Environnement - Climat·Nos synthèses par domaines.·Prospective·Société

Climat : le portrait de Jérôme.

Menaces sur le climat : l’avis de l’expert.

Son expertise et son implication commencent à se répandre dans la Métropole de Dijon : l’approche partenariale engagée par BCN, fondée sur la RSE, l’insertion, l’implication citoyenne convergent avec celle de Jérôme en matière de risques climatiques. Comme toujours, derrière ce projet de conférences de sensibilisation se trouve une histoire d’homme :

Bonjour,  Jérôme ; en quelques mots, qui es – tu et comment es – tu arrivé à BCN ?

Ayant vécu des turbulences professionnelles, j’ai trouvé à BCN un lieu propice aux échanges bienveillants, un lieu où l’expérience des uns peut être utile aux autres et où le collectif permet de se hisser au dessus des difficultés du moment et de continuer à nourrir un projet.

Habité par une impérieuse quête de sens, j’ai mis ma culture scientifique et l’éclectisme de mes centres d’intérêt au service d’un projet de compréhension de notre époque et singulièrement de ces enjeux écologiques.

Comment t’es – tu transformé en « conférencier » ? Comment vis – tu cette activité nouvelle ?

Il s’agissait pour moi de me donner un cadre cohérent de compréhension des enjeux de notre époque, notamment de savoir que penser des nouvelles alarmantes qui s’accumulent. BCN a été à ce stade le premier endroit bienveillant où j’ai pu exprimer le fruit de mes réflexions et partager cette analyse. Cette première étape m’était nécessaire pour raffermir ma confiance et me donner l’audace de présenter le fruit de mon travail à un public plus large.

Pour ce faire, le cadre associatif de BCN m’a été précieux pour étayer ma légitimité à proposer une présentation publique. Ce cadre associatif, outre son apport institutionnel, est aussi tissé de relances amicales, de supports organisationnels, d’engagements réciproques.

Une des difficultés de cette activité de conférencier réside dans le fait de proposer une analyse radicale (qui va à la racine), analyse qui me conduit à tenir des propos qui remettent en cause nos représentations usuelles. Je m’efforce de compenser cette déstabilisation potentielle de l’auditoire, en tenant des propos ouverts, en proposant une grille d’analyse élargie. Je sais que celui qui montre ce que l’on ne veut pas voir, n’est pas toujours bien accueilli, car il met en cause le déni qui est aussi un besoin naturel.

Où en es – tu aujourd’hui,  à mi-chemin de l’expérience ?

L’avenir proche se construit pas à pas, au gré des mesures sanitaires, avec l’ambition collective de valoriser cette démarche, et au plan personnel, un talent à cultiver pour demain oser se présenter à des publics plus larges que les premiers cercles amicaux et militants.

Est-ce-que tu peux résumer la trame (sans les conclusions)… de tes présentations ?

Il s’agit de résumer les connaissances actuelles dans les domaines de l’énergie, du climat et de la biodiversité, pour faire un constat lucide et grave de l’état de la planète et surtout des mécanismes en jeu ; pour ensuite replacer ces enjeux dans la trame de nos contingences économiques, sociales, éthiques. Devant une situation à ce point inextricable, le point positif de ma présentation est de permettre à chacun de se situer, pour comprendre la situation et pour potentiellement agir.

Au fil du temps, tes convictions ont-elles changé ?

J’ai tout d’abord mesuré l’écueil que représente le catastrophisme, le fait de sonner l’alarme une fois de plus ; et pour dépasser cet écueil je me suis tourné vers les outils de pensée que propose la philosophie. Ensuite ; loin de tout solutionnisme, j’ai la conviction que l’issue est à rechercher dans le champ culturel, dans la réforme de nos représentations et la conversion de nos valeurs. De ce fait, je regarde avec beaucoup d’attention toutes les initiatives qui impliquent de nouvelles pratiques sociales, de nouvelles façons de penser. Je voudrais moi-même pouvoir m’y impliquer plus avant ! Il est plus que temps d’expérimenter de nouvelles façons de faire, tous azimuts.

Un cycle qui reprend en 2021.

2020, et bientôt 2021 sont (seront)-elles des années repères pour la planète ?

2020 et sa pandémie sonne comme un avertissement et une illustration : l’écrasement des écosystèmes nous réserve quelques mauvaises surprises et l’ampleur de la récession économique qui en découle est comparable avec celle que nous devrions volontairement engager chaque année jusqu’en 2050 si nous prenions nos propres engagements (COP21) au sérieux. C’est peu dire le caractère vertigineux de la situation. Toute la question est de savoir quelle part nous allons maîtriser et quelle part nous allons subir de la descente énergétique et matérielle qui nous est promise.

Différentes perceptions… qui nous poussent à agir.

2020 nous dit ce que nous ne voulions pas entendre : il est plus que temps d’ouvrir les yeux et de trouver le mode d’emploi d’une vie soutenable.

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21 zones d’emploi en Bourgogne Franche-Comté en 2020. Économie spécialisée, diversifiée ou résidentielle. A voir.

