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Le retour du tragique : Pascal Perrineau.

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LE MONDE D’APRÈS. Replongerons-nous dans l’ancien monde ou sommes-nous en train d’ouvrir un nouveau monde ? C’est « à l’ampleur finale du désastre humain, mais aussi économique, social et politique », à « la manière dont les dirigeants de l’État et la puissance publique seront parvenus (ou non) à gérer la crise et sauront (ou non) en tirer les conséquences pour déjà se préparer à la suivante », à, « la façon dont chaque individu reconfigurera (ou non) son double rapport au temps et à l’espace », que Pascal Perrineau conditionne l’envergure civilisationnelle de cette épreuve de vérité. Mais aussi à une irrépressible leçon de l’Histoire : l’omniprésence du « tragique ». Leçon qui ramène l’Homme, enivré d’arrogance, de vanité et de pouvoir, prisonnier de son anthropocentrisme, à ce qu’il est réellement : infiniment petit et infiniment vulnérable, infiniment barbare lorsqu’il siphonne le progrès de son sens. « La violence de la pandémie rappelle que le tragique est propre à toute époque, passée et future ; elle rappelle que la maitrise définitive de notre environnement n’existe pas et à tout moment peut être défiée ; elle rappelle que les hommes sont l’agent premier de leur perte. Si ces rappels sur la fragilité sont intégrés par les gouvernants et les citoyens, les leçons de cette pandémie ne seront pas vaines », espère le politologue.

LA TRIBUNE – Question : Ce moment si particulier de début de confinement, comment l’éprouvez-vous intimement, comment l’interprétez-vous intellectuellement ? Je et nous vivons une expérience unique, nommez-vous, de « recentrage »…

Pascal Perrineau – Absolument. Recentrage d’abord sur le vital : nous essayons de prendre soin de nous et de veiller au soin de nos proches. Recentrage aussi sur l’essentiel : grâce à cette pause subite, grâce à cet arrêt du temps inédit, chacun d’entre nous est invité – dans la douleur pour ceux qui sont exposés à la solitude ou à la précarité – à se recentrer sur lui afin non plus de cultiver son individualité (et son individualisme) mais de préserver le collectif. Dans cette distinction fondamentale de destination, réside sans doute le caractère le plus neuf et le plus intéressant de ce confinement. Vivre soi avec soi pour mieux prendre soin de l’Autre.

Question : Cette réclusion et ce « recentrage » bouleversent notre double rapport au temps et à l’espace. Voilà « seulement » une dizaine de jours que nous l’éprouvons, en repérez-vous déjà des manifestations, des enseignements… et des bienfaits ? Qui n’a jamais éprouvé douloureusement que l’extraordinaire compression du temps, provoquée par les nouvelles technologies de communication, téléphone portable en tête, était devenue irrespirable ? Que la dictature des écrans et des réseaux sociaux embastillait nos consciences ? Que l’hyper-connectivité, tentaculaire et immédiate bloquait nos dispositions à penser, à flâner, à rêver, à imaginer, à « bien » décider ?

Ce rapport au temps et à l’espace ainsi ébranlé modifie la manière dont nous nous insérons dans notre espace de vie, et donc devrait modifier à terme notre propre rapport à l’existence. Voilà bien une dizaine d’années que nous nous questionnons sur ce temps qu’en effet téléphones portables, ordinateurs, et même désormais montres connectées( !), rendent si rapide, parfois même instantané. Le temps s’est affolé, il a façonné cette société du « bougisme » modélisée par le philosophe Pierre-André Taguieff, il entraine ce que le romancier Sylvain Tesson baptise « l’épilepsie du temps », et finalement le confinement nous donne l’opportunité de marquer un temps d’arrêt, de goûter les minutes et de mettre en place un éloge de la lenteur. Jusqu’à, en ce qui me concerne, perdre la notion des dates, l’ordre des jours et même des heures !

Quant à l’espace, il était il y a peu illimité. Nous « flottions » dans un espace qui avait pour horizon le monde, l’Europe, les pays visités ou traversés, et cela à partir d’un simple message électronique, d’une visioconférence, d’un voyage à toute allure en TGV ou encore d’un vol transatlantique. Sous le coup d’un arrêt immédiat des mobilités, notre espace de vie s’est soudainement réduit aux murs de l’appartement ou de la maison… Le voyage devient un « voyage autour de ma chambre » comme pouvait le décrire à la fin du XVIIIe siècle l’écrivain savoyard Xavier de Maistre, un des seuls voyages, écrivait-il « à l’abri de la jalousie inquiète des hommes« ..

Question : Or l’espace de vivre conditionne l’espace de penser. Des réclusions subies naissent parfois de lumineuses créations ; plus surement elles provoquent la contraction des horizons et donc ensommeillent l’imagination…

Je pense qu’il n’existe pas de règle universelle. Et peut-être d’ailleurs le paradoxe de ce confinement nous éveille à un nouvel horizon ; songez en effet qu’on nous demande et même nous impose de nous isoler aux fins de protéger autrui et de sauver la communauté. Ce grand écart concentre de formidables leçons sur et pour nous-mêmes, à la fois sur ce que nous sommes intrinsèquement et sur la manière dont nous construisions notre lien aux autres – les autres étant les humains bien sûr, mais aussi « tout » ce qui compose notre environnement, en premier lieu cette nature que nous consommons sans limite et pillons sans vergogne. Cette prise de conscience sera-t-elle éphémère, s’évanouira-t-elle aussi vite qu’elle a surgi une fois le confinement et la crise passés ? Ou au contraire sera-t-elle durable ? Replongerons-nous dans l’ancien monde ou sommes-nous en train d’ouvrir un nouveau monde ?

Pour marqueur de notre espace, reprendrons-nous l’infiniment grand ou au contraire nous tournerons-nous vers la proximité ? Et par exemple, lors d’une semaine de repos, continuerons-nous de nous envoler vers des iles lointaines ou préférerons-nous (re)découvrir la proximité familière : la campagne de son enfance, la mer des vacances d’été en famille… ? Seuls les faits, bien sûr, et le… temps le diront.

Question : Quel moment de la démocratie française traversons-nous ? Il y a quelques mois, vous publiiez Le grand écart (Plon), mettant en lumière l’état de santé dégradé de la démocratie française au crépuscule d’une année 2019 symptomatique. Fragmentée, écartelée entre des mécanismes (direct, avec les gilets jaunes ; participatif, avec le Grand débat national ; représentatif, avec le scrutin européen) qui peinent à dialoguer et à s’articuler harmonieusement, déstabilisée par la prise de pouvoir des réseaux sociaux et l’effacement, pour certains temporaires pour d’autres définitifs, de principes cardinaux sur lesquels elle fonde son efficacité – temps long, vitalité des corps intermédiaires, etc. -, cette démocratie est malade. Peut-on dès maintenant repérer les manifestations de l’épreuve, du défi auxquels l’expose la crise du Covid-19 ?

