Actualités & News·Culture - Loisirs - Histoire·L'éditorial·Société

Joli mois de Mai.

On ne va pas se mentir : cela n’a pas été aussi facile que prévu… D’ailleurs, tout n’est peut-être pas tout à fait terminé. Pour autant, la somme des énergies mises en commun l’emportera toujours sur celle des pisse-vinaigre, qui ne mène qu’à la dispersion et à la rancune.

Saint-Yves : une bonne date !

Du coup, si on jetait un coup d’oeil à ce que devient BCN ? Il y a deux semaines, l’atelier « pitches » avait déclenché une salve d’entretiens, et mobilisé nos forces vives et solidaires. Cela montre que le distanciel confiné ne nous a pas abattus, et que passé le temps de l’acclimatation, vous êtes bien là, attentifs et solidaires, le « BCN apaisé » dont parlait Danièle. J’en profite pour lui rendre hommage, car selon nos dernières informations, la transition se poursuit tranquillement.

Avant d’aborder le fond, nos échéances pour le mois de Mai « où les feuilles volent au vent ».

Jeudi 6 Mai : 18 heures en visio, atelier Découverte. Deux aménagements : renforcement de la Météo de la Semaine, envoi de l’enregistrement audio aux participants, via Gros fichiers. (Pour les absents, sans alibi, fournir un mot des parents).

Mardi 11 Mai : Plénière de BCN. Comme prévu, il y sera question de la formation « Mise en avant des compétences du chercheur – Présence digitale ». Nous savons déjà que nous disposons d’un budget de 2 semaines complètes, approximativement 20 sessions d’1 h 30 : un enseignement de notre expérience de 2020, on ne peut pas lancer une action de cette ambition, sans s’appuyer sur « Vos envies ». En effet, la matière existe, elle évolue, et comme disent de concert Estelle et Nathalie : « les contenus, c’est une chose, mais il nous faut une bande », pour s’entraider pour les exercices et les devoirs… La question est donc : qui en est ?

Jeudi 13 Mai : Il ne vous aura pas échappé que nous « avons un Jeudi de l’Ascension », comme disent nos amis d’outre-Rhin, et que c’est précisément pour cela que nous avançons la Plénière ci-dessus.

Mardi 18 Mai : Comité d’Organisation du Grand Déj’ : Françoise nous représente dans cet organe, nous savons déjà le « Quand – Où » : Quand : le 12 Septembre, Où ? Au Parc de la Toison d’Or. Il reste : le Quoi – Comment – Pourquoi – Combien ? Les idées avancent, mais les vôtres (fort nombreuses, of course, ) sont les bienvenues ! Lâchez-vous !

Mercredi 19 Mai : Grosse journée ! (Pour les trégorrois, c’est la St-Yves, patron des avocats et des magistrats, et par extension la Fest’Yves, la Fête des Bretons)… Nous allons à Beaune pour la journée, car en plus des entretiens Garantie Jeunes, nous avons rendez-vous avec Adèle Bugaud, responsable des Cadres de la Mission Locale. Pas de souci de couvre-feu, ce jour-là a lieu la réouverture des cinémas.

Jeudi 20 et jeudi 27 Mai : Ateliers Découverte à 18 Heures. La proposition de contenu serait la suivante : choix des modules à proposer pour un lancement début Juin. Nos amis coaches sont invités à adresser leurs idées au bureau de BCN, ils seront contactés pour recueillir leur concept, mais peuvent laisser des messages sur le répondeur : 03 80 53 37 02. A vos marques !

C’est à vous !

L’ours.

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Son nom était Connery, Sean Connery.

Honnêtement, j’avais prévu de vous parler de cinéma…quoiqu’il en coûte. L’article est déjà sur le tournebroche ; bref, vous ne perdez rien pour attendre. Sauf la réouverture ! Et puis, 007 s’est éteint de vieillesse, à 90 ans, dans sa maison des Bahamas, où il vivait avec son épouse française. En un demi-siècle de carrière, le « petit écossais » des milieux défavorisés avait décroché les plus prestigieuses récompenses jusqu’à être anobli par Élizabeth II.

1965 : Opération Tonnerre avec Claudine Auger, une des Miss françaises.

