Economie·Formation et professionnalisation·Société

Société : « Le service civique n’atteint pas ceux qui en ont le plus besoin.

Le service civique, proposé à tous les jeunes de 16 à 25 ans, constitue-t-il , au-delà d’une expérience citoyenne, un tremplin vers l’emploi ? C’est la question posée à Sophie Morlaix, chercheuse à l’université de Bourgogne.

Sophie_Morlaix

Si, globalement, le service civique a « un effet bénéfique sur l’insertion professionnelle » des jeunes, « cela se vérifie surtout auprès des plus diplômés ». C’est ce que constate Sophie Morlaix, enseignante-chercheuse à l’université de Bourgogne, dont le travail de recherche, conduit en Bourgogne Franche-Comté auprès de 783 jeunes, a nourri le rapport qu’elle a remis en 2019 à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep).

Un dispositif qui loupe sa cible.

Avant leur service civique, 7% des jeunes interrogés disposaient d’un emploi.  A l’issue du service civique, ils sont 29% à avoir trouvé un emploi dans la foulée, selon la chercheuse. Le service civique a donc sans conteste « un effet positif entre la situation initiale et finale ». constate Sophie Morlaix. Qui met cependant deux bémols à cette conclusion.

Premier bémol : « Le dispositif n’atteint pas en priorité ceux qui en ont le plus besoin et qui sont d’abord visés ; à savoir les moins diplômés, les inactifs et ceux qui n’ont aucun projet professionnel ». De fait 58% des jeunes qui ont fait un service civique dans l’échantillon étudié, sont diplômés de l’enseignement supérieur.

Deuxième bémol : les moins diplômés (qui n’ont pas le Bac) sont 61% à être demandeurs d’emploi avant le service civique.  « ils restent encore 57% dans ce cas, juste après le service civique et encore actuellement », au moment de l’étude. « L’effet bénéfique sur l’insertion professionnelle n’existe pas, en réalité, pour les jeunes non diplômés », conclut Sophie Morlaix. La situation est toute autre pour les diplômés du supérieur : 44% d’entre eux disposent d’un emploi à l’issue d’un service civique, qui « leur sert à se faire une première expérience professionnelle ».

« Tous semblent y trouver leur compte ».

Malgré ces réserves, la chercheuse constate que les jeunes portent, sur le service civique, « un regard massivement positif ». Tous semblent y trouver leur compte, du moins en partie, et vantent les mérites de cette expérience généralement décrite comme enrichissante, formatrice, voire révélatrice pour certains.

Alexandra CACCIVIO – Le Bien Public du Dimanche 16 Février 2020.

En chiffres : 581€, c’est le montant net, de l’indemnité mensuelle versée aux jeunes en service civique. Peuvent s’y ajouter 119€ pour les boursiers au 5e, 6e, ou 7e échelon.

79000 : c’est le nombre de jeunes qui ont commencé une mission de service civique, en 2017, selon les données de l’Injep. cela représente 10% d’une classe d’âge.

A suivre : Heureux hasard, cette étude est parue à quelques jours de l’analyse N°67 de l’INSEE : ainsi chacun pourra se faire une opinion documentée sur l’emploi des jeunes dans notre région.

 

 

Formation et professionnalisation·Revue de Presse

11 astuces pour s’exprimer facilement en public.

Même si certains sont plus à l’aise que d’autres, prendre la parole devant un auditoire, cela se travaille.

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1. Préparer des notes.

Pas question de lire son discours d’un ton monotone et monocorde, sous peine de voir tous les présents plonger le nez dans leurs téléphones portables. On n’écrit pas comme on parle, on n’utilise pas les mêmes vocables. Alors, oubliez les interventions écrites de A à Z, imprimées sur des feuilles 21 X 29,7 cm, difficiles en plus à manipuler, au profit de fiches cartonnées de format A5. Préparez votre intervention sous forme de plan en différenciant clairement les parties. jouez avec les couleurs, surlignez les passages importants ou à accentuer avec la voix, notez les citations, les mots-clés. Cela vous aidera à être plus naturel, plus convaincant, plus passionnant. pourquoi écrire les verbes ou expressions comme « il faut, je pense » ? Trop écrire, c’est, le trac aidant, prendre le risque de se noyer dans une montagne de caractères illisibles, et donc de perdre le fil de sa pensée. Si vous maîtrisez votre sujet, vous saurez construire les phrases le moment venu. faîtes-vous confiance. toutefois, il est toujours compliqué de lancer et de finir une intervention, rédigez vos introductions et conclusions en quelques lignes.