Le millésime 2020 des zones d’emploi permet, sur l’ensemble de la France, d’actualiser l’analyse du tissu  économique des territoires. Pour la Bourgogne-Franche-Comté, cette refonte en 21 zones permet de tenir  compte des mutations vécues au cours des années récentes. Trois d’entre elles sont centrées autour des  grandes agglomérations de la région qui sont parmi les plus pourvoyeuses d’emplois de la région, Dijon, Besançon et Belfort. L’activité économique de certaines zones se caractérise par une orientation spécifique, industrielle pour  Montbéliard et le Creusot-Montceau. Cette empreinte se retrouve également dans des zones plus résidentielles à  Saint-Claude, Dole, Pontarlier et Sens. Pour d’autres, l’agriculture joue un rôle important comme à Beaune, Cosne Cours-sur-Loire et Avallon. Enfin, neuf autres zones d’emploi de la région se caractérisent par une économie plus  diversifiée. À l’image de l’ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté, ces zones restent plus industrielles et agricoles que les zones de même catégorie sur le reste de la France. 

Hugo Andrieu, Benoit Leseur (Insee)

Une révision des zones d’emploi a été menée en 2020 par l’Insee et la Direction statistique du Ministère en charge du travail et de l’emploi (Dares). Ce découpage vise à constituer des territoires dans lesquels la plupart des actifs résident et travaillent, et où les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts. Ces nouveaux zonages permettent d’actualiser l’analyse du fonctionnement du marché du travail, notamment les caractéristiques du tissu économique (activités présentes, taille des établissements,…) et de la population active. Cette actualisation du dernier zonage, qui date de 2010, a été entreprise dans un souci d’harmonisation européenne (La nouvelle méthode de constitution des zones d’emploi). Cette partition du territoire est construite pour que la part des résidents d’un territoire qui y travaillent (ceux appelés « stables ») soit la plus élevée possible. Le millésime 2020 des zones d’emploi segmente la région Bourgogne-Franche Comté en 21 zones. Trois de ces zones débordent sur les régions limitrophes : Cosne-Cours-sur-Loire ainsi que Nevers s’étendent sur la région Centre-Val-de  Loire, et Mâcon sur Auvergne-Rhône Alpes (figure 1)

1 Neuf zones d’emploi de Bourgogne-Franche-Comté ont une économie diversifiée

La zone la plus peuplée, Dijon, compte 394 800 habitants et 169 800 emplois. A l’opposé, la moins peuplée, Autun, comporte 42 100 habitants et 14 100 emplois. La diversité du tissu économique de Bourgogne-Franche-Comté s’illustre par une pluralité de profils parmi ses zones d’emploi. 

Un tiers de l’emploi régional dans trois zones d’emploi 

Dijon, Besançon et Belfort sont trois zones abritant de grands employeurs au sein de grandes agglomérations. Elles rassemblent 34 % de l’emploi régional et comptent de nombreux grands établissements, notamment dans la sphère publique : des centres hospitaliers ou des sièges de collectivités territoriales comme des mairies, des intercommunalités, des conseils départementaux ou le conseil régional (figure 2 et 4). 

Vue d’ensemble

Les emplois de cadres des fonctions métropolitaines y sont particulièrement bien implantés : entre 7 % et 9 % de l’emploi, contre 5 % pour les autres zones d’emploi de la région. Cette surreprésentation s’explique notamment par la présence de sièges sociaux, de grandes entreprises liées à des centres de recherche comme le Commissariat à l’énergie atomique de Valduc dans la zone de Dijon, aux technopoles de Besançon ou de Belfort et aux pôles de compétitivité comme Vitagora à Dijon ou le Pôle des microtechniques de Besançon. Ces zones, où se trouvent de nombreux emplois, permettent à de nombreux actifs de travailler sur place. En conséquence, le taux de stables (définition) est important, autour de 90 % dans les zones d’emploi de Dijon, et Besançon et de 70 % dans celle de Belfort (figure 3)

Montbéliard et le Creusot-Montceau :  des zones industrielles qui perdent de  l’emploi 

Les zones d’emploi de Montbéliard et du Creusot-Montceau sont spécialisées dans l’industrie. Ce secteur, historiquement très implanté, représente toujours une part importante de l’emploi, de respectivement 30 % et 23 %. Toutefois, ces effectifs se sont fortement contractés en 40 ans. Dans le même temps, l’emploi total a nettement baissé entre 2007 et 2017, davantage à Montbéliard qu’au Creusot Montceau. 

Les groupes étrangers, souvent présents dans les zones industrielles de la région, y jouent encore un rôle important, principalement dans la zone du Creusot-Montceau. Dans ce territoire, une part notable de l’emploi dépend de groupes étrangers (18 % en 2015 contre 12 % en Bour gogne-Franche-Comté). Ce phénomène est particulièrement ancré dans l’industrie. Au Creusot-Montceau, 29 % de l’emploi industriel est détenu par des groupes étrangers, avec comme figure de proue l’établissement luxembourgeois Industeel, situé dans la ville du Creusot. À l’inverse, à Montbéliard, la présence d’un groupe français comme Peugeot, fleuron de l’industrie automobile, explique la faible présence d’emplois dépendants de groupes étrangers. Cette part y est plus faible (9,6 %), bien inférieure à celle de la région. 

