Culture - Loisirs - Histoire·Société

Monsieur Cinéma :  » Tout le monde a très envie que le cinéma reparte »

En ces derniers jours d’août, Dominique Besnehard a donné rendez-vous au cinéma français au Festival du film francophone d’Angoulême, dont il est le délégué général. Alors que la fréquentation dans les salles a chuté cet été, le producteur et acteur veut croire à de beaux lendemains, malgré la crise.

Question : Le festival de Cannes n’a pas eu lieu cette année et tous les regards se tournent vers votre festival, à Angoulême. Cela en fait un événement très particulier cette année ?

D. Besnehard : Il ne s’agit pas de rivaliser avec le festival de Cannes, qui est un rendez-vous mondial pour le cinéma. Nous avons sélectionné plusieurs films qui ont eu le label de Cannes, et il nous a semblé nécessaire d’accueillir la Semaine de la critique, qui présente des premiers et deuxièmes films, soit une sélection qui donne sa chance au jeune cinéma français et permet de découvrir des nouveaux auteurs. Le festival d’Angoulême marque en quelque sorte le renouveau de la vie au cinéma. Cela a été un parcours du combattant et on a longtemps craint de ne pouvoir le faire, mais malgré des conditions sanitaires strictes, les réservations du public sont à la hausse, et les stars seront là.

Question : Vous avez sélectionné un court-métrage de Vincent Zulawski, le fils de Sophie Marceau, et le premier film de Suzanne Lindon, la fille de Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain. Pourquoi la présence de ces « héritiers » du cinéma français ?

Ils ne sont pas là parce qu’ils sont « fils et fille de ». Le court-métrage de Vincent Zulawski est vraiment étonnant. Suzanne Lindon est une personnalité intelligente, vive, et son film Seize printemps, a eu le label Cannes. J’ai un petit rôle dans son film, qui est comme un journal intime, et qui raconte un premier amour : j’ai été surpris par sa force.

Festival de La Rochelle

Question : Est-ce-que votre ambition est de replacer le cinéma français au cœur de la programmation dans les salles, profitant de l’absence de nombreux blockbusters américains ?

Il faut dire les choses comme elles sont : on sait très bien que le cinéma américain attire le public et a un effet d’entraînement sur la fréquentation. Mais cet été, le public français n’a pas été au rendez-vous, non seulement parce qu’il manquait les grosses sorties américaines, mais aussi qu’à part quelques films comme Été 85 de François Ozon par exemple, les films français à l’affiche étaient assez médiocres. A Angoulême, nous voulons faire la démonstration de la diversité, de la vitalité et de la qualité du cinéma français. Tout le monde a envie que le cinéma reparte. On ne peut pas s’arrêter de vivre, même avec le virus.

Question : N’y a-t-il pas un paradoxe à la chute de la fréquentation des salles françaises, alors que le cinéma a battu des records d’audience à la télé pendant le confinement ?

D. Besnehard : Ma crainte est que les gens aient adopté de nouveaux comportements de consommation et se soient habitués à voir les films sur les plateformes pendant le confinement. Donc, c’est vrai que l’on se pose la question : est-ce-que l’on va voir revenir le public dans les salles de cinéma ? Pour le moment, ce n’est pas le cas, alors j’espère qu’Angoulême sera le détonateur, pour donner envie aux gens.

Question : Avoir de bons films vous paraît-il nécessaire et suffisant, pour donner envie de retourner au cinéma ?

D. Besnehard : Aller au cinéma, c’est partager, c’est découvrir, c’est se laisser surprendre. Il faut continuer à être ensemble, à partager des émotions communes. C’est ça qui est beau dans le cinéma. Quand la télévision est arrivée, on avait dit qu’elle allait tuer le cinéma, et puis cela n’est pas arrivé.

Il faut des bons films, mais il faut aussi réveiller le désir d’aller au cinéma. C’est ce que j’essaie de faire dans mon émission le lundi sur France 5. Nous avons tous besoin de passeurs. Je me souviens d’avoir eu un professeur, à qui je pense tous les jours, qui m’a donné le goût du goût des choses.

