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BCN a vu pour vous : Rouge.

Synopsis : Thriller | De petits arrangements avec la sécurité dans une influente usine vont empoisonner l’environnement, les salariés et les relations familiale d’une infirmière trop jeune et trop honnête. Après la belle histoire Good Luck Algeria, Farid Bentoumi monte d’un cran avec cet éco-thriller tristement contemporain. Label Cannes 2020. Son dernier film met en scène l’intoxication de ses employés par l’usine dans laquelle ils travaillent, au nom de la viabilité de économique et de la sauvegarde de l’emploi.

Farid Bentoumi est réalisateur. Il a notamment réalisé Good luck Algeria, inspiré par la vie de son frère. En 2021, il revient sur le devant de la scène avec Rouge, l’histoire d’une fille qui lance l’alerte lorsqu’elle s’aperçoit de la toxicité de l’usine de son père.

Zita Hanrot est comédienne. Révélée et césarisée pour son rôle dans Fatima de Philippe Faucon (2015), elle campe le premier rôle de Rouge, le long-métrage de Farid Bentoumi.

Labellisé « festival de Cannes 2020 », le film est sorti en salles ce 11 Août : l’interview du réalisateur Farid Bentoumi avait mis en évidence ses origines ouvrières algériennes, l’exigence du père qui souhaitait pour ses enfants de ne pas connaître la vie de travailleur salarié, en s’émancipant grâce aux études : objectif atteint grâce à de bonnes études de management, (ESSEC MBA) et rencontre avec le métier d’acteur, un véritable déclic ; après avoir interprété quelques rôles au cours de ses études, il met le pied à l’étrier en devenant réalisateur de court-métrages remarqués et primés dans plusieurs festivals, Farid Bentoumi a sorti en 2016 son premier long-métrage « Good Luck Algeria » avec Sami Bouajila, Franck Gastambide et Chiara Mastroianni. Il est actuellement en production de son deuxième long-métrage, « Rouge ». Il a réalisé deux long métrages « Good Luck Algéria » sortie en 2016 et « Rouge » en sélection officielles au Festival de Cannes 2020.

Farid Bentoumi rejoint dans l’esprit Todd Haynes (Dark Waters) ou Soderbergh (Erin Brockovich), mais préfère à la forme procédurale la nervosité du thriller. Thriller qui se double d’une tragédie shakespearienne contemporaine interrogeant de manière retorse la question de la solidarité : à l’échelle de la famille, du collectif professionnel, de la communauté territoriale… Où le choix de trahir revient à protéger ceux que l’on aime. Il va sans dire que les prestations de Zita Hanrot et Sami Bouajila, (ci-dessous) dans leurs rapports complexes, mais aussi d’Olivier Gourmet en patron voyou, sont parfaites.

Un bémol toutefois sur le personnage de la journaliste d’investigation campé par Céline Salette, incitant Nour à se révolter et à trahir les siens. Il rappelle par beaucoup de traits de caractères celui tenu par Anne Coessens dans Quand tu descendras du ciel (2003) d’Éric Guirado. Quitte à renforcer la posture solitaire et héroïque de Nour, son absence n’aurait pas porté préjudice à l’intrigue ; au contraire aurait-il accentué la portée symbolique du revirement de l’infirmière, qui n’aurait pas dépendu d’une influence extérieure mais de son seul examen de conscience. L’image du lanceur d’alerte quasi seul au monde conserve une brûlante actualité, quand chacun pour des raisons diverses baisse les bras ou ferme les yeux ; ce n’est pas Irène Frachon « La fille de Brest » qui dira le contraire, confrontée aux interminables développements du procès des laboratoires Servier et du Mediator, clos le 29 Mars 2021. Efficace et émouvant, le film Rouge montre la dualité entre conscience professionnelle de Nour (préventeur de l’usine) et les intérêts sanitaires et économiques de ses collègues et de sa famille. Une rentrée cinématographique bienvenue !

