Actualités & News·Economie·Pour un meilleur emploi

De nouvelles dates.

Des rendez-vous importants nous parviennent :

I. Le premier, le Village des Recruteurs est un incontournable qui se tiendra à Lyon, Bordeaux et Dijon.

Celui de la Cité des Ducs se tiendra, Place de La République, le 30 Septembre prochain, sous chapiteau :

Participez au Village des Recruteurs de Dijon réunissant entreprises qui recrutent, agences d’emploi et agences d’Intérim, organismes de formation de la région Bourgogne.

« Le Village des Recruteurs » est un événement Emploi directement organisé au cœur des villes et se présentant sous la forme d’un village éphémère. Les villages peuvent avoir des thématiques précises ou simplement réunir des recruteurs de différents secteurs.

Rendez-vous sur la place de la République à Dijon pour rencontrer directement :

  • Les personnes en charge du recrutement des entreprises et agences présentes.
  • Les représentants des organismes de formations qui vous présenteront leurs catalogues de formations disponibles et les modalités pour y accéder (financements, durées, …).

A prévoir : munissez-vous de votre CV imprimé en multi-exemplaires (autant que vous repérerez d’offres vous correspondant de manière à le laisser à votre interlocuteur) et préparez votre entretien !

II. Les Journées de l’Économie autrement se tiendront les 26 et 27 Novembre prochains.

https://www.journeeseconomieautrement.fr/l-%C3%A9v%C3%A8nement

Pour l’instant, pas de menu, pas de programme, pas d’intervenants, mais restez attentifs !

III. Et bien sûr, n’oubliez pas le Grand Déj’ au Parc de la Toison d’Or ce dimanche 12 Septembre !

Actualités & News·Economie·Revue de Presse

Crise sanitaire : des chocs de trésorerie très hétérogènes.

Crise sanitaire : des chocs de trésorerie (très) hétérogènes
Publié le 28 juillet 2021 sur le blog de l’Insee : https://blog.insee.fr/crise-sanitaire-des-chocs-detresorerie-tres-heterogenes/
Temps de lecture : 7 minutes
Benjamin Bureau, Anne Duquerroy, Mathias Lé et Frédéric Vinas (Banque de France), Julien Giorgi et Suzanne Scott (Insee)

Sans mesures de soutien, les chocs de trésorerie (à financement inchangé) subis par les entreprises françaises en 2020 auraient été plutôt négatifs mais surtout très hétérogènes, y compris au sein d’un même secteur d’activité. Les mesures de soutien ramènent la proportion des chocs négatifs (et positifs) à celle d’une année normale et en réduisent la dispersion, même si, aux deux extrémités, les chocs très importants sont moins rares qu’habituellement.

L’économie française a subi un choc d’une ampleur inédite au cours de l’année 2020. Avec une contraction du PIB de 7,9 %, la France a subi le recul le plus important jamais enregistré par les comptes nationaux (Insee, 2021). Ce choc a notamment engendré une hausse très marquée de la dette brute des sociétés non financières (SNF), de 12,2 % (+217 Md€), qui est toutefois couplée à une hausse tout aussi importante de leur trésorerie (+28,6 % ou +200 Md€). In fine, la hausse de la dette nette est donc relativement modeste : +0,8 % ou +17 Md€, contre +51,5 Md€ en 2019 (Banque de France, 2021). Dit autrement, d’un point de vue agrégé, à fin 2020, l’impact de la crise sur la dette nette des SNF est relativement limité. Ce constat ne porte que sur les dettes financières, c’est-à-dire hors prise en compte des reports de charge fiscales et sociales.

Un modèle de microsimulation pour évaluer l’impact de la crise sanitaire Mais les tendances décrites par les approches macroéconomiques peuvent masquer des situations individuelles très diverses : parfois plus dégradées, ou au contraire meilleures que ne le laisserait penser la photo d’ensemble. C’est pourquoi l’Insee et la Banque de France ont développé un modèle de microsimulation pour évaluer, entreprise par entreprise, l’impact de la crise sanitaire sur la situation financière de plus de 645 000 entreprises en France en 2020 ( Bureau et al. , 2021a).
L’objectif de ces travaux est d’aller au-delà du diagnostic macroéconomique agrégé et d’analyser la dispersion de cet impact entre entreprises, en mettant notamment l’accent sur les effets des mesures de soutien gouvernementales. Nous mobilisons pour cela un jeu particulièrement riche de données individuelles d’entreprises (déclarations mensuelles de TVA 2020, recours à l’activité partielle en 2020, reports de cotisations sociales en 2020, comptes des entreprises en 2018, cotation Banque de France à la veille de la crise).
L’indicateur principal utilisé dans l’analyse est le « choc de trésorerie » (avant ou après mesures de soutien). Il correspond au flux de liquidités généré par l’exploitation, après prise en compte des investissements, des dividendes et après paiement des charges d’intérêts, mais avant toute augmentation de l’endettement. À fonds propres constants et hors cession d’actifs, ce choc de trésorerie « avant financement » correspond donc à une variation de la dette financière nette. Il ne doit pas être confondu avec la variation effective de trésorerie : un choc négatif de trésorerie ne se traduira pas par une baisse effective de la trésorerie s’il s’accompagne d’une hausse au moins équivalente de la dette financière brute. De fait, une première analyse d’un peu plus de 200 000 bilans déjà reçus par la Banque de France montre que seulement le quart des entreprises ont connu une diminution de leur encours de trésorerie en 2020 ( Doucenet et al., 2021 ; Lemaire et al. 2021).

ENCADRÉ – Les entreprises qui présentent une variation négative de trésorerie à la fin de l’année 2020 peuvent mobiliser trois principaux leviers pour combler ce déficit : (i) puiser dans leur trésorerie disponible en début d’exercice (disponibilités monétaires et valeurs mobilières de placement), (ii) mobiliser des sources de financement externes (crédit bancaire, dette obligataire, ou émission de nouveaux fonds propres,…), voire (iii) céder certains actifs. Si l’on ignore les éventuelles émissions de fonds propres et les cessions d’actif, la variation de trésorerie (avant financement) donne une mesure précise de l’évolution de la dette nette des entreprises à la fin de l’exercice 2020. En effet, que ce choc de trésorerie conduise à une variation de la trésorerie disponible à l’actif ou à une variation de l’encours de dettes financières brutes (ou, le plus probablement, à une combinaison des deux), l’effet est le même sur l’évolution de la dette financière nette de chaque entreprise.

