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INSEE Analyses N°83.

En Bourgogne-Franche-Comté, le solde  naturel poursuit sa dégradation en 2019 

 

Au 1er janvier 2020, la population de Bourgogne-Franche-Comté est estimée à 2 794 500 habitants. Elle baisse de 0,3 % sur un an, en raison notamment d’un déficit naturel qui s’accentue. Le taux d’accroissement naturel  est le plus faible des régions métropolitaines. C’est la conséquence d’une forte baisse des naissances et d’une  relative stabilité des décès. Moins de femmes en âge d’avoir des enfants et vieillissement de la population expliquent  le décrochage du solde naturel par rapport à la France métropolitaine. L’indice de fécondité de la région est aussi  plus faible qu’en moyenne en métropole. Dans tous les départements de la région le solde naturel se dégrade, sauf  dans le Jura. Le Doubs est le seul département dont l’accroissement naturel est supérieur au niveau national. En Haute-Saône, en Saône-et-Loire, dans l’Yonne et le Territoire de Belfort, les naissances diminuent et les décès  augmentent. 

Caroline Logeais, Fabrice Loones (Insee)

Au 1er janvier 2020, 2 794 500 habitants résideraient en Bourgogne-Franche Comté, soit 4,3 % de la population de  France métropolitaine. En nombre d’habitants, la région se situe au 11e rang des 13  régions de métropole devant le Centre-Val  de Loire et la Corse. 

Le solde naturel (définitions) ne soutient  plus la croissance démographique de la  région qui pâtit de plus, d’un solde migratoire (définitions) tout juste stabilisé après  plusieurs années de déficit. 

Le déficit naturel s’accentue 

En Bourgogne-Franche-Comté, le solde  naturel est négatif depuis 2015 (figure 1) Ce déficit naturel, qui s’est creusé d’année  en année est dorénavant davantage porté  par le recul des naissances. Le nombre de  décès s’est quant à lui stabilisé sur les trois  dernières années. En 2014, le solde naturel  excédentaire apportait 2 500 habitants à la région. Cinq ans plus tard, en 2019, celui-ci lui  en fait perdre 4 100. 

Visuellement, le solde négatif.

Cette dégradation n’est pas spécifique à la  région. En effet, le solde naturel, moteur  de la croissance de la population, est  sur une tendance à la baisse dans toutes les régions, à l’exception des Hauts de  France. La croissance démographique de la  France métropolitaine ralentit : en 2019,  il y a 115 100 naissances de plus que de décès.

Ce solde naturel reste positif mais  ne cesse de diminuer, apportant deux  fois moins d’habitants qu’en 2014. La  dégradation du solde naturel, à l’échelle  nationale, est due à la fois aux mouvements de baisse des naissances et de  hausse des décès

 En 2019, le taux d’accroissement naturel négatif (définitions) de Bourgogne-Franche Comté (figure 2) s’établit à – 1,5‰ habitants.  En France métropolitaine, l’excédent naturel contribue encore à faire progresser la  population de + 1,8 ‰ portant l’écart avec  la région à 3,3 points. Attirant davantage de  jeunes actifs, les départements de la grande  région parisienne, des grandes métropoles  et de l’axe Genève-Lyon-Marseille pré sentent un accroissement naturel en hausse.  Au contraire, les départements ruraux de la  « diagonale du vide », ceux de la Corse et  de l’ouest de la Normandie et de la Bretagne  ont un taux d’accroissement naturel inférieur  à – 0,5 ‰. 

La Nièvre, isolée.

En Bourgogne-Franche-Comté, le taux  d’accroissement naturel se dégrade dans  tous les départements excepté dans le Jura.  Il est négatif dans cinq départements sur huit,  en particulier dans la Nièvre (- 7,3 ‰), en  Saône-et-Loire (- 3,4 ‰) et dans l’Yonne  (- 3,3 ‰). Dans les trois départements les  plus jeunes de la région, le Doubs, le Territoire de Belfort et la Côte-d’Or, l’accroissement naturel reste positif. 

