Actualités & News·Economie·Nos synthèses par domaines.·Revue de Presse

Les longs tentacules secrets des GAFAM.

Il manquait une pièce au puzzle pour que les prophéties de 1984 de George Orwell prennent un peu forme. Le constat est désormais accablant. Les Gafam ont réussi à accumuler en une décennie, à l’exception de la composante militaire, un pouvoir qu’aucun empire n’a sans doute jamais atteint. Ils commencent, par la censure qu’ils exercent désormais, à montrer qu’ils sont entrés dans la sphère politique. Où s’arrêtera cette aventure . Est-il encore possible d’y mettre bon ordre par le respect du droit et des droits ? Autant de question auxquelles répondent ici le politologue François Bernard Huyghe, l’ancien directeur du renseignement de la DGSE Alain Juillet, ou encore les créateurs du logiciel français Olvid. Un dossier complété par l’expérience israélienne, qui démontre que l’on peut préserver sa souveraineté sans tourner le dos aux technologies, qui comme l’argent, ne doivent pas être un maître, mais un outil.

I. LES GAFAM, quel pouvoir ? (Volet N°1 de notre série).

Il n’aura fallu qu’une petite décennie pour que les Gafam deviennent tellement dominants qu’ils ont perdu leur aura de « fournisseurs de liberté » pour devenir un sujet d’inquiétude pour nos libertés fondamentales. – Par François-Bernard Huyghe.

Il y a dix ans, Google, Amazon, Facebook et Apple (l’usage a ajouté Microsoft pour former l’acronyme Gafam) jouissaient d’une image unique : non seulement il représentaient l’innovation, l’ouverture, l’épanouissement de l’intelligence collective sans frontière, la civilisation de l’information…, mais réputés spontanément démocratiques, ils étaient crédités de la chute de dictatures lors du printemps arabe. Et en 2010, quand Google menaçait Pékin – qui obligeait à censurer les recherches en chinois sur son territoire – de se retirer (une multinationale censurant une superpuissance !), Hillary Clinton applaudissait et des internautes déposaient des bouquets de fleurs devant le siège de la société. Aujourd’hui, même sur Google, les articles fleurissent sur les Gafam maîtres du monde, ennemis de la démocratie ou nouveaux dictateurs, même si ce n’est pas l’opinion dominante.

Le code informatique est la nouvelle loi.

Ce qui s’est passé pendant cette décennie défie l’inventaire ; outre la dimension technologique évidente, ce fut la combinaison de plusieurs facteurs.

Économiques : dans la mesure où la capitalisation boursière des Gafam (estimée à 8.000 milliards de dollars) est supérieure à l’ensemble du CAC 40 et a fortiori au PIB de la France (sans oublier que la pandémie les a incroyablement enrichis) ; tout se passe comme s’il n’y avait vraiment de place que pour un seul dominant numérique ou deux sur chaque segment de marché (la distribution, le traitement de texte, la navigation, la messagerie…) et comme s’il n’y avait pas de limite à leur expansion… Ni à sa capacité à s’imposer dans tout domaine émergent, comme l’intelligence artificielle ou les objets connectés.

Géopolitiques : voir la montée n force de la Chine dans le cyberespace, innovante et formidablement protégée par sa « grande muraille numérique », mais aussi les rapports de tension entre Washington et des sociétés qui sont, après tout, américaines.

Politiques : on l’a vu u moment des retraits des comptes de Trump (accompagnés de milliers d’autres censures de comptes « extrémistes »; cette décision suivait une longue période où les réseaux sociaux avaient été dénoncés comme l’écosystème des « fake news », où se confirmaient entre elles les opinions antisystème, comme les discours de haine.. Voire où sévissaient ceux qui avaient fait perdre Hillary Clinton en 2016, en favorisant une ingérence russe. Dans tous les cas, plutôt que les vieux médias « manufactures du consentement » de haut en bas, les réseaux sociaux apparaissent comme le vecteur qui suggère, dirige, confirme ou divise l’opinion, tout en permettant à chacun de devenir émetteur à son tour. Situation si inédite qu’il est si tentant de leur attribuer tout ce qui dysfonctionne dans le cerveau de nos contemporains (la désinformation ou les mauvaises croyances des foules) , et dans le même mouvement, de se tourner vers eux pour nous guérir de ces mauvaises pensées.

Juridiques : avec nombre de procès, actions ou projets de lois destinés à réguler le contrôle des données, les ententes ou les discours de haine sur Internet. Mais comment imposer l’autorité judiciaire, dans un monde où, selon la formule célèbre, « code is law », le code (au sens informatique) est la loi ?

Idéologiques : les discours des dirigeants des Gafam, outre quelques utopies tranhumanistes, tournent autour de l’idée d’échapper aux contraintes et aux frontières des états souverains, par l’extraterritorialité, demain en battant monnaie…Sans compter que pour des raisons évidentes – formations, appartenance de classe, circulation des élites (ou des gourous et lobbyistes) entre la Silicon Valley et Washington – , ce qui relève des Gafam semble spontanément hostile à toute forme de conservatisme ou de populisme.

Culturelles : c’est notre dépendance « cérébrale » quotidienne aux réseaux sociaux pour travailler, établir des liens humains, faire des transactions ou occuper nos yeux plusieurs heures par jour. Que nous voulions nous adresser à nos pairs (réseaux sociaux, messageries) « horizontalement » ou traiter verticalement une information rare et utile (navigateurs, centres de données), nous allons spontanément vers les mêmes vecteurs.

Citoyennes : en sens inverse, surtout après les incroyables révélations d’E. Snowden sur la surveillance numérique planétaire, certains sont tentés d’échapper aux « Little Sisters » (les « petites soeurs » de la Silicon Valley qui remplacent Big Brother). Un exemple : des millions d’internautes (dont l’auteur) migrent de l’application de discussion en ligne WhatsApp (qui va partager de nombreuses données personnelles avec la maison mère Facebook) vers des applications équivalents mais sécurisées, comme Télégram ou Signal.

