Actualités & News·Culture - Loisirs - Histoire·L'éditorial·Société

Joli mois de Mai.

On ne va pas se mentir : cela n’a pas été aussi facile que prévu… D’ailleurs, tout n’est peut-être pas tout à fait terminé. Pour autant, la somme des énergies mises en commun l’emportera toujours sur celle des pisse-vinaigre, qui ne mène qu’à la dispersion et à la rancune.

Saint-Yves : une bonne date !

Du coup, si on jetait un coup d’oeil à ce que devient BCN ? Il y a deux semaines, l’atelier « pitches » avait déclenché une salve d’entretiens, et mobilisé nos forces vives et solidaires. Cela montre que le distanciel confiné ne nous a pas abattus, et que passé le temps de l’acclimatation, vous êtes bien là, attentifs et solidaires, le « BCN apaisé » dont parlait Danièle. J’en profite pour lui rendre hommage, car selon nos dernières informations, la transition se poursuit tranquillement.

Avant d’aborder le fond, nos échéances pour le mois de Mai « où les feuilles volent au vent ».

Jeudi 6 Mai : 18 heures en visio, atelier Découverte. Deux aménagements : renforcement de la Météo de la Semaine, envoi de l’enregistrement audio aux participants, via Gros fichiers. (Pour les absents, sans alibi, fournir un mot des parents).

Mardi 11 Mai : Plénière de BCN. Comme prévu, il y sera question de la formation « Mise en avant des compétences du chercheur – Présence digitale ». Nous savons déjà que nous disposons d’un budget de 2 semaines complètes, approximativement 20 sessions d’1 h 30 : un enseignement de notre expérience de 2020, on ne peut pas lancer une action de cette ambition, sans s’appuyer sur « Vos envies ». En effet, la matière existe, elle évolue, et comme disent de concert Estelle et Nathalie : « les contenus, c’est une chose, mais il nous faut une bande », pour s’entraider pour les exercices et les devoirs… La question est donc : qui en est ?

Jeudi 13 Mai : Il ne vous aura pas échappé que nous « avons un Jeudi de l’Ascension », comme disent nos amis d’outre-Rhin, et que c’est précisément pour cela que nous avançons la Plénière ci-dessus.

Mardi 18 Mai : Comité d’Organisation du Grand Déj’ : Françoise nous représente dans cet organe, nous savons déjà le « Quand – Où » : Quand : le 12 Septembre, Où ? Au Parc de la Toison d’Or. Il reste : le Quoi – Comment – Pourquoi – Combien ? Les idées avancent, mais les vôtres (fort nombreuses, of course, ) sont les bienvenues ! Lâchez-vous !

Mercredi 19 Mai : Grosse journée ! (Pour les trégorrois, c’est la St-Yves, patron des avocats et des magistrats, et par extension la Fest’Yves, la Fête des Bretons)… Nous allons à Beaune pour la journée, car en plus des entretiens Garantie Jeunes, nous avons rendez-vous avec Adèle Bugaud, responsable des Cadres de la Mission Locale. Pas de souci de couvre-feu, ce jour-là a lieu la réouverture des cinémas.

Jeudi 20 et jeudi 27 Mai : Ateliers Découverte à 18 Heures. La proposition de contenu serait la suivante : choix des modules à proposer pour un lancement début Juin. Nos amis coaches sont invités à adresser leurs idées au bureau de BCN, ils seront contactés pour recueillir leur concept, mais peuvent laisser des messages sur le répondeur : 03 80 53 37 02. A vos marques !

C’est à vous !

L’ours.

Actualités & News·Développement personnel·L'éditorial·Pour un meilleur emploi

La Plénière des Grands Témoins. (N° 132).

Pourquoi l’intituler ainsi ? La réponse est presque dans la question : qu’il me suffise de citer les prénoms de : Nathalie – Estelle – Séraphin – Julien – Zélina – Patricia pour expliquer l’ordre du jour en deux parties très distinctes qui s’est imposé ce jeudi. Une première partie « Météo de la Semaine », puis une seconde très orientée « Plan d’action & Contenus ». Le tout étant sérieux, concret, efficace, motivant comme dirait notre Présidente, qui va mieux, mais reste encore fatiguée.

I. LA METEO DE LA SEMAINE.

Honneur à Séraphin, qui nous revient après une session d’enseignement du côté de Tours, période qu’il a mise à profit pour acquérir de nouvelles compétences dans le domaine du coaching patrimonial et financier. De nouveau sur Dijon, Séraphin se propose de nous associer à ses activités telles que conférences, et sessions de coaching, sujet sur lequel il reviendra dans la seconde partie. D’un commun accord, nous projetons de détailler ses activités, compétences et parcours lors d’un prochain rendez-vous !

Julien nous annonce qu’il vient d’être retenu par l’entreprise Webedia, à compter du 19 Avril, dans le domaine du voyage, anciennement Easy-Voyage, ce qui correspond au Guide des Voyages en Ligne. Plus exactement, Juline vient de réussir un coup double, car il était également retenu pour un poste à Strasbourg. Du coup, il s’est permis le luxe de pouvoir faire son choix ! La liste des succès s’allonge, après les récentes nominations de Patricia, Zélina, Hugo… Toutes nos félicitations à Julien, qui a été très sérieux, attentif et appliqué dans toutes les « planches à secousses » qu’on lui a fait subir.

