Economie·Formation et professionnalisation·Société

Société : « Le service civique n’atteint pas ceux qui en ont le plus besoin.

Le service civique, proposé à tous les jeunes de 16 à 25 ans, constitue-t-il , au-delà d’une expérience citoyenne, un tremplin vers l’emploi ? C’est la question posée à Sophie Morlaix, chercheuse à l’université de Bourgogne.

Sophie_Morlaix

Si, globalement, le service civique a « un effet bénéfique sur l’insertion professionnelle » des jeunes, « cela se vérifie surtout auprès des plus diplômés ». C’est ce que constate Sophie Morlaix, enseignante-chercheuse à l’université de Bourgogne, dont le travail de recherche, conduit en Bourgogne Franche-Comté auprès de 783 jeunes, a nourri le rapport qu’elle a remis en 2019 à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep).

Un dispositif qui loupe sa cible.

Avant leur service civique, 7% des jeunes interrogés disposaient d’un emploi.  A l’issue du service civique, ils sont 29% à avoir trouvé un emploi dans la foulée, selon la chercheuse. Le service civique a donc sans conteste « un effet positif entre la situation initiale et finale ». constate Sophie Morlaix. Qui met cependant deux bémols à cette conclusion.

Premier bémol : « Le dispositif n’atteint pas en priorité ceux qui en ont le plus besoin et qui sont d’abord visés ; à savoir les moins diplômés, les inactifs et ceux qui n’ont aucun projet professionnel ». De fait 58% des jeunes qui ont fait un service civique dans l’échantillon étudié, sont diplômés de l’enseignement supérieur.

Deuxième bémol : les moins diplômés (qui n’ont pas le Bac) sont 61% à être demandeurs d’emploi avant le service civique.  « ils restent encore 57% dans ce cas, juste après le service civique et encore actuellement », au moment de l’étude. « L’effet bénéfique sur l’insertion professionnelle n’existe pas, en réalité, pour les jeunes non diplômés », conclut Sophie Morlaix. La situation est toute autre pour les diplômés du supérieur : 44% d’entre eux disposent d’un emploi à l’issue d’un service civique, qui « leur sert à se faire une première expérience professionnelle ».

« Tous semblent y trouver leur compte ».

Malgré ces réserves, la chercheuse constate que les jeunes portent, sur le service civique, « un regard massivement positif ». Tous semblent y trouver leur compte, du moins en partie, et vantent les mérites de cette expérience généralement décrite comme enrichissante, formatrice, voire révélatrice pour certains.

Alexandra CACCIVIO – Le Bien Public du Dimanche 16 Février 2020.

En chiffres : 581€, c’est le montant net, de l’indemnité mensuelle versée aux jeunes en service civique. Peuvent s’y ajouter 119€ pour les boursiers au 5e, 6e, ou 7e échelon.

79000 : c’est le nombre de jeunes qui ont commencé une mission de service civique, en 2017, selon les données de l’Injep. cela représente 10% d’une classe d’âge.

A suivre : Heureux hasard, cette étude est parue à quelques jours de l’analyse N°67 de l’INSEE : ainsi chacun pourra se faire une opinion documentée sur l’emploi des jeunes dans notre région.

 

 

Economie·Pour un meilleur emploi

INSEE Analyses N° 67

 

INSEE_6784 100 jeunes chômeurs ou inactifs en Bourgogne-Franche-Comté : pas ou peu diplômés, souvent au domicile familial 

En Bourgogne-Franche-Comté,84 100 jeunes, soit 20 % de 16 à 29 ans, sont en situation de chômage ou  d’inactivité. Ils sont en grande majorité pas ou peu diplômés. Certains jeunes chômeurs cumulent des  difficultés rendant leur parcours vers l’emploi plus difficile : 2 200 sont en recherche d’emploi depuis plus d’un an, sans expérience professionnelle, ni diplôme. Même si le diplôme augmente les chances d’obtenir rapidement un travail, il ne protège toutefois pas complètement du non-emploi. Les jeunes chômeurs ou inactifs habitent plus souvent chez leurs parents que ceux ayant un emploi. Lorsqu’ils vivent en couple, leur conjoint est une fois sur trois sans emploi. Dans l’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort, la part de jeunes au chômage ou en inactivité est la plus forte. Ce sont aussi les départements de la région dont les contextes socio-économiques sont les plus dégradés. 

