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En Bourgogne Franche-Comté, un tiers des entrepreneurs sont des femmes, à la tête de structures aussi pérennes que celles des hommes.

Juin 2020 

En Bourgogne-Franche-Comté, un tiers des entrepreneurs sont des femmes, à la tête de structures aussi pérennes que celles des hommes .

En Bourgogne-Franche-Comté, les femmes représentent 32 % des non-salariés. Elles  sont en moyenne  plus qualifiées que leurs homologues masculins, en raison notamment  des professions qu’elles exercent dans le secteur de la santé et qui requièrent un haut niveau de diplôme. Malgré cela, elles ont, en général, un revenu inférieur à celui des hommes, en partie parce qu’elles sont plus jeunes, moins expérimentées et plus souvent micro- entrepreneuses. Près de 37 % sont à la tête d’entreprises très fortement exposées au risque économique lié à la crise sanitaire du Covid-19. Elles créent des entreprises dans des conditions moins favorables que les hommes, mais dont la pérennité au bout de trois ans est pratiquement équivalente. 

Hélène Ville, David Brion (Insee) 

En Bourgogne-Franche-Comté, près de 42 800 femmes et 90 900 hommes sont non-salariés à la fin 2017. Il peut s’agir de dirigeants de société ou d’entrepreneurs individuels, parfois micro-entrepreneurs, exerçant une activité commerciale, artisanale, libérale ou agricole. Cela concerne près de 8 % des femmes en emploi, bien moins que les hommes, 16 %. Les femmes sont particulièrement minoritaires dans la région sur ce type d’emploi. Le taux de féminisation atteint 32 % soit le plus bas des régions de France métropolitaine. Il est le plus élevé en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 38 et 37 % alors que la moyenne nationale est à 36 % (figure 1)

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« C’est le bon moment pour changer de boulot ».

Le Grand Entretien du Dimanche 7 Juin revient à l’économie, avec le témoignage de Guillaume Cairou, patron de Didaxis, leader dans le portage salarial, et également chroniqueur pour Europe 1 . Celui-ci encourage dans son nouveau livre les salariés à « changer de job et changer de vie ». Sans ignorer les difficultés que la crise sanitaire et économique engendrées, Guillaume Cairou estime que la période que nous traversons est une chance pour tous ceux et toutes celles qui hésitent à sauter le pas.

Dans votre dernier livre « Changez de job ; changez de vie, et libérez enfin votre talent », (1) vous estimez que la période est propice à renaître professionnellement. N’est-ce-pas un peu optimiste ?

Guillaume Cairou.

« La crise que traversent le pays et le monde bouleverse beaucoup de choses. Elle crée beaucoup d’incertitudes, c’est vrai, mais elle rebat aussi toutes les cartes. Dans une période comme celle-ci tout devient possible. C’est à la fois un cataclysme qui va mettre à mal une concurrence établie de longue date mais c’est surtout une opportunité pour créer les métiers de demain. 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore. C’est le moment de se lancer ».

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Economie·Société

C’est où Karlsruhe ?

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Tremblement de terre : la Cour Constitutionnelle allemande rend aujourd’hui un arrêt dans lequel elle donne 3 mois à la Banque Centrale Européenne pour prouver qu’elle n’a pas outrepassé son mandat en procédant à des rachats de dette d’Etat (le Quantitative Easing) depuis 2015. A défaut d’une preuve « compréhensible et substantielle » (sic), la Banque Centrale allemande (Bundesbank) se verra interdire de participer à ces opérations de création monétaire…

Oui, le verdict des juges allemands (ci-dessus) est un tremblement de terre car il remet radicalement en cause la construction européenne et qu’il peut véritablement la faire exploser. En deux points.

1) La décision rendue par les juges allemands aujourd’hui est en contradiction complète avec celle rendue par la Cour de Justice Européenne en 2018 et qui validait la légalité des opérations de Quantitative Easing menées par la BCE. En ne reconnaissant pas la supériorité du droit européen sur le droit national, les juges allemands font s’effondrer tout l’ordre juridique sur lequel est fondée la construction européenne.

