Economie·Nos synthèses par domaines.·Société

Internet, réseaux sociaux et usages.

L’idée de cet article « global » sur ce sujet sensible est née de la publication par l’INSEE de sa livraison d’avril d’un numéro de Résultat portant sur les technologies de l’Information et de la Communication s’appuyant comme toujours sur une longue « série » statistique. Il s’agit donc d’une étude de fond, sur 10 ans, de 2009 à 2019.

L’usage des technologies de l’information et de la communication par les ménages entre 2009 et 2019.

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Enquêtes sur les TIC auprès des ménages – Insee Résultats

Annaïck Rolland, division Conditions de vie des ménages, Insee.

I. INSEE RÉSULTATS Paru le : 01/04/2020

En 2019, 83 % des personnes de 15 ans ou plus résidant en France ont utilisé Internet au cours des trois derniers mois, contre seulement 65 % en 2009. Les plus âgés rattrapent leur retard ; 32 % des 75 ans ou plus sont utilisateurs contre 8 % d’entre eux en 2009. Les pratiques se développent et se diversifient et, parmi elles, les achats et ventes en ligne sont de plus en plus prisés.

Le développement accéléré de l’Internet mobile accompagne ces évolutions : en 2019, 75 % des personnes résidant en France ont déjà navigué sur Internet en dehors de chez elles, via un ordinateur portable, un téléphone portable, une tablette ou un autre appareil mobile ; elles n’étaient que 18 % dix ans auparavant.

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La série chiffrée accentue encore la rapidité de cette progression.

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  • Champ : ensemble des individus de 15 ans ou plus vivant en France dans un ménage ordinaire.
  • Source : Insee, enquêtes Technologies de l’information et de la communication de 2009 à 2019.

Pour en savoir plus

Mordier B., Vacher T. « Les médias sociaux : quel usage pour le marché de l’emploi ? », Insee Focus n° 30, juin 2015.

II. Usages Professionnels – Compléments : Extrait de Focus Juin 2015, enseignements de l’enquête Emploi 2013.

Sommaire

  1. 8 % des sociétés utilisent les médias sociaux pour recruter du personnel
  2. 30 % des personnes cherchant un emploi l’ont fait savoir via les réseaux sociaux
  3. L’usage des réseaux professionnels se développe

8 % des sociétés utilisent les médias sociaux pour recruter du personnel

En 2013, 20 % des sociétés de dix personnes ou plus implantées en France disposent d’un profil, d’un compte ou d’une licence sur un média social, le plus souvent un réseau social (bibliographie). Parmi elles, 38 % déclarent l’utiliser pour recruter du personnel, motif important même s’il l’est moins que ceux de développer l’image de l’entreprise, commercialiser des produits et interagir avec des clients. Au total, ce sont 8 % des sociétés de 10 personnes ou plus (représentant 25 % des effectifs de ces dernières) qui à la fois disposent d’un compte sur un média social et l’utilisent pour recruter du personnel (figure 1). Elles peuvent, par ce biais, diffuser largement leurs annonces, rechercher des candidats au profil ciblé, identifier et contacter des candidats, échanger avec d’autres sociétés ou encore vérifier le parcours de candidats, etc.

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Par comparaison, en Union européenne (UE à 28), 9 % des sociétés de 10 personnes ou plus ont recours aux médias sociaux pour recruter du personnel. De fait, les sociétés implantées en France ont moins souvent un compte sur un média social (20 % contre 30 % en moyenne dans l’UE à 28). Par contre, le motif de recrutement du personnel est plus souvent cité en France (38 % contre 30 % dans l’UE à 28).

En France, parmi les sociétés de 10 personnes ou plus, celles employant 250 personnes ou plus recourent plus souvent aux médias sociaux pour recruter du personnel : 24 % contre 9 % parmi celles de 20 à 249 personnes et 5 % parmi celles de 10 à 19 personnes.

