métropolitaine. Il perd 0,3  point entre 2018 et 2019. Cette tendance à la  baisse est nationale mais la région a l’un des  taux les plus faibles avec la Corse (8,3 ‰)  et la Nouvelle-Aquitaine (9 ‰). 

Relative stabilité des décès en 2019 

En 2019, 30 200 habitants de Bourgogne Franche-Comté sont décédés soit une  centaine de plus qu’en 2018. Ce nombre de  décès est stable dans la région (+ 0,3 %) et  se situe dans la moyenne nationale (+ 0,5 %).  L’évolution du nombre de décès résulte de  deux phénomènes qui, en 2019 comme en  2018 s’annihilent. En effet, le vieillissement  de la population régionale accroît le nombre  de décès de 700 personnes par rapport à  2018. Mais, en contrepartie, les conditions  de mortalité (définitions) se sont légèrement  améliorées en 2019 et compensent cette  hausse. 

Les habitants sont plus âgés en Bourgogne Franche-Comté qu’en France métropolitaine  et le vieillissement se poursuit. En 2019, la  région compte 102 personnes de 65 ans et  plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans (85  en moyenne en métropole pour 100 jeunes  de moins de 20 ans). 

L’écart avec la France métropolitaine se  creuse et résulte à la fois de l’avancée en âge  de la génération nombreuse des baby-boomers dans la région et d’un déficit de jeunes. La moitié des décès intervient avant l’âge  de 84 ans et 89 ans est l’âge où il y en a le plus (figure 5). Le taux de mortalité (définitions) est plus  élevé dans la région. Il s’établit à 10,8 ‰  habitants contre 9,2 ‰ en France métropolitaine. La Bourgogne-Franche-Comté détient  le plus fort taux de mortalité des régions  métropolitaines avec la Nouvelle-Aquitaine.  Ce taux s’accroît depuis une dizaine d’années dans la région.

Le taux de mortalité (définitions) est plus  élevé dans la région. Il s’établit à 10,8 ‰ habitants contre 9,2 ‰ en France métropolitaine. La Bourgogne-Franche-Comté détient  le plus fort taux de mortalité des régions  métropolitaines avec la Nouvelle-Aquitaine.  Ce taux s’accroît depuis une dizaine d’années dans la région. 

Espérance de vie moins élevée  dans la région 

Le taux de mortalité, moins favorable dans  la région qu’au niveau national, se traduit  par une espérance de vie (définitions) moins  élevée. De manière générale, les catégories sont plus exposées au risque de décès prématuré (conditions de travail, comportements  individuels, accès aux soins). 

Dans la région, l’espérance de vie à la naissance se stabilise depuis 5 ans. 

L’écart entre les genres se resserre. Les  modes de vie féminins sont de plus en  plus semblables à ceux des hommes, qu’il  s’agisse de durée de travail ou des types  d’activités professionnelles, de consommation de tabac ou d’alcool notamment.  En Bourgogne-Franche-Comté, selon les  conditions de mortalité de l’année 2019, une  personne âgée de 75 ans peut espérer vivre  jusqu’à l’âge de 87 ans si c’est un homme,  et de 89,6 si c’est une femme. 

Pour autant, ces espérances de vie à 75 ans  sont inférieures à la moyenne nationale de  six mois pour les hommes et de sept mois  pour les femmes. 

Le Doubs, seul département ayant  un taux d’accroissement naturel  supérieur au niveau national 

Avec + 1,9 ‰ habitants, le Doubs est le seul  département dont le taux d’accroissement  naturel reste largement positif et supérieur  au niveau national. Il est toutefois en retrait  par rapport à 2018 en raison uniquement de  la baisse des naissances. De plus, le taux de  mortalité, en 2019, y est le plus faible de  la région. Sa forte propension à attirer des  populations jeunes, en lien avec la proximité  de la Suisse, en fait un département parmi les  plus dynamiques en termes de démographie. En Côte-d’Or, la baisse des décès compense  tout juste la baisse des naissances, ainsi le solde naturel est stable. Avec un indice  de fécondité de 1,61 enfant par femme, la  Côte-d’Or est le cinquième département de  France métropolitaine où la fécondité est  la plus basse et l’âge moyen des mères à la  naissance y est plus élevé qu’ailleurs. 

Le Jura est le seul département de la région  à cumuler hausse des naissances et baisse  des décès, mais le solde naturel y demeure  négatif. La fécondité est en hausse par rapport à 2018. 

Dans la Nièvre, le solde naturel reste très  négatif. Ce département cumule la plus  importante accélération du vieillissement  de sa population et la plus forte diminution  du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Ainsi le taux de mortalité est le  plus élevé de la région et le taux de natalité  le plus faible. 

Le solde naturel en Saône-et-Loire est le plus  bas de la région et c’est dans ce département  qu’il décroît le plus. Comme dans l’Yonne et  dans une moindre mesure en Haute-Saône,  le fléchissement de la croissance naturelle  est partagé entre la hausse des décès, consécutive au vieillissement de la population, et  la baisse des naissances, due au recul de la  fécondité (sauf dans l’Yonne) et au moindre  nombre de femmes en âge de procréer. 