Frédéric Biancucci, Régine Bordet-Gaudin (Insee) 

En Bourgogne-Franche-Comté, parmi les jeunes âgés de 16 à 29 ans, 84 140 sont au chômage ou en inactivité en 2016. Ainsi 20 % des jeunes de cette tranche d’âge ne travaillent pas sans pour autant poursuivre des études (figure 1). Cette proportion est cependant parmi les plus faibles de métropole. La région se classe au 5e rang derrière la Bretagne, les Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-France. Ce sont des régions où le marché du travail est globalement moins dégradé : dans ces cinq territoires, le taux de chômage, en particulier celui des 15-24 ans, est inférieur à la moyenne de France métropolitaine (Définitions). Sans qualification, trouver un premier travail et accéder durablement à l’emploi est beaucoup plus compliqué pour les jeunes sortis précocement du système éducatif. Ceux-ci constituent un des publics prioritaires du Pacte régional d’investissement dans les compétences (Pric) (Encadré). Leurs difficultés d’insertion ont une incidence sur leurs conditions de vie à une période où ils cherchent leur autonomie. Elles peuvent remettre en cause leur départ du foyer parental, leur mise en couple, l’arrivée d’un premier enfant. 

INSEE_67_Fig.1

 

I. Une grande majorité de jeunes éloignés de l’emploi pas ou peu diplômés 

Peu de jeunes de 16 à 20 ans sont au chômage ou en inactivité, la plupart étant encore en études (figure 2). Dans la région, la moitié des jeunes chômeurs ou inactifs a entre 20 et 25 ans, population qui peut bénéficier d’un accompagnement global vers l’insertion professionnelle et sociale de la part des Missions Locales (Encadré). Un tiers a au moins 26 ans, âges ciblés par la mise en place de projets professionnels.

Les jeunes chômeurs ou inactifs sont, en grande majorité, pas ou peu diplômés : plus d’un tiers d’entre eux n’ont aucun diplôme et un quart dispose d’un CAP/BEP. Dans la région, comme en France, débuter dans la vie active est plus difficile pour les jeunes faiblement diplômés. En 2018, sept mois après la fin d’un cursus de formation professionnelle, à peine 68 % des diplômés d’un CAP en Bourgogne-Franche-Comté ont un emploi. Ce taux d’emploi atteint 86 % pour les titulaires d’un Deug, BTS, DUT ou DEUST et 89 % pour ceux encore plus diplômés. Ainsi, la possession d’un diplôme augmente les chances d’accéder rapidement et à l’emploi. Cependant, elle ne préserve pas complètement du chômage ou de l’inactivité : 16 % des jeunes au chômage ou en inactivité sont titulaires d’un diplôme d’études supérieures. 

INSEE_67_Fig.2

II. Jeunes en chômage : les trois quarts ont déjà travaillé

La grande majorité des jeunes sans emploi et ne poursuivant pas d’études sont en situation de chômage (70 %). Ils ont, alors pour la plupart, déjà travaillé et sont moins soumis au chômage de longue durée : 31 % sont au chômage depuis plus d’un an contre 44 % pour l’ensemble des chômeurs de la région. Néanmoins, certains jeunes sont au chômage de longue durée dès leur entrée dans la vie active : un quart n’ont aucune expérience professionnelle. 

Dans la région, un peu plus de 10 % des ont un niveau de diplôme plus élevé que les jeunes au chômage pourraient rencontrer des difficultés accrues dans leur recherche d’emploi. Ils sont à la fois non-diplômés et  recherchent un emploi depuis plus d’un an. Cette situation de forte vulnérabilité sur le marché du travail pourrait être accentuée pour 4 % des chômeurs (2 190) qui cumulent ces deux difficultés et l’absence d’expérience professionnelle. 