Un fort recul des naissances 

En 2019, 26 100 bébés sont nés en Bourgogne-Franche-Comté, soit 730 naissances  de moins qu’en 2018 (figure 3). Dans les  années 2000, le nombre de naissances était  supérieur à 30 000. Cette tendance à la  baisse se poursuit depuis 2006. Elle est plus  prononcée qu’au niveau France métropolitaine : – 2,7 % contre – 0,8 %. Elle est aussi plus forte que l’an passé (- 2,1 %). À part  en Nouvelle-Aquitaine, la baisse de la nata lité est sensible dans toutes les régions de  métropole mais c’est en Bourgogne-Franche Comté qu’elle est la plus forte, loin devant la Normandie et le Grand Est (- 1,3 %). La diminution des naissances résulte à la fois  de la baisse du nombre de femmes en âge de procréer et de leur fécondité. Ces deux  phénomènes se conjuguent et contribuent  chacun pour moitié à cette dégradation. La  population féminine de 15 à 49 ans diminue depuis dix ans : – 5 600 personnes en  moyenne par an, soit (- 1 %).  

Site par site.

En France métropolitaine, la baisse n’est  que de 0,3 % par an. Globalement, la région peine à retenir ses habitantes de 20 à 40 ans et accuse un déficit plus important sur cette classe d’âge, où elles sont plus fécondes.

Le nombre d’enfants par femme diminue

 En Bourgogne-Franche-Comté, l’indice  conjoncturel de fécondité (définitions)  s’établit à 1,78 enfant par femme en 2019, niveau inférieur à la moyenne métropolitaine  de 1,84 (figure 4). Jusqu’en 2008, l’indice  régional était pourtant proche de la moyenne  nationale de 2 enfants par femme, mais il  s’est dégradé plus vite dans la région. Au  cours de l’année 2019, la seule baisse de la  fécondité a entraîné près de 360 naissances  en moins par rapport à 2018. 

L’ICF en baisse régulière.

Après 35 ans, les mères de Bourgogne Franche-Comté font moins d’enfants qu’en  moyenne métropolitaine. En effet, si, entre  15 et 34 ans, l’indice conjoncturel de fécondité régional est légèrement supérieur  à la moyenne métropolitaine, de 35 à 49 ans,  il y est inférieur : 0,35 contre 0,45. 

De façon générale, la fécondité est plus élevée chez les employées et ouvrières que chez  les cadres. Globalement, les femmes ont en  moyenne des enfants plus tard. Cependant,  l’âge moyen des mères à la naissance est  légèrement inférieur en Bourgogne-Franche Comté, 30,4 ans contre 31 pour la France  métropolitaine. Le taux de natalité (définitions) y est aussi  plus faible : 9,3 ‰ habitants contre 11 ‰ pour la France métropolitaine. Il perd 0,3  point entre 2018 et 2019. Cette tendance à la  baisse est nationale mais la région a l’un des  taux les plus faibles avec la Corse (8,3 ‰)  et la Nouvelle-Aquitaine (9 ‰). 

Relative stabilité des décès en 2019 

En 2019, 30 200 habitants de Bourgogne Franche-Comté sont décédés soit une  centaine de plus qu’en 2018. Ce nombre de  décès est stable dans la région (+ 0,3 %) et  se situe dans la moyenne nationale (+ 0,5 %).  L’évolution du nombre de décès résulte de  deux phénomènes qui, en 2019 comme en  2018 s’annihilent. En effet, le vieillissement  de la population régionale accroît le nombre  de décès de 700 personnes par rapport à  2018. Mais, en contrepartie, les conditions  de mortalité (définitions) se sont légèrement  améliorées en 2019 et compensent cette  hausse. 

Les habitants sont plus âgés en Bourgogne Franche-Comté qu’en France métropolitaine  et le vieillissement se poursuit. En 2019, la  région compte 102 personnes de 65 ans et  plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans (85  en moyenne en métropole pour 100 jeunes  de moins de 20 ans). 