Le Territoire de Belfort subit également ce  double-effet, dégradant ainsi son solde naturel. Néanmoins, un taux de natalité élevé et un  taux de mortalité faible lui permettent d’avoir  un accroissement naturel toujours positif. ■ 

 Sources

Tous les ans, l’Insee effectue des estimations de population. Cette opération a pour objectif d’estimer au 1er janvier de chaque année la population  nationale par sexe, âge et état matrimonial et les populations régionales et départementales par sexe et groupe d’âges. Ces estimations de population  sont notamment utilisées pour le calcul des différents indicateurs démographiques : taux de natalité, taux de mortalité, indicateur conjoncturel de  fécondité, quotients de mortalité, espérance de vie. 

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence pour les années où il  est disponible. Pour les années 2019 et suivantes, les estimations de population sont provisoires. Elles sont réalisées en actualisant la population  du dernier recensement grâce à des estimations, d’une part, du solde naturel et, d’autre part, du solde migratoire et d’un ajustement, introduit pour  tenir compte de la rénovation du questionnaire du recensement en 2018 et rendre comparables les niveaux de population annuels successifs. Le  nouveau questionnaire permet de mieux appréhender les liens familiaux qui unissent les personnes habitant un même logement et d’améliorer la  connaissance des lieux d’habitation des personnes ayant plusieurs résidences, notamment des enfants de parents séparés. Une explication détaillée  est disponible dans la documentation relative au recensement de la population (note technique : Rénovation du questionnaire du recensement de  la population 2018. Méthode d’estimation de l’effet questionnaire (ajustement) à partir des enquêtes annuelles de recensement). Les statistiques d’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee

Définitions, méthodes 

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période. Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties  au cours d’une période. 

Le taux d’accroissement naturel correspond à la différence entre les naissances et les décès enregistrés au cours de l’année, rapportée à la  population totale moyenne de l’année. Il est exprimé pour mille habitants. 

Le taux de natalité correspond au nombre de naissances enregistrées au cours de l’année, rapporté à la population totale moyenne de l’année. Il  est exprimé pour mille habitants. 

Le taux de fécondité à un âge donné (ou pour une tranche d’âges) est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année,  rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge. 

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur peut être  interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait, tout au long de leur vie féconde, les taux  de fécondité par âge observés cette année-là. Il est exprimé en nombre d’enfants par femme. C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité  par âge de l’année considérée. 

Le taux de mortalité (brut) correspond au nombre de décès enregistrés au cours de l’année rapporté à la population totale moyenne de l’année.  Il est exprimé pour mille habitants. 

Les conditions de mortalité sont approchées par les taux de mortalité par sexe et âge. Ils correspondent au nombre de décès enregistrés pour  un sexe et un âge (ou tranche d’âges) donnés, rapporté à la population totale du même sexe et du même âge. L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les  conditions de mortalité par âge de l’année considérée. C’est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

 

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier 

CS 11997 25020 BESANÇON CEDEX Directeur de la publication : Bertrand Kauffmann 

Rédactrice en chef : Marie Léger  Mise en page : STDI Crédits photos : CRT, L. Cheviet Dépôt légal : janvier 2021 © Insee 2021 ISSN : 2497-4455 

Pour en savoir plus 

•  Chassard M., « Bourgogne-Franche-Comté : la baisse de la population s’accentue  en 2017 et 2018, conséquence d’un solde naturel de plus en plus négatif », Insee  Flash Bourgogne-Franche-Comté n° 99, janvier 2020. 

•  Papon S., « Depuis plus d’un siècle, les décès sont les plus nombreux en hiver »,  Insee Focus n° 209, octobre 2020. 

•  Papon S., « En un siècle, le pic des naissances s’est décalé de l’hiver à l’été et  s’est atténué », Insee Focus n° 204, septembre 2020. 

 

Environnement - Climat·Nos synthèses par domaines.·Prospective·Société

Climat : le portrait de Jérôme.

Menaces sur le climat : l’avis de l’expert.

Son expertise et son implication commencent à se répandre dans la Métropole de Dijon : l’approche partenariale engagée par BCN, fondée sur la RSE, l’insertion, l’implication citoyenne convergent avec celle de Jérôme en matière de risques climatiques. Comme toujours, derrière ce projet de conférences de sensibilisation se trouve une histoire d’homme :

Bonjour,  Jérôme ; en quelques mots, qui es – tu et comment es – tu arrivé à BCN ?

Ayant vécu des turbulences professionnelles, j’ai trouvé à BCN un lieu propice aux échanges bienveillants, un lieu où l’expérience des uns peut être utile aux autres et où le collectif permet de se hisser au dessus des difficultés du moment et de continuer à nourrir un projet.

Habité par une impérieuse quête de sens, j’ai mis ma culture scientifique et l’éclectisme de mes centres d’intérêt au service d’un projet de compréhension de notre époque et singulièrement de ces enjeux écologiques.