Que les groupes soient français ou étrangers, ils sont soumis à la concurrence internationale. En conséquence, en cas de difficultés économiques, et indépendamment de la nationalité du groupe, l’emploi dans ces territoires est fortement dépendant de la conjoncture économique et des logiques concurrentielles. 

Quelques zones résidentielles à dominante industrielle 

Les zones d’emploi de Sens, Pontarlier, Saint-Claude et Dole sont des espaces où les actifs qui y résident ont plus souvent tendance à ne pas y travailler. Le taux de stables y est ainsi plus faible qu’ailleurs, entre 56 % et 73 %. Ces actifs travaillent souvent dans les territoires voisins : dans le bassin parisien pour ceux habitant à Sens, en Suisse pour ceux résidant à Pon tarlier, à Oyonnax et en Suisse pour ceux demeurant à Saint-Claude, et à Dijon et Besançon pour ceux vivant à Dole. 

Par ailleurs, ces zones d’emploi disposent d’un tissu industriel développé allant de 18 % à 31 % de l’emploi. À Saint Claude, la fabrication d’autres produits industriels (production manufacturière, fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, métallurgie) y représente 86 % de l’emploi industriel. Les groupes étrangers contribuent également à cette forte présence. À Dole, le groupe Solvay, de nationalité belge, dispose des plus grands établissements industriels de la zone. Le fait d’être lié avec l’extérieur peut être un atout pour ces zones. À Pontarlier, les habitants jouissent d’un niveau de vie annuel médian par unité de consommation (définition) de 26 330 €, soit 26 % supé rieur à celui des habitants de la région. De nombreux habitants travaillent en Suisse où les rémunérations sont bien plus favorables qu’en France. 

Des zones agricoles aux  productions diversifiées 

Beaune, Cosne-Cours-sur-Loire et Avallon sont trois zones d’emploi où l’agriculture tient une place importante dans l’économie locale, représentant de 10 % à 13 % de l’emploi total, contre 4 % pour l’ensemble de la région. 

Ces zones ont des savoirs-faire divers. Pour Beaune, la production agricole est très spécialisée. La production agricole se déploie autour d’une viticulture renommée,   fortement valorisée et dynamique à l’exportation. C’est également une des zones les plus touristiques de la région, au carrefour d’axes de communication majeurs. Ce territoire se démarque aussi en étant la seule zone d’emploi de Bourgogne-Franche-Comté où l’emploi progresse nettement entre 2007 et 2017. Pour Cosne-Cours-sur-Loire et Avallon, la production agricole est plus diversifiée. Ces zones pratiquent la culture céréalière et l’élevage, avec une spécialité près d’Avallon, la production de sapins du Morvan. 

Si les productions agricoles font appel à des permanents résidant souvent à proximité, les saisonniers peuvent provenir de plus loin. La part de stables dans ces zones d’emploi est alors relativement moyenne, oscillant entre 72 et 79 %, contre 81 % au niveau régional. 

Neuf zones diversifiées qui disposent d’un socle d’emploi public notable 

Ces zones d’emploi sont considérées comme diversifiées car aucun secteur d’activité ne se démarque des autres. Cette diversité économique pourrait amortir les chocs conjoncturels qui se concentrent souvent sur quelques secteurs très concurrentiels. Cinq d’entre elles comportent la préfecture départementale. L’emploi public représente de 23 % de l’emploi dans le Charolais à 31 % à Nevers, contre 26 % sur l’ensemble de la région. Pour autant, hormis Mâcon dont l’emploi est stable, toutes ces zones subissent des pertes d’emploi. À l’image de la région, ces zones diversifiées sont malgré tout davantage orientées vers l’industrie et l’agriculture que leurs homologues dans le reste de la France. ■

La nouvelle méthode de constitution des zones d’emploi 

Les zones d’emploi forment un découpage de l’ensemble du territoire français depuis 1984. Construite à partir des déplacements domicile-travail, une zone  d’emploi est un ensemble de communes sur lequel la plupart des actifs résident et travaillent. Ce zonage d’étude est régulièrement mis à jour pour tenir compte de  l’évolution de l’économie locale et de la population. En 2020, l’Insee et la Direction statistique du Ministère en charge du travail et de l’emploi (Dares) ont révisé ce zonage  en s’appuyant sur une méthodologie développée par Eurostat, permettant de comparer plus facilement les pays européens. Un autre objectif de cette refonte est  d’homogénéiser la méthode sur le territoire. Contrairement aux zones d’emploi de 2010, construites région par région, les zones d’emploi de 2020 sont issues de  paramètres nationaux. Seules quelques régions font exception : les DOM et la Corse en raison de leur particularité géographique, qui suppose des déplacements  domicile-travail limités, et l’Île-de-France qui a fait l’objet d’un traitement différent pour tenir compte de la très forte polarisation des flux vers Paris.  