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Huile de Minuit.

Il arrive que vos idées cheminent « seules » durant la nuit… et vous cueillent à froid au réveil, hagard et/ou mal dégrossi … Nous ne sommes déjà plus le matin depuis longtemps, mais je vous propose de réfléchir à la trace du « sillon neuronal » laissé dans nos consciences par le relais Twitter de Laurent Grandguillaume, à propos des incendies en Grèce.

Tout près d’Olympie.

Un feu a pris près du village de l’ancienne Olympie dans l’ouest de la péninsule du Péloponnèse. Le feu se rapprochait du célèbre site archéologique mercredi soir. Après avoir brûlé une vingtaine de maisons, « le front du feu se dirige désormais vers la zone de Lala », une surface forestière montagneuse située au nord-est du site antique, a déclaré jeudi matin le préfet Nektarios Farmakis, interrogé par l’agence ANA. La réaction de M. Grandguillaume trouve des échos comme celle-ci :  » Pendant que les jeux se tiennent sans public à Tokyo, Olympie est menacée par les flammes. L’univers essaierait-il de nous envoyer un message ?

Voilà ! Nous y sommes ; cette répétition sans espoir ranime notre colère et notre sentiment d’impuissance… La multiplication des méga-feux, risque identifié comme majeur par Jérôme, car leurs effets sont irréversibles, mais dont la solution est « connue » : de l’eau, des Canadairs, des pompiers, des tranchées coupe-feu dans les bois. Comment se peut-il que la Californie, l’un des plus riches états des U.S.A., le plus technologique, le plus avancé n’arrive pas à s’en défaire ? Comment s’étonner dès lors que les pays « méditerranéens », l’Espagne, la Grèce, la Turquie, déjà en proie à la crise économique et sanitaire, se battent à mains nues ? Et que dire de la Sibérie ?

Ces images terribles renvoient aussi à un son, celui des Midnight Oil, groupe de rock australien, dont le frontman, Peter Garrett avait réveillé nos consciences avec ces phrases tombées dans l’oubli :

Comment pouvons-nous vivre, pendant que notre terre « change »,

Comment pouvons-nous dormir, tandis que nos lits brûlent ?

A l’origine, (le groupe a été créé en 1970), Midnight Oil passe le mois de juillet 1986 à jouer dans le bush australien auprès des populations aborigènes à l’invitation du groupe aborigène The Warumpi Band, devenant le premier groupe blanc à se produire dans ces régions reculées4. L’aventure est retracée dans une VHS Sony Music Video Black Fella White Fella. Profondément marqué par l’expérience, le groupe enregistre la chanson The Dead Heart qui défend la cause des Aborigènes. Sorti en single, le titre se classe à la 6e place en Australie8, au Hot 1009, et au Royaume-Uni10. Il préfigure l’album Diesel and Dust, dans lequel il est inclus. Sorti en août 1987, l’album connaît un grand succès un peu partout sur la planète, avec ses tubes Beds are BurningThe Dead Heart (réédité à l’international), Dreamworld, ou encore Put Down that Weapon, qui rentrent dans les charts internationaux entre 1987 et 1989Beds are Burning est le single du groupe qui a connu le plus de succès, et demeure son titre emblématique. 

Les Oils entament alors une tournée mondiale, et à cette époque, Midnight Oil partage avec INXS, le titre de groupe australien le plus populaire au niveau international. En 1990 sort l’album Blue Sky Mining, abordant cette fois des sujets environnementaux mondiaux comme la déforestation et les pluies acidesBlue Sky MineForgotten YearsBedlam BridgeKing of the Mountain et One Country sortent en singles, avec pour les premiers cités, un succès certain. Le 30 mai de cette même année à New York, le groupe organise, en pleine tournée, un concert improvisé devant le siège de la compagnie pétrolière Exxon au World Trade Center, accusée d’avoir déversé des tonnes de pétrole en Alaska avec l’échouement de l’Exxon Valdez. Et c’est là que mes vieux instincts liés aux marées noires (Torrey Canyon – Boehlen – Amoco Cadiz – Olympic Bravery – Tanio – Erika – Prestige), se réveillent l’appel des Midnight Oil : cela n’en finira-t’-il donc jamais ? Les « acquis de l’expérience bretonne » n’ont profité à personne ?