Quel système politique est le mieux adapté à la gestion d’un tel événement ? Cette question est au cœur des débats d’ordre politique. Et elle n’est pas close, car lorsqu’on fait un tour du monde des régimes politiques confrontés à la pandémie, il est difficile d’avoir une opinion tranchée et universelle. De la Chine aux États-Unis, du Brésil à la Russie, de l’Inde à l’Europe… la comparaison est délicate. Reste que le succès – pour l’heure – des méthodes chinoises peut laisser penser qu’au plus fort d’une telle épidémie, un régime centralisé, autoritaire, décrétant des mesures radicales qui prennent appui sur des dispositifs liberticides, peut sembler plus efficace qu’une démocratie « à la française ou à l’italienne ». Mais à y regarder de plus près, il faut constater que des démocraties comme celles de Corée du sud ou de Taïwan, affichent elles aussi des résultats tout à fait convaincants sans avoir tenté de travestir l’ampleur du mal épidémique au départ. Preuve que les démocraties, tout en maintenant une transparence, ne sont pas condamnées à être inefficaces. Donc les explications se trouvent davantage dans la stratégie des mesures mises en oeuvre que dans la nature du régime qui les déploie. Et plus encore peut-être, dans la singularité « culturelle ». En effet, qu’est-ce qui distingue, tendanciellement, les Chinois des Italiens, les Coréens des Français, les Japonais des Espagnols ? Leur disposition, naturelle ou héritée de leur histoire, de reléguer les droits des individus derrière les droits de la collectivité. Pour exemple, c’est officiellement au nom de « l’intérêt de tous » que Pékin ou Séoul tracent les téléphones portables et compriment « l’intérêt de chacun ». Personne ne s’en émeut. Imagine-t-on une telle acceptation en France ? Le degré de discipline sociale et politique d’une nation ainsi que sa sensibilité à l’intérêt de la collectivité sont décisifs pour distinguer les niveaux d’efficacité des différentes stratégies retenues.

Question : L’historien René Rémond avait daté la fin du XXe siècle au 11 septembre 2001. Parce que cette crise sanitaire est mondiale et durable, parce qu’elle est holistique et affecte tous les systèmes domestiques (politiques, économiques, sociaux, industriels), parce qu’elle nous plonge dans un inconnu ténébreux, parce qu’elle questionne le fonctionnement et donc l’avenir même – aussi bien politique qu’économique, aussi bien des échanges commerciaux que des déplacements humains, aussi bien de la gouvernance internationale que des modèles de consommation – de la mondialisation, ce qui s’est passé un jour, de si anodin, de si innocent, sur un obscur marché d’une mégapole chinoise pourrait-il marquer notre entrée dans une nouvelle ère ? Cette crise peut-elle même être civilisationnelle ?

Souvenons-nous de la crise financière de 2008 – 2009 ; combien de débats, de réflexions, de promesses ! « Plus rien ne sera jamais comme avant », avait prédit la communauté des experts et espéré une grande partie de la communauté humaine. La réalité est que le naturel avait repris son cours très vite, et que les acteurs de la finance avaient tout aussi aisément repris la main. Et rien, depuis, n’a profondément changé. Il existe, toutefois, une différence notable : cette pandémie menace l’essence même de ce que nous sommes. Notre vie. La vie de ceux que nous aimons. La vie de ceux qui composent notre cercle social, notre environnement professionnel, la vie de ceux, sans visage, que nous ne connaissons pas mais qui chaque jour participent, indirectement, à notre existence. Cette crise ne relève pas du matériel mais du vital. Cela modifie en profondeur le paradigme.

De l’ampleur finale du désastre humain, mais aussi économique, social et politique, de la manière dont les dirigeants de l’État et plus largement la puissance publique seront parvenus à gérer la crise et sauront en tirer les conséquences pour déjà se préparer à la suivante – depuis 1996 et la maladie de la vache folle, se sont succédé à un rythme de plus en plus élevé les épidémies SRAS, H1N1, Ebola, Zika -, de la façon, enfin, dont nous reconfigurerons (ou non) notre double rapport au temps et à l’espace, dépendra l’envergure civilisationnelle de cette épreuve de vérité.

« Les singularités culturelles selon les pays expliquent mieux que la nature des régimes, démocratiques ou autoritaires, les différences d’efficacité des stratégies de parade au Covid-19. »

Question : C’est criant aux États-Unis – au contraire de l’Allemagne, morcelée en länder – : le système fédéral, qui autorise la variété des mesures déployées pour faire face à la propagation du virus, montre ses limites à l’épreuve d’une telle crise. Variété synonyme d’hétérogénéité, d’anarchie, de hiatus délétères comme aux USA. La France, quant à elle, demeure écartelée par l’éternel déséquilibre entre la volonté de décentralisation et le dogme immuable de la centralisation…

En Allemagne, où le système de santé est mieux préparé qu’en France, pour l’heure l’efficacité de la parade n’est pas entravée – tout au contraire- par l’organisation fédérale.

Et celle-ci, parce qu’elle assure effectivement l’autonomie des territoires, permet même d’adapter les mesures aux réalités locales de la pandémie. Lorsque le système fédéral bénéficie d’une bonne coordination, il est performant.

Et cette réalité questionne les limites du schéma administratif français ; pour seul exemple, s’il avait été possible très tôt de décréter par les conseils départementaux des zones de confinement, peut-être aurions-nous mieux canalisé la propagation. Les écarts de fonctionnement d’une région à l’autre sont également éclairants. Ainsi le président de la Région Grand Est Jean Rottner – il est vrai médecin-urgentiste de profession – fait preuve d’un activisme, d’un sens de l’anticipation (il avait dès début mars alerté sur la dimension « terrible » de l’épidémie) et de l’initiative remarquables. Simplement, les pouvoirs des régions restent bien modestes…

Question : Au sein de l’Union européenne, l’examen des stratégies de riposte à la pandémie fait surgir une gestion erratique, décousue, désunie. Quoi de commun entre les mesures « de propagation immunitaire » en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas et celles de « confinement » en France et en Italie ? Même dans le domaine sanitaire, l’Europe est fracturée, avec le risque que la stratégie d’un pays soit plus tard jugée coupable d’un drame humanitaire chez son voisin. La faute en premier lieu aux pressions domestiques ? Un symptôme supplémentaire de l’extraordinaire difficulté de faire fonctionner un ensemble aussi disparate ? Comment l’expliquer alors qu’en 2008 cette même Europe avait su faire front commun à la crise financière ?

La différence fondamentale entre la gestion des deux crises à douze ans d’intervalle et le caractère effectivement décousu au sein de l’Union européenne quant à la réponse au Covid- 19 tiennent à la spécificité des compétences : celles de l’économie et des finances sont une réalité européenne, celles de la santé demeurent presque totalement domestiques. D’ailleurs, dans quel domaine du traitement de la crise du Covid-19 l’Europe peut-elle légitimement intervenir ? L’économie et la finance, avec les mesures immédiates de la Banque centrale, qui dès le 19 mars débloquait 750 milliards d’euros dédiés au rachat de dettes publiques et privées. En revanche, dans le domaine strictement sanitaire, elle est démunie.