Il est probablement l’un des visages d’Outre-Manche les plus identifiés du public français. L’acteur écossais Sean Connery, rendu mondialement célèbre grâce à son rôle d’agent au service de sa gracieuse majesté est mort dans la nuit de vendredi à samedi. (30 Octobre). Il avait 90 ans.

Premier interprète de 007 dans la saga des James Bond à laquelle il participa six fois, le comédien avait aussi marqué le cinéma pour ses rôles dans Pas de printemps pour Marnie (1964) d’Alfred Hitchcock, L’homme qui voulut être roi (1975), Le nom de la rose, (1986), Les Incorruptibles (1987), et Indiana Jones et la dernière croisade (1989), dans lequel Steven Spielberg réunit les deux géants Harrison Ford et Sean Connery.

Une vie de roman pour un gamin pauvre.

Cette longue carrière, qui a pris fin en 2003, valut à l’acteur de décrocher les plus prestigieuses récompenses dont un Oscar, deux Bafta et trois Golden Globes. Une véritable consécration pour cet enfant des quartiers pauvres de la capitale écossaise. Né le 25 août 1930 à Edimbourg, il quitta l’école à 16 ans, pour s’engager dans la Marine avant de revenir trois plus tard pour enchaîner les petits boulots : maître-nageur, maçon, routier ou encore polisseur de cercueils. De quoi faire de lui un homme au corps incroyablement parfait qu’il sculpte le soir après le travail dans les salles de culturisme et qui le conduit en 1950 à la troisième marche du podium de Mister Univers.

Il demeure toute sa vie très engagé pour l’indépendance de son Écosse natale. Un engagement auquel la reine Élizabeth II goûtait peu depuis son palace londonien et qui retarda la distinction suprême. La souveraine finit néanmoins par l’anoblir en 2000 faisant de lui Sir Sean Connery. « C’était une légende internationale mais d’abord un écossais patriotique et fier » a souligné sur Twitter, dès l’annonce de sa disparition, l’actuelle cheffe du gouvernement écossais, Nicola Sturgeon.

Mort aux Bahamas.

Sur le plan personnel, l’acteur avait été marié deux fois : d’abord avec l’actrice australienne Diane Cilento qui est aussi la mère de son fils Jason ; puis avec l’actrice française Micheline Roquebrune. Il était à ce titre grand-père par alliance de la journaliste de M6 Stéphanie Renouvin. C’est elle par ailleurs qui a révélé ce samedi les circonstances du décès : « doucement, vers 1h 30 du matin, de vieillesse » a-t-elle expliqué. Sean Connery résidait aux Bahamas avec son épouse où il avait choisi de passer sa retraite. parce qu' »On ne vit que deux fois ». (1)

Sir Sean Connery, patriote et fier.

Fabrice VEYSSERE- Redon – Le Bien Public du Dimanche 1er Novembre.

Révélé en devenant le premier acteur incarnant James Bond au cinéma, il tient ce rôle, qui lui confère une célébrité mondiale, dans six films d’EON Productions — James Bond 007 contre Dr No (1962), Bons baisers de Russie (1963), Goldfinger (1964), Opération Tonnerre (1965), On ne vit que deux fois (1967) et Les diamants sont éternels (1971) — et revient dans le non officiel Jamais plus jamais (1983). En parallèle de James Bond, ses autres films notables de l’époque sont Pas de printemps pour Marnie (1964), Le Crime de l’Orient-Express (1974), L’Homme qui voulut être roi (1975) et Un pont trop loin (1977).

Culture - Loisirs - Histoire·L'éditorial·Prospective

Ma page offerte.

Elle est tirée d’un ouvrage dont nous avions déjà parlé ici, à sa sortie. Il s’agit de « l’âge global » de l’historien britannique Ian Kershaw, sous-titré L’Europe, de 1950 à nos jours. Contemporain, j’aurais pu y piocher des marées noires, des missiles de croisières, une Chute du Mur, des plages sous les pavés… des colis et des couvertures pour Solidarnösc. Voici simplement la page offerte.

Une histoire saisissante de notre temps.