La méthode repose sur un procédé itératif basé sur l’analyse des déplacements domicile-travail entre les différentes zones. Un ensemble de communes  agrégées constitue une zone d’emploi dès lors qu’elle satisfait à des critères de taille (nombre d’emplois) et de stabilité (part élevée d’actifs travaillant et résidant dans  la zone). 

Un des principaux résultats de cette nouvelle méthode de constitution est un rééquilibrage des zones en nombre d’actifs. C’est particulièrement vrai autour des grandes  métropoles, qui avaient tendance à agréger de nombreuses communes en 2010. La nouvelle méthode permet de limiter la taille des zones d’emploi et de laisser se  construire d’autres zones autour des grands pôles. Dans la région, la zone d’emploi de Dijon passe ainsi de 207 000 actifs dans sa version de 2010 à 188 950 dans sa  version de 2020. Quelques zones fusionnent : Besançon et Gray, Pontarlier et Morteau, Lons-le-Saunier et Louhans, Châtillon et Montbard, Avallon et Le Morvan. Deux  nouvelles zones d’emploi apparaissent suite à une scission (Belfort et Montbéliard)

Sources et méthode 

Cette étude s’appuie sur les exploitations principale et complémentaire des recensements de la population 2007 et 2017, le Fichier localisé des rémunérations et de l’emploi salarié (Flores) 2017, Clap 2015, et des données relatives au nombre de nuitées dans les hôtels et campings qui sont issues des enquêtes sur la fréquentation touristique. 

Afin de dégager les spécificités économiques des territoires, une typologie des 306 zones d’emploi de France a été réalisée. Elle s’appuie sur des indicateurs de spécialisation économique mesurée par le rapport entre la part de l’emploi dans un secteur et cette même part mesurée sur la France entière. Les variables retenues sont l’emploi des sphères productives et présentielles (Définitions), de l’industrie, de l’administration publique, l’emploi dans les grandes ou petites entreprises et des indicateurs d’activité touristique. Une classification ascendante hiérarchique a permis de regrouper les zones d’emploi selon des caractéristiques communes. 

Les données structurelles utilisées portent sur une période antérieure à la crise sanitaire du Covid-19. Elles ne prennent donc pas en compte ses conséquences économiques. 

Définitions 

Le taux de stables ou la part de stables rapporte le nombre d’actifs habitant et travaillant dans une zone, au nombre total d’actifs occupés de la zone. 

L’économie présentielle recouvre les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, résidents ou touristes. 

L’économie productive recouvre les activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère. Pour la réalisation de la typologie, les secteurs de l’agriculture et de l’administration, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale sont exclus de ces deux sphères. 

Le niveau de vie est égal au revenu disponible (revenu tenant compte de la redistribution socio-fiscale) du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus du ménage et le niveau de vie médian est le niveau de vie au-dessus duquel se situe la moitié de la population, l’autre moitié se situant en dessous. 

Les cadres des fonctions métropolitaines regroupent les cadres et professions intellectuelles supérieures et les chefs d’entreprises de 10 salariés et plus des cinq fonctions suivantes : Conception-recherche, Prestations intellectuelles, Commerce inter-entreprises, Gestion et Culture-loisirs. 

Pour en savoir plus

● Levy D., Dubois M., Lefebvre M., « L’orientation économique des zones d’emploi : entre spécialisation et diversité des économies locales », Insee Première n° 1814, Septembre 2020.

Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°23, octobre 2017.  Bilan économique 2019 – Bourgogne-Franche-Comté, « L’économie régionale globalement bien orientée en 2019 mais à l’épreuve de la crise sanitaire en 2020 », Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n°22, juin 2020. 

● Charton C., Ville H., « La bande frontalière : un territoire lié à l’économie suisse », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°70, juin 2020. ● Andrieu H., Bordet-Gaudin R., « L’industrie régionale très convoitée par les groupes étrangers », Insee

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Calendrier de l’Avent (3) et maintenant l’Italie !

Au tour d’Angelo de nous faire partager son « voyage dans le temps » … à Claout :

Claout : un voyage dans le temps…

Une petite visite dans ce petit village typique du nord de l’Italie. J’y ai passé  mes vacances  d’été avec ma famille.

Mais…. où se trouve Claout, me direz-vous ? (Avec toute la curiosité et l’à-propos qui vous distingue).

Un relief remarquable.

Nous étions quatre enfants et nous nous déplacions en Peugeot 404. Le départ avait lieu à 4 h 00 du matin, pour un périple de 1000 km, en une traite. Je ne vous dis pas la colonie de vacances qu’il y avait à l’arrière de la voiture.

Et… Que fait-on là-bas ?

Des randonnées remarquables : El Pradut.
Les Maisons du Village.
Une rivière : Al Settimana.

Arrivederci e buon Natale !

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Plénière BCN N° 130 : Opérationnels !

Pour cette dernière « plénière » de 2020, nous n’avons pas parlé de « stratégie » ou de « tactique », en l’absence de la plupart des membres du bureau, excusés. Du coup, la priorité a été accordée aux « préoccupations » du moment : contact, entretiens, simulations, projets. L’occasion de commencer à se projeter sur 2021, ainsi qu’à dessiner une nouvelle gouvernance, où les jeunes présents hier soir seront appelés à infléchir les tendances.

Vue de Corcelles-les-Citeaux.

I. Commençons par le début : Murielle.

mercredi, le Bureau adresse un message d’encouragement à Murielle, à propos de son entretien à la Mairie de Corcelles-les-Citeaux :

Merci pour ce gentil message. Tout s’est bien passé à tel point que je serai en immersion cette fin de semaine. Je croise les doigts…A jeudi soir. Bonne soirée. 
Visiblement, les choses ont avancé vite ; tant mieux ! l’expérience de Murielle est un gage de sécurité, pour la suite. Dans notre esprit, nous n’attendions pas de témoignage de Murielle, hier soir… c’est d’ailleurs comme cela que ça s’est passé ! Voici le message reçu ce jour de Murielle :
Bonjour Antoine,

Je n’ai aucune excuse concernant mon absence hier soir. Mais voilà tout se précipite et j’ai complètement zappé la réunion. J’aurais tant voulu vous faire un retour de cette semaine. Quelle est la date de prochaine réunion ? J espère pouvoir y participer.

Deuxième sujet opérationnel du jour : la démarche méthodologique présentée par Nathalie vendredi dernier, et qui nous a valu des compléments de la part de Xavier.

II. ME FAIRE CONNAITRE  ET EXPLORER

1) Sur le Web évidemment Linkedin à titre personnel et avec BCN de façon collective.

2°) Aller à la rencontre des sociétés d’assistance technique, des agences d’intérim. Identifier  et rencontrer des personnes ressource  pour développer ma connaissance du marché

3°) Participer aux Rencontres, Manifestations, Salons Professionnels et me présenter sur les stands où mon profil peut intéresser la structure représentée.

4°) Participer à des réunions informelles des adhérents BCN consacrées à des échanges entre demandeurs d’emploi sur nos démarches respectives pour nous faire connaître.

III. IDENTIFIER DES OFFRES D’EMPLOI

1) Utiliser le lien vers la météo des métiers (Tableau Excel)  qui  est fourni par BCN pour accéder directement au site à partir de la ligne correspondant à mon code ROME . Il  permettra d’abord de consulter sur la gauche du tableau d’accueil la rubrique « plus d’appellations » où je trouve les mots clef qui correspondent à mon code ROME et qui peuvent m’être utiles dans mes recherches ultérieures.

Sur la droite du tableau la météo me donne l’évolution du marché de l’emploi et le niveau de tension à l’aide de silhouettes.

Avant de cliquer sur le bouton Pôle Emploi, il faut sélectionner la où les zones d’emploi qui m’intéressent., je les trouve en bas de page dans la cartouche prévue à cet effet.

2) Pour chaque bassin d’emploi retenu  je constate que pour les Cadres et AMT les offres de Pôle Emploi sont très limitées par rapport à celles de l’APEC et des Cabinets de RH partenaires .  Pour cette raison les informations sur la météo assises uniquement sur les offres Pôle Emploi sont très fragiles quand les enregistrements des 12 derniers mois sont inférieurs à 500.

Cela demande 15′ mais il est intéressant de parcourir dans ce cas les offres actuelles des 8 départements pour se faire une idée de l’offre. A cet effet cliquer sur le bouton Pôle Emploi en haut à droite du tableau d’accueil

(Dans tous les cas où vous pouvez identifier l’Entreprise qui offre l’emploi, gardez ses coordonnées. Elles vous permettront d’accéder à son code APE/NAF sur Info greffe ou Verif.fr. Ces sites vous permettront plus tard de lister des unités du même secteur d’activité pour aller à leur rencontre si vous le souhaitez.)

3) Si j’ai  retenu 1 ou 2 codes ROME complémentaires c’est le moment de regarder les offres possibles sur le même  bassin d’emploi . Ces codes ROME complémentaires vous pouvez les sélectionner à partir de la METEO DES METIERS 2019 à demander à BCN.

4) Sur les sites retenus, j’active les alertes afin de recevoir des notifications automatiques par mail si possible.

5) Au cas où Pôle Emploi enregistre certaines offres de ses Partenaires avec retard il est prudent  de revoir les différents sites fournisseurs d’annonce listés pour s’assurer de ne rien manquer….même si parfois je retombe toujours sur la même offre.

CONCLUSION : Xavier se propose de faire l’exercice avec Thierry et Sébastien sur le secteur de la logistique pour illustrer sa méthode.

Voici ses coordonnées : 06 88 63 91 18 ainsi que son mail : bernx@wanadoo.fr

IV. Les autres membres du groupe présents hier soir.

Nous étions 17 ! Un grand merci à Nathalie, Françoise, Zélina, Anastasia, Maud, Juliette, Christine, et Sophie. Et du côté des garçons : Jean-Louis, Angelo, Said, Thierry, Sébastien, Julien, Jérôme, Xavier, et à la plume, votre serviteur… A noter que pour une fois, le masculin l’emporte sur le féminin.