Question : Depuis cet été, un décret autorise la publicité pour le cinéma à la télévision, qui fera l’objet d’un rapport d’évaluation dans quinze mois. Cette mesure vous semble-t-elle une bonne chose pour la relance du cinéma ?

D. Besnehard : J’ai peur que cela ne bénéficie pas aux petits films, et qu’il n’y ait de la place que pour les grands films qui ont des moyens importants, un gros budget. La première publicité que j’ai vue,  c’était pour un film américain, Enragé de Derrick Borte, avec Russell Crowe. Cela m’inquiète. Je pense qu’il faudrait envisager des quotas pour la publicité des films français à la télévision.

Question : Le Premier Ministre, Jean Castex, et la Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, sont venus rencontrer à Angoulême les professionnels du cinéma pour évoquer les mesures de soutien au secteur. Ce soutien vous paraît-il à la hauteur de la crise ?

D. Besnehard : Quand je vois tous mes amis aux États-Unis, à New York, à Los Angeles qui n’ont rien, je me dis que nous avons beaucoup de chance, en France, car nous sommes les bénéficiaires d’une politique forte de soutien à la culture. L’État ne nous nous a pas pénalisés et en France, nous avons la chance d’avoir le Centre National du cinéma pour nous soutenir et nous subventionner. C’est vital.

Question : Vous présentez à Angoulême deux épisodes de la saison 4 de Dix Pour Cent. Le succès de votre série diffusée sur France 2 vous étonne ?

Je suis très content de cette série et l’engouement des spectateurs ne s’émousse pas. Comme la série passe aussi sur Netflix, sous le titre « Call my agent« , tout le monde nous en parle. Nous avons eu récemment un message de Sigourney Weaver, la première star de Hollywood à jouer dans la série : elle nous a fait des éloges et cela me fait chaud au cœur. La quatrième saison va être une très bonne année.

BIO EXPRESS :

5 Février 1954 : naissance à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine). Frère jumeau du dramaturge Daniel Besnehard. 1973 : débute des études dramatiques à l’ENSATT (École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre), rue Blanche, à Paris, dans la classe de régie et mise en scène. 1975 : fait ses débuts d’acteur au cinéma dans Un sac de billes de Jacques Doillon, dont il a fait le casting des enfants. 1986 : rejoint l’agence artistique Artmedia. 2006 : monte sa société de production, Mon Voisin Production, avec Michel Feller. 2008 : crée avec Marie-France Brière et Patrick Mardikian le festival du film francophone d’Angoulême, dont il devient délégué général. 2010 : lance la série Dix pour Cent (France 2). 2016 : devient « Monsieur Cinéma » sur France 5, présentateur de Place au cinéma.

Source : Le Grand Entretien – Le Bien Public du 30 août 2020 – Propos recueillis par Nathalie Chifflet.

Actualités & News·L'éditorial·Prospective

Plénière BCN N°126 : Stratégies pour le Jour d’après.

Quand on a envie de souhaiter du bien à quelqu’un… il  existe plusieurs manières de procéder : sur notre territoire hexagonal, l’une d’entre elles porte le nom du Général Cambronne. A ce sujet, la meilleure anecdote sur ledit général est à mettre au crédit de Jean Yanne : « Cambronne, Cambronne… encore un qui ne mâchait pas ses mots, heureusement pour lui ! ».

Lors de notre plénière d’hier soir (nous étions douze), nous avons évoqué nos sujets habituels, mais nous avons eu également l’occasion de dire – ou ne pas dire – le mot de Cambronne :

  1. Le Tour de Table et les échanges.

A Juliette, tout d’abord, qui passait ce matin un entretien pour une entreprise de Nancy, d’où elle vient précisément, pour suivre son conjoint. Diplômée d’une école de commerce « moyenne », elle possède une expérience de 15 ans dans le marketing, et au moment de quitter son entreprise nancéienne, a réussi à devenir prestataire de service en tant qu’entrepreneur pour son ancien patron. Juliette nous est arrivée grâce à Nathalie, suite à une rencontre virtuelle à un atelier de l’APEC. En termes de marketing, Juliette constitue l’opportunité d’activer un réseau collaboratif en Franche-Comté, et nous avons bien l’intention de nous en saisir !