2. Cerner le message.

Pensez à vos interlocuteurs, ils vont devoir faire preuve de concentration pour vous écouter, alors évitez de les submerger d’informations inutiles et évitez les digressions sous peine de les voir « décrocher ». Selon une enquête IFOP-Wisembly, pendant les réunions 81 % des cadres s’occupent en faisant autre chose. La moitié (51%) lisent ou envoient des emails, travaillent sur d’autres dossiers (49%), lisent ou envoient des SMS (48%) . Certains font aussi des dessins (37%), jouent sur leur téléphone (10%), vont sur les réseaux sociaux (8%) organisent leurs week-ends ou leurs vacances (7%)…. Alors, pour retenir leur attention, transmettez un seul message et n’hésitez pas, selon la longueur de votre intervention, à en rappeler régulièrement la problématique. Soyez visuel dans vos propositions, évitez les énumérations de chiffres impossibles à assimiler. Si vous souhaitez que l’on vous entende, limitez aussi les textes reproduits sur Powerpoint, sinon le public se contentera de lire les slides (page d’un diaporama électronique  ou dossier défilant affiché sur l’ordinateur, ou projeté sur écran externe). Si vous souhaitez convaincre, vous devez porter votre message avec conviction et enthousiasme.

3. Choisir les bons mots.

C’est votre intervention, alors privilégiez le « je » ou citez le nom de l’entreprise, mais quel que soit le sujet évitez le « on« . Ce pronom indéfini désengage la personne qui prend la parole. Utilisez des mots simples, mais bannissez les formulations minimalistes comme « un peu » ou une « petite réunion ». Très dévalorisant pour la personne qui expose et pour son auditoire. Utilisez le langage direct et soyez factuel, dites « mon équipe a réalisé 70 % de ses objectifs » et non « je pense que nous…. » qui donne l’impression que vous ne maîtrisez pas le sujet. Employez le temps du présent, plus vivant. En fin d’intervention, on termine par une phrase nette de conclusion comme « Je vous remercie de votre écoute » et on évite le traditionnel « voilà…. » qui laisse votre présentation et l’auditoire en suspens.

4. S’adapter au public.

Parler_en_public1Renseignez-vous sur les participants. Qui sont-ils ? Quels sont les éléments à mettre en avant ? Sont-ils nombreux ? Comment se déroulera votre intervention : salle de réunion en « U », en théâtre ,avec ou sans micro ?  Tous  ces détails permettent d’adapter ses propos, de mieux cibler son public. Dire pour convaincre demande de personnaliser son discours pour se sentir plus à l’aise ou même mieux entendu.

5.Répéter son texte.

Maîtriser son sujet, c’est une chose, réussir à le partager avec d’autres en est une autre. Alors, entraînez-vous face à vote miroir, votre conjoint, ou à des amis. Utilisez vos fiches, modifiez-les au fil des remarques, de vos hésitations, mais surtout n’essayez jamais de reproduire le même discours. Vos propos évoluent au fil des répétitions, c’est normal, c’est signe que vous vous l’appropriez, qu’il prend vie et forme.  Le jour « J », vous parviendrez à le restituer sans mal. Il sera vôtre ; perceptif, l’auditoire sera d’autant plus attentif qu’il vous sentira à l’aise.

6. Soigner l’articulation.

Bafouiller, c’est la plus grande crainte de tous les orateurs. Alors, pour éviter d’entremêler les sons et de s’y reprendre à plusieurs fois, pratiquez des étirements de la bouche, des mâchoires, des joues. Pincez les lèvres, souriez jusqu’aux oreilles, rentrez les joues, gonflez-les… Ensuite, entraînez-vous à répéter de plus en plus rapidement de petites phrases du type « les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, » ou bien « sachez soigner ces six chatons si soyeux ».

Le Net regorge d’exemples (www.articuler.com, http://www.momes.net). Une intervention en public, c’est comme une compétition, pour la réussir, il faut s’échauffer.

7. Jouer avec la voix.

Pour capter l’attention, il faut à la manière des comédiens, être expressif, apprendre à moduler sa voix, à varier les intonations, lui donner du rythme. pour y parvenir, rien de plus efficace que de lire plusieurs fois des textes à haute voix en variant les intonations… C’est d’ailleurs la méthode qu’utilisait le président américain, Abraham Lincoln. « En lisant à haute voix, j’entends ce que je lis tout en le voyant, de sorte que les deux sens le comprennent et je m’en souviens mieux », disait-il.

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Les histoires pour enfants se prêtent particulièrement à ce type d’exercices.

