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Israël : le 6e Gafam.

Face à la Silicon Valley, Israël construit sa puissance. Alors que la plupart des États subissent les Gafam, l’État hébreu a développé une stratégie originale lui permettant de peser à l’intérieur même de cet écosystème. Un modèle détaillé dans « Israël, le 6e Gafam ? », dont voici des extraits.

Volet N°3 de notre série : une affaire de stratégie ?

Tel-Aviv

La réussite d’Israël et de ses start-up tient à plusieurs facteurs. Pour le célèbre entrepreneur Yossi Vardi, celle-ci s’explique notamment, par le fait que « Notre gouvernement finance l’innovation, nous avons d’excellents universités axées sur les domaines scientifiques, avec des synergies entre le monde académique et industriel. Et Tsahal, l’armée israélienne, obligatoire pour les garçons et les filles de 18 ans, catalyse aussi la recherche et le développement et façonne la mentalité des jeunes ».

Après la période sioniste où il fallait capter l’eau pour s’établir, c’est désormais l’énergie du « brain power »et le savoir-faire des entreprises de la tech qui nourrissent Israël. Mieux que de chercher une paix toujours incertaine avec ses voisins, le pays veut devenir « la terre des solutions » selon Chemi Peres, le fils de Shimon Peres, fondateur du fonds Pitango.

Un pragmatisme déterminant.

« L’État israélien a créé des lieux d’innovation ainsi que des programmes d’accompagnement liés en n’oubliant pas de financer les meilleurs projets. Ainsi, 21 incubateurs d’entreprises sont financés par l’État et sont, le plus souvent, confiés à des acteurs privés de l’innovation par filières. Cela a clairement permis la montée en puissance des start-up israéliennes.

Israël consacre plus de 4 % de son PIB à la R&D, un seul pays au monde fait mieux, la Corée du Sud. /…/ L’État hébreu est l’investisseur quasi exclusif des soutiens publics à l’innovation civile. Il investit près de 400 millions de dollars chaque année afin de soutenir la R&D. De plus, il met en place des politiques d’incitation fiscale aux entreprises qui réalisent de la R&D en Israël.

Yossi Vardi

La mentalité renforce encore l’efficacité des structures, ainsi, la prise de risque est valorisée : l’échec est une étape obligatoire de la construction individuelle et collective. Ainsi un entrepreneur qui n’a pas échoué deux ou trois fois aura beaucoup moins de crédit auprès d’un fonds d’investissement. Cela passe, aussi, par la culture de « l’exit » qui ne signifie pas échec, mais réussite de l’entrepreneur.

Le secteur des nouvelles technologies israélien est un petit cercle où tout le monde se connaît. Le phénomène de réseau et d’entraide joue, donc, un rôle primordial dans le développement des start-up. Des entrepreneurs qui se sont rencontrés lors de leurs études ou au sein de l’unité 8200 s’associent pour créer leur start-up puis lèvent des fonds auprès d’entrepreneurs plus âgés (Ex : Mobileye Round 1).

Unité 8200

« En Israël, vous pouvez marcher dans la rue et voir le PDG d’une grande entreprise et vous l’approcher et lui dire « Salut, j’ai une entreprise, pouvons-nous nous asseoir ensemble et parler ? » Et souvent, ils répondent : « Parlons », parce que si vous ne connaissez pas cette personne, votre mère connaît sa mère, c’est comme ça, tout le monde connaît tout le monde. Si vous deviez le faire dans des pays comme la Chine ou l’Inde, où les hiérarchies sont très claires, ce serait une très grosse erreur, mais en Israël il n’y a pas de frontières« , témoigne Eynat Guez, fondatrice de Papaya.

A cela s’ajoute la qualité du capital humain puisque Israël investit énormément dans ses formations universitaires d’excellence. Ces derniers ont intégré une forme de pensée tournée vers le consommateur. Il y a de nombreuses passerelles vers le monde de l’entreprise. Par exemple, au Sud du pays, à l’entrée du désert du Néguev, dans la ville de Beer-Sheva, se trouve la capitale du cyberespace, le Cybershark. Cette dernière repose sur un joint-venture public-privé entre les entreprises de la cybersécurité.

Les universités participent, activement, aux activités de R&D. Ainsi, la plupart des demandes de brevets sont déposées par des entreprises associées à des universités, environ 72 % en 2016 et 73 % en 2015, avec par exemple l’Université hébraïque, l’Institut Weizmann, la Technion, l’Université de Tel-Aviv ou l’Université Ben-Gourion.

Une pensée stratégique.

La force de l’État d’Israël réside dans le maillage national qui est fait par l’installation des start-up et des divers centres de R&D, d’investissement et des incubateurs.

Israël a compris depuis longtemps, et ce bien avant la création de l’État, qu’au regard de ses difficultés géostratégiques, il lui fallait, pour être puissant, se développer dans des secteurs-clés. C’est cette stratégie qui a été mise en place dès le départ et a permis à l’État hébreu d’adopter une stratégie de puissance et d’influence du faible au fort productive. Ainsi, en se rendant indispensable dans les secteurs clés de l’innovation et de la cybersécurité, la sphère médicale , le secteur des IoT et de la défense, Israël a su créer un lien de dépendance avec les États les plus puissants du monde;

Ce noyautage subtil des grandes puissances de l’histoire contemporaine s’est réalisé grâce à la mainmise sur des secteurs clés et niches indispensables au développement des nouvelles technologies d’aujourd’hui et surtout de demain. En outre, bien que les exits et l’émigration des élites aient des conséquences dommageables pour le développement local en Israël, cela permet d’infiltrer directement les États forts ciblés et de noyauter leur R&D, leurs entreprises ainsi que leurs stratégies. /…/

Israël a su, dès la mutation de son économie et avec une certaine vision prospective, investir dans les Nouvelles Technologies appelées aujourd’hui NBIC pour développer son économie, se protéger au travers d’une approche de type soft power tout en capitalisant sur la diaspora juive et ainsi asseoir sa puissance.