Les chocs de trésorerie subis par les sociétés non financières sont très hétérogènes

La quasi-stabilité de la dette nette enregistrée au niveau agrégé recouvre de fortes disparités au niveau individuel. Dans nos simulations, les entreprises subissant un choc négatif de trésorerie voient leur dette nette augmenter au total d’environ 200 Md€, alors que celles avec un choc positif voient leur dette nette totale diminuer à peu près du même montant.

L’hétérogénéité des chocs de trésorerie est particulièrement marquée entre secteurs (avant et après mesures de soutien public) mais également au sein de chaque secteur. Par exemple, même au sein de l’Hébergement-restauration, qui est le secteur le plus affecté par la crise, près de 20 % des SNF enregistrent une augmentation de leur trésorerie en 2020 après soutien (graphique 1).

Graphique 1 – Part des entreprises de chaque secteur avec un choc de trésorerie positif ou négatif à fin 2020.

Notes : voir graphique 2. Pour chaque secteur, la barre supérieure (resp. inférieure) correspond aux résultats avant (resp. après) mesures de soutien. Source : Bureau et al. (2021a)

La taille de l’entreprise apparaît en revanche être un déterminant secondaire de l’occurrence d’un choc de trésorerie négatif. Cependant, si l’on raisonne en termes de montants, les entreprises de taille intermédiaires (ETI) et les grandes entreprises – qui représentent 1,5 % des entreprises de notre échantillon mais près de 60 % des effectifs salariés – supportent (après soutien) la majorité de la hausse totale de dette nette des SNF à fin 2020.

La part non négligeable des entreprises subissant un choc positif de trésorerie dans chaque secteur renvoie notamment à la capacité qu’ont eue certaines entreprises à s’adapter, par exemple en ayant recours à la vente à distance et en développant leur présence en ligne. Ainsi, à secteur donné, le profil (plus ou moins déprimé) de l’activité des entreprises en 2020 est fortement corrélé à l’adaptation organisationnelle ( Bureau et al. , 2021b). Ces constats peuvent éclairer la conduite des politiques publi -ques : le secteur ne peut être le seul critère pour la définition des politiques de sortie de crise.

L’occurrence et l’intensité des chocs de trésorerie négatifs à fin 2020 sont par ailleurs corrélées au risque de crédit de l’entreprise avant crise (mesuré par la cotation Banque de France) : les moins bonnes cotes subissent non seulement plus de chocs négatifs de trésorerie, mais également davantage de chocs de « forte » ampleur (supérieurs à 1 mois de chiffre d’affaires).

Les mesures de soutien réduisent les chocs de trésorerie négatifs… mais sans retour à la normale.


En 2018, la répartition des entreprises entre chocs négatifs et chocs positifs est parfaitement équilibrée (50 % vs 50 %), ce qui reflète la vie « normale » des entreprises : la dette financière nette augmente ou diminue, au gré du développement de l’activité, des acquisitions ou des cessions d’actifs, sans que cela ne préjuge nécessairement de leur situation financière. La crise déforme cette distribution (graphique 2).

Graphique 2 – Part des entreprises avec choc de trésorerie positif ou négatif en 2020.

On obtient ainsi 60 % de chocs négatifs et 40 % de chocs positifs avant soutien et avant ajustement des dépenses d’investissement et du versement des dividendes. Cet ajustement du comportement des entreprises n’est toutefois pas suffisant pour absorber le choc à lui seul. Après recours à de nécessaires mesures de soutien, la proportion d’entreprises ayant un choc positif de trésorerie n’est cette fois plus très différente d’une année normale (53 % en 2020 vs 50 % en 2018).

La dispersion de ces chocs est cependant plus importante : tandis qu’en 2018 13 % d’entreprises connaissent une « forte » augmentation de leur dette nette (supérieure à 1 mois de chiffre d’affaires), ce chiffre atteint 21 % en 2020. À l’opposé, alors que seulement 10 % des entreprises voient leur dette nette se réduire de façon relativement « forte » en 2018, près d’une entreprise sur quatre se trouve dans cette situation à fin 2020.


La déformation des extrémités de la distribution est encore plus marquée si l’on se concentre sur les entreprises les plus fragiles à la veille de la crise (notation de crédit Banque de France 4 à P) : la part de ces entreprises connaissant une hausse de dette nette atteint ainsi 28 % à fin 2020 contre 15 % en 2018, ce qui suggère une fragilisation accrue d’entreprises déjà vulnérables. Toutefois, les entreprises les plus solides (cotations Banque de France 3++ à 4+), qui ne représentent que 10 % des firmes de l’échantillon d’étude, supportent près de 50 % du total des chocs de trésorerie négatifs à fin 2020. Ce dernier point provient du fait que les entreprises les mieux cotées sont en moyenne de plus grande taille que les autres.

Notons enfin que, s’il apparaît que les entreprises particulièrement fragiles avant la crise ont bénéficié du soutien public durant l’année 2020, on ne peut pas dire au regard de nos résultats que celles-ci ont davantage bénéficié des mesures de soutien que les autres entreprises.

Notes : % d’entreprises, pondéré par l’emploi, avec une baisse (resp. une hausse) de trésorerie forte (> à 30 jours de CA) ou modérée (< 30 j CA) en 2020. Chocs à financement constant par rapport à l’année précédente. « Sans ajustement » : on écarte ponctuellement l’hypothèse d’ajustement à la baisse des investissements et dividendes. « AP » : activité partielle, « FS » : fonds de solidarité. Source : Bureau et al. (2021a)

L’ESSENTIEL • Le choc subi par l’économie française en 2020 a engendré une hausse très marquée de la dette brute des sociétés non financières (SNF) : +217 Md€. En contrepartie, leur trésorerie a gagné 200 Md€. Fin 2020, l’impact de la crise sur la dette nette des SNF est ainsi relativement limité en moyenne.

• Cette vision macroéconomique ne reflète pas les fortes dispersions individuelles. Nous les retraçons grâce à un jeu de données particulièrement riche. • Les chocs de trésorerie sont très hétérogènes entre secteurs mais aussi au sein de chaque secteur. Par exemple, dans l’hébergement-restauration, près de 20 % des SNF ont connu un choc de trésorerie positif en 2020, après soutien.

