Développement personnel·Management·Pour un meilleur emploi

Syndrome de l’imposteur : un signe avant-coureur d’évolution ?

Le syndrome d’imposteur bloque-t-il votre potentiel créatif?

«Faire semblant jusqu’à ce que vous y parveniez» peut être le pire conseil. Voici comment regagner confiance et clarté dans votre carrière.

Les jumeaux du projet.

Notre société a depuis longtemps souligné le succès financier comme le summum de la réussite humaine. Comme nombre de nos systèmes et structures semblent maintenant s’effondrer, nous avons la possibilité de reconsidérer la façon dont nous définissons le succès pour nous-mêmes. Beaucoup d’entre nous ont commencé à se demander si le sentiment de syndrome d’imposteur est le résultat d’un sentiment de sous-qualification, ou tout simplement parce que notre travail ne correspond pas à nos compétences et à nos intérêts. Vous demandez peut-être si le travail que vous faites est celui que vous êtes censé faire. Bien que vous puissiez avoir un certain niveau de réussite dans votre carrière, ce succès peut sembler manquer de sens. Même si vous êtes en mesure de faire votre travail, vous pouvez toujours avoir l’impression de faire semblant.

La réponse de la société aux sentiments d’imposture a longtemps été d’encourager les individus à faire semblant jusqu’à ce qu’ils le fassent. La meilleure réponse pourrait être de faire une pause et de déterminer si vous faites semblant pour un travail que vous voulez vraiment, ou si vous faites semblant dans le but de vous inscrire dans un récit social qui encourage ce que vous «devriez» vouloir pour vous-même. Quand j’écris, fais de la peinture, ou réalise des œuvres d’art public, je ne fais jamais semblant. Lorsque mon ami suit sa passion pour la fabrication d’objets en bois à la main, il se sent profondément satisfait. Quand une autre amie sérigraphie des t-shirts activistes, elle se sent épanouie. Pour nous tous, ce sont des passe-temps ; nous avons peur d’en faire notre carrière à plein temps. Choisir de jouer des rôles plus créatifs nous obligerait à nous rebeller contre les normes sociales, au moins temporairement, normes que nous avons profondément absorbées à propos de la réussite financière et de la valeur personnelle.

Si vous vous trouvez dans une position similaire, il est peut-être temps de déterminer si vous effectuez effectivement le travail que vous êtes censé faire. Pour déterminer si vous êtes un imposteur, posez-vous la question suivante : si vous aviez toute la confiance du monde, seriez-vous toujours en conflit avec votre travail ? Si la réponse est oui, vous faites peut-être un mauvais travail. Nous avons discuté avec plusieurs créatifs, tous d’accord: le secret pour vivre une vie plus épanouissante est de se connecter plus étroitement à votre intuition et à vos valeurs. Si vous vous sentez comme un imposteur, vous l’êtes probablement. 

Si vous imposez, vous n’êtes pas seul.

Des recherches menées au milieu des années 90 ont révélé que le phénomène d’imposteur peut être projeté par des parents qui valorisent sélectivement certains aspects de leur enfant tout en sous-évaluant d’autres. Bien que cela ne soit pas abordé dans cette recherche, nous pouvons peut-être extrapoler qu’une société pourrait avoir le même impact sur les individus. Lorsque la société surévalue le succès économique et sous-évalue tout le reste, il y a dissonance entre ce que l’on nous dit de vouloir et ce que nous pouvons réellement vouloir. Un succès financier exorbitant n’est pas universellement significatif .

« Nous voyons souvent un succès modéré comme un échec parce que la société attribue tous les honneurs aux super-performants. »

C’est là que nous avons une défaillance systémique. Lorsque nous apprécions une seule vision du succès, tout le monde y travaille. En conséquence, les gens peuvent se retrouver dans des carrières ou des rôles lucratifs, mais qui manquent d’autres niveaux de sens personnel. Des sentiments d’imposteurs peuvent y émerger. Ces sentiments sont encore exacerbés lorsque nous examinons nos réalisations par rapport à d’autres dans notre domaine, note Richard Gardner, professeur adjoint à l’Université de Las Vegas au Nevada qui a mené de nouvelles recherches sur le sujet.. Nous considérons souvent un succès modéré comme un échec parce que la société plébiscite les éloges aux super-performants. Cette vision réductrice du succès limite la façon dont les gens comprennent à quoi peuvent ressembler des carrières réussies et peut les forcer à suivre un cheminement de carrière contre-intuitif : (lorsque nous choisissons une carrière en comptabilité plutôt qu’en peinture parce que nous ne pensons pas que cette dernière pourrait éventuellement payer les factures).