Beer-Sheva, porte du Neguev.

Israël a su transcender ses frontières pour asseoir avec force ses start-up ainsi que leurs produits de type NBIC, l’un des objectifs étant de faire rayonner cette nouvelle économie et d’en devenir l’un des principaux acteurs au niveau mondial.

De plus, le passage d’un système originel de type ‘socialiste’ vers une approche libérale de son économie a permis d’accélérer le développement des solutions NBIC au bénéfice in fine d’un marché mondialisé.

Aujourd’hui, malgré l’interdiction croissante des VC funds dans l’économie israélienne des start-up, force est de constater que ces dernières ont noué un lien certain avec les Gafam notamment au travers des nouveaux services proposés par ces derniers, qu’Israël a toujours la main sur les centres R&D des start-up cédées dont les principaux décisionnaires sont issus des unités d’élite de Tsahal.

Force est de constater que cet État a réussi [à faire émerger] sur son territoire un nombre certain d’acteurs majeurs des NBIC dont notamment les Gafam, ces organisations étant intéressées par la capacité à innover vite avec une certaine agilité sur des sujets d’avenir clés. /…/

L’État d’Israël n’est-il donc pas devenu au travers de son développement, à son insu, le 6e Gafam ? Ou s’agit-il d’une stratégie de puissance en permanence remise en cause au bénéfice de l’hégémonie de cet État non pas locale, mais mondiale, en infiltrant avec un certain savoir-faire les réseaux du cyberespace ; terrain de jeu des opérateurs de cette nouvelle économie volatile et instable à ce jour ?

Enjeux et perspectives.

Les opportunités créées par ce que l’on peut appeler désormais le cyberespace permettent déjà à Israël, le 6e Gafam, de maîtriser de nombreuses solution notamment en termes de cybersécurité, smart home et outils d’aide au quotidien (par exemple Waze…) bien que n’étant plus en possession capitalistique des organisations propriétaires comme évoqué précédemment.

Il semblerait aujourd’hui que les recherches menées jusqu’alors s’agissant des NBIC esquissent une liaison entre les sciences et les technologies de l’infiniment petit, la fabrication et la transformation du vivant, les machines et systèmes apprenants et l’exploration du cerveau animal et humain.

La convergence NBIC ne permettrait-elle pas de repousser les limites que l’on croyait figées et d’être enfin une solution nouvelle et efficace pour prévenir et combattre efficacement les maladies chroniques et le vieillissement ?

Il y a donc fort à parier que des start-up israéliennes orientées NBIC travaillent déjà à l’émergence de solutions en ce sens tant ces axes risquent de devenir stratégiques sur le plan humain notamment au cours des prochaines décennies.

La maîtrise de ces nouvelles solutions est ainsi nécessaire pour permettre à Israël de continuer à développer son écosystème start-up tant local que mondial, mais aussi préserver son avance technologique et donc ainsi sa puissance au travers toujours d’une stratégie de type soft power.

« Israël, le 6e Gafam ? Une stratégie de puissance technologique » d’Éloïse Brasi, Éric Laurençon et Patrick Nouma Anaba.

Les auteurs.

VA Press.

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Les Gafam : ces compagnies peuvent nous imposer n’importe quoi.

L’omniprésence et l’omniscience des Gafam les rendent de plus en plus incontrôlables, s’inquiète l’ancien directeur du renseignement de la DGSE, qui faut aussi haut responsable de l’intelligence économique à Matignon.

Volet N°2 – Propos recueillis par Antoine Colonna.

M. Alain Juillet

Avec des budgets supérieurs à ceux de nombreux pays, une certaine idéologie commune, des monnaies cryptées en préparation, les Gafam sont désormais de taille à se mesurer aux États. Faut-il s’en inquiéter ?

C’est un problème majeur. Jamais dans l’histoire du monde, nous n’avons et affaire à des sociétés aussi puissantes. Elles sont effectivement plus riches que la plupart des États. Elles ont donc un pouvoir interne considérable aux États-Unis, sans compter leur aspect global qui dépasse les frontières. Le fait qu’elles se proposent désormais de créer des monnaies numériques, que certaines d’entre elles envisagent de faire des passeports monte qu’elles une puissance intrinsèque considérable et des capacités de contrôle et d’intervention au niveau mondial. Elles décident désormais, avec le cas de Trump, de savoir si un président élu peut ou non s’exprimer sur leurs réseaux. A l’évidence, elles peuvent désormais poser des problèmes à des états, si tel est leur bon plaisir. Si elles décidaient de faire de la sorte en France, elles y perdraient un peu, mais nous beaucoup plus.

Ce sentiment de toute-puissance implique que les dirigeants de ces compagnies sont de moins en moins enclins à se soumettre aux lois des pays dans lesquels ils opèrent. Ils ont montré récemment, avec le cas irlandais, comment ils essayaient de contourner les législations fiscales européennes. Ainsi ils bénéficient des avantages du marché commun, mais pas de ses inconvénients. Dans leur bataille face à la Commission européenne, ils ont missionné une armée d’avocats, mais aussi des lobbyistes redoutables pour faire modifier les textes.