• La taille de l’entreprise détermine moins que le secteur l’occurrence d’un choc de trésorerie négatif. • Les mesures de soutien ont permis que la proportion d’entreprises ayant un choc positif de trésorerie soit proche de la normale (53 % vs. 50 %). Mais les « fortes » augmentations ou diminutions de trésorerie sont plus fréquentes que lors d’une année sans crise.

Source Blog de l’Insee, Insee : https://blog.insee.fr/crise-sanitaire-des-chocs-de-tresorerie-tresheterogenes/

Economie·Société

Quel avenir pour les 18 petites unités urbaines en déprise ?

Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté • n° 85 • Avril 2021 

En Bourgogne-Franche-Comté, les 18 petites unités urbaines  en déprise démographique subissent un fort vieillissement  de leur population et un déclin de l’emploi présentiel.  

La pauvreté y est plus présente que dans les autres  unités urbaines de même taille, en raison d’une insertion  professionnelle plus difficile et de revenus davantage  issus de retraites ou de prestations sociales. Le manque  d’attractivité et la dynamique démographique défavorable  de ces territoires conduisent à une vacance de logement  élevée, y compris dans le parc social. 

En Bourgogne-Franche-Comté, les  40 unités urbaines (UU) de moins  de 20 000 habitants, qui maillent le  territoire, accueillent 313 500 habitants  en 2016. 

Dans 18 d’entre elles, la population a  fortement baissé entre 1982 et 2016   

figure 1. Elles comptent près de 139 700 habitants

figure 2. L’enjeu  est important, car elles jouent toutes un  rôle d’animation au sein de zones peu  denses. 

18 unités urbaines  en décroissance confrontées  à la pauvreté 

En 2017, la pauvreté monétaire en  Bourgogne-Franche-Comté s’établit à  12,8 % de la population. D’une manière  générale, elle est amplifiée dans les  petites unités urbaines, où elle atteint  16 %. Sur les 10 unités urbaines où la  pauvreté est la plus présente, 9 sont en  forte décroissance. La pauvreté est la plus  marquée à Saint-Loup-sur-Semouse, Saint Florentin et Tonnerre avec une personne  sur quatre ou plus vivant sous le seuil de  pauvreté. À l’opposé, dans les Hauts de  Bienne, la pauvreté monétaire est moins implantée et conforme à la moyenne  régionale. Dans ce territoire, le tiers des sur quatre ou plus vivant sous le seuil de  pauvreté. À l’opposé, dans les Hauts de  Bienne, la pauvreté monétaire est moins  implantée et conforme à la moyenne  régionale. Dans ce territoire, le tiers des actifs travaillent en Suisse et bénéficient  de conditions de rémunération plus  avantageuses qu’en France. Ce territoire très spécifique très spécifique se caractérise par le niveau  de vie le plus élevé des unités urbaines  en déprise, mais avec des inégalités  marquées. Les habitants de l’unité urbaine  « voisine », Saint-Claude, ne bénéficient  pas du même niveau de revenu, la Suisse y étant beaucoup moins accessible. 

La décroissance démographique  en lien avec la baisse de l’emploi 

Les unités urbaines en forte décroissance  perdent 23,5 % de population entre 1982 et  2016, contre 3,2 % pour les autres. Excepté  à Paray-le-Monial  encadré 1, le déclin  de population est structurel et perdure  aujourd’hui sans signe apparent de rebond.  Pour l’essentiel de ces unités urbaines, la  baisse de population est concomitante à  la baisse de l’emploi. Celles qui perdent le  plus de population sont souvent les plus  industrielles, à l’image de Saint-Loup-sur-Semouse ou Gueugnon  figure 3. La  désindustrialisation s’est accompagnée du  départ d’une partie des habitants, faute  d’emplois adaptés. Ainsi, à Saint-Loup-sur-Semouse, qui en 1982 comptait trois quarts  d’emplois industriels, plus de la moitié des  emplois ont été détruits en 34 ans et la  population a diminué d’un tiers. À l’opposé,  les unités urbaines plus tertiaires limitent les pertes d’emplois, comme Clamecy,  Bourbon-Lancy ou Luxeuil-les-Bains, voire  en gagnent à l’instar de Gray, Avallon et  Paray-le-Monial. Ces trois unités urbaines renforcent leur rôle de centralité dans un environnement dépourvu de grands pôles urbains. Elles polarisent ainsi l’emploi alentour. Les pertes de population y sont  globalement marquées.

Paray-le-Monial

Un fort vieillissement  de la population

En 1982, les structures par âge des  populations des unités urbaines actuellement en déprise et des autres étaient proches. Aujourd’hui, la  population de celles en décroissance a  davantage vieilli. Ainsi, en 1982, pour 100  personnes de moins de 20 ans, environ 40 étaient âgées de 65 ans ou plus. En 2016, cette population a plus que triplé dans les unités en déclin (130 pour 100 jeunes).
figure 4. Les unités  urbaines en décroissance sont très  souvent localisées dans des territoires  ruraux, eux-mêmes vieillissants. Pour certaines, la population était  jeune en 1982 mais a fortement vieilli  (Gueugnon, Avallon, Saint-Loup-sur-Semouse, Saint-Florentin).

D’autres  avaient une population déjà âgée en  1982 (Clamecy, Bourbon-Lancy). À l’opposé, la population de Saint-Claude  était âgée en  1982 était âgée en 1982, mais a peu vieilli,  tout comme l’unité urbaine voisine  des Hauts de Bienne qui avait une  population jeune en 1982. En 2016,  seuls les Hauts de Bienne et Migennes conservent une proportion d’habitants  de moins de 20 ans supérieure à celle  des plus de 65 ans. Elles parviennent à  garder les familles sur leurs territoires.  Très résidentielles, elles bénéficient  d’atouts liés à leur environnement  extérieur. Dans les Hauts de Bienne, la  population peut profiter de l’attractivité  du marché de l’emploi suisse. À  Migennes, la population a accès en  moins de 15 minutes aux unités urbaines  d’Auxerre et de Joigny, qui comptent  parmi les plus fournies en emplois  du département. Elles bénéficient  également de l’ouverture au marché de  l’emploi francilien. La gare de Laroche Migennes donne accès à Paris en 1h30. Parmi les personnes de 65 ans ou plus,  plus du tiers vivent seules.

Par taille d’entité

Un enjeu pour ces territoires est de répondre aux  besoins d’une population âgée de plus en plus nombreuse et souvent isolée, en développant de nouveaux services à la personne. Ces nouveaux emplois qui nécessitaient souvent peu de qualifications, pourraient offrir des opportunités d’emplois à la population locale. Cela passe également par le fait de rendre plus attractif le territoire, afin d’y faire venir des actifs plus jeunes pour travailler dans ces services et renvoie à la problématique plus générale de l’attractivité de ces métiers.