Il semble évident que cette disharmonie devra être analysée une fois la crise passée, afin que demain une toute autre coordination des stratégies nationales sanitaires (stocks, équipements, approvisionnement des médicaments, recherche) s’instaure. Pourquoi ce qui fonctionne dans les domaines agricole, économique (marché unique, monnaie) ou encore de la pêche ne pourrait s’appliquer à la santé.

 » Avant, la mondialisation était objet de doutes, maintenant elle est objet de peurs »

Question : De la manière dont, au final, l’UE aura géré la pandémie pourrait dépendre en partie son avenir. Mais aussi l’avenir, ou plus exactement la prospérité des formations politiques nationalistes, souverainistes, europhobes, et plus largement populistes, dont l’audience repose en partie sur l’exploitation des peurs individuelles, et des dysfonctionnements de l’Institution ?

 

La désorganisation de la puissance publique, la thématique des frontières, la gestion des vagues migratoires participent au « fonds de commerce » commun de ces formations politiques ; la catastrophe sanitaire, économique et sociale qui s’annonce viendra renchérir cette audience. Dans quelle proportion ? Nul ne le sait encore.

L’autre sujet au cœur des dénonciations populistes et qui aujourd’hui est ouvertement mis à l’index, est la mondialisation. Et plus précisément l’appel à la dé-mondialisation, l’un des « chevaux de bataille » populistes. La « mondialisation heureuse » n’est pas au rendez-vous, elle est très imparfaite, elle dysfonctionne gravement, et maintenant elle favorise le péril humain : voilà l’impression générale que révèle ce « moment » de notre époque. Avant, cette mondialisation était l’objet de doutes, maintenant elle est objet de peurs. De ce nouvel état des lieux pourrait surgir un profond clivage entre partisans de l’ouverture et disciples de l’enfermement, ces derniers pouvant tirer profit (électoral) d’une focalisation des débats politiques sur ce thème de la (dé)mondialisation.

Question : Vous connaissez avec précision la démocratie américaine – vous enseignez chaque année les sciences politiques au Middleburry College (Vermont). Le géo-politologue et directeur de l’IRIS Pascal Boniface estime que sa gestion de la crise sanitaire, surtout si elle produit une déflagration humaine, économique, industrielle, boursière et sociale, pourrait affaiblir de manière rédhibitoire le « candidat » Trump. On sait les comportements de vote, le mécanisme des élections, la cartographie électorale aux États-Unis extraordinairement singuliers vus de France, on sait l’électorat de Donald Trump lui-même très typé, on sait aussi les fragilités et les atouts de son très probable rival Joe Biden : quels faits saillants de cette crise pourraient précipiter ou au contraire enhardir la candidature de l’actuel Président ?

L’approximation et l’amateurisme dont on peut qualifier l’action des dirigeants populistes européens siéent de manière spectaculaire à Donald Trump. Sa popularité repose sur le retour de la croissance, l’économie prospère, le réveil de l’emploi. Nonobstant les dégâts collatéraux – inégalités criantes, déficit public et endettement abyssaux, destruction de l’environnement -, pour l’heure sa politique lui assure une audience certaine. Il est évident que les effets planétaires et domestiques de la crise vont substantiellement affecter ce bilan. Il est tout aussi évident qu’il en paiera alors un prix électoral – sans pour autant qu’on puisse pronostiquer avec certitude sa défaite en novembre, tant l’avenir est aujourd’hui illisible et instable.

N’oublions pas que Donald Trump a toujours été bien plus le « symptôme des » que la « réponse aux » colères et inquiétudes des Américains. Et sa popularité comme la surprise de sa victoire ont eu pour ferment cette confusion. La question est de savoir si dans ce contexte inédit et sans visibilité, il demeure, pour ses électeurs, le symptôme de leurs malaises. Quand je découvre les files d’attente au seuil des armureries, je me dis que politiquement il n’est pas mort…

« L’Occident est aujourd’hui focalisé sur « ses » démocraties. Il ferait bien de s’occuper des autres parties de monde. Car dans certains pays, la tentation d’une réponse autoritaire s’imposant à la démocratie est grande. »

 

Question : La photographie planétaire des démocraties offre un vaste nuancier. Qu’il s’agisse de leurs constitutions, de leur histoire, de leur interprétation de l’autorité, de leur capacité à dévoyer les libertés, de leur exposition à des vulnérabilités spécifiques et locales, et de l’identité de leurs hiérarques actuels, ces démocraties sortiront affaiblies ou renforcées par la crise. Déjà maintenant, du Brésil de Bolsonaro à l’Inde de Modi – pays « explosif » s’il en est, par l’extrême pauvreté, l’incandescence des divisions religieuses, son voisinage avec les « ennemis » chinois et pakistanais, et l’arme nucléaire -, la tentation d’instrumentaliser le chaos et le besoin viscéral de sécurité aux fins de durcir l’exercice du pouvoir se manifeste. Des démocraties « éclairées » pourraient même sombrer dans la démocrature ou l’illibéralisme. Peut-on dresser un panorama des situations les plus vulnérables ?

Les démocraties assises sur un (appareil d’) État défaillant, reposant sur une puissance publique faible, disposant d’infrastructures de protection sociale, en en premier lieu de santé, inadaptées, sont les plus exposées. La tentation de la réponse autoritaire pourrait être grande, notamment en Amérique latine et centrale ; depuis plusieurs mois, de la Bolivie au Chili, des régimes démocratiques sont malmenés et fragilisés, d’autres étaient en dictature il n’y a pas si longtemps (Argentine), d’autres encore ont à leur tête des dirigeants qui potentiellement pourraient se saisir du cataclysme pour museler le pouvoir – effectivement, Jair Bolsonaro est de ceux-là. Il faudra être très attentif à l’évolution de la situation en Inde, plus largement en Asie du sud-est (Bangladesh, Philippines…) où la densité démographique et la pauvreté offrent un taux de pénétration potentiel du virus important. Et bien sûr en Afrique, ce continent si vulnérable et dont on parle si peu. L’Occident est aujourd’hui focalisé sur « ses » démocraties, il ferait bien de se préoccuper des autres parties du monde.

Pascal Perrineau est professeur des Universités à l’IEP Paris, et a dirigé son centre de recherches, le CEVIPOF, jusqu’en 2014. Il est l’auteur, notamment, de Le grand écart. Chroniques d’une démocratie fragmentée (Plon, 2019).

N°1/2 paru le 30 Mars 2020 dans La Tribune. Propos recueillis par Denis Lafay.

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Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (anciennement Centre d’études de la vie politique française, l’acronyme CEVIPOF étant toujours employé malgré le changement de dénomination en 20031) est une unité mixte de recherche sous la tutelle de l’IEP de Paris (Sciences Po) et du CNRS2,3,4.