Que les Gafam jouissent d’un pouvoir immense et inédit, nul n’en doute, mais c’est sa nature même qui déroute. Tout pouvoir a un double aspect. Négativement, il permet de résister à une autorité, une contrainte ou une limitation, bref il permet d’être moins soumis à un pouvoir supérieur. Au sens positif, il est une capacité de faire ou de faire faire aux hommes, a fortiori quand il s’agit de faire des choses jusque-là impossibles ou inédites.

Les opinions et comportements admissibles sont censurés par les « Conditions Générales d’Utilisation ».

Ce qui devrait limiter le pouvoir des grands du Net est d’abord la souveraineté (du moins en Occident, la Chine pratiquant une coopération parti/capital/technologie très spécifique). Or l’échelle, le caractère transfrontalier de l’empire Gafam ou la nature (numérique) de la ressource qui fonde sa puissance limitent les tentatives de régulation. Les Gafam peuvent payer leurs impôts où ils veulent, émettre une monnaie, faire passer des pans entiers des opinions et comportements admissibles sous l’autorité des conditions générales d’utilisation. Même s’il y a des manipulations qu’ils n’approuvent certes pas mais qui prospèrent grâce aux hackers, aux trolls et autres désinformateurs, et qui sapent la croyance en une vérité commune, fondement de tout débat politique.

Les Gafam ne sont en principe que des acteurs économiques ; pourtant ils ne souffrent guère de la concurrence chère à l’économie libérale. Une des raisons est que, à un certain degré de gigantisme, non seulement on peut s’offrir les meilleures techniques, les meilleurs lobbyistes, les meilleures conditions…, mais on peut aussi racheter à quelques milliards de dollars les jeunes sociétés qui pourraient vous concurrencer demain. Ou s’entendre. Un exemple du jour : Facebook se serait engagé à dépenser 500 millions de dollars par an pour des enchères publicitaires avec Google, révèle le New York Times, accord dit « Jedi Blue ». A une certaine échelle, si l’on vend de l’immatériel (des données), il est plus facile de se jouer des frontières, notamment fiscales.

Des intérêts convergents ?

Il n’est pas possible de raisonner en termes classiques de résistance de l’opinion.

Paradoxalement, les Gafam bénéficient d’une rente de situation ou d’une force d’inertie : quand un citoyen est sur un réseau de plus de 2 milliards de membres (où sont ses amis) ou utilise un service qui a besoin de milliards de données pour être efficace, il lui faut une motivation forte pour aller ailleurs. Et la loi dit de Metcalfe pose que l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs. Même chose pour le matériel informatique : une fois choisi un environnement…

Même si le pouvoir des Gafam suscite des critiques féroces et si leur démantèlement figure dans des programmes politiques.., il n’est pas possible de raisonner en termes classiques de résistance de l’opinion. Celle-ci se traduit traditionnellement par le refus de croire en une légitimité et de se plier à une autorité. Or les Gafam ne nous demandent pas d’acquiescer à des affirmations ni d’obéir à des ordres (souvent, ni même de payer…). Leur influence repose sur un rapport nouveau avec notre intimité. Ils décident de ce qui atteindra notre cerveau – notamment par un algorithme qui « sait » ce qui correspond à notre personnalité ou via une communauté numérique choisie qui nous confirme souvent nos préjugés et où nous sommes entrés par les appareils et applications fournis par les Gafam. Toutes les demandes que nous adressons aux algorithmes les renseignent sur nos attentes et nos désirs, et la présomption de ce qui peut le mieux nous satisfaire. Nous nous piégeons en quelque sorte nous-mêmes en nous enfonçant dans ce qui devient un environnement, certes initialement consenti et pouvant être abandonné à chaque seconde, mais qui nous formate.

Ces systèmes contrôlent et calculent d’incroyables flux de valeur et d’information, mais aussi des contenus et des codes qui hiérarchisent, choisissent ou éliminent ; ils nous disent autant à quoi penser que comment penser (y compris par groupes d’affinité et comme nos pairs).

Bien entendu, les « anciens » pouvoirs ne sont pas inertes. Ainsi des états américains entent de recourir à la vieille législation antitrust. Ou le projet de deux directives de la Commission européenne, l’une pour rétablir les lois de la concurrence, l’autre sur les contenus (Digital Market Act et Digital Services Act), mais qui risquent de ne passer qu’en 2022…A moins que finalement, la plus grande menace contre le pouvoir des Gafam ne soit l’expansion d’un autre pouvoir numérique, lié sans complexe à une souveraineté politique, celui des BATX chinois, (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, auxquels il faudra bientôt rajouter Huawei). Un pouvoir symétrique qui réussirait là où ont échoué les autorités hiérarchiques ?

Paru dans Le Spectacle du Monde – Trimestriel N°4 – Printemps 2021.

Actualités & News·Economie·Nos synthèses par domaines.

Commerce : Les réseaux d’enseigne dégagent près de 60 % du C.A. dans le commerce des biens d’équipement.

INSEE Première N°1843

Dans le commerce de détail en biens d’équipement de la maison, en biens technologiques de l’information et de la communication (TIC) et en articles de  loisirs, 22 000 magasins appartiennent à l’un des 333 réseaux d’enseigne, soit un  quart des magasins. Ils représentent plus de la moitié de l’emploi et du chiffre  d’affaires du secteur.  

En 2018, 38 % des magasins en réseau sont des succursales, 21 % des franchisés  et 18 % des commerces coopératifs. Les franchises sont davantage prisées par les  réseaux les plus jeunes ou en phase de développement.  

Le chiffre d’affaires par personne est plus élevé dans le commerce intégré que  dans les autres formes de commerce organisé. En revanche, les commerces  indépendants dégagent une valeur ajoutée plus élevée (24 % contre 22 % pour les  réseaux d’enseigne). Enfin, le taux de marge commerciale est similaire pour les  magasins en réseau d’enseigne et les indépendants (38 %).  

Les magasins du commerce de détail sont  souvent organisés en réseau d’enseigne.  Ils bénéficient ainsi d’une identité forte  vis-à-vis des consommateurs et peuvent  mutualiser certains frais  encadré. En  2018, 22 000 établissements appartiennent  à l’un des 333 réseaux d’enseigne dans les  secteurs de l’équipement de la maison, des  biens en technologie de l’information et  de la communication (TIC) et des biens de  loisirs  sources.