Le déclin de l’emploi présentiel  en lien avec la baisse de la  population 

L’emploi présentiel, celui qui permet de  répondre aux besoins des personnes  résidentes, recule dans les unités  urbaines en décroissance, en lien avec  la baisse de population, alors qu’il  augmente dans les autres.  

L’emploi présentiel.

figure 5.  Dans l’ensemble des unités urbaines  en décroissance, six emplois sur  dix sont destinés à satisfaire la  population présente, principalement dans l’administration publique, l’enseignement, la santé et l’action sociale.

Conséquence de la faible attractivité  vis-à-vis des familles avec enfants ou des  jeunes couples, les baisses d’effectifs  dans les unités urbaines en décroissance  sont importantes dans l’enseignement,  notamment dans le primaire et le  secondaire, mais aussi dans la formation  continue pour adultes. 

Malgré une hausse d’emplois dans  les activités hospitalières, le nombre  d’emplois dans la santé humaine  recule. Ainsi, le nombre de médecins  généralistes a été divisé par 2 en 10 ans,  ce qui pourrait être préjudiciable dans ce contexte de vieillissement. En revanche, le vieillissement de la population a permis de créer des emplois dans l’action sociale. Ainsi, l’emploi a doublé dans l’hébergement  social ou médicalisé pour personnes  âgées. Il a également augmenté de 15 % dans l’aide à domicile.

Des difficultés d’insertion  professionnelle 

Les conditions d’emplois sont peu  favorables dans ces territoires en  déprise souvent éloignés des grands  pôles. L’offre y est limitée et souvent peu  diversifiée. 

Les jeunes de 15 à 29 ans sont  particulièrement vulnérables puisqu’ils  finissent leur scolarité plus tôt qu’ailleurs  et en sortent ainsi moins diplômés.  Parmi ceux qui restent, ils sont 23,5 % à  ne pas être insérés, c’est-à-dire à n’être  ni en emploi ni en formation, contre  moins de 20 % pour ceux des autres  unités urbaines. 

Parmi les 15-64 ans des unités urbaines  en forte décroissance, 57,5 % occupent  un emploi contre 63 % en moyenne  pour les autres. Le faible niveau de  qualification et des capacités financières  limitées peuvent être un frein à la  mobilité géographique. Le chômage y est  ainsi plus présent. Les écarts observés  sont encore plus marqués dans les très  petites unités urbaines. Lorsqu’ils sont  en emploi, les actifs des unités urbaines en déprise occupent globalement les  mêmes catégories socioprofessionnelles que dans les autres.

Cependant, en  proportion, ils sont légèrement plus  nombreux à occuper un emploi dit  « précaire » (emploi aidé, intérim, emploi  à durée limitée). 

Les inégalités professionnelles entre  femmes et hommes ne sont pas plus  marquées dans les unités urbaines  en décroissance, à l’exception des  personnes ni en emploi, ni en formation qui sont plus souvent des femmes. 

Des revenus davantage  dépendants des prestations  sociales et des retraites 

Dans les unités urbaines en  décroissance, le niveau de vie médian  annuel s’élève à 18 500 euros contre  19 900 dans les autres. Conséquence des  conditions d’emplois moins favorables  dans les unités urbaines en déclin, pour  100 euros disponibles après déduction d’impôts, seuls 52 euros proviennent d’activités salariées, contre 61 euros  pour les autres. À l’inverse, le poids des  prestations sociales (minima sociaux,  prestations familiales, prestations  logements) y est plus élevé. Comme  le vieillissement de la population y  est plus marqué, la part du revenu  lié aux retraites y est également plus  importante. Outre un niveau de vie  inférieur, la proportion de propriétaires  de leur logement est moins importante  (52 % contre 58 %). La situation  financière de ces populations est donc  plus fragile. Ces constats sont d’autant  plus vérifiés dans les très petites unités  urbaines en décroissance. 

La vacance se développe aussi  dans le parc social 

Les baisses de populations ont un impact  sur la vacance de logements. Depuis  1999, les populations ont diminué  presque partout. Dans le même temps,  le parc de logements s’est développé  (excepté à Saint-Claude et à Saint Florentin). En conséquence, même si  le nombre de personnes par ménage  a tendance à diminuer au cours du  temps, passant de 2,34 personnes à  2,06 personnes, la part de logements  vacants augmente entre 1999 et 2016.  Elle passe de 7 % à 12,5 %. Dès 1999, la  vacance est plus élevée dans les unités  urbaines en forte décroissance que  dans les autres et son augmentation  entre 1999 et 2016 y est également plus marquée.

Elle touche majoritairement  les centres-villes composés de logements  souvent anciens, énergivores et peu  adaptés aux familles, mais s’étend  également en périphérie. Sur la période,  la vacance double à Saint-Claude où  près d’un logement sur cinq est vide,  contre un sur douze en 1999. La vacance  structurelle y est conséquente puisqu’un  logement sur deux est inhabité depuis  plus de quatre ans. 

La vacance est également très élevée  dans les logements sociaux, pour  lesquels la demande est habituellement  tendue  figure 6. Elle est deux fois  plus importante dans les unités urbaines  en décroissance, malgré l’application  de programmes de destruction et  réhabilitation récents (Saint-Florentin,  Tonnerre, Migennes, Gueugnon). À  Saint-Claude, le tiers du parc social  est disponible. Même si des projets de démolitions sont entérinés, la part de  logements sociaux inhabités restera  conséquente. 

Dans ces territoires, un réel enjeu  apparaît en matière de réaménagement  paysager pour le bien-être des  populations. La réhabilitation des logements vieillissants et peu adaptés  pourrait générer de l’emploi dans  plusieurs domaines, comme la  domotique, la rénovation énergétique,  ou plus largement le second œuvre.  Aussi, le resserrement de l’offre publique  ou privée, en démolissant des logements vacants, permettrait de rééquilibrer les marchés du logement et d’éviter une dégradation globale du bâti tout  en favorisant l’atteinte de l’objectif  gouvernemental « zéro artificialisation nette ».  