Nathalie fait partager son enthousiasme pour le collectif de BCN, l’idée du rapprochement avec les associations voisines, telles que Fête.Org à deux pas de chez nous (Rue du Petit Citeaux), mais aussi FACES en Franche-Comté. Pour elle, la mosaïque du groupe « Découverte » est une fierté et une satisfaction.

Juliette a un entretien à Langres le 21/12 et nous assure qu’elle ira « Zen » ayant eu beaucoup de boulot sur le « free-lance » ces derniers jours : la simulation menée avec Françoise et Hélène a révélé un petit coup de mou… très inhabituel ! heureusement, il est derrière nous, et Langres n’a plus de secrets pour Juliette. On y croit !

Françoise s’exerce au « jeunisme » avec une start-up d’application anti-gaspi. Antoine fait part à Maud de son contact avec Julia, pour un témoignage sur le métier de sellier-maroquinier.

Julien confirme que l’entreprise de bouchons pour laquelle il avait candidaté termine l’année sans se prononcer ; pendant ce temps, il poursuit ses demandes coté solutions numériques, et s’interroge sur de nouvelles solutions à l’étranger, sachant qu’un « retour à la normale » est à projeter plutôt vers la fin du printemps.

Christine, notre cheffe de projet irlandaise, (905 au TOEIC) nous confirme que sa priorité 2021 sera de « changer de job », car son année a été familialement difficile, et nerveusement insupportable.

Lamartine du Nord au Sud : de Montculot à Solutré.

Sophie nous explique que ses échanges avec l’équipe BCN et notamment Françoise, ont fait « pas mal » bouger son projet initial : du coup, le nouveau concept serait un « tiers-lieu » en plein centre-ville de Mâcon. Un choix qu’Anastasia valide pleinement : « Location – location – location », le lieu, le lieu, et encore le lieu. Tous donnent leur avis sur le concept : vin ? gastronomie ? tiers-lieu avec musique ? Pub ?Anastasia indique qu’il est essentiel de créer « un étonnement » dès l’accueil. Sébastien souligne qu’à Dijon, il est parfois plutôt difficile d’initier des amis aux bons vins de Bourgogne. Certes, le Mâconnais n’atteint pas des sommets de réputation que le beaunois par exemple, c’est donc un encouragement à se pencher sur un mix d’activités : le patrimoine est exceptionnel, il peut marier visites, littérature, histoire, gastronomie… et les montgolfières. (Au sens large : relier chaque point par la solution de mobilité qui le met le mieux en valeur). Anastasia indique que les chiffres de fréquentation site par site, et selon le moyen de transport, doivent guider la conception du business-plan. Selon les chiffres disponibles, il est possible de sélectionner certaines cibles, (et d’en écarter d’autres). Quant à Zélina, elle indique que le « familial » est à privilégier par rapport à la qualité des vins « Haut-de-gamme ». Xavier préconise alors de prendre contact avec des Associations de Femmes Vigneronnes.

L’oenotourisme, aussi une affaire de mobilités.

Jérôme intervient ensuite pour présenter ses activités auprès de l’Université de Bourgogne : Le mercredi 25 novembre, Christine et moi même sommes allés à la rencontre de Jean Christophe PICOT secrétaire général du GIP du rectorat.
De nos échanges les points suivants justifient la venue de Mr PICOT à l’une de nos réunions plénières en 2021 pour faire un témoignage et enrichir nos discussions
– son parcours privé et public, avec une aptitude évidente à saisir les opportunités
– la présentation du domaine d’activité du GIP, centré sur l’ingénierie de formation et la formation professionnelle
– les modalités de recrutement qu’il utilise, les profils recherchés
– le style de management des projets et de l’établissement qui fait la part belle à l’implication de chacun et la créativité
Coté calendrier: son témoignage est envisageable sur le 1er semestre 2021. En bonus : nos avons aussi évoqué les possibilités d’accueil du GIP pour des réunions ou événements organisés par BCN, ainsi qu’un partenariat possible pour les simulations d’entretiens à proposer à de jeunes diplômés.

Antoine indique qu’à ce stade, – après le compte-rendu de la plénière -, la « Une » du blog va être consacrée à Jérôme en vue de la prochaine conférence sur les risques climatiques. Pourquoi ? Eh bien, parce que le blog va frôler les 20.000 pages vues cette année. Il commence donc à avoir son « rythme » :

– un article sociétal, – ou économique – quand il s’en présente. (INSEE ou ESS ou dossier de fond).

– un article sur vous, les gens de BCN. (Normal, on fait aussi de la com. interne). C’était l’objet de ce calendrier de l’Avent.

– un article sur les activités de l’Asso : les plénières, l’avancement des ateliers, les partenariats.

Demain, on a plénière, => article de compte-rendu (Numéroté 130).

Les 22 et 23 décembre prochains, nous sommes en partenariat avec la MILO de Beaune : 13 garanties Jeune en 2 Jours. Malgré le Covid, nous aurons donc réalisé au cours de cette première année, près d’une quarantaine d’entretiens.