Estelle revient en tant qu’adhérente « Grand Témoin » : la nouvelle était annoncée, notre Couteau Suisse revient. (Private joke). Malgré tous nos efforts, le poste occupé par Estelle à l’ESEO depuis un an tout juste, résonne encore à nos oreilles comme celui de « Directrice adjointe des études ». En réalité, Estelle intègre l’ESEO comme Responsable de Formation et Secrétaire Générale : l’école monte en charge, avec une première promotion de 70 ingénieurs, mais du coup, il y a beaucoup de suivi à organiser, une partie de planification et de ressources humaines densifiée du fait du COVID. Bienvenue à Estelle, avec qui nous nous proposons d’aller rencontrer et démarcher les chefs de projet de l’APEC, à la fois pour renouveler notre communication et rechercher des terrains de coopération.

Nathalie, depuis 5 mois au Conseil Régional de BFC, recrutée en CDD 3 ans à la Maîtrise d’Ouvrage du S.I. : cela se passe bien, et Nathalie nous parle de ses deux actions récentes, bien dans le thème : son adhésion à FETE, l’association qui fête ses 30 ans, et monte une série d’actions de célébration. Nathalie prépare maintenant le concours d’ingénieur territorial, qui comporte une note de synthèse. Deuxième volet, bien dans le profil de notre militante, « faire de la pub dans les ateliers de l’APEC » : tisser du lien avec les associations voisines, c’est déjà créer du réseau. Nathalie se propose de participer aux prochaines réunions Garantie Jeune, (le 1er ou le 2nd mercredi de chaque mois) :

Florence nous apprend qu’elle avance « bien » sur son projet d’association vers l’Emploi, et que cet avis est partagé par les coaches sportifs, et quelqu’un que nous connaissons bien ici, Malika, notre Trésorière des débuts, pour qui chaque sou est un sou, chaque mot vaut exactement son poids. Florence va avoir besoin de témoignages de personnes qui ont retrouvé un emploi : merci à Estelle qui a déjà donné son accord, et peut-être à Julien, Zélina, Nathalie, de m’autoriser à vous mettre en relation ?

Thierry nous apprend qu’il fonde de bons espoirs sur un nouvel entretien prochain, pour lequel il détient la description de poste, et qui correspond à ses attentes. Après des entretiens décevants en termes d’amplitude horaire. Compte tenu de tout ce qui s’est dit sur les pitches, est-ce-que Thierry serait d’accord pour tenter l’exercice en atelier Jeudi Prochain ? (Éventuellement, on pourrait étudier par avance la description de poste, ce qui permettrait d’améliorer nos observations. Par exemple : mardi ou Jeudi après-midi).

Jérôme nous fait part de ses interventions de pédagogue familial, d’organisateur de vacances à la maison, qui fonctionnement visiblement bien ; du côté de Cric & Co, le scepticisme de la dernière fois s’est confirmé, car l’administrateur semble confondre Chiffe d’Affaires et Résultat, pourtant un must même dans l’ESS. Souci… Par ailleurs, Jérôme intervient au Crédit Coopératif, mais serait partant pour retrouver des activités rémunérées, et pourquoi pas des conférences, comme en 2020.

Christine, qui a repris le travail hier, après une interruption de 2 semaines, liée au Covid. Elle est encore fatiguée, et va devoir se donner le temps dé récupérer, mais elle est déjà ravie de rejoindre notre groupe ; parle de Florence Muller, qui travaille à la Plateforme Mobilités, et avait monté une association de conseil en look. L’association a perdu un bénévole, et du coup, le projet d’auto-entreprise de Conseillère en Image, pourrait être mis à profit, et notamment comme une intervention sur l’image et la communication non verbale : une fois que le contact aura été consolidé, cela pourra faire l’objet de la plénière. (Première quinzaine de Mai, à définir).

Autre partenaire pour BCN au sein de CAP EMPLOI sur un projet H’ACTIVATEUR DE COMPETENCES – 100% INCLUSION porté par CHEOPS Bourgogne-Franche-Comté.

CAP EMPLOI est régi par GIPE 21, groupement d’insertion professionnelle à l’emploi.

Ses objectifs:

  • L’information et la mobilisation des employeurs privés et public pour l’emploi des personnes handicapées
  • Le placement des personnes handicapées et l’appui aux employeurs en terme de recrutement des personnes handicapées
  • Le maintien dans l’emploi des personnes handicapées

Nous avons mis en place une dynamique de solidarité, davantage portée sur le collectif, en faveur des adultes avec un handicap physique ou invisible, en recherche d’emploi depuis plus d’un an, ayant perdu confiance en eux. 

Des espaces thématiques sont mis en place par les bénéficiaires, selon leurs besoins et leurs envies. Ces espaces seront axés autour de la remobilisation, le développement personnel et des compétences. 

La richesse du collectif fera émerger de nouveaux projets et encouragera chacun à développer son pouvoir d’agir et à développer la confiance en eux, par la prise de parole, la mise en action, et la prise de décision.

Cette force va augmenter le potentiel de retour à l’emploi du volontaire. Durant ces temps sont proposés :

  • Des rencontres avec des intervenants au sein de nos locaux situés au 15 rue de l’arquebuse à Dijon (CAF, AGEFIPH, avocats, coaching)
  • Des rencontres avec des anciens bénéficiaires ayant réussi leur parcours
  • Des visites entreprises

Je souhaiterais que les bénéficiaires puissent participer à vos ateliers, notamment sur les thématiques développement personnel, estime de soi.