III. Les jeunes femmes plus souvent sans emploi, davantage au foyer.

Les jeunes éloignés de l’emploi sont en majorité des femmes. Celles-ci sont en effet plus fréquemment touchées par le chômage ou l’inactivité que les hommes ; 21 % des femmes de 16 à 29 ans de la région contre 18 % des hommes. Les femmes concernées ont un niveau de diplôme plus élevé que les hommes et elles sont en moyenne plus âgées. À partir de 26 ans, elles sont plus souvent en situation d’inactivité, fréquemment femmes ou mères au foyer.

IV. Les hommes plus souvent chez les parents, les femmes davantage en couple 

Compte tenu notamment de leurs difficultés financières et de logement liées à leur situation de non-emploi, les jeunes chômeurs ou inactifs ont moins souvent leur indépendance résidentielle que les actifs en emploi de leur âge (figure 3).

INSEE_67_Fig.3
 Ils habitent plus fréquemment avec leur mère et/ou leur père : 42 % contre 27 % chez les jeunes qui travaillent. À partir de 26 ans, ils sont encore plus de 20 % à cohabiter avec au moins un parent, alors que leurs homologues ayant un emploi ne sont que 10 % dans cette situation. Si certains d’entre eux ne sont jamais partis vivre ailleurs, d’autres sont revenus habiter au foyer parental par nécessité, n’ayant plus les moyens de conserver leur propre logement. En France, en 2014, 14 % des jeunes chômeurs ou inactifs vivent chez leurs parents après être partis une première fois. 

Ces retours se produisent notamment à la fin de leurs études, à leur entrée sur le marché du travail ou suite à un accident de la vie (perte d’emploi, rupture amoureuse…). Un tiers des jeunes chômeurs et inactifs vivent en couple, le plus souvent avec au moins un enfant. Les hommes n’ont pas le même mode de vie que les femmes. Entre 20 et 25 ans, les jeunes hommes au chômage ou inactifs de la région habitent en grande majorité avec au moins un de leurs parents. Les jeunes femmes, en revanche, sont beaucoup plus fréquemment en couple. Cet écart persiste avec l’âge même s’il s’atténue. Entre 26 et 29 ans, un tiers des hommes cohabitent encore avec au moins un parent. Les femmes, pour la plupart, partagent leur vie avec leur conjoint et 13 % sont à la tête d’une famille monoparentale. Les mères seules ont le plus souvent un enfant à charge. Dans trois cas sur dix, elles élèvent deux enfants. .

V. Le niveau social de l’entourage pourrait limiter le soutien à ces jeunes 

Au total, trois quarts des jeunes chômeurs ou inactifs habitent avec leur conjoint ou avec au moins un de leur parent. Cela favorise l’aide financière, matérielle ou morale dont ils peuvent avoir besoin au quotidien. Ce soutien peut être cependant plus ou moins important compte tenu notamment de la situation sociale et professionnelle des personnes qui les entourent. Le soutien familial peut être en particulier limité lorsque les parents sont confrontés, eux aussi, à des difficultés professionnelles et sociales. Ainsi, parmi les jeunes chômeurs ou inactifs vivant avec leur père et leur mère, près de 20 % ont leurs deux parents qui ne travaillent pas (figure 4) ; le plus souvent, l’un est à la retraite, l’autre est au foyer. Néanmoins, la moitié des jeunes ont une situation a priori beaucoup plus favorable : leurs deux parents ont une activité professionnelle. Ils sont souvent ouvriers ou employés. Dans seulement un cas sur dix, leurs deux parents ont même un niveau social plus élevé : ils sont cadres ou exercent une profession intermédiaire. 

INSEE_67_Fig.4

VI. Vie en couple : dans un cas sur trois, le conjoint est aussi sans emploi 

Les possibilités d’aide peuvent être réduites également pour les jeunes chômeurs ou inactifs vivant en couple : lorsque le conjoint, aussi, n’a pas d’emploi, ce qui est le cas pour un tiers d’entre eux. Celui-ci est alors très souvent au chômage. Toutefois, dans la majorité des foyers, le conjoint a un emploi à durée indéterminée. Les jeunes femmes éloignées de l’emploi ont, dans les trois quarts des cas, un conjoint qui travaille, souvent comme ouvrier. Cela est moins vrai pour les jeunes hommes non insérés : leur compagne a un emploi dans seulement un cas sur deux. Elle exerce alors davantage une profession intermédiaire ou de cadre. 