C’est parmi les sociétés du secteur de l’information et de la communication que cette pratique est la plus répandue (32 %). Suivent les sociétés du secteur des activités spécialisées scientifiques et techniques (14 %) et celles de l’hébergement et de la restauration (12 %). À l’autre extrême, les sociétés de l’industrie, de la construction et des transports font rarement usage des médias sociaux pour recruter du personnel (3 %).

30 % des personnes cherchant un emploi l’ont fait savoir via les réseaux sociaux

Pour les personnes qui recherchent un emploi, le recours aux réseaux sociaux est assez fréquent : 30 % d’entre elles l’ont fait savoir sur ces réseaux en communiquant leur profil professionnel. Cependant ce mode de recherche est rarement mobilisé seul : la plupart des personnes qui l’ont utilisé ont également fait appel à des connaissances (70 % d’entre elles) ou à des organismes (64 %) comme Pôle emploi ou l’association pour l’emploi des cadres (APEC), ou ont candidaté directement auprès d’un employeur (53 %).

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Les plus jeunes et les plus diplômés recourent davantage aux réseaux sociaux. Parmi les personnes à la recherche d’un emploi, 35 % des 20-24 ans (figure 2 ci-dessus) les utilisent dans leurs démarches. Elles sont 45 % parmi les titulaires d’une licence ou d’un diplôme d’un niveau supérieur, mais seulement 20 % parmi les non-diplômés (figure 3 ci-dessous). Les femmes y recourent autant que les hommes.

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L’usage des réseaux professionnels se développe

Au cours du premier trimestre 2013, 11 % des personnes actives de 20 ans ou plus déclarent avoir participé à un réseau social professionnel sur Internet : création d’un profil, envoi de messages ou autres contributions. Ce taux progresse depuis 2011 : il s’établissait alors à 8 %. Les plus jeunes y recourent davantage ; 14 % des actifs âgés de 20 à 39 ans utilisent un réseau professionnel contre 7 % chez les personnes de 50 ans ou plus.

Le recours à un réseau professionnel est fréquent chez les cadres d’entreprise ; 37 % d’entre eux sont concernés (figure 4). Il est deux fois moins important chez les cadres de la fonction publique, professions intellectuelles et artistiques (19 %) ou les professions libérales (17 %), et beaucoup plus rare chez les agriculteurs exploitants ou les ouvriers et les employés (moins de 5 %).

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Les hommes utilisent plus souvent les réseaux professionnels que les femmes (14 % contre 8 %). Ceci reste vrai à âge et profession équivalents.

III. INSEE première : « Une personne sur six n’utilise pas Internet, plus d’un usager sur trois manque de compétences numériques de base », Insee Première n°1780, octobre 2019.

Legleye S., Rolland A.

En 2019, 15% des personnes de 15 ans ou plus n’ont pas utilisé Internet au cours de l’année, tandis que 38 % des usagers toute de compétence. manquent d’au moins une compétence  numérique de base et 2% sont dépourvus de toute  compétence. Ainsi, l’illectronisme, ou illettrisme numérique concerne 17% de la population. Une personne sur quatre ne sait pas s’informer et une sur cinq est incapable de communiquer via Internet. Les personnes les plus âgées, les moins diplômées, aux revenus modestes, celles vivant seules ou en couple sans enfant ou encore résidant dans les DOM sont les plus touchées par le défaut d’équipement comme par le manque de compétences. En France, le niveau global de compétences numériques est semblable à la moyenne européenne. 

Stéphane Legleye, Annaïck Rolland (division Conditions de vie des ménages, Insee) 

Savoir utiliser les ressources numériques courantes (Internet, traitement de texte…) est devenu presque aussi indispensable que savoir lire, écrire et compter. Ne pas avoir accès à Internet ou ne pas savoir utiliser les outils numériques représente donc un réel handicap, notamment pour effectuer des démarches administratives ou encore accéder aux services publics, pouvant accroître la vulnérabilité sociale de populations potentiellement déjà fragiles. La lutte contre l’illectronisme devient ainsi un enjeu de politique publique comparable à la lutte contre l’illettrisme. En raison des évolutions incessantes des supports et des logiciels, elle nécessite de réduire, à tous les âges et tout au long de la vie, les inégalités matérielles et de fournir une formation continue. 