Mélanie Bouriez, Florent Ovieve,  Philippe Rossignol (Insee) 

Pour en savoir plus 

• Chassard M., René Y. Ville H., « Déclin marqué ou affirmation de leur rôle central, les destins  contrastés des petites villes de Bourgogne-Franche-Comté », Insee Analyses Bourgogne-Franche Comté n°31, avril 2018. 

• Chassard M., « Petites villes de Bourgogne-Franche-Comté : un passé démographique et  industriel qui contribue au déficit de croissance », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°38,  juillet 2018. 

Définitions 

Unité urbaine : commune ou ensemble  de communes présentant une zone de  bâti continu (pas de coupure de plus de  200 mètres entre deux constructions) et  comptant au moins 2 000 habitants. 

Les 40 petites unités urbaines (UU) de  moins de 20 000 habitants en 2016 qui  avaient au moins 5 000 habitants en 1982  peuvent être partitionnées en « très petites UU » si elles sont peuplées de moins de 7 500  habitants (22) ou « petites UU » si elles en ont davantage (18).

Le champ de l’étude est constitué de 18  unités urbaines en forte décroissance (10  très petites et 8 petites), c’est-à-dire celles  ayant eu une évolution annuelle moyenne  de population inférieure à – 0,9 % par an sur au moins une période du recensement  de la population de 1982 à 2016. La valeur  de – 0,9 % par an correspondant au premier  décile de l’évolution annuelle moyenne de  population de chaque période. 

Pauvreté monétaire : un individu (ou un  ménage) est considéré comme pauvre  lorsqu’il vit dans un ménage dont le niveau  de vie est inférieur au seuil de pauvreté.  Dans l’approche en termes relatifs, le seuil  de pauvreté est déterminé par rapport  à la distribution des niveaux de vie de  l’ensemble de la population. Le seuil est  fixé à 60 % du niveau de vie médian (1 041€  par mois en 2017). 

Emploi présentiel : emploi mis en œuvre  localement pour la production de biens  et de services visant la satisfaction des  besoins de personnes présentes dans  la zone, qu’elles soient résidentes ou  touristes. 

Insee Bourgogne-Franche Comté 8, rue Louis Garnier CS 11997 

25020 BESANÇON CEDEX 

Directeur de la  publication : Bertrand Kauffmann 

Rédaction en chef : Marie Léger  Maquette Jouve 

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http://www.insee.fr  ISSN 2497 – 4455 © Insee 2021

Economie·Nos synthèses par domaines.·Société

En 2019, 61% des entreprises classiques créées 5 ans plus tôt sont encore actives.

Parmi les entreprises créées au premier semestre 2014 en France, hors  régime de l’auto-entrepreneur, 61 % sont encore actives cinq ans après  leur création. Cette proportion est stable par rapport à la génération  2010. 

Comme pour la génération précédente, les sociétés sont plus pérennes  que les entreprises individuelles. Les entreprises sont davantage  pérennes dans l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale, et  moins dans le commerce. Les moyens financiers investis au démarrage  et l’expérience dans le métier favorisent également la pérennité. 

Parmi les entreprises encore actives en 2019, 36 % emploient au moins  un salarié, contre 27 % lors de leur création. 

Quatre profils se distinguent parmi les entreprises encore actives  cinq ans après leur création : les entreprises en difficulté (21 %), les  professions libérales économiquement stables (10 %), les entreprises  satisfaites de leur niveau d’activité (34 %), et les sociétés investisseuses  et innovantes (35 %). 

En 2014, hors régime de l’auto-entrepreneur,  267 000 entreprises  ont été créées en France.  Cinq ans après leur création, 61 % de celles créées au premier semestre sont encore  actives  sources. Ce taux de pérennité à  cinq ans est similaire à celui des entreprises  créées au premier semestre 2010 (60 %)   figure 1

Les sociétés sont plus pérennes que  les entreprises individuelles 

Cinq ans après leur création, 67 % des  sociétés sont toujours actives, contre 53 %  des entreprises individuelles classiques, c’est à-dire hors régime de l’auto-entrepreneur. 

Une analyse « toutes choses égales  par ailleurs » permet de mesurer l’effet  spécifique de chaque facteur sur la pérennité  à cinq ans d’une entreprise et confirme qu’une société a nettement plus  de chances d’être pérenne à cinq ans qu’une  entreprise individuelle classique  figure 2.

 

Déterminants de la pérennité.

Cette plus forte pérennité des sociétés  ressort davantage sur les trois premières  années d’existence des entreprises (81 %  contre 63 %). Sur les deux années suivantes,  le risque de cessation est presque le même  entre sociétés et entreprises individuelles :  parmi les entreprises encore actives après trois ans, 83 % des sociétés le sont toujours au bout de leurs 5 ans, contre 84 % des entreprises individuelles.

Les entreprises du commerce  restent les moins pérennes 

La pérennité d’une entreprise dépend fortement du secteur d’activité. Les  entreprises du secteur de l’enseignement,  de la santé humaine et de l’action sociale affichent la plus forte longévité (74 % sont  encore actives cinq ans après leur création)   figure 3. Dans ce secteur, les professions  libérales exerçant des métiers de nature  médicale ou paramédicale sont majoritaires  et moins soumises au risque de cessation.  La pérennité est également très au-dessus  de la moyenne dans les activités spécialisées,  scientifiques et techniques (69 %), et dans les transports et l’entreposage (68%) Dans  ces secteurs, le taux de pérennité évolue peu entre la génération 2010 et la génération  2014.

Pérennité à 5 ans selon l’activité.

À l’opposé, les entreprises du commerce ont  le taux de pérennité le moins élevé (54 %),  même si celui-ci augmente légèrement  (+ 2 points par rapport aux entreprises  créées en 2010). La pérennité est également  inférieure à la moyenne dans les activités  immobilières (56 %), l’hébergement et la  restauration (59 %) ou la construction (59 %).  Cependant, dans cette dernière, le taux de  pérennité augmente le plus (+ 5 points). Les  entreprises créées en 2014 dans ce secteur  ont bénéficié d’un contexte économique  plus favorable que celles de 2010 : en 2019,  leur activité croît pour la quatrième année  consécutive alors qu’elle a diminué entre  2012 et 2015. 

L’investissement financier au  démarrage et l’expérience favorisent  la pérennité 

Comme pour les générations précédentes, le  taux de pérennité à cinq ans des entreprises  de 2014 augmente avec les moyens  financiers investis au démarrage 2014. 