Vous avez parlé des passeports, il y a aussi le cas des données médicales ?

Oui, Bezos, Zuckerberg et Gates sont très intéressés par cela. Bill Gates, qui finance d’une main l’OMS, rachète partout où c’est possible les fichiers médicaux des malades. Cela a un but. Il s’agit d’un véritable outil de contrôle des populations par la santé.

On reste pour autant dans des approches « douces », mais que penser si les idéologies totalitaires du XXe siècle avaient pu disposer de pareils outils ?

C’est vrai, les Gafam sont d’ailleurs porteurs d’une idéologie, celle du transhumanisme. Ils réfléchissent à « l’homme augmenté ». Un homme connecté avec une très longue espérance de vie. Il y a un coté prométhéen. Sans contrôle, leur pouvoir ne fera que grandir et ils seront en mesure d’imposer n’importe quoi à l’humanité entière. Ma crainte est que les Gafam soient un substitut des régimes totalitaires sous une autre forme.

Savez-vous si notre gouvernement partage cette crainte et s’il possède une stratégie à cet égard ?

Je crains que non. Je vois l’action courageuse de Bruno Lemaire qui exige que les taxes soient dûment payées, mais il se rend bien compte que même en essayant tout ce qui lui est possible, il a le plus grand mal à y arriver.

J’espère que notre classe politique ne va pas se laisser aveugler par l’amour du progrès. Évidemment, d’un coté, les Gafam vous vendent une amélioration de la vie quotidienne. Tout est censé être plus facile. Mais rien n’est gratuit. Quand Bill Gates arrive dans un pays pauvre et ouvre le chéquier, la classe politique se laisse prendre. Mais à quel prix sur le moyen terme ?

La France en quelques décennies a accumulé un certain retard technologique. Pourrait-elle, en se faisant le champion des libertés en ligne, de la confidentialité, reprendre l’avantage dans une prise de judo philosophique en mettant sur le marché ses propres solutions technologiques ? Pouvons-nous réconcilier démocratie et technologies ?

Les Français, les Européens, face à la montée des Gafam, des BATX, leur équivalent chinois, auraient tout à fait intérêt à le faire. Nous sommes au milieu et risquons fort d’être pris en tenaille par ces géants. Par ailleurs, aller vers l’un ou l’autre signifie devenir son esclave. La seule solution est effectivement de créer des sociétés européennes du même genre. Il faudrait également donner une priorité à ces solutions sur le continent. Mais évidemment, cela n’arrivera pas, puisque notre mode de pensée dominant impose une libre concurrence quoiqu’il en coûte. Cela nous tue, mais on refuse de le voir. Pourtant l’Europe est la grande perdante de cette séquence. Par ailleurs, il y a aussi dans nos pays de très puissants relais des États-Unis ou de la Chine, qui se chargent d’empêcher la mise en place d’une politique commune. C’est donc bloqué au niveau européen et au niveau français nous sommes trop petits.

Et pourtant si l’on prend l’exemple des Russes, dont le PIB est proche de celui de l’Italie, ils ont réussi avec Yandex à faire un Google russe…

Oui, mais leur population est trois fois plus importante. Nous aurions pu avec l’Allemagne, nous en aurions les moyens financiers. Mais Berlin a des intérêts financiers très différents des nôtres. D’autre part, notre dette nous empêche d’aller plus loin.

Apple Dublin : nouveau paradis fiscal ?

La Pologne est en train de faire passer une loi contre la censure des Gafam..

Oui, c’est très intéressant, mais c’est très particulier, tant, on le sait, la Pologne est proche des Américains. Lorsqu’elle attaque les Gafam, il y a une tolérance de fait de cette proximité. Mais c’est un point à observer de près. C’est une politique courageuse de la part de Varsovie.

Vous évoquiez la censure contre Trump, croyez-vous que de tels scénarios puissent toucher la France ?

Oui, bien sûr, c’est de plus en plus le cas. On peut tout à fait imaginer que les candidats qui déplaisent, Le Rassemblement national par exemple, pourraient se voir censurés. Est-ce acceptable ? C’est le meilleur moyen de tuer la démocratie. On assiste à une ingérence qui permet de se substituer aux décisions d’un juge, seul à pouvoir le droit. On doit bien sûr priver de parole les gens qui enfreignent les lois. C’est normal pour un pays normal. Mais nous sommes engagés dans un processsus bien différent avec la Loi Avia. J’étais parmi ceux qui ont souligné à l’époque qu’il était dangereux d’assoc ier une société privée à un travail de censure qui relève du droit. Comment peut-on les laisser juger ce qui est permis et interdit ? On leur a donné ici un pouvoir exorbitant… Ils ont déjà trop de pouvoir, inutile de leur en donner plus.

Le Spectacle du Monde – Trimestriel N°4 – Printemps 2021.

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Les longs tentacules secrets des GAFAM.

