Culture - Loisirs - Histoire

Cette légende aborigène d’il y a 37 000 ans pourrait être la plus vieille histoire du monde.

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En Australie, le peuple Gunditjmara raconte qu’un géant s’est transformé en volcan. Selon les scientifiques, l’éruption remonterait à 37 000 années, ce qui donnerait certains fondements à la légende et en ferait la plus ancienne histoire du monde.

C’est une légende racontée par le peuple aborigène Gunditjmara, de génération en génération. Dans le sud-est de l’Australie, quatre géants sont partis explorer l’île-continent sauf un, qui est resté sur place, où il s’est transformé en volcan. On dit qu’il a même craché ses dents, des roches formées de lave… Aujourd’hui éteint, ce volcan porte le nom de Budj Bim. Il est situé à l’ouest de Melbourne, dans l’État de Victoria.

Des géologues viennent de découvrir que cette légende aborigène ne serait peut-être pas dénuée de fondement et qu’elle serait peut-être née à la suite d’une éruption remontant à quelque 37 000 ans… Ce qui en ferait l’histoire la plus ancienne du monde.

La création des volcans.

Le géologue Eric Matchan et son équipe, de l’université de Melbourne, ont cherché à percer le mystère de cette légende. Ils ont publié leurs résultats dans la revue scientifique GeoScienceWorld. Les chercheurs ont étudié des roches volcaniques du volcan Budj Bim et d’un autre appelé Tower Hill, situé à 40 kilomètres du premier.

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Avec les toutes dernières techniques de datation, ils se sont rendu compte que les deux volcans se sont formés il y a environ 37 000 ans. Selon Matchan, il est possible que les deux monts aient surgi et grandi de plusieurs dizaines de mètres en quelques jours à quelques mois.

Les scientifiques sont en tout cas en mesure d’affirmer que le Budj Bim et le Tower Hill se sont formés après une rapide série d’éruptions. Mais difficile d’établir si la légende est réellement racontée et transmise depuis aussi longtemps. Les traces humaines les plus anciennes retrouvées dans cette région ne remontent pas à plus de 13 000 ans environ.

Mais Eric Matchan affirme que dans les années 1940, des archéologues ont rapporté une hache en pierre, trouvée près de l’ancien volcan de Tower Hill. La hache étant enfouie sous les roches volcaniques, ce qui tend à prouver que des êtres humains vivaient dans la région avant l’éruption.

Ne pas confondre légende et réalité.

Selon les géologues, les soudaines éruptions ont vraisemblablement beaucoup impressionné les populations de l’époque, déclenchant peut-être l’histoire de quatre géants. « Il n’y a pas eu d’autres grandes éruptions volcaniques dans cette région dans les années qui ont suivi, et qui auraient pu inspirer ces histoires », explique Eric Matchan.

Ce n’est pas la première fois que les contes aborigènes sont considérés comme les plus anciens du monde. En 2015, le géographe Patrick Nunn, travaillant pour l’université de la Sunshine-Coast en Australie, a écrit une étude suggérant que certaines histoires racontées par les peuples autochtones de l’île-continent, notamment celles évoquant une montée des eaux, pourraient dater d’environ 7 000 ans.

Les scientifiques suggèrent un possible lien entre des légendes anciennes et des événements géologiques attestés, mais ils invitent toujours à traiter ce genre d’hypothèse avec prudence, comme Eric Matchan : « Nous ne prétendons pas que l’histoire de Gunditjmara est réelle ni aussi ancienne. »

Cela ne vous rappelle rien ?

