Pour un meilleur emploi·Société·Témoignages

Les nouveaux rapports au travail.

Le témoignage de Laurent Grandguillaume dans la Revue des Cadres CFDT N° 485 – Juin 2020.

La crise actuelle accélère la mutation des relations d’emploi et de travail portée par la révolution numérique. La polarisation entre salariés et indépendants est dépassée. Ce que l’on appelait hier nouvelles formes d’emploi ont ouvert de multiples possibilités d’intermédiation, questionnant l’entreprise assise elle aussi sur le salariat.

M. Grandguillaume

La crise sanitaire oblige à repenser le travail pour s’adapter aux urgences, mais aussi pour innover et résister. Elle a accéléré le débat sur l’écologique, sur la nécessaire réduction des inégalités face à l’exclusion et à l’isolement social, sur le besoin de services publics efficients et sur l’utilité de refonder les politiques de l’emploi. Les débats se multiplient pour penser l’après dans les domaines de la transition écologique, du contrat social et de la relance économique, mais aussi sur la question des nouvelles médiations par les tiers de confiance dans une société fracturée par la défiance. Nous proposons ici d’aborder cette question sous l’angle du travail alors que le discours dominant depuis une décennie a été celui de la désintermédiation et de la critique virulente des corps intermédiaires. Les partenaires sociaux, les partis politiques, les associations subissent ainsi une forme puissante de défiance. Pour ma part, je crois que nous sommes dans une période de réintermédiation. Dans notre pays, l’entreprise et le travail en particulier restent des espaces de confiance comme le démontrent régulièrement les différentes enquêtes menées en la matière. C’est pourquoi il est essentiel de repenser la fraternité dans le collectif de travail à l’image des réflexions portées par Alain Supiot[1].

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