Actualités & News·Evènements·L'éditorial

Pas encore en vacances !?

Encore quelques belles journées dans le Far-West de plus en plus confiné… et il sera temps de rentrer au bercail : pour donner une idée de la menace, qu’il me suffise de dire qu’ici les bars ferment à 1 heure du matin… Autrement dit, les braves gens vont se coucher à l’heure où la Covid-19 devient contagieuse… ou bien ?

Quelques bonnes nouvelles concernant BCN sont tombées hier : le rendez-vous à la Mission Locale de Beaune est confirmé pour le 29 Juillet, 6 entretiens sont prévus, et en l’absence de Danièle et Gilles, une place est disponible pour participer à l’expérience, covoiturage et déjeuner compris… Qui dit mieux ?

Nouvelle preuve de notre insertion au sein de la Métropole dijonnaise, notre invitation est confirmée le 24 septembre 2020 à la Vapeur, pour fêter l’anniversaire du PIMMS de Dijon: l’occasion pour Françoise de nous faire partager son intérêt pour l’ESS, et de découvrir les grandes entreprises qui oeuvrent par la médiation et la création d’emplois à l’acceptation des politiques publiques, et la tranquillité urbaine.

Nous sommes désormais attendus avec Christine le 6 Octobre prochain au Rotary-Club Le Téméraire de Dijon – Clémenceau pour un échange sur le thème : « Comment se prendre en main en période de recherche d’emploi, pour acquérir, développer et valoriser de nouvelles connaissances ». Est-ce que nos amis et adhérents marketeurs ou storytellers peuvent nous aider à concocter une argu-narration qui serve leur mise en valeur ? Pourrions-nous à cette occasion définir des propositions d’études ou d’enquêtes transverses à leur soumettre ?

Enfin, je ne résiste pas à reproduire ici l’échange concernant d’hier avec Carine Deriot de Pôle-Emploi, et co-organisateur du Forum des Cadres du 3 Novembre 2020 :

Merci pour votre retour rapide.

Nous sommes très heureux de vous compter parmi nous pour cette journée. Nous avons eu confirmation de la date il y a maintenant trois semaines. Le contexte étant quelque peu changeant en ce moment, nous avions préféré attendre un peu pour communiquer.

Il est prévu un emplacement, avec grilles pour affichage, des prises électriques et wifi vous permettront de diffuser sur votre matériel informatique. Nous reviendrons vers vous en septembre pour les détails pratiques en fonction des mesures sanitaires en rigueur à ce moment-là.

Belle journée et bel été !

Tout cela me rappelle que pour beaucoup d’entre vous, l’été et le déconfinement sont à l’ordre du jour, et qu’il serait cruel de m’en désolidariser : belles vacances à tous, attention aux UV !

L’Ours.

Culture - Loisirs - Histoire·Evènements·Revue de Presse

La voix de l’Europe porte encore.

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Spécialiste du nazisme, l’historien Ian Kershaw trace dans « L’âge global le portrait d’un continent européen prospère, puis secoué par les crises économiques et identitaires. A l’heure du Brexit et des populismes, il décrit une Europe écartelée entre les incertitudes et les motifs d’espoir.

Question :  Que représente pour vous le Mur de Berlin, qui figure sur la couverture de votre livre ?

Ce mur représente toujours d’après moi, la vision d’une Europe unie. Avec des jeunes,     « juchés » sur le Mur, qui ont réussi à surmonter les divisions de ce continent.

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Question :  Pourquoi cet « âge » est-il devenu « global »  après la Seconde Guerre Mondiale ?

La période qui suit la Seconde Guerre Mondiale est subordonnée d’entrée à deux superpouvoirs mondiaux, les États-Unis et la Russie : le livre s’ouvre d’ailleurs sur la guerre de Corée, pour montrer à quel point les intérêts mondiaux leur étaient subordonnés. Avec le temps sont venus se greffer les effets de la mondialisation. Et puis la Chute de Mur, la convergence économique, Internet, la révolution technologique des années 1990 et 2000 pour aller vers un monde de plus en plus lié et interconnecté.

Question :  En quoi la crise des missiles de Cuba, en 1962 constitue-t-elle un cap dans l’histoire ?

C’est la fin d’une première phase de peur profonde d’un conflit nucléaire et aussi la preuve que ce qui menace l’Europe est désormais lié aux intérêts des Américains et des Russes. 1960, le Mur de Berlin, 1962, les missiles de Cuba. La confrontation nucléaire prend fin à l’heure de ces deux événements. Contrairement à ce quel ‘on croit, le Mur met fin à la tension entre les peuples en Europe, et en 1962 surgit un moment de paix, de stabilité, lié à l’équilibre nucléaire entre les deux.

Question :  Vous décrivez cette période comme celle du retour à une certaine forme de « normalité » ?

Dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le désir de paix était là en Europe, avec cette reconstruction d’une Europe pacifiée, avec l’idée que cela ne se reproduirait jamais. La stabilité a consolidé de développement pacifique en Europe. Au niveau culturel, des développements spécifiquement européens sont nés parce qu’ils prenaient racine dans l’horreur qu’a connue l’Europe, dans le traumatisme physique et psychologique de la guerre. On les a retrouvés notamment dans l’architecture et la littérature.

Question :  Un long chapitre est consacré à la guerre de Yougoslavie, un autre cap pour le continent européen ?

Ce n’est pas forcément un tournant, mais elle a rappelé à l’Europe que son sol pouvait encore être le théâtre de guerres, que toute forme de conflit n’avait pas totalement disparu. C’est un conflit que l’Europe occidentale n’a pas compris à ce moment-là, qui se déroulait dans un pays lointain, que l’on ne connaissait pas ou pas bien. On n’en a pas tiré les enseignements qu’on a pu tirer des deux guerres mondiales parce qu’elle ne nous touchait pas. Elle n’affectait pas notre quotidien d’Européen. C’était un avertissement.

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Question :  ces dernières années, l’Europe a été durement frappée par le terrorisme. Est-ce une autre forme de guerre ?

Je n’aime pas cette expression « guerre contre le terrorisme », ce n’est pas une guerre, c’est une question de sécurité et de défense. Il n’y a pas d’ennemi défini comme pour un conflit avec un État. C’est plutôt une manière de défendre un mode de vie et une civilisation. Le danger n’est pas tant, dans ces attaques terroristes, de détruire le continent européen, que de réduire les libertés individuelles dans ces pays,  en mettant l’accent sur la sécurité intérieure dans ces pays.

Question :  Certains établissent un parallèle entre le nazisme, dont vous êtes un spécialiste, et le djihadisme.

Pour moi, ce sont des phénomènes différents, que j’analyse de manière distincte. Le nazisme est né dans un contexte européen et allemand bien précis qu’il s’agit de comprendre en tant que tel, il est impossible de les comparer. Pour moi ce parallèle est une simplification.

Question :   Brexit, Allemagne affaiblie, Italie, contestation sociale en France… Les turbulences que connaît l’Europe traduisent-elles un mal global ?

Tout ça n’engendre pas forcément une crise générale de l’Europe, ce ne sont pas des éléments susceptibles de déstabiliser voire d’engendrer l’effondrement de l’Europe. Ce sont des phénomènes certes préoccupants, mais centralisés sur leur pays : Brexit, départ de Mme Merkel, M. Salvini, les gilets jaunes en France… la question des grèves en France est un problème spécifiquement français pour lequel la France trouvera une solution, ou pas.

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Question :  Dans cette Europe-là, quel rôle doit jouer Emmanuel Macron ?

C’est quasiment le seul dirigeant européen à avoir cherché à être novateur, à vouloir réformer, mais ses initiatives n’ont mené nulle part. A chaque fois,  ses projets de réforme fondamentaux du système européen se sont heurtés aux intérêts nationaux d’autres pays, notamment de l’Allemagne. Comme sur son projet de finaliser l’Union bancaire… Macron est un énième leader politique qui a échoué sur la question européenne.

Question :   Une demi-siècle plus tard, la démocratie à l’européenne fonctionne-t-elle encore ?