Créé en 19602 par Jean Touchard1, et associé au Centre national de la recherche scientifique depuis 19685, le Centre de recherches politiques de Sciences Po a pour but l’analyse de la sociologie politique et électorale, de la sociologie de l’action publique1.

En 2007, le CEVIPOF avait un effectif de 158 personnes, dont des chercheursenseignants-chercheurs, ingénieurs techniciens et doctorants1. Son directeur est Martial Foucault depuis le 4 février 20146, et son secrétaire général, Madani Cheurfa[réf. souhaitée]. Les années précédentes, il a été dirigé par Pascal Perrineau de 1991 à 20132, et par Annick Percheron de 1987 à 19917.

En janvier 2013, l’universitaire Alain Garrigou estime sur son blog du Monde diplomatique que le laboratoire serait idéologiquement « très à droite »8.

Les professions de foi et bulletins de vote des élections législatives de la Ve République conservés au CEVIPOF ont été numérisés en partenariat avec la bibliothèque de Sciences Po et sont disponibles en ligne sur Internet Archive9,10.

 

 

Formation et professionnalisation

Quelques astuces pour celles et ceux qui s’ennuient.

Confinement

Pour ceux qui ont jeté un coup d’oeil sur LinkedIn aujourd’hui, difficile de manquer la recommandation de Tracey, recommandant la visite virtuelle de musées. Excellent choix, en effet ! Pas de geste-barrière, pas d’attestation minutée, pas de billet coupe-file, etc. D’autres préfèreront sans nul doute l’Hymne à la Joie de l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam, ou la quotidienne de Francis Cabrel… qui nous emmènera, paraît-il, au-delà du 15 Avril.

Mon propos se veut plus raisonnable : comment trouver à se former ou se documenter « utilement » … ? Aïe, aïe, aïe. Heureusement je ne suis pas le seul à y avoir pensé. Hélène m’a adressé cette excellente recommandation :

France Université Numérique : Le  Mooc ouvre ses archives et des cours commencent bientôt. certains peuvent être très intéressants, notamment un sur « les usages du web » qui commence mardi.

 

Le module démarrait le 24 Mars… Mais nous avons été un peu confinés depuis !

 

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De mon coté, j’ai repéré quelques tuyaux qui pourraient vous intéresser : la sélection d’ouvrages numériques (e-books) gratuits, parmi lesquels chacun devrait pouvoir trouver son bonheur. Tout y passe  : action publique, sécurité, justice, éducation, environnement, économie, communication. Voici le lien :

Vie publique

Pour ceux qui recherchent à mettre en oeuvre leur projet professionnel, voici l’offre de Tom – Stepstone pour choisir un complément de formation  :

Les journées sont longues et vous subissez la situation actuelle ? C’est sûrement le moment de concrétiser vos projets professionnels :

Apprendre une langue, développer vos connaissances en bureautique ou encore monter en compétences parmi un large choix de domaines.

Langues

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Bonnes lectures et découvertes à tous.

L’ours.

Généricours

 

 

Actualités & News·L'éditorial·Nos projets

Plénière N°123 : une première en visio qui tient ses promesses !

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Confiné.(e).s que vous êtes, voici un compliment collectif sincère, qui ira même à celles et ceux qui ne sont ni médecins ni soignants, et à qui la vue d’une seringue fait tourner de l’oeil… Vous avez été très forts ! 17 participants pour notre première visioconférence, c’était plutôt inattendu, bravo à tous, et plus encore à ceux qui ont ramé. L’envie de réussir était au rendez-vous.

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Conclusion immédiate : l’atelier AEC initialement prévu aujourd’hui, passe en visio (même heure, même procédure, mais numéro de salle de réunion). Pour mémoire, sont attendus : les 2 Françoise, Estelle, Pascal et Chakir. Bénévoles BCN : Hélène, Gilles (si dispo) Alexandre et Antoine.

Présentons d’abord Chakir * : salarié de Kéolis, Chakir a entamé une reconversion vers le domaine commercial, BTS Action Commerciale, Licence Développement Commercial et actuellement Master spécialisé en Direction d’entreprise, Direction Commerciale. Nouveau venu lors de l’atelier AEC du 12 Mars, Chakir s’est déclaré surpris et disponible pour travailler sur des thématiques « marketing » élargi, développement commercial, création d’entreprise…

I. Les Freelances et les partenaires.

Sylvie, ancienne Cadre de Santé est évidemment intéressée, car c’est dans ce domaine qu’elle termine sa formation de coaching (elle en est à 1 QCM validé sur 3). Dès que la phase stratégique sera passée, Sylvie viendra se joindre à nos travaux en atelier AEC.

Jef (Jean-François) a quitté Valduc il y a quelques mois pour se former en coaching, et devrait terminer sa formation en fin d’année. Il s’intéresse également au thème marketing et action commerciale évoqué par Chakir.

A toutes les personnes qui s’orientent vers des métiers de Freelance, Antoine explique les conditions dans lesquelles BCN peut envisager de faire appel à des prestations de ses partenaires ou adhérents directs : depuis 2018, nous avons fait appel à « Éveil de coaching » pour développer estime de soi et confiance en soi chez nos candidats. BCN est subventionnée par des collectivités territoriales, et doit donc présenter des comptes validés et conformes. Un prochain appel à prestation va être lancé dans le domaine de la communication sur les réseaux sociaux, Hélène a préparé le cahier des charges ad hoc.

Hélène N. de Clés d’Avenir a laissé un joli message sur Facebook pour expliquer comment elle allait gérer la période de confinement avec ses clients. Elle y cite les outils qu’elle va utiliser : Skype, What’s App et NFon  vont lui permettre de couvrir l’ensemble de la palette.

Concernant la nature du partenariat avec BCN, Hélène mentionne la mise à disposition de locaux à la M.D.A. Un deuxième groupe combinant « Bilan de compétences » et accompagnement émotionnel et corporel y était prévu en avril, à nouveau sous la forme d’un partenariat. Il est malheureusement reporté.

L’échange avec Tracey, que de nombreuses personnes ici connaissent, est l’occasion de faire le point sur notre partenariat avec l’Afpa : les finalités sont l’insertion et/ou la reconversion professionnelle, la création d’activité et en tous les cas, le soutien et l’accompagnement. Le projet « Afpa Village » a été validé nationalement, il reste à résoudre la question des personnes hébergées à Chevigny. BCN partenaire de ce projet, en attend une implantation dans un lieu proche de ses « clients », et envisageait d’y recruter 2 volontaires en Service Civique.