Comment t’es – tu transformé en « conférencier » ? Comment vis – tu cette activité nouvelle ?

Il s’agissait pour moi de me donner un cadre cohérent de compréhension des enjeux de notre époque, notamment de savoir que penser des nouvelles alarmantes qui s’accumulent. BCN a été à ce stade le premier endroit bienveillant où j’ai pu exprimer le fruit de mes réflexions et partager cette analyse. Cette première étape m’était nécessaire pour raffermir ma confiance et me donner l’audace de présenter le fruit de mon travail à un public plus large.

Pour ce faire, le cadre associatif de BCN m’a été précieux pour étayer ma légitimité à proposer une présentation publique. Ce cadre associatif, outre son apport institutionnel, est aussi tissé de relances amicales, de supports organisationnels, d’engagements réciproques.

Une des difficultés de cette activité de conférencier réside dans le fait de proposer une analyse radicale (qui va à la racine), analyse qui me conduit à tenir des propos qui remettent en cause nos représentations usuelles. Je m’efforce de compenser cette déstabilisation potentielle de l’auditoire, en tenant des propos ouverts, en proposant une grille d’analyse élargie. Je sais que celui qui montre ce que l’on ne veut pas voir, n’est pas toujours bien accueilli, car il met en cause le déni qui est aussi un besoin naturel.

Où en es – tu aujourd’hui,  à mi-chemin de l’expérience ?

L’avenir proche se construit pas à pas, au gré des mesures sanitaires, avec l’ambition collective de valoriser cette démarche, et au plan personnel, un talent à cultiver pour demain oser se présenter à des publics plus larges que les premiers cercles amicaux et militants.

Est-ce-que tu peux résumer la trame (sans les conclusions)… de tes présentations ?

Il s’agit de résumer les connaissances actuelles dans les domaines de l’énergie, du climat et de la biodiversité, pour faire un constat lucide et grave de l’état de la planète et surtout des mécanismes en jeu ; pour ensuite replacer ces enjeux dans la trame de nos contingences économiques, sociales, éthiques. Devant une situation à ce point inextricable, le point positif de ma présentation est de permettre à chacun de se situer, pour comprendre la situation et pour potentiellement agir.

Au fil du temps, tes convictions ont-elles changé ?

J’ai tout d’abord mesuré l’écueil que représente le catastrophisme, le fait de sonner l’alarme une fois de plus ; et pour dépasser cet écueil je me suis tourné vers les outils de pensée que propose la philosophie. Ensuite ; loin de tout solutionnisme, j’ai la conviction que l’issue est à rechercher dans le champ culturel, dans la réforme de nos représentations et la conversion de nos valeurs. De ce fait, je regarde avec beaucoup d’attention toutes les initiatives qui impliquent de nouvelles pratiques sociales, de nouvelles façons de penser. Je voudrais moi-même pouvoir m’y impliquer plus avant ! Il est plus que temps d’expérimenter de nouvelles façons de faire, tous azimuts.

Un cycle qui reprend en 2021.

2020, et bientôt 2021 sont (seront)-elles des années repères pour la planète ?

2020 et sa pandémie sonne comme un avertissement et une illustration : l’écrasement des écosystèmes nous réserve quelques mauvaises surprises et l’ampleur de la récession économique qui en découle est comparable avec celle que nous devrions volontairement engager chaque année jusqu’en 2050 si nous prenions nos propres engagements (COP21) au sérieux. C’est peu dire le caractère vertigineux de la situation. Toute la question est de savoir quelle part nous allons maîtriser et quelle part nous allons subir de la descente énergétique et matérielle qui nous est promise.

Différentes perceptions… qui nous poussent à agir.

2020 nous dit ce que nous ne voulions pas entendre : il est plus que temps d’ouvrir les yeux et de trouver le mode d’emploi d’une vie soutenable.

Economie·Nos synthèses par domaines.·Prospective·Société

21 zones d’emploi en Bourgogne Franche-Comté en 2020. Économie spécialisée, diversifiée ou résidentielle. A voir.

Le millésime 2020 des zones d’emploi permet, sur l’ensemble de la France, d’actualiser l’analyse du tissu  économique des territoires. Pour la Bourgogne-Franche-Comté, cette refonte en 21 zones permet de tenir  compte des mutations vécues au cours des années récentes. Trois d’entre elles sont centrées autour des  grandes agglomérations de la région qui sont parmi les plus pourvoyeuses d’emplois de la région, Dijon, Besançon et Belfort. L’activité économique de certaines zones se caractérise par une orientation spécifique, industrielle pour  Montbéliard et le Creusot-Montceau. Cette empreinte se retrouve également dans des zones plus résidentielles à  Saint-Claude, Dole, Pontarlier et Sens. Pour d’autres, l’agriculture joue un rôle important comme à Beaune, Cosne Cours-sur-Loire et Avallon. Enfin, neuf autres zones d’emploi de la région se caractérisent par une économie plus  diversifiée. À l’image de l’ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté, ces zones restent plus industrielles et agricoles que les zones de même catégorie sur le reste de la France. 