« Étudie le passé ». Ce conseil de Confucius orne une des portes des Archives nationales de Washington. Sur l’autre, figure une citation de La Tempête de Shakespeare : « le passé est un prologue ». Étudier le passé permet à l’historien de suivre la trajectoire souvent turbulente de l’Europe jusqu’au temps présent. Mais de quoi le passé est-il le prologue ? Au sens strict, le présent n’existe pas : seuls existent le passé et le futur. Le passé est un chemin relativement bien éclairé (malgré la persistance de nombreux coins obscurs et des diversions dans de sombres bosquets), mais qui se trouve ensuite bloqué par la grande porte, imposante du « Futur ». Quelques ouvertures étroites permettent d’entrevoir un certain nombre de sentiers vaguement éclairés qui s’éloignent et se perdent rapidement dans le crépuscule. L’un d’eux, peut-être, paraît un peu plus large, plus prometteur que les autres. Mais ce n’est pas certain. Impossible de l’affirmer. En tout cas, lui aussi se perd très vite dans une obscurité impénétrable.

A partir de là, la destination est peu claire. Les formes structurelles du développement passé – la démographie ou les tendances socio-économiques, par exemple – peuvent fournir des indicateurs imprécis de la forme générale que pourraient prendre les décennies suivantes. L’avenir cependant reste ouvert. L’histoire n’est qu’un guide des plus vagues de ce qu’on ne saurait prévoir. Des processus structurels à long terme mais aussi des événements imprévisibles peuvent produire des changements considérables. L’histoire regorge pourtant de problèmes qui ont un impact dramatique mais sont le fruit de contingences : l’issue d’une bataille, un bouleversement politique inattendu, la personnalité d’un dirigeant, par exemple. A un journaliste qui l’interrogeait sur les plus grandes difficultés auxquelles se trouve confronté un gouvernement, l’ancien Premier ministre britannique Harold Macmillan aurait répondu : « Les événements, mon garçon, les événements ». Cette formule lapidaire, peut-être apocryphe, résume bien l’imprévisibilité du futur et la difficulté pour les historiens (comme pour tout le monde) de passer de l’interprétation du passé à des conjectures pour l’avenir.

L’Ours.
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Culture et industrie : ce que nous devons aux Celtes

Invention de la charrue, création de villes fortifiées, maîtrise de l’architecture du bois, art abstrait… Zoom sur l’apport des Celtes en Gaule.

Si l’on en croit le témoignage de César dans La Guerre des Gaules, dans l’antiquité, trois peuples se partageaient le territoire qu’occupe aujourd’hui la France : les Gaulois, les Belges et les Aquitains, qui étaient eux-mêmes subdivisés en une cinquantaine de tribus, Vénètes, Éduens, Ambiens, Rèmes… Depuis quarante ans, plus de 20 000 sites mis au jour dans l’Hexagone inscrivent ces populations dans un cadre bien plus vaste, celui d’une civilisation celtique qui couvrait toute une partie de l’Europe. La Gaule n’était qu’une pièce d’un ensemble marqué par sa grande cohérence et son originalité par rapport au monde méditerranéen, souligne Olivier Buchsenschutz, directeur de recherches émérite au CNRS, co-auteur avec Katherine Gruel du livre Réinventer les Celtes, paru aux éditions Hermann. Entretien.

La représentation traditionnelle de la France antique en fait un territoire peuplé de Gaulois qui deviennent Gallo-Romains. Faut-il oublier ces catégories au profit d’un ensemble plus vaste, les Celtes ?

La Gaule est une invention de César, et c’est lui qui crée ce fameux Hexagone et la division traditionnelle de l’Europe jusqu’au milieu du 20e siècle. L’archéologie montre qu’il existait une unité européenne celtique. À l’Âge du fer, les Celtes s’étendent du nord des Alpes à la Bretagne et jusqu’à la Hongrie. Ce sont plutôt des ruraux, même s’ils créent des agglomérations et des villes à deux reprises. Ils combinent élevage, culture des céréales et des légumes. Ils pratiquent une agriculture lourde, avec un certain nombre de techniques plus avancées que celles des Romains. Ils ont inventé la charrue, une moissonneuse rudimentaire et la meule rotative. Ils sont aussi à l’origine de la faux, ce qui signifie qu’ils stockent du foin, et qu’ils peuvent garder leur bétail l’hiver. En France, la photographie aérienne et les fouilles de sauvetage ont révélé quantité de fermes, qui vont de 1 à 20 ha, comme celle de Batilly-en-Gâtinais, dans le Loiret, dont les bâtiments et les cours dépassent la taille d’un village actuel.