Une société qui encourage activement les individus à agir comme des imposteurs sur leur chemin vers la réussite professionnelle est brisée. Plutôt que de répondre aux sentiments individuels d’insécurité avec compassion, notre culture encourage les personnes souffrant à transformer leur peur en action. En conséquence, beaucoup sont invités à faire taire leur intuition et à aller de l’avant. Pourtant, ignorer l’intuition et aller de l’avant est un mauvais conseil.

Croyez aux possibilités, même si vous devez vous opposer aux normes.

«Je ne me suis jamais senti imposteur tant que les gens ne m’ont pas sollicité pour des choses qu’ils ne pensaient pas devoir faire», a déclaré Heron Preston, artiste, directeur créatif, designer et DJ affilié à la fois à son propre label et à la marque Off-White.. Il savait depuis son enfance qu’il allait concevoir des mondes de rêve. Son intuition l’a conduit à l’architecture, à la conception de t-shirts, la photographie, la mode, la musique, et peut-être à l’avenir, à son propre restaurant: «Quand j’étais jeune, l’idée même d’être un imposteur ne nous effleurait même pas. Il n’y avait ni frontières, ni garde-corps, ni boîtes ». « Lorsque les gens ne croient pas que quelque chose est possible, ils vont projeter cela sur vous, ce qui vous fait vous demander si vous faites la bonne chose. »

Preston n’a commencé à se sentir comme un imposteur que lorsque d’autres personnes ont commencé à placer des « boîtes » (catégories) autour de son travail. «Le malheur projeté sur les autres est ce qui fait obstacle. Les gens ne croient pas que quelque chose soit possible et ils le projettent sur vous, ce qui vous fait vous demander si vous faites la bonne chose. » Sa solution pour surmonter les sentiments de syndrome d’imposteur est simple : ignorez les « boîtes » et entourez-vous d’un bon système de soutien. «Je sors tout le temps de la boîte. Mes amis me soutiennent et je soutiens mes amis. Vous rencontrez des problèmes lorsque vous autorisez des perspectives extérieures qui ne correspondent pas à votre intuition. Ignorez les boîtes et entourez-vous d’un bon système de soutien. »

Le Dr Gardner confirme que la communauté est importante. Choisir à qui vous adresser pour obtenir des commentaires sur votre travail a une incidence sur la façon dont vous voyez vos capacités et vos réalisations. Dans ses recherches, il a constaté que lorsque les gens s’adressaient à leur groupe pour obtenir leurs commentaires, ils se sentaient souvent plus comme un imposteur. Cependant, lorsque les gens s’adressaient à un groupe extérieur, ils se sentaient moins comme un imposteur. Pour les créateurs, affirme-t-il, cela signifie s’adresser à diverses personnes pour obtenir des commentaires sur votre art. « Allez voir d’autres artistes pour des compétences techniques mais allez ailleurs pour l’estime de soi et la confiance. »

Apprenez à faire confiance à votre intuition 

Cela peut prendre du temps pour développer cette confiance en vous et en votre intuition. Sam Ewan, directeur général de l’agence d’innovation dotdotdash et spécialiste du marketing expérientiel de longue date, a déclaré qu’il conservait des fichiers de recherche sur tout et utilisait ces recherches pour affiner son intuition. Lorsqu’il réfléchit à sa carrière, il croit que son secret de la réussite est de bien connaître quelque chose, de renforcer sa confiance en ces connaissances et de faire confiance à son intuition pour le guider dans les bonnes idées, les moments créatifs et les opportunités de carrière.«Ne vous précipitez pas simplement parce que vous pensez que vous devriez. Allez-y quand vous savez que vous devriez. »

«Arrêtez de vous comparer aux autres et comprenez si vous aimez le travail que vous faites», ajoute-t-il. Sinon, vérifiez votre intuition, suivez votre curiosité et passez à la chose suivante. Lorsque vous vous sentez comme un imposteur, note-t-il, vous pourriez en être un, et ce n’est pas la fin du monde. Prenez du recul, demandez si c’est le bon travail pour vous et sinon, continuez . N’allez pas de l’avant simplement parce que vous pensez que vous devriez. Poussez quand vous savez que vous devriez.