Il manquait une pièce au puzzle pour que les prophéties de 1984 de George Orwell prennent un peu forme. Le constat est désormais accablant. Les Gafam ont réussi à accumuler en une décennie, à l’exception de la composante militaire, un pouvoir qu’aucun empire n’a sans doute jamais atteint. Ils commencent, par la censure qu’ils exercent désormais, à montrer qu’ils sont entrés dans la sphère politique. Où s’arrêtera cette aventure . Est-il encore possible d’y mettre bon ordre par le respect du droit et des droits ? Autant de question auxquelles répondent ici le politologue François Bernard Huyghe, l’ancien directeur du renseignement de la DGSE Alain Juillet, ou encore les créateurs du logiciel français Olvid. Un dossier complété par l’expérience israélienne, qui démontre que l’on peut préserver sa souveraineté sans tourner le dos aux technologies, qui comme l’argent, ne doivent pas être un maître, mais un outil.

I. LES GAFAM, quel pouvoir ? (Volet N°1 de notre série).

Il n’aura fallu qu’une petite décennie pour que les Gafam deviennent tellement dominants qu’ils ont perdu leur aura de « fournisseurs de liberté » pour devenir un sujet d’inquiétude pour nos libertés fondamentales. – Par François-Bernard Huyghe.

Il y a dix ans, Google, Amazon, Facebook et Apple (l’usage a ajouté Microsoft pour former l’acronyme Gafam) jouissaient d’une image unique : non seulement il représentaient l’innovation, l’ouverture, l’épanouissement de l’intelligence collective sans frontière, la civilisation de l’information…, mais réputés spontanément démocratiques, ils étaient crédités de la chute de dictatures lors du printemps arabe. Et en 2010, quand Google menaçait Pékin – qui obligeait à censurer les recherches en chinois sur son territoire – de se retirer (une multinationale censurant une superpuissance !), Hillary Clinton applaudissait et des internautes déposaient des bouquets de fleurs devant le siège de la société. Aujourd’hui, même sur Google, les articles fleurissent sur les Gafam maîtres du monde, ennemis de la démocratie ou nouveaux dictateurs, même si ce n’est pas l’opinion dominante.

Le code informatique est la nouvelle loi.

Ce qui s’est passé pendant cette décennie défie l’inventaire ; outre la dimension technologique évidente, ce fut la combinaison de plusieurs facteurs.

Économiques : dans la mesure où la capitalisation boursière des Gafam (estimée à 8.000 milliards de dollars) est supérieure à l’ensemble du CAC 40 et a fortiori au PIB de la France (sans oublier que la pandémie les a incroyablement enrichis) ; tout se passe comme s’il n’y avait vraiment de place que pour un seul dominant numérique ou deux sur chaque segment de marché (la distribution, le traitement de texte, la navigation, la messagerie…) et comme s’il n’y avait pas de limite à leur expansion… Ni à sa capacité à s’imposer dans tout domaine émergent, comme l’intelligence artificielle ou les objets connectés.

Géopolitiques : voir la montée n force de la Chine dans le cyberespace, innovante et formidablement protégée par sa « grande muraille numérique », mais aussi les rapports de tension entre Washington et des sociétés qui sont, après tout, américaines.

Politiques : on l’a vu u moment des retraits des comptes de Trump (accompagnés de milliers d’autres censures de comptes « extrémistes »; cette décision suivait une longue période où les réseaux sociaux avaient été dénoncés comme l’écosystème des « fake news », où se confirmaient entre elles les opinions antisystème, comme les discours de haine.. Voire où sévissaient ceux qui avaient fait perdre Hillary Clinton en 2016, en favorisant une ingérence russe. Dans tous les cas, plutôt que les vieux médias « manufactures du consentement » de haut en bas, les réseaux sociaux apparaissent comme le vecteur qui suggère, dirige, confirme ou divise l’opinion, tout en permettant à chacun de devenir émetteur à son tour. Situation si inédite qu’il est si tentant de leur attribuer tout ce qui dysfonctionne dans le cerveau de nos contemporains (la désinformation ou les mauvaises croyances des foules) , et dans le même mouvement, de se tourner vers eux pour nous guérir de ces mauvaises pensées.

Juridiques : avec nombre de procès, actions ou projets de lois destinés à réguler le contrôle des données, les ententes ou les discours de haine sur Internet. Mais comment imposer l’autorité judiciaire, dans un monde où, selon la formule célèbre, « code is law », le code (au sens informatique) est la loi ?

Idéologiques : les discours des dirigeants des Gafam, outre quelques utopies tranhumanistes, tournent autour de l’idée d’échapper aux contraintes et aux frontières des états souverains, par l’extraterritorialité, demain en battant monnaie…Sans compter que pour des raisons évidentes – formations, appartenance de classe, circulation des élites (ou des gourous et lobbyistes) entre la Silicon Valley et Washington – , ce qui relève des Gafam semble spontanément hostile à toute forme de conservatisme ou de populisme.

Culturelles : c’est notre dépendance « cérébrale » quotidienne aux réseaux sociaux pour travailler, établir des liens humains, faire des transactions ou occuper nos yeux plusieurs heures par jour. Que nous voulions nous adresser à nos pairs (réseaux sociaux, messageries) « horizontalement » ou traiter verticalement une information rare et utile (navigateurs, centres de données), nous allons spontanément vers les mêmes vecteurs.

Citoyennes : en sens inverse, surtout après les incroyables révélations d’E. Snowden sur la surveillance numérique planétaire, certains sont tentés d’échapper aux « Little Sisters » (les « petites soeurs » de la Silicon Valley qui remplacent Big Brother). Un exemple : des millions d’internautes (dont l’auteur) migrent de l’application de discussion en ligne WhatsApp (qui va partager de nombreuses données personnelles avec la maison mère Facebook) vers des applications équivalents mais sécurisées, comme Télégram ou Signal.