L’histoire et l’étude de la cosmogonie sont émaillées de coïncidences, – ou si l’on préfère, de rapprochements chronologiques – tout à fait célèbres. Laissez-moi vous en rappeler deux, qui n’ont pu échapper à votre sélective mémoire judéo-chrétienne…

Le jour où le Christ a rendu l’âme, crucifié lors de la Pâque Juive au Golgotha, à Jérusalem, les témoins ont relaté qu’un orage d’une violence extrême s’est abattu sur la cité, « au point que tout l’horizon en fut durablement obscurci ».  Cet événement a bien eu lieu, on en a retrouvé la trace, et c’est d’ailleurs lui qui a permis de dater avec précision la Passion du Christ, malgré les imprécisions du calendrier julien…

Plus près de nous, en 1066, se déroule la célèbre bataille d’Hastings, qui consacre la victoire finale de Guillaume Le Conquérant, et lui confère la couronne d’Angleterre. Cet événement a été retranscrit « à la main » sur une tapisserie monumentale (plus de 70 mètres de bande dessinée en continu) par l’épouse de Guillaume, la Reine Mathilde. Cette tapisserie est toujours visible au Musée du Baron Gérard de Bayeux, où elle a fait d’une restauration importante, et d’une nouvelle mise en scène, destinée à mieux la protéger ; bien, me direz-vous, mais quel rapport avec le sujet ? Eh bien, figurez-vous que sur cette tapisserie d’âge canonique apparaît la Comète de Halley, que les compagnons avaient remarquée au-dessus de leurs têtes durant toute leur héroïque traversée de la Manche.

Paru dans ouest-France

Grizzly

L’Ours.

 

 

 

 

 

Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous : la fille au bracelet.

Le synopsis n’est pas nouveau : un procès d’assises va avoir lieu. Chacun sait qu’il s’agit de l’instance judiciaire la plus noble, mais aussi la plus spectaculaire, la plus populaire, celle où la justice « est rendue par des non-professionnels ».  Et encore une fois, cette justice « mise en scène » fonctionne.

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Qui est donc cette Lise*, 18 ans, qui vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d’avoir son bac ? La voilà au banc des accusés, isolée dans le box, car elle est accusée d’avoir assassiné sa meilleure amie.  Pas ou peu impressionnée par la Cour et le jury, Lise Bataille semble indifférente à l’enjeu de son procès : provoc ? Inconscience ?

Le monde et la mise en scène des adultes semblent bien archaïques, et celui de Lise échappe à celui de ses parents, « toujours au boulot », professions libérales tous les deux,  des signes d’aisance financière évidents, jusqu’à ce que le père (Roschdy Zem) s’arrête pour soutenir sa fille durant sa résidence surveillée (le fameux bracelet) et le procès d’assise. Tous deux vont tomber de Charybde en Scylla au fil des révélations des pratiques libérées des  adolescents de 16 ans qu’ils étaient tous au moment des faits…

Les magistrats et les avocats font, comme toujours, de leur mieux pour donner du crédit à leur thèse : cela vaudra une passe d’arme cinglante entre la mère de Lise (Chiara Mastroianni) et l’avocat général (Anaïs Demoustier, selon moi la révélation du film).

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Pas de procès d’assise sans coup de théâtre ! Celui-ci aura bien lieu : mais je ne vous en dirai pas plus.  Simplement, que les débuts en salle de ce film sorti le 12 février dernier semblent prometteurs, et que les commentaires précédaient les spectateurs d’une rumeur élogieuse.

Dans les grandes familles du cinéma, « bon sang ne saurait mentir » :  le réalisateur Stéphane Demoustier capte chacune des émotions de sa comédienne de soeur, parfaite dans le rôle de l’Avocat Général. Chiara Mastroïanni  et Roschdy Zem sont des parents dépassés par la marée qui les emporte…  Savez-vous de quand date le cultissime « Douze hommes en colère », de Sydney Lumet avec Henry Fonda ? De 1957 ! Respect….

L’Ours.

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Lise Bataille : Mélissa Guers.

Actualités & News·Société

14 FEVRIER : La ST-VALENTIN, Fête Commerciale ou occasion de célébrer L’AMOUR ?

Valentine

« L’origine réelle de cette fête est attestée au XIVe siècle dans la Grande-Bretagne encore catholique où le jour de la Saint-Valentin du 14 février était fêté comme une fête des amoureux car l’on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s’apparier1. Restée vivace dans le monde anglo-saxon, comme Halloween, cette fête s’est ensuite répandue à travers le continent à une époque récente. »

C’est ainsi que Wikipédia commence sa page au sujet de la St Valentin. Célébrée dans de nombreux pays, cette fête se décline sous d’autres appellations, à d’autres dates, au Brésil, en Iran, en Israël ou encore en Chine.