Et, si vous ne faites toujours pas confiance à votre intuition, vous devrez peut-être simplement vous entraîner. « Découvrez ce que vous devez entendre et dites-le à vous-même et aux autres« , a déclaré Dona Sarkar, styliste et cadre technologique . «Quand je conseille à quelqu’un d’aller faire la chose et qu’ils le font, je me rends compte que ma voix intérieure est en fait juste. Je savais que j’avais raison à leur sujet – et à propos de moi aussi. »

L’intuition n’est pas immédiate.

David Schwarz, co-fondateur de HUSH, note qu’il a toujours habité deux mondes : les affaires et l’art. Parfois, il a l’impression que son équilibre entre les deux est un acte d’imposture, et pourtant il note que chevauchant les deux mondes est ce qui a le plus contribué à sa réussite professionnelle. «Il y a une schizophrénie de ces deux côtés. Il y a toujours une autre version de moi qui n’est pas dans le mix à un certain moment». «Mon intuition ne s’arrête pas toujours au vrai nord. Parfois, cela prend un certain temps pour résoudre ce problème de boussole. Ce n’est pas comme une direction cardinale. »

Pour David, l’interaction entre ses deux côtés est une longue méditation sur le chemin vers une pleine expression de soi, car il croit que ce qu’il est existe à l’intersection entre le commerce et le design. Il explique se retrouver à cette compréhension, uniquement par une croyance profonde en sa propre intuition . «J’utilise l’intuition plus que toute autre compétence jusqu’à présent dans ma carrière. J’ai suivi des choses qui semblaient justes à l’époque », a-t-il déclaré. «J’ai pris des décisions commerciales et d’importantes décisions de projet avec des données limitées, car elles se perçoivent bien.»

Cependant, affirme-t-il, vous ne savez pas toujours ce qui se perçoit bien, tout de suite : «Mon intuition ne s’arrête pas toujours au vrai nord. Parfois, cela prend un certain temps pour le résoudre. Ce n’est pas comme une direction cardinale. Mais c’est un nord magnétique et il finira par y arriver». Pour cette raison, il est enclin à changer d’avis et à réévaluer une décision à mesure qu’il recueille plus d’informations. Il pense que c’est essentiel : le plus grand écueil peut être de porter un jugement instantané. Parfois, « l’intuition nécessite plus de temps pour cuire, mais quand elle est cuite, vous pouvez être certain que c’est la bonne chose à faire. »

Prenez le temps d’écouter et d’exploiter votre intuition, et vous dépasserez tous les sentiments de syndrome d’imposteur. Repérez ces sentiments inconfortables, car ils peuvent stimuler la croissance si vous écoutez et faites le travail.  Plus de messages par Kristina Libby 

16 juin 2020 – Site Adobe 99U, la suite créative.

Kristina Libby est une écrivaine, une artiste et une directrice technologique vivant à New York.  

Economie·Prospective·Société

La Saône-et-Loire, un territoire porté par l’axe dynamique Mâcon – Chalon-sur-Saône .

La Saône et Loire est le département le plus peuplé de la région Bourgogne – Franche-Comté. L’activité repose en partie sur sa tradition agricole et industrielle. Bien desservi par des réseaux routiers ferroviaires importants, le département compte deux agglomérations principales, Chalon-sur-Saône et Mâcon, et un maillage de villes moyennes uniformément réparties qui disposent de tous les équipements nécessaires à la population. Une analyse des caractéristiques économiques et démographiques du territoire permet de différencier cinq zones. Tout d’abord, le Chalonnais et le Mâconnais, avec une croissance démographique et un marché du travail attractif, forment un axe nord-sud fort et dynamique, qui tranche avec les autres territoires de Saône-et-Loire. À l’est, la Bresse est un territoire tourné vers Chalon-sur-Saône et Lons-le-Saunier et qui accueille notamment une forte part de retraités. Enfin, à l’ouest, le Charolais et le Nord-Ouest, deux espaces en déprise démographique, avec peu de liens avec l’extérieur, présentent un tissu économique encore marqué par plusieurs décennies de désindustrialisation. 