VII. Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs ne résident pas avec un conjoint ou un parent

Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs vivent dans d’autres conditions : 5 % sont à la tête d’une famille monoparentale, 10 % habitent seul et autant sont en colocation ou hébergés dans une communauté (établissement médico-social, foyer étudiants…). Cela ne signifie pas qu’ils soient isolés socialement et qu’ils ne bénéficient pas du soutien de leur famille. En France métropolitaine, les jeunes au chômage ou inactifs qui ont quitté le domicile parental reçoivent plus fréquemment une aide de leurs parents, de leur famille ou de leurs amis que ceux ayant un emploi ; il peut s’agir d’une aide financière, matérielle (repas, lessives, garde d’enfants…) ou d’un soutien moral. Entre 18 et 24 ans, ils sont 11 % à bénéficier d’une aide financière qui participe par exemple au paiement du loyer ou des courses, contre 6 % parmi ceux ayant un emploi. Entre 25 et 29 ans, ils sont encore 9 % à disposer de cet appui (source Enquête Logement 2013). 

L’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort : des jeunes plus souvent en situation de chômage ou d’inactivité 

Près de 60 % des jeunes au chômage ou en inactivité, soit 47 900, résident dans un des trois départements les plus peuplés de la région : dans le Doubs, en Côte-d’Or ou en Saône-et-Loire (figure 5). Toutefois dans les deux premiers, leur part parmi l’ensemble des jeunes est relativement faible puisqu’ils accueillent de nombreux étudiants notamment à l’université de Besançon et de Dijon. Dans le Grand Besançon Métropole et Dijon Métropole, les jeunes chômeurs sont davantage titulaires d’un diplôme d’études supérieures. Un certain nombre d’entre eux, fraîchement diplômés, ont terminé leurs études dans ces territoires et sont en quête d’un premier emploi. D’autres sont venus s’y installer, attirés par les opportunités d’emplois qu’offrent ces grands pôles d’activité.

INSEE_67_Fig.5

Dans l’Yonne, la proportion de chômeurs et d’inactifs parmi les 16-29 ans est la plus forte. Elle atteint 30 % dans l’agglomération migennoise. Elle est également élevée dans celles de Joigny, Sens, Tonnerre (figure 6). La moyenne d’âge de ces jeunes est faible, 20 % n’ayant pas plus de 19 ans et ils sont davantage non diplômés que dans les autres départements. La part de jeunes chômeurs ou inactifs est également importante dans la Nièvre. Ce département est marqué par les difficultés économiques et l’ensemble des actifs est plus fortement touché par le chômage. La proportion de jeunes éloignés de l’emploi est importante dans les intercommunalités du Tannay-Brinon-Corbigny et du Haut-Nivernais, espaces peu denses où les jeunes sont, de plus, distants des structures de formation, de santé et des espaces culturels. Elle est également élevée dans le sud nivernais notamment à Decize. Dans le Territoire de Belfort, département plus industrialisé et très touché par la crise économique, les jeunes sont également fréquemment en situation de non-emploi. Ceux-ci, tout comme ceux travaillant, sont davantage diplômés du supérieur qu’en moyenne dans la région. En revanche le Jura se distingue par une proportion de jeunes au chômage ou inactifs inférieure à la moyenne régionale. C’est le département où les jeunes sont le plus souvent en emploi et où le taux de chômage des 15-24 ans est le plus bas de la Bourgogne- Franche-Comté.

INSEE_67_Fig.6

Définitions

 Les jeunes au chômage ou en inactivité sont comptabilisés à partir du recensement de la population. Dans cette étude, ce sont des personnes qui ont déclaré, lors de l’enquête de recensement, être au chômage, femme ou homme au foyer ou être dans une autre situation d’inactivité notamment d’incapacité de travailler pour raison de santé ou de handicap. Les jeunes s’étant déclarés en études (élève, étudiant) ou en stage non rémunérés ne sont pas considérés, dans l’étude, comme des inactifs. 