Il semble bien d’ailleurs que nos premières actions soient couronnées de succès, car Orange Solidarités partage cet objectif de réseautage, et dispose de correspondants bien en place. M… donc, pour Juliette et son entretien de ce matin, et collectivement à nos projets futurs. Et aussi, merci pour ce moment d’émotion sincère que nous avons partagé, si rare dans nos sociétés policées.

Le second participant à qui nous avons dit le mot de Cambronne, c’est bien évidemment Yannis : huit mois se sont écoulés depuis son recrutement, et voici que la chrysalide est devenue papillon. C’est un jeune homme debout, affirmé, sûr de lui qui prend aujourd’hui son destin en mains. Inscrit à l’Université BFC en Histoire, il n’attend pas le résultat de son oral de concours. A la question de Fabienne : « Mais que se passera-t-il si tu es reçu ? » la réponse a fusé, comme on les aime : « eh bien, dans ce cas, tant pis pour l’histoire ! » Décidément, ce garçon est sur la bonne voie !

Le troisième visage (nouveau) de ce soir est Saïd, présenté par Nadine, qui l’a rencontré lorsqu’elle travaillait à l’IRTESS. Saïd a longtemps travaillé dans le domaine de la production à Vesoul, puis par évolution interne est devenu formateur dans ce domaine pendant 7 ans à l’Afpa, – à BCN, nous aimons bien l’Afpa -, et du coup, voici la réaction de Saïd : « Je suis parti en bons termes avec eux ». Cela tombe bien : car Saïd se propose de partager avec nous ses compétences de coach, son réseau franc-comtois (Vesoul, Besançon, Saint-Vit, Dôle), soit lors des plénières lorsqu’il est présent à Dijon, soit lors des ateliers visio dès qu’un noyau sera constitué.

Enfin, nous accueillons Zelina, qui nous vient de l’entreprise Strategic Event, elle-même acquéreur de la structure d’organisation de marketing événementielle dont elle était la co-associée. L’arrêt quasi-total des manifestations du 1er semestre a débouché sur un licenciement économique, et maintenant il s’agit de remettre très vite le pied à l’étrier : candidature cette semaine pour un poste vacant à la Ville de Dijon, tout est à faire ! Christine notre présidente prend Zélina en charge pour assurer l’échéance, et comme on dit dans le bâtiment : « Pour les finitions, on va attendre d’écouter sécher la peinture ».

Fabienne nous explique ensuite qu’elle a exercé quelques missions au cours des derniers mois, sur ses compétences de DRH – QVT, en partie en raison du ralentissement du trafic maritime lié au Covid, trafic auquel s’intéresse son mari, qui a développé une entreprise de commercialisation et de développement de logiciel. Cependant, les perspectives de la rentrée s’avèrent meilleures pour le trafic maritime, et du coup, une partie de l’activité prévue dans les nouveaux contrats pourrait inclure des prestations dédiées dévolues à Fabienne. Encore une fois, M… donc.

Christine nous raconte comment elle est arrivée à BCN, puis en a pris la présidence, puis s’est appliquée à elle-même les contenus de l’enseignement A.E.C. – pour Action Emploi Compétences – que nous avons développés et enrichis grâce à nos amis de Cesson (35) qui ont une expérience de 20 ans dans le domaine. Christine est maintenant épanouie dans son poste de juriste sociale dans un syndicat d’agriculture ; elle vient par ailleurs de créer une structure affiliée à R.P.B.O. (reconstruction Post Burn Out) et finalise ses premiers accompagnements en vue d’une prochaine certification.

Nathalie, arrivée à BCN il y a 1 an, pour suivre son conjoint, possède une solide formation dans le domaine de la « maîtrise d’ouvrage des systèmes d’information », et passée une première période où elle a travaillé son CV, testé différentes formules, chronologique, par expérience, par blocs de compétence, elle s’est placée en recherche active depuis le début de l’année. Elle reconnaît la difficulté de se constituer un réseau, que BCN essaie de corriger en « faisant feu de tout bois ». Les prochaines journées qui vont dans ce sens ; sont le 1er octobre, Journée des Recruteurs, les 2 et 3 Novembre, celles de l’APEC. Néanmoins, Nathalie obtient des contacts, regrette l’imprécision des appels à candidature, (le recruteur ratisse large, parce qu’il n’a pas suffisamment défini ses besoins), et enfin la tendance à « recruter des moutons à 5 pattes payés au lance-pierres », selon l’expression de Christophe. (A propos de l’obligation de parler 5 langues – dont l’albanais – pour un responsable de chantier bâtiment). A regret, elle a dû décliner une offre qui ne correspondait pas à son projet de vie, du fait des nombreux déplacements.

