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BCN a vu pour vous : « Judy ».

Renée Zellweger incarne Judy Garland à la fin de sa vie dans ce biopic. Critiques, bande-annonce, casting, tout ce qu’il faut savoir sur Judy.

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Tout le monde a entendu parler de Judy Garland, l’interprète vedette du « Magicien d’Oz », ainsi que de la scie « Somewhere over the rainbow ». C’est l’une des chansons les plus connues de la fin des années 1930. Incarnant les espoirs et les rêves d’une jeunesse aspirant à un monde idéal d’amour et de joie, la chanson fut écrite en une nuit pour Judy Garland qui l’interpréta dans le film Le Magicien d’Oz, et elle devint le thème musical qui devait bercer toute sa vie. En effet, on lui demanda de l’interpréter à presque toutes ses apparitions publiques.

La mélodie plaintive et les paroles simples de la chanson racontent le désir d’une adolescente de s’échapper du « désordre sans espoir » de ce monde (hopeless jumble), de la tristesse des gouttes de pluie, vers un nouveau monde plein de couleurs « par-delà l’arc-en-ciel » (over the rainbow). Cette chanson exprime aussi la croyance enfantine selon laquelle les cieux ouvriront un passage vers un lieu où « les soucis fondent comme du sorbet au citron » (troubles melt like lemon-drops).

Seconde chose que l’on sait généralement sur Judy Garland, c’est qu’elle vient de rapporter l’Oscar de la meilleure actrice à Renée Zellweger. Les cinéphiles français se souviennent du trophée obtenu par Marion Cotillard pour la Môme. De là à penser que les artistes « sulfureuses » fournissent de la matière à d’excellents biopics…

Synopis : Hiver 1968. La légendaire Judy Garland débarque à Londres pour se produire à guichets fermés au Talk of the Town. Cela fait trente ans déjà qu’elle est devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz. Judy a débuté son travail d’artiste à l’âge de deux ans, cela fait maintenant plus de quatre décennies qu’elle chante pour gagner sa vie. Elle est épuisée. Alors qu’elle se prépare pour le spectacle, qu’elle se bat avec son agent, charme les musiciens et évoque ses souvenirs entre amis ; sa vivacité et sa générosité séduisent son entourage. Hantée par une enfance sacrifiée pour Hollywood, elle aspire à rentrer chez elle et à consacrer du temps à ses enfants.

Les critiques : elles sont unanimes : Renée Zellweger a amplement mérité son Oscar de la meilleure actrice, décroché quelques semaines plus tôt pour ce rôle. « Renée Zellweger se livre corps et âme pour ce rôle exigeant, offrant une performance magistrale » selon Télé-Loisirs, Le Parisien note une interprétation « déchirante »,  Ouest France souligne que la légende d’Hollywood est « si bien incarnée par l’actrice de Bridget Jones ». Pour Première, ce biopic tout ce qui a de plus classique vaut d’ailleurs principalement pour cette performance d’actrice : « Sans jamais tomber dans l’imitation, elle rend compte de la complexité d’une vie de star lancée toute jeune et soumise à la pression d’un métier qui exige plus qu’il ne donne. Et finalement, elle nous parle autant d’elle que de Judy Garland. »

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Inspiré de la comédie musicale End of the Rainbow, le long-métrage avait « seulement » été cité aux Oscars dans la catégorie Meilleure actrice et Meilleurs coiffures et maquillages. Judy doit donc beaucoup à son interprète, visiblement inspirée par Liza Minelli. Le film satisfera les amateurs du genre, et décevra sans doute les spectateurs qui attendent une « proposition originale ».

Judy6L’on apprend dans ce film, que Judy s’est « pris son premier rateau » de  Mickey Rooney, un autre enfant-star de Hollywood. Celui-ci aura eu la chance de vivre deux fois plus longtemps : 94 ans, de divorcer deux fois plus souvent, et évoquait cette rencontre bien longtemps après la disparition de l’actrice. L’enfance et l’adolescence sous la tutelle de M. Mayer (des studios MGM) sont un perpétuel balancier entre l’esclavage de la production et l’occasion de briller, de sortir de l’enfance pauvre du Minnesota : cela laissera bien plus tard des séquelles.

Que faut-il en penser ? Attendre une proposition originale sur une biographie, suppose de « picorer », de piocher des extraits, comme ce fut le cas de « J’accuse », ou du prochain « De Gaulle »; ici,  le parti pris est différent. Pour incarner le personnage, l’actrice Renée Zellweger a dû elle aussi se mettre au chant pour incarner ce rôle. C’est bien elle qui chante dans Judy : la comédienne a répété plusieurs mois durant avec le directeur musical du film. C’est donc bien la voix de l’interprète de Bridget Jones, transformée par ses talents pour coller au plus près à celle de Judy Garland, qu’on entend dans ce biopic. C’est très courageux, et c’est aussi ce qui fait la force et l’émotion des scènes de show restituant la tournée de Londres. Un très bon moment.

L’Ours.

Grizzly