Les Celtes qui occupaient le territoire actuel de la France présentaient-ils des spécificités qui les démarquaient des autres populations celtiques d’Europe ?

De l’Ouest de la France à l’Europe centrale, l’archéologie de l’âge du Fer trouve les mêmes vestiges. L’évolution des fortifications, des habitats, des costumes, des rituels funéraires… est d’une grande cohérence dans toute l’Europe. On est capable de distinguer dans les nécropoles des étapes de 20-25 ans. Les divisions sont plus chronologiques que régionales. Les costumes, par exemple, évoluent à chaque génération. Partout, on distingue aussi les mêmes grandes phases, celle des sites princiers du premier âge du Fer (entre les 8e et 5e siècles av. J.-C.) puis, vers les 4e-3e siècles av. J.-C., l’abandon des villes au profit de grandes fermes, l’essor d’agglomérations peuplées d’artisans et de commerçants en marge des structures familiales, paysannes et aristocratiques et enfin, vers 120, une reprise en main par la noblesse locale de ces agglomérations qui sont déplacées sur des hauteurs et fortifiées, avec la création des oppidum.(oppida).

L’oppidum de Bibracte

Peut-on identifier un legs celte en France ?

C’est plutôt une alternative qu’un legs, qui est, lui, très modeste. Ce n’est pas un hasard si on a fait des Gaulois des sauvages. Même si on ne parle plus beaucoup le grec ou le latin, nous sommes formatés par la culture gréco-romaine, on ne jure que par l’écrit, la ville et la pierre.

Or, notre héritage comporte à la fois des éléments venus du Néolithique, de l’âge du Bronze, des Celtes, des Romains et des Germains, et il est difficile de faire la distinction entre ces différentes couches. On peut identifier certaines innovations que l’on doit aux Celtes, en particulier dans le domaine de l’architecture du bois, qui est assez savante. Il est inadmissible que l’on puisse encore parler « d’architecture périssable » pour des constructions qui pouvaient durer plusieurs centaines d’années. Cette science du bois connaît des résurgences durant le haut Moyen Âge, où l’on trouve des villages entiers de maisons bâties sur des poteaux plantés, avant que ne se développent les bâtiments à pans de bois. On la retrouve aussi dans certaines traditions vernaculaires, comme les « loges » de la vallée de la Loire, des annexes en bois servant au stockage qui étaient construites par les paysans jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Figurine celte de Tchéquie.

Les Celtes ont aussi inauguré l’occupation de certains sites qui correspondent aujourd’hui à de grandes villes françaises.

Autour des années 500 avant J.-C., des villes fortifiées sont créées sur des collines dominant un carrefour naturel, entourées de riches sépultures des nobles qui les ont développées et de plaines avec des quartiers artisanaux. Depuis 10 ans, on a découvert de tels espaces artisanaux sur plusieurs centaines d’hectares, notamment dans la périphérie de Lyon et de Bourges, même si les cités fortifiées, qui sont sans doute sous les villes modernes, restent inaccessibles. Il y aurait aussi des indices de leur présence à Dijon. À Bourges, 15 ha ont été fouillés à 3 km de la cathédrale. Des unités de production de petits objets métalliques comme des fibules ont été mises au jour, liées à des unités d’habitation. Au nord de Lyon, sur plusieurs dizaines d’hectares, on a retrouvé des traces de métallurgie du fer et du bronze (outils, parures), du travail de la corne et de l’os et du tissage, dans la plaine de Vaise. Les deux sites datent du 5siècle av. J.-C.. Ils ont été abandonnés vers 400 avant J.-C. puis réoccupés à partir du 3e siècle avant notre ère.

Art abstrait celte.

Au-delà de la culture matérielle, la mentalité celte a-t-elle laissé une empreinte ?

L’héritage des Celtes, c’est aussi une échelle de valeur et une conception de l’art différentes de celles de leurs voisins méditerranéens. Quand les Gaulois se sont retrouvés devant des statues qui représentaient des hommes et des femmes à Delphes, ils ont pleuré de rire. Ils ne comprenaient pas pourquoi on imitait servilement la réalité. Ils ont créé un art original, dissymétrique, curviligne. Du 7e au 5e siècle av. J.-C., leurs représentations sont encore influencées par les objets importés de la Grèce et des colonies grecques d’Italie du Sud, comme le cratère de Vix (ndlr : un cratère en bronze retrouvé dans une tombe princière en Côte d’Or, où sont figurés des hoplites et des gorgones). Mais, assez rapidement, ils modifient les objets en bronze de prestige qu’ils importent. À Lavau par exemple, ils ont habillé d’or une céramique à figures noires. Ils ajoutent aussi des monstres sur les cruches à vin grecques.