Les enseignes sont les plus nombreuses  dans l’équipement et la décoration de  la maison, avec des réseaux plus petits  que la moyenne. Si plusieurs grandes  enseignes ont plus de 250 magasins  (Darty, PRO&Cie, But, Gifi, Centrakor, etc.),  beaucoup ont moins de 20 magasins.  Dans le bricolage et le secteur des livres,  papeterie, jeux, les enseignes sont  moins nombreuses et comptent plus de  magasins (Lapeyre, Point P., Bricomarché  et Weldom pour le premier secteur,  Maison de la presse, MagPresse, JouéClub  pour le second). Elles sont aussi un peu  plus anciennes. Dans la vente d’articles  de sport, les enseignes sont plus récentes  et de ce fait un peu moins développées  (Intersport et Décathlon figurent parmi  les plus importantes). Les enseignes du  secteur des TIC sont moins nombreuses  et plus récentes, tout en ayant plus de  magasins en moyenne (Micromania,  Orange, Bouygues Télécom, etc.). Enfin,  les réseaux d’enseigne dans la vente au  détail de fleurs, plantes et animaux sont  plus petits qu’ailleurs (Gamm Vert, Gamm,Vert Village, Maxi Zoo ou encore Jardiland  faisant exception)


Les réseaux d’enseigne représentent plus de la moitié de l’emploi et du chiffre d’affaires du secteur.
Un quart des magasins de l’équipement de la maison, des TIC et des loisirs appartiennent à un réseau d’enseigne :
10 % sous forme de succursales et 16 % sont des commerces indépendants
qui ont contractualisé avec une tête de réseau(x) pour exploiter l’enseigne.

Alors qu’ils ne représentent que 26 %  des magasins, les réseaux d’enseigne  disposent d’une surface de vente bien plus importante (63 % de la surface de  l’ensemble du secteur). Ils ont aussi un  poids économique élevé : ils emploient 53 % des salariés et non-salariés du secteur et dégagent 59 % du chiffre  d’affaires.  

72 % des magasins sont indépendants.

Dans le bricolage, les magasins en réseau représentent 36 % des magasins et 71 % du chiffre d’affaires. Dans l’équipement et la décoration de la maison, les magasins intégrés (11 % des magasins de ce secteur) dégagent à eux seuls 41 % du chiffre d’affaires. Dans le commerce de détail de fleurs, plantes et animaux, les magasins en réseau contractuel ont un poids économique élevé : 13 % des magasins représentent 38 % du chiffre d’affaires du secteur. Enfin, dans les secteurs de l’équipement TIC et des livres, papeterie, jeux, les trois quarts des magasins sont indépendants et génèrent la moitié du chiffre d’affaires, soit une contribution plus importante qu’ailleurs. La franchise privilégiée pour les réseaux les plus récents et de taille intermédiaire.

Les réseaux d’enseigne privilégient le modèle intégré : 35 % d’entre eux sont principalement organisés sous cette forme. Viennent ensuite le modèle coopératif ou associatif et la franchise, avec respectivement 22 % et 21 % des réseaux. En contrôlant des effets de structure (secteur d’activité, âge et taille du réseau, appartenance à un groupe), les magasins sous contrat (franchise, concession, commission-affiliation, etc.)
sont plus nombreux au fur et à mesure que le réseau d’enseigne se développe (effet d’âge) et ces formes d’organisation contractuelles sont davantage prisées par les plus jeunes enseignes que par les plus anciennes au même stade de développement (effet de génération).

Dans les réseaux les plus récents (moins de 6 ans en moyenne), la franchise est le lien majoritaire pour 35 % d’entre eux. Pour les réseaux âgés de 6 à 15 ans en moyenne, le modèle intégré prédomine (40 à 45 %). Enfin, pour les plus anciens (au moins 15 ans), la coopérative est majoritaire (49 % des réseaux), principalement dans le bricolage, les meubles et le sport.

Le modèle intégré domine à la fois pour les plus petits réseaux (moins de 10 magasins) et les plus grands (au moins 75 magasins). La franchise et la concession sont des contrats plus répandus au-delà de 10 magasins, même si leur part décroît au-delà de 75 magasins : un réseau d’enseigne se créerait d’abord via des succursales avant de contractualiser progressivement avec des commerçants indépendants.
Contractualiser permet au réseau de se développer à moindre coût en économisant sur les fonds de commerce. Enfin, le modèle associatif ou coopératif est présent dans les mêmes proportions, quelle que soit la taille du réseau.
Les réseaux contractuels plus fréquents dans le bricolage et les loisirs
Le commerce de détail de fleurs, plantes et animaux est atypique : 83 % sont des commerces indépendants, 13 % des magasins en réseau contractuel et moins de 5 % des commerces intégrés


Commerce intégré – Commerce indépendant organisé.



A l’inverse, le secteur du bricolage est plus fréquemment organisé en réseau d’enseigne : 36 % des magasins, avec 16 % de succursales et 20 % de magasins sous contrat. L’équipement en TIC est un peu moins en réseau, mais la part du modèle succursaliste (17 %) y est plus importante qu’ailleurs. Quant aux loisirs (secteurs des livres, papeterie, jeux et du sport), la part de magasins intégrés y est faible (moins de 10 %) et les magasins sous contrat y sont relativement plus nombreux (respectivement 18 et 21 %).
Modèle succursaliste pour les TIC, franchisé chez les fleuristes et coopératif dans le sport

En 2018, 38 % des magasins en réseau optent pour le modèle intégré, 21 % pour la franchise et 18 % pour le commerce coopératif figure 4.

Toutefois, l’organisation diffère sensiblement selon le secteur.
Les succursales représentent ainsi 45 % des magasins sous enseigne dans le bricolage, mais 73 % des magasins spécialisés dans la vente de produits TIC. Le contrat de franchise est la forme la plus prisée dans le commerce de détail de fleurs, plantes et animaux (59 % des magasins sont en réseau). Le modèle coopératif est surreprésenté dans le bricolage, mais surtout dans le sport où il prédomine (58 %).
Forme de contrat plus minoritaire (12 %des magasins en réseau), la concession est davantage répandue dans la vente de livres, papeterie, jeux (29 %) ainsi que dans l’équipement et la décoration de la maison (18 %). C’est particulièrement le cas pour les enseignes de meubles de cuisine, qui vendent mais produisent aussi des biens.