Et enfin le Plan de Communication de cette fin d’année : le portrait de Jérôme, que nous avons peaufiné. L’idée c’est de le mettre en « UNE » du 31 Décembre jusqu’à sa prochaine Visio.

Un an d’expérience pour BCN : un atout ?

L’occasion de souligner les travaux en cours en vue d’un partenariat avec l’Afpa, « Afpa-Village », où nous serions intervenants, en tant que « professionnels en milieu de carrière », dont l’expérience compte : l’Afpa nous attend sur un thème d’insertion intitulé Promo 2016 – 2018, assez proche de ce que nous faisons déjà avec la Garantie Jeunes de Pôle Emploi. Par ailleurs, l’environnement, la RSE, la citoyenneté sont des thèmes où les quadras doivent s’exprimer ; ajoutons que l’environnement créatif dans lequel vous vous trouvez en ce moment même est une « bonne habitude », vos sillons neuronaux sont stimulés en permanence.

Et pour finir quelques dates validées : le 14 Janvier, à 18 heures sur le Pont N° 421 408 8106. N’oublions pas le MDP 623562 : atelier découverte « Talents – Compétences – Valeurs ».

Le 21 Janvier, à 18 heures sur le Pont N° 421 408 8106 MDP 623562 : atelier découverte « Score » animé par Saïd.

Le 28 Janvier, plénière BCN – Format à déterminer.

Bonnes Fêtes de fin d’année à tous !

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Économie : attention au transport routier de marchandises. (TRM)

Le travail présenté par Nathalie, la méthodologie mise au point par Xavier doivent être pour tout notre groupe l’occasion de naviguer entre les icebergs : une approche sectorielle « futée » doit être notre marque de fabrique collective. Déjà sévèrement impacté par la première vague de la pandémie, le TRM redoute les conséquences du nouveau confinement. Surtout pour les plus petites entreprises du secteur...

Un secteur fragilisé par son morcellement.

C’est une première victoire qui redonne un peu d’espoir aux routiers. Le 5 Novembre dernier, après une réunion téléphonique avec le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, les syndicats de chauffeurs annonçaient l’ouverture de 250 relais routiers sur l’ensemble du territoire. Sur présentation de leu(r carte professionnelle, les conducteurs peuvent désormais accéder à l’un de ces établissements pour y prendre un repas chaud à table, faire une pause, accéder aux sanitaires… Une restriction contrarie cependant les transporteurs : les restaurants ne seront ouverts que de 18 h à 10 h sur arrêté préfectoral. Pas de repas chaud à midi donc !

Des Héros de la continuité économique

« On pense que c’est déjà un bon début parce qu’il n’y avait que 50 relais routiers d’ouverts au premier confinement. Et on aura un interlocuteur en permanence pour ajuster les relais qui auront besoin d’être ouverts », estime néanmoins Thierry Douline, président CFTC Transports. Aires de repos inaccessibles, points de restauration fermés, douches et toilettes condamnées, stations-services closes..; depuis le début de la crise sanitaire, les organisations patronales du secteur et les syndicats professionnels dénoncent les conditions de travail inacceptables des conducteurs routiers. « C’est une première victoire pour les conditions de travail et d’hygiène de ces héros qui assurent la continuité de l’économie du pays », se sont réjouies toutes ces structures dans un communiqué commun. Mais elles restent sceptiques quant à la volonté réelle du gouvernement de soutenir leur profession. En pleine pandémie, dans une France deux fois confinée et confrontée à des ruptures d’approvisionnement le transport routier de marchandises a vaillamment poursuivi son activité. Apportant ainsi son soutien vital aux principaux secteurs d’activité qui animent l’économie du pays.

Des conditions de travail à rétablir.

Oubliés dans le Plan de Relance du Gouvernement !

Pourtant, alors qu’il représente 90 % du fret de marchandises en France, le secteur est le grand oublié du fameux Plan de relance annoncé par le Premier Ministre Jean Castex ( 100 milliards d’€ sur 3 ans). Pas un mot sur le TRM dans le dispositif ! Le ferroviaire, lui rafle la plus belle part du gâteau avec 4,7 milliards d’euros. Tandis que « l’avion vert » bénéficiera d’une aide de 1,9 milliard d’euros. pas un centime n’est directement prévu pour le transports routier. Même si certaines mesures, comme le développement de la filière hydrogène ou l’amélioration des infrastructures routières, devraient tout de même lui être profitables. L’absence de mesures spécifiques pour le TRM dans le Plan de relance est d’autant plus incompréhensible que le fret routier a connu une baisse de 50 % à 60 % de son activité en moyenne pendant le confinement. « certaines entreprises annoncent des pertes allant jusqu’à 20 % encore aujourd’hui ! Les transporteurs qui continuaient de rouler ont vu exploser leurs coûts alors même quec de nombreux clients exerçaient une pression à la baisse sur les prix. ces pressions persistent. Pour beaucoup d’entreprises, les comptes d’exploitation sont dans le rouge ! « , s’alarme la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR).