II. Le réseau.

Nous rencontrons les mêmes problématiques : comment être présents auprès de tous nos adhérents ? Nathalie et Xavier ont réfléchi en commun à cette question, et remettront leurs recommandations aux membres du bureau : de quoi s’agit-il ? Les efforts de BCN en direction de LinkedIn ne passent pas inaperçus. Ne risque-t-on pas de brouiller le message ? La priorité de l’association est toujours de soutenir et d’accompagner ses adhérents du moment, ceux qui connaissent l’isolement, l’interrogation,  parfois le doute. Toutefois, il existe plusieurs échelles de temps : l’immédiat, le court terme,  et le temps long : susciter une communauté d’anciens, de témoins, entre dans cette deuxième catégorie. Comment allons-nous distinguer ?

Les posts individuels que vous déposez en tant que membres sont proches de ceux qui interviennent en tant que salariés, à leur initiative, ou en réaction à d’autres publications. Ils peuvent d’ailleurs avoir le même objectif de visibilité, de référencement en vue d’un éventuel « marché caché ». La page « Vitrine » de BCN doit se porter sur des sujets plus « durables » : le management, l’économie, l’événementiel régional.

Nathalie préconise que toutes les personnes affiliées à l’APEC et présentes sur Whaller accèdent aux Webinars « réseaux Sociaux » ; cela permettra d’effacer les écarts trop importants sur l’utilisation de Linkedin, et du même coup d’attaquer plus tôt les modules Web « façon BCN ».

Conclusion provisoire sur cette question : le bureau attend le document préparé par Nathalie et Xavier. Un nouveau calendrier des modules AEC est à l’étude, où les modules Web « façon BCN » remonteraient vers l’avant.

III. L’activité.

La proposition d’Hélène V. de rencontrer la Déléguée de l’APEC au sujet de Whaller pour lui expliquer notre démarche Linkedin sera examinée tranquillement : le coté assez brutal de ce basculement laisse penser qu’il s’agit d’un déploiement national. Plutôt que de semer un peu plus d’embarras sur une situation non maîtrisée localement, faisons jouer nos alliés dans la place… pourquoi pas en reproduisant des publications APEC dans nos propres publications ?

Au cours des deux dernières semaines, Hélène a sur ses deux projets annoncés le 20 février, les rendez-vous « Carrédas » et Profil LinkedIn se sont déroulés conformément aux inscriptions : cela concerne Danièle, Françoise M, Marie-Claire, Séraphin. Quelques séquences sont encore à finaliser, une fois que cela sera fait, qui donne le signal pour faire paraître ces fiches « Carrédas » sous l’onglet Compétences du WordPress ? peut-on imaginer un atelier AEC dédié  à la mise en ligne d’alertes sur les jobboards les mieux adaptés ?

Estelle, Maud et Antoine se sont rendus le 12 Mars dernier à la journée « Pensons Design » organisée par Nicéphore Cité : illustration de ce qui a été décrit plus haut, le compte-rendu complet a été diffusé ici, un extrait sur LinkedIn. La journée a été perçue comme intéressante et fructueuse par tous les 3.

Ce même jour, à l’atelier AEC du soir, Estelle nous apprenait qu’elle était retenue comme assistante-coordinatrice des études de l’ESEO, l’école privée d’Ingénieurs actuellement aux Grésilles, et qui prépare sa montée en puissance pour 2021 dans ses nouveaux locaux à 2021. Un grand bravo à elle ! Avec la fin du confinement, viendra le début du pétillement… nous avons déjà convenu d’un témoignage écrit de la part d’Estelle. Nul doute qu’elle y travaille déjà d’arrache-pied, un projet d’intégration dans son nouvel emploi lui a été adressé pour le 6 Avril. Enfin, Estelle nous laisse un catalogue d’idées et de propositions pour rendre BCN plus visible et plus sympathique, dont certaines ont déjà été suivies d’effet. Celle qui va suivre également.

IV. Le deuxième trimestre.

Le 15 Avril prochain, BCN 2.0 aura 5 ans… Réaliser un diaporama de nos meilleures photos sur nos différents réseaux serait un bon lancement pour la communauté #bourgognecollaborativenetwork dont nous parlions plus haut.

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Autre chapitre : l’appel à projet pour une formation Réseau et Communication autour des réseaux, orientée « Efficacité Numérique », sur la base d’un modèle existant proposée par Caroline Dauvergne (Evolve Formation). Sur le fond, le principe ne pose pas question. Reste la validation du budget disponible, et l’identification des autres organismes à consulter.

Les autres dates sont pour l’instant compromises : le 9 Avril à Pôle-Emploi Quétigny n’a pas encore été annulé, il faut donc le préparer. (Hélène V. et Antoine). Pour le Salon du Bien Vieillir, la Journée des Cadres de Pôle Emploi et les événements Nicéphore, tout est suspendu.

Nous pouvons en revanche tabler sur une plénière N° 124 en visio  le 23 Avril du même type que celle-ci, et la poursuite des ateliers AEC, à la nuance près que le calendrier pourrait être modifié.

La plénière de Mai pourrait voir le retour en physique dans sa forme traditionnelle à la Maison des Associations, le Jeudi 28 Mai ( à cause de l’ascension le 21).  Pour la plénière de Juin, l’idée retenue est une formule apéro au sommet de la Tour Philippe Le Bon (Duc de Bourgogne) dite aussi « Tour Lanterne » : nous allons prendre langue avec l’Office de Tourisme et les modalités exactes du Plan B (repli en cas de pluie).

Reste le groupe qui continue à se réunir sur le thème de l’interculturalité, (comment mettre à profit la période pour déboucher sur une production?) et le suivi de la conférence de Jérôme, que nous gardons « au chaud » avec son accord. Enfin, nous avions échangé avec Françoise sur un projet de conférence conception – design – marketing que nous pourrions démarrer via un groupe transverse, et qui comprendrait Sylvie, Chakir, Jef, Maud et Antoine, pour la  mise en commun.

Autres activités : présentation de BCN au Rotary Club de Clémenceau. Prévu : le 2 juin. Action : Christine et Antoine.

Comme promis, vous recevrez les coordonnées de Chakir par courriel séparé. Nous avons une Charte ! Rendez-vous jeudi prochain, pour l’atelier AEC d’Hélène, un grand merci à tous. Enfin, petit rappel : tous les comptes-rendus de réunion passent par le blog, il est donc nécessaire de vous y abonner, par mail ou directement !

L’Ours.

Généricours

 

 

 

Culture - Loisirs - Histoire

L’entretien du dimanche : Marjane Satrapi. »Il faut être dans l’action ».

Elle avait fait son entrée dans le cinéma en 2007,  avec l’adaptation de sa BD autobiographique, Persépolis, film d’animation césarisé, et sélectionné aux Oscars. Pour son cinquième long-métrage, l’artiste iranienne exilée Marjane Satrapi signe un biopic de Marie Curie, Radioactive*.

Radioactive

Q. Marie Curie est-elle pour vous un modèle  ?

Réponse : Elle a toujours été dans mon univers. Ma mère qui voulait que je sois une femme indépendante m’avait cité deux exemples, Marie Curie et Simone de Beauvoir. Comme j’avais des prédispositions pour les sciences et que toute ma scolarité, j’étais la matheuse de l’école, Marie Curie était mon modèle. Une lumière qui me suit dans les ténèbres.