Nadine, arrivée il y a 3 ans, en même temps que Gilles, est allée « au front » dès le 1er jour, et a tenu le stand de BCN au salon du Bien Vieillir ; cela lui a d’ailleurs plutôt bien réussi, puisqu’elle a dans un premier temps trouvé un travail à l’IRTESS, et maintenant à Binôme 21. Elle reste à BCN où elle se trouve bien, car elle y apprécie : la présence, l’accompagnement et la bienveillance. A part SNC (Solidarités Nouvelles face au Chômage) qui est une Fédération, nous sommes la seule structure autonome généraliste : c’est-à-dire que nous définissons nos actions, nos partenaires, et mettons ensuite tout en œuvre pour obtenir des financements.

Alexandre nous parle de son expérience du marché du travail « post-subprime », et de la tendance à botter en touche des DRH à cette époque, dès lors que l’on n’était pas exactement le profil prévu (ingénieur généraliste) ; dans son cas, il a été promené de service en service, d’une expérience à l’autre, jusqu’au moment de trouver son épanouissement avec le concours d’Inspecteur des finances. Alexandre se voit comme un « témoin » désireux d’apporter son expérience et ses excellentes facultés d’analyse et de synthèse. C’est un bénévole précieux pour BCN.

Gilles nous fait part de ses difficultés liées à la santé de Madame, qui pèsent parfois sur leur moral à tous les deux ; il faut dire que le traitement est pénible et pourrait avoir des conséquences sur le travail de professeur de son épouse. Évidemment, nous souhaitons tout le meilleur en vue d’un prompt rétablissement, et décochons une nouvelle fois le mot de … qui vous savez. Cadre de terrain et responsable de la conduite d’activité à la SNCF, Gilles est « pointu » dans les rapports humains.Malgré ses incertitudes, Gilles pense néanmoins pouvoir être présent à notre journée d’entretiens à la Maison Familiale Rurale de Beaune le 9 Septembre, dans le cadre  de la Garantie Jeunes. Nous réalisons ces entretiens de manière bénévole, et ils sont perçus par la MFR comme très professionnels, car : nous sommes extérieurs, nous sommes expérimentés, nous sommes BIENVEILLANTS. Nous avons imaginé que ces rendez-vous mensuels puissent être proposés à titre d’exercice pour d’autres volontaires de BCN : il s’agirait d’une variante de nos simulations d’entretien, toujours disponibles sur demande.

2. LA SUITE.

Antoine fait ensuite le point de la campagne d’été (les subventions sont une quête de reconnaissance et demandent un professionnalisme croissant), qui vient de se dérouler, et annonce les perspectives du quadrimestre :

  • 4 dossiers ont déjà été déposés en bonne et due forme : un en ligne My Dijon, un en ligne Conseil Départemental, 2 Cerfa (papier) pour la Métropole et la Région.
  • En synthèse, ces dossiers visent à financer 3 emplois de Volontaires en Service Civique, destinés à soutenir nos efforts de formation digitale, et la communication de l’Association. Les Volontaires sont tout d’abord apprenants dans nos formations AEC, puis relaient leurs acquis auprès des personnes moins à l’aise sur le numérique.
  • Un agenda partiel est présenté dans le présent compte-rendu : les échéances du 9 Septembre, du 22 et 24 septembre apparaissent ci-dessous.  Concernant la date du 1er octobre, après un contact avec Philippe Le Bel (de RH-Solutions), voici la réponse qui nous est parvenue ce jour.

