Actualités & News·L'éditorial

Émile Violet, vigneron érudit.

Jusqu’à cette Covid, je ne m’étais jamais soucié de ce bon Émile Violet… Et voici que Françoise, notre secrétaire de BCN rapporte de l’une de ses missions, les « consignes pour l’animation du Grand Déj’ 2021 » : en 3 mots, innovant, ludique et festif. Pas de flyers, (qui finissent dans les papiers gras), pas de Power Point, (puisque nous n’aurons sans doute pas d’électricité), etc. Une sorte de festival des Vieilles Charrues, quoi…

Comment rendre vivante une animation sur l’insertion et la recherche d’emploi, sans aucun des attributs du conférencier-sergent recruteur ci-dessus ? C’est ici qu’Émile Violet entre en jeu : dans le Numéro de Juin de la Revue Archives de France, paraît un article de fond sur les actions pédagogiques proposées par lesdites Archives. Bingo ! J’avais trouvé mon sujet : en effet, nous discutons régulièrement avec Sophie d’oenotourisme, d’animation culturelle, de marketing, de métiers du vin, et tout ceci sous l’angle unique du storytelling, l’histoire de la culture et des traditions d’une personne exprimées via son métier.

Émile Violet.

Dans une autre région, M. Violet aurait été sabotier, forgeron ou maréchal-ferrant, marin-pêcheur, tous métiers qui ont contri- bué massivement au langage technique du crû. En Bourgogne, et dans le mâconnais-tournugeois, il ne surprendra personne en étant vigneron érudit. Collecteur de patois local, de coutumes authentiques et de traditions de son village, dont celle-ci :

Après avoir tué le cochon, “le sacrifice du mossieu”, on invite les amis, les proches pour un repas qui, commencé à midi se
terminera tard dans la nuit. Repas bien arrosé pour faire passer la soupe aux côtelettes, les grillades, le boudin, le foie, le rôti
aux châtaignes, les boulettes de viande hachée… Une fricassée de boudin est offerte aux voisins.

M. Violet aurait ainsi pu s’appeler Hersart de la Villemarqué ou Per-Jakez Hélias, et porter le chapeau rond aux rubans. Autre élément qui nous rapproche, cet endroit :

Tous les travaux d’intérieur dans la grange, puis les veillées auprès de l’âtre.

Où trouvons-nous toute cette authenticité ? Pas seulement dans l’accent, aussi dans la justesse des mots : « le sacrifice du môssieu ». L’expression est reprise presque intégralement dans « La traversée de Paris » par Jean Gabin, 7 ans avant les tontons flingueurs. Une sacrée marque de qualité. un demi-siècle plus tard.

Plan de l’exposition.

Serons-nous capables de parler aussi bien de nos métiers, de nos centres d’intérêt, de nos cultures, mais aussi de notre empathie, de notre capacité de bienveillance et d’entraide, c’est là tout le challenge que nous propose le Grand Déj’ 2021 : à tous ceux qui auraient préféré que celui de l’an dernier ait bien lieu, voici une invitation à contribuer, à se retrousser les manches, et mieux encore ! A passer un grand moment festif ensemble.

Et pour finir, un petit clin d’oeil croisé de l’histoire et des statistiques : nous devrions fêter dans quelques jours, notre 25.000e page vue ! Le bon rédacteur en chef doit savoir changer sa formule afin de renouveler son impact ; voici le bon moment !