 Le taux de chômage est celui défini au sens du Bureau international du travail (BIT) : c’est le nombre de chômeurs rapporté à l’ensemble de la population active (somme de la population en emploi et au chômage). 

Pour en savoir plus 

  • « Insertion dans la vie active des lycéens et des apprentis – Bourgogne-Franche- Comté – Enquêtes 2018 », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, octobre 2019. 
  • Bordet-Gaudin R., Lèbre P-S., « Un quart des jeunes vivent dans des territoires distants des services favorisant leur insertion sociale et professionnelle », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 27, février 2018. 
  • « La jeunesse en Bourgogne-Franche-Comté » : sélection d’indicateurs », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, décembre 2019. 
  • Pouliquen E., « Depuis 2000, la part des 18-29 ans habitant chez leurs parents augmente à nouveau », Insee Première n° 1686, janvier 2018. 

Source : INSEE Bourgogne Franche-Comté.

 

Actualités & News·Economie·Société

La fin du modèle de l’hypermarché?

Mes cher(e)s ami(e)s bonjour,

Est-ce la fin de la consommation de masse?

Liés à l’évolution technologique et le changement de nos habitudes, les grandes enseignes telles Auchan ou Carrefour sont en réflexion et en évolution de leur modèle économique. La cause? Une perte de chiffre d’affaires ainsi qu’une diminution de fréquentation clients.

En effet, les grandes surfaces nées à l’après-guerre ne répondent plus vraiment aux attentes d’une clientèle métamorphosée. Finies les familles nombreuses en recherche d’abondance et place à un consommateur en quête de relationnel et de qualité des produits.

Pour répondre à ce changement de paradigme, on aperçoit de plus en plus d’ouvertures de commerces de proximité (spécialisés ou non). Mais attention, les « poids lourds » ne s’avouent pas vaincus, car c’est leurs filiales qui s’installent en centre-ville.

A côté de cela et pour lutter contre les mastodontes du e-commerce (Amazon, Alibaba…), des nouveautés ont déjà été mises en place comme la livraison ou le drive.

Néanmoins, les habitudes des « courses du samedi » en zones commerciales vont peut-être être amenées à se réduire?…

hypermarché en fin de vie?          la fin d’un modèle       un modèle à bout de souffle

Actualités & News·Economie

Légion d’honneur et BlackRock

Bonjour à toutes et à tous et meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2020.

Par cet article, je souhaite commencer l’année en revenant sur la polémique née par la nomination au grade d’officier de la Légion d’honneur du patron de BlackRock France : le haut fonctionnaire Jean-François Cirelli.

Mais pourquoi cette décoration a-t-elle tant fait polémique en cette période de réforme des retraites?

Et bien, selon l’opposition et certains syndicats, BlackRock en tant que société d’investissement tenterait d’influencer le gouvernement pour faire basculer notre système de retraite par répartition en un système par capitalisation (système similaire à celui utilisé au USA par exemple). Et cette « décoration » est dénoncée telle une récompense décernée par l’exécutif à un « fond de pension américain » (je cite).

En réponse à ces accusations, la filiale française s’est défendue en publiant un communiqué contredisant et précisant son absence de participation (quelle qu’elle soit) à cette réforme d’ampleur.

Je termine par présenter un peu plus ce géant méconnu de la finance.

BlackRock, société américaine, propose ses services dans plusieurs grands domaines :

  • l’investissement (gestion de fonds : 11,6 Mds de $ en 2018)
  • le conseil des Etats et des entreprises du secteur financier
  • les services technologiques : droit d’utiliser sa gigantesque base de données

 

(sources : leparisien.fr => Blackrock  ; medium.com => Blackrock et les ETFs)

 

Economie·Prospective

INSEE Conjoncture N°21

INSEE_Conjoncture

Au 3e trimestre 2019, nouveau recul de l’emploi et hausse du chômage en Bourgogne-Franche-Comté.