Un chiffre d’affaires moyen par personne plus élevé dans les réseaux intégrés
Les réseaux d’enseigne emploient en moyenne 1,3 personne (salariées et non salariées) en équivalent temps plein pour 100 m² de surface commerciale

Les formes d’organisation.

La densité est plus élevée dans le commerce indépendant (1,5 personne en moyenne aux 100 m²) et dans le commerce intégré (1,4) que dans les magasins organisés en réseau contractuel (1,0). En effet, si les magasins en réseau ont davantage d’employés que les magasins indépendants, leur surface commerciale est nettement plus élevée, ce qui diminue la densité moyenne du personnel. Les magasins en réseau
intégré dégagent en moyenne 4,2 fois plus de chiffre d’affaires que les magasins indépendants. Même s’ils emploient davantage, le chiffre d’affaires par personne y est plus élevé (267 000 euros), suivi par celui des magasins en réseau contractuel (222 000 euros) ; a contrario, il est plus faible pour les commerçants indépendants (204 000 euros). Contrôlé des effets de structure, le chiffre d’affaires moyen net par personne est significativement plus élevé pour les magasins en réseau d’enseigne que pour les magasins indépendants, et plus particu- lièrement dans les magasins en réseau intégré.

Une valeur ajoutée plus élevée pour les indépendants

Dans le secteur des biens d’équipement, le taux de valeur ajoutée est de 23 % du chiffre d’affaires et le taux de marge commerciale de 38 % du total des ventes, soit des ratios nettement plus élevés que pour l’ensemble du commerce de détail
figure 5.

Le taux de valeur ajoutée est plus fort dans le commerce indépendant que dans le commerce organisé en réseau d’enseigne (24 % contre 22 %). De la même manière, au sein des réseaux, les organisations majoritairement contractuelles génèrent le plus de valeur ajoutée (22 % contre 20 % pour les réseaux majoritairement intégrés). En effet, les commerçants indépendants ont davantage de marge de manœuvre pour réduire leurs coûts d’exploitation et dégager ainsi une valeur ajoutée plus importante. Cela peut expliquer que les grands réseaux intégrés s’ouvrent de plus en plus à des formes contractuelles, comme alternative à l’exploitation de magasins en propre.
En revanche, les taux de marge commerciale décrivent une hiérarchie différente entre les trois formes d’organisation : il est sensiblement plus élevé pour le commerce majoritairement intégré (39,1 %, contre 37,9 % pour le commerce indépendant et 37,7 % pour le commerce en réseau contractuel). Ce résultat peut paraître contre-intuitif, car les réseaux intégrés pourraient miser davantage que les autres sur un effet
volume plutôt que sur un effet prix. D’autres facteurs peuvent intervenir comme des disparités sectorielles ou des stratégies d’implantation permettant des politiques de prix plus élevés pour ces réseaux.
Nadine Laïb (Insee)

Les KPI par type de surface

Définitions
Un réseau d’enseigne désigne un ensemble d’au moins cinq points de vente physiques arborant la même enseigne.
Il peut être constitué de points de vente détenus en propre par la structure tête de réseau (commerce intégré), de points de vente indépendants regroupés dans le cadre d’un groupement d’achat ou d’approvisionnement (commerce associé) ou de points de vente indépendants liés à la tête de réseau par un contrat de type franchise, concession, commission-affiliation, etc.
L’enseigne correspond à l’enseigne principale d’un établissement. L’enseigne est ce qui identifie généralement aux yeux du consommateur le point de vente et son réseau. Elle est définie par : un nom d’enseigne, un assortiment de produits et services, un agencement spécifique de
magasin, etc.
La tête de réseau est l’entité juridique (unité légale) qui prend en charge de manière centralisée certaines actions de gestion pour un réseau de points de vente (achats et référencement, actions publicitaires et marketing nationales, etc.). Selon le type de réseau, la tête de réseau peut être une société mère gérant des succursales, un franchiseur, une centrale d’achats/référencement. Elle peut animer plusieurs réseaux pour répondre à différents positionnements marketing : enseignes discount, de proximité, premium, etc.
Un groupe d’enseignes regroupe l’intégralité des enseignes appartenant à une même entité juridique tête de réseau.
La nationalité d’un groupe est définie par la nationalité de la tête de groupe.
Le taux de marge commerciale est l’écart entre le total des ventes des marchandises et leur coût d’achat, rapporté au total des ventes.


Sources
L’enquête sur les réseaux d’enseigne dans le commerce de détail de l’équipement de la maison, des biens TIC et des biens de loisirs a été réalisée en 2018.

Elle a recensé, auprès de 225 têtes de réseau(x) en France, des informations relatives à l’ensemble des points de vente de ces réseaux : identifiant Siret, adresse, type de point de vente (magasin ou corner) et type de lien. L’enquête est exhaustive pour les réseaux non entièrement intégrés.
Les données sur les réseaux d’enseigne totalement intégrés proviennent du système d’information sur les liaisons financières .

Ces données sont enrichies par l’utilisation des sources administratives de 2018 : répertoire statistique Sirus des unités légales et des établissements, statistiques annuelles d’entreprises (issues du dispositif Ésane combinant les données fiscales et les enquêtes sectorielles
annuelles), données administratives de la Contribution foncière des entreprises (CFE) et de la Taxe sur les surfaces commerciales (


Pour en savoir plus :
• Laïb N., « Les réseaux d’enseigne dans le commerce de détail alimentaire, 85 % du chiffre d’affaires du secteur, concentré sur quelques grands acteurs »,
Insee Première n° 1723, décembre 2018.


• Franceschi P., « Les réseaux dans les services », Insee Première n° 1678,
décembre 2017.


















Economie·L'éditorial

De nouvelles énergies.