Pour répondre à tes questions:

  • Il est possible de s’inscrire aux prochaines visioconférences sur le portage salarial sur notre page:

https://www.rh-solutions.com/agence/bourgogne/rh-solutions-dijon.html

  • Nous pouvons rencontrer les personnes de votre groupe qui le souhaite lors de la journée du Village des Recruteurs. Qu’elles n’hésitent pas à me passer un petit mot auparavant pour fixer une heure de rdv.
  • Je recommande aux personnes en recherche de poste de s’inscrire sur la plateforme du « Village des recruteurs » où elles trouveront les informations concernant les entreprises présentes, les postes proposés et déposer leur CV. http://www.levillagedesrecruteurs.fr
  • Nous pouvons également, comme par le passé, organiser avec les personnes intéressées, une réunion d’information en vos locaux ou en nos bureaux.
  •  A bientôt, Amicalement


Philippe Le Bel

Développement Commercial et Communication

RH Solutions Dijon
Tél: 06.78.89.65.84
Mail: lebel@rh-solutions.co

3. Vers un groupe Marketing – Storytelling à BCN ?

Au cours des échanges du 1er semestre, et encore cet été, il est apparu que le fait « de présenter avec bienveillance et acuité les compétences d’un autre candidat apporte une crédibilité supplémentaire à cette candidature, surtout si l’éloge est sincère et bien ficelé ». D’où cet échange, qui devra faire l’objet d’une validation de l’organe de gestion (le bureau) et d’une proposition à l’Assemblée Générale. Pour mémoire : plénière de septembre : le Mardi 22 Septembre. Octobre : le jeudi 29 Octobre. Novembre : le Jeudi 19, pour clore en beauté avec notre AG ordinaire le mardi 15 Décembre. Une alternance parfaite, si nos réservations marchent. A vos masques !

L’Ours.
Culture - Loisirs - Histoire

La peur.

Né le 3 mai 1895 dans le 5e arrondissement de Lyon1, fils d’un clerc de notaire lyonnais, Gabriel Chevallier fait des études dans divers établissements, dont un collège religieux (Sainte-Marie à Saint-Chamond). Il passe ses vacances scolaires dans la campagne charolaise, à Gueugnon, au numéro 35 de la rue de la Liberté2, chez sa grand-mère maternelle3. Il entre ensuite aux Beaux-Arts de Lyon, mais la guerre interrompt ses études. Mobilisé dès 1914, il est blessé un an plus tard. Une fois rétabli, il retourne au front, où il restera comme simple soldat jusqu’à la fin du conflit. Rendu à la vie civile à la fin de l’année 1919, il exerce divers métiers : retoucheur de photographie, voyageur de commerce, journaliste, dessinateur, affichiste, professeur de dessin…

Derrière les parapets.

Jamais je n’aurais imaginé que cet écrivain bourgeois, sérieux, notable en un mot pourrait tout à la fois écrire « la Peur », et Clochemerle, le second étant beaucoup plus connu que le premier. À partir de 1925, il se lance dans l’écriture romanesque en utilisant sa propre expérience. Avec La Peur, il témoigne de son atroce calvaire de soldat. C’est encore sa propre vie qu’il exploite pour écrire Durand, voyageur de commerce ou, en souvenir de sa détestable scolarité, Sainte-Colline. C’est avec Clochemerle, une chronique villageoise rabelaisienne éditée en 1934, qu’il connaît le succès. Traduit en vingt-six langues et vendu à plusieurs millions d’exemplaires, l’ouvrage assure à son auteur gloire et fortune.

Alors, « La Peur », un énième ouvrage de guerre de plus ? Je ne sais pas pour vous, mais franchement, qu’il s’agisse des Croix de Bois de Roland Dorgelès, ou de « A l’ouest, rien de nouveau », je n’étais pas entièrement convaincu : je ne retrouvais pas dans ces récits le « comment du pourquoi » : pourquoi nous avons pu être assez bêtes pour tomber trois fois dans le même panneau : entre 1970 et 1940, les allemands nous ont servi le Plan d’invasion par la Belgique (Von Moltke) à trois reprises. Et nous y avons foncé tête baissée… Et pourquoi « La Der des der, » n’aura généré au bout du compte qu’un dérisoire cessez-le-feu de 21 ans. J’attendais donc un récit de première main, sans fioriture.