L’emploi salarié est en baisse en Bourgogne-Franche-Comté pour le deuxième trimestre consécutif. Industrie, tertiaire marchand et non marchand  sont en repli, comme l’intérim. Seule la construction est stable ce trimestre. Le chômage, à l’inverse de sa tendance sur longue période, augmente de 0,2 point. Du côté de l’entreprenariat, le nombre de créations est en nette hausse pour les micro-entreprises et les entreprises « classiques », en particulier dans l’industrie. Le nombre des défaillances d’entreprises décroît. Comparé à l’an dernier, les demandes de permis de construire sont en forte baisse alors que les mises en chantier sont plus nombreuses. La fréquentation hôtelière diminue légèrement contrairement à celle des campings qui augmente fortement.

Amandine Ulrich, Guillaume Volmers (Insee)                                                                   Rédaction achevée le 30 décembre 2019 

1. Baisse amplifiée de l’emploi salarié régional 

Au troisième trimestre 2019, la Bourgogne-Franche-Comté compte 966 800 salariés. L’emploi salarié se replie de 0,2 %, davantage qu’au trimestre précédent (figure 1). Il baisse également en Normandie et Centre – Val de Loire. Pour le deuxième trimestre consécutif, l’emploi salarié privé perd 0,2 % de ses effectifs. L’emploi public, en hausse au trimestre précédent, se stabilise. Au niveau national, l’emploi salarié croît de 0,2 %, sur le même rythme qu’au deuxième trimestre. Le secteur public voit néanmoins sa progression légèrement ralentir à + 0,1 % contre + 0,2 % au trimestre précédent. 37 000 personnes résident en Bourgogne-Franche-Comté tout en occupant un emploi en Suisse. Il s’agit du sixième trimestre de hausse consécutif. L’augmentation, de 1 %, est moins marquée qu’au trimestre précédent.

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2.Tous les grands secteurs en repli excepté la construction.

Dans la région, la situation de l’emploi se dégrade dans les services non marchands avec 220 emplois perdus ce trimestre contre une forte hausse de 1 060 au précédent. Il en va de même dans le commerce qui perd davantage d’emplois ce trimestre. Dans l’industrie, les services marchands hors intérim, le repli se poursuit, même si celui-ci est moins prononcé qu’au deuxième trimestre. La construction reste stable ce trimestre. Sur un an, ses effectifs progressent de 0,5 % (figure 2).

Conjoncture21.02

Dans la région, l’information-communication est, de loin, le sous-secteur le plus dynamique ce trimestre, + 1 %, devant les services aux entreprises, + 0,1 %. L’hébergement restauration a la meilleure croissance d’effectifs annuelle. On assiste à des pertes d’emplois dans tous les autres secteurs, notamment dans la fabrication de biens d’équipements et de matériels de transports ainsi que les services aux ménages. L’hébergement restauration qui baisse légèrement ce trimestre est le secteur qui croît le plus sur un an. Au niveau national, les évolutions restent plus favorables que dans la région et ce dans tous les secteurs. En France, quasiment tous les secteurs gagnent des emplois, en particulier la construction qui continue sur sa solide dynamique.

3. Recul de l’intérim.

En Bourgogne-Franche-Comté, l’emploi intérimaire accuse un nouveau repli ce trimestre, de 1,1 %, après 1,9 % le trimestre précédent (figure 3). Il recule de 2,2 % sur un an mais reste cependant à un niveau élevé. Les effectifs intérimaires se stabilisent ce trimestre dans l’industrie mais restent orientés à la baisse dans la construction. Le tertiaire marchand, qui représente un tiers de l’intérim dans la région perd des emplois, principalement dans le transport-entreposage et le commerce. Au niveau national, l’intérim est en baisse de 0,4% ce trimestre et de 1 % sur un an, là encore avec des évolutions plus favorables que dans la région.

Conjoncture21.03

4. Croissance de l’emploi dans le Jura et en Haute-Saône.

Au troisième trimestre 2019, le Jura et la Haute-Saône sont les deux départements de Bourgogne-Franche-Comté dont l’emploi salarié est en augmentation. Il est stable en Côte-d’Or où les gains dans les services compensent les pertes dans les autres secteurs, particulièrement dans l’intérim. Il baisse dans les autres départements, surtout dans le Territoire de Belfort. Les deux départements en hausse bénéficient de gains d’emplois dans le commerce et les services non marchands. L’intérim est également très dynamique en Haute-Saône. Il est aussi bien orienté dans la Nièvre et le Territoire de Belfort mais ne permet pas de compenser le repli dans d’autres secteurs. En Saône-et-Loire et dans l’Yonne, l’emploi baisse, souvent fortement, dans l’intérim, le commerce et l’industrie. Dans le Doubs, tous les secteurs sont en baisse hormis les services marchands hors intérim.