Benoit Leseur, Hélène Ville, Guillaume Volmers (Insee) 

La Saône-et-Loire est au carrefour d’axes de circulation majeurs de l’Hexagone. Située entre Dijon et Lyon, elle est traversée par les réseaux routiers français nord-sud (notamment l’autoroute A6), est-ouest (surtout la Route Centre- Europe Atlantique dite RCEA), la ligne TGV Paris-Lyon-Marseille et le canal du Centre qui relie les bassins de la Loire et du Rhône. 

Principales caractéristiques des 5 zones de Saône et Loire en 2016.

Juillet 2020 Avec une population estimée de 548 000 habitants au 1er janvier 2020, la Saône-et- Loire est le département le plus peuplé de la région Bourgogne-Franche-Comté (figure 1). Mais la dynamique démographique n’est plus au rendez-vous ; sa population est en baisse depuis 2013. Tout d’abord, depuis 2005, le nombre de naissances est devenu plus faible que celui des décès. Puis l’excédent migratoire, qui était positif jusqu’en 2015, est devenu négatif et ne compense plus ce déficit naturel (figure 2).

Évolution de la population entre 2011 et 2016.

Un réseau de villes moyennes avec deux agglomérations plus importantes.

 La Saône-et-Loire présente un riche maillage urbain, des villes bien équipées offrant un niveau d’équipements de proximité et intermédiaire supérieur à la moyenne régionale. Ce réseau est organisé autour de deux villes principales, Chalon-sur-Saône et Mâcon qui sont les quatrième et sixième villes de Bourgogne-Franche-Comté en termes de population. Elles comptent respectivement 46 500 et 34 200 habitants en 2016. De nombreuses villes de taille moyenne, uniformément réparties, constituent également des pôles d’équipement supérieurs (Montceau-les-Mines, Le Creusot, Autun, Louhans, Paray-le-Monial) ou intermédiaires (27 au total), accessibles à la population. Le département s’inscrit dans la tradition agricole et industrielle de la région. L’agriculture est diversifiée avec des produits de qualité identifiés par des appellations d’origine protégée (AOP) comme le bœuf de Charolles, les vins du Chalonnais, les volailles de Bresse… Par ailleurs, le secteur industriel est resté important malgré les crises successives et le phénomène de désindustrialisation. Le savoir-faire industriel est désormais reconnu dans deux territoires bénéficiant du programme « Territoires d’industrie », « Grand Chalon » et « Ouest Saône-et-Loire », et au travers du pôle de compétitivité Nuclear Valley. Cinq établissements font ainsi partie des dix plus gros employeurs du secteur de la région. Au sein du département, les dynamiques économiques et démographiques diffèrent. Elles dessinent ainsi cinq zones bien marquées : Le Chalonnais, le Mâconnais, le Charolais, le Nord-Ouest et la Bresse. À chaque « terroir », ses productions agricoles emblématiques : sur l’axe Mâcon-Chalon le vignoble, à l’ouest l’élevage allaitant, l’est avec la polyculture, les volailles et les produits laitiers (figure 3)

Orientation technico-économiques des communes.

L’axe dynamique Mâcon-Chalon polarise les flux d’actifs.

La vallée de la Saône forme un couloir nord-sud avec deux zones, celle de Mâcon et celle de Chalon-sur-Saône, en croissance démographique. La part des jeunes y est plus importante que dans le reste du département. Par ailleurs, il attire de nouveaux arrivants notamment des jeunes et des actifs en emploi. C’est également le territoire où le niveau de vie des habitants est globalement le plus élevé du département (figure 4).

Revenu médian disponible en 2016 (€).

L’est de la Saône-et-Loire en croissance de population

 En 40 ans, le nombre d’emplois a progressé tant dans la partie mâconnaise que chalonnaise, alors qu’il a diminué en Saône-et-Loire (figure 5). Cette hausse est liée au développement du secteur tertiaire qui représente désormais les 3/4 des emplois et qui fait plus que compenser les pertes dans l’industrie. La tertiarisation a notamment profité aux activités du transport et de la logistique en relation avec la très fréquentée autoroute A6. Cependant, la croissance du tertiaire s’est ralentie depuis 2011.

Évolution de l’emploi par secteur d’activité en Saône et Loire (Base 100 en 2006).