Et surtout, ce livre écrit en 1925, paru en 1930 a été censuré 9 plus tard. Tiens, tiens… Il contenait donc des choses peu avouables. Et notamment, pourquoi les Poilus rentrés chez eux ne racontaient jamais « leur » guerre, celle qui aurait dû les rendre fiers. Tout est expliqué de manière lucide, sincère et parfois cynique dans ce petit bouquin. Bernard Pivot en dit :’Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que le Feu d’Henri Barbusse (lui aussi censuré) et les Croix de Bois de Roland Dorgelès. ». Un court extrait :

Frondet… occupait à l’étranger un poste important dans l’industrie. Il souffre sans se plaindre de la promiscuité qu’impose la guerre et de la grossièreté de ses compagnons. Mais sa piété qui est connue, ne le sauve pas de la peur. Certains jours,il ressemble à un vieillard. Il a ce visage raviné, ces yeux tristes, ce sourire désespéré de ceux que ronge une idée fixe. Lorsque la peur devient chronique, elle fait de l’individu une sorte de monomane. Les soldats appellent cet état le cafard.En réalité, c’est une neurasthénie consécutive à un surmenage nerveux. Beaucoup d’hommes, sans le savoir, sont des malades, et leur fébrilité les pousse aussi bien au refus d’obéissance, aux abandons de poste, qu’aux témérités funestes. Certains actes de courage n’ont pas d’autre origine.

Frondet, lui se cramponne à la foi, à la prière, mais j’ai souvent compris, à la poignante humilité de son regard, qu’il n’en retirait pas un réconfort suffisant. Je le plains secrètement.

Au front.

Dans notre Boîte à Livres, naturellement.

L’Ours.

Economie·Société

Pourquoi la réouverture ne suffit pas à sauver l’économie ?

New-York Public Radio.org, 23 juin 2020 · Extrait de la newsletter de Planet Money Par Greg Rosalsky

Brooklyn Heights se trouve en face de l’East River de Lower Manhattan. Il est rempli de pierres brunes de plusieurs millions de dollars et – généralement – de Range Rover, de Teslas et de BMW. De nos jours, il est facile de trouver un parking. Les pierres brunes sont pour la plupart sombres la nuit. L’endroit est une ville fantôme. Et les restaurants de sushis, les studios de Pilates, les bistrots et les bars à vin du quartier sont fermés ou presque vides. C’est un microcosme pour ce qui a été le moteur de la récession pandémique : les riches ont cessé de sortir, détruisant des millions d’emplois.

New York Public Radio

C’est l’un des éléments clés d’une étude à succès qui a été abandonnée à la fin de la semaine dernière par un groupe d’économistes dirigé par Raj Chetty de l’Université de Harvard. Si vous ne savez pas qui est R. Chetty, il est un peu comme le Michael Jordan des politiciens. C’est un économiste vedette. Lui et ses collègues assemblent et analysent d’énormes ensembles de données et fournissent des informations qui modifient régulièrement les débats économiques fondamentaux sur les inégalités et les opportunités. Cette nouvelle étude se concentre sur l’impact économique du COVID-19 et la réponse du gouvernement. Pour nous, les nerds, c’est comme le septième match de la finale de la NBA, et Chetty vient de se précipiter à un moment crucial pour en perdre quelques trois.

Le jour de la sortie de l’étude, Chetty a participé à un webinaire Zoom parrainé par le Bendheim Center for Finance de l’Université de Princeton. Vêtue d’une chemise à col blanc avec des étagères comme toile de fond, Chetty nous a guidés tout au long de l’étude. Les données ? Seigneur. Ils ont rassemblé plusieurs nouveaux ensembles de données gigantesques d’entreprises privées, y compris des processeurs de cartes de crédit et de débit et des sociétés nationales de paie. Les données sont toutes disponibles gratuitement en ligne, mises à jour en temps réel et présentées sous une forme facilement digestible. Chetty et son équipe ont tout analysé pour donner un aperçu précis des dépenses de consommation, de l’emploi et de l’impact géographique de la crise. L’étude représente une avancée pour l’économie en tant que science, et elle contient quelques bombes.

