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INSEE Analyses N°83.

En Bourgogne-Franche-Comté, le solde  naturel poursuit sa dégradation en 2019 

 

Au 1er janvier 2020, la population de Bourgogne-Franche-Comté est estimée à 2 794 500 habitants. Elle baisse de 0,3 % sur un an, en raison notamment d’un déficit naturel qui s’accentue. Le taux d’accroissement naturel  est le plus faible des régions métropolitaines. C’est la conséquence d’une forte baisse des naissances et d’une  relative stabilité des décès. Moins de femmes en âge d’avoir des enfants et vieillissement de la population expliquent  le décrochage du solde naturel par rapport à la France métropolitaine. L’indice de fécondité de la région est aussi  plus faible qu’en moyenne en métropole. Dans tous les départements de la région le solde naturel se dégrade, sauf  dans le Jura. Le Doubs est le seul département dont l’accroissement naturel est supérieur au niveau national. En Haute-Saône, en Saône-et-Loire, dans l’Yonne et le Territoire de Belfort, les naissances diminuent et les décès  augmentent. 

Caroline Logeais, Fabrice Loones (Insee)

Au 1er janvier 2020, 2 794 500 habitants résideraient en Bourgogne-Franche Comté, soit 4,3 % de la population de  France métropolitaine. En nombre d’habitants, la région se situe au 11e rang des 13  régions de métropole devant le Centre-Val  de Loire et la Corse. 

Le solde naturel (définitions) ne soutient  plus la croissance démographique de la  région qui pâtit de plus, d’un solde migratoire (définitions) tout juste stabilisé après  plusieurs années de déficit. 

Le déficit naturel s’accentue 

En Bourgogne-Franche-Comté, le solde  naturel est négatif depuis 2015 (figure 1) Ce déficit naturel, qui s’est creusé d’année  en année est dorénavant davantage porté  par le recul des naissances. Le nombre de  décès s’est quant à lui stabilisé sur les trois  dernières années. En 2014, le solde naturel  excédentaire apportait 2 500 habitants à la région. Cinq ans plus tard, en 2019, celui-ci lui  en fait perdre 4 100. 

Visuellement, le solde négatif.

Cette dégradation n’est pas spécifique à la  région. En effet, le solde naturel, moteur  de la croissance de la population, est  sur une tendance à la baisse dans toutes les régions, à l’exception des Hauts de  France. La croissance démographique de la  France métropolitaine ralentit : en 2019,  il y a 115 100 naissances de plus que de décès.

Ce solde naturel reste positif mais  ne cesse de diminuer, apportant deux  fois moins d’habitants qu’en 2014. La  dégradation du solde naturel, à l’échelle  nationale, est due à la fois aux mouvements de baisse des naissances et de  hausse des décès

 En 2019, le taux d’accroissement naturel négatif (définitions) de Bourgogne-Franche Comté (figure 2) s’établit à – 1,5‰ habitants.  En France métropolitaine, l’excédent naturel contribue encore à faire progresser la  population de + 1,8 ‰ portant l’écart avec  la région à 3,3 points. Attirant davantage de  jeunes actifs, les départements de la grande  région parisienne, des grandes métropoles  et de l’axe Genève-Lyon-Marseille pré sentent un accroissement naturel en hausse.  Au contraire, les départements ruraux de la  « diagonale du vide », ceux de la Corse et  de l’ouest de la Normandie et de la Bretagne  ont un taux d’accroissement naturel inférieur  à – 0,5 ‰. 

La Nièvre, isolée.

En Bourgogne-Franche-Comté, le taux  d’accroissement naturel se dégrade dans  tous les départements excepté dans le Jura.  Il est négatif dans cinq départements sur huit,  en particulier dans la Nièvre (- 7,3 ‰), en  Saône-et-Loire (- 3,4 ‰) et dans l’Yonne  (- 3,3 ‰). Dans les trois départements les  plus jeunes de la région, le Doubs, le Territoire de Belfort et la Côte-d’Or, l’accroissement naturel reste positif. 

Un fort recul des naissances 

En 2019, 26 100 bébés sont nés en Bourgogne-Franche-Comté, soit 730 naissances  de moins qu’en 2018 (figure 3). Dans les  années 2000, le nombre de naissances était  supérieur à 30 000. Cette tendance à la  baisse se poursuit depuis 2006. Elle est plus  prononcée qu’au niveau France métropolitaine : – 2,7 % contre – 0,8 %. Elle est aussi plus forte que l’an passé (- 2,1 %). À part  en Nouvelle-Aquitaine, la baisse de la nata lité est sensible dans toutes les régions de  métropole mais c’est en Bourgogne-Franche Comté qu’elle est la plus forte, loin devant la Normandie et le Grand Est (- 1,3 %). La diminution des naissances résulte à la fois  de la baisse du nombre de femmes en âge de procréer et de leur fécondité. Ces deux  phénomènes se conjuguent et contribuent  chacun pour moitié à cette dégradation. La  population féminine de 15 à 49 ans diminue depuis dix ans : – 5 600 personnes en  moyenne par an, soit (- 1 %).  

Site par site.

En France métropolitaine, la baisse n’est  que de 0,3 % par an. Globalement, la région peine à retenir ses habitantes de 20 à 40 ans et accuse un déficit plus important sur cette classe d’âge, où elles sont plus fécondes.

Le nombre d’enfants par femme diminue

 En Bourgogne-Franche-Comté, l’indice  conjoncturel de fécondité (définitions)  s’établit à 1,78 enfant par femme en 2019, niveau inférieur à la moyenne métropolitaine  de 1,84 (figure 4). Jusqu’en 2008, l’indice  régional était pourtant proche de la moyenne  nationale de 2 enfants par femme, mais il  s’est dégradé plus vite dans la région. Au  cours de l’année 2019, la seule baisse de la  fécondité a entraîné près de 360 naissances  en moins par rapport à 2018. 

L’ICF en baisse régulière.

Après 35 ans, les mères de Bourgogne Franche-Comté font moins d’enfants qu’en  moyenne métropolitaine. En effet, si, entre  15 et 34 ans, l’indice conjoncturel de fécondité régional est légèrement supérieur  à la moyenne métropolitaine, de 35 à 49 ans,  il y est inférieur : 0,35 contre 0,45. 