5. Hausse du taux de chômage sauf en Haute-Saône.

En Bourgogne-Franche-Comté, à l’inverse des trois derniers trimestres, le taux de chômage augmente de 0,2 point au troisième trimestre 2019, de manière plus marquée qu’en France. Il demeure cependant nettement plus bas dans la région qu’au niveau national, 7,6 % contre 8,6 % (figure 4). La Bourgogne-Franche-Comté recule au cinquième rang des régions les moins touchées par le chômage, derrière la Bretagne, les Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-france. Ce trimestre, le chômage augmente dans tous les départements de la région, excepté en Haute-Saône où il est stable. La hausse reste contenue à 0,1 point en Côte-d’Or et dans le Doubs. Dans les autres départements, l’augmentation est la même qu’au niveau régional.

Conjoncture21.04

Le Jura a le taux de chômage le plus faible, 6,3 %. À l’inverse, dans le Territoire de Belfort, il est le plus élevé, 9,1 %. Ce dernier est d’ailleurs le seul département de la région au-dessus de la moyenne nationale. Sur un an, le chômage baisse dans tous les départements, en particulier en Côte-d’Or.

6.Hausse des créations d’entreprises 

Le nombre de créations d’entreprises augmente dans la région plus fortement qu’au niveau national. Au troisième trimestre 2019, 5 800 entreprises ont été créées en Bourgogne-Franche-Comté, soit 11 % de plus qu’au trimestre précédent,contre + 4 % à l’échelle nationale. Micro-entreprises et entreprises « classiques » sont en hausse, en Bourgogne-Franche-Comté comme en France. Les micro-entreprises augmentent particulièrement ce trimestre dans la région (+ 22 %) (figure 5).

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Les créations d’entreprises augmentent dans tous les grands secteurs d’activité, en particulier dans l’industrie.

7.Baisse des défaillances d’entreprises 

Le nombre des défaillances d’entreprises enregistrées sur un an en Bourgogne-Franche-Comté est en baisse de 1,1 % par rapport à l’année précédente. Au niveau national, cette baisse, plus marquée, atteint 1,9 % (figure 6).

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Dans la région, les défaillances reculent particulièrement dans le commerce, l’industrie et les transports et entreposage. À l’inverse, elles augmentent dans la construction et les activités de soutien aux entreprises.

8.Globalement, moins d’inscrits à Pôle emploi 

En Bourgogne-Franche-Comté, le nombre de demandeurs  d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle Emploi, et n’ayant donc pas travaillé dans le mois, augmente au 3e trimestre 2019. En revanche, après deux trimestres de hausse, le nombre d’inscrits en catégorie A, B et C à Pôle Emploi repart à la baisse. La région compte ainsi 215 100 demandeurs d’emploi au troisième trimestre 2019, soit 0,4 % de moins qu’au précédent. Le repli est plus marqué au niveau national (- 0,9%). L’évolution est favorable pour toutes les tranches d’âge ce trimestre, en particulier pour les demandeurs d’emploi de 25 à 49 ans (- 0,6 %). Chez les plus âgés, la baisse est plus contenue (- 0,1 % pour les inscrits à Pôle Emploi de 50 ans ou plus). Si le nombre total de demandeurs d’emploi diminue dans la plupart des départements de la région, notamment de 1,3 % en Haute-Saône et de 0,9 % en Côte-d’Or et dans la Nièvre, il augmente cependant très modérément dans le Doubs, le Jura et le Territoire de Belfort.