Vingt ans plus tard, les dramatiques incendies de 2020 en Australie dévastent le territoire des aborigènes et la biodiversité, (1 milliard d’animaux tués, la moitié de la population des koalas disparue), d’où le rappel de ces images reproduites à profusion, que l’on trouve sur tous les media :

Triste Skippy

Un rôle-clé du groupe Midnight Oil devient alors celui de porte-parole de l’environnement de Peter Garrett ; devenu en 1976 la voix du groupe de rock australien, celui-ci répondait à une annonce, en partie du fait de ses motivations environnementales. Le groupe connaît alors un certain succès en Australie, puis, à partir du milieu des années 1980, dans le reste du monde, avec des albums engagés et militants, faisant notamment référence à la défense des minorités et à l’écologie.

En 1987, il devient le leader de la fondation écologiste Australian Conservation Foundation.

À partir de 1993, alors que la carrière de Midnight Oil commence à s’essouffler, Garrett accentue ses engagements politiques. Il devient membre du conseil international de Greenpeace (1993-1995) et s’insurge contre la décision du président français Jacques Chirac de relancer les essais nucléaires dans le Pacifique.

Depuis la séparation de Midnight Oil en 2002, le groupe s’est ponctuellement reformé pour des concerts de charité, en 2005 et en 2009. Peter Garrett sort son premier album en solo, A Version of Now, le 15 juillet 20161,2. En 2017, le groupe se reforme pour une tournée mondiale.

À la suite des élections législatives remportées par Kevin Rudd, Peter Garrett est nommé, le 29 novembre 2007, ministre de l’Environnement3.

Peter Garrett

Le gouvernement Rudd se trouve confronté à la Crise économique de 2008-2010  et y répond par un programme économique de soutien de la croissance de la demande4. En 2010, la mauvaise gestion des budgets injectés par le gouvernement dans l’isolation des toitures d’habitations amène à des feux dans des maisons et à une série d’accidents mortels parmi des ouvriers 5. Alors qu’il avait écrit quatre fois pour indiquer ses inquiétudes avant les sinistres6, Peter Garrett se voit reprocher cette gestion par le premier ministre Kevin Rudd, et ce projet est abandonné en avril 2010. Peter Garrett devient ministre de l’éducation le 14 septembre 2010 dans le second gouvernement de Julia Gillard.

Alors, merci monsieur Garrett, pour votre contribution à la conscience climatique de nos contemporains ; nous savons que l’environnement est un domaine difficile et sensible. Et enfin merci de nous rappeler que nous ne pourrons nous en sortir que collectivement, pas en regardant notre nombril.

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L’écrivain Michel Le Bris est mort

Spécialiste de l’œuvre de Robert Louis Stevenson, créateur du festival Étonnants voyageurs à Saint-Malo, Michel Le Bris est mort, samedi, à l’âge de 76 ans, a annoncé sa famille.

Par Alain Beuve-Méry et Raphaëlle Leyris

Vous allez dire : il s’est pris un coup de soleil… car cet article n’est pas d’hier, ni même d’avant-hier, ce qui eût encore passé pour décent, s’agissant d’une nécrologie digne de ce nom. Sauf que la date de ce décès se place dans la nuit du 29 au 30 Janvier 2021. Force est donc de reconnaître qu’à moins de lire « Le Monde » ou de venir dans l’Ouest plusieurs fois par an, vous n’entendrez parler que du « déclin des langues régionales », mais pas forcément des grands esprits qui d’ici, ont porté l’Histoire de France. Jugez-en plutôt :

Combien de vies peut-on faire tenir dans une seule ? Combien de passions ? Michel Le Bris s’est astreint à multiplier les unes et les autres sans compter, lui qui fut écrivain, éditeur, journaliste, directeur de festival, après avoir été militant d’extrême gauche – et sans jamais cesser d’être un fameux connaisseur du romantisme allemand comme du free-jazz, de la piraterie et des explorateurs en tout genre, un amoureux jamais las de la baie de Morlaix qui l’avait vu naître, en même temps qu’un fou de voyages et particulièrement d’Amérique.