8. Surveiller sa gestuelle.

Pour réussir votre intervention, soyez vous-même. S’assumer et cultiver les points forts de sa personnalité – y compris sa timidité – est la meilleure méthode pour convaincre. Prêtez attention à votre langage corporel. Vous avez l’habitude de parler avec les mains ? Veillez juste à ce qu’elles ne vous cachent pas le visage. Soyez vigilant sur ces gestes qui révèlent des pans entiers de personnalité tout en trahissant les pensées de celui qui les fait. Pensez qu’à travers eux, vous exprimez 55% d’un message contre 7% avec les paroles et 38% avec les intonations.#

9. Regarder l’auditoire.

Pas question d’adopter un regard fuyant ou de garder le nez sur vos notes, que vous vous exprimiez devant trois ou cent personnes, vous devez regarder votre auditoire. La salle est immense ? Choisissez de regarder deux, trois personnes installées en différents endroits (à gauche, à droite, au fond). La réunion est composée de six personnes ? Faites tourner votre regard au fil de votre intervention pour les impliquer, pour maintenir leur attention.

10. Méditer quelques minutes.

Comme un comédien qui s’apprête à entrer en scène, isolez-vous quelques minutes  avant de débuter votre intervention. Le temps de méditer quelques minutes à travers un exercice de méditation. Pour se concentrer et gérer son stress, c’est idéal. Restez debout et fermez les yeux. Inspirez profondément par le nez en comptant jusqu’à 4. Bloquez votre respiration sur 2 temps, puis expirez par la bouche en comptant jusqu’à 8. Recommencez 4 à 5 fois. Concentrez-vous sur les vagues qui se forment sur le ventre. Pour mieux les sentir, posez une main dessus. La détente vous gagne ? Ouvrez tranquillement les yeux.

11. Maîtriser son temps.

Le temps, c’est la clef d’une intervention réussie. Selon une enquête de l’IFOP _ Wisembly, (Les Échos 24/03/2015)  la plupart des cadres indiquent que leur attention commence à diminuer au bout de 52 minutes de réunion. 23% affirment même perdre le fil après moins de 30 minutes ! Une bonne présentation doit donc être concise.

# N° 128 CGA Contact Septembre – Octobre 2018.

Article publié dans le N°134 de CGA Contact de Contact Septembre – Octobre 2019 – Le Journal de la Petite Entreprise.

 

 

 

 

 

 

Formation et professionnalisation·Pour un meilleur emploi

Compétences transférables : comment elles dirigent notre vie professionnelle.

Cet article commence par une bonne nouvelle : vous disposez d’un atout insoupçonné pour accompagner votre projet d’évolution professionnelle, de reconversion ou de recherche d’emploi : vous ! Eh oui : nouvelle époque, nouveau paradigme… Et si le diplôme et l’expérience, ça ne faisait finalement pas tout ? L’IFOCOP, spécialiste de la formation tertiaire en alternance évoque aujourd’hui avec vous la question des compétences transférables et vous donne les clés pour choisir une formation qui vous ressemble.

Mais tout d’abord, c’est quoi des « Compétences transférables » ?  Apparu il y a une quinzaine d’années environ, ce terme désigne un ensemble de compétences utiles dans l’exercice de nombreuses professions ou dans l’obtention (puis le maintien) de postes dits « à responsabilité ». Par exemple, gérer un planning ou des équipes, manager un service, organiser et tenir des réunions… « Un savoir-faire souvent acquis de façon informelle dans un cadre formel », résument les experts, soulignant un atout de cette « école de la vie » : la personnalité unique du candidat qui, par définition, donnera une couleur bien particulière à l’exercice de ses fonctions… et le rendra désirable face à la concurrence ou à des candidats disposant du même profil… mais pas des mêmes qualités.

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Formation et professionnalisation·Pour un meilleur emploi·Recrutement & RH

10 conseils pour ne pas stresser en entretien d’embauche

Toute ressemblance avec des événements existant ou ayant existé serait totalement fortuite… ! Par Priscilla Gout | Mis à jour le 24/04/2019

Il est tout à fait normal d’être stressé avant un entretien de recrutement. Mais perdre vos moyens devant le recruteur peut vous faire passer à côté du job tant espéré. Voici nos conseils pour apprendre à gérer son stress avant et pendant l’entretien d’embauche.

Préparez correctement votre entretien

Bien relire votre candidature, l’offre d’emploi, faire des recherches sur l’entreprise, sur son actualité… Ajustez vos connaissances en fonction du poste que vous convoitez et prioriser vos recherches : croissance externe, communication, valeurs…

Anticipez les questions délicates

Pensez à préparer une réponse adéquate aux « reproches » éventuels qui pourraient être faits concernant votre parcours et vos points faibles afin de ne pas être déstabilisé. Cela montrera que vous avez un rapport sain avec toutes les étapes de votre parcours.