BCN 2021

Voici une photo rare, que dis-je exceptionnelle… A un moment de cette Assemblée Générale, nous étions 28 personnes réunies, ce qui n’était encore jamais arrivé ! Le nouveau bureau de l’Association est au complet, à l’exception d’Alexandre, retenu par des problèmes techniques… et néanmoins élu comme toute l’équipe à l’unanimité des 28. Par ordre d’apparition à l’image, Jamila, notre nouvelle trésorière, qui elle aussi avait rencontré de menus problèmes de connexion. (Nous pensons avoir trouvé l’explication).

Puis voici nos « 2e ligne » – les amateurs de crunch* apprécieront : Françoise, Secrétaire et Jérôme Secrétaire-Adjoint : ces deux-là ont un point commun, ils écoutent et engrangent… Puis ils agissent ! Illustration ? Le 10 Mars, moins d’une semaine après, un trinôme de BCN était présent à Beaune pour recevoir la promotion GJ 33 : késako ? En l’occurrence nous avons interviewé 13 bénéficiaires de la Garantie Jeune, sur une tranche d’âge de 16 à 24 ans, certains abimés dès leur jeune âge par les épreuves de la vie, mais tous déterminés, persévérants et lucides sur leur projet, et les épreuves qui vont avec… Un exemple bluffant pour nous tous, et une incitation à l’ouverture et à la bienveillance.

Voici tout en bas, deux personnes qui se connaissent bien : Zélina, trésorière adjointe, et Christine, notre Présidente. Leurs familles sont amies, et au-delà, Zélina apporte quantité d’idées originales et nouvelles, issues de son expérience de Présidente de l’APEL, amatrice de chiffres et d’informatique. Quant à Christine, son appétence pour l’empathie et le conseil, son ouverture la placent en position de force pour faire de la relation publique, selon les termes de Danièle, qui soulignait ainsi la qualité de notre construction financière et comptable : nous allons de nouveau solliciter audience auprès d’Océane Charrey-Godard, de Fabrice Rey, et de nos soutiens départementaux.

Mais dans l’immédiat, quelques annonces : le Jeudi 18 Mars, Saïd propose de reprendre l’animation « les chapeaux de Bono » que nous avions laissée en stand-by, tant l’urgence de travailler Lettres de Motivation et CV se faisait sentir… Dans notre portefeuille d’instances, nous avons encore l’entretien à 3 avec Marie-Claire, Sophie et moi. Mon petit doigt me dit qu’il sera question de vins et de saveurs.

Enfin, nous préparons la réunion inaugurale du bureau, avec déjà un agenda conséquent :

  • rédiger le programme 2021.
  • définir les rôles « répartis » de chacun : communication, R.P., réseaux sociaux, animations.
  • planification des tâches, calendrier des subventions, des formations…
  • une fois monté tout le budget prévisionnel, communiquer sur l’argumentaire et les premières actions.

Dans un premier temps, les membres du bureau seront invités aux réunions Visio du groupe Découverte, et cela bien sûr, afin de prendre connaissance des attentes et besoins des uns et des autres. Du coup, surveillez bien votre boîte aux lettres.

Quitus au Trésorier.

Actualités & News·Economie·L'éditorial·Société

Éditorial : sidérant.

Je lisais aux aurores que finalement, Néandertal, cette espèce « brouillon » de l’humanité avait vraiment MIEUX réussi que Cro-Magnon, le modèle achevé d’homo-sapiens; « le Cro-Magnon est si indécrottablement abruti qu’il a ravagé son environnement virtuel, détruit ses forêts et pollué ses océans, s’est reproduit jusqu’à l’absurde, a brûlé toute l’énergie fossile, et la quasi-totalité de l’espèce va mourir de chaud et de stupidité, dans à peine cinquante ans simulés » (Hervé Le Tellier – L’Anomalie). Gallimard.

Que faut-il vraiment en penser ?

Voici un autre extrait de l’accélération de notre histoire, tiré de notre Newsletter financière : TTSO – Meilleur placement.com

LA BATAILLE DE L’ÉPARGNE

Selon la banque de France, la manne d’épargne supplémentaire accumulée par les Français pourrait atteindre 130 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année, soit plus que le plan de relance du gouvernement (100 milliards). Et selon le gouvernement : « La mobilisation de l’épargne des Français est la clé de la reprise ».

LE SONDAGE DONT TOUT LE MONDE PARLE

Notre étude réalisée avec OpinionWay est reprise par tous les journaux.
78% des Français interrogés disent avoir davantage économisé l’an dernier, du fait de la baisse de leurs dépenses (sortie, voyage, etc.) alors qu’ils ont continué à toucher leur salaire.
En moyenne, les Français ont épargné 276 euros par mois en 2020, un record.
Il y a bien sûr des Français très affectés par la crise, des hôteliers restaurateurs aux intermittents du spectacle en passant par les salariés qui ont perdu leur emploi.
Et il y a de fortes disparités : 20 % des ménages les plus aisés ont accumulé 70 % de cette épargne.

COMMENT PROFITER DE CE BUTIN ?

Selon les Échos, le surplus d’épargne des Français est au cœur d’une bataille politique.
Plusieurs élus évoquent la question d’une hausse de la fiscalité.
Dans le but d’aiguiller cette épargne vers des placements plus utiles à l’économie réelle. Mais aussi, tout simplement, pour remplir les caisses de l’État.
On rappelle cependant que la majorité de cette épargne est placée dans des livrets… défiscalisés.
Pour l’instant, le gouvernement a balayé toute hausse de la fiscalité pour répondre à la crise. Il cherche d’autres moyens d’orienter cette épargne vers la dépense et les investissements, et notamment… des incitations fiscales. La carotte plutôt que le bâton.

POUR L’INSTANT……l’État n’a pas besoin d’argent.
Parce que les taux sont négatifs : l’État est payé pour emprunter…
Et parce qu’il n’y a pas d’inflation : la BCE peut faire tourner la planche à billets.
Difficile donc d’imaginer le gouvernement prendre des mesures impopulaires comme une hausse d’impôt.
Mais attention, en cas de retour d’inflation, et de hausse des taux, l’État pourrait être sous pression du fait du déficit et de la dette. Il aura donc deux choix : arrêter de faire des cadeaux et faire des réformes structurelles. Ou augmenter les impôts, sur les classes aisées. On vous laisse imaginer ce qu’il choisira.