Que les Gafam jouissent d’un pouvoir immense et inédit, nul n’en doute, mais c’est sa nature même qui déroute. Tout pouvoir a un double aspect. Négativement, il permet de résister à une autorité, une contrainte ou une limitation, bref il permet d’être moins soumis à un pouvoir supérieur. Au sens positif, il est une capacité de faire ou de faire faire aux hommes, a fortiori quand il s’agit de faire des choses jusque-là impossibles ou inédites.

Les opinions et comportements admissibles sont censurés par les « Conditions Générales d’Utilisation ».

Ce qui devrait limiter le pouvoir des grands du Net est d’abord la souveraineté (du moins en Occident, la Chine pratiquant une coopération parti/capital/technologie très spécifique). Or l’échelle, le caractère transfrontalier de l’empire Gafam ou la nature (numérique) de la ressource qui fonde sa puissance limitent les tentatives de régulation. Les Gafam peuvent payer leurs impôts où ils veulent, émettre une monnaie, faire passer des pans entiers des opinions et comportements admissibles sous l’autorité des conditions générales d’utilisation. Même s’il y a des manipulations qu’ils n’approuvent certes pas mais qui prospèrent grâce aux hackers, aux trolls et autres désinformateurs, et qui sapent la croyance en une vérité commune, fondement de tout débat politique.

Les Gafam ne sont en principe que des acteurs économiques ; pourtant ils ne souffrent guère de la concurrence chère à l’économie libérale. Une des raisons est que, à un certain degré de gigantisme, non seulement on peut s’offrir les meilleures techniques, les meilleurs lobbyistes, les meilleures conditions…, mais on peut aussi racheter à quelques milliards de dollars les jeunes sociétés qui pourraient vous concurrencer demain. Ou s’entendre. Un exemple du jour : Facebook se serait engagé à dépenser 500 millions de dollars par an pour des enchères publicitaires avec Google, révèle le New York Times, accord dit « Jedi Blue ». A une certaine échelle, si l’on vend de l’immatériel (des données), il est plus facile de se jouer des frontières, notamment fiscales.

Des intérêts convergents ?

Il n’est pas possible de raisonner en termes classiques de résistance de l’opinion.

Paradoxalement, les Gafam bénéficient d’une rente de situation ou d’une force d’inertie : quand un citoyen est sur un réseau de plus de 2 milliards de membres (où sont ses amis) ou utilise un service qui a besoin de milliards de données pour être efficace, il lui faut une motivation forte pour aller ailleurs. Et la loi dit de Metcalfe pose que l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs. Même chose pour le matériel informatique : une fois choisi un environnement…

Même si le pouvoir des Gafam suscite des critiques féroces et si leur démantèlement figure dans des programmes politiques.., il n’est pas possible de raisonner en termes classiques de résistance de l’opinion. Celle-ci se traduit traditionnellement par le refus de croire en une légitimité et de se plier à une autorité. Or les Gafam ne nous demandent pas d’acquiescer à des affirmations ni d’obéir à des ordres (souvent, ni même de payer…). Leur influence repose sur un rapport nouveau avec notre intimité. Ils décident de ce qui atteindra notre cerveau – notamment par un algorithme qui « sait » ce qui correspond à notre personnalité ou via une communauté numérique choisie qui nous confirme souvent nos préjugés et où nous sommes entrés par les appareils et applications fournis par les Gafam. Toutes les demandes que nous adressons aux algorithmes les renseignent sur nos attentes et nos désirs, et la présomption de ce qui peut le mieux nous satisfaire. Nous nous piégeons en quelque sorte nous-mêmes en nous enfonçant dans ce qui devient un environnement, certes initialement consenti et pouvant être abandonné à chaque seconde, mais qui nous formate.

Ces systèmes contrôlent et calculent d’incroyables flux de valeur et d’information, mais aussi des contenus et des codes qui hiérarchisent, choisissent ou éliminent ; ils nous disent autant à quoi penser que comment penser (y compris par groupes d’affinité et comme nos pairs).

Bien entendu, les « anciens » pouvoirs ne sont pas inertes. Ainsi des états américains entent de recourir à la vieille législation antitrust. Ou le projet de deux directives de la Commission européenne, l’une pour rétablir les lois de la concurrence, l’autre sur les contenus (Digital Market Act et Digital Services Act), mais qui risquent de ne passer qu’en 2022…A moins que finalement, la plus grande menace contre le pouvoir des Gafam ne soit l’expansion d’un autre pouvoir numérique, lié sans complexe à une souveraineté politique, celui des BATX chinois, (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, auxquels il faudra bientôt rajouter Huawei). Un pouvoir symétrique qui réussirait là où ont échoué les autorités hiérarchiques ?

Paru dans Le Spectacle du Monde – Trimestriel N°4 – Printemps 2021.

Actualités & News·Economie·Nos synthèses par domaines.

Commerce : Les réseaux d’enseigne dégagent près de 60 % du C.A. dans le commerce des biens d’équipement.

INSEE Première N°1843

Dans le commerce de détail en biens d’équipement de la maison, en biens technologiques de l’information et de la communication (TIC) et en articles de  loisirs, 22 000 magasins appartiennent à l’un des 333 réseaux d’enseigne, soit un  quart des magasins. Ils représentent plus de la moitié de l’emploi et du chiffre  d’affaires du secteur.  