Hugo Andrieu, Benoit Leseur (Insee)

Une révision des zones d’emploi a été menée en 2020 par l’Insee et la Direction statistique du Ministère en charge du travail et de l’emploi (Dares). Ce découpage vise à constituer des territoires dans lesquels la plupart des actifs résident et travaillent, et où les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts. Ces nouveaux zonages permettent d’actualiser l’analyse du fonctionnement du marché du travail, notamment les caractéristiques du tissu économique (activités présentes, taille des établissements,…) et de la population active. Cette actualisation du dernier zonage, qui date de 2010, a été entreprise dans un souci d’harmonisation européenne (La nouvelle méthode de constitution des zones d’emploi). Cette partition du territoire est construite pour que la part des résidents d’un territoire qui y travaillent (ceux appelés « stables ») soit la plus élevée possible. Le millésime 2020 des zones d’emploi segmente la région Bourgogne-Franche Comté en 21 zones. Trois de ces zones débordent sur les régions limitrophes : Cosne-Cours-sur-Loire ainsi que Nevers s’étendent sur la région Centre-Val-de  Loire, et Mâcon sur Auvergne-Rhône Alpes (figure 1)

1 Neuf zones d’emploi de Bourgogne-Franche-Comté ont une économie diversifiée

La zone la plus peuplée, Dijon, compte 394 800 habitants et 169 800 emplois. A l’opposé, la moins peuplée, Autun, comporte 42 100 habitants et 14 100 emplois. La diversité du tissu économique de Bourgogne-Franche-Comté s’illustre par une pluralité de profils parmi ses zones d’emploi. 

Un tiers de l’emploi régional dans trois zones d’emploi 

Dijon, Besançon et Belfort sont trois zones abritant de grands employeurs au sein de grandes agglomérations. Elles rassemblent 34 % de l’emploi régional et comptent de nombreux grands établissements, notamment dans la sphère publique : des centres hospitaliers ou des sièges de collectivités territoriales comme des mairies, des intercommunalités, des conseils départementaux ou le conseil régional (figure 2 et 4). 

Vue d’ensemble

Les emplois de cadres des fonctions métropolitaines y sont particulièrement bien implantés : entre 7 % et 9 % de l’emploi, contre 5 % pour les autres zones d’emploi de la région. Cette surreprésentation s’explique notamment par la présence de sièges sociaux, de grandes entreprises liées à des centres de recherche comme le Commissariat à l’énergie atomique de Valduc dans la zone de Dijon, aux technopoles de Besançon ou de Belfort et aux pôles de compétitivité comme Vitagora à Dijon ou le Pôle des microtechniques de Besançon. Ces zones, où se trouvent de nombreux emplois, permettent à de nombreux actifs de travailler sur place. En conséquence, le taux de stables (définition) est important, autour de 90 % dans les zones d’emploi de Dijon, et Besançon et de 70 % dans celle de Belfort (figure 3)

Montbéliard et le Creusot-Montceau :  des zones industrielles qui perdent de  l’emploi 

Les zones d’emploi de Montbéliard et du Creusot-Montceau sont spécialisées dans l’industrie. Ce secteur, historiquement très implanté, représente toujours une part importante de l’emploi, de respectivement 30 % et 23 %. Toutefois, ces effectifs se sont fortement contractés en 40 ans. Dans le même temps, l’emploi total a nettement baissé entre 2007 et 2017, davantage à Montbéliard qu’au Creusot Montceau. 

Les groupes étrangers, souvent présents dans les zones industrielles de la région, y jouent encore un rôle important, principalement dans la zone du Creusot-Montceau. Dans ce territoire, une part notable de l’emploi dépend de groupes étrangers (18 % en 2015 contre 12 % en Bour gogne-Franche-Comté). Ce phénomène est particulièrement ancré dans l’industrie. Au Creusot-Montceau, 29 % de l’emploi industriel est détenu par des groupes étrangers, avec comme figure de proue l’établissement luxembourgeois Industeel, situé dans la ville du Creusot. À l’inverse, à Montbéliard, la présence d’un groupe français comme Peugeot, fleuron de l’industrie automobile, explique la faible présence d’emplois dépendants de groupes étrangers. Cette part y est plus faible (9,6 %), bien inférieure à celle de la région. 

Que les groupes soient français ou étrangers, ils sont soumis à la concurrence internationale. En conséquence, en cas de difficultés économiques, et indépendamment de la nationalité du groupe, l’emploi dans ces territoires est fortement dépendant de la conjoncture économique et des logiques concurrentielles. 

Quelques zones résidentielles à dominante industrielle 

Les zones d’emploi de Sens, Pontarlier, Saint-Claude et Dole sont des espaces où les actifs qui y résident ont plus souvent tendance à ne pas y travailler. Le taux de stables y est ainsi plus faible qu’ailleurs, entre 56 % et 73 %. Ces actifs travaillent souvent dans les territoires voisins : dans le bassin parisien pour ceux habitant à Sens, en Suisse pour ceux résidant à Pon tarlier, à Oyonnax et en Suisse pour ceux demeurant à Saint-Claude, et à Dijon et Besançon pour ceux vivant à Dole. 

Par ailleurs, ces zones d’emploi disposent d’un tissu industriel développé allant de 18 % à 31 % de l’emploi. À Saint Claude, la fabrication d’autres produits industriels (production manufacturière, fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, métallurgie) y représente 86 % de l’emploi industriel. Les groupes étrangers contribuent également à cette forte présence. À Dole, le groupe Solvay, de nationalité belge, dispose des plus grands établissements industriels de la zone. Le fait d’être lié avec l’extérieur peut être un atout pour ces zones. À Pontarlier, les habitants jouissent d’un niveau de vie annuel médian par unité de consommation (définition) de 26 330 €, soit 26 % supé rieur à celui des habitants de la région. De nombreux habitants travaillent en Suisse où les rémunérations sont bien plus favorables qu’en France. 

Des zones agricoles aux  productions diversifiées 

Beaune, Cosne-Cours-sur-Loire et Avallon sont trois zones d’emploi où l’agriculture tient une place importante dans l’économie locale, représentant de 10 % à 13 % de l’emploi total, contre 4 % pour l’ensemble de la région. 

Ces zones ont des savoirs-faire divers. Pour Beaune, la production agricole est très spécialisée. La production agricole se déploie autour d’une viticulture renommée,   fortement valorisée et dynamique à l’exportation. C’est également une des zones les plus touristiques de la région, au carrefour d’axes de communication majeurs. Ce territoire se démarque aussi en étant la seule zone d’emploi de Bourgogne-Franche-Comté où l’emploi progresse nettement entre 2007 et 2017. Pour Cosne-Cours-sur-Loire et Avallon, la production agricole est plus diversifiée. Ces zones pratiquent la culture céréalière et l’élevage, avec une spécialité près d’Avallon, la production de sapins du Morvan. 

Si les productions agricoles font appel à des permanents résidant souvent à proximité, les saisonniers peuvent provenir de plus loin. La part de stables dans ces zones d’emploi est alors relativement moyenne, oscillant entre 72 et 79 %, contre 81 % au niveau régional. 

Neuf zones diversifiées qui disposent d’un socle d’emploi public notable 

Ces zones d’emploi sont considérées comme diversifiées car aucun secteur d’activité ne se démarque des autres. Cette diversité économique pourrait amortir les chocs conjoncturels qui se concentrent souvent sur quelques secteurs très concurrentiels. Cinq d’entre elles comportent la préfecture départementale. L’emploi public représente de 23 % de l’emploi dans le Charolais à 31 % à Nevers, contre 26 % sur l’ensemble de la région. Pour autant, hormis Mâcon dont l’emploi est stable, toutes ces zones subissent des pertes d’emploi. À l’image de la région, ces zones diversifiées sont malgré tout davantage orientées vers l’industrie et l’agriculture que leurs homologues dans le reste de la France. ■

La nouvelle méthode de constitution des zones d’emploi 

Les zones d’emploi forment un découpage de l’ensemble du territoire français depuis 1984. Construite à partir des déplacements domicile-travail, une zone  d’emploi est un ensemble de communes sur lequel la plupart des actifs résident et travaillent. Ce zonage d’étude est régulièrement mis à jour pour tenir compte de  l’évolution de l’économie locale et de la population. En 2020, l’Insee et la Direction statistique du Ministère en charge du travail et de l’emploi (Dares) ont révisé ce zonage  en s’appuyant sur une méthodologie développée par Eurostat, permettant de comparer plus facilement les pays européens. Un autre objectif de cette refonte est  d’homogénéiser la méthode sur le territoire. Contrairement aux zones d’emploi de 2010, construites région par région, les zones d’emploi de 2020 sont issues de  paramètres nationaux. Seules quelques régions font exception : les DOM et la Corse en raison de leur particularité géographique, qui suppose des déplacements  domicile-travail limités, et l’Île-de-France qui a fait l’objet d’un traitement différent pour tenir compte de la très forte polarisation des flux vers Paris.  

La méthode repose sur un procédé itératif basé sur l’analyse des déplacements domicile-travail entre les différentes zones. Un ensemble de communes  agrégées constitue une zone d’emploi dès lors qu’elle satisfait à des critères de taille (nombre d’emplois) et de stabilité (part élevée d’actifs travaillant et résidant dans  la zone). 

Un des principaux résultats de cette nouvelle méthode de constitution est un rééquilibrage des zones en nombre d’actifs. C’est particulièrement vrai autour des grandes  métropoles, qui avaient tendance à agréger de nombreuses communes en 2010. La nouvelle méthode permet de limiter la taille des zones d’emploi et de laisser se  construire d’autres zones autour des grands pôles. Dans la région, la zone d’emploi de Dijon passe ainsi de 207 000 actifs dans sa version de 2010 à 188 950 dans sa  version de 2020. Quelques zones fusionnent : Besançon et Gray, Pontarlier et Morteau, Lons-le-Saunier et Louhans, Châtillon et Montbard, Avallon et Le Morvan. Deux  nouvelles zones d’emploi apparaissent suite à une scission (Belfort et Montbéliard)

Sources et méthode 

Cette étude s’appuie sur les exploitations principale et complémentaire des recensements de la population 2007 et 2017, le Fichier localisé des rémunérations et de l’emploi salarié (Flores) 2017, Clap 2015, et des données relatives au nombre de nuitées dans les hôtels et campings qui sont issues des enquêtes sur la fréquentation touristique. 

Afin de dégager les spécificités économiques des territoires, une typologie des 306 zones d’emploi de France a été réalisée. Elle s’appuie sur des indicateurs de spécialisation économique mesurée par le rapport entre la part de l’emploi dans un secteur et cette même part mesurée sur la France entière. Les variables retenues sont l’emploi des sphères productives et présentielles (Définitions), de l’industrie, de l’administration publique, l’emploi dans les grandes ou petites entreprises et des indicateurs d’activité touristique. Une classification ascendante hiérarchique a permis de regrouper les zones d’emploi selon des caractéristiques communes. 

Les données structurelles utilisées portent sur une période antérieure à la crise sanitaire du Covid-19. Elles ne prennent donc pas en compte ses conséquences économiques. 

Définitions 

Le taux de stables ou la part de stables rapporte le nombre d’actifs habitant et travaillant dans une zone, au nombre total d’actifs occupés de la zone. 

L’économie présentielle recouvre les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, résidents ou touristes. 

L’économie productive recouvre les activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère. Pour la réalisation de la typologie, les secteurs de l’agriculture et de l’administration, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale sont exclus de ces deux sphères. 

Le niveau de vie est égal au revenu disponible (revenu tenant compte de la redistribution socio-fiscale) du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus du ménage et le niveau de vie médian est le niveau de vie au-dessus duquel se situe la moitié de la population, l’autre moitié se situant en dessous. 

Les cadres des fonctions métropolitaines regroupent les cadres et professions intellectuelles supérieures et les chefs d’entreprises de 10 salariés et plus des cinq fonctions suivantes : Conception-recherche, Prestations intellectuelles, Commerce inter-entreprises, Gestion et Culture-loisirs. 

Pour en savoir plus

● Levy D., Dubois M., Lefebvre M., « L’orientation économique des zones d’emploi : entre spécialisation et diversité des économies locales », Insee Première n° 1814, Septembre 2020.

Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°23, octobre 2017.  Bilan économique 2019 – Bourgogne-Franche-Comté, « L’économie régionale globalement bien orientée en 2019 mais à l’épreuve de la crise sanitaire en 2020 », Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n°22, juin 2020. 

● Charton C., Ville H., « La bande frontalière : un territoire lié à l’économie suisse », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°70, juin 2020. ● Andrieu H., Bordet-Gaudin R., « L’industrie régionale très convoitée par les groupes étrangers », Insee

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Économie : attention au transport routier de marchandises. (TRM)

Le travail présenté par Nathalie, la méthodologie mise au point par Xavier doivent être pour tout notre groupe l’occasion de naviguer entre les icebergs : une approche sectorielle « futée » doit être notre marque de fabrique collective. Déjà sévèrement impacté par la première vague de la pandémie, le TRM redoute les conséquences du nouveau confinement. Surtout pour les plus petites entreprises du secteur...

Un secteur fragilisé par son morcellement.

C’est une première victoire qui redonne un peu d’espoir aux routiers. Le 5 Novembre dernier, après une réunion téléphonique avec le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, les syndicats de chauffeurs annonçaient l’ouverture de 250 relais routiers sur l’ensemble du territoire. Sur présentation de leu(r carte professionnelle, les conducteurs peuvent désormais accéder à l’un de ces établissements pour y prendre un repas chaud à table, faire une pause, accéder aux sanitaires… Une restriction contrarie cependant les transporteurs : les restaurants ne seront ouverts que de 18 h à 10 h sur arrêté préfectoral. Pas de repas chaud à midi donc !

Des Héros de la continuité économique

« On pense que c’est déjà un bon début parce qu’il n’y avait que 50 relais routiers d’ouverts au premier confinement. Et on aura un interlocuteur en permanence pour ajuster les relais qui auront besoin d’être ouverts », estime néanmoins Thierry Douline, président CFTC Transports. Aires de repos inaccessibles, points de restauration fermés, douches et toilettes condamnées, stations-services closes..; depuis le début de la crise sanitaire, les organisations patronales du secteur et les syndicats professionnels dénoncent les conditions de travail inacceptables des conducteurs routiers. « C’est une première victoire pour les conditions de travail et d’hygiène de ces héros qui assurent la continuité de l’économie du pays », se sont réjouies toutes ces structures dans un communiqué commun. Mais elles restent sceptiques quant à la volonté réelle du gouvernement de soutenir leur profession. En pleine pandémie, dans une France deux fois confinée et confrontée à des ruptures d’approvisionnement le transport routier de marchandises a vaillamment poursuivi son activité. Apportant ainsi son soutien vital aux principaux secteurs d’activité qui animent l’économie du pays.