L’écart avec la France métropolitaine se  creuse et résulte à la fois de l’avancée en âge  de la génération nombreuse des baby-boomers dans la région et d’un déficit de jeunes. La moitié des décès intervient avant l’âge  de 84 ans et 89 ans est l’âge où il y en a le plus (figure 5). Le taux de mortalité (définitions) est plus  élevé dans la région. Il s’établit à 10,8 ‰  habitants contre 9,2 ‰ en France métropolitaine. La Bourgogne-Franche-Comté détient  le plus fort taux de mortalité des régions  métropolitaines avec la Nouvelle-Aquitaine.  Ce taux s’accroît depuis une dizaine d’années dans la région.

Le taux de mortalité (définitions) est plus  élevé dans la région. Il s’établit à 10,8 ‰ habitants contre 9,2 ‰ en France métropolitaine. La Bourgogne-Franche-Comté détient  le plus fort taux de mortalité des régions  métropolitaines avec la Nouvelle-Aquitaine.  Ce taux s’accroît depuis une dizaine d’années dans la région. 

Espérance de vie moins élevée  dans la région 

Le taux de mortalité, moins favorable dans  la région qu’au niveau national, se traduit  par une espérance de vie (définitions) moins  élevée. De manière générale, les catégories sont plus exposées au risque de décès prématuré (conditions de travail, comportements  individuels, accès aux soins). 

Dans la région, l’espérance de vie à la naissance se stabilise depuis 5 ans. 

L’écart entre les genres se resserre. Les  modes de vie féminins sont de plus en  plus semblables à ceux des hommes, qu’il  s’agisse de durée de travail ou des types  d’activités professionnelles, de consommation de tabac ou d’alcool notamment.  En Bourgogne-Franche-Comté, selon les  conditions de mortalité de l’année 2019, une  personne âgée de 75 ans peut espérer vivre  jusqu’à l’âge de 87 ans si c’est un homme,  et de 89,6 si c’est une femme. 

Pour autant, ces espérances de vie à 75 ans  sont inférieures à la moyenne nationale de  six mois pour les hommes et de sept mois  pour les femmes. 

Le Doubs, seul département ayant  un taux d’accroissement naturel  supérieur au niveau national 

Avec + 1,9 ‰ habitants, le Doubs est le seul  département dont le taux d’accroissement  naturel reste largement positif et supérieur  au niveau national. Il est toutefois en retrait  par rapport à 2018 en raison uniquement de  la baisse des naissances. De plus, le taux de  mortalité, en 2019, y est le plus faible de  la région. Sa forte propension à attirer des  populations jeunes, en lien avec la proximité  de la Suisse, en fait un département parmi les  plus dynamiques en termes de démographie. En Côte-d’Or, la baisse des décès compense  tout juste la baisse des naissances, ainsi le solde naturel est stable. Avec un indice  de fécondité de 1,61 enfant par femme, la  Côte-d’Or est le cinquième département de  France métropolitaine où la fécondité est  la plus basse et l’âge moyen des mères à la  naissance y est plus élevé qu’ailleurs. 

Le Jura est le seul département de la région  à cumuler hausse des naissances et baisse  des décès, mais le solde naturel y demeure  négatif. La fécondité est en hausse par rapport à 2018. 

Dans la Nièvre, le solde naturel reste très  négatif. Ce département cumule la plus  importante accélération du vieillissement  de sa population et la plus forte diminution  du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Ainsi le taux de mortalité est le  plus élevé de la région et le taux de natalité  le plus faible. 

Le solde naturel en Saône-et-Loire est le plus  bas de la région et c’est dans ce département  qu’il décroît le plus. Comme dans l’Yonne et  dans une moindre mesure en Haute-Saône,  le fléchissement de la croissance naturelle  est partagé entre la hausse des décès, consécutive au vieillissement de la population, et  la baisse des naissances, due au recul de la  fécondité (sauf dans l’Yonne) et au moindre  nombre de femmes en âge de procréer. 