2) Si la décision du jour ne concerne pas directement le programme (beaucoup plus ambitieux que le Quantitative Easing) dans lequel la BCE s’est engagée pour faire repartir l’économie européenne post-Covid, le raisonnement des juges allemands pourrait totalement être repris pour attaquer cette nouvelle intervention. Dans ce cas, l’Allemagne ne participerait pas à l’effort commun, se retirant de fait de la Zone Euro… où ne subsisteraient plus que les pays du Sud (et/dont la France)… endettés et ne pouvant plus se financer de manière soutenable. Fin de l’Euro, fin de l’UE… et Deutschland Über Alles. Littéralement.

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Commentaire : Nos éminents juristes pourraient-ils expliquer en plénière la fameuse « hiérarchie des normes » ? Il semblerait qu’ici la Cour de Karlsruhe juge l’interprétation de la BCE, comme « dérogeant à l’esprit » d’un Traité Européen… qui lui-même a reçu validation légale de la part de la Cour de Justice européenne ; nous dirions « porté sur les fonts baptismaux », donc.  Régulièrement, les milieux financiers nous parlent d’émissions d’obligations communautaires pour faire « tourner la planche à billets » ; cette fois, après les junk bonds voici les Corona Bonds. Nos amis allemands sont rigoureux en matière d’orthodoxie budgétaire, ils ont flairé le piège et y ont opposé un garde-fou. A suivre.

      L’Ours.

Généricours

Economie·Prospective

La France adopte enfin son plan carbone pour 2023.

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…Mais ses émissions sont trop élevées.

La France a définitivement adopté sa feuille de route climat en publiant au Journal officiel la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la Stratégie nationale-bas-carbone (SNBC). Ces deux documents, présentés en début d’année, sont restés inchangés malgré la crise du coronavirus et les nombreux appels à construire un monde plus durable. Le pays ne relève pas ses ambitions climatiques pour être en ligne avec l’Accord de Paris.

Le gouvernement est pris en étau. D’un côté, le Medef lui demande de reculer sur la transition écologique pour faire face à la crise du coronavirus. De l’autre, des citoyens, des ONG, des entreprises et des climatologues lui demandent d’aller plus loin et de se saisir de l’occasion pour une remise à plat. Finalement, il est resté au milieu du gué. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour 2019-2028 et la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui fixe comme objectif la neutralité carbone de la France à l’horizon 2050, ont été publiées jeudi 23 avril au Journal officiel sans aucun changement majeur. Le pays continue de revoir à la hausse ses émissions de CO2 autorisés jusqu’en 2023 au lieu de les réduire.

« Tout en prônant qu’il veut bâtir un après coronavirus reposant sur le temps long, la sobriété, la prévention et la résilience, le gouvernement publie une feuille de route pour le climat et la transition énergétique reposant sur des objectifs insuffisants et qui ne comprend même pas les mesures nécessaires pour les atteindre. Comme d’habitude avec Emmanuel Macron et le gouvernement, il y a les paroles et les actes », dénonce Cécile Marchand, des Amis de la Terre. Ce sont « des textes écologiques structurants, qui impliquent la décarbonation de tous les secteurs d’activités et qui incarnent notre volonté intacte de poursuivre la transition écologique de notre pays », a au contraire tenu à souligner Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire.

I. Tout l’effort est concentré sur 2024-2028

Concrètement, l’Exécutif a choisi de relever le deuxième budget carbone de la France pour la période 2019-2023. En clair, cela va permettre à la France d’émettre plus de CO2 que prévu, alors que la tendance devrait être à la baisse. Dans le détail, ce budget carbone passe à 422 millions de tonnes de CO2 équivalent en moyenne par an, contre 398 millions prévus initialement en 2015. Il s’agit pour le gouvernement d’éviter un dépassement qui aurait pu atteindre les 6 % alors que le premier budget carbone avait déjà été dépassé de 3,7 %.