Un mot rapide sur les membres du bureau : Jamila est excusée, mais les décisions de mise en place de la Trésorerie sont effectives, et les adhésions 2021, ainsi que les subventions commencent à arriver sur le compte. Zélina, dont le 1er mois de travail s’achève, a été bien occupée, et propose une rencontre physique prochainement.

Françoise a décroché une mission à temps partiel au CADA « Ateliers » et attend des nouvelles de sa candidature à Solidarités Nouvelles face au chômage, (15 Avril), que nous allons appuyer de notre mieux, auprès du Responsable de Groupe que nous connaissons bien, M. Renault. Françoise assure déjà les comptes-rendus de Bureau, elle nous a fait une proposition de « saga » ou de « feuilleton » dans la même veine que la série sur les Gafam : il s’agirait d’approfondir un sujet dans la durée, comme dirait Cristina (Cordulla), en rapport avec le thème « économie et société ». Nous recherchons donc un « troisième homme » pour les entretiens Garantie Jeunes ce mercredi.

Xavier qui continue à nous alimenter de documents et d’analyses INSEE, attend sa seconde vaccination pour début mai ; il pourrait être de retour à la prochaine session de Beaune, si tout va bien ! A noter sur les documents auxquels Xavier nous donne accès, ils ont de moins en moins recours à la forme « journalistique » (avec graphes et commentaires) pour privilégier l’accès à des séries et des tableaux. La question se posera donc de diffuser un simple accès à ces liens.

Enfin, nous saluons Hélène et Jean-Louis, présents et qui nous écoutent, et qui interviendront au titre des interventions AEC et Présence Digitale, dont il va être question dans la deuxième Partie.

II. PLAN D’ACTIONS ET CONTENUS 2021.

Absente aujourd’hui, Patricia, notre ambassadrice de l’Habitat étudiant a bien voulu en guise d’introduction au sujet activer ses talents d’ingénierie de formation pour nous aider à nous approcher plus précisément de notre objectif 2021. Je propose donc comme objectif général :

Mobiliser les réseaux sociaux dans le cadre d’une recherche d’emploi

et comme objectifs intermédiaires :

– choisir les bons réseaux : les connaitre les réseaux sociaux, leur impact, les profils d’utilisateurs selon les réseaux

– maîtriser son image :

       – ce que je communique selon ma posture, mes vêtements,

      –  dissonance entre tel que je me vois et tel que les autres me voient

  – s’exprimer devant une caméra : que dire, comment le dire, à qui le dire, les tics de langage : choisir ce que l’on veut transmettre en étant synthétique (un message percutant dans un temps court). Avec un peu de théorie et beaucoup de jeux de rôles

Voici quelques idées à approfondir en espérant ne pas m’être trompée d’objectif !

Deux sujets essentiels sont déjà bien présents : le look – image et non-verbal, et les ateliers « pitches ». L’Association est équipée de toute la documentation des années antérieures, nous pouvons donc à tout moment puiser dans le stock : ainsi dans AEC, après le Module N°2 « Projet professionnel », des exercices de communication écrite et orale sont disponibles. Il restera juste un débat technique à trancher : faut-il se caler sur une trame à 250 caractères (comme l’a fait Julien) ou sur pitch oral complet (la pièce de théâtre d’Estelle) en deux minutes et demie ?

Le second sujet : « La présence digitale ».

ici encore, beaucoup de suggestions :

Nathalie : avons-nous encore toute la documentation Evolve de l’an dernier ? Réponse : OUI. Avant de la mettre sur un drive, la question est de savoir « combien de personnes » constitueraient la promo 2021 ? La demi-douzaine de l’an dernier n’est pas suffisante : avec quelques départs en cours de route, les derniers se sont épuisés.

LinkedIn est un outil précieux qui nous accompagne aussi bien durant la recherche qu’en tant que demandeur d’emploi, Selon Nathalie sur LinkedIn, c’est bien utile lorsque l’on est en recherche, mais aussi une fois embauché, pour découvrir son nouvel environnement, les nouveaux collègues.

Françoise souhaite que l’on s’applique le modèle de certaines associations sur LinkedIn : Une semaine, un CV. Il faudrait que l’on se fasse aider par un expert. Julien considère par exemple qu’il a pu travailler abondamment son pitch en 250 caractères, puis se laisser développer ensuite son appréhension du poste. En revanche, il complète par le travail effectué avec le cabinet de recrutement sur son pitch en anglais.

Comme l’ont indiqué Julien et Nathalie, il serait bon que l’on fasse l’inventaire des besoins de chacun, et de mettre en commun les connaissances du groupe sur un drive. Pour ceux qui le souhaitent, nous allons de nouveau vous faire parvenir le questionnaire de démarrage de Caroline Dauvergne de l’an dernier, et surtout quels sont les points dont vous allez vous servir : posts – profil – forums etc.

Zélina : distingue le travail effectué en vue de l’entretien d’embauche, du profil LInkedIn « catalogue » : il faut rester large , et même vague pour éviter de se fermer des portes. Le modèle qu’imagine Zélina propose d’avoir recours à Juliette, dont le sujet d’expertise est la communication à 360°.