Que conclure de tout cela ?
L’Ours.
Tout le monde voit bien que le navire a pris – et continue à prendre – l’eau , et chacun espère un sauveur (JFK – Mahatma Gandhi – Nelson Mandela) pour monter à la passerelle et donner le cap. C’est oublier que lorsqu’un début d’unanimité apparaît, la logique du « chacun pour soi » émerge à nouveau. Deux exemples : le vaccin du Covid, bien mondial ? Ben voyons… L’océan arctique, sanctuaire de l’humanité, à l’image de l’Antarctique ? Vous rêvez : il y a du pétrole et d’autres ressources rares sous la banquise, et une voie maritime commerciale pour transporter les céréales de la Sibérie, « enfin réchauffée ».
Difficile d’y voir clair, n’est-ce-pas ?
Economie·Pour un meilleur emploi·Société

Création d’entreprises : un nouveau record de créations malgré la crise sanitaire.

En 2020, le nombre total de créations d’entreprises en France atteint un nouveau record avec 848 200 créations, soit 4 % de plus qu’en 2019, et ce malgré la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Cette hausse est de nouveau portée par les immatriculations d’entreprises individuelles sous le régime du micro-entrepreneur (+ 9 %), tandis que les créations d’entreprises individuelles classiques diminuent (− 13 %). Les créations de sociétés sont stables.

Les secteurs contribuant le plus à la hausse sont les activités de transports et d’entreposage (+ 22 %), le commerce (+ 9 %) et les activités immobilières (+ 10 %). À l’opposé, le nombre de créations diminue dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques (− 3 %), l’enseignement (− 8 %) et les autres services aux ménages (− 1 %).

Les créations s’accroissent dans la plupart des régions, excepté en Corse et en Martinique.

Hors micro-entrepreneurs, seules 7 % des entreprises ont des salariés au moment de leur création ; elles emploient alors 3 salariés en moyenne. Les créateurs d’entreprises individuelles en 2020 ont en moyenne 36 ans. Parmi eux, quatre sur dix sont des femmes.

Un nouveau record : 848200

En 2020, dans l’ensemble de l’économie  marchande hors secteur agricole, le  nombre total de créations d’entreprises est de 848 200, soit 32 900 de plus qu’en  2019. Il augmente ainsi de 4 % et atteint un nouveau record malgré la crise  sanitaire  figure 1. En effet, lors du  premier confinement, le nombre de  créations a temporairement chuté, mais  un rattrapage a eu lieu pendant l’été et le  rythme des créations a été soutenu jusqu’à  la fin de l’année. 

Comme en 2019, cette hausse est  principalement due à l’essor des  immatriculations d’entreprises  individuelles sous le régime du  micro-entrepreneur. Celles ci s’accroissent de 9 % en 2020,  soit 45 900 immatriculations  supplémentaires, pour atteindre  547 900 créations. En  revanche, le nombre de créations  d’entreprises classiques diminue  fortement. En effet, les créations  d’entreprises individuelles classiques décroissent de 13 % en 2020, soit  12 600 créations de moins, pour un total  de 82 200 créations. Les créations sous  forme de société sont stables en 2020  et s’élèvent à 218 100 créations. Elles  stagnent pour la première fois depuis  2013. 

Ainsi, en 2020, la part des micro entrepreneurs dans le nombre total de  créations continue d’augmenter (65 %,  après 62 % en 2019.), tandis que celle  des entreprises individuelles classiques  diminue (10 %, après 12 % en 2019)  ainsi que celle des sociétés (26 %, après  27 % en 2019). Au sein de ces dernières,  les sociétés par actions simplifiées  (SAS) représentent désormais 67 % des  créations et les sociétés à responsabilité  limitée (SARL) 31 %.

Essor des créations dans les transports, le commerce et les activités immobilières 

En 2020, le secteur des transports et de  l’entreposage est le premier contributeur à  la hausse globale. Le nombre de créations  y augmente fortement : + 18 000 créations,  soit + 22 % en 2020 après + 25 % en 2019   figure 2. Avec 101 100 nouvelles entreprises  en 2020, ce secteur génère 12 % de l’ensemble  des créations. Comme en 2019, son expansion est le fait des autres activités de poste et de  courrier, essentiellement dans la livraison  à domicile, (+ 22 400 créations, soit + 37 %  par rapport à 2019), principalement sous le  régime du micro-entrepreneur (+ 25 300).  Dans ces activités, le nombre de créations  est en essor depuis plusieurs années. Il  s’est néanmoins accéléré depuis la fin du  confinement en mai 2020. 

Par secteur d’Activité.

Le deuxième secteur contributeur à la hausse globale est celui du commerce :  + 11 000 créations, soit + 9 %. Avec  130 300 nouvelles entreprises, ce secteur  génère 15 % de l’ensemble des créations en 2020. L’augmentation est portée par les activités de vente à distance sur  catalogue général (+ 6 600 créations, soit  + 50 %), essentiellement sous le régime du  micro-entrepreneur (+ 6 200 créations),  et les activités de vente à distance sur  catalogue spécialisé (+ 5.200 créations, soit  + 68 %), principalement sous le régime du  micro-entrepreneur (+ 4 300 créations). Les créations dans ces activités sont également  en essor depuis plusieurs années, mais ont  pu être favorisées par la crise sanitaire. 

Le secteur des activités immobilières  est le troisième secteur contribuant le  plus à la hausse globale des créations :  + 3 300 créations, soit + 10 %. Au  sein de ce secteur, l’accroissement  le plus fort concerne les agences  immobilières (+ 2 500 créations),  principalement sous forme  d’immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur depuis la fin du  premier confinement (+ 2 400 créations). 

Recul des créations dans les activités spécialisées et l’enseignement 

En 2020, le nombre de créations diminue  dans les activités spécialisées, scientifiques  et techniques avec − 4 200 créations,  soit − 3 % après une hausse de 17 % en  2019  figure 2. Avec 139 500 nouvelles  entreprises en 2020, ce secteur reste  le premier en nombre de créations  et représente 16 % de l’ensemble des  créations. Son repli est majoritairement  le fait des activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion,  qui étaient en essor depuis 2016 :  − 2 200 créations en 2020, soit − 4 % par  rapport à 2019. Il s’agit principalement  d’immatriculations sous le régime du  micro-entrepreneur (− 2 900). 