La vallée de la Saône polarise les flux d’actifs, en majorité originaires des départements voisins (figure 6). Le Mâconnais est une destination attractive, avec près de la moitié des actifs entrant en Saône-et-Loire, 11 700 sur un total de 23 600. Près de 73 % arrivent du département de l’Ain et 19 % de celui du Rhône. Ils viennent travailler pour moitié dans le tertiaire marchand, en particulier le commerce, mais aussi dans le tertiaire non marchand, que ce soit dans l’administration ou les activités hospitalières. C’est une spécificité du Mâconnais où se situe la préfecture, car dans le reste du département le tertiaire non marchand est peu développé. La Saône- et-Loire est, comme le Jura, un département où sa part est un peu plus basse qu’ailleurs , 32 % contre 34 % pour la région. Le Chalonnais est lui, très ouvert vers la Côte-d’Or où près de 4 600 résidents travaillent. De grands axes routiers et ferroviaires le relient rapidement à Beaune et Dijon, grands pourvoyeurs d’emplois. Les navettes se font donc aussi dans l’autre sens mais concernent moins de personnes, 2 500. Environ 21 % d’entre eux sont des cadres, proportion la plus forte du département. Le Chalonnais attire surtout des personnes qui viennent travailler dans le tertiaire marchand, pour 46 % d’entre eux, et dans une moindre mesure, dans l’industrie, plus de 20 %. Cela s’explique notamment par la présence de deux établissements de Framatome, l’un à Chalon-sur-Saône et l’autre à Saint-Marcel, en lien avec le pôle de compétitivité de la filière nucléaire. Ceux-ci figurent parmi les dix plus gros établissements industriels employeurs de Bourgogne-Franche-Comté. Enfin, sa tradition viticole est internationalement reconnue. Le vignoble du Mâconnais est le plus étendu de Bourgogne. Plusieurs AOC de Bourgogne, comme le Mercurey, le Rully et le Montagny participent au rayonnement du Chalonnais. 

Principaux flux domicile-travail en Saône et Loire en 2016.

La Bresse, tournée vers Chalon et Lons-le-Saunier, attire les retraités.

À l’est de la Saône-et-Loire, la Bresse a connu en 40 ans des pertes d’emplois comme dans tous les autres territoires, mais qui se sont révélées relativement faibles sur la période récente. Tout d’abord, le territoire possède un tissu très industriel qui a assez bien résisté jusqu’en 2006. Plus spécialisé dans l’industrie agroalimentaire, plus difficilement délocalisable, il a été moins touché par les crises successives. Cependant après 2006, ce secteur a subi des pertes assez importantes. À l’inverse, le tertiaire a progressé de façon continue, puis sa croissance s’est accélérée après 2006, principalement dans les services aux particuliers dans les premières années. Ce phénomène a permis de compenser les pertes d’emplois industriels qui se sont accentuées à ce moment-là. Le développement du tertiaire répond aux besoins d’une population en croissance. La Bresse est le territoire du département où la population augmente le plus : entre 2011 et 2016, la population croît de 0,3 % en moyenne annuelle. Sur la même période, le nombre d’habitants venant s’installer l’emporte sur le nombre de départs. Cet excédent migratoire contribue à augmenter localement la demande de biens et services et soutient l’économie. Le prix attractif du foncier intéresse ces nouveaux habitants. Des retraités, mais également des Suisses, investissent pour une résidence secondaire avant de s’installer durablement pour leurs « vieux jours ». Ainsi, 1 450 Suisses détiennent des résidences secondaires. S’y ajoutent 950 habitants suisses, la population étrangère la plus importante du département. La proximité de Chalon-sur-Saône et Lons-le-Saunier permet à 6 300 de ses habitants d’aller y travailler ; à l’inverse, 2 300 navetteurs « extérieurs » viennent exercer en Bresse. Ces flux, qui se développent, concernent surtout des ouvriers, la Bresse étant le territoire avec la plus forte part d’ouvriers, 33 % contre 26 % en Saône-et-Loire. 