Des conditions de travail à rétablir.

Oubliés dans le Plan de Relance du Gouvernement !

Pourtant, alors qu’il représente 90 % du fret de marchandises en France, le secteur est le grand oublié du fameux Plan de relance annoncé par le Premier Ministre Jean Castex ( 100 milliards d’€ sur 3 ans). Pas un mot sur le TRM dans le dispositif ! Le ferroviaire, lui rafle la plus belle part du gâteau avec 4,7 milliards d’euros. Tandis que « l’avion vert » bénéficiera d’une aide de 1,9 milliard d’euros. pas un centime n’est directement prévu pour le transports routier. Même si certaines mesures, comme le développement de la filière hydrogène ou l’amélioration des infrastructures routières, devraient tout de même lui être profitables. L’absence de mesures spécifiques pour le TRM dans le Plan de relance est d’autant plus incompréhensible que le fret routier a connu une baisse de 50 % à 60 % de son activité en moyenne pendant le confinement. « certaines entreprises annoncent des pertes allant jusqu’à 20 % encore aujourd’hui ! Les transporteurs qui continuaient de rouler ont vu exploser leurs coûts alors même quec de nombreux clients exerçaient une pression à la baisse sur les prix. ces pressions persistent. Pour beaucoup d’entreprises, les comptes d’exploitation sont dans le rouge ! « , s’alarme la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR).

A l’évidence, un soutien à la profession à la profession s’imposait pour aider les plus petites entreprises du secteur à se relever. Comme le rappelle une étude récente de l’INSEE, le secteur routier de marchandises comprend 83 % de TPE ! Caractéristiques : elles occupent moins de 10 personnes et ont un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan n’excédant pas 2 millions d’euros. On dénombre ensuite 16 % d’autres petites et moyennes entreprise (PME) et 0,4 % d’entreprises de taille intermédiaire et de grandes entreprises. la profession se démarque par un très fort poids de ses PME : ces dernières réalisent 45 % du chiffre d’affaires du secteur, contre 18 % dans l’ensemble du transport.

Des objectifs de report modal : décongestionner les routes ?

Dépôts de bilan en perspective.

Des chiffres qui illustrent bien la nécessité d’aider les plus petites entreprises de TRM, généralement plus fragiles financièrement, à surmonter cette frise sanitaire. Mais il y a aussi un intérêt plus stratégique, pour toute l’économie nationale à soutenir le transport routier. Car même si l’on atteint les objectifs de report modal (pour décongestionner les routes) , le TRM représentera toujours plus de 75 % du fret de marchandises en France. « Il est et restera incontournable. Il est un levier à court et moyen terme pour réussir la transition énergétique, pour améliorer la compétitivité française et l’emploi. Le gouvernement doit enfin en prendre la mesure… »rappellent les représentants des entreprises de transport routier.

En attendant ce jour improbable, le secteur souffre. Au troisième trimestre 2020, selon la note de conjoncture de la FNTR, l’activité du TRM accentue sa baisse. le solde d’opinion, indicateur qui mesure l’activité économique par rapport à la même période de l’exercice précédent, se trouve très en-dessous de sa moyenne habituelle depuis 4 trimestres consécutifs. Une chute qui bientôt, dépassera celle observée lors de la crise financière de 2008. 56 % des chefs d’entreprise estiment que leur activité ca régresser, contre seulement 8 % qui envisagent une hausse. les autres sont dans l’incertitude. « dans un secteur composé à 95 % de TPE/PME, cette situation signifie très concrètement des dépôts de bilan en perspective et des menaces sur l’emploi. Il en va de l’avenir des 40.000 entreprises du secteur et de leurs 400.000 salariés, prévient la FNTR.

Des charges d’exploitation élevées.

Allongement des délais de paiement, pertes de marchés, tensions sur les prix: les trésoreries de la plupart des TPE du TRM sont exsangues… Une épreuve peut-être plus douloureuse pour celles-ci car le secteur se caractérise par des charges d’exploitation élevées, inhérentes aux activités selon l’INSEE. La part de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires est ainsi plus faible que pour l’ensemble des transporteurs (36,2 % contre 42,1 %). Cela est dû au poids important des achats de matières premières (11% de la valeur ajoutée), en particulier de carburant stocké. Le taux de valeur ajoutée est encore plus faible dans les transports routiers de fret interurbains (33,2%).

Les « autres achats et charges externes » pèsent aussi fortement sur la valeur ajoutée : ils représentent 80 % des consommations intermédiaires et 50 % du chiffre d’affaires du secteur. Plus d’un tiers des dépenses de ce poste est consacré à la sous-traitance, soit 15 % du chiffre d’affaires du secteur (21% pour l’ensemble du transport). Le recours à la sous-traitance est plus élevé dans les plus grandes entreprises (21% du chiffre d’affaires) que dans les microentreprises (7ù) et les autres PME (12%). plus des deux tiers de cette sous-traitance participent à l’activité principale des entreprises, le reste de son fonctionnement (nettoyage, comptabilité…).