Le Territoire de Belfort subit également ce  double-effet, dégradant ainsi son solde naturel. Néanmoins, un taux de natalité élevé et un  taux de mortalité faible lui permettent d’avoir  un accroissement naturel toujours positif. ■ 

 Sources

Tous les ans, l’Insee effectue des estimations de population. Cette opération a pour objectif d’estimer au 1er janvier de chaque année la population  nationale par sexe, âge et état matrimonial et les populations régionales et départementales par sexe et groupe d’âges. Ces estimations de population  sont notamment utilisées pour le calcul des différents indicateurs démographiques : taux de natalité, taux de mortalité, indicateur conjoncturel de  fécondité, quotients de mortalité, espérance de vie. 

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence pour les années où il  est disponible. Pour les années 2019 et suivantes, les estimations de population sont provisoires. Elles sont réalisées en actualisant la population  du dernier recensement grâce à des estimations, d’une part, du solde naturel et, d’autre part, du solde migratoire et d’un ajustement, introduit pour  tenir compte de la rénovation du questionnaire du recensement en 2018 et rendre comparables les niveaux de population annuels successifs. Le  nouveau questionnaire permet de mieux appréhender les liens familiaux qui unissent les personnes habitant un même logement et d’améliorer la  connaissance des lieux d’habitation des personnes ayant plusieurs résidences, notamment des enfants de parents séparés. Une explication détaillée  est disponible dans la documentation relative au recensement de la population (note technique : Rénovation du questionnaire du recensement de  la population 2018. Méthode d’estimation de l’effet questionnaire (ajustement) à partir des enquêtes annuelles de recensement). Les statistiques d’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee

Définitions, méthodes 

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période. Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties  au cours d’une période. 

Le taux d’accroissement naturel correspond à la différence entre les naissances et les décès enregistrés au cours de l’année, rapportée à la  population totale moyenne de l’année. Il est exprimé pour mille habitants. 

Le taux de natalité correspond au nombre de naissances enregistrées au cours de l’année, rapporté à la population totale moyenne de l’année. Il  est exprimé pour mille habitants. 

Le taux de fécondité à un âge donné (ou pour une tranche d’âges) est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année,  rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge. 

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur peut être  interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtrait, tout au long de leur vie féconde, les taux  de fécondité par âge observés cette année-là. Il est exprimé en nombre d’enfants par femme. C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité  par âge de l’année considérée. 

Le taux de mortalité (brut) correspond au nombre de décès enregistrés au cours de l’année rapporté à la population totale moyenne de l’année.  Il est exprimé pour mille habitants. 

Les conditions de mortalité sont approchées par les taux de mortalité par sexe et âge. Ils correspondent au nombre de décès enregistrés pour  un sexe et un âge (ou tranche d’âges) donnés, rapporté à la population totale du même sexe et du même âge. L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les  conditions de mortalité par âge de l’année considérée. C’est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

 

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier 

CS 11997 25020 BESANÇON CEDEX Directeur de la publication : Bertrand Kauffmann 

Rédactrice en chef : Marie Léger  Mise en page : STDI Crédits photos : CRT, L. Cheviet Dépôt légal : janvier 2021 © Insee 2021 ISSN : 2497-4455 

Pour en savoir plus 

•  Chassard M., « Bourgogne-Franche-Comté : la baisse de la population s’accentue  en 2017 et 2018, conséquence d’un solde naturel de plus en plus négatif », Insee  Flash Bourgogne-Franche-Comté n° 99, janvier 2020. 

•  Papon S., « Depuis plus d’un siècle, les décès sont les plus nombreux en hiver »,  Insee Focus n° 209, octobre 2020. 

•  Papon S., « En un siècle, le pic des naissances s’est décalé de l’hiver à l’été et  s’est atténué », Insee Focus n° 204, septembre 2020. 

 

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