Déprise démographique et économique à l’ouest

Les deux territoires qui composent l’ouest du département, le Charolais et le Nord-Ouest, traditionnellement à forte spécificité industrielle, ont essuyé de lourdes pertes d’emplois sur les 40 dernières années. Ces difficultés économiques sont notamment liées à celles de la métallurgie et du textile, fortement touchés par les crises qui se sont succédé. Ces territoires, bien qu’ayant perdu plus de 60 % de leur emploi industriel depuis 1975, bénéficient encore de la présence de trois des dix plus grands employeurs industriels de la région : Fiat Powertrain Technologies à Bourbon-Lancy, Michelin à Blanzy et Industeel France au Creusot. Cependant, les pertes dans l’industrie n’ont pas été compensées par les créations d’emplois dans le secteur tertiaire. Le tertiaire est lui-même en diminution depuis dix ans, en lien avec la baisse du nombre d’habitants des deux territoires. Tout d’abord, leur population est relativement âgée, les personnes de 65 ans et plus représentent 27 % des habitants contre 24 % dans l’ensemble du département. Entre 2011 et 2016, la diminution de la population est en moyenne annuelle de 0,6 % dans le Nord-Ouest et de 0,2 % dans le Charolais du fait d’un solde naturel négatif. De plus, dans la zone Nord-Ouest, s’ajoute un déficit migratoire qui accentue le repli démographique. Des actifs et des jeunes quittent ces territoires qui font face à de forts taux de chômage, parmi les plus hauts de la région. Les zones d’emploi du Creusot-Montceau et d’Autun, avec un taux de chômage respectivement de 9,1 % et 8,6 % fin 2019, sont bien au-dessus de la moyenne départementale à 7,4 %. Dans la zone d’emploi du Charolais, la situation est moins défavorable avec 6,2 %. Ces deux territoires profitent peu des départements limitrophes, Nièvre et Allier, qui en difficulté, ne peuvent être moteurs et n’échangent donc guère d’actifs, ni de l’axe Mâcon-Chalon, pourtant dynamique. Aussi, l’aire d’influence des petites villes du Charolais et du Nord-Ouest se réduit. Elles n’ont plus la même attractivité au niveau des services et du marché du travail qui déclinent. Par ailleurs, le Charolais échange avec le département de la Loire, environ 1 000 entrants contre 2 100 sortants, avec plus d’un tiers d’ouvriers travaillant dans l’industrie pour les deux flux. Entre le Nord-Ouest et le Chalonnais, les flux sont plus importants et plutôt équilibrés, 2 300 entrants et 2 600 sortants. Ces flux concernent davantage les cadres, en particulier ceux de l’industrie.

Méthodologie et définitions Pour cette étude, 5 territoires (Bresse, Chalonnais, Charolais, Mâconnais, Nord-Ouest) ont été constitués en regroupant les intercommunalités présentant des caractéristiques proches (évolution de population, nature et poids de l’agriculture ou de l’industrie…) et qui ont des liens entre eux au travers des navettes domicile-travail. 

Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage (revenu après redistribution) rapporté au nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus du ménage. Le taux de pauvreté monétaire est la part des personnes dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, seuil fixé à 60 % du niveau de vie médian de la population française, soit 12 312 euros annuels en 2016. Le niveau de vie médian est tel que la moitié de la population se situe au-dessus, l’autre moitié en dessous. 

Solde naturel : différence entre le nombre de naissances et de décès enregistrés au cours d’une période. 

Solde migratoire : différence entre le nombre de personnes entrées sur le territoire et celles sorties au cours d’une période. 

Les équipements sont répartis en trois gammes : de proximité (27 équipements dont école maternelle, pharmacie, boulangerie, bureau de poste, médecin généraliste…), intermédiaire (36 dont collège, orthophoniste, supermarché, police, gendarmerie…) et supérieure (47 dont lycée, maternité, hypermarché, agence Pôle Emploi…). Un pôle d’équipements est une commune disposant d’au moins la moitié des équipements d’une gamme. 

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier CS 11997 25020 BESANÇON CEDEX 

Directeur de la publication : Moïse Mayo  – Rédactrice en chef : Isabelle Revillier 

Mise en page : STDI  Crédits photos : CRT, L. Cheviet 

ISSN : 2497-4455 – Dépôt légal : juillet 2020 – © Insee 2020 

Pour en savoir plus 

• Leseur B., Ville H. « La CUCM : un rôle central dans l’ouest de la Saône-et-Loire malgré les crises industrielles successives », Insee Analyses Bourgogne-Franche- Comté n° 66, décembre 2019. 