Q. Quelles qualités faut-il retenir de Marie Curie, l’une des « Immortelles » du Panthéon ?

Réponse : Elle est évidemment d’une grande intelligence, mais aussi, intransigeante et dure avec elle-même. Elle pouvait être affectueuse, certes, mais pas sentimentale du tout. Elle n’est pas pour autant austère : elle a un grand amour pour la vie, elle adorait danser. Elle dessinait aussi  très bien, avec un grand sens de l’observation.

Q. Vous vouliez refaire de Marie Curie une héroïne dans l’esprit des Français d’aujourd’hui ?

Réponse : Je n’ai pas voulu en faire une héroïne. L’histoire de Marie Curie a déjà été racontée, elle a inspiré des films, des séries, des documentaires. Il m’a semblé intéressant de refaire un film aujourd’hui pour raconter comment la découverte de la radioactivité a changé notre monde. Que fait-on des découvertes ? Il est de notre responsabilité d’en faire bon usage. En parlant d’Hiroshima ou de Tchernobyl dans mon film, je montre l’usage indécent que l’on a fait des travaux de Pierre et Marie Curie, deux des plus décentes personnes de l’humanité.

Q. La science est au coeur de la belle histoire de Pierre et Marie Curie. C’était un couple singulier pour son temps ?

Réponse : Il n’y a pas de séparation entre la science et leur vie : c’est la même histoire. La science les réunit. Ils s’aiment follement parce qu’ils ont en commun une passion de la découverte, de la recherche. Une énergie extraordinaire se dégage de ce couple. Ils  sont très modernes, Marie Curie l’est, mais son mari encore plus. Au début du XXe siècle, l’émancipation des femmes a déjà commencé, mais il était rare qu’un homme accepte que sa femme soit sa collaboratrice, son égale.

Marie_Curie

Q. Qu’est-ce-que peut nous apporter cette femme forte qui pourrait être une femme d’aujourd’hui ?

Réponse : Madame Curie n’a jamais fait partie d’un quelconque mouvement féministe : elle est scientifique et se pense égale des hommes. Marie Curie agit : elle est une féministe de fait et non de parole. Il ne s’agit pas de lever le bras et de  dire des choses : il faut être dans l’action. Je suis un peu ébahie quand je vois des actrices hollywoodiennes se mettre en noir pour aller aux Golden Globes : c’est inutile. Il vaut mieux s’habiller en fuchsia et regarder droit dans une caméra. C’est ce que nous devons apprendre d’elle, c’est qu’il faut agir.

Marjane Satrapi

Q. Il ne sert donc à rien de revendiquer plus d’égalité pour les femmes ?

Réponse : Ce sont nos actions qui vont faire que nous aurons l’égalité. La parole au début est bien sûr nécessaire, et rien ne se passe sans la parole, mais ensuite il faut que cela se transforme en actes. C’est ainsi que l’on réussit à avancer.

Q. Marie Curie est une femme d’une grande liberté. Vous vous reconnaissez dans sa liberté ?

Réponse :Certainement ! S’il y a quelque chose que j’aime le plus au monde, c’est la liberté. Quand commence une nouvelle année, on se souhaite toujours une bonne santé. J’y ajoute toujours la liberté. Et cette liberté n’est pas un droit que l’on vous donne. Quand vous êtes une femme, quand vous êtes née dans un pays comme le mien, il faut prendre cette liberté par force. Mais la première personne qui nous enlève cette liberté, c’est nous-mêmes, quand nous nous empêchons de faire certaines choses : s’émanciper de nous-mêmes, c’est déjà un bon début.

La liberté est un long combat du peuple en Iran. Comment voyez-vous votre pays ?

Réponse : Cela fait 20 ans que je n’y suis pas retournée, ma relation avec l’Iran est basée sur la nostalgie, sur mon émotion, sur mes rêves. Toutes ces choses-là vont à l’encontre de l’analyse et empêchent de prendre du recul. Je ne pense pas qu’en m’exprimant, je ferais du bien à mon peuple et à mon pays.

Persépolis

Q. Vous êtes en colère contre le pouvoir iranien en place, contre le manque de libertés, la répression ?

Réponse : Mes premiers chapitres de Persépolis étaient remplis de colère et de haine. Mon lexique, ma façon de m’exprimer, me renvoyaient au même registre que les gens que je n’aimais pas, mais moi, j’avais l’impression d’être du bon coté de la chose. Pourtant, de cette façon-là, je faisais exactement comme eux : l’émotion est l’arme des fanatiques. Il suffit d’appuyer sur le bouton de l’émotion, et les gens crient et hurlent. Il est facile d’être un monstre si on ne prend pas de la distance.

Q. Vous êtes interdite  de séjour en Iran ?

Réponse : Personne ne m’a jamais dit de ne pas retourner en Iran, mais vous avez les éléments devant vous : des gens y sont retournés et n’en sont jamais repartis. Pourtant, ils avaient fait bien moins de choses que moi. Je ne me vois pas passer les trente prochaines années de ma vie en prison.

Q. Vous vous intéressez en particulier au sort des artistes iraniens, comme les cinéastes Jafar Panahi et Mohamed Rassoulof qui ont été condamnés à de la prison ?

Réponse : Je les suis bien sûr, mais vous savez, je ne suis pas communautariste. Je ne trouve pas que tous les films faits par des Iraniens sont forcément d’excellents films, même si bien sûr, quelques-uns m’intéressent. De la même manière, je ne pense pas que tous les films faits par des femmes sont de bons films.

Q. Vous ne vous revendiquez pas comme cinéaste femme ?

Réponse : Non, absolument pas ! C’est un ghetto et c’est une fausse bonne idée. Parler de film de femme, c’est être condescendant envers nous-mêmes. On ne doit juger un film, comme un livre, que sur sa seule valeur artistique.

Q. Il faut se réconcilier avec les hommes ?

Réponse : Je suis humaniste. la terre est faite d’hommes et de femmes et les mauvais comportements ne sont pas spécialement masculins. Bien sûr, ne me faites pas dire que je ne suis pas consciente des inégalités entre les femmes et les hommes, que l’on voit très bien à l »oeuvre dans le monde du travail. Mais je suis confiante : les choses vont changer et dans le cinéma, davantage de femmes vont pouvoir faire des films.

Propos recueillis par Nathalie Chifflet – Paru dans le B.P. du dimanche 8 Mars 2020.

Radioactive* : sortie en salle le 11 Mars 2020.

Economie

INSEE Première : Les créations d’entreprise en 2019.