Le nombre de créations décroît également  dans l’enseignement : – 3 100 créations,  soit − 8 % en 2020. Ce recul touche  particulièrement les activités d’enseignement  de disciplines sportives et d’activités de loisirs  (− 1 900 créations, soit − 21 % par rapport  à 2019, dont − 1 600 immatriculations sous  le régime du micro-entrepreneur) dans le  contexte de la crise sanitaire. 

En 2020, le troisième secteur en repli  est celui des autres activités de services  aux ménages, soit, pour les créations,  essentiellement les activités de coiffure,  soins de beauté et autres services  personnels non comptabilisés ailleurs :  − 600 créations, soit − 1 % en 2020. Les  créations diminuent particulièrement  dans les autres services personnels non comptabilisés ailleurs (− 2 200, soit − 8 %, dont -1900immatriculations sous le  régime du micro-entrepreneur), qui incluent  notamment les activités de coaching et développement personnel ou les activités  des salons de tatouage et piercing.

 Correction de la répartition entre micro-entrepreneurs et entrepreneurs individuels classiques depuis 2015 

La répartition des créations d’entreprises individuelles entre individuels ayant opté pour  le régime de la micro-entreprise (dits micro-entrepreneurs) et entreprises individuelles classiques a été  corrigée pour les années 2015 à 2019, sans que le nombre total de créations d’entreprises individuelles  soit affecté, ni le nombre total de créations d’entreprises tous types confondus. 

En effet, depuis la transformation du régime du micro-entrepreneur par la loi Pinel du 18 juin 2014,  les liasses déclaratives transmises à l’Insee pour alimenter les statistiques de créations  d’entreprises n’étaient pas toutes correctement renseignées, entraînant une classification erronée  de certains micro-entrepreneurs comme de certaines entreprises individuelles classiques. Ce  problème n’avait aucune conséquence pour les entreprises elles-mêmes, notamment sur leur  situation au regard des prélèvements obligatoires ou les usages du répertoire Sirene. Cependant,  cela a conduit à sous-estimer les créations de micro-entrepreneurs depuis 5 ans, et, à l’inverse, à  surestimer d’autant les créations d’entreprises individuelles classiques

Après correction, le nombre de créations d’entreprises individuelles sous le régime du micro entrepreneur en 2019 est de 502 000, contre 386 000 avant correction, soit une révision de + 116 000,  tandis que le nombre de créations d’entreprises individuelles classiques est diminué d’autant et s’établit  à 95 000 en 2019 contre 211 000 avant correction. 

En 2020, 548 000 créations d’entreprises individuelles sont sous le régime du micro-entrepreneur et  82 000 sont des entreprises individuelles classiques.

Les créations d’entreprises  augmentent dans la plupart des régions 

En 2020, le nombre de créations  d’entreprises s’accroît dans la plupart des  régions  figure 3. L’Île-de-France reste la  région contribuant le plus à la hausse globale,  avec 7 600 créations supplémentaires en 2020, même si le nombre de créations  n’y augmente que de 3 %. Dans cette  région, le premier secteur contributeur  à la hausse est celui des transports et  de l’entreposage (+ 9 100 créations),  notamment dans les autres activités de  poste et de courrier (+ 12 100 créations,  dont + 12 200 immatriculations de  micro-entrepreneurs). En 2020, 48 % des  créations d’entreprises des transports  et de l’entreposage ont lieu en Île-de France. Le commerce y est le deuxième  secteur contributeur à la hausse  (+ 5 200 créations), notamment dans  la vente à distance (+ 4 300 créations  dont + 3 300 immatriculations de micro entrepreneurs). Alors qu’il était le plus  dynamique en 2019, le secteur des activités  spécialisées, scientifiques et techniques est  en repli : − 5 200 créations, notamment dans  les activités de conseil pour les affaires et  autres conseils de gestion (− 2 600 créations,  essentiellement sous le régime du micro entrepreneur). 

Autour de l’IDF, une ceinture à 4% et plus.

Par ailleurs, le nombre de créations  augmente fortement à La Réunion  (+ 19 %), dans le Grand Est (+ 8 %), en  Normandie et en Bourgogne-Franche Comté (+ 7 %). À l’inverse, il se replie dans  deux régions touristiques, dans le contexte  de la crise sanitaire : la Corse (− 7 %) et la Martinique (− 1 %). 

7 % des entreprises classiques ont des salariés au moment de leur création 

En 2020, 2 % des nouvelles entreprises  emploient au moins un salarié au  moment de leur création, contre 3 % en  2019  figure 4. En excluant les micro entrepreneurs, la part des entreprises  employeuses à la création passe à 7 %, en  hausse par rapport à 2019 (5 %). 

2,4 salariés moyens à la création.

Hors micro-entrepreneurs, les nouvelles  entreprises sont le plus souvent  employeuses dans l’hébergement et la  restauration (14 %), la construction (13 %),  l’industrie et les autres services aux ménages  (9 %). À l’opposé, cette proportion est la plus  faible dans les activités immobilières (2 %)  ainsi que dans les activités financières et  d’assurance et les activités d’information et  communication (3 %). 

Les entreprises employeuses au moment  de leur création en 2020 démarrent leur  activité avec 3,0 salariés en moyenne,  contre 2,9 en 2019. Parmi celles-ci, l’effectif  salarié moyen à la création est le plus  élevé dans l’industrie (4,1), la construction  et les transports et l’entreposage (3,9) et  le plus bas dans les activités immobilières  (2,0). 

Des créateurs d’entreprises  individuelles de plus en plus jeunes 

En 2020 comme en 2019, les créateurs  d’entreprises individuelles ont en  moyenne 36 ans. La part des moins de  30 ans s’accroît : elle est de 41 % en 2020,  contre 38 % en 2019 comme en 2018   figure 5. Elle est plus élevée chez les  micro-entrepreneurs (42 %) que chez  les créateurs d’entreprises individuelles  classiques (33 %). 