Michel Le Bris est mort dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 janvier à l’âge de 76 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué publié sur le site du festival Etonnants Voyageurs, dont il était le fondateur. Né de père inconnu, à Plougasnou (Finistère), le 1er février 1944, dans une famille pauvre mais où les livres ont leur place, il est très tôt un élève exceptionnel encouragé par ses instituteurs. Pour combler les attentes de sa mère, justifiera-t-il par la suite, et tout en étudiant la philosophie, il entre à HEC, dont il sort diplômé en 1967, année où il devient rédacteur en chef de la revue Jazz Hot en même temps qu’il participe aux débuts du Magazine littéraire, aux côtés de Jean-Jacques Brochier.

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Bientôt se produit le premier grand coup de tonnerre de sa vie avec Mai 68, qu’il décrira comme « une aventure intellectuelle exceptionnelle » et « un moment de grâce » dans Nous ne sommes pas d’ici (Grasset, 2009). Débute alors son histoire au sein de l’organisation Gauche prolétarienne (GP), qui le fait connaître, quand, en 1971, il prend la tête du journal La Cause du peuple à la suite de Jean-Pierre Le Dantec, incarcéré. Il est à son tour condamné à huit mois de prison pour « délit d’opinion ». Les murs de Paris se couvrent aussitôt du slogan « Libérez Le Bris et Le Dantec. » Jean-Paul Sartre, inembastillable, succédera aux deux Bretons.

De la Gauche prolétarienne à « Libération »

Après sa sortie de prison, le compagnonnage entre Le Bris et l’auteur des Mots passe par la collaboration à J’accuse, le mensuel de la GP, avec laquelle il rompt bientôt, puis par sa participation active à la création du journal Libération, en 1973.

L’année suivante, Le Bris et Sartre, rejoints par Le Dantec, lancent une collection de livres de reportages, « La France sauvage », successivement accueillie par Gallimard et par Les Presses d’aujourd’hui. Sa carrière d’éditeur l’emmènera chez Payot, Phébus, Flammarion, où il crée la collection « Gulliver », puis chez Hoëbeke (« Étonnants voyageurs », bien sûr).

S’il a fait paraître comme auteur quelques textes depuis 1970, il estime que son premier livre d’importance est L’Homme aux semelles de vent, qui sort en 1977 chez Grasset. Le premier d’une série de manifestes qu’il consacrera à une « littérature aventureuse » ; un ouvrage, aussi, témoignant de la distance prise avec tout dogmatisme politique. Il y affirme que l’héritage de Mai, pour lui, est d’avoir rendu possible « le retour à la fiction et au poème ».

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Il y évoque aussi les romantiques allemands, et leur pari sur l’imagination créatrice – il y reviendra dans Le Paradis perdu (Grasset, 1981) puis dans le Journal du romantisme (Skira, 1981). Son livre suivant, La Porte d’or (Grasset, 1986), naît d’un long voyage en Californie, qui lui permet d’exhumer un inédit de Robert Louis Stevenson, avant qu’il ne publie sa correspondance, et ne se démène au fil des ans pour faire mieux et plus lire celui auquel il consacre Pour saluer Stevenson (Flammarion, 2000)

Pour une « littérature-monde »

Sans conteste, cependant, l’une des grandes aventures de sa vie est le festival Étonnants Voyageurs, qu’il crée en 1990 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et qui deviendra le plus gros rassemblement de lecteurs de l’Hexagone, après le Salon du livre de Paris.