Une personne de 75 ans ou plus sur deux n’a pas accès à Internet à son domicile. 

En 2019, 12 % des individus de 15 ans ou plus résidant en France hors Mayotte ne disposent d’aucun accès à Internet depuis leur domicile, quel que soit le type d’appareil (ordinateur, tablette, téléphone portable) et de connexion (figure 1). Ce taux a baissé de 21 points depuis 2009, et ce dans tous les segments de la société [Insee Résultats, 2019], mais des inégalités persistent : les personnes âgées, peu diplômées ou dont le niveau de vie est modeste disposent moins souvent d’un accès personnel à Internet. Ainsi, 53 % des 75 ans ou plus n’ont pas accès à Internet, comme 34 % des personnes sans diplôme ou titulaires d’un certificat d’études primaires (CEP) et 16 % des plus modestes (vivant dans un ménage du 1er quintile de niveau de vie). À l’opposé, seuls 2 % des 15-29 ans ne sont pas équipés, comme 3 % des diplômés du supérieur et 4 % des personnes vivant dans un ménage du dernier quintile de niveau de vie. Le type de ménage est également clivant, les personnes seules et les couples sans enfant étant nettement moins équipés. Cet effet perdure toutes choses égales par ailleurs, et notamment à âge fixé (figure 2). Relativement aux couples avec enfant, les personnes seules sont plus de six fois plus souvent non-équipées, et les couples sans enfant 3,3 fois plus. La situation professionnelle joue également : parmi les 18-64 ans (hors étudiants et retraités), c’est-à-dire les personnes en âge de travailler, les chômeurs et les inactifs sont moins souvent équipés que les personnes en emploi. Ne pas s’équiper peut être un choix justifié par le manque d’intérêt (cité par 19 % des non-équipés), la volonté de protéger sa vie privée (15 %) ou le fait de disposer d’un accès hors du domicile (6 %). Ces deux dernières raisons sont socialement clivées :      l’existence d’un accès hors du domicile est quatre fois plus citée par les diplômés du supérieur que les non-diplômés (21 % contre 5 %), la protection de la vie privée trois fois plus (34 % contre 12 %). 

Insee Première n° 1780 – Octobre 2019 

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15 % de la population n’a pas utilisé Internet au cours de l’année dont 64 % des 75 ans ou plus 

En 2019, 15 % de la population n’a pas utilisé Internet dans l’année écoulée. En pratique, non-équipement et non-usage vont de pair : seules 6 % des personnes équipées à domicile n’utilisent pas Internet, et inversement, seuls 2 % des usagers ne sont pas équipés. À l’opposé, 71%  de la population est utilisatrice quotidienne ou presque, soit 24 points de plus qu’en 2009. Cet usage quasi-quotidien se démocratise, même chez les 75 ans ou plus parmi lesquels il est passé de 5 % à 19 % entre 2009 et 2019. Entre 2009 et 2019, les disparités sociales se sont réduites pour l’usage quotidien : l’écart entre les 75 ans ou plus et les moins de 30 ans est passé de 66 à 41 points, celui entre les diplômés du supérieur et les non-diplômés de 63 à 24 points, celui entre les cadres et les ouvriers de 49 à 14 points. Toutefois, le non-usage d’Internet reste socialement très clivé en 2019 : par exemple, 64 % des 75 ans ou plus et 41 % des personnes sans diplôme ne se sont pas connectées au cours de l’année. L’analyse toutes choses égales par ailleurs montre que les déterminants du non-usage au cours de l’année sont identiques à ceux du non-équipement. Le diplôme s’avère un peu plus discriminant, à l’inverse, le niveau de vie joue moins et les disparités entre les types de ménage sont amenuisées. Par ailleurs, parmi les 18-64 ans (hors étudiants et retraités), les inactifs sont deux fois moins souvent utilisateurs d’Internet que les personnes en emploi, alors qu’il n’y a pas de différence entre ces dernières et les chômeurs. 