De façon générale, la fécondité est plus élevée chez les employées et ouvrières que chez  les cadres. Globalement, les femmes ont en  moyenne des enfants plus tard. Cependant,  l’âge moyen des mères à la naissance est  légèrement inférieur en Bourgogne-Franche Comté, 30,4 ans contre 31 pour la France  métropolitaine. Le taux de natalité (définitions) y est aussi  plus faible : 9,3 ‰ habitants contre 11 ‰ pour la France métropolitaine. Il perd 0,3  point entre 2018 et 2019. Cette tendance à la  baisse est nationale mais la région a l’un des  taux les plus faibles avec la Corse (8,3 ‰)  et la Nouvelle-Aquitaine (9 ‰). 

Relative stabilité des décès en 2019 

En 2019, 30 200 habitants de Bourgogne Franche-Comté sont décédés soit une  centaine de plus qu’en 2018. Ce nombre de  décès est stable dans la région (+ 0,3 %) et  se situe dans la moyenne nationale (+ 0,5 %).  L’évolution du nombre de décès résulte de  deux phénomènes qui, en 2019 comme en  2018 s’annihilent. En effet, le vieillissement  de la population régionale accroît le nombre  de décès de 700 personnes par rapport à  2018. Mais, en contrepartie, les conditions  de mortalité (définitions) se sont légèrement  améliorées en 2019 et compensent cette  hausse. 

Les habitants sont plus âgés en Bourgogne Franche-Comté qu’en France métropolitaine  et le vieillissement se poursuit. En 2019, la  région compte 102 personnes de 65 ans et  plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans (85  en moyenne en métropole pour 100 jeunes  de moins de 20 ans). 

L’écart avec la France métropolitaine se  creuse et résulte à la fois de l’avancée en âge  de la génération nombreuse des baby-boomers dans la région et d’un déficit de jeunes. La moitié des décès intervient avant l’âge  de 84 ans et 89 ans est l’âge où il y en a le plus (figure 5). Le taux de mortalité (définitions) est plus  élevé dans la région. Il s’établit à 10,8 ‰  habitants contre 9,2 ‰ en France métropolitaine. La Bourgogne-Franche-Comté détient  le plus fort taux de mortalité des régions  métropolitaines avec la Nouvelle-Aquitaine.  Ce taux s’accroît depuis une dizaine d’années dans la région.

Le taux de mortalité (définitions) est plus  élevé dans la région. Il s’établit à 10,8 ‰ habitants contre 9,2 ‰ en France métropolitaine. La Bourgogne-Franche-Comté détient  le plus fort taux de mortalité des régions  métropolitaines avec la Nouvelle-Aquitaine.  Ce taux s’accroît depuis une dizaine d’années dans la région. 

Espérance de vie moins élevée  dans la région 

Le taux de mortalité, moins favorable dans  la région qu’au niveau national, se traduit  par une espérance de vie (définitions) moins  élevée. De manière générale, les catégories sont plus exposées au risque de décès prématuré (conditions de travail, comportements  individuels, accès aux soins). 

Dans la région, l’espérance de vie à la naissance se stabilise depuis 5 ans. 

L’écart entre les genres se resserre. Les  modes de vie féminins sont de plus en  plus semblables à ceux des hommes, qu’il  s’agisse de durée de travail ou des types  d’activités professionnelles, de consommation de tabac ou d’alcool notamment.  En Bourgogne-Franche-Comté, selon les  conditions de mortalité de l’année 2019, une  personne âgée de 75 ans peut espérer vivre  jusqu’à l’âge de 87 ans si c’est un homme,  et de 89,6 si c’est une femme. 

Pour autant, ces espérances de vie à 75 ans  sont inférieures à la moyenne nationale de  six mois pour les hommes et de sept mois  pour les femmes. 

Le Doubs, seul département ayant  un taux d’accroissement naturel  supérieur au niveau national 

Avec + 1,9 ‰ habitants, le Doubs est le seul  département dont le taux d’accroissement  naturel reste largement positif et supérieur  au niveau national. Il est toutefois en retrait  par rapport à 2018 en raison uniquement de  la baisse des naissances. De plus, le taux de  mortalité, en 2019, y est le plus faible de  la région. Sa forte propension à attirer des  populations jeunes, en lien avec la proximité  de la Suisse, en fait un département parmi les  plus dynamiques en termes de démographie. En Côte-d’Or, la baisse des décès compense  tout juste la baisse des naissances, ainsi le solde naturel est stable. Avec un indice  de fécondité de 1,61 enfant par femme, la  Côte-d’Or est le cinquième département de  France métropolitaine où la fécondité est  la plus basse et l’âge moyen des mères à la  naissance y est plus élevé qu’ailleurs. 

Le Jura est le seul département de la région  à cumuler hausse des naissances et baisse  des décès, mais le solde naturel y demeure  négatif. La fécondité est en hausse par rapport à 2018. 

Dans la Nièvre, le solde naturel reste très  négatif. Ce département cumule la plus  importante accélération du vieillissement  de sa population et la plus forte diminution  du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Ainsi le taux de mortalité est le  plus élevé de la région et le taux de natalité  le plus faible. 

Le solde naturel en Saône-et-Loire est le plus  bas de la région et c’est dans ce département  qu’il décroît le plus. Comme dans l’Yonne et  dans une moindre mesure en Haute-Saône,  le fléchissement de la croissance naturelle  est partagé entre la hausse des décès, consécutive au vieillissement de la population, et  la baisse des naissances, due au recul de la  fécondité (sauf dans l’Yonne) et au moindre  nombre de femmes en âge de procréer. 

Le Territoire de Belfort subit également ce  double-effet, dégradant ainsi son solde naturel. Néanmoins, un taux de natalité élevé et un  taux de mortalité faible lui permettent d’avoir  un accroissement naturel toujours positif. ■ 

 Sources

Tous les ans, l’Insee effectue des estimations de population. Cette opération a pour objectif d’estimer au 1er janvier de chaque année la population  nationale par sexe, âge et état matrimonial et les populations régionales et départementales par sexe et groupe d’âges. Ces estimations de population  sont notamment utilisées pour le calcul des différents indicateurs démographiques : taux de natalité, taux de mortalité, indicateur conjoncturel de  fécondité, quotients de mortalité, espérance de vie. 