Tout d’abord, les dépenses de consommation. En règle générale, a déclaré Chetty, les récessions sont entraînées par une baisse des dépenses en biens durables, comme les réfrigérateurs, les automobiles et les ordinateurs. Cette récession est différente. Il est principalement motivé par une baisse des dépenses dans les restaurants, les hôtels, les bars et autres établissements de services qui nécessitent un contact en personne. 

Nous le savions déjà un peu. Mais ce que montrent les données de l’équipe, c’est que cette baisse des dépenses se fait principalement dans les codes postaux riches, dont les entreprises ont vu leurs revenus chuter de 70%. Cela se compare à une baisse de 30% des revenus pour les entreprises dans les codes postaux les plus pauvres.

Deuxièmement, les emplois. Cette baisse de 70% des revenus des entreprises aux codes postaux riches a conduit ces entreprises à licencier près de 70% de leurs employés. Ces employés sont pour la plupart des travailleurs à bas salaire. Les entreprises des codes postaux les plus pauvres ont licencié environ 30% de leurs employés. L’essentiel, a déclaré Chetty dans sa présentation, est que « les réductions des dépenses des riches ont conduit à des pertes d’emplois principalement pour les personnes à faible revenu travaillant dans les zones riches ».

Troisièmement, l’effort de sauvetage du gouvernement. Ils trouvent que cela a pour l’essentiel échoué. Le programme de protection des chèques de paie de 500 milliards de dollars, qui a accordé des prêts-subventions aux entreprises de moins de 500 employés, ne semble pas avoir fait grand-chose pour sauver des emplois. Lorsque les chercheurs comparent les tendances de l’emploi des entreprises de moins de 500 employés avec celles qui en ont plus, les petites entreprises éligibles au PPP ne voient pas de relance relative après l’entrée en vigueur du programme. Il semble que le programme n’a pas fait son travail de sauvegarde d’emplois. Pendant ce temps, les contrôles de relance, tout en augmentant les dépenses, n’ont pas eu beaucoup d’effet stimulant, car les dépenses étaient principalement destinées à de grandes entreprises comme Amazon et Walmart. L’argent n’a pas été versé aux entreprises de services en personne les plus touchées par le ralentissement. Dans l’ensemble, le plan de sauvetage fédéral, selon eux,

Enfin, il y a des réouvertures autorisées par l’État : elles ne semblent pas non plus stimuler l’économie. Chetty et son équipe comparent, par exemple, le Minnesota et le Wisconsin. Le Minnesota a autorisé la réouverture des semaines avant le Wisconsin, mais si vous regardez les habitudes de dépenses dans les deux États, le Minnesota n’a vu aucune augmentation par rapport au Wisconsin après sa réouverture. « La raison fondamentale pour laquelle les gens semblent dépenser moins n’est pas à cause des restrictions imposées par l’État », a déclaré Chetty. «C’est parce que les gens à revenu élevé sont capables de travailler à distance, choisissent de s’isoler et sont prudents compte tenu des problèmes de santé. Et à moins que vous ne résolviez fondamentalement ce problème, je pense que la capacité de redémarrer l’économie est limitée.

Tant que les gens riches auront peur du virus, ils ne sortiront pas et ne dépenseront pas d’argent, et les travailleurs du secteur des services continueront de souffrir. 

Les travailleurs à faible revenu – en particulier ceux dont l’emploi est axé sur la fourniture de services dans les zones urbaines riches – sont dans une période de turbulences. Bon nombre de ces travailleurs reçoivent une bouée de sauvetage sous forme d’assurance-chômage, mais certaines de ces prestations expireront bientôt si le gouvernement fédéral n’agit pas.

Les économistes ont appris des chocs antérieurs comme celui-ci que le marché du travail ne s’y règle pas facilement. Les travailleurs ont du mal à se déplacer et à se recycler. Par exemple, après que plus d’un million d’emplois manufacturiers se soient évaporés dans la ceinture de rouille avec l’explosion des importations chinoises au début des années 2000, les gens sont restés dans les endroits qui ont perdu des emplois et n’ont pas réussi à en trouver de nouveaux, et beaucoup d’entre eux, désespérés, ont fini par se tourner vers l’alcool et les opioïdes, avec des résultats tragiques.