Cela ne fonctionne pas toujours brillamment, mais ça fonctionne. C’est une réussite, même si, aujourd’hui, les mouvements contestataires et de protestation existent. Elle fonctionne même si elle n’est pas égalitaire et équitable pour tout le monde. Churchill disait : « La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres ». mais si on compare avec les années 30, on peut dire que la démocratie est consolidée.

Question :  Face aux poids lourds Donald Trump, Vladimir Poutine ou Xi-Jinping, la voix de l’Europe porte-t-elle encore ?

Oui, l’Europe a encore une voix, même si elle est plus faible que par le passé. L’Europe continue à être une puissance économique majeure dans le monde, malgré son déclin relatif par rapport à d’autres parties du globe. Sa voix restera d’autant plus forte si elle tient bon. Le Brexit atténue cette voix de l’Europe, mais surtout celle de la Grande-Bretagne, qui devient un pays esseulé, se contentant d’une toute ^petite voix dans les affaires du monde.

Question :  Le Royaume-Uni se retrouve donc affaibli par le Brexit ?

C’est le début de la fin. C’est en tout cas, la source d’un profond regret pour moi. Il va falloir des années avant que tout cela ne se mette réellement en place. Après, en termes de commodités en tant qu’écrivain britannique, j’attendrai plus longtemps pour passer la douane… Pour le reste, on verra.

Propos recueillis par Xavier Frère – Le grand entretien – Le bien Public du Dimanche 23 février 2020.

Bio Express : Ian Kershaw.

23 avril 1943 : naissance à Oldham (U.K.)

Années 60 : études supérieures à Liverpool et Oxford.

1983 : professeur invité à l’université de la Ruhr à Bochum (D.)

1987 : Premier livre sur Adolf Hitler, Le mythe Hitler.

1995 : publie L’opinion allemande sous le nazisme.

1999 – 2000 publie Hitler tome 1 et 2.

2016 : L’Europe en enfer, 1914 – 1949.

Janvier 2020 : L’âge global, l’Europe de 1950 à nos jours (Éditions du Seuil).

 

Evènements·L'éditorial

Notre prochaine Assemblée Générale.

Une année qui se termine, c’est toujours un moment d’émotion… chacun repense aux moments de joie, aux cérémonies, aux fêtes, au succès. Et parce que rien n’est jamais tout noir ou tout blanc, aux deuils, aux déceptions, aux échecs.

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C’est de tout cela qu’il sera question à notre Assemblée Générale 2019, annoncée depuis déjà quelque temps, mais dont nous entrons maintenant dans la phase active ! Nos adhérents ont tous (?) reçus une invitation incluant un pouvoir (une procuration) pour se faire représenter lors des débats. Les consignes adéquates sont fournies, pour assurer une participation de bon aloi à cette AG. C’est pour nous la marque de l’esprit d’écoute, de coopération et de bienveillance de BCN, de ses fondateurs, de ses bénévoles, de ses amis. Alors, tous sur le pont !

Nous vous attendons tous jeudi 12 décembre 2019 à 18 heures, Salle 501 de la Maison des Associations, pour le lancement de l’année 2020, pour le plaisir d’échanger avec ceux qui sont loin, et quoiqu’il en soit donner le coup d’envoi de nos nouveaux projets autour du verre de l’amitié !

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Economie·Evènements·Pour un meilleur emploi·Société

ESS : est-elle soluble dans le capitalisme d’intérêt général ?

Ouf ! Vous pouvez répéter la question ? La Table ronde de ce vendredi 29 Novembre était l’un des jalons de ce mois consacré à l’Économie Sociale et Solidaire. Pour introduire les débats, quelques sous-questions étaient proposées en hors d’oeuvre :

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Être client d’une entreprise du CAC 40 ou sociétaire d’une entreprise d’une mutuelle de l’ESS, est-ce la même chose ? L’essor de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, l’entrée de représentants des salariés dans les conseils d’administration des grandes entreprises ou le nouveau statut des entreprises à mission introduit par la Loi Pacte semblent banaliser l’ESS. Et pourtant , les principes qui la fondent et les valeurs qu’elle défend, quand elle est exemplaire, l’opposent radicalement aux grandes sociétés de capitaux. Cela suffit-il à transformer l’ensemble de l’économie ?

I. COMMENT DÉFINIR CES CONCEPTS ?

En commençant par opposer : coté Entreprises :

– la financiarisation à outrance de l’entreprise,

– la consommation « non soutenable » des ressources naturelles.

Côté ESS :

– la consommation de biens/services collectifs  individuels.

– la démocratie de toute gouvernance.

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Jérôme SADDIER, président de la Chambre française de l’ESS, s’efforce le premier de « jouer avec les mots » du débat inversé  : Capital d’Intérêt Général et Économie Sociale et Solidaire sont tout autant des oxymores que des pléonasmes.  Les deux dépendent de la légitimité, seule à définir l’intérêt général, qui appartient au seul régulateur. Une fois celle-ci définie, c’est la sincérité des engagements qui clarifie la place de chacun.

Il y a en effet des entreprises qui depuis fort longtemps ont mobilisé des capitaux à des fins paternalistes, ou philanthropiques, et surtout oeuvré pour le bien commun en mobilisant les ressources capitalistiques que nécessitaient par exemple les grands réseaux. C’est un clin d’oeil à Jean-Marc Borello (Photo) : « Pour un capitalisme d’intérêt général », qui démontre qu’une entreprise porte en elle la capacité de résoudre les maux de notre société, tout en étant parfaitement performante économiquement. De même aujourd’hui, la RSE (responsabilité sociale et environnementale) est assumée par des entreprises clairement capitalistes.

Quant à l’ESS, a-t-elle les moyens financiers de ses ambitions ? Le financement des l’utilité sociale, de la cohésion sociale, était d’abord l’affaire du nombre des adhérents : les 16 millions de bénévoles ont permis de financer le bien-vivre. L’utilité sociale passait avant l’intérêt général.

La loi de Juillet 2014 a donné un statut à l’ESS fondé sur les critères d’utilité sociale, de  démocratie de la prise de décision, et du caractère non lucratif.  De nouveaux éléments sont apparus avec la Loi Pacte sur les entreprises à Mission. Une définition de l’agrément ESUS Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale est un pas qui permet d’être ouvert à l’égard des entreprises  qui veulent avancer.

Guy Babolat, vice-président de la CGScop : Ce qui est interrogé, c’est l’État libéral. Quelles régulations veut-il -doit-il-  mettre en place ? Quel équilibre entre travail et capital ? Pour la Fonction Publique : quelle place accordée aux usagers ? Répartition des résultats : comment trouver une clé de répartition qui a du sens ?

Dominique Mahé, président de la MAIF défend la stratégie de l’assureur militant, créée il y a  90 ans par des « hussards noirs de la république » en Vendée le 17 Mai 1934. Plutôt que de subir la loi des compagnies d’assurance, ces instituteurs ont décidé de s’assurer eux-mêmes.

Qui peut agir pour le « mieux commun » ? En respectant le sens de l’éthique, tout en délivrant de la performance ? La Loi PACTE crée les sociétés à mission, dont elle définit l’objet social. Celles-ci pourront prendre publiquement des engagements connus et opposables.

L’Économie collaborative, les startups, les SAS, les SCOPs : quel sens veulent-elles donner à leur mission ? Les choses sont claires lorsque l’on parle de missions régaliennes : éducation, santé, assurance.

Les entreprises industrielles peuvent aussi exercer une mission d’utilité sociale (exemple : fabriquer des radiateurs), tout en proposant une distribution de revenus inégalitaire.

Nadine Richez-Battesti, universitaire conclut à une situation paradoxale, directement issue de la crise actionnariale de 2008, et de la recherche de sens qui en a résulté.

1°) L’État-providence a failli dans sa définition de l’Intérêt Général : cela a entraîné des  inégalités accrues dans la répartition des droits des actionnaires. Dès 1974, des  entreprises comme Danone avaient réfléchi à des modes avancés de distribution d’actions.