Première_entêteLes créations d’entreprises en 2019. L’essor des immatriculations de micro- entrepreneurs se poursuit 

En 2019, le  nombre total de créations d’entreprises en France des immatriculations atteint un nouveau record avec 815300 le créations,  soit 18 % de plus qu’en 2018. Cette hausse est de nouveau portée par micro-entrepreneurs (+ 25 %, après + 28 % en 2018). Les créations d’entreprises individuelles classiques augmentent également (+ 16 %), ainsi que les créations de sociétés (+ 9 %). Les deux secteurs contribuant le plus à la hausse globale sont les activités spécialisées, scientifiques et techniques (+ 17 %) et les autres services aux ménages (+ 31 %). Pour la première fois depuis 2010, tous types d’entreprises confondus, les créations s’accroissent dans la totalité des régions. Hors micro-entrepreneurs, seules 5 % des entreprises sont employeuses au moment de leur création. Elles démarrent leur activité avec 2,9 salariés en moyenne. Les créateurs d’entreprises individuelles en 2019 ont en moyenne 36 ans. Parmi eux, quatre sur dix sont des femmes. 

Hugo Gourdon (division Infrastructures et répertoire statistiques, Insee)

En 2019, dans l’ensemble de l’économie marchande hors secteur agricole, le nombre total de créations d’entreprises est de 815 300, soit 124 000 de plus qu’en 2018. Il augmente ainsi de 18 % et atteint un nouveau record (figure 1).

Première1

Comme en 2018, cette hausse est principalement due à l’essor des immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur. Celles-ci s’accroissent de 25 % en 2019, soit 78 000 immatriculations supplémentaires. Ce succès peut

s’expliquer par les évolutions législatives entrées en vigueur ces deux dernières années. Notamment, les seuils de chiffre d’affaires permettant d’accéder au régime fiscal simplifié de la micro- entreprise ont doublé depuis le 1er janvier  2018.

Ainsi la part des micro-entrepreneurs dans le nombre total de créations continue d’augmenter (47 % après 45 % en 2018 et 41 % en 2017), tandis que celle des entreprises individuelles classiques est stable (26 %) et celle des sociétés diminue (27 % après 29 % en 2018).

Près de deux sociétés sur trois sont des sociétés par actions simplifiées 

En 2019, les sociétés par actions simplifiées (SAS) représentent 63 % des créations de sociétés. Leur part était de 61 % en 2018 comme en 2017, 56 % en 2016 et 47 % en 2015 (figure 2). Au sein de cette catégorie juridique, la part des SAS à associé unique ou unipersonnelles reste prédominante et stable (37 % des sociétés créées en 2019, comme en 2018 et en 2017). À l’opposé, la part des sociétés à responsabilité limitée (SARL) diminue : majoritaires en 2014 (57 %), elles ne représentent plus que 34 % des sociétés créées en 2019, contre 37 % en 2018.

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Essor des créations dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques.

En 2019, le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques est le premier contributeur à la hausse globale des créations. Le nombre de créations y augmente fortement : + 21 800 créations, soit + 17 % en 2019 après + 18 % en 2018. Avec 143 700 nouvelles entreprises en 2019, ce secteur est le premier en nombre de créations (figure 3) et représente 18 % de l’ensemble des créations. Comme en 2018, son essor est majoritairement le fait des activités des sièges sociaux et conseil de gestion : + 12 700 créations, soit + 19 % par rapport à 2018.  Il s’agit principalement d’immatriculations sous le régime du micro- entrepreneur (+ 10 700). Au sein de ce secteur, la hausse est portée par les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion : + 7 700 créations, soit + 14 % par rapport à 2018, notamment sous le régime du micro-entrepreneur (+6700 créations). Elle est également due aux  activités de conseil en relations publiques et communications, +4100 créations)soit + 40 % par rapport à 2018, dont + 4 000 sous le régime du micro-entrepreneur) et aux activités des sièges sociaux (+ 1 000 créations en 2019, soit + 40 % par rapport à 2018, dont + 900 sociétés). Avec 62 300 créations au total en 2019, les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion représentent 43 % des créations dans le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques et 8 % de l’ensemble des créations.

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Hausse des créations dans tous les autres secteurs. 

Les créations d’entreprises augmentent également dans tous les autres secteurs d’activité.  Le deuxième secteur contributeur à la hausse globale est celui des autres services aux ménages, qui inclut les activités de coiffure, soins de beauté et autres services personnels : + 13 500 créations, soit + 31 %. Cet accroissement est largement porté par les autres services personnels (+ 8 600 créations), essentiellement sous le régime du micro-entrepreneur (+ 8 300 créations). Ces activités incluent notamment le coaching, en essor ces dernières années. Au total, 53 900 nouvelles entreprises ont été créées en 2019 dans les autres services aux ménages, soit 7 % de l’ensemble des créations de l’année.

Le troisième secteur contribuant le plus à la hausse globale des créations est celui des transports et de l’entreposage. Avec 83 100 nouvelles entreprises en 2019, ce secteur génère 10 % de l’ensemble des créations. Son expansion ralentit cependant : + 12 700 créations, soit + 25 % en 2019 après + 68 % en 2018. Comme en 2018, elle est principalement portée par celle des autres activités de poste et de courrier (incluant la livraison à domicile) : + 12 200 créations, soit + 26 % par rapport à 2018. Cette dernière est essentiellement le fait des immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur (+ 9 600), mais aussi, dans une moindre mesure, des créations d’entreprises individuelles classiques (+ 2 700). Avec 60 200 créations au total en 2019, les autres activités de poste et de courrier représentent 72 % des créations dans le secteur des transports et de l’entre- posage et 7 % de l’ensemble des créations. La construction est le quatrième secteur contributeur à la hausse globale : + 12 000 créations, soit + 17 %. Les créations d’entre- prises individuelles classiques y augmentent nettement : + 6 500 créations, soit + 25 %. Au sein de ce secteur, la hausse la plus forte concerne les travaux d’installation électrique dans tous locaux (+ 2 600 créations), majoritairement sous forme d’entrepreneurs individuels classiques (+ 1 400 créations). Le commerce est le cinquième secteur contributeur à la hausse globale : + 11 400 créations, soit + 11 %. Les immatriculations de micro-entrepreneurs s’accroissent fortement : + 10 300 créations, soit + 34 %. Au sein de ce secteur, la hausse est notamment portée par la vente à distance sur catalogue général (+ 4 100 créations), essentiellement sous le régime du micro-entrepreneur (+ 4 000 créations).

Les créations d’entreprises augmentent dans la totalité des régions 

En 2019, le nombre de créations d’entre-prises s’accroît fortement dans toutes les régions (figure 4). L’Île-de-France contribue pour plus du quart à l’augmentation globale (+ 32 100 créations, soit une hausse de 15 % par rapport à 2018). Dans cette région, le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques est le premier contributeur à cette hausse (+ 8 400 créations), notamment dans les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion (+ 3 300 créations, dont + 2 700 immatriculations de micro-entrepreneurs).