Le modèle que l’on voit se dessiner serait donc une série de séquences : sous forme de séries d’interventions compatibles de courte durée AEC, à la main d’Hélène, de Juliette, de Jean-François. De sessions « ateliers-pitches ». Comme l’indique Zélina, du fait que chaque intervenant ne sera pas disponible en continu, nous devrons veiller à recevoir une facturation régulière, sur un modèle proche d’un vacataire à l’acte.

Prochain envoi : la documentation Evolve de l’an dernier.

Webinar Grand Déj’ : Mardi soir en visio à 18 Heures.

http://www.legranddej.org/

Actualités & News·L'éditorial

Demain : plénière N°132 de BCN.

Quelques bonnes nouvelles pour bien démarrer ce second trimestre : nous allons pouvoir démarrer notre module « annuel » : Valoriser les compétences cachées et la présence digitale ». En effet, le Conseil Municipal de la Ville de Dijon vient d’entériner au 23 Mars 2021 la mise à disposition de la subvention ad hoc.

Quand nous serons devenus inutiles…

Il s’agira donc tous ensemble de définir quelle forme nous voulons assigner à ce module : la solution la plus simple consisterait à faire appel aux partenaires de l’an dernier, sans retirer les leçons de notre bilan mitigé. Aussi, je vous propose de débattre du sujet tout d’abord entre nous, puis de faire ensuite appel aux compétences les plus adaptées, internes ou externes.

Nous venons également de recevoir pour le 13 Avril une invitation concernant l’organisation du « Grand Déj' » , qui nous a beaucoup manqué en 2020, du fait de son annulation de dernière minute, puis de leur 2 sessions de repêchage, à leur tour annulées. Heureusement, 2021 verra la fin de nos petits soucis sanitaires !

Troisième bonne nouvelle : le nouveau bureau est opérationnel, le courrier est relevé, les premières cotisations arrivent, nous n’allons pas tarder à réaliser la répartition des tâches et des animations ! Nous sommes toujours en attente de la validation de notre proposition d’organisation pour la Journée Garantie Jeune du 13 Avril…

Et enfin, nous espérons voir demain, des anciens et des nouveaux visages, entendre des témoignages qui nous reboostent tous, bref que le millésime 2021 de BCN soit plus pétillant et épicé que celui de 2020. Aide-toi, le ciel t’aidera !

L’ours.

Actualités & News·Economie·Nos synthèses par domaines.·Revue de Presse

Les longs tentacules secrets des GAFAM.

Il manquait une pièce au puzzle pour que les prophéties de 1984 de George Orwell prennent un peu forme. Le constat est désormais accablant. Les Gafam ont réussi à accumuler en une décennie, à l’exception de la composante militaire, un pouvoir qu’aucun empire n’a sans doute jamais atteint. Ils commencent, par la censure qu’ils exercent désormais, à montrer qu’ils sont entrés dans la sphère politique. Où s’arrêtera cette aventure . Est-il encore possible d’y mettre bon ordre par le respect du droit et des droits ? Autant de question auxquelles répondent ici le politologue François Bernard Huyghe, l’ancien directeur du renseignement de la DGSE Alain Juillet, ou encore les créateurs du logiciel français Olvid. Un dossier complété par l’expérience israélienne, qui démontre que l’on peut préserver sa souveraineté sans tourner le dos aux technologies, qui comme l’argent, ne doivent pas être un maître, mais un outil.

I. LES GAFAM, quel pouvoir ? (Volet N°1 de notre série).

Il n’aura fallu qu’une petite décennie pour que les Gafam deviennent tellement dominants qu’ils ont perdu leur aura de « fournisseurs de liberté » pour devenir un sujet d’inquiétude pour nos libertés fondamentales. – Par François-Bernard Huyghe.

Il y a dix ans, Google, Amazon, Facebook et Apple (l’usage a ajouté Microsoft pour former l’acronyme Gafam) jouissaient d’une image unique : non seulement il représentaient l’innovation, l’ouverture, l’épanouissement de l’intelligence collective sans frontière, la civilisation de l’information…, mais réputés spontanément démocratiques, ils étaient crédités de la chute de dictatures lors du printemps arabe. Et en 2010, quand Google menaçait Pékin – qui obligeait à censurer les recherches en chinois sur son territoire – de se retirer (une multinationale censurant une superpuissance !), Hillary Clinton applaudissait et des internautes déposaient des bouquets de fleurs devant le siège de la société. Aujourd’hui, même sur Google, les articles fleurissent sur les Gafam maîtres du monde, ennemis de la démocratie ou nouveaux dictateurs, même si ce n’est pas l’opinion dominante.

Le code informatique est la nouvelle loi.

Ce qui s’est passé pendant cette décennie défie l’inventaire ; outre la dimension technologique évidente, ce fut la combinaison de plusieurs facteurs.

Économiques : dans la mesure où la capitalisation boursière des Gafam (estimée à 8.000 milliards de dollars) est supérieure à l’ensemble du CAC 40 et a fortiori au PIB de la France (sans oublier que la pandémie les a incroyablement enrichis) ; tout se passe comme s’il n’y avait vraiment de place que pour un seul dominant numérique ou deux sur chaque segment de marché (la distribution, le traitement de texte, la navigation, la messagerie…) et comme s’il n’y avait pas de limite à leur expansion… Ni à sa capacité à s’imposer dans tout domaine émergent, comme l’intelligence artificielle ou les objets connectés.