38 % des usagers d’Internet manquent d’au moins une compétence numérique, 2 % n’en ont aucune

 Utiliser Internet ne garantit pas de posséder les compétences numériques de base (figure 3). Ainsi 38 % des usagers apparaissent manquer d’au moins une compétence dans les quatre domaines que sont la recherche d’information, la communication, l’utilisation de logiciels et la résolution de problèmes (encadré). Le défaut de compétence le plus répandu concerne l’usage de logiciel (35 %) devant la recherche d’information (11 %), la résolution de problèmes (8 %) et la communication (7 %). L’absence de compétences numériques concerne 2 % des usagers d’Internet. Si l’on ajoute les non-usagers, 17 % de la population se trouve en situation d’illectronisme. Le profil des personnes concernées reflète largement celui du non-usage : les plus concernées sont les personnes âgées, peu diplômées, au niveau de vie modeste, vivant seules ou en couple sans enfant, inactives ou vivant dans les DOM (hors Mayotte). Mais l’âge joue davantage sur les compétences que sur l’équipement, alors que le niveau de vie est plus discriminant pour l’équipement que pour les compétences. 

Une personne sur quatre ne sait pas s’informer et une sur cinq est incapable de communiquer via Internet 

Obtenir de l’information sur Internet est fondamental. Pourtant, 24 % de la population apparaît en être incapable : 9 % se sentent réellement incompétents bien qu’usagers d’Internet, tandis que 15 % sont non-usagers. Parmi les usagers d’Internet, 33 % n’ont ainsi pas été en mesure de se renseigner sur des produits et services et 49 % de rechercher des informations administratives. L’incapacité à rechercher des informations administratives est particulièrement problématique, comme en témoigne le rapport du Défenseur des droits de 2019. Pour les personnes concernées, la dématérialisation de l’administration accroît le risque de non-recours à des prestations ou de perte de droits. De même, alors que communiquer via Internet paraît quasi-incontournable dans le monde professionnel et personnel, un peu plus de 21 % de la population ne dispose pas de cette capacité en 2019. Un peu plus de 6 % des personnes apparaissent réellement incompétentes, tandis que 15 % sont en fait non-usagères. Parmi les usagers d’Internet, 14 % n’ont ni envoyé ni lu de courriels et 54 % n’ont pas communiqué via les réseaux sociaux (qu’ils soient personnels ou professionnels). Cela accroît le risque d’isolement relationnel et réduit les chances d’obtenir de l’aide en cas de besoin [Gleizes et al., 2019]. Savoir utiliser des logiciels, comme les traitements de texte, est également une compétence souvent nécessaire dans la vie courante et professionnelle, et s’impose même pour rédiger lettres de motivation ou curriculum vitae afin de postuler à une offre d’emploi. Cependant, 35 % des usagers d’Internet au cours de l’année sont dépourvus de cette compétence. Enfin, parmi les usagers d’Internet dans l’année, 8 % n’ont pas effectué de tâche informatique simple, comme déplacer un fichier, installer un programme ou consulter son compte en banque. 

Des compétences clivées suivant l’âge, le diplôme et le type de ménage 

Si l’accès à Internet et son usage se développent rapidement, des inégalités de maîtrise des outils numériques persistent, qui dépassent les clivages liés à l’âge. Parmi les usagers d’Internet dans l’année âgés de 18 à 64 ans (hors étudiants et retraités), le diplôme est, toutes choses égales par ailleurs, le facteur le plus discriminant en matière de compétences numériques de base. Les personnes vivant dans des ménages avec enfant déclarent moins de difficultés à maîtriser les compétences de base, ce qui pourrait témoigner du rôle formateur des jeunes dans l’acquisition des compétences de leurs parents. La situation professionnelle est également clivante : les chômeurs présentent moins de difficultés dans les compétences de base que les personnes en emploi et les inactifs ; ils ont aussi moins de risque de ne pas savoir s’in- former et utiliser des logiciels. Ce résultat pourrait refléter la nécessité qu’ils ont de consulter régulièrement Internet et notamment le site de Pôle emploi. 