Chetty et son équipe concluent que les outils traditionnels de la politique économique – réductions d’impôts et augmentation des dépenses pour stimuler la demande – ne sauveront pas l’armée des chômeurs. Au lieu de cela, ils disent que nous avons besoin d’efforts de santé publique pour rétablir la sécurité et convaincre les consommateurs qu’il est normal de recommencer à sortir. D’ici là, soutiennent-ils, nous devons étendre les prestations de chômage et fournir une aide pour aider les travailleurs à faible revenu qui continueront de lutter dans l’économie pandémique.

Le mois prochain, les allocations de chômage financées par le gouvernement fédéral adoptées par le Congrès pour aider les Américains pendant la pandémie sont sur le point d’expirer . Cette étude révolutionnaire fournit un argument solide à Washington pour envisager de les étendre.

Greg Rosaslsky

Depuis 2018, Greg Rosalsky est écrivain et reporter à Planet Money de NPR. (New York Public Radio).

Avant de rejoindre NPR, il a passé plus de cinq ans chez Freakonomics Radio, où il a produit 60 podcasts téléchargés près de 100 millions de fois. Celles-ci comprenaient un exposé des dommages que les subventions à la réalisation cinématographique ont sur les travailleurs américains des effets visuels, une plongée en profondeur dans les succès et les échecs du modèle de fabrication allemand et une introduction à l’économie comportementale , qu’il a écrite comme une satire de la pensée économique traditionnelle. Parmi les épisodes les plus populaires de l’émission, il y avait ceux qu’il a produits sur les finances personnelles, y compris un sur les raisons pour lesquelles c’est une mauvaise idée pour les gens de choisir des actions .

Rosalsky a écrit des articles indépendants pour un certain nombre de publications, notamment The Behavioral Scientist et Pacific Standard . Un article qu’il a écrit sur les inégalités alimentaires à New York a été anthologisé dans Best Food Writing 2017 . Rosalsky était chercheur à la Maison Blanche pendant les premières années de l’administration Obama.

Il a obtenu une maîtrise à la Woodrow Wilson School de l’Université de Princeton, où il a étudié l’économie et les politiques publiques.

Actualités & News·L'éditorial

Éditorial : à vos tablettes !

Voici une nouvelle qui devrait faire plaisir à tous ceux qui « rongeaient leur frein » : l’heure de la reprise est pour bientôt ! Et plus précisément, B.C.N. vous donne rendez-vous pour une plénière PHYSIQUE le jeudi 27 Août à partir de 17 h 30, et jusqu’à 20 heures. Pourquoi cet horaire étendu ? Un certain virus… pas de dessin : le port du masque sera obligatoire, durant le temps de l’installation dans la grande salle du rez-de-chaussée de la Maison des Associations, la R03. C’est pourquoi la disposition de la salle, avec respect des distances minimales, prendra un certain temps.

Et pour finir sur cette question de Covid 19, le port du masque durant toute la durée de la réunion est ensuite sous la responsabilité du bureau : autant dire que la qualité de l’aménagement obtenu dans la salle de réunion sera décisive. C’est pourquoi nous comptons sur votre sens des responsabilités… et sur vos biceps !

Mais ce n’est pas tout : la question centrale de l’ordre du jour sera l’animation. Que voulons-nous faire de ce prochain quadrimestre ? Nombre d’idées et de suggestions circulent, quelques dates ont été arrêtées et validées. Malgré tout, l’agenda n’est pas suffisamment copieux, en raison des événements annulés. A nous de nous retrousser les manches, pour bâtir ce plan de contacts qui valorise A LA FOIS, les membres de BCN à titre individuel, en portant attention à leur projet professionnel, et le collectif qui fait votre pedigree « BCN, voilà des gens qui prennent leur destin en mains… »

Un dernier mot : nous sommes assurés de bénéficier de la présence d’un ou plusieurs invités. C’est donc pour nous tous l’occasion de faire découvrir l’association, à vos relations, vos connaissances, vos amis… A vous de jouer !

L’Ours.