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence pour les années où il  est disponible. Pour les années 2019 et suivantes, les estimations de population sont provisoires. Elles sont réalisées en actualisant la population  du dernier recensement grâce à des estimations, d’une part, du solde naturel et, d’autre part, du solde migratoire et d’un ajustement, introduit pour  tenir compte de la rénovation du questionnaire du recensement en 2018 et rendre comparables les niveaux de population annuels successifs. Le  nouveau questionnaire permet de mieux appréhender les liens familiaux qui unissent les personnes habitant un même logement et d’améliorer la  connaissance des lieux d’habitation des personnes ayant plusieurs résidences, notamment des enfants de parents séparés. Une explication détaillée  est disponible dans la documentation relative au recensement de la population (note technique : Rénovation du questionnaire du recensement de  la population 2018. Méthode d’estimation de l’effet questionnaire (ajustement) à partir des enquêtes annuelles de recensement). Les statistiques d’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee

Définitions, méthodes 

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période. Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties  au cours d’une période. 

Le taux d’accroissement naturel correspond à la différence entre les naissances et les décès enregistrés au cours de l’année, rapportée à la  population totale moyenne de l’année. Il est exprimé pour mille habitants. 

Le taux de natalité correspond au nombre de naissances enregistrées au cours de l’année, rapporté à la population totale moyenne de l’année. Il  est exprimé pour mille habitants. 

Le taux de fécondité à un âge donné (ou pour une tranche d’âges) est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année,  rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge. 

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur peut être  interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait, tout au long de leur vie féconde, les taux  de fécondité par âge observés cette année-là. Il est exprimé en nombre d’enfants par femme. C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité  par âge de l’année considérée. 

Le taux de mortalité (brut) correspond au nombre de décès enregistrés au cours de l’année rapporté à la population totale moyenne de l’année.  Il est exprimé pour mille habitants. 

Les conditions de mortalité sont approchées par les taux de mortalité par sexe et âge. Ils correspondent au nombre de décès enregistrés pour  un sexe et un âge (ou tranche d’âges) donnés, rapporté à la population totale du même sexe et du même âge. L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les  conditions de mortalité par âge de l’année considérée. C’est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

 

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier 

CS 11997 25020 BESANÇON CEDEX Directeur de la publication : Bertrand Kauffmann 

Rédactrice en chef : Marie Léger  Mise en page : STDI Crédits photos : CRT, L. Cheviet Dépôt légal : janvier 2021 © Insee 2021 ISSN : 2497-4455 

Pour en savoir plus 

•  Chassard M., « Bourgogne-Franche-Comté : la baisse de la population s’accentue  en 2017 et 2018, conséquence d’un solde naturel de plus en plus négatif », Insee  Flash Bourgogne-Franche-Comté n° 99, janvier 2020. 

•  Papon S., « Depuis plus d’un siècle, les décès sont les plus nombreux en hiver »,  Insee Focus n° 209, octobre 2020. 

•  Papon S., « En un siècle, le pic des naissances s’est décalé de l’hiver à l’été et  s’est atténué », Insee Focus n° 204, septembre 2020. 

 

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Éditorial : « Nous avons besoin de douceur » par Patrick Pelloux, président de l’Association des Médecins urgentistes de France.

Pour le médiatique urgentiste et ancien chroniqueur de « Charlie Hebdo », qui sort un nouveau livre ce mois-ci, il faut tout faire pour sauver le vivre ensemble à la française, lutter pour réhabiliter le système de soin et mettre de l’ordre sans attendre sur les réseaux sociaux.

« Urgences de vivre », son nouvel ouvrage.

L’entretien du Dimanche : Vous sortez un nouveau livre « Urgences de Vivre », quel est le sens de ce titre ?

C’est un livre prêt depuis 3 ans qui correspondait à un best off des chroniques que j’ai écrites dans Charlie Hebdo de 2004 à 2016. Elles sont plutôt optimistes et bienveillantes, ce dont notre pays a besoin dans cette phase de son histoire. La France est en très très grande souffrance, confrontée aux urgences sanitaires, économiques, sociales, de bien-être, de convivialité, et de vivre ensemble… tout simplement.

L’entretien du Dimanche :Depuis 2004, votre regard sur la société a-t-il changé ?

J’avais commencé à écrire dans Charlie Hebdo après le drame de la canicule de 2003. Il m’était alors apparu que la société vivait une fracture avec le monde des personnes âgées. Sous le sceau du progrès, nous engendrions des fractures que nous n’imaginions même pas ou alors que l’on ne veut pas voir. La société s’est dégradée sur le vivre ensemble, elle a creusé ses inégalités auxquelles s’est greffé le retour en force du communautarisme. Nous n’avons pas à l’heure actuelle, à gauche comme à droite, de grandeur politique qui propose des solutions pour se sortir de tous nos maux.

L’entretien du Dimanche : Vous êtes aussi très remonté contre les réseaux sociaux…

Moi, je les appelle les réseaux a-sociaux. Ils font des dégâts considérables et leurs propres créateurs se demandent s’ils n’ont pas engendré un monstre vecteur de désinformation. Le rôle du journalistes est de démonter tout cela, de dire la vérité. Et au législateur de mieux réguler ces réseaux.

L’entretien du Dimanche : Vous êtes l’auteur d’un livre-référence sur la mort des gens célèbres. Le regard des français sur la mort a-t-il évolué avec cette crise sanitaire ?

Par le passé, la culture de la mort était mieux acceptée. Nôtre société la fuit de plus en plus. On ne voit plus les images des cercueils nus à la télé par exemple.

Je vois dans le rapport aux patients, combien les gens sont tristes. L’augmentation non chiffrée de la souffrance, que l’on voit dans la hausse de consommation d’alcool ou antidépresseurs, nous rappelle que nous avons tous besoin de douceur.

Nous sommes un peuple vaillant, courageux et plutôt plus obéissant que ce que tout le monde prédisait, mais qui hélas vit dans la peur. Il est inutile d’ajouter de l’anxiété sans cela nous risquons une explosion sociale. Nos dirigeants doivent l’entendre. Notre pays ne compte plus de mouvement qui appelle à la non-violence. La violence est de part et d’autre.

L’entretien du Dimanche : Quel jugement portez-vous sur l’action du gouvernement ?

J’ai été très sensible au discours du président de la République quand il a dit « Il faut faire Nation ». Donc, j’ai fait Nation. J’ai rarement critiqué ou seulement dans les angles, l’action du gouvernement car je ne sais pas qui aurait fait autrement, à vrai dire. Ils ont fait ce qu’ils ont pu avec nos incohérences et nos imprécisions sur l’achat des masques ou la fabrication de respirateurs. La réindustrialisation de la France, notre souveraineté sur ces sujets, restent centrales mais je ne vois pas bien où le gouvernement en est exactement là-dessus.