Géopolitiques : voir la montée n force de la Chine dans le cyberespace, innovante et formidablement protégée par sa « grande muraille numérique », mais aussi les rapports de tension entre Washington et des sociétés qui sont, après tout, américaines.

Politiques : on l’a vu u moment des retraits des comptes de Trump (accompagnés de milliers d’autres censures de comptes « extrémistes »; cette décision suivait une longue période où les réseaux sociaux avaient été dénoncés comme l’écosystème des « fake news », où se confirmaient entre elles les opinions antisystème, comme les discours de haine.. Voire où sévissaient ceux qui avaient fait perdre Hillary Clinton en 2016, en favorisant une ingérence russe. Dans tous les cas, plutôt que les vieux médias « manufactures du consentement » de haut en bas, les réseaux sociaux apparaissent comme le vecteur qui suggère, dirige, confirme ou divise l’opinion, tout en permettant à chacun de devenir émetteur à son tour. Situation si inédite qu’il est si tentant de leur attribuer tout ce qui dysfonctionne dans le cerveau de nos contemporains (la désinformation ou les mauvaises croyances des foules) , et dans le même mouvement, de se tourner vers eux pour nous guérir de ces mauvaises pensées.

Juridiques : avec nombre de procès, actions ou projets de lois destinés à réguler le contrôle des données, les ententes ou les discours de haine sur Internet. Mais comment imposer l’autorité judiciaire, dans un monde où, selon la formule célèbre, « code is law », le code (au sens informatique) est la loi ?

Idéologiques : les discours des dirigeants des Gafam, outre quelques utopies tranhumanistes, tournent autour de l’idée d’échapper aux contraintes et aux frontières des états souverains, par l’extraterritorialité, demain en battant monnaie…Sans compter que pour des raisons évidentes – formations, appartenance de classe, circulation des élites (ou des gourous et lobbyistes) entre la Silicon Valley et Washington – , ce qui relève des Gafam semble spontanément hostile à toute forme de conservatisme ou de populisme.

Culturelles : c’est notre dépendance « cérébrale » quotidienne aux réseaux sociaux pour travailler, établir des liens humains, faire des transactions ou occuper nos yeux plusieurs heures par jour. Que nous voulions nous adresser à nos pairs (réseaux sociaux, messageries) « horizontalement » ou traiter verticalement une information rare et utile (navigateurs, centres de données), nous allons spontanément vers les mêmes vecteurs.

Citoyennes : en sens inverse, surtout après les incroyables révélations d’E. Snowden sur la surveillance numérique planétaire, certains sont tentés d’échapper aux « Little Sisters » (les « petites soeurs » de la Silicon Valley qui remplacent Big Brother). Un exemple : des millions d’internautes (dont l’auteur) migrent de l’application de discussion en ligne WhatsApp (qui va partager de nombreuses données personnelles avec la maison mère Facebook) vers des applications équivalents mais sécurisées, comme Télégram ou Signal.

Que les Gafam jouissent d’un pouvoir immense et inédit, nul n’en doute, mais c’est sa nature même qui déroute. Tout pouvoir a un double aspect. Négativement, il permet de résister à une autorité, une contrainte ou une limitation, bref il permet d’être moins soumis à un pouvoir supérieur. Au sens positif, il est une capacité de faire ou de faire faire aux hommes, a fortiori quand il s’agit de faire des choses jusque-là impossibles ou inédites.

Les opinions et comportements admissibles sont censurés par les « Conditions Générales d’Utilisation ».

Ce qui devrait limiter le pouvoir des grands du Net est d’abord la souveraineté (du moins en Occident, la Chine pratiquant une coopération parti/capital/technologie très spécifique). Or l’échelle, le caractère transfrontalier de l’empire Gafam ou la nature (numérique) de la ressource qui fonde sa puissance limitent les tentatives de régulation. Les Gafam peuvent payer leurs impôts où ils veulent, émettre une monnaie, faire passer des pans entiers des opinions et comportements admissibles sous l’autorité des conditions générales d’utilisation. Même s’il y a des manipulations qu’ils n’approuvent certes pas mais qui prospèrent grâce aux hackers, aux trolls et autres désinformateurs, et qui sapent la croyance en une vérité commune, fondement de tout débat politique.

Les Gafam ne sont en principe que des acteurs économiques ; pourtant ils ne souffrent guère de la concurrence chère à l’économie libérale. Une des raisons est que, à un certain degré de gigantisme, non seulement on peut s’offrir les meilleures techniques, les meilleurs lobbyistes, les meilleures conditions…, mais on peut aussi racheter à quelques milliards de dollars les jeunes sociétés qui pourraient vous concurrencer demain. Ou s’entendre. Un exemple du jour : Facebook se serait engagé à dépenser 500 millions de dollars par an pour des enchères publicitaires avec Google, révèle le New York Times, accord dit « Jedi Blue ». A une certaine échelle, si l’on vend de l’immatériel (des données), il est plus facile de se jouer des frontières, notamment fiscales.

Des intérêts convergents ?

Il n’est pas possible de raisonner en termes classiques de résistance de l’opinion.