Se tenant invariablement le week-end de la Pentecôte, la manifestation rassemble d’abord une bande de copains, autour de Nicolas Bouvier (1929-1998) et de son Usage du monde, vade-mecum de Michel Le Bris. Lire aussi  Étonnants Voyageurs, un festival littéraire en ciré jaune

Étonnants Voyageurs ne cesse de prendre de l’ampleur, s’ouvre aux expositions de photos, aux films, aux documentaires, se décline à l’étranger – Bamako, Dublin, Sarajevo, Port-au-Prince, Haïfa… En 2007, avec son complice Jean Rouaud, il lance, contre le concept de littérature « francophone », le manifeste « Pour une “littérature-monde” en français », d’abord publié le 16 mars 2007, dans Le Monde, et signé par quarante-quatre auteurs.

En 2015, il transmet le flambeau de Saint-Malo à sa fille Mélani. Son dernier essai, Pour l’amour des livres (Grasset, 2019), est un « acte de remerciement » à l’égard des textes qui l’ont construit. Et qui n’ont jamais cessé de passionner celui qui a toujours voulu, comme l’exhortait Mai 68, mettre l’imagination au pouvoir.

Michel Le Bris en quelques dates

1er février 1944 Naissance à Plougasnou (Finistère)

1971 Directeur de La Cause du peuple, il passe huit mois à la prison de la Santé

1977 L’Homme aux semelles de vent (Grasset)

1990 Première édition du festival des Étonnants Voyageurs de Saint-Malo

2007 Manifeste « Pour une “littérature-monde” en français »

2008 La Beauté du monde (Grasset)

30 janvier 2021 Meurt à Janzé (Ille-et-Vilaine)

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Juillet 1690. Le « mauvais roi ».

C’est un 12 juillet, en 1690 qu’eut lieu la bataille de la Boyne, en Irlande, opposant les forces jacobites aux forces loyalistes. C’est une bataille majeure des révoltes jacobites, nous vous invitons à découvrir l’histoire de cet affrontement.

La lutte séculaire entre catholiques et orangistes.

  1. Le CONTEXTE

1680 : la Grande Bretagne est déchirée par un conflit opposant les britanniques catholiques, aux britanniques protestants. A cette époque, Jacques II d’Angleterre règne sur le pays, et tente vainement d’écraser la monté du protestantisme… jusqu’à ce que Guillaume III d’Orange, un protestant, parvienne à le détrôner en 1688, à l’occasion des Glorieuses Révolutions.

Ne pouvant plus lutter pour reprendre le trône d’Angleterre, Jacques II fuit le pays pour se réfugier en France. Il rencontre alors Louis XIV, qui lui fournit des officiers français et des armes pour reconquérir le trône. (Louis XIV agit ainsi afin d’obtenir un plus grand contrôle sur l’Angleterre, et par la même occasion, soutenir le catholicisme, alors menacé par le protestantisme.)

Jacques II d’Angleterre part donc vers l’Irlande à la tête de 7. 000 soldats français et débarque à Kinsale en mars 1689. Il y reçoit le soutien du Comte de Tyrconnel, qui met à sa disposition son armée. Désormais, Jacques II est à la tête d’une armée franco-jacobite de plus de 23 000 hommes forts entraînés, possédant l’expérience du terrain et du maniement des armes. Il s’empresse de convoquer le Parlement largement catholique afin que les députés abrogent la loi d’occupation installée par les colons protestants.

Jacques II dirige son armée en Ulster, où se tient l’essentiel de la communauté protestante. Mais les protestants tiennent solidement leurs positions, et Jacques II ne parvient pas en avril 1689, à prendre Londonderry, ni Enniskillen. Jacques II se retire alors de la province du nord. Guillaume d’Orange III, le nouveau roi d’Angleterre, décide d’agir, et de ne plus ignorer la menace irlandaise menée par Jacques II. Celui-ci nomme Marshal Schomberg pour commander toute une armée et écraser ainsi les troupes de Jacques II.