On est un pays merveilleux qui est complètement retenu par des freins incroyables, c’est peut-être là l’échec de Macron qui incarnait l’espérance et le renouveau.

L’entretien du Dimanche : Comprenez-vous les personnes qui se disent opposées au vaccin ?

Non, je ne suis pas d’accord avec les anti-vaccins. Regardez les gravures du XVIIIe siècle et vous y verrez des tas de gens tordus. Si aujourd’hui nous sommes tous de beaux gosses, bien droits, c’est parce qu’on a éradiqué la poliomyélite, grâce au vaccin !

L’entretien du Dimanche : Beaucoup de Français, sans y être formellement opposés, restent prudents à l’égard de la vaccination anti-Covid…

Ceux-là, je les comprends mais il ne faut pas avoir peur. Depuis longtemps des recherches étaient menées par les vétérinaires sur le coronavir qui décimait les cheptels, nous ne sommes pas partis de zéro. On est en effet allé très vite et il faut un peut de temps pour que la confiance s’installe.

L’entretien du Dimanche : Vous en voulez aux médias d’avoir relayé chaque jour le nombre de morts du Covid, pourquoi ?

C’est une connerie délirante, anxiogène au possible. C’est incompréhensible. Pourquoi alors ne dirait-on pas le nombre de morts sur la route ou du cancer chaque soir ? C’est complètement dépressogène et absurde. Ce que veulent les gens, c’est que la météo annonce du soleil !

L’entretien du Dimanche : Vous êtes un soutien du Professeur Raoult ? Vous comprenez la place qui lui a été accordée ?

C’est la place de la liberté d’expression et d’un débat scientifique. Il a dit des choses tantôt justes tantôt moins justes. On est tous dans ce cas. Est-ce-pour cela qu’une nomenklatura veut le bousiller ? Cela démontre une immaturité du dialogue. Didier Raoult n’a pas appelé à tuer les français ni à faire n’importe quoi. C’est un homme qui a apporté des idées, à sa manière… Parfois certes très curieuse. Il a eu une utilité dans ce débat : il a été le premier à dire qu’il fallait tester, isoler et traiter.

L’entretien du Dimanche : Des procès en justice ont eu lieu ou des sanctions ont été prises ont été prises conte un certain nombre de médecins. Qu’en penser ?

C’est assez bizarre ce monde qui se veut intellectuel et universitaire et qui a besoin de régler ses comptes au tribunal. Ce que disent ces professeurs n’est pas du charlatanisme, c’est du débat.

L’entretien du Dimanche :Peut-on dire que l’hôpital recule encore en France malgré tous les moyens annoncés durant cette crise du Covid ?

Vous avez une technostructure de gens très puissants en France qui distillent des idées néolibérales qui visent encore à appliquer un programme de casse de l’hôpital public décrété il y a 30 ans. Ils ont un peu augmenté les personnels infirmiers, c’était nécessaire, mais là pire que tout, ils ont inventé un nouveau métier à cheval entre infirmier et médecin. On veut nous imposer des médecins low-cost. C’est l’ubérisation de la médecine. On retoque des étudiants français qui n’ont pas 15 de moyenne et d’un coup on va chercher des médecins à l’étranger en pillant le système de santé de leur pays.

Gare à l’ubérisation de la médecine.

L’entretien du Dimanche : Conflans, Nice, comment avez-vous vécu les derniers attentats terroristes ?

Ils ont touché deux symboles. Nous sommes réellement en guerre contre l’islamofascisme. Les dessins de presse sont un pur prétexte pour justifier l’attaque de l’Occident. La France ne peut pas baisser la garde et doit conserver sa présence militaire au Mali notamment.

L’entretien du Dimanche : Dans ce contexte sanitaire et social, craignez-vous un recul de nos libertés individuelles ?

Oui, il faut rester vigilant parce que je suspecte un certain nombre de politiques de bien aimer l’état d’urgence. C’est plus facile pour eux (Sourires).

BIO-EXPRESS :

1963 : Naissance à Villeneuve-Saint-Georges près de Paris.

1995 : Docteur en médecine.

2007 : Soutient François Bayrou (modem) à la Présidentielle.

2015 : Participe au secours des blessés de l’attentat de Charlie Hebdo.

2018 : Co-signataire d’une tribune « Dignité des personnes âgées ».

2019 : Soutient le parti Communiste français aux Européennes.

  • Urgences de Vivre, 447 pages, 18 €. Éditions du Cherche-Midi.
  • Propos recueillis par Fabrice Veysseyre-Redon. L’entretien du Dimanche, dimanche 27/12/2020.
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Calendrier de l’Avent (3) et maintenant l’Italie !

Au tour d’Angelo de nous faire partager son « voyage dans le temps » … à Claout :

Claout : un voyage dans le temps…

Une petite visite dans ce petit village typique du nord de l’Italie. J’y ai passé  mes vacances  d’été avec ma famille.

Mais…. où se trouve Claout, me direz-vous ? (Avec toute la curiosité et l’à-propos qui vous distingue).

Un relief remarquable.

Nous étions quatre enfants et nous nous déplacions en Peugeot 404. Le départ avait lieu à 4 h 00 du matin, pour un périple de 1000 km, en une traite. Je ne vous dis pas la colonie de vacances qu’il y avait à l’arrière de la voiture.

Et… Que fait-on là-bas ?

Des randonnées remarquables : El Pradut.
Les Maisons du Village.
Une rivière : Al Settimana.

Arrivederci e buon Natale !

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Plénière BCN N° 130 : Opérationnels !

Pour cette dernière « plénière » de 2020, nous n’avons pas parlé de « stratégie » ou de « tactique », en l’absence de la plupart des membres du bureau, excusés. Du coup, la priorité a été accordée aux « préoccupations » du moment : contact, entretiens, simulations, projets. L’occasion de commencer à se projeter sur 2021, ainsi qu’à dessiner une nouvelle gouvernance, où les jeunes présents hier soir seront appelés à infléchir les tendances.

Vue de Corcelles-les-Citeaux.