• Ulrich A., Leseur B., « Grande région industrielle, la Bourgogne-Franche-Comté abrite de multiples activités bien implantées dans dix territoires d’industrie », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 56, juin 2019. 

• Bertrand M., « En Bourgogne-Franche-Comté, l’offre de services progresse, mais moins qu’ailleurs », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 41, septembre 2018. 

• Bouriez M., Chassard M., « Les 18 espaces ruraux de Bourgogne-Franche- Comté : parfois attractifs, souvent isolés, toujours en évolution », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 57, juin 2019. 

Actualités & News·Développement personnel·Société

Dans notre boîte à livres.

S’il y a bien un livre qui doit entrer dans le patrimoine collectif de BCN, c’est celui-ci ! Il a tout d’un grand :

Docteur en psychologie cognitive, journaliste et ingénieur en I.A.

1°) il est social : sur les conseils de Tracey, je me suis rendu à la Librairie Autrement Dit, au 66 Rue des Godrans. Je les ai trouvés très sympa, j’ai acheté un « biopic » d’Aliénor d’Aquitaine, et me suis renseigné sur les possibilités de commander des livres… Moins d’une semaine après, Amazon Prime me proposait d’acheter pour 28 € ce bouquin : « Super-collectif d’Emile Servan-Schreiber, la nouvelle puissance de nos intelligences, chez Fayard ». J’appelle donc Autrement dit, qui me le propose sous une semaine au prix de… 18 €. Voilà ce qui s’appelle être récompensé d’une bonne action.

2°) il est féministe : en page de garde, il affirme « Les groupes ont leur propre intelligence ; on sait depuis peu mesurer leur Q.I. Mais pourquoi les groupes plus féminins sont-ils plus sagaces ? Pourquoi la diversité nous rend-elle plus intelligents ? Comment notre intelligence super-collective rend-elle nos entreprises plus performantes ?

3°) il fait suite à un ouvrage déjà cité 2 fois d’Olivier Sibony : « Vous allez commettre une terrible erreur » – Flammarion, sur la stratégie des dirigeants d’entreprise, pour éviter les différents biais cognitif, le conformisme, la pseudo-expertise qui rend borgne, les conflits d’intérêts…

Cathédrales collectives

4°) il est scientifique, mais pas rasoir : vous saurez tout sur les systèmes de Surowiecki, sur les axones et les dendrites et à la fin, vous vous sentirez comme le commissaire Bourrel et son fameux : « Mais c’est bien sûr ! ». Tous les exemples cités dans l’ouvrage sont des cas réels documentés, graphiques et statistiques à l’appui. Les entreprises Lumenogic et Hypermind illustrent les apports de l’intelligence collective à la qualité des prédictions, et cette dernière à la pertinence et la qualité des décisions prises par la suite.

5°) enfin, les raisons de faire appel à l’intelligence collective sont tellement convaincantes, évidentes et solides, qu’avant de le placer dans la boîte à livres de la M.D.A., je le proposerai à mon retour à notre prochaine réunion de bureau !

L’Ours.

Actualités & News·L'éditorial·Technétronique

Social Media.

C’est ainsi que les anglo-saxons appellent les Réseaux Sociaux. Devenus incontournables de nos jours, ils sont « comme la langue d’Ésope, la meilleure et la pire des choses » ; objet de notre attention, de notre intérêt, en théorie protégés par l’anonymat, ils méritent aussi notre méfiance. Mais, nous ne sommes pas non plus à l’abri d’une bonne surprise, telle que celle qui nous est arrivée ce 1er juillet, lors de notre revue mensuelle de Chiffres d’audience.

Tous nos articles WordPress se déversent sur Twitter depuis 2017.

La première bonne surprise est ce chiffre de 15.082 pages vues, pour un peu plus de 340 articles créés. Ce n’est pas rien! Entre 500 et 1000 fois la taille de BCN : concrètement, nous donnons des nouvelles à nos adhérents et sympathisants « une fois par semaine ». Si l’on se souvient que l’une des ambitions affichées de notre association est précisément de « rompre l’isolement », le débat initial qui était de savoir s’il fallait protéger le site par un mot de passe, il est aisé de comprendre que cette agitation soit largement retombée.