Des thèmes importés du monde méditerranéen, comme « l’arbre de vie », qui symbolise l’axe du monde, sont tantôt traités de façon réaliste, tantôt fondus dans des motifs beaucoup plus complexes. Dans l’art celtique, le fond compte autant que le premier plan. Les vides entre les personnages ou l’animal représentés sont aussi bien traités que les pleins. Ensuite, aux 3e et 2e siècles av. J.-C., on arrive à un stade où les Celtes font exploser les modèles grecs dans les monnaies. Des mercenaires gaulois se rendent en Italie, en Grèce, en Turquie. Ils ramènent en Gaule des drachmes en or qu’ils imitent, mais en les modifiant à leur façon. Ils décomposent les chevaux, les têtes, et, à la fin de cette époque, les monnaies deviennent carrément abstraites. Il n’y a plus de sujet, mais des traits dans tous les sens. On en a beaucoup retrouvé en Allemagne et en France, notamment en Bretagne. On n’a vraiment pu lire cet art celtique qu’au 20e siècle, lorsque Malraux et les surréalistes s’y sont intéressés. Les Celtes nous ont appris l’art abstrait, ils nous ont permis de le comprendre. Quoique certains diraient plutôt que c’est l’art abstrait qui nous a permis de comprendre celui des Celtes.

Le Vase de Vix.

MARDI, 29 SEPTEMBRE 2020DE MARIE-AMÉLIE CARPIO – National Géographic du 29 Septembre.

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Monsieur Cinéma :  » Tout le monde a très envie que le cinéma reparte »

En ces derniers jours d’août, Dominique Besnehard a donné rendez-vous au cinéma français au Festival du film francophone d’Angoulême, dont il est le délégué général. Alors que la fréquentation dans les salles a chuté cet été, le producteur et acteur veut croire à de beaux lendemains, malgré la crise.

Question : Le festival de Cannes n’a pas eu lieu cette année et tous les regards se tournent vers votre festival, à Angoulême. Cela en fait un événement très particulier cette année ?

D. Besnehard : Il ne s’agit pas de rivaliser avec le festival de Cannes, qui est un rendez-vous mondial pour le cinéma. Nous avons sélectionné plusieurs films qui ont eu le label de Cannes, et il nous a semblé nécessaire d’accueillir la Semaine de la critique, qui présente des premiers et deuxièmes films, soit une sélection qui donne sa chance au jeune cinéma français et permet de découvrir des nouveaux auteurs. Le festival d’Angoulême marque en quelque sorte le renouveau de la vie au cinéma. Cela a été un parcours du combattant et on a longtemps craint de ne pouvoir le faire, mais malgré des conditions sanitaires strictes, les réservations du public sont à la hausse, et les stars seront là.

Question : Vous avez sélectionné un court-métrage de Vincent Zulawski, le fils de Sophie Marceau, et le premier film de Suzanne Lindon, la fille de Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain. Pourquoi la présence de ces « héritiers » du cinéma français ?

Ils ne sont pas là parce qu’ils sont « fils et fille de ». Le court-métrage de Vincent Zulawski est vraiment étonnant. Suzanne Lindon est une personnalité intelligente, vive, et son film Seize printemps, a eu le label Cannes. J’ai un petit rôle dans son film, qui est comme un journal intime, et qui raconte un premier amour : j’ai été surpris par sa force.

Festival de La Rochelle

Question : Est-ce-que votre ambition est de replacer le cinéma français au cœur de la programmation dans les salles, profitant de l’absence de nombreux blockbusters américains ?

Il faut dire les choses comme elles sont : on sait très bien que le cinéma américain attire le public et a un effet d’entraînement sur la fréquentation. Mais cet été, le public français n’a pas été au rendez-vous, non seulement parce qu’il manquait les grosses sorties américaines, mais aussi qu’à part quelques films comme Été 85 de François Ozon par exemple, les films français à l’affiche étaient assez médiocres. A Angoulême, nous voulons faire la démonstration de la diversité, de la vitalité et de la qualité du cinéma français. Tout le monde a envie que le cinéma reparte. On ne peut pas s’arrêter de vivre, même avec le virus.