I. Commençons par le début : Murielle.

mercredi, le Bureau adresse un message d’encouragement à Murielle, à propos de son entretien à la Mairie de Corcelles-les-Citeaux :

Merci pour ce gentil message. Tout s’est bien passé à tel point que je serai en immersion cette fin de semaine. Je croise les doigts…A jeudi soir. Bonne soirée. 
Visiblement, les choses ont avancé vite ; tant mieux ! l’expérience de Murielle est un gage de sécurité, pour la suite. Dans notre esprit, nous n’attendions pas de témoignage de Murielle, hier soir… c’est d’ailleurs comme cela que ça s’est passé ! Voici le message reçu ce jour de Murielle :
Bonjour Antoine,

Je n’ai aucune excuse concernant mon absence hier soir. Mais voilà tout se précipite et j’ai complètement zappé la réunion. J’aurais tant voulu vous faire un retour de cette semaine. Quelle est la date de prochaine réunion ? J espère pouvoir y participer.

Deuxième sujet opérationnel du jour : la démarche méthodologique présentée par Nathalie vendredi dernier, et qui nous a valu des compléments de la part de Xavier.

II. ME FAIRE CONNAITRE  ET EXPLORER

1) Sur le Web évidemment Linkedin à titre personnel et avec BCN de façon collective.

2°) Aller à la rencontre des sociétés d’assistance technique, des agences d’intérim. Identifier  et rencontrer des personnes ressource  pour développer ma connaissance du marché

3°) Participer aux Rencontres, Manifestations, Salons Professionnels et me présenter sur les stands où mon profil peut intéresser la structure représentée.

4°) Participer à des réunions informelles des adhérents BCN consacrées à des échanges entre demandeurs d’emploi sur nos démarches respectives pour nous faire connaître.

III. IDENTIFIER DES OFFRES D’EMPLOI

1) Utiliser le lien vers la météo des métiers (Tableau Excel)  qui  est fourni par BCN pour accéder directement au site à partir de la ligne correspondant à mon code ROME . Il  permettra d’abord de consulter sur la gauche du tableau d’accueil la rubrique « plus d’appellations » où je trouve les mots clef qui correspondent à mon code ROME et qui peuvent m’être utiles dans mes recherches ultérieures.

Sur la droite du tableau la météo me donne l’évolution du marché de l’emploi et le niveau de tension à l’aide de silhouettes.

Avant de cliquer sur le bouton Pôle Emploi, il faut sélectionner la où les zones d’emploi qui m’intéressent., je les trouve en bas de page dans la cartouche prévue à cet effet.

2) Pour chaque bassin d’emploi retenu  je constate que pour les Cadres et AMT les offres de Pôle Emploi sont très limitées par rapport à celles de l’APEC et des Cabinets de RH partenaires .  Pour cette raison les informations sur la météo assises uniquement sur les offres Pôle Emploi sont très fragiles quand les enregistrements des 12 derniers mois sont inférieurs à 500.

Cela demande 15′ mais il est intéressant de parcourir dans ce cas les offres actuelles des 8 départements pour se faire une idée de l’offre. A cet effet cliquer sur le bouton Pôle Emploi en haut à droite du tableau d’accueil

(Dans tous les cas où vous pouvez identifier l’Entreprise qui offre l’emploi, gardez ses coordonnées. Elles vous permettront d’accéder à son code APE/NAF sur Info greffe ou Verif.fr. Ces sites vous permettront plus tard de lister des unités du même secteur d’activité pour aller à leur rencontre si vous le souhaitez.)

3) Si j’ai  retenu 1 ou 2 codes ROME complémentaires c’est le moment de regarder les offres possibles sur le même  bassin d’emploi . Ces codes ROME complémentaires vous pouvez les sélectionner à partir de la METEO DES METIERS 2019 à demander à BCN.

4) Sur les sites retenus, j’active les alertes afin de recevoir des notifications automatiques par mail si possible.

5) Au cas où Pôle Emploi enregistre certaines offres de ses Partenaires avec retard il est prudent  de revoir les différents sites fournisseurs d’annonce listés pour s’assurer de ne rien manquer….même si parfois je retombe toujours sur la même offre.

CONCLUSION : Xavier se propose de faire l’exercice avec Thierry et Sébastien sur le secteur de la logistique pour illustrer sa méthode.

Voici ses coordonnées : 06 88 63 91 18 ainsi que son mail : bernx@wanadoo.fr

IV. Les autres membres du groupe présents hier soir.

Nous étions 17 ! Un grand merci à Nathalie, Françoise, Zélina, Anastasia, Maud, Juliette, Christine, et Sophie. Et du côté des garçons : Jean-Louis, Angelo, Said, Thierry, Sébastien, Julien, Jérôme, Xavier, et à la plume, votre serviteur… A noter que pour une fois, le masculin l’emporte sur le féminin.

Nathalie fait partager son enthousiasme pour le collectif de BCN, l’idée du rapprochement avec les associations voisines, telles que Fête.Org à deux pas de chez nous (Rue du Petit Citeaux), mais aussi FACES en Franche-Comté. Pour elle, la mosaïque du groupe « Découverte » est une fierté et une satisfaction.

Juliette a un entretien à Langres le 21/12 et nous assure qu’elle ira « Zen » ayant eu beaucoup de boulot sur le « free-lance » ces derniers jours : la simulation menée avec Françoise et Hélène a révélé un petit coup de mou… très inhabituel ! heureusement, il est derrière nous, et Langres n’a plus de secrets pour Juliette. On y croit !

Françoise s’exerce au « jeunisme » avec une start-up d’application anti-gaspi. Antoine fait part à Maud de son contact avec Julia, pour un témoignage sur le métier de sellier-maroquinier.

Julien confirme que l’entreprise de bouchons pour laquelle il avait candidaté termine l’année sans se prononcer ; pendant ce temps, il poursuit ses demandes coté solutions numériques, et s’interroge sur de nouvelles solutions à l’étranger, sachant qu’un « retour à la normale » est à projeter plutôt vers la fin du printemps.

Christine, notre cheffe de projet irlandaise, (905 au TOEIC) nous confirme que sa priorité 2021 sera de « changer de job », car son année a été familialement difficile, et nerveusement insupportable.

Lamartine du Nord au Sud : de Montculot à Solutré.