Autre indicateur : un nouveau record d’audience a été franchi le 4 juin : intéressant ! mais qu’avons-nous publié le 4 Juin 2020 ? Réponse : rien ! En revanche, la plénière N°125 avait abordé le thème de la stratégie de BCN pour le second semestre. Pas de scoop, donc : nous effectuons le même constat au sujet de Facebook : tant que l’on reste sur les sujets de la recherche d’emploi, de la RSE, de l’ESS, des enjeux de société, nous sommes « légitimes », non seulement auprès de nos adhérents, mais aussi de notre « réseau d’influence ».

Enfin, nous avons opté pour une stratégie media « professionnelle », s’appuyant avant tout sur le réseau LinkedIn, au service de nos chercheurs d’emploi : cette orientation est en marche, et elle progresse. En conséquence, nous avons progressivement « laissé filer  » les pages organiques de Facebook, dont la régression est amorcée. Mais il faut bien que notre bon « vieux » WordPress remplisse son objectif initial de « couteau suisse ». Nous partons du principe que les compte-rendus de plénière arrivent dans tous les foyers équipés de l’électricité… et a minima d’une connexion 4 g. Avec le temps, nous lui avons aussi assigné un second objectif, celui d’être le vecteur du storytelling de nos membres qui avaient retrouvé un poste. Attention ! Nous comprenons très bien qu’il ne s’agit pas de laisser d’appréciation critique ou compromettante envers quiconque : notre public est professionnel, même si l’aventure est humaine… Et c’est bien de cet aspect dont nous voulons parler ! Voir le § 2, C.Q.F.D.

Et ma conclusion sera utilitaire : pourquoi parle-t-on de la langue d’Ésope ? le célèbre fabuliste grec était esclave chez un « patricien » athénien, qui se trouva un jour en grande difficulté après boire, car il s’était engagé dans un pari stupide. Il s’était affirmé capable de « boire toute l’eau de la mer et ses petits poissons »… Attirés par le gain, ses amis et témoins n’avaient pas manqué de lui rappeler dans quel noir guêpier il s’était fourré. Il alla donc demander conseil à Ésope, son fûté esclave : la réponse fut instantanée : »Maître, vous vous êtes engagé à boire toute la mer, et tous les êtres qui y vivent… Certes, vous n’auriez pas dû ! Mais, vous ne vous êtes absolument pas engagé à boire l’eau douce qui s’y déverse, du plus grand des fleuves au plus infime ruisselet qui s’y jette. Vous ne pourrez donc réaliser votre promesse, que lorsque tous ces cours d’eau auront été barrés ».

Comme c’était évidemment impossible, l’affaire en resta là , l’habileté d’Ésope a traversé les millénaires, et sa langue « la meilleure et la pire des choses »… comme Internet.

l’Ours.
Actualités & News·L'éditorial

Happy birthday to you, BCN !

Ce qui se fait de mieux, le ban et l’arrière-ban avaient été conviés à la grand-messe : je veux bien sûr parler des 5 ans de Bourgogne Collaborative Network, « Version 2.0 » comme disent les initiés. Nous étions 18, bien décidés à « festoyer », selon la jolie formule de l’une de nos convives ! Malheureusement, quatre désistements de dernière heure nous ont privés d’éminents animateurs, (trices), et de l’annonce d’une piste sérieuse de travail en direction de Besançon… De quoi réfléchir et peaufiner les Plans d’Action de l’été ! Et si nous avons bien pensé aux absents, les nouveaux visages présents hier soir étaient une beau dérivatif pour nous donner l’occasion de lever nos verres et nos fourchettes !

Tout le monde se connaît ?

Malgré ces inconvénients, le restaurateur nous a fait compliment de la qualité de notre organisation et de notre logistique, qui nous a valu de déguster un succulent repas, sans les habituels « je ne me souviens plus de ce que j’avais commandé… » du célèbre sketch de Muriel Robin. En retour, tous ont apprécié la qualité et la sobriété de bon aloi, du service et des mets présentés. Décision subséquent immédiate : on passe à deux prestations par an, avec effet immédiat …

L’animation en plein brief.

Et maintenant, bonnes vacances à tous, et rendez-vous pour le « Petit Déj’  » de la Ville de Dijon. Certes ce n’est pas le Grand Déj’ mais on s’adaptera !

L’ours rentrant à potron minet…