Cet ajustement est prévu pour être compensé au cours du troisième budget carbone, qui couvre la période 2024-2028. Celui-ci reste quasi inchangé par rapport à la première SNBC de 2015 à 359 millions de tonnes de CO2 équivalent en moyenne annuelle. Cela signifie qu’entre 2024 et 2028, il faudra baisser nos émissions de 63 millions de tonnes de CO2 équivalent, contre 41 millions prévus initialement, soit une baisse de 50 % supplémentaire. Un effort qui semble peu réaliste. À titre de comparaison, entre 2015 et 2018, nous avons réduit nos émissions de seulement 13 millions de tonnes.

La crise du coronavirus apporte des incertitudes supplémentaires. Si elle aura pour effet immédiat une baisse des émissions, estimées à 45 millions de tonnes de CO2 d’ici la fin de l’année en France, selon le Haut conseil pour le climat, un effet rebond est à craindre. « Ces réductions ne proviennent pas de changements énergétiques ou structurels, et donc seront vraisemblablement de courte durée, en fonction des mesures mises en place pour la sortie de crise et sa suite » expliquent les experts dans un rapport publié le 21 avril. Ils appellent dès lors à relancer rapidement certains secteurs comme la rénovation des bâtiments et les infrastructures de transport alternatif et ferroviaire.

II. 14 réacteurs fermés et construction de six nouveaux EPR.

De son côté, la Programmation pluriannuelle de l’énergie acte la baisse de la part du nucléaire à 50 % dans le mix électrique d’ici 2035 et la fermeture de 14 réacteurs. Le premier a déjà été arrêté en février, le second doit l’être le 30 juin. « Le principe général sera l’arrêt des 12 réacteurs (hors Fessenheim) au plus tard à l’échéance de leur cinquième visite décennale », précise le document, et « sauf exceptions, la décroissance du parc nucléaire ne devra conduire à l’arrêt complet d’aucun site nucléaire. » La PPE ouvre par ailleurs la voie à la construction de six nouveaux EPR.

Le texte prévoit également une baisse de la consommation finale d’énergie de 16,5 % en 2028 par rapport à 2012 contre 14 % dans les versions précédentes, ce qui va dans le bon sens. Reste que l’objectif est d’atteindre -20 % en 2030 et que le fossé va être également difficile à combler en seulement deux ans. Enfin, le gel de la taxe carbone, qui a donné naissance au mouvement des Gilets jaunes, est confirmé.  Il est précisé que « certaines [mesures] doivent être prises pour encourager les économies d’énergies et atteindre les objectifs climatiques, afin notamment de compenser le gel de la trajectoire de la taxe carbone initialement prévue ».

Concepcion Alvarez, @conce1

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Le coronavirus va freiner la transition énergétique.

Éolien, solaire, batteries électriques… La filière des énergies renouvelables va subir de plein fouet les conséquences du Coronavirus, à l’instar de l’industrie dans son ensemble. Mais le risque est fort que les gouvernements se détournent des renouvelables à la faveur des fossiles, dont les prix sont en chute. D’ores et déjà, les prévisions ont toutes été revues à la baisse.

Planète_coronaLes nouvelles installations solaires et éoliennes devraient reculer pour la première fois cette année.
iStock

Pour la première fois depuis 1980, les nouvelles installations de production solaire vont baisser cette année en raison de la pandémie de Covid-19. Un rapport de BloombergNEF (BNEF) revoit en effet à la baisse ses prévisions pour 2020, avec une demande mondiale en matière d’énergie solaire passant de 121-152 gigawatts (GW) initialement prévus à 108-143 GW. Pour l’éolien, BNEF anticipe également un « risque considérable ».

« Les usines chinoises redémarrent, la pression sur l’offre de composants et équipements clé devrait donc s’alléger », soulignent les auteurs. « Mais nous sommes plus préoccupés par la demande, les décideurs politiques pouvant détourner l’attention des énergies propres au profit de préoccupations plus pressantes », craignant-ils. Et ce d’autant plus que le prix des énergies fossiles, qu’il s’agisse du pétrole, du gaz ou du charbon, est en forte baisse.

Des effets encore plus forts en 2021

Le cabinet spécialisé Rystad (1) estime que les effets du virus se feront encore plus sentir à partir de 2021 avec un ralentissement des projets de 10 %, « alors que le dollar américain augmente et que les devises chutent à travers le monde ». « Nous prévoyons que ces mouvements sur le marché des changes amèneront les entreprises à suspendre la sous-traitance des principaux composants, qui sont généralement achetés en dollars américains » notent les experts.

Les pays les plus touchés seront l’Australie, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud, qui avaient tous d’ambitieux objectifs d’installation de panneaux solaires. « Les projets pourraient subir des augmentations de coûts en capital pouvant aller jusqu’à 36 % en raison de la dépréciation rapide des devises locales dans ces pays », précisent les experts. En Amérique latine, le Mexique et le Brésil ont la plus grande capacité de projets solaires photovoltaïques en cours de construction mais les deux pays connaissent une forte baisse des devises par rapport au dollar américain et les achats devraient s’arrêter complètement sur la plupart, sinon la totalité, des projets qui n’ont pas encore été engagés.

Les nouvelles installations éoliennes pourraient quant à elles décliner de près de 5 gigawatts, une baisse de 6,5 % au niveau mondial selon une étude du cabinet Wood Mackenzie (2), alors que 2020 aurait dû être une année record. « L’impact le plus significatif se situe en Chine et aux États-Unis où des livraisons record étaient attendues mais la France, l’Espagne et l’Italie pourraient être touchées encore plus fortement en pourcentage en raison des mesures drastiques de confinement », prédit Dan Shreve, directeur de la recherche sur l’énergie éolienne.

Des mesures de soutien

Du côté de la demande de batteries, BNEF entrevoit 3 GW à 9 GW de moins sur les 74 GW initialement prévus. Une forte contraction du marché de l’automobile, qui « aura des ramifications sur la demande de véhicules électriques et de batteries », est notamment à l’origine de ce phénomène. Pour ces experts, les difficultés des fournisseurs chinois ont en tout cas « mis en lumière la nécessité de diversifier les chaînes d’approvisionnement et renforcé l’argument en faveur d’une production localisée en Asie, en Europe et aux États-Unis, en particulier pour les batteries ».

En France, des mesures viennent d’être annoncées pour soutenir la filière : délais additionnels, maintien des tarifs d’achat pour trois mois, appels d’offres décalés. « La crise sanitaire que nous traversons ne doit en aucune façon nous faire renoncer aux objectifs ambitieux en termes de développement des énergies renouvelables », a déclaré dans un communiqué la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne.

Plusieurs associations de l’énergie regroupées dans la Électrification Alliance ont demandé aux gouvernements que les investissements de relance soient particulièrement dirigés vers l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, la chaleur renouvelable ou encore la mobilité électrique.

Concepcion Alvarez, @conce1

(1) Voir l’étude du cabinet spécialisé Rystad

(2) Voir l’étude du cabinet Wood MacKenzie

 

Mon commentaire : il manque un élément à cet article. L’évolution du prix des énergies fossiles : le pétrole est aujourd’hui « quasi gratuit », pour quelqu’un qui à des tankers, un port pour les accueillir, et un endroit où le stocker. Parce que la demande est basse, et les marchés inondés de pétrole d’Arabie Saoudite, lors de la partie de poker menteur avec la Russie. Cela ne va pas durer ! Les pays de l’OPEP se sont mis d’accord pour une réduction de 10,5 millions de barils de pétrole brut par jour! Conclusion : dès que les SUV et les 4X4 vont sortir du déconfinement, les prix aussi : et nous nous retrouverons devant notre dilemme environnemental.

L’Ours. Généricours