Paradoxalement, les Gafam bénéficient d’une rente de situation ou d’une force d’inertie : quand un citoyen est sur un réseau de plus de 2 milliards de membres (où sont ses amis) ou utilise un service qui a besoin de milliards de données pour être efficace, il lui faut une motivation forte pour aller ailleurs. Et la loi dit de Metcalfe pose que l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs. Même chose pour le matériel informatique : une fois choisi un environnement…

Même si le pouvoir des Gafam suscite des critiques féroces et si leur démantèlement figure dans des programmes politiques.., il n’est pas possible de raisonner en termes classiques de résistance de l’opinion. Celle-ci se traduit traditionnellement par le refus de croire en une légitimité et de se plier à une autorité. Or les Gafam ne nous demandent pas d’acquiescer à des affirmations ni d’obéir à des ordres (souvent, ni même de payer…). Leur influence repose sur un rapport nouveau avec notre intimité. Ils décident de ce qui atteindra notre cerveau – notamment par un algorithme qui « sait » ce qui correspond à notre personnalité ou via une communauté numérique choisie qui nous confirme souvent nos préjugés et où nous sommes entrés par les appareils et applications fournis par les Gafam. Toutes les demandes que nous adressons aux algorithmes les renseignent sur nos attentes et nos désirs, et la présomption de ce qui peut le mieux nous satisfaire. Nous nous piégeons en quelque sorte nous-mêmes en nous enfonçant dans ce qui devient un environnement, certes initialement consenti et pouvant être abandonné à chaque seconde, mais qui nous formate.

Ces systèmes contrôlent et calculent d’incroyables flux de valeur et d’information, mais aussi des contenus et des codes qui hiérarchisent, choisissent ou éliminent ; ils nous disent autant à quoi penser que comment penser (y compris par groupes d’affinité et comme nos pairs).

Bien entendu, les « anciens » pouvoirs ne sont pas inertes. Ainsi des états américains entent de recourir à la vieille législation antitrust. Ou le projet de deux directives de la Commission européenne, l’une pour rétablir les lois de la concurrence, l’autre sur les contenus (Digital Market Act et Digital Services Act), mais qui risquent de ne passer qu’en 2022…A moins que finalement, la plus grande menace contre le pouvoir des Gafam ne soit l’expansion d’un autre pouvoir numérique, lié sans complexe à une souveraineté politique, celui des BATX chinois, (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, auxquels il faudra bientôt rajouter Huawei). Un pouvoir symétrique qui réussirait là où ont échoué les autorités hiérarchiques ?

Paru dans Le Spectacle du Monde – Trimestriel N°4 – Printemps 2021.

Actualités & News·Economie·Nos synthèses par domaines.

Commerce : Les réseaux d’enseigne dégagent près de 60 % du C.A. dans le commerce des biens d’équipement.

INSEE Première N°1843

Dans le commerce de détail en biens d’équipement de la maison, en biens technologiques de l’information et de la communication (TIC) et en articles de  loisirs, 22 000 magasins appartiennent à l’un des 333 réseaux d’enseigne, soit un  quart des magasins. Ils représentent plus de la moitié de l’emploi et du chiffre  d’affaires du secteur.  

En 2018, 38 % des magasins en réseau sont des succursales, 21 % des franchisés  et 18 % des commerces coopératifs. Les franchises sont davantage prisées par les  réseaux les plus jeunes ou en phase de développement.  

Le chiffre d’affaires par personne est plus élevé dans le commerce intégré que  dans les autres formes de commerce organisé. En revanche, les commerces  indépendants dégagent une valeur ajoutée plus élevée (24 % contre 22 % pour les  réseaux d’enseigne). Enfin, le taux de marge commerciale est similaire pour les  magasins en réseau d’enseigne et les indépendants (38 %).  

Les magasins du commerce de détail sont  souvent organisés en réseau d’enseigne.  Ils bénéficient ainsi d’une identité forte  vis-à-vis des consommateurs et peuvent  mutualiser certains frais  encadré. En  2018, 22 000 établissements appartiennent  à l’un des 333 réseaux d’enseigne dans les  secteurs de l’équipement de la maison, des  biens en technologie de l’information et  de la communication (TIC) et des biens de  loisirs  sources.

Les enseignes sont les plus nombreuses  dans l’équipement et la décoration de  la maison, avec des réseaux plus petits  que la moyenne. Si plusieurs grandes  enseignes ont plus de 250 magasins  (Darty, PRO&Cie, But, Gifi, Centrakor, etc.),  beaucoup ont moins de 20 magasins.  Dans le bricolage et le secteur des livres,  papeterie, jeux, les enseignes sont  moins nombreuses et comptent plus de  magasins (Lapeyre, Point P., Bricomarché  et Weldom pour le premier secteur,  Maison de la presse, MagPresse, JouéClub  pour le second). Elles sont aussi un peu  plus anciennes. Dans la vente d’articles  de sport, les enseignes sont plus récentes  et de ce fait un peu moins développées  (Intersport et Décathlon figurent parmi  les plus importantes). Les enseignes du  secteur des TIC sont moins nombreuses  et plus récentes, tout en ayant plus de  magasins en moyenne (Micromania,  Orange, Bouygues Télécom, etc.). Enfin,  les réseaux d’enseigne dans la vente au  détail de fleurs, plantes et animaux sont  plus petits qu’ailleurs (Gamm Vert, Gamm,Vert Village, Maxi Zoo ou encore Jardiland  faisant exception)


Les réseaux d’enseigne représentent plus de la moitié de l’emploi et du chiffre d’affaires du secteur.
Un quart des magasins de l’équipement de la maison, des TIC et des loisirs appartiennent à un réseau d’enseigne :
10 % sous forme de succursales et 16 % sont des commerces indépendants
qui ont contractualisé avec une tête de réseau(x) pour exploiter l’enseigne.