41% des créateurs ont moins de 30 ans.

Tous types d’entreprises individuelles  confondus, les créateurs sont les plus jeunes  dans les transports et l’entreposage (30 ans en  moyenne et 62 % ont moins de 30 ans). Dans  l’information et la communication, les créateurs  sont également relativement jeunes (33 ans en  moyenne). À l’inverse, ils sont généralement  plus âgés dans l’industrie (40 ans en moyenne)  et les activités de services administratifs et de  soutien (39 ans en moyenne). 

Quatre créateurs d’entreprises  individuelles sur dix sont des femmes 

La part des femmes.

En 2020, les femmes ont créé 39 % des  nouvelles entreprises individuelles. Cette  proportion est quasi stable depuis 2015,  alors qu’elle augmentait progressivement  depuis 30 ans (29 % en 1987 et 33 % en  2000). Elle reste quasi identique pour  les créations d’entreprises individuelles  classiques et pour les immatriculations  sous le régime du micro-entrepreneur.  Comme les années précédentes, la part  des hommes est la plus élevée dans la  construction (98 %), les transports et  l’entreposage (92 %) ainsi que l’information  et la communication (74 %). À l’opposé,  les femmes sont majoritaires dans la  santé humaine et l’action sociale (74 %),  les autres services aux ménages (71 %),  l’industrie (58 %) et l’enseignement (52 %).● 

Hugo Gourdon (Insee) 

Sources

Les statistiques sur les créations  d’entreprises proviennent du répertoire  des entreprises et des établissements (REE, issu de Sirene) géré par l’Insee. 

L’étude porte sur l’ensemble des activités  marchandes non agricoles. Ce champ inclut  les activités financières. La décomposition  en secteurs d’activité s’appuie, pour  l’essentiel, sur les niveaux d’agrégation  A10 ou A21 de la nomenclature d’activités française révision 2 (NAF rév. 2, 2008). Certains postes ont été renommés pour  être plus explicites.

Définitions

Une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre d’une nouvelle combinaison de facteurs de  production, avec pour restriction qu’aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement. 

Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales. On parle néanmoins de  créations d’entreprises en raison de la spécificité de la situation au moment de la création. En  effet, au moment de son immatriculation, il n’est pas possible de déterminer si une unité légale  est indépendante ou appartient à un groupe. Par défaut, au moment de la création, toute entité  est donc indépendante et considérée comme une entreprise. 

Les créations d’entreprises correspondent donc aux unités légales du répertoire Sirene, qui  enregistrent un début d’activité relevant de l’un des cas suivants : 

 l’immatriculation d’une nouvelle unité légale avec création d’une nouvelle combinaison de  facteurs de production ; 

 le cas où l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de plus d’un an ; 

 le cas où l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de moins d’un an, mais  avec changement d’activité ;

  la reprise, par une unité légale nouvellement immatriculée de tout ou partie des activités d’une  autre unité légale lorsqu’il n’y a pas de continuité économique entre la situation du cédant et  celle du repreneur. On considère qu’il n’y a pas continuité économique de l’unité légale si, parmi  les trois éléments suivants concernant son siège, au moins deux sont modifiés lors de  la reprise : l’unité légale contrôlant l’établissement siège, l’activité économique et la localisation. 

Cette définition s’appuie sur les concepts harmonisés au niveau européen, à part pour les  entreprises individuelles sous le régime du micro-entrepreneur (dits micro-entrepreneurs). Pour  ces dernières, on ne sait pas s’il y aura ou non un début d’activité. On comptabilise donc des demandes d’immatriculation au répertoire Sirene ; certaines se traduiront par une vraie  création d’activité, d’autres par un démarrage différé, voire jamais réalisé. Une partie de ces  demandes, enfin, seront invalidées par l’Acoss : les personnes relevant de la Mutualité sociale  agricole (MSA) ou de diverses professions réglementées n’ont en effet pas le droit d’être sous le  régime du micro-entrepreneur. Ces radiations seront prises en compte ultérieurement dans la  démographie d’entreprises dite « structurelle ». 

Les créations d’entreprises classiques correspondent aux créations d’entreprises hors micro entrepreneurs. 

Un micro-entrepreneur bénéficie du régime de même nom (appelé auto-entrepreneur  jusque 2014), qui offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux  entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions. 

Les entreprises individuelles sont les entreprises dont la personnalité morale n’est pas  différente de la personnalité physique. 

Les entreprises individuelles classiques désignent les entreprises individuelles hors micro entrepreneurs. 

Une société est une entité dotée d’une personnalité morale. 

Une société par actions simplifiée (SAS) groupe des associés dont la responsabilité est limitée à  leur apport personnel et qui ont la possibilité de disposer de prérogatives indépendantes de leur  part de capital. La SAS est une société de capitaux, ce qui la rapproche de la société anonyme (SA). 

Une société à responsabilité limitée (SARL) groupe des associés dont la responsabilité est  limitée à leur apport personnel et dont les pouvoirs (droits de vote, droits sur les bénéfices…)  sont proportionnels à la part du capital détenue. 

Pour en savoir plus 

• Richet D., Bignon N., « Micro entrepreneurs immatriculés en 2018 : dans les transports, deux sur  trois travaillent via une plateforme  numérique », Insee Première n° 1821,  octobre 2020. 

Dorolle A., « Les créateurs d’entreprises  de 2018 : deux sur trois sont seuls à  l’origine du projet de création », Insee  Première n° 1818, septembre 2020. 

Gourdon H., « Les créations d’entreprises  en 2019 : l’essor des immatriculations de  micro-entrepreneurs se poursuit », Insee  Première n° 1790, janvier 2020.

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Directeur de la   publication : Jean-Luc Tavernier Rédactrices en chef : A. Goin, S. Pujol 

 Rédacteurs : P. Glénat, C. Lesdos C. Tchobanian Maquette : B. Rols 

Code Sage : IP211837 ISSN 0997 – 3192 (papier) ISSN 0997 – 6252 (web) © Insee 2021  http://www.insee.f