Sophie nous explique que ses échanges avec l’équipe BCN et notamment Françoise, ont fait « pas mal » bouger son projet initial : du coup, le nouveau concept serait un « tiers-lieu » en plein centre-ville de Mâcon. Un choix qu’Anastasia valide pleinement : « Location – location – location », le lieu, le lieu, et encore le lieu. Tous donnent leur avis sur le concept : vin ? gastronomie ? tiers-lieu avec musique ? Pub ?Anastasia indique qu’il est essentiel de créer « un étonnement » dès l’accueil. Sébastien souligne qu’à Dijon, il est parfois plutôt difficile d’initier des amis aux bons vins de Bourgogne. Certes, le Mâconnais n’atteint pas des sommets de réputation que le beaunois par exemple, c’est donc un encouragement à se pencher sur un mix d’activités : le patrimoine est exceptionnel, il peut marier visites, littérature, histoire, gastronomie… et les montgolfières. (Au sens large : relier chaque point par la solution de mobilité qui le met le mieux en valeur). Anastasia indique que les chiffres de fréquentation site par site, et selon le moyen de transport, doivent guider la conception du business-plan. Selon les chiffres disponibles, il est possible de sélectionner certaines cibles, (et d’en écarter d’autres). Quant à Zélina, elle indique que le « familial » est à privilégier par rapport à la qualité des vins « Haut-de-gamme ». Xavier préconise alors de prendre contact avec des Associations de Femmes Vigneronnes.

L’oenotourisme, aussi une affaire de mobilités.

Jérôme intervient ensuite pour présenter ses activités auprès de l’Université de Bourgogne : Le mercredi 25 novembre, Christine et moi même sommes allés à la rencontre de Jean Christophe PICOT secrétaire général du GIP du rectorat.
De nos échanges les points suivants justifient la venue de Mr PICOT à l’une de nos réunions plénières en 2021 pour faire un témoignage et enrichir nos discussions
– son parcours privé et public, avec une aptitude évidente à saisir les opportunités
– la présentation du domaine d’activité du GIP, centré sur l’ingénierie de formation et la formation professionnelle
– les modalités de recrutement qu’il utilise, les profils recherchés
– le style de management des projets et de l’établissement qui fait la part belle à l’implication de chacun et la créativité
Coté calendrier: son témoignage est envisageable sur le 1er semestre 2021. En bonus : nos avons aussi évoqué les possibilités d’accueil du GIP pour des réunions ou événements organisés par BCN, ainsi qu’un partenariat possible pour les simulations d’entretiens à proposer à de jeunes diplômés.

Antoine indique qu’à ce stade, – après le compte-rendu de la plénière -, la « Une » du blog va être consacrée à Jérôme en vue de la prochaine conférence sur les risques climatiques. Pourquoi ? Eh bien, parce que le blog va frôler les 20.000 pages vues cette année. Il commence donc à avoir son « rythme » :

– un article sociétal, – ou économique – quand il s’en présente. (INSEE ou ESS ou dossier de fond).

– un article sur vous, les gens de BCN. (Normal, on fait aussi de la com. interne). C’était l’objet de ce calendrier de l’Avent.

– un article sur les activités de l’Asso : les plénières, l’avancement des ateliers, les partenariats.

Demain, on a plénière, => article de compte-rendu (Numéroté 130).

Les 22 et 23 décembre prochains, nous sommes en partenariat avec la MILO de Beaune : 13 garanties Jeune en 2 Jours. Malgré le Covid, nous aurons donc réalisé au cours de cette première année, près d’une quarantaine d’entretiens.

Et enfin le Plan de Communication de cette fin d’année : le portrait de Jérôme, que nous avons peaufiné. L’idée c’est de le mettre en « UNE » du 31 Décembre jusqu’à sa prochaine Visio.

Un an d’expérience pour BCN : un atout ?

L’occasion de souligner les travaux en cours en vue d’un partenariat avec l’Afpa, « Afpa-Village », où nous serions intervenants, en tant que « professionnels en milieu de carrière », dont l’expérience compte : l’Afpa nous attend sur un thème d’insertion intitulé Promo 2016 – 2018, assez proche de ce que nous faisons déjà avec la Garantie Jeunes de Pôle Emploi. Par ailleurs, l’environnement, la RSE, la citoyenneté sont des thèmes où les quadras doivent s’exprimer ; ajoutons que l’environnement créatif dans lequel vous vous trouvez en ce moment même est une « bonne habitude », vos sillons neuronaux sont stimulés en permanence.

Et pour finir quelques dates validées : le 14 Janvier, à 18 heures sur le Pont N° 421 408 8106. N’oublions pas le MDP 623562 : atelier découverte « Talents – Compétences – Valeurs ».

Le 21 Janvier, à 18 heures sur le Pont N° 421 408 8106 MDP 623562 : atelier découverte « Score » animé par Saïd.

Le 28 Janvier, plénière BCN – Format à déterminer.

Bonnes Fêtes de fin d’année à tous !

Actualités & News·Economie·Environnement - Climat·Société

Déplacements domicile-travail en Bourgogne-Franche Comté : les trajets s’allongent et l’automobile reste reine

Chaque jour, 725 000 actifs résidant en Bourgogne-Franche Comté se déplacent dans une autre commune pour aller travailler. Dix ans auparavant, ils étaient 25 700 de moins. Même si les trajets continuent de  s’allonger, ils restent avant tout des déplacements de proximité. La moitié des navetteurs résident ainsi à  moins de 16 km de leur lieu de travail

Les grands pôles d’emploi de la région captent l’essentiel des navetteurs. Dijon et Besançon exercent une  influence forte dans leur espace périurbain et même au-delà. Sur la bande frontalière, près de 35 000 résidents  travaillent en Suisse, soit près de 15 000 actifs supplémentaires en dix ans. Habitant de plus en plus loin de la  frontière, ils parcourent des distances plus élevées. 

La voiture est le mode de transport privilégié par 90 % des navetteurs. Les externalités négatives de ce mode  de déplacement sont nombreuses (pollutions, GES, accidentologie, précarité énergétique…) mais la région a  l’avantage de ne pas connaître d’importants embouteillages. Globalement, les transports en commun véhiculent  peu de navetteurs et seules les lignes les plus structurantes parviennent à concurrencer en partie la voiture.  

Charles Pilarski, Yohann René (Insee)

Trois groupes d’égale importance : les non-navetteurs, les navetteurs restant dans leur EPCI et ceux travaillant ailleurs en Bourgogne-Franche-Comté 

En 2016, 7 actifs sur 10 de Bourgogne Franche-Comté sont navetteurs (définitions). Ce sont ainsi près de 725 000 personnes qui travaillent dans une commune différente de celle où elles habitent  (figure 1). En dix ans, le nombre de ces  navetteurs a augmenté de 3,7 %, soit  25 700 personnes supplémentaires. Dans  un espace périurbain qui s’étend, la part de  navetteurs continue de progresser. Dans le  même temps, l’essor du travail frontalier a  multiplié par 1,5 le nombre d’actifs travaillant en Suisse. Par ailleurs, la plupart des  territoires de frange de la région sont davantage polarisés qu’avant vers les grands pôles  d’emploi extérieurs : le Sénonais, l’est  belfortin, le sud du Jura notamment. Au  final, le nombre d’actifs sortants de la région  a augmenté de 30 %, alors que les entrants  n’augmentaient que de 22 %.