Question : N’y a-t-il pas un paradoxe à la chute de la fréquentation des salles françaises, alors que le cinéma a battu des records d’audience à la télé pendant le confinement ?

D. Besnehard : Ma crainte est que les gens aient adopté de nouveaux comportements de consommation et se soient habitués à voir les films sur les plateformes pendant le confinement. Donc, c’est vrai que l’on se pose la question : est-ce-que l’on va voir revenir le public dans les salles de cinéma ? Pour le moment, ce n’est pas le cas, alors j’espère qu’Angoulême sera le détonateur, pour donner envie aux gens.

Question : Avoir de bons films vous paraît-il nécessaire et suffisant, pour donner envie de retourner au cinéma ?

D. Besnehard : Aller au cinéma, c’est partager, c’est découvrir, c’est se laisser surprendre. Il faut continuer à être ensemble, à partager des émotions communes. C’est ça qui est beau dans le cinéma. Quand la télévision est arrivée, on avait dit qu’elle allait tuer le cinéma, et puis cela n’est pas arrivé.

Il faut des bons films, mais il faut aussi réveiller le désir d’aller au cinéma. C’est ce que j’essaie de faire dans mon émission le lundi sur France 5. Nous avons tous besoin de passeurs. Je me souviens d’avoir eu un professeur, à qui je pense tous les jours, qui m’a donné le goût du goût des choses.

Question : Depuis cet été, un décret autorise la publicité pour le cinéma à la télévision, qui fera l’objet d’un rapport d’évaluation dans quinze mois. Cette mesure vous semble-t-elle une bonne chose pour la relance du cinéma ?

D. Besnehard : J’ai peur que cela ne bénéficie pas aux petits films, et qu’il n’y ait de la place que pour les grands films qui ont des moyens importants, un gros budget. La première publicité que j’ai vue,  c’était pour un film américain, Enragé de Derrick Borte, avec Russell Crowe. Cela m’inquiète. Je pense qu’il faudrait envisager des quotas pour la publicité des films français à la télévision.

Question : Le Premier Ministre, Jean Castex, et la Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, sont venus rencontrer à Angoulême les professionnels du cinéma pour évoquer les mesures de soutien au secteur. Ce soutien vous paraît-il à la hauteur de la crise ?

D. Besnehard : Quand je vois tous mes amis aux États-Unis, à New York, à Los Angeles qui n’ont rien, je me dis que nous avons beaucoup de chance, en France, car nous sommes les bénéficiaires d’une politique forte de soutien à la culture. L’État ne nous nous a pas pénalisés et en France, nous avons la chance d’avoir le Centre National du cinéma pour nous soutenir et nous subventionner. C’est vital.

Question : Vous présentez à Angoulême deux épisodes de la saison 4 de Dix Pour Cent. Le succès de votre série diffusée sur France 2 vous étonne ?

Je suis très content de cette série et l’engouement des spectateurs ne s’émousse pas. Comme la série passe aussi sur Netflix, sous le titre « Call my agent« , tout le monde nous en parle. Nous avons eu récemment un message de Sigourney Weaver, la première star de Hollywood à jouer dans la série : elle nous a fait des éloges et cela me fait chaud au cœur. La quatrième saison va être une très bonne année.

BIO EXPRESS :

5 Février 1954 : naissance à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine). Frère jumeau du dramaturge Daniel Besnehard. 1973 : débute des études dramatiques à l’ENSATT (École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre), rue Blanche, à Paris, dans la classe de régie et mise en scène. 1975 : fait ses débuts d’acteur au cinéma dans Un sac de billes de Jacques Doillon, dont il a fait le casting des enfants. 1986 : rejoint l’agence artistique Artmedia. 2006 : monte sa société de production, Mon Voisin Production, avec Michel Feller. 2008 : crée avec Marie-France Brière et Patrick Mardikian le festival du film francophone d’Angoulême, dont il devient délégué général. 2010 : lance la série Dix pour Cent (France 2). 2016 : devient « Monsieur Cinéma » sur France 5, présentateur de Place au cinéma.

Source : Le Grand Entretien – Le Bien Public du 30 août 2020 – Propos recueillis par Nathalie Chifflet.