2°) L’État, les Entreprises et qui ?

Quid du bénévolat ?

Le capitalisme produit de l’exclusion.

Faut-il une régulation produite ou déléguée ?

La mise en concurrence génère des coûts cachés : à l’évidence, dans les EHPAD. D’autre part, comment s’assurer qu’elle ne détourne pas des objectifs initiaux, si la régulation est négociation, voire déléguée ?

L’État doit encourager une société qui produise de la solidarité, qui prenne conscience d’une communauté de destins.

3°) L’ESS : tout le monde n’a pas envie de transformer la société !

Elle est là pour produire des biens communs, et pas à réparer du social. Pour cela, son action doit être guidée par les gains en termes de qualité de vie.

Jonathan Jeremiasz : co-fondateur de l’agence Voix Publique et de Handiamol. Il observe que la question de l’indépendance capitalistique est toujours prégnante au sein de l’ESS, que l’essentiel de son histoire est ancré dans la résistance au capitalisme. Il s’interroge sur l’émergence d’un nouveau modèle de collectif (les ZAD) et sur la kleptocratie de la Fonction Publique. (Une kleptocratie est un terme péjoratif désignant un système politique où une ou des personnes à la tête d’un pays pratiquent à une très grande échelle la corruption.).

Généralement, ces personnes pratiquent le blanchiment d’argent, de manière à dissimuler l’origine de leur richesse.

II. QUELLE SOCIÉTÉ VOULONS-NOUS ?

Dominique Mahé, défend l’alignement entre le client, le sociétaire et le coopérateur au sein de la MAIF. 700 militants entretiennent au jour le jour la flamme mutualistes des conseillers.

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C’est très différent de sociétés qui habillent leur quotidien de « green-washing » soit en créant des fondations à caractère philanthropique, soit en préconisant l’éducation à de nouveaux modes de consommation.

 

Guy Babolat, évoque la création de la SCOP Alternatives Économiques. La revue a d’abord progressé grâce au militantisme de ses rédacteurs, avant qu’ils ne deviennent ses coopérateurs.

Quelques références d’auteurs : André Glücksman qui s’interrogeait sur la nature de l’État et ses modes de régulation. L’exemple de la Taxe Carbone votée quasiment à l’unanimité a été balayée par 200.000 bonnets rouges.

Amazon a été « défendu » par les CRS à l’occasion du Black Friday ; mais Amazon a de plus en plus de clients…

Pierre Rosanvallon avait coutume de dire que la démocratie est un processus toujours en devenir.

Enfin que penser de l’appel à l’Épargne Solidaire, qui permet d’orienter les capitaux vers des objectifs d’intérêt général ? Il reste des progrès à faire, mais si « Statut ne fait pas Vertu », absence de statut non plus !

Jonathan Jeremiasz : La Loi de 2014 a permis de développer la démocratie dans les SCOPs, de répartir les revenus au vu des résultats, de créer une activité, de développer des solidarités (mais pas forcément quand l’activité est encore naissante, et qu’il serait hasardeux de soumettre les premières décisions au vote).

Pour ce qui est de la MAIF, la possibilité de devenir une entreprise « à mission », ne modifie pas son objet mais constitue une vraie opportunité de communiquer.

Sur la réinsertion des entreprises-voyous, son opinion est de toujours tendre la main, même aux plus voyous ! Et ainsi de ne se priver d’aucune ressource y compris publique, (ce que l’on nommait autrefois les fonds de concours). Attention toutefois aux dérives fiscales, notamment sur l’ISF. Et enfin, pas d’objection de principe sur l’existence des Z.A.D. tant qu’elles demeurent non-violentes.

Nadine Richez-Battesti : elle renvoie aux auteurs Desroches et Castoriadis qui avaient mis en évidence le concept de « marches instituantes ». Et regrette l’attaque contre l’ESS portée par le MEDEF, « injustement aidée » : en cherchant à obtenir la transformation des plafonds de mécénat, l’impact sur les entreprises de l’ESS risque d’être non-négligeable.