Comme pour les générations précédentes, le  taux de pérennité à cinq ans des entreprises  de 2014 augmente avec les moyens  financiers investis au démarrage  figure 2.  Ainsi, 72 % des entreprises de 2014 ayant  investi au moins 80 000 euros à la création  sont encore actives cinq ans après, contre  seulement 55 % pour celles ayant investi  moins de 2 000 euros. 

Certains secteurs d’activité nécessitent plus  de moyens pour démarrer. Alors qu’en  moyenne, 47 % des entreprises démarrent  avec au moins 8 000 euros, elles sont 71 %  dans l’hébergement et la restauration, 67 %  dans les transports et l’entreposage et 59 %  dans le commerce.

 L’expérience dans le métier favorise  également la pérennité. La part d’entreprises  encore actives cinq ans après la création est  de 66 % lorsque le créateur a plus de 10 ans  d’expérience dans le métier, contre 62 %  lorsqu’il a une expérience plus courte et 56 % lorsque l’expérience est issue d’un autre métier.

Les chances de pérennité diminuent  avec la taille de l’unité urbaine 

À caractéristiques identiques, créer une  entreprise dans une commune urbaine  diminue les chances de pérennité, cet effet  étant plus marqué dans l’agglomération  parisienne. Ce phénomène, déjà présent  sur les trois premières années d’existence,  persiste sur les deux années suivantes et  pourrait s’expliquer par la concurrence. En  effet, dans l’agglomération parisienne, 52 %  des créateurs déclarent une augmentation  de la concurrence depuis 2014, soit 9 points  de plus qu’en moyenne.

36 % des entreprises sont employeuses  cinq ans après leur création 

Parmi les entreprises créées en 2014 et  encore actives en 2019, la part des entreprises  employant au moins un salarié en plus du  dirigeant a augmenté depuis la création : de  27 % en 2014, à 35 % en 2017, et 36 % en 2019  

Longévité par taille

 figure 4. Le nombre moyen de salariés par  entreprise employeuse croît également depuis  la création : 3 salariés en 2014, 4 en 2017 et  5 en 2019. Les entreprises employeuses ont  pour la plupart peu de salariés : 54 % ont 1 ou  2 salariés en 2019. Par ailleurs, 10 % en ont au  moins 10, alors qu’elles n’étaient que 5 % dans  ce cas en 2014. 

La part des entreprises employeuses est plus  élevée dans l’hébergement et la restauration (58 %), le commerce (42 %) et les transports  et l’entreposage (41 %). 

Quatre profils d’entreprises  se distinguent cinq ans après  la création Les entreprises encore actives cinq ans après  leur création n’ont pas toutes les mêmes  problématiques, et connaissent plus ou  moins d’obstacles à leur développement.  Elles peuvent être décrites en quatre profils  prédominants  méthode : les entreprises  en difficulté qui tentent de sauvegarder  leur activité, les professions libérales  économiquement stables, les entreprises  satisfaites de leur niveau d’activité, et les  sociétés investisseuses et innovantes.

Insee Première • n° 1852 • Avril 2021 

21 % des entreprises sont en difficulté 

Les « entreprises en difficulté » représentent  21 % des entreprises encore actives en  novembre 2019. Pour 66 % d’entre elles,  l’objectif principal pendant les deux  dernières années a été de tenter de  sauvegarder leur activité. 

Les entreprises du commerce (27 %) et de  l’hébergement et de la restauration (11 %)  sont surreprésentées dans ce profil alors  qu’elles représentent respectivement 19 % et  8 % des entreprises en moyenne. 

Elles ont fréquemment rencontré des  problèmes de trésorerie (76 % contre  30 % en moyenne) et des obstacles à  l’investissement (48 % contre 17 % en moyenne), notamment un manque de fonds  propres (57 %), un refus de crédit bancaire  (38 %) et une faible rentabilité (35 %).

Pour 41 % de ces entreprises, le principal obstacle à leur développement depuis  la création est d’ordre financier, et pour  40 % d’entre elles, il s’agit d’un problème  commercial, de débouché ou de  concurrence. Par ailleurs, dans ce profil,  89 % des entreprises ne sont pas satisfaites  de leur chiffre d’affaires. Une entreprise sur deux déclare qu’il a diminué sur les deux  dernières années. 

Quant à leur avenir, 40 % des entreprises  de cette catégorie sont pessimistes, contre  seulement 12 % en moyenne sur l’ensemble.  En particulier, 24 % pensent devoir redresser  une situation difficile, 10 % envisagent de  fermer leur entreprise, et 7 % envisagent de  la vendre ou la transmettre. 

Les professions libérales économiquement stables représentent une entreprise sur dix 

Le profil des « professions libérales  économiquement stables » (10 % des  entreprises créées au 1er semestre 2014 et toujours actives cinq ans après) concentre  principalement des entreprises exerçant  dans l’enseignement, la santé humaine et  l’action sociale (81 %), ou dans les activités  spécialisées, scientifiques et techniques (17 %).  Ce sont en quasi-totalité des entrepreneurs  individuels exerçant en tant que professions  libérales médicales, paramédicales, juridiques  ou comptables. La part des femmes y est plus  grande qu’en moyenne (64 % contre 28 %).  Ces entreprises n’ont pas eu de problème  de trésorerie depuis la création et 83 %  sont satisfaites de leur chiffre d’affaires.  Leur objectif est principalement de maintenir  leur niveau d’activité. 

34 % des entreprises recherchent la  stabilité économique 

Les « entreprises satisfaites de leur niveau  d’activité » représentent 34 % des entreprises  encore actives en 2019. Elles ont, en grande majorité,  eu pour objectif de maintenir ou  d’accroître légèrement leur niveau d’activité  pendant les deux dernières années (75 %), et  souhaitent faire de même pour l’avenir (66 %). 

Le secteur de la construction y est  surreprésenté, avec 27 % des entreprises,  alors qu’il ne représente que 19 % des  entreprises encore actives en 2019. 

La plupart de ces entreprises n’ont pas eu  de problème de trésorerie (89 %). Elles sont  satisfaites de leur chiffre d’affaires dans 77 %  des cas. Les entreprises de ce profil ont moins  souvent un site internet qu’en moyenne (20 %  contre 44 %) et utilisent moins les réseaux  sociaux (22 % contre 46 %). 

Les entreprises individuelles sont légèrement  surreprésentées (39 % contre 33 % en  moyenne), mais les sociétés sont majoritaires  (61 %). Néanmoins, ces dernières sont moins  souvent employeuses (35 %) que l’ensemble  des sociétés encore actives après cinq ans (48 %). 

