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Éditorial : le calendrier de l’Avent de BCN.

Certains d’entre vous le savent, je suis un far-westien, donc un européen convaincu, et hier soir le spectacle de la mosaïque des participants à cette 3e session de « Découverte 2021 » (ex-AEC) valait à mes yeux son pesant de galettes-beurre salé. Quatre nationalités représentées, une demi-douzaine de régions françaises. Quelle diversité, quelle richesse ! Le thème du jour : le storytelling, outil pour valoriser sa candidature. D’accord, mais quelle histoire ? Comme souvent, mettez 2 idées côte à côte, secouez, le résultat vous surprendra ! Pourquoi pas un Calendrier de l’Avent issu de toutes ces nations, ces régions, ces localités ? Le règlement : simpliste. Une photo, un texte, tout document reproductible sur le blog. La meilleure contribution vaudra un Pin’s thématique à son auteur.

A quand la prochaine carte du Calendrier de l’Avent ?

Un passage-clé de la présentation d’Anastasia, sur les impacts durables du storytelling en termes d’empathie, d’appropriation et de mémorisation. Nous étions 15 à ce moment !

Anastasia présente le storytelling.

Et pour vous chauffer, voici dons une carte postale bretonne, tirée de « les autres et les miens » de Pierre-Jakez Helias, grand collecteur de traditions devant l’Éternel : LE TU ET LE VOUS.

Au début du (20e) siècle, comme nous l’avons noté un bon paysan ne pouvait pas en croiser un autre sans lui dire quelques mots, au moins sur le temps qu’il faisait. Si les deux hommes ne se connaissaient pas, chacun s’arrêtait de son côté et ils se parlaient à travers la toute avant de repartir. Mais ils ne se serraient pas la main. Ce geste était exceptionnel et marquait une forte émotion. C’est pourquoi il était maladroit et l’est encore resté pour les vieilles gens qui ne savent pas très bien comment s’y prendre. A bien y réfléchir, ce n’est pas là un geste de manuel. En fait, les paysans bretons, hommes de vent et de plein air, aiment à se parler d’assez loin et à la cantonade. C’est encore plus vrai pour les femmes. L’avantage est que tout le monde peut entendre ce qu’on dit. Quand on chuchote dehors, en tête à tête , on peut croire que c’est le prochain qui fait les frais de cette messe basse.

Les embrassades et les baisers étaient encore plus rares que les poignées de main. En règle générale, dans les familles, seuls les enfants y avaient droit de temps en temps. J’ai des amis qui n’ont embrassé leur père que sur son lit de mort. Les vieilles gens, quand il se revoyaient après un long temps, se prenaient par les épaules et se tenaient joue à joue, d’une façon presque religieuse, une seule fois. Quant au triple baiser dit aujourd’hui « à la bretonne », j’ai entendu dire, de plusieurs côtés, qu’on le donnait au nom de la Trinité. C’est fort possible. Il faut ajouter que ces comportements dépendaient des rapports entre les membres de la famille. Certains embrassaient leur mère, par exemple, mais n’auraient jamais oser toucher le chef de famille.

Une autre question difficile à démêler est celle du Tu et du Vous. La carte d’emploi de ces deux mots à travers la Bretagne bretonnante est très complexe. Ainsi, dans ma paroisse, on vouvoie tout le monde, y compris les membres de la famille. Le tu est considéré comme une sorte de diminutif caressant, bon pour les enfants de bas âge. Il arrive aussi qu’on l’emploie en guise de défi ou d’affront. Ce qui est sûr, c’est qu’on l’entend très rarement. Au contraire, dans le canton voisin, on a le tutoiement très facile, ce qui valait à ses habitants d’être traités par nous de « grossiers », tandis qu’eux-mêmes nous appliquaient le sobriquet de « fied » (arrogants). Cet état de choses faisait qu’autrefois, il valait mieux tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler à quelqu’un d’ailleurs. Les gens précautionneux attaquaient par la forme impersonnelle on, très riche en breton. C’est ce qu’on nous recommandait de faire. En certains endroits, on tutoyait jamais les hommes, jamais les femmes. En d’autres, si l’on disait vous à une jeune fille inconnue, on la faisait éclater de rire. Ailleurs, les parents punissaient leurs enfants en leur donnant du vous. Allez voir !

Depuis que tout le monde parle aussi français, les vieux bretonnants ont mille peines à s’y reconnaître entre le Tu et le Vous. Ne vous froissez donc pas si certains d’entre eux vous tutoient au premier abord. ils croient vous porter respect puisque le vous (hwi) est leur forme de familiarité. Et ne vous étonnez pas non plus s’ils vous appellent tu et vous d’une phrase à l’autre. Si vous faites attention à ce qu’ils vous disent, vous comprendrez que c’est le sens de la phrase qui commande l’emploi du pronom. « Il y a des endroits où il faut appeler Paris, Paris, et d’autres où il la faut appeler capitale du royaume ».

En hommage à Cassis.

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