9.Forte baisse des permis de construire, les mises en chantier résistent 

Le nombre de permis accordés continue de diminuer dans la région à un rythme bien plus important qu’au niveau national. En un an, 11 000 logements ont été autorisés à la construction en Bourgogne- Franche-Comté, soit 12,6 % de moins qu’un an auparavant. Le nombre de permis de construire recule dans la majorité des départements de la région, et très nettement dans la Nièvre, le Jura, le Territoire de Belfort et la Côte-d’Or. Leur nombre augmente néanmoins dans l’Yonne et en Haute-Saône. Les mises en chantier sont plus nombreuses que l’année précédente dans la région contrairement à la tendance nationale. En effet, dans la région, le nombre de logements commencés sur un an augmente de 1,8 % par rapport au troisième trimestre 2018, alors qu’il baisse de 2,9 % au niveau national. Les mises en chantier augmentent fortement dans le Territoire de Belfort et la Nièvre. À l’inverse, elles baissent particulièrement dans l’Yonne.

10.Léger recul de la fréquentation des hôtels, hausse de celle des campings.

La fréquentation hôtelière diminue légèrement par rapport à l’année précédente. La région enregistre ainsi 2 358 000 nuitées au troisième trimestre 2019, soit 0,2 % de moins qu’un an auparavant. Au contraire, à l’échelle nationale, le nombre de nuitées croît de 0,3 %. En Bourgogne-Franche-Comté, la progression de la fréquentation des résidents français ne compense pas totalement la baisse de la clientèle non résidente (en provenance de l’étranger). Les nuitées des touristes venus de Belgique, d’Allemagne, des Pays-Bas et du Royaume-Uni sont en diminution. En revanche, les touristes originaires de Chine et de Suisse sont plus nombreux que l’année précédente.

D’autre part, la fréquentation des campings augmente fortement dans la région par rapport au troisième trimestre 2018 (+ 5,7 %), grâce à la hausse conjuguée des clientèles résidente et non-résidente. l’augmentation est plus faible au niveau national (1,5 %).

∎ Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n° 21 – Janvier 2020

Conclusion : La croissance française garde son rythme, portée par la demande intérieure

Au troisième trimestre 2019, la croissance française s’est de nouveau établie à + 0,3 %, portée par l’investissement des entreprises, notamment en services, et par la consommation des ménages, du fait de gains élevés de pouvoir d’achat en début d’année. Le commerce extérieur a quant à lui pesé une nouvelle fois sur la croissance.

D’ici la mi-2020, la croissance française serait comprise entre + 0,2 % et + 0,3 % par trimestre, selon la Note de conjoncture nationale de l’Insee. La consommation des ménages garderait un rythme régulier, l’investissement des entreprises ralentirait tout en restant dynamique, tandis que le commerce extérieur pèserait à nouveau sur l’activité. En moyenne annuelle, le PIB croîtrait de 1,3 % en 2019 et l’acquis de croissance s’élèverait à + 0,9 % mi-2020. Le chômage poursuivrait sa baisse progressive pour atteindre 8,2 % à l’horizon de prévision.

Perspectives : La crainte d’un retournement conjoncturel global s’atténue 

L’année 2019 aura été marquée par les nombreuses incertitudes qui ont pesé sur la croissance mondiale. Les difficultés du secteur automobile et le ralentissement de l’économie chinoise ont par exemple contribué au ralentissement global. Mais certaines incertitudes qui ont pénalisé jusqu’ici le commerce international semblent se réduire un peu : la perspective d’un Brexit sans accord paraît s’éloigner et les signes d’apaisement dans la guerre commerciale sino-américaine laissent attendre un rebond du commerce mondial. Par ailleurs, les mesures budgétaires contribueraient à soutenir l’activité en zone euro.

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier 25020 Besançon Directeur de la publication : Moïse Mayo Rédacteur en chef : Katy Lequin ISSN : 2497-4609

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Pour en savoir plus : 

« Clair-Obscur », Insee Note de conjoncture, décembre 2019.

Volmers G., « Chômage en Bourgogne-Franche-Comté : hausse de 0,2 point au 3e trimestre 2019 », Insee Flash Bourgogne-Franche-Comté n°96, janvier 2020.

« L’intérim en Bourgogne-Franche-Comté – Un nouveau repli au 3e trimestre 2019 », Direccte Bourgogne-Franche-Comté , janvier 2020.