Alors qu’ils ne représentent que 26 %  des magasins, les réseaux d’enseigne  disposent d’une surface de vente bien plus importante (63 % de la surface de  l’ensemble du secteur). Ils ont aussi un  poids économique élevé : ils emploient 53 % des salariés et non-salariés du secteur et dégagent 59 % du chiffre  d’affaires.  

72 % des magasins sont indépendants.

Dans le bricolage, les magasins en réseau représentent 36 % des magasins et 71 % du chiffre d’affaires. Dans l’équipement et la décoration de la maison, les magasins intégrés (11 % des magasins de ce secteur) dégagent à eux seuls 41 % du chiffre d’affaires. Dans le commerce de détail de fleurs, plantes et animaux, les magasins en réseau contractuel ont un poids économique élevé : 13 % des magasins représentent 38 % du chiffre d’affaires du secteur. Enfin, dans les secteurs de l’équipement TIC et des livres, papeterie, jeux, les trois quarts des magasins sont indépendants et génèrent la moitié du chiffre d’affaires, soit une contribution plus importante qu’ailleurs. La franchise privilégiée pour les réseaux les plus récents et de taille intermédiaire.

Les réseaux d’enseigne privilégient le modèle intégré : 35 % d’entre eux sont principalement organisés sous cette forme. Viennent ensuite le modèle coopératif ou associatif et la franchise, avec respectivement 22 % et 21 % des réseaux. En contrôlant des effets de structure (secteur d’activité, âge et taille du réseau, appartenance à un groupe), les magasins sous contrat (franchise, concession, commission-affiliation, etc.)
sont plus nombreux au fur et à mesure que le réseau d’enseigne se développe (effet d’âge) et ces formes d’organisation contractuelles sont davantage prisées par les plus jeunes enseignes que par les plus anciennes au même stade de développement (effet de génération).

Dans les réseaux les plus récents (moins de 6 ans en moyenne), la franchise est le lien majoritaire pour 35 % d’entre eux. Pour les réseaux âgés de 6 à 15 ans en moyenne, le modèle intégré prédomine (40 à 45 %). Enfin, pour les plus anciens (au moins 15 ans), la coopérative est majoritaire (49 % des réseaux), principalement dans le bricolage, les meubles et le sport.

Le modèle intégré domine à la fois pour les plus petits réseaux (moins de 10 magasins) et les plus grands (au moins 75 magasins). La franchise et la concession sont des contrats plus répandus au-delà de 10 magasins, même si leur part décroît au-delà de 75 magasins : un réseau d’enseigne se créerait d’abord via des succursales avant de contractualiser progressivement avec des commerçants indépendants.
Contractualiser permet au réseau de se développer à moindre coût en économisant sur les fonds de commerce. Enfin, le modèle associatif ou coopératif est présent dans les mêmes proportions, quelle que soit la taille du réseau.
Les réseaux contractuels plus fréquents dans le bricolage et les loisirs
Le commerce de détail de fleurs, plantes et animaux est atypique : 83 % sont des commerces indépendants, 13 % des magasins en réseau contractuel et moins de 5 % des commerces intégrés


Commerce intégré – Commerce indépendant organisé.



A l’inverse, le secteur du bricolage est plus fréquemment organisé en réseau d’enseigne : 36 % des magasins, avec 16 % de succursales et 20 % de magasins sous contrat. L’équipement en TIC est un peu moins en réseau, mais la part du modèle succursaliste (17 %) y est plus importante qu’ailleurs. Quant aux loisirs (secteurs des livres, papeterie, jeux et du sport), la part de magasins intégrés y est faible (moins de 10 %) et les magasins sous contrat y sont relativement plus nombreux (respectivement 18 et 21 %).
Modèle succursaliste pour les TIC, franchisé chez les fleuristes et coopératif dans le sport

En 2018, 38 % des magasins en réseau optent pour le modèle intégré, 21 % pour la franchise et 18 % pour le commerce coopératif figure 4.

Toutefois, l’organisation diffère sensiblement selon le secteur.
Les succursales représentent ainsi 45 % des magasins sous enseigne dans le bricolage, mais 73 % des magasins spécialisés dans la vente de produits TIC. Le contrat de franchise est la forme la plus prisée dans le commerce de détail de fleurs, plantes et animaux (59 % des magasins sont en réseau). Le modèle coopératif est surreprésenté dans le bricolage, mais surtout dans le sport où il prédomine (58 %).
Forme de contrat plus minoritaire (12 %des magasins en réseau), la concession est davantage répandue dans la vente de livres, papeterie, jeux (29 %) ainsi que dans l’équipement et la décoration de la maison (18 %). C’est particulièrement le cas pour les enseignes de meubles de cuisine, qui vendent mais produisent aussi des biens.


Un chiffre d’affaires moyen par personne plus élevé dans les réseaux intégrés
Les réseaux d’enseigne emploient en moyenne 1,3 personne (salariées et non salariées) en équivalent temps plein pour 100 m² de surface commerciale

Les formes d’organisation.