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Des créateurs d’entreprises individuelles toujours aussi jeunes 

En 2019, les créateurs d’entreprises individuelles ont en moyenne 36 ans, comme en 2018. La part des moins de 30 ans se stabilise : elle est de 38 % en 2019 comme en 2018, contre 37 % en 2017. Elle atteint 68 %  dans le secteur des transports et de l’entreposage. Elle est plus élevée chez les micro-entrepreneurs (42 %) que chez les créateurs d’entreprises individuelles classiques (31 %).

Tous types d’entreprises individuelles confondus, le secteur des transports et de l’entreposage reste celui où les créateurs sont les plus jeunes (29 ans en moyenne). Dans l’information et la communication, les créateurs sont également relativement jeunes ( 33 ans en moyenne). À l’inverse, ils sont généralement plus âgés dans l’industrie, (39 ans en moyenne).

 5 % des entreprises classiques sont employeuses au moment de leur création. 

En 2019, comme en 2018, 3% des nouvelles entreprises emploient au moins un salarié au moment de leur création, contre 4 % en 2017. En excluant les micro-entrepreneurs, la part des entreprises employeuses à la création passe à 5 % en baisse par rapport à 2018 et 2017.

Quatre créateurs d’entreprises individuelles sur dix sont des femmes 

En 2019, les femmes ont créé 40 % des entreprises individuelles. Cette proportion est quasi stable depuis 2015, alors qu’elle augmentait progressivement depuis 30 ans (29 % en 1987 et 33 % en 2000). Elle est quasiment identique pour les créations d’entreprises individuelles classiques et pour les immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur. Comme les années précédentes, la part des hommes est la plus élevée dans la construction (98 %), les transports et l’entreposage (93 %) ainsi que l’information et la communication (75 %). À l’opposé, les femmes sont majoritaires dans la santé humaine et l’action sociale (75 %), les autres services aux ménages (72 %), l’industrie (55 %) et l’enseignement (52 %). ∎

Sources 

Les statistiques sur les créations d’entreprises proviennent du répertoire des entreprises et des établissements (REE, issu de Sirene) géré par l’Insee. L’étude porte sur l’ensemble des activités marchandes non agricoles. Ce champ inclut les activités financières. La décomposition en secteurs d’activité s’appuie, pour l’essentiel, sur les niveaux d’agrégation A10 ou A21 de la nomenclature d’activités française révision 2 (NAF rév. 2, 2008). Certains postes ont été renommés pour être plus explicites.

finitions 

Une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre d’une nouvelle combinaison de facteurs de production, avec pour restriction qu’aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement.

Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales. On parle néanmoins de créations d’entreprises en raison de la spécificité de la situation au moment de la création. En effet, au moment de son immatriculation, il n’est pas possible de déterminer si une unité légale est indépendante ou appartient à un groupe. Par défaut, au moment de la création, toute entité est donc indépendante et considérée comme une entreprise. Les créations d’entreprises correspondent donc aux unités légales du répertoire Sirene, qui enregistrent un début d’activité relevant de l’un des cas suivants :

– le cas où l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de plus d’un an

– le cas où l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de moins d’un an, mais avec changement d’activité.

– la reprise, par une unité légale nouvellement immatriculée de tout ou partie des activités d’une autre unité légale lorsqu’il n’y a pas de continuité économique entre la situation du cédant et celle du repreneur. On considère qu’il n’y a pas continuité économique de l’unité légale si, parmi les trois éléments suivants concernant son siège, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’établissement siège, l’activité économique et la localisation. Cette définition s’appuie sur les concepts harmonisés au niveau européen, à part pour les micro-entrepreneurs. Pour eux, on ne sait pas s’il y aura ou non un début d’activité.

On comptabilise donc des demandes d’immatriculation dans le répertoire Sirene ; certaines se traduiront par une vraie création d’activité, d’autres par un démarrage différé, voire jamais réalisé. Une partie de ces demandes, enfin, seront invalidées par l’Acoss : les personnes relevant de la mutualité sociale agricole ou de diverses professions réglementées n’ont en effet pas le droit d’être micro-entrepreneurs. Ces radiations seront prises en compte ultérieurement dans la démographie d’entreprises dite « structurelle ».

Les créations d’entreprises classiques correspondent aux créations d’entreprises hors micro-entrepreneurs.

Un micro-entrepreneur bénéficie du régime de même nom (appelé auto-entrepreneur jusqu’en 2014), qui offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions. Le micro-entrepreneur bénéficie ainsi notamment :

– du régime fiscal de la micro-entreprise ;

– du régime micro-social ;

– d’une exonération ou d’une franchise de TVA. Depuis le 1er janvier 2016, les entrepreneurs individuels relevant du régime fiscal de la micro-entreprise sont automatiquement soumis au régime micro-social. Depuis le 1er janvier 2018, les seuils de chiffre d’affaires permettant d’accéder au régime fiscal de la micro-entreprise et du régime micro-social ont été doublés. Ils s’appliquent désormais aux entreprises dont le chiffre d’affaires de l’année civile précédente ou de l’avant-dernière année n’excède pas : • 170 000 euros pour une activité de vente de marchandises, d’objets, d’aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement

• 70 000 euros pour une activité de services. Ce régime doit être distingué de la catégorie des microentreprises définie par l’article 51 de la loi de modernisation de l’économie (LME) et précisée par le décret n° 2008-1354.

 Les entreprises individuelles sont les entreprises dont la personnalité morale n’est pas différente de la personnalité physique. Les entreprises individuelles classiques désignent les entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs. Une société est une entité dotée d’une personnalité morale.

Une société par actions simplifiée (SAS) groupe des associés dont la responsabilité est limitée à leur apport personnel et qui ont la possibilité de disposer de prérogatives indépendantes de leur part de capital. La SAS est une société de capitaux, ce qui la rapproche de la société anonyme (SA). Elle peut être unipersonnelle, on parle alors de société par actions simplifiée à associé unique (Sasu). Une société à responsabilité limitée (SARL) groupe des associés dont la responsabilité est limitée à leur apport personnel et dont les pouvoirs (droits de vote, droits sur les bénéfices…) sont proportionnels à la part du capital détenue. Une SARL unipersonnelle (ou EURL) est une SARL constituée par une seule personne qui en détient donc toutes les parts.

Bibliographie 

  • Richet D., « Auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 : trois ans après, 36 % sont actifs », Insee Première n° 1765, juillet 2019.
  • Richet D., « Auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 : trois ans après, 36 % sont actifs », Insee Première n° 1765, juillet 2019.
  • Dorolle A., « Entreprises créées en 2014 : trois sur quatre sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première n° 1751, avril 2019.
  • Dorolle A., « Entreprises créées en 2014 : trois sur quatre sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première n° 1751, avril 2019.
  • Gourdon H., « Les créations d’entreprises en 2018 : en forte hausse, portées par les immatriculations de micro-entrepreneurs », Insee Première n° 1734, janvier 2019.
  • Gourdon H., « Les créations d’entreprises en 2018 : en forte hausse, portées par les imma- triculations de micro-entrepreneurs », Insee Première n° 1734, janvier 2019.

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