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Insee Première n° 1780 – Octobre 2019 

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4. Niveaux de compétences numériques dans les pays européens 

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Des disparités territoriales d’équipement et de compétences 

Bien qu’il existe des zones blanches ou mal couvertes en téléphonie mobile et d’autres où l’offre Internet filaire est déficiente, les disparités territoriales révélées par l’enquête sont modestes : le taux brut de non-équipement est minimal en agglomération parisienne (8 %) mais 1,6 fois plus élevé dans les communes rurales et dans les unités urbaines de moins de 10 000 habitants (13 %) et 1,5 fois plus dans les unités urbaines de 10 000 à 1 999 999 habitants (12 %). Cependant, ces sur-risques sont largement dus à des différences de population : ils s’amenuisent et deviennent non-significatifs toutes choses égales par ailleurs, passant de 1,6 à 1,1 pour les communes rurales et les unités urbaines de moins de 10 000 habitants et de 1,5 à 1,1 pour les unités urbaines de 10 000 à 1 999 999 habitants. De même, le taux de non-équipement n’est pas significative- ment plus élevé dans les DOM (hors Mayotte) qu’en métropole, bien que le taux brut y soit supérieur (19 % contre 12 %) ; en revanche, le non-usage dans l’année est y plus élevé (+ 25 % par rapport à la métro- pole). Il n’y a pas de différence significative non plus pour le non-usage suivant la taille d’unité urbaine. Les raisons de l’absence d’équipement à domicile sont variables : le manque de compétence (41 %), le coût du matériel (32 %) ou de l’abonnement (27 %) sont les plus citées, loin devant l’absence d’offre haut-débit (5 %). Mais cette dernière raison clive vraiment le territoire : elle est citée par 13 % des non-équipés des communes rurales contre moins de 2 % dans les unités urbaines de plus de 100 000 habitants. Si 79 % des connexions filaires sont en haut-débit, ce n’est le cas que de 69 % dans les communes rurales (où on trouve 16 % de bas débit) contre plus de 80 % dans les unités urbaines de 10 000 habitants ou plus et 87 % en agglomération parisienne (où seules 5 % sont en bas-débit). Des inégalités apparaissent aussi pour les compétences : toutes choses égales par ailleurs, les usagers d’Internet des communes rurales manquent davantage de compétences de base en recherche d’information (+ 44 %) ou en communication (+ 72 %) – à l’instar de ceux des unités urbaines de 100 000 à 1 999 999 habitants (+ 59 %) – que ceux de l’agglomération parisienne, tandis que ceux des DOM manquent davantage de compétences en communication (+ 99 %) et résolution de problème (+ 82 %) que ceux de métropole. 

Les compétences des Français dans la moyenne de l’UE 

En France, en 2017, 43 % des individus de 16 à 74 ans (tranche d’âge commune à toutes les enquêtes européennes) avaient un score global de capacité numérique nul ou faible (encadré), ce qui place le pays dans la moyenne de l’Union européenne (figure 4). Le Luxembourg et Pays-Bas sont en tête (entre 15 % et 20 % de non-usage et de compétences faibles ou nulles), alors que la Roumanie et la Bulgarie sont en bas du classement, en raison de la faible proportion d’usagers (63 % en Bulgarie et 64 % en Roumanie). Cette distribution reflète à la fois le niveau de développement économique des pays, leur pyramide des âges, leur densité de population et l’hétérogénéité de leur territoire. ∎ 

Encadré : Capacités et compétences numériques.