Des sociétés qui souhaitent  développer fortement leur activité  par l’investissement 

Le profil des « sociétés investisseuses et  innovantes » (35 % des entreprises encore  actives cinq ans après leur création)  concentre très majoritairement des sociétés  (89 %). Les entreprises du commerce  sont légèrement surreprésentées (21 %,  contre 19 % en moyenne), de même que  les entreprises des activités spécialisées,  scientifiques et techniques (17 % contre  15 %). 

Ces entreprises ont plus souvent cherché  à accroître fortement leur activité au cours  des deux dernières années que l’ensemble  des entreprises actives en 2019 (35 %  contre 16 %). Elles sont nombreuses à avoir  investi (83 %) et les investissements sont  importants : 33 % ont investi au moins  30 000 euros sur les deux dernières années.  

De plus, 76 % déclarent avoir réalisé des  développements en matière de produits,  de procédés de fabrication ou de méthodes  de commercialisation ou d’organisation de  l’entreprise. Elles sont également 84 % à avoir  réalisé des actions commerciales durant les  deux dernières années. Les entreprises de  ce profil utilisent majoritairement les outils  numériques : 75 % ont un site internet et  72 % sont présentes sur les réseaux sociaux. Ces entreprises ont un chiffre d’affaires  important : 38 % déclarent 300 000 euros ou  plus, contre 21 % en moyenne pour l’ensemble  

 figure 5. De plus, le chiffre d’affaires de  70 % de ces entreprises a augmenté lors  des deux dernières années. Elles pensent  majoritairement continuer à se développer  dans les 12 prochains mois. Fin 2019, 55 %  sont employeuses, et 28 % envisagent  d’embaucher pour créer de nouveaux postes. 

Audrey Dorolle (Insee) 

Sources  Le système d’information sur les nouvelles entreprises (Sine) est un dispositif permanent d’observation d’une génération de nouvelles entreprises  tous les quatre ans. Le champ de l’enquête Sine couvre l’ensemble des créations d’entreprises du premier semestre, hors auto-entrepreneurs, qui  ont vécu plus d’un mois dans l’ensemble des activités économiques marchandes non agricoles. Entré en vigueur au 1er janvier 2009, le régime de  l’auto-entrepreneur (remplacé par le régime du micro-entrepreneur depuis 2015) offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de  calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande,  sous certaines conditions. Les entreprises créées sous le régime de l’auto-entrepreneur font l’objet d’une enquête spécifique. Ainsi, parmi les 141 000  entreprises classiques créées au premier semestre 2014, 124 000 entrent dans le champ de l’enquête. L’échantillon utilisé pour les enquêtes relatives à  la génération 2014 contient 45 000 entreprises qui ont été interrogées à trois reprises : en 2014, en 2017 et en 2019. 

La nomenclature utilisée pour les enquêtes relatives à la génération 2014 est la NAF rév. 2 au niveau A21. Les intitulés des postes « Autres activités  de services » et « Commerce, réparation d’automobiles et de motocycles » ont été remplacés par « Autres activités de services aux ménages » et  « Commerce », plus explicites. 

  Définitions 

La création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de  nouveaux moyens de production. Ce concept, harmonisé au  niveau européen, inclut aussi la réactivation d’entreprise après  une interruption de plus d’un an et la reprise d’entreprise s’il  n’y a pas continuité entre la situation du cédant et celle du  repreneur, du point de vue de l’activité et de la localisation.  La notion de création d’entreprise dans les enquêtes Sine est  un peu plus restrictive. En effet, sont exclues les entreprises  ayant vécu moins d’un mois et les « activations économiques »  correspondant à des immatriculations dans Sirene (système  informatisé du répertoire national des entreprises et des  établissements) avant le 1er janvier de l’année de la génération  considérée. 

Le taux de pérennité à N ans est le rapport entre le nombre  d’entreprises créées au cours du premier semestre de l’année  considérée (2014 ou 2010) ayant atteint leur Nanniversaire  et l’ensemble des entreprises créées au cours du premier  semestre de l’année considérée.

Méthode 

Une régression logistique permet de mesurer l’effet spécifique de chaque  facteur sur la pérennité des entreprises, les autres facteurs étant inchangés  (« toutes choses égales par ailleurs »). Les effets de chaque facteur sont  présentés en écart par rapport à une situation de référence notée « Réf ».  Dans la figure 2, le coefficient, également appelé odds ratio, est le rapport des  cotes de pérennité de la sous-population d’intérêt sur la sous-population de  référence. La cote c d’un événement est égale au rapport de sa probabilité p sur  la probabilité de l’événement opposé : c = p / (1 – p). Plus l’odds ratio est supérieur  à 1 (respectivement inférieur à 1), plus la probabilité d’atteindre le cinquième  anniversaire est forte (respectivement faible) par rapport à la situation de référence. 

Les profils prédominants des entreprises encore actives cinq ans après leur  création sont issus d’une méthode statistique de classification (analyse des  correspondances multiples puis classification ascendante hiérarchique) réalisée  sur des variables caractérisant l’activité et le développement des entreprises  (objectifs, chiffre d’affaires, obstacles au développement, investissement, secteur  d’activité, etc.). Les noms de chaque classe s’appuient sur les caractéristiques des  entreprises qui y sont fortement représentées, même si toutes les entreprises de  la classe ne partagent pas ces mêmes caractéristiques.

Pour en savoir plus.

• Gourdon H., « Un nouveau record de créations d’entreprises en 2020 malgré la crise sanitaire », Insee Première n° 1837, février 2021. • 

Dorolle A., « Les créateurs d’entreprises de 2018 : deux sur trois sont seuls à l’origine du projet de création », Insee Première n° 1818, septembre 2020.

• Richet D., « Auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 : trois ans après , 36 % sont actifs », Insee Première n° 1765, juillet 2019.

• Dorolle A., « Entreprises créées en 2014 : trois sur quatre sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première n° 1751, avril 2019.  

Direction générale : 88 avenue Verdier 92541 Montrouge Cedex 

Directeur de la publication : Jean-Luc Tavernier 

Rédactrices en chef : A. Goin, S. Pujol  Rédacteurs : X. Besnard, P. Glénat 

Code Sage : IP211852 ISSN 0997 – 3192 (papier) ISSN 0997 – 6252 (web) © Insee 2021

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En français, WhatsApp se dit Olvid.