En 2018, 38 % des magasins en réseau sont des succursales, 21 % des franchisés  et 18 % des commerces coopératifs. Les franchises sont davantage prisées par les  réseaux les plus jeunes ou en phase de développement.  

Le chiffre d’affaires par personne est plus élevé dans le commerce intégré que  dans les autres formes de commerce organisé. En revanche, les commerces  indépendants dégagent une valeur ajoutée plus élevée (24 % contre 22 % pour les  réseaux d’enseigne). Enfin, le taux de marge commerciale est similaire pour les  magasins en réseau d’enseigne et les indépendants (38 %).  

Les magasins du commerce de détail sont  souvent organisés en réseau d’enseigne.  Ils bénéficient ainsi d’une identité forte  vis-à-vis des consommateurs et peuvent  mutualiser certains frais  encadré. En  2018, 22 000 établissements appartiennent  à l’un des 333 réseaux d’enseigne dans les  secteurs de l’équipement de la maison, des  biens en technologie de l’information et  de la communication (TIC) et des biens de  loisirs  sources.

Les enseignes sont les plus nombreuses  dans l’équipement et la décoration de  la maison, avec des réseaux plus petits  que la moyenne. Si plusieurs grandes  enseignes ont plus de 250 magasins  (Darty, PRO&Cie, But, Gifi, Centrakor, etc.),  beaucoup ont moins de 20 magasins.  Dans le bricolage et le secteur des livres,  papeterie, jeux, les enseignes sont  moins nombreuses et comptent plus de  magasins (Lapeyre, Point P., Bricomarché  et Weldom pour le premier secteur,  Maison de la presse, MagPresse, JouéClub  pour le second). Elles sont aussi un peu  plus anciennes. Dans la vente d’articles  de sport, les enseignes sont plus récentes  et de ce fait un peu moins développées  (Intersport et Décathlon figurent parmi  les plus importantes). Les enseignes du  secteur des TIC sont moins nombreuses  et plus récentes, tout en ayant plus de  magasins en moyenne (Micromania,  Orange, Bouygues Télécom, etc.). Enfin,  les réseaux d’enseigne dans la vente au  détail de fleurs, plantes et animaux sont  plus petits qu’ailleurs (Gamm Vert, Gamm,Vert Village, Maxi Zoo ou encore Jardiland  faisant exception)


Les réseaux d’enseigne représentent plus de la moitié de l’emploi et du chiffre d’affaires du secteur.
Un quart des magasins de l’équipement de la maison, des TIC et des loisirs appartiennent à un réseau d’enseigne :
10 % sous forme de succursales et 16 % sont des commerces indépendants
qui ont contractualisé avec une tête de réseau(x) pour exploiter l’enseigne.

Alors qu’ils ne représentent que 26 %  des magasins, les réseaux d’enseigne  disposent d’une surface de vente bien plus importante (63 % de la surface de  l’ensemble du secteur). Ils ont aussi un  poids économique élevé : ils emploient 53 % des salariés et non-salariés du secteur et dégagent 59 % du chiffre  d’affaires.  

72 % des magasins sont indépendants.

Dans le bricolage, les magasins en réseau représentent 36 % des magasins et 71 % du chiffre d’affaires. Dans l’équipement et la décoration de la maison, les magasins intégrés (11 % des magasins de ce secteur) dégagent à eux seuls 41 % du chiffre d’affaires. Dans le commerce de détail de fleurs, plantes et animaux, les magasins en réseau contractuel ont un poids économique élevé : 13 % des magasins représentent 38 % du chiffre d’affaires du secteur. Enfin, dans les secteurs de l’équipement TIC et des livres, papeterie, jeux, les trois quarts des magasins sont indépendants et génèrent la moitié du chiffre d’affaires, soit une contribution plus importante qu’ailleurs. La franchise privilégiée pour les réseaux les plus récents et de taille intermédiaire.

Les réseaux d’enseigne privilégient le modèle intégré : 35 % d’entre eux sont principalement organisés sous cette forme. Viennent ensuite le modèle coopératif ou associatif et la franchise, avec respectivement 22 % et 21 % des réseaux. En contrôlant des effets de structure (secteur d’activité, âge et taille du réseau, appartenance à un groupe), les magasins sous contrat (franchise, concession, commission-affiliation, etc.)
sont plus nombreux au fur et à mesure que le réseau d’enseigne se développe (effet d’âge) et ces formes d’organisation contractuelles sont davantage prisées par les plus jeunes enseignes que par les plus anciennes au même stade de développement (effet de génération).

Dans les réseaux les plus récents (moins de 6 ans en moyenne), la franchise est le lien majoritaire pour 35 % d’entre eux. Pour les réseaux âgés de 6 à 15 ans en moyenne, le modèle intégré prédomine (40 à 45 %). Enfin, pour les plus anciens (au moins 15 ans), la coopérative est majoritaire (49 % des réseaux), principalement dans le bricolage, les meubles et le sport.

Le modèle intégré domine à la fois pour les plus petits réseaux (moins de 10 magasins) et les plus grands (au moins 75 magasins). La franchise et la concession sont des contrats plus répandus au-delà de 10 magasins, même si leur part décroît au-delà de 75 magasins : un réseau d’enseigne se créerait d’abord via des succursales avant de contractualiser progressivement avec des commerçants indépendants.
Contractualiser permet au réseau de se développer à moindre coût en économisant sur les fonds de commerce. Enfin, le modèle associatif ou coopératif est présent dans les mêmes proportions, quelle que soit la taille du réseau.
Les réseaux contractuels plus fréquents dans le bricolage et les loisirs
Le commerce de détail de fleurs, plantes et animaux est atypique : 83 % sont des commerces indépendants, 13 % des magasins en réseau contractuel et moins de 5 % des commerces intégrés


Commerce intégré – Commerce indépendant organisé.