Eurostat distingue quatre domaines de compétences numériques : 

– la recherche d’information (sur des produits et services marchands ou administratifs, etc.); 

–la communication (envoyer ou recevoir des courriels, etc.); 

–la résolution de problèmes (accéder à son compte bancaire par Internet, copier des fichiers, etc.); 

– l’usage de logiciels (traitement de texte, etc.). 

Ces compétences sont mesurées à partir des déclarations sur le fait d’effectuer certaines tâches dans l’enquête annuelle auprès des ménages sur les technologies de l’information et de la communication, menée dans tous les pays de l’Union européenne. 

Chaque compétence est notée 0 (compétence nulle), 1 (basique) ou 2 (compétence plus que basique). Le non-usage d’Internet au cours de l’année impliquant la note 0 : l’échelle mesure donc une capacité pratique (liée à la possession d’un équipement et à un usage même minimal d’Internet) si l’on considère la population générale, mais une compétence si l’on se restreint aux usagers d’Internet. Elle sous-estime légèrement les compétences en «logiciels» et «résolution de problèmes» dont les critères ne nécessitent pas tous l’usage d’Internet. 

Ces quatre domaines de compétences sont très liés, et en les sommant, on obtient un indicateur global de capacités numériques : une personne n’a ainsi aucune capacité numérique si elle obtient 0 dans chaque domaine (illectronisme) et des capacités plus que basiques si elle obtient 2 dans les quatre domaines. Entre les deux, Eurostat distingue les capacités faibles (au moins une compétence est notée à 0 et au moins une vaut 1) et basiques (aucune des compétences n’est égale à 0 et au moins une est égale à 1). 

Définitions 

Analyse toutes choses égales par ailleurs : cette approche vise à distinguer l’effet des différentes variables affectant un phénomène, par exemple, mesurer l’effet de l’âge sur la capacité à s’informer, à niveau de diplôme comparable, en tenant compte du fait que les plus âgés sont en moyenne moins diplômés. Les analyses présentées ici correspondent à une régression de Poisson modifiée, fournissant des risques relatifs (RR). Les variables prises en compte sont celles de la figure 2.

Illectronisme : désigne le fait de ne pas posséder les compétences numériques de base (envoyer des courriers électroniques, consulter ses comptes en ligne, utiliser des logiciels, etc.) ou de ne pas se servir d’Internet (incapacité ou impossibilité matérielle).

Quintiles de niveau de vie: valeurs qui répartissent les ménages en cinq groupes. Le premier quintile regroupe les 20 % des ménages dont le niveau de vie est le plus faible (modeste) et le dernier quintile les 20 % des ménages dont le niveau de vie est le plus élevé (aisé). 

Sources. 

L’enquête annuelle auprès des ménages sur les technologies de l’information et de la communication (TIC ménages) permet de décrire l’équipement et les usages des ménages dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (informatique, Internet fixe et mobile). L’enquête est annuelle depuis 2007. Elle est multimode: elle permet aux enquêtés de répondre soit par Internet, soit par un questionnaire papier, soit par téléphone. 

Pour en savoir plus 

  • L’économie et la société à l’ère du numérique, coll. «Insee Références», à paraître. 
  • Gleizes F., Grobon S., Legleye S., «3% des individus isolés de leur famille et de leur entourage: un cumul de difficultés socioéconomiques et de mal-être», Insee Première n° 1770, septembre 2019. 
  • «L’usage des technologies de l’information et de la communication par les ménages entre 2009 et 2018», Enquêtes sur les TIC auprès des ménages, Insee Résultats, mars 2019. 
  • «Dématérialisation et inégalités d’accès aux services publics», Défenseur des droits, janvier 2019.
  • Franchomme M., Laboureur M., «Diagnostic territorial des dispositifs de lutte contre l’illectronisme dans les Hauts-de-France», Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, octobre 2018. 
  • «L’illectronisme en France», enquête CSA, mars 2018. 

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