La densité est plus élevée dans le commerce indépendant (1,5 personne en moyenne aux 100 m²) et dans le commerce intégré (1,4) que dans les magasins organisés en réseau contractuel (1,0). En effet, si les magasins en réseau ont davantage d’employés que les magasins indépendants, leur surface commerciale est nettement plus élevée, ce qui diminue la densité moyenne du personnel. Les magasins en réseau
intégré dégagent en moyenne 4,2 fois plus de chiffre d’affaires que les magasins indépendants. Même s’ils emploient davantage, le chiffre d’affaires par personne y est plus élevé (267 000 euros), suivi par celui des magasins en réseau contractuel (222 000 euros) ; a contrario, il est plus faible pour les commerçants indépendants (204 000 euros). Contrôlé des effets de structure, le chiffre d’affaires moyen net par personne est significativement plus élevé pour les magasins en réseau d’enseigne que pour les magasins indépendants, et plus particu- lièrement dans les magasins en réseau intégré.

Une valeur ajoutée plus élevée pour les indépendants

Dans le secteur des biens d’équipement, le taux de valeur ajoutée est de 23 % du chiffre d’affaires et le taux de marge commerciale de 38 % du total des ventes, soit des ratios nettement plus élevés que pour l’ensemble du commerce de détail
figure 5.

Le taux de valeur ajoutée est plus fort dans le commerce indépendant que dans le commerce organisé en réseau d’enseigne (24 % contre 22 %). De la même manière, au sein des réseaux, les organisations majoritairement contractuelles génèrent le plus de valeur ajoutée (22 % contre 20 % pour les réseaux majoritairement intégrés). En effet, les commerçants indépendants ont davantage de marge de manœuvre pour réduire leurs coûts d’exploitation et dégager ainsi une valeur ajoutée plus importante. Cela peut expliquer que les grands réseaux intégrés s’ouvrent de plus en plus à des formes contractuelles, comme alternative à l’exploitation de magasins en propre.
En revanche, les taux de marge commerciale décrivent une hiérarchie différente entre les trois formes d’organisation : il est sensiblement plus élevé pour le commerce majoritairement intégré (39,1 %, contre 37,9 % pour le commerce indépendant et 37,7 % pour le commerce en réseau contractuel). Ce résultat peut paraître contre-intuitif, car les réseaux intégrés pourraient miser davantage que les autres sur un effet
volume plutôt que sur un effet prix. D’autres facteurs peuvent intervenir comme des disparités sectorielles ou des stratégies d’implantation permettant des politiques de prix plus élevés pour ces réseaux.
Nadine Laïb (Insee)

Les KPI par type de surface

Définitions
Un réseau d’enseigne désigne un ensemble d’au moins cinq points de vente physiques arborant la même enseigne.
Il peut être constitué de points de vente détenus en propre par la structure tête de réseau (commerce intégré), de points de vente indépendants regroupés dans le cadre d’un groupement d’achat ou d’approvisionnement (commerce associé) ou de points de vente indépendants liés à la tête de réseau par un contrat de type franchise, concession, commission-affiliation, etc.
L’enseigne correspond à l’enseigne principale d’un établissement. L’enseigne est ce qui identifie généralement aux yeux du consommateur le point de vente et son réseau. Elle est définie par : un nom d’enseigne, un assortiment de produits et services, un agencement spécifique de
magasin, etc.
La tête de réseau est l’entité juridique (unité légale) qui prend en charge de manière centralisée certaines actions de gestion pour un réseau de points de vente (achats et référencement, actions publicitaires et marketing nationales, etc.). Selon le type de réseau, la tête de réseau peut être une société mère gérant des succursales, un franchiseur, une centrale d’achats/référencement. Elle peut animer plusieurs réseaux pour répondre à différents positionnements marketing : enseignes discount, de proximité, premium, etc.
Un groupe d’enseignes regroupe l’intégralité des enseignes appartenant à une même entité juridique tête de réseau.
La nationalité d’un groupe est définie par la nationalité de la tête de groupe.
Le taux de marge commerciale est l’écart entre le total des ventes des marchandises et leur coût d’achat, rapporté au total des ventes.


Sources
L’enquête sur les réseaux d’enseigne dans le commerce de détail de l’équipement de la maison, des biens TIC et des biens de loisirs a été réalisée en 2018.

Elle a recensé, auprès de 225 têtes de réseau(x) en France, des informations relatives à l’ensemble des points de vente de ces réseaux : identifiant Siret, adresse, type de point de vente (magasin ou corner) et type de lien. L’enquête est exhaustive pour les réseaux non entièrement intégrés.
Les données sur les réseaux d’enseigne totalement intégrés proviennent du système d’information sur les liaisons financières .

Ces données sont enrichies par l’utilisation des sources administratives de 2018 : répertoire statistique Sirus des unités légales et des établissements, statistiques annuelles d’entreprises (issues du dispositif Ésane combinant les données fiscales et les enquêtes sectorielles
annuelles), données administratives de la Contribution foncière des entreprises (CFE) et de la Taxe sur les surfaces commerciales (


Pour en savoir plus :
• Laïb N., « Les réseaux d’enseigne dans le commerce de détail alimentaire, 85 % du chiffre d’affaires du secteur, concentré sur quelques grands acteurs »,
Insee Première n° 1723, décembre 2018.


• Franceschi P., « Les réseaux dans les services », Insee Première n° 1678,
décembre 2017.