A l’inverse, le secteur du bricolage est plus fréquemment organisé en réseau d’enseigne : 36 % des magasins, avec 16 % de succursales et 20 % de magasins sous contrat. L’équipement en TIC est un peu moins en réseau, mais la part du modèle succursaliste (17 %) y est plus importante qu’ailleurs. Quant aux loisirs (secteurs des livres, papeterie, jeux et du sport), la part de magasins intégrés y est faible (moins de 10 %) et les magasins sous contrat y sont relativement plus nombreux (respectivement 18 et 21 %).
Modèle succursaliste pour les TIC, franchisé chez les fleuristes et coopératif dans le sport

En 2018, 38 % des magasins en réseau optent pour le modèle intégré, 21 % pour la franchise et 18 % pour le commerce coopératif figure 4.

Toutefois, l’organisation diffère sensiblement selon le secteur.
Les succursales représentent ainsi 45 % des magasins sous enseigne dans le bricolage, mais 73 % des magasins spécialisés dans la vente de produits TIC. Le contrat de franchise est la forme la plus prisée dans le commerce de détail de fleurs, plantes et animaux (59 % des magasins sont en réseau). Le modèle coopératif est surreprésenté dans le bricolage, mais surtout dans le sport où il prédomine (58 %).
Forme de contrat plus minoritaire (12 %des magasins en réseau), la concession est davantage répandue dans la vente de livres, papeterie, jeux (29 %) ainsi que dans l’équipement et la décoration de la maison (18 %). C’est particulièrement le cas pour les enseignes de meubles de cuisine, qui vendent mais produisent aussi des biens.


Un chiffre d’affaires moyen par personne plus élevé dans les réseaux intégrés
Les réseaux d’enseigne emploient en moyenne 1,3 personne (salariées et non salariées) en équivalent temps plein pour 100 m² de surface commerciale

Les formes d’organisation.

La densité est plus élevée dans le commerce indépendant (1,5 personne en moyenne aux 100 m²) et dans le commerce intégré (1,4) que dans les magasins organisés en réseau contractuel (1,0). En effet, si les magasins en réseau ont davantage d’employés que les magasins indépendants, leur surface commerciale est nettement plus élevée, ce qui diminue la densité moyenne du personnel. Les magasins en réseau
intégré dégagent en moyenne 4,2 fois plus de chiffre d’affaires que les magasins indépendants. Même s’ils emploient davantage, le chiffre d’affaires par personne y est plus élevé (267 000 euros), suivi par celui des magasins en réseau contractuel (222 000 euros) ; a contrario, il est plus faible pour les commerçants indépendants (204 000 euros). Contrôlé des effets de structure, le chiffre d’affaires moyen net par personne est significativement plus élevé pour les magasins en réseau d’enseigne que pour les magasins indépendants, et plus particu- lièrement dans les magasins en réseau intégré.

Une valeur ajoutée plus élevée pour les indépendants

Dans le secteur des biens d’équipement, le taux de valeur ajoutée est de 23 % du chiffre d’affaires et le taux de marge commerciale de 38 % du total des ventes, soit des ratios nettement plus élevés que pour l’ensemble du commerce de détail
figure 5.

Le taux de valeur ajoutée est plus fort dans le commerce indépendant que dans le commerce organisé en réseau d’enseigne (24 % contre 22 %). De la même manière, au sein des réseaux, les organisations majoritairement contractuelles génèrent le plus de valeur ajoutée (22 % contre 20 % pour les réseaux majoritairement intégrés). En effet, les commerçants indépendants ont davantage de marge de manœuvre pour réduire leurs coûts d’exploitation et dégager ainsi une valeur ajoutée plus importante. Cela peut expliquer que les grands réseaux intégrés s’ouvrent de plus en plus à des formes contractuelles, comme alternative à l’exploitation de magasins en propre.
En revanche, les taux de marge commerciale décrivent une hiérarchie différente entre les trois formes d’organisation : il est sensiblement plus élevé pour le commerce majoritairement intégré (39,1 %, contre 37,9 % pour le commerce indépendant et 37,7 % pour le commerce en réseau contractuel). Ce résultat peut paraître contre-intuitif, car les réseaux intégrés pourraient miser davantage que les autres sur un effet
volume plutôt que sur un effet prix. D’autres facteurs peuvent intervenir comme des disparités sectorielles ou des stratégies d’implantation permettant des politiques de prix plus élevés pour ces réseaux.
Nadine Laïb (Insee)