725.000 navetteurs en Bourgogne-Franche Comté

Un navetteur sur deux passe plus de 40 minutes dans les transports. 

La moitié des navetteurs résidant en  Bourgogne-Franche-Comté parcourt  plus de 16 km pour se rendre au travail (figure 2). Cela représente l’équivalent  de 40 minutes de trajet aller-retour par  la route, 3 minutes de plus que dix ans  auparavant. Bien qu’en recul, les déplacements au sein  de l’intercommunalité (EPCI) de résidence  restent nombreux. Toutefois, leur part  dans l’ensemble des navettes a nettement diminué : en 2006, 48 % des navetteurs travaillaient dans leur EPCI de résidence contre  43 % en 2016. Naturellement, les distances  parcourues se sont allongées, en particulier  pour les trajets les plus longs : 10 % des  navetteurs de Bourgogne-Franche-Comté  font plus de 53 km pour se rendre sur leur  lieu de travail, soit un allongement de 6 km  en dix ans. 

Moins de 16 km ou 30 mn a/r pour se rendre au travail.

Des déplacements longue distance  entre métropoles, mais aussi depuis  des zones moins denses. 

Les navettes longue distance, supérieures à  100 km, concernent seulement 5 % des navetteurs. Il s’agit d’abord des résidents de grands pôles, comme Dijon ou Besançon. Parmi  ces navetteurs longue distance, on retrouve  davantage de cadres (28 %, deux fois plus  que dans l’ensemble des navetteurs) vraisemblablement attirés par des emplois qualifiés,  en grand nombre et mieux rémunérés. Ils  travaillent dans les grandes agglomérations  de la région ou à Paris, Lyon et Strasbourg.  Ces flux restent cependant limités. Ces trajets lointains ne se cantonnent pas  à des échanges entre grands pôles urbains  (figure 3). Certains navetteurs parcourent de longues distances tout en habitant dans des territoires plus ruraux, moins dynamiques et  moins bien reliés : dans la Puisaye ou dans le  Morvan, dans le Châtillonnais ou à proximité  de la Suisse. L’infrastructure de transport en  commun y existe rarement. Ces navetteurs  ruraux utilisent donc surtout leur voiture pour  rejoindre Nevers, l’Île-de-France, Dijon ou  l’intérieur de la Suisse, notamment Lausanne. 

Part de navetteurs parcourant plus de 50 km.

Les grandes agglomérations attirent  surtout des habitants de leur première  couronne périurbaine 

Quelle que soit leur taille, les principales agglomérations de la région entretiennent peu  de liens avec les territoires au-delà de leur  première couronne périurbaine. Pour autant, les grands pôles captent l’essentiel des flux de navetteurs.  Localement, ils  représentent jusqu’à 40 % de l’emploi occupé.  Qu’ils travaillent dans des pôles de taille  moyenne ou plus grands, la distance alors  parcourue par les entrants est sensiblement  la même, 20 à 30 km (médiane) excepté pour  Le Creusot-Montceau où les trajets sont plus  longs (figure 4). 

Dans ces espaces périphériques, plus des  deux tiers des actifs travaillent dans un autre  EPCI. Davantage de couples bi-actifs avec  enfants résident en périphérie, que dans le  reste de la population. Plus jeunes, ils sont  aussi plus souvent cadres et propriétaires  de leur maison. C’est particulièrement vrai  autour de Dijon. Cependant, des populations s’éloignent aussi des centres urbains  pour réduire notamment leurs dépenses de  logement. 

Courbe des distances parcourues par jour.

Dans certains territoires ruraux bien reliés, plus de navetteurs en contrepartie  de temps de trajets plus longs .

Dans l’espace rural, certains territoires sont  de plus en plus sous l’influence des grandes  agglomérations régionales. C’est le cas le  long de la vallée de l’Ognon et à l’est de  l’axe Dijon-Mâcon. Ils demeurent assez  éloignés des grandes agglomérations tout en  restant proches des axes de communication  permettant d’y accéder facilement. Ils sont  devenus attractifs pour des actifs à revenu  intermédiaire qui continuent à travailler en  ville, au prix de trajets plus longs. Plus souvent employés que dans le périurbain, plus  souvent dépendants de leur voiture également, ces nouveaux navetteurs sont particulièrement impactés par les variations des coûts du transport, automobiles et carburants, et par les frais  induits comme la garde des enfants. 

Dans la bande frontalière,  35 000 navetteurs au profil atypique .

Dans la zone montagneuse frontalière,  résident 35 000 navetteurs travaillant en  Suisse. Le travail frontalier a connu un essor  important depuis le milieu des années 2000.  Le profil du navetteur frontalier reste singulier : plus jeunes que les non-frontaliers, plus  de la moitié à être ouvriers. 

Ils parcourent souvent des distances bien plus  importantes que les non-frontaliers : plus de la  moitié dépassent les 40 km ; mais il existe de  fortes disparités. Elles sont d’abord liées aux  lieux de travail : si une majorité de ces navetteurs travaillent dans les pôles d’emploi horlogers juste de l’autre côté de la frontière comme  La Chaux-de-Fonds ou Le Locle, d’autres  occupent des emplois tertiaires plus éloignés,  à Lausanne ou Yverdon-les-Bains. D’autre  part, les lieux de résidence, historiquement  situés à moins de 10 km de la frontière, se  sont considérablement éloignés, parfois même jusque dans le périurbain bisontin. Le foncier  y est moins cher, ce qui favorise l’installation  de familles. Au final, si les trajets les plus  fréquentés relèvent de distances inférieures  à 20 km, comme Morteau – Le Locle ou Les  Rousses – Le Chenit, certains navetteurs parcourent parfois jusqu’à 100 km, attirés par les  emplois suisses mieux rémunérés. 

90 % des déplacements en voiture,  sur un réseau peu chargé malgré  quelques points noirs 

La voiture reste partout le mode de transport  dominant pour aller travailler : 90 % des  navetteurs de la région le privilégient. Les tronçons les plus empruntés se situent autour des trois principaux pôles d’emploi régionaux : vers Dijon, depuis Beaune et Auxonne,  vers Besançon depuis Dole ainsi qu’entre  Belfort et Montbéliard (figure 5)

Des tronçons saturés.