Par Thomas Baignères, cofondateur de la messagerie française Olvid, la plus sécurisée au monde. Il nous explique son fonctionnement et sa nécessité dans un monde numérique où nos vies privées et nos données sont menacées.

Volet N° 4 de notre série sur les Gafam – Propos recueillis par Antoine Colonna.

Olvid version tablette, bientôt Desktop ?

Comment vous est venue l’idée de créer Olvid ?

En 2014, alors que nous étions tous les deux étudiants en cryptographie, Mathieu Finiasz et moi-même avions étudié les messageries instantanées sous l’angle de la sécurité. Certaines (comme Signal) se démarquaient avec un chiffrement de bout en bout. Les messages envoyés sont chiffrés avant de quitter votre appareil, pour n’être déchiffrés que chez le destinataire. Entre les deux, les messages sont protégés, y compris du fournisseur de service.

Si l’histoire s’arrêtait là, Olvid n’aurait pas de raison d’être. Nous nous sommes intéressés à ce fameux chiffrement. Nous avons constaté que lors d’unque toutes les messageries qui le proposent imposent un annuaire centralisé qui, dans le cas de WhatsApp par exemple, regroupe les numéros de téléphone des 2,5 milliards d’utilisateurs. La messagerie s’appuie ensuite sur cet annuaire pour distribuer les identités cryptographiques (les clés publiques) des utilisateurs.

Le système fonctionne sous réserve que cet annuaire soit intègre, or un système qui centralise les communications de 2,5 Milliards d’utilisateurs ne peut pas l’être… Nous avons donc voulu savoir s’il était possible de créer une messagerie permettant à ses utilisateurs de discuter avec la même sécurité que lors d’une discussion physique à huis clos. Sans reposer sur le moindre tiers de confiance, sans qu’il suffise de pirater ou contrôler un serveur quelque part pour prendre connaissance des conversations, sans avoir à partager la moindre donnée personnelle comme son numéro de téléphone… Pour des cryptologues, cela ne doit pas être bien compliqué ? Eh bien si ! Il nous aura fallu près de six ans pour lancer la première version d’Olvid, la première messagerie qui chiffre tout, sans donnée personnelle, sans annuaire.

Une telle sécurité n’est-elle pas une aubaine pour les activités illégales ?

Ces activités illégales sont exercées par des groupes puissants. Ils connaissent les risques et s’en protègent. Notre question est : comment les gens bienveillants font-ils pour se protéger? On a parfois cité la messagerie Telegram comme outil de communication privilégié de certains milieux terroristes. pourtant Telegram ne propose justement pas de chiffrement de bout en bout dès l’instant où vous entamez une discussion de groupe (à partir de trois personnes). Elle n’apporte pas plus de sécurité que l’e-mail !

Comment êtes-vous vus par les autorités françaises ?

Quand vous développez un produit mettant en oeuvre beaucoup de mécanismes cryptographiques, votre interlocuteur est l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (l’Anssi). Nous les avons rencontrés très tôt pour leur expliquer ce que nous faisions. Olvid est aujourd’hui la première messagerie instantanée certifiée par l’Anssi. Nous comptons aujourd’hui de nombreux utilisateurs dans les différents ministères.

Récemment WhatsApp a perdu des millions d’utilisateurs à cause du changement des règles utilisateurs, expliquant partager ses données avec son propriétaire Facebook. Est-ce une aubaine contre le Goliath américain ?

Cette décision a entraîné une réelle réflexion pour un nombre considérable d’utilisateurs, fatigués d’être traités comme de vulgaires produits. Un grand nombre d’entre eux ont ainsi découvert Olvid (nous avons connu une croissance du nombre de téléchargements supérieure à 5000 % en deux semaines). Et c’est bien normal puisque notre proposition est aux antipodes de celle de WhatsAPP : Facebook génère son revenu en exploitant les données personnelles de ses utilisateurs. Nous faisons exactement l’inverse : nous protégeons ces données de la manière la plus forte qui soit. Notre entreprise génère du revenu grâce à des options supplémentaires, payantes. A la différence des autres, nous affichons le prix. C’est simple, clair et honnête.

La donnée, ou data, est décrite comme l’or noir du XXIe siècle. Êtes-vous en train de percer un trou dans l’oléoduc géant des Gafam, en créant un écosystème technologique alternatif et indépendant ?

Je n’aime pas cet acronyme. (Les Gafam). Il laisse supposer que le business model de toutes ces entreprises est identique. En pratique, ce n’est pas le cas. On ne peut pas comparer les efforts faits par Apple en matière de vie privée et l’exploitation crapuleuse de ces données par un Facebook.

Thomas Baignères.

Nous pensons néanmoins qu’il est important de se doter d’outils réellement respectueux des utilisateurs, tant au niveau des individus que des entreprises. Si ‘est cela qu’on entend par écosystème indépendant, alors, oui, il faudra compter avec nous.

A-t-on l’espoir de voir d’autres entreprises françaises rejoindre cet écosystème ?

Certainement ! Les ingénieurs européens et français en particulier, sont mondialement reconnus. Nous avons le savoir-faire, le talent et la volonté. Mais pour être compétitif, il serai impensable de se passer de nos partenaires européens.

Une partie de vos applications est gratuite, une autre payante est destinée aux entreprises. Quels sont les grands axes de votre développement pour les mois à venir ?

En parallèle de fonctionnalités plutôt grand public (Gif animés, réactions aux messages, etc.) nous allons continuer à développer les fonctionnalités à destination des entreprises. En ce moment, nous travaillons au développement d’un fédérateur d’identités qui permettra de déployer Olvid très simplement au sein d’une entreprise, laquelle restera ainsi maître de ses annuaires et des identités numériques de ses utilisateurs. Il faut savoir que dans une grande entreprise, les fuites de données ne sont pas l’exclusivité du Comité de Direction. Au contraire les fuites interviennent à tous les niveaux. Pour que notre promesse soit respectée, nous devons faire notre possible pour qu’il soit facile de déployer Olvid auprès du plus grand nombre, et c’est e que permettra notre fédérateur d’identités.

Une messagerie sécurisée.

Mais ce n’est pas le seul sujet sur lequel nous travaillons ! Nous développons aussi des versions desktop d’Olvid, un système de visioconférence chiffré de bout en bout… Les idées ne manquent pas !

Le Spectacle du Monde – Trimestriel N°4 – Printemps 2021.