En août 1689 Marshal Schomberg débarque à Bangor avec 20. 000 hommes et, aidé des troupes d’Ulster il repousse le front jusqu’à Dundalk. La retraite de l’armée irlandaise prend la direction de Dublin mais aucune bataille n’est livrée et les deux armées prennent leurs quartiers d’hiver.

Le 14 juin, c’est une armée forte de 36. 000 hommes qui marche sur Dublin. Malgré quelques résistances rencontrées près de Newry l’armée de Jacques II est repoussée jusque sur les rives de la Boyne… C’est à cet endroit, que se déroule la célèbre Bataille de la Boyne.

2. DÉROULEMENT DE LA BATAILLE DE LA BOYNE

Vue de la bataille de la Boyne.

La charge est donnée à 4h du matin le 12 juillet 1690 sur un passage guéable de la rivière à la hauteur du village de Oldbridge par l’infanterie. Un détachement de la cavalerie et de l’infanterie lance une attaque foudroyante, coupant toute possibilité de retraite aux troupes de l’armée irlandaise. L’effectif de l’armée de Guillaume III est à ce moment supérieur de 13.000 hommes à celui de Jacques II (36.000 soldats contre 23.000 pour Jacques II).

La fin sonne alors pour l’armée irlandaise. Les pertes humaines sont considérables, et Jacques II ne parvient pas à tenir tête à l’armée britannique. Les jacobites sonnent la retraite en début d’après-midi, et fuient en direction de Dublin pour alerter les habitants de leur défaite, et de l’approche du roi d’Angleterre.

Le 16 juillet Guillaume III, entre dans Dublin où il donne ses remerciements pour sa victoire à la « Christ Church Cathedral ». Il rend également honneur à Marshal Schomberg, commandant des opérations, mort au combat durant la bataille.

Cette défaite sonne pour les irlandais comme la fin de leur lutte pour l’indépendance de l’île d’Irlande. Jacques II s’exile en France définitivement, de peur des représailles britanniques, et les irlandais catholiques commencent à subir les discriminations des protestants.

La plupart des soldats irlandais survivants s’engageront dans des troupes européennes, surtout françaises. Ces mercenaires seront appelés les “Oies Sauvages”.

3. CONSÉQUENCES

Bien que cette bataille soit aujourd’hui lointaine, elle est la source d’un conflit encore actuel qui sévit aujourd’hui en Irlande du Nord. Les Orangistes (Loyalistes Protestants), n’ont de cesse d’affronter les catholiques, et de les provoquer en commémorant cette bataille par des défilés.

Donnez-nous aussi votre ressenti… ces petits gestes nous encouragent à continuer le travail de vulgarisation de la culture franco écossaise : AssoSaorAlba et sur notre site web : www.saor-alba.fr

Mon commentaire : cette histoire est loin d’être terminée. Les conflits s’intensifient entre la République d’Irlande (les catholiques du sud) et l’Ulster la « majorité protestante du nord », schématiquement autour de Belfast ou Londonderry. Le statu quo ante adopté suite aux morts du Bloody Sunday avait permis des échanges pacifiés à la frontière entre les 2 Irlandes. Patatras ! pour cause d’accord bancal lié au Brexit… Autre débat : même minoritaire, les catholiques d’Irlande du Nord continuent à faire… des bébés ! Une minorité en passe de devenir majoritaire ?… A suivre !