Un autre tiers des « autres achats et charges externes » est consacré à l’entretien et aux réparations ,aux loyers et charges locatives et aux assurances. En sous-traitant une partie de leur activité principale, les plus grandes entreprises réduisent le poids de ce type de dépenses. le tiers restant regroupe les achats non stockés de carburants, les redevances de crédit-bail, les autres frais annexes et le coût du personnel extérieur. Les entreprises sollicitent beaucoup l’emploi intermédiaire(24.000 intérimaires), notamment en raison des difficultés de recrutement de personnel roulant qui se sont accrues depuis 2017.

Le taux de marge du secteur est aussi plus faible que celui de l’ensemble des transports (13,4 % contre 24,8%). les frais de personnel sont en effet relativement plus élevés dans le transport routier de marchandises, avant tout du fait du volume des emplois, les frais de personnel par salarié étant plus faibles. Toutefois, le taux de marge des entreprises ne reflète que partiellement leur rentabilité : celle-ci doit s’apprécier relativement au capital engagé. La rentabilité économique de ce secteur est ainsi supérieure à celle de l’ensemble des transports (10,4 % contre 5,5%). Une vérité statistique qui remonte à l’année 2017 et qui n’est certainement plus qu’un lointain souvenir en 2020…

Chiffres-clés de la Profession : CA : 47,6 milliards d’euros. (Source : INSEE et FNTR).

Nombre d’entreprises : 31.800

Nombre de salariés : 400.000

Revue CGA Contact – N° 141 Novembre/décembre 2020 – auteur : Nasser NEGROUCHE.

Nos synthèses par domaines.·Prospective·Société

Conférences sur le climat : où en sommes-nous ?

TEMOIGNAGE : J’ai été très intéressée par la conférence ; je m’informe sur ces sujets tant et plus depuis quelques années. 
La présentation de Jérôme Chabot recoupe certaines analyses que je connais déjà (J.-M. Jancovici, B. Latour, A. Barrau, B. et B. Stiegler, P. Jorion, A. Supiot, G. Giraud, E. Laurent, D. Méda, E. Duflo, B. Friot, V. Cabanes, B. Morizot, A. Casilli…) mais il donne du grain à moudre, en exposant à chaque fois à l’aide de schémas plusieurs scénarios pour comprendre des points de vue différents. Et sa posture, qui privilégie la réflexion sans se précipiter sur des solutions miracles et simplistes, me paraît digne d’estime.
J’écouterai volontiers la suivante et j’en ferai la publicité autour de moi.

Ce jeudi 10 Novembre à 18 heures, nous avons été jusqu’à 18 personnes connectées, ce qui était un peu mieux que l’attendu, un « poil » moins bien que l’espéré… (Mes années de reporting – contrôle de gestion m’ont appris à danser la gigue dans le Serpent Monétaire Européen). Quand le quantitatif ne dit plus grand-chose, alors une pincée de qualitatif vous éclaire : qu’a ressenti votre client/auditeur ? Quels sont les indices de son intérêt, de sa satisfaction ?

Ne pas aller tout de suite à la solution, d’abord penser le système. (Aurélien Barrau).

Le témoignage ci-dessus montre : 1°) que Jérôme est un conférencier qui « tient la distance ». Il a expliqué et défendu son choix éditorial, (l’exposé magistral, appuyé de schémas exécutés en direct, pour étayer son propos… Et visiblement, cela plaît.

2°) que la conclusion – très ouverte – du propos, est parfaitement légitime. Et cela, pour plusieurs raisons : lorsque l’on découvre en quelques minutes que ce qui a fondé votre éducation, vos croyances est largement fondé sur l’intérêt (les intérêts privés), l’aveuglement, le déni et qu’il faut d’urgence procéder à un aggiornamento, il est important de laisser souffler le boxeur « groggy ». Il y a 18 mois, pas sûr que cela n’ait paru aussi évident.

3°) il nous reste à produire : un portrait-témoignage de Jérôme, (il s’y est engagé) avant la troisième conférence du 10 Décembre. Comment en est-il arrivé à ces questionnements ? A cette démarche pédagogique, mais aussi à cette « prise de risque » ? (Ceux qui savent ce que recouvre « l’effet démo », ce que signifie l’expression « mouiller la chemise » verront de quoi je parle. Mais ce n’est pas tout ! Il reste une question-clé : en quoi l’Association a-t-elle eu raison (on l’espère) d’accompagner cette démarche ? Après avoir défendu le projet d’oenotourisme dans les Hautes-Côtes, vendu des livres U.E./Chine/Afrique, quelle nouvelle approche de valorisation de nos candidats devons-nous imaginer demain ? Vous avez quatre Heures.

Canelle et Canellito