Faites une simulation

Entraînez-vous avec un proche prêt à jouer le rôle du recruteur. Cela vous aidera à visualiser l’entretien et à préparer vos réponses aux questions délicates. Vous pouvez même filmer cet entretien fictif avec votre smartphone pour mieux repérer vos forces et vos faiblesses ainsi que vos tics de langage, vos gestes parasites…

Reposez-vous et relaxez-vous avant

Rien ne sert de « réviser » toute la journée, c’est le meilleur moyen de stresser. Préparez quelques fiches mémo pour garder en tête les grandes lignes de votre présentation et relisez-les tranquillement avant votre entretien. Pour les plus angoissés, une séance de sophrologie la veille avec un professionnel peut s’avérer salutaire. Aux grands maux les grands remèdes !

Travaillez votre estime de vous-même

Si toutes les techniques de relaxation et de simulation d’entretien ne réussissent pas à venir à bout de votre stress, c’est votre confiance en vous qu’il faudra travailler, ainsi que votre estime de vous-même. Si une partie de votre parcours sur votre CV est source d’inquiétude, n’hésitez pas à retravailler celui-ci. Et si vous n’arrivez pas à sortir la tête de l’eau tout seul, sondez votre entourage pour  avoir un regard extérieur : vous saurez alors si vous vous inquiétez à tord ou à raison.

Faites un point « logistique » la veille

Vérifiez l’adresse et l’heure de votre rendez-vous est un bon moyen pour ne pas vous tromper et d’arriver en retard. Préparez également la tenue que vous comptez mettre, cela vous évitera de perdre du temps à chercher quoi vous mettre, surtout si votre entretien a lieu tôt dans la matinée. Vérifiez le temps de transport si c’est un trajet que vous connaissez mal et faites en sorte de pouvoir faire face à un imprévu, avec si besoin un « plan B ».

Respirez profondément avant l’entretien

Inspirez et expirez profondément et doucement par le ventre dès les premiers signes du stress. Cette technique paraît banale mais elle est la base de la relaxation (en cours de yoga par exemple) et fonctionne si elle est bien appliquée.

Analysez la source de votre stress

Pendant que vous patientez en salle d’attente, « amusez-vous » à identifier les sources de votre anxiété. Ce n’est finalement pas l’entretien qui génère le stress mais les pensées négatives que les candidats développent autour. Dites-vous que vous n’avez rien à perdre mais tout à gagner ! Et c’est souvent la peur de la peur qui nous déstabilise : si vous « accueillez » votre stress, il pourrait bien s’en aller plus vite que prévu.

Restez concentré pendant l’entretien

Afin de ne pas perdre le fil. Parlez tour à tour avec votre interlocuteur. Stressé, le candidat peut en effet avoir tendance à monopoliser la parole de peur des « silences » dans la conversation. Prenez des notes si nécessaire, cela peut vous aider à clarifier certains points par la suite.

Soyez actif et non passif

Votre stress n’est pas causé par le recruteur, mais par vous-même et l’idée que vous vous faites de son jugement. Soyez vous-même, le plus sincère possible, et mettez en avant ce que vous pouvez apporter de positif à l’entreprise. Celle-ci n’a pas besoin de vous ? N’hésitez pas à lui demander pourquoi lors du refus afin bien comprendre vos éventuels points faibles et les travailler pour l’entretien suivant.

 

L’actualité Emploi de votre région : Conseils, Vie Pro, Entreprises qui recrutent …
Extrait du site Estjob Actus.
Actualités & News·Economie·Formation et professionnalisation

Pour une véritable stratégie nationale dans les services

Cette tribune (de Sophie Bellon – Présidente du Conseil d’Administration de Sodexo) est parue initialement dans l’édition du 11 mars 2019 des Échos.

La France connaît une crise sociale sans précédent qui reflète deux peurs essentielles, celle des fins de mois difficiles à boucler et celle du déclassement. Au-delà de leurs origines sociales indéniables, celles-ci sont aussi révélatrices d’un malaise croissant dans la société française, celui des inégalités territoriales.

Ce champ d’inégalités pose notamment la question de l’accès aux services des citoyens, alors que certains d’entre eux dénoncent une « assignation à résidence » dont ils s’estiment victimes et ressentent les difficultés liées à des situations d’isolement croissant. Un des défis majeurs que nous devons donc relever collectivement est celui du lien social dans les territoires.

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