A l’évidence, un soutien à la profession à la profession s’imposait pour aider les plus petites entreprises du secteur à se relever. Comme le rappelle une étude récente de l’INSEE, le secteur routier de marchandises comprend 83 % de TPE ! Caractéristiques : elles occupent moins de 10 personnes et ont un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan n’excédant pas 2 millions d’euros. On dénombre ensuite 16 % d’autres petites et moyennes entreprise (PME) et 0,4 % d’entreprises de taille intermédiaire et de grandes entreprises. la profession se démarque par un très fort poids de ses PME : ces dernières réalisent 45 % du chiffre d’affaires du secteur, contre 18 % dans l’ensemble du transport.

Des objectifs de report modal : décongestionner les routes ?

Dépôts de bilan en perspective.

Des chiffres qui illustrent bien la nécessité d’aider les plus petites entreprises de TRM, généralement plus fragiles financièrement, à surmonter cette frise sanitaire. Mais il y a aussi un intérêt plus stratégique, pour toute l’économie nationale à soutenir le transport routier. Car même si l’on atteint les objectifs de report modal (pour décongestionner les routes) , le TRM représentera toujours plus de 75 % du fret de marchandises en France. « Il est et restera incontournable. Il est un levier à court et moyen terme pour réussir la transition énergétique, pour améliorer la compétitivité française et l’emploi. Le gouvernement doit enfin en prendre la mesure… »rappellent les représentants des entreprises de transport routier.

En attendant ce jour improbable, le secteur souffre. Au troisième trimestre 2020, selon la note de conjoncture de la FNTR, l’activité du TRM accentue sa baisse. le solde d’opinion, indicateur qui mesure l’activité économique par rapport à la même période de l’exercice précédent, se trouve très en-dessous de sa moyenne habituelle depuis 4 trimestres consécutifs. Une chute qui bientôt, dépassera celle observée lors de la crise financière de 2008. 56 % des chefs d’entreprise estiment que leur activité ca régresser, contre seulement 8 % qui envisagent une hausse. les autres sont dans l’incertitude. « dans un secteur composé à 95 % de TPE/PME, cette situation signifie très concrètement des dépôts de bilan en perspective et des menaces sur l’emploi. Il en va de l’avenir des 40.000 entreprises du secteur et de leurs 400.000 salariés, prévient la FNTR.

Des charges d’exploitation élevées.

Allongement des délais de paiement, pertes de marchés, tensions sur les prix: les trésoreries de la plupart des TPE du TRM sont exsangues… Une épreuve peut-être plus douloureuse pour celles-ci car le secteur se caractérise par des charges d’exploitation élevées, inhérentes aux activités selon l’INSEE. La part de la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaires est ainsi plus faible que pour l’ensemble des transporteurs (36,2 % contre 42,1 %). Cela est dû au poids important des achats de matières premières (11% de la valeur ajoutée), en particulier de carburant stocké. Le taux de valeur ajoutée est encore plus faible dans les transports routiers de fret interurbains (33,2%).

Les « autres achats et charges externes » pèsent aussi fortement sur la valeur ajoutée : ils représentent 80 % des consommations intermédiaires et 50 % du chiffre d’affaires du secteur. Plus d’un tiers des dépenses de ce poste est consacré à la sous-traitance, soit 15 % du chiffre d’affaires du secteur (21% pour l’ensemble du transport). Le recours à la sous-traitance est plus élevé dans les plus grandes entreprises (21% du chiffre d’affaires) que dans les microentreprises (7ù) et les autres PME (12%). plus des deux tiers de cette sous-traitance participent à l’activité principale des entreprises, le reste de son fonctionnement (nettoyage, comptabilité…).

Un autre tiers des « autres achats et charges externes » est consacré à l’entretien et aux réparations ,aux loyers et charges locatives et aux assurances. En sous-traitant une partie de leur activité principale, les plus grandes entreprises réduisent le poids de ce type de dépenses. le tiers restant regroupe les achats non stockés de carburants, les redevances de crédit-bail, les autres frais annexes et le coût du personnel extérieur. Les entreprises sollicitent beaucoup l’emploi intermédiaire(24.000 intérimaires), notamment en raison des difficultés de recrutement de personnel roulant qui se sont accrues depuis 2017.

Le taux de marge du secteur est aussi plus faible que celui de l’ensemble des transports (13,4 % contre 24,8%). les frais de personnel sont en effet relativement plus élevés dans le transport routier de marchandises, avant tout du fait du volume des emplois, les frais de personnel par salarié étant plus faibles. Toutefois, le taux de marge des entreprises ne reflète que partiellement leur rentabilité : celle-ci doit s’apprécier relativement au capital engagé. La rentabilité économique de ce secteur est ainsi supérieure à celle de l’ensemble des transports (10,4 % contre 5,5%). Une vérité statistique qui remonte à l’année 2017 et qui n’est certainement plus qu’un lointain souvenir en 2020…

Chiffres-clés de la Profession : CA : 47,6 milliards d’euros. (Source : INSEE et FNTR).

Nombre d’entreprises : 31.800

Nombre de salariés : 400.000

Revue CGA Contact – N° 141 Novembre/décembre 2020 – auteur : Nasser NEGROUCHE.