Dans le reste de la région, la fréquentation  des routes est moins importante. Seules les  routes du Jura et du Doubs sont un peu plus  fréquentées par la présence des frontaliers.  Sur ces routes de moyenne montagne, le  nombre de voies praticables est alors déterminant. Il n’est pas rare d’y constater des  engorgements aux heures de pointe comme  dans les grandes villes. 

Dans d’autres territoires, certains points noirs  ont été résorbés grâce à des améliorations de  l’infrastructure routière. C’est par exemple le  cas de l’élargissement à quatre voies en 2011  de la route nationale à l’ouest d’Héricourt. En  rapprochant cette zone de Belfort et Montbéliard, l’extension a participé directement au  développement résidentiel et à la transformation de Lure et de sa périphérie. 

Les transports en commun restent peu  utilisés.

 Pour les navetteurs de la région, le recours  aux transports en commun reste modeste :  seuls 5 % (38 200 personnes) utilisent ce  mode de transport. Pour un quart d’entre eux,  il s’agit de trajets courts, relevant souvent de  logiques périurbaines. Le train y concurrence  directement le véhicule individuel. C’est  notamment le cas des liaisons entre Dijon et  son espace de proximité au sud, à l’ouest et  à l’est (figure 6). La ligne Beaune-Dijon est  particulièrement utilisée. L’utilisation des  transports en commun est moins fréquente pour se rendre à Besançon, ce réseau étant moins développé et chargé.

Utilisation des transports en commun en EPCI.

C’est surtout pour les trajets plus longs que  les transports en commun peuvent constituer  une alternative pratique, moins fatigante et  coûteuse que la voiture. Plus de la moitié de  ses usagers parcourent au moins 30 km. C’est  deux fois plus que pour l’ensemble des navetteurs. Pour les trajets inter-urbains, le train  peut constituer une solution de remplacement  à la voiture dès lors que le cadencement est  important et que le réseau routier est moins  performant ou trop cher. C’est par exemple  le cas le long de l’axe Dijon-Mâcon, ou entre  Sens et la Seine-et-Marne. 

Enfin, les transports en commun rendent  également possibles des trajets très longue distance. La majeure partie de ces trajets relève  encore de liaisons TER : entre Dijon et Besançon, entre Dijon et Lyon ou entre l’Yonne et  Paris. Un quart des usagers parcourent plus de  92 km, soit 24 km de plus que dix ans avant.  L’infrastructure TGV contribue modestement  à cet allongement : seuls 900 Dijonnais se rendent à Paris pour y travailler.

La moitié des navetteurs génèrent plus de 80 % des émissions de  gaz à effet de serre liées aux  déplacements domicile-travail .

En France, le transport est l’activité qui  contribue le plus aux émissions de gaz à effet  de serre (GES). Il représente 30 % des émissions totales, dont une moitié liée directement  aux déplacements des ménages en voiture. En 2016, 1,6 million de tonnes de GES ont été  rejetées dans l’air par la circulation routière des  navetteurs de Bourgogne-Franche-Comté.  Ces émissions de GES dépendent surtout du  nombre de kilomètres parcourus, plus que de  la classe environnementale des véhicules. Les  actifs qui travaillent hors de leur EPCI de résidence contribuent plus fortement à ces rejets  de gaz polluants. S’ils ne représentent que  57 % des navetteurs, leurs trajets génèrent  83 % des émissions régionales de GES liées  aux déplacements domicile-travail. Dans certaines intercommunalités très dépendantes de  l’emploi extérieur, ces déplacements externes  expliquent plus de 95 % des GES émis par les  navetteurs. C’est le cas par exemple dans la  vallée de l’Ognon, au nord de Dijon dans la  Tille, dans le Sénonais ou encore en deuxième  couronne frontalière avec la Suisse. 

Sources, définitions et méthodologie.

Le recensement de la population (RP) fournit  des statistiques sur le nombre d’habitants et  leurs caractéristiques. Il permet de connaître  leur commune de résidence et leur commune  de lieu de travail. 

Un navetteur correspond à un actif ayant un  emploi et travaillant dans une autre commune  que celle où il réside. 

Méthodologie de calcul des distances et des  temps de trajet : 

Les trajets domicile-travail ont été extraits du  recensement de la population à partir des  enquêtes de recensement 2004 à 2008 et 2014  à 2018. Ces données sont communales. Faute  d’information infra-communale, les distances  et temps de trajet pour les actifs qui résident  et travaillent dans la même commune ont été  considérés comme nuls. 

Le champ de l’étude est celui des actifs en  emploi qui résident en Bourgogne-Franche Comté, quels que soient leur commune ou  leur pays de lieu de travail. Par convention,  n’ont pas été pris en compte les personnes se  déclarant navetteurs sans se déplacer pour travailler (54 000 actifs), ceux qui ont déclaré  travailler dans des communes éloignées de  plus de 5 h par la route de leur lieu de résidence  (4 300 actifs), et ceux qui ont déclaré se rendre  à pied sur leur lieu de travail, celui-ci étant situé  dans une autre commune que leur commune  de résidence (3 900 actifs). 

Les distances et temps de parcours ont été calculés pour chaque trajet, du centre de la commune de résidence au centre de la commune  de travail, à partir de l’itinéraire routier le plus  court obtenu par le service de cartographie en  ligne OpenStreetMap. Ces calculs sont fondés  sur le réseau routier actuel (janvier 2020). Les  écarts de temps et de distances mis en avant  dans l’étude entre 2006 et 2016 relèvent donc  uniquement de changements dans les duos  commune de résidence-commune de travail, et  non de l’amélioration du réseau routier. 

Les estimations d’émissions de gaz à effet de  serre ont été déterminées à partir des mesures  réalisées par ATMO Bourgogne-Franche Comté appliquées aux trajets des navetteurs.

Pour en savoir plus.

•  Charton C., René Y., Hmamda N., « Les déplacements domicile-travail des frontaliers de l’Arc jurassien », Ostaj, août 2020.

 •  Brion D., Lebeau Y., « Déplacements domicile-travail en Bourgogne-Franche Comté : plus nombreux, plus longs et en voiture », Insee Flash Bourgogne Franche-Comté n° 12, juin 2016. 

•  Baccaïni B., Semécurbe F., Thomas G., « Les temps de déplacement entre domicile et travail », Dares Analyses 20135-081, mars 2017.

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Rédactrice en chef : Marie Léger 

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