Jérôme SADDIER : 

Il ne faut pas fantasmer l’ESS : ce sont d’abord des considérations pratiques qui ont prévalu, plus qu’idéologiques. Nous vivons dans une période d’injonctions paradoxales : l’État renonce à produire, et éprouve même de plus en plus de difficultés à réguler.

Il existe 3 versions des coopératives :

-une notion juridique (définie par la Loi du 31.07.2014).

-une notion technique, la coopération faisant appel à des capitaux fermés.

-une notion idéologique (opposition sur l’origine du capital) : la question de la propriété est alors fondamentale.

Au nom de quoi, agissons-nous ?

Les critères sont désormais définis : dérives, pas de leçons à recevoir, ni à donner sur la vertu. Sur l’organisation : les structures, le fonctionnement, la répartition des résultats. Enfin, sur la communication : performance, transparence.

Conclusion : Non, l’ESS n’est pas soluble dans le Capitalisme d’Intérêt Général. En revanche, l’inverse est peut-être vrai…

Actualités & News·Evènements·Prospective·Technétronique

Technétronique: Et si Idriss Abderkane était une bonne nouvelle ?

La conférence de clôture du Salon Co-Next de Chalon des 6 et 7 Novembre  s’annonçait comme particulièrement alléchante ! Le « gourou » de l’Intelligence Artificielle, M. Idriss Abderkane venait nous apprendre que nous n’avons pas d’inquiétude à avoir devant la nouvelle Galatée : automatisation, robotisation, et désormais « cobotisation » et Intelligence Artificielle ne seraient pas, selon notre conférencier, un accident de l’histoire, mais un phénomène d’évolution continue, en prise directe avec les progrès de la science.

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Que l’on en juge :

  • qu’est-ce-qu’un algorithme, et quelle est l’origine de ce mot ? Un algorithme est une suite finie et non ambiguë d’opérations ou d’instructions permettant de résoudre une classe de problèmes1.

    Le mot algorithme vient du nom d’un mathématicien perse du IXe siècle, Al-Khwârizmî. Une autre étymologie moins alambiquée dit simplement qu’un algorithme est un calcul (« arithmos » en grec), qui est tellement long et difficile à faire à la main qu’il en devient douloureux : « algos » signifie douleur en grec : un algorithme est un calcul pénible à faire à la main.

  • le mathématicien arabe étant créé, vient alors la tentation de reposer la main. Première application « grand public » : la présence d’algorithmes de reconnaissance faciale dans les aéroports, beaucoup plus productive que nos pauvres polices de l’air… En revanche, un algorithme ne reconnait pas un visage qui sourit, d’un visage figé : c’est pourquoi il est interdit de sourire sur les passeports.

L’histoire de l’Intelligence Artificielle commence vraiment avec Énigma, et le craquage des codes nazis, grâce aux talents mathématiques d’Alan Turing. Il faut bien comprendre la distinction entre la cryptographie, science du chiffrement qui nécessite la production d’algorithmes et de théories, et la cryptanalyse, qui consiste à casser un code secret. Il n’y a pas de théorie du cassage. Il s’agit essentiellement d’avoir l’intelligence et l’astuce d’exploiter les faiblesses d’un système ou de son utilisation par les opérateurs humains. Quoi qu’il en soit, la façon dont Turing y est parvenu à l’époque, sans ordinateur, reste un immense tour de force et fait partie de la mythologie de la discipline.

Depuis, les épisodes du même ordre n’ont cessé de transformer cette science en art : il a fallu 60 ans à IBM Big Blue pour battre Gary Kasparov aux échecs. Bien que sextuple champion du monde,  ce dernier ne possède pas la mémoire phénoménale de son concurrent : l’ordinateur a absorbé des centaines de milliers de parties jouées par les plus grands maîtres de l’histoire… dont Kasparov lui-même ! Le nombre de Shannon, soit 10120, est une estimation de la complexité du jeu d’échecs, c’est-à-dire du nombre de parties différentes.