Ajoutons que pour tout simplifier, Nicola Sturgeon (1ère Ministre écossaise), rappelle régulièrement que sa nation, l’Écosse s’est prononcée à 55 % en faveur de l’Union Européenne, et revient régulièrement à la charge auprès de Boris Johnson, sur la nécessité d’avoir recours à un 2nd referendum, précisément à cause du conflit irlandais… Vous vous demandez d’où tout cela est parti ? C’est très simple ! Guillaume Le Conquérant, le fils « bâtard d’Arlette » décide en 1066 d’aller conquérir son trône manu militari. Parti de Dives sur Mer (14) il remporte la victoire à Hastings, et une célèbre tapisserie de 70 m de long, installée à Bayeux ! Longue vie à tous ceux qui célèbreront son 1000e anniversaire.

L’ours.

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Joli mois de Mai.

On ne va pas se mentir : cela n’a pas été aussi facile que prévu… D’ailleurs, tout n’est peut-être pas tout à fait terminé. Pour autant, la somme des énergies mises en commun l’emportera toujours sur celle des pisse-vinaigre, qui ne mène qu’à la dispersion et à la rancune.

Saint-Yves : une bonne date !

Du coup, si on jetait un coup d’oeil à ce que devient BCN ? Il y a deux semaines, l’atelier « pitches » avait déclenché une salve d’entretiens, et mobilisé nos forces vives et solidaires. Cela montre que le distanciel confiné ne nous a pas abattus, et que passé le temps de l’acclimatation, vous êtes bien là, attentifs et solidaires, le « BCN apaisé » dont parlait Danièle. J’en profite pour lui rendre hommage, car selon nos dernières informations, la transition se poursuit tranquillement.

Avant d’aborder le fond, nos échéances pour le mois de Mai « où les feuilles volent au vent ».

Jeudi 6 Mai : 18 heures en visio, atelier Découverte. Deux aménagements : renforcement de la Météo de la Semaine, envoi de l’enregistrement audio aux participants, via Gros fichiers. (Pour les absents, sans alibi, fournir un mot des parents).

Mardi 11 Mai : Plénière de BCN. Comme prévu, il y sera question de la formation « Mise en avant des compétences du chercheur – Présence digitale ». Nous savons déjà que nous disposons d’un budget de 2 semaines complètes, approximativement 20 sessions d’1 h 30 : un enseignement de notre expérience de 2020, on ne peut pas lancer une action de cette ambition, sans s’appuyer sur « Vos envies ». En effet, la matière existe, elle évolue, et comme disent de concert Estelle et Nathalie : « les contenus, c’est une chose, mais il nous faut une bande », pour s’entraider pour les exercices et les devoirs… La question est donc : qui en est ?

Jeudi 13 Mai : Il ne vous aura pas échappé que nous « avons un Jeudi de l’Ascension », comme disent nos amis d’outre-Rhin, et que c’est précisément pour cela que nous avançons la Plénière ci-dessus.

Mardi 18 Mai : Comité d’Organisation du Grand Déj’ : Françoise nous représente dans cet organe, nous savons déjà le « Quand – Où » : Quand : le 12 Septembre, Où ? Au Parc de la Toison d’Or. Il reste : le Quoi – Comment – Pourquoi – Combien ? Les idées avancent, mais les vôtres (fort nombreuses, of course, ) sont les bienvenues ! Lâchez-vous !

Mercredi 19 Mai : Grosse journée ! (Pour les trégorrois, c’est la St-Yves, patron des avocats et des magistrats, et par extension la Fest’Yves, la Fête des Bretons)… Nous allons à Beaune pour la journée, car en plus des entretiens Garantie Jeunes, nous avons rendez-vous avec Adèle Bugaud, responsable des Cadres de la Mission Locale. Pas de souci de couvre-feu, ce jour-là a lieu la réouverture des cinémas.

Jeudi 20 et jeudi 27 Mai : Ateliers Découverte à 18 Heures. La proposition de contenu serait la suivante : choix des modules à proposer pour un lancement début Juin. Nos amis coaches sont invités à adresser leurs idées au bureau de BCN, ils seront contactés pour recueillir leur concept, mais peuvent laisser des messages sur le répondeur : 03 80 53 37 02. A vos marques !

C’est à vous !

L’ours.