Les KPI par type de surface

Définitions
Un réseau d’enseigne désigne un ensemble d’au moins cinq points de vente physiques arborant la même enseigne.
Il peut être constitué de points de vente détenus en propre par la structure tête de réseau (commerce intégré), de points de vente indépendants regroupés dans le cadre d’un groupement d’achat ou d’approvisionnement (commerce associé) ou de points de vente indépendants liés à la tête de réseau par un contrat de type franchise, concession, commission-affiliation, etc.
L’enseigne correspond à l’enseigne principale d’un établissement. L’enseigne est ce qui identifie généralement aux yeux du consommateur le point de vente et son réseau. Elle est définie par : un nom d’enseigne, un assortiment de produits et services, un agencement spécifique de
magasin, etc.
La tête de réseau est l’entité juridique (unité légale) qui prend en charge de manière centralisée certaines actions de gestion pour un réseau de points de vente (achats et référencement, actions publicitaires et marketing nationales, etc.). Selon le type de réseau, la tête de réseau peut être une société mère gérant des succursales, un franchiseur, une centrale d’achats/référencement. Elle peut animer plusieurs réseaux pour répondre à différents positionnements marketing : enseignes discount, de proximité, premium, etc.
Un groupe d’enseignes regroupe l’intégralité des enseignes appartenant à une même entité juridique tête de réseau.
La nationalité d’un groupe est définie par la nationalité de la tête de groupe.
Le taux de marge commerciale est l’écart entre le total des ventes des marchandises et leur coût d’achat, rapporté au total des ventes.


Sources
L’enquête sur les réseaux d’enseigne dans le commerce de détail de l’équipement de la maison, des biens TIC et des biens de loisirs a été réalisée en 2018.

Elle a recensé, auprès de 225 têtes de réseau(x) en France, des informations relatives à l’ensemble des points de vente de ces réseaux : identifiant Siret, adresse, type de point de vente (magasin ou corner) et type de lien. L’enquête est exhaustive pour les réseaux non entièrement intégrés.
Les données sur les réseaux d’enseigne totalement intégrés proviennent du système d’information sur les liaisons financières .

Ces données sont enrichies par l’utilisation des sources administratives de 2018 : répertoire statistique Sirus des unités légales et des établissements, statistiques annuelles d’entreprises (issues du dispositif Ésane combinant les données fiscales et les enquêtes sectorielles
annuelles), données administratives de la Contribution foncière des entreprises (CFE) et de la Taxe sur les surfaces commerciales (


Pour en savoir plus :
• Laïb N., « Les réseaux d’enseigne dans le commerce de détail alimentaire, 85 % du chiffre d’affaires du secteur, concentré sur quelques grands acteurs »,
Insee Première n° 1723, décembre 2018.


• Franceschi P., « Les réseaux dans les services », Insee Première n° 1678,
décembre 2017.


















Economie·L'éditorial

De nouvelles énergies.

BCN 2021

Voici une photo rare, que dis-je exceptionnelle… A un moment de cette Assemblée Générale, nous étions 28 personnes réunies, ce qui n’était encore jamais arrivé ! Le nouveau bureau de l’Association est au complet, à l’exception d’Alexandre, retenu par des problèmes techniques… et néanmoins élu comme toute l’équipe à l’unanimité des 28. Par ordre d’apparition à l’image, Jamila, notre nouvelle trésorière, qui elle aussi avait rencontré de menus problèmes de connexion. (Nous pensons avoir trouvé l’explication).

Puis voici nos « 2e ligne » – les amateurs de crunch* apprécieront : Françoise, Secrétaire et Jérôme Secrétaire-Adjoint : ces deux-là ont un point commun, ils écoutent et engrangent… Puis ils agissent ! Illustration ? Le 10 Mars, moins d’une semaine après, un trinôme de BCN était présent à Beaune pour recevoir la promotion GJ 33 : késako ? En l’occurrence nous avons interviewé 13 bénéficiaires de la Garantie Jeune, sur une tranche d’âge de 16 à 24 ans, certains abimés dès leur jeune âge par les épreuves de la vie, mais tous déterminés, persévérants et lucides sur leur projet, et les épreuves qui vont avec… Un exemple bluffant pour nous tous, et une incitation à l’ouverture et à la bienveillance.

Voici tout en bas, deux personnes qui se connaissent bien : Zélina, trésorière adjointe, et Christine, notre Présidente. Leurs familles sont amies, et au-delà, Zélina apporte quantité d’idées originales et nouvelles, issues de son expérience de Présidente de l’APEL, amatrice de chiffres et d’informatique. Quant à Christine, son appétence pour l’empathie et le conseil, son ouverture la placent en position de force pour faire de la relation publique, selon les termes de Danièle, qui soulignait ainsi la qualité de notre construction financière et comptable : nous allons de nouveau solliciter audience auprès d’Océane Charrey-Godard, de Fabrice Rey, et de nos soutiens départementaux.

Mais dans l’immédiat, quelques annonces : le Jeudi 18 Mars, Saïd propose de reprendre l’animation « les chapeaux de Bono » que nous avions laissée en stand-by, tant l’urgence de travailler Lettres de Motivation et CV se faisait sentir… Dans notre portefeuille d’instances, nous avons encore l’entretien à 3 avec Marie-Claire, Sophie et moi. Mon petit doigt me dit qu’il sera question de vins et de saveurs.

Enfin, nous préparons la réunion inaugurale du bureau, avec déjà un agenda conséquent :

  • rédiger le programme 2021.
  • définir les rôles « répartis » de chacun : communication, R.P., réseaux sociaux, animations.
  • planification des tâches, calendrier des subventions, des formations…
  • une fois monté tout le budget prévisionnel, communiquer sur l’argumentaire et les premières actions.

Dans un premier temps, les membres du bureau seront invités aux réunions Visio du groupe Découverte, et cela bien sûr, afin de prendre connaissance des attentes et besoins des uns et des autres. Du coup, surveillez bien votre boîte aux lettres.

Quitus au Trésorier.