En mars 2016, un programme d’intelligence artificielle avait battu le troisième joueur mondial de go Lee Sedol. Après trois défaites, le champion sud-coréen avait toutefois remporté une quatrième partie contre AlphaGo. Cette fois-ci, « pour la première fois, AlphaGo jouait presque comme un humain », a déclaré Ke Jie après sa première défaite mardi. « Dans le passé, il avait quelques faiblesses. Mais, maintenant, j’ai l’impression que sa compréhension du go et sa façon d’appréhender le jeu dépassent nos aptitudes. »

Les victoires d’AlphaGo représentent une avancée historique de l’intelligence artificielle. Le jeu de go est traditionnellement vu comme un Graal en raison de son très grand nombre de combinaisons possibles, rendant le calcul très difficile. Ce nombre est encore très inférieur aux possibilités du jeu de go, qui malgré des règles plus simples, offre des possibilités de l’ordre (très approximatif) de 10600, bien supérieur au nombre d’atomes dans l’univers observable compris entre 4×1078 et 6×1079.

I. L’Intelligence Artificielle est régie par le Rapport A/I.

Plus le rapport entre « l’Artificiel » et « l’Inné » (ou l’Humain),  est élevé, plus la valeur de l’I.A. sera élevée : cela s’explique. Tout le monde est prêt à cambrioler un appartement, un coffre ou un mot de passe, si le butin est suffisamment alléchant ; les candidats diminuent si les efforts (ou les risques) ne laissent espérer que de maigres profits.

ArmataOr, cette valeur est en croissance rapide : les progrès continus de la loi de Moore (nombre de puces implantées sur un mm2 de processeur) l’expliquent en partie. Plus de capacités mémoire, plus d’actions à la seconde : les I.A. sont désormais capables de lancer d’elles-mêmes des projectiles de défense en direction d’un objet menaçant dirigé vers elles.

II. Les 3 étapes d’une innovation.

Selon Schopenhauer et Gandhi, tout au long de l’histoire du monde, les innovations ont connu un cycle immuable : elles ont tout d’abord semblé ridicules, puis dangereuses, et enfin évidentes. Quelques exemples :

1°) la place des femmes dans la société : Olympe de Gouges, puis Michèle Alliot-Marie, et enfin la situation d’aujourd’hui. Les pionnières ont ouvert la voie, même si de vastes zones de progrès demeurent à franchir.

2°) Les avions sont des jouets qui n’ont aucun intérêt militaire (maréchal FOCH).

3°) Internet est intrinsèquement inadapté au commerce. (Gérard Théry, ancien Directeur Général des Télécommunications).

D’où nous pouvons conclure que si l’IA est encore dans sa phase 2, son succès est inéluctable : la course au progrès est déjà en marche. L’homme s’est déjà inscrit depuis longtemps dans cette logique (la course aux rendements agricoles, les pesticides, la productivité capitaliste).  Or, une I.A. qui peut prendre jusqu’à 1000 milliards de décisions par seconde ne peut le laisser indifférent. Napoléon lui-même a forgé sa légende grâce au cumul de 3 facteurs : Masse x Vitesse X Surprise (ou plutôt ici, Rapidité de la prise de décision).

L’intelligence est un dosage entre prévisibilité  et imprévisibilité : c’est ce qui préservera le rôle de l’humain.

Conclusion : Si l’Intelligence Artificielle n’en est aujourd’hui qu’à la phase 2, comment imaginer la phase 3 ? La réponse est simple : apprenons à nos machines à imiter la nature, c’est le biomimétisme : la plus vaste banque de données existe depuis 4 milliards d’années, et a donc accumulé une somme d’essais et erreurs absolument phénoménale.  Il faut s’inspirer de la bio-diversité, et mieux, la développer  ! Ainsi, en faisant venir la connaissance plutôt que le pétrole, les états d’aujourd’hui prépareront la richesse de demain : est-il besoin de rappeler que les 5.000 milliards de $ que pèsent aujourd’hui les GAFAM proviennent de la connaissance, et non de l’or noir.  Misons donc sur le savoir, qui de plus est une ressource illimitée !

Retranscrit par l’Ours. – Vidéo disponible sur You Tube.