Il semblerait par ailleurs que la  version commerciale aurait son origine au milieu du XIXe siècle….aux États-Unis.

A la suite de ce préambule vaguement historique de ma part, je me demande si ce n’est pas la dernière version qui l’emporte de nos jours.

En effet comment échapper toute la semaine dernière aux affiches, bannières, écrans publicitaires, pseudo reportages et annonce en tous genres : Valentine’s day, menu spécial, dessous chics, 20 idées originales pour elle et pour lui, témoignages d’amoureux célèbres ou de citoyens « lambda », week-end spécial St Valentin à prix cassé ou dernière minute, brassées de roses (la rose représente 80% des ventes chez le fleuriste pendant la semaine) jeux coquins, jeux télévisés…….à en avoir la nausée ou le tournis !!!

Et pourtant, si c’était quand même une belle occasion… Avec mon amoureux, nous sommes allés au restaurant, nous avons dégusté le menu spécial et passé une délicieuse soirée. J’ai été touchée par tous ces couples de tous âges autour de nous, du plus jeune au plus âgé. Et il nous est souvent aussi arrivé de fêter la St Valentin chez nous, ou en décalé lorsque les enfants étaient jeunes. Parce que quand même….soyons honnêtes, c’est plutôt agréable de partager ce moment, de se pomponner un peu, de prendre ce temps là justement !

Même si finalement, il nous appartient de décider que des soirées en amoureux, c’est possible toute l’année, sans injonction de consommer, sans le « packaging » affreusement rouge passion par obligation…

A l’instar de la St Valentin, la journée de la femme ne se limite pas au 8 mars,  la lutte contre le cancer n’est pas réservée au 4 février, toutes ces journées internationales ou mondiales ou régionales (les personnes âgées le 1er octobre, le sommeil le 22 mars…….) ne nous dispensent pas de ne plus y prêter attention le reste de l’année, évidemment, quoique….

Le 3 décembre dernier, journée internationale des personnes handicapées, un invité des plateaux de télévision lui-même en situation de handicap et expert dans un domaine dont je ne me souviens pas, a remercié les journalistes de leur invitation et les a poliment informés qu’il était également disponible toute l’année !!!! Façon élégante de rappeler que le handicap ne peut pas se contenter d’une journée par an pour être montré.

Gageons que les amoureux ne se contentent pas de la St Valentin ni d’une rose rouge pour se dire leur amour tout au long des jours, des semaines, des mois, des années.

      Signé : L’Hermine.

Hermine

Economie·Formation et professionnalisation·Société

Société : « Le service civique n’atteint pas ceux qui en ont le plus besoin.

Le service civique, proposé à tous les jeunes de 16 à 25 ans, constitue-t-il , au-delà d’une expérience citoyenne, un tremplin vers l’emploi ? C’est la question posée à Sophie Morlaix, chercheuse à l’université de Bourgogne.

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Si, globalement, le service civique a « un effet bénéfique sur l’insertion professionnelle » des jeunes, « cela se vérifie surtout auprès des plus diplômés ». C’est ce que constate Sophie Morlaix, enseignante-chercheuse à l’université de Bourgogne, dont le travail de recherche, conduit en Bourgogne Franche-Comté auprès de 783 jeunes, a nourri le rapport qu’elle a remis en 2019 à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep).

Un dispositif qui loupe sa cible.

Avant leur service civique, 7% des jeunes interrogés disposaient d’un emploi.  A l’issue du service civique, ils sont 29% à avoir trouvé un emploi dans la foulée, selon la chercheuse. Le service civique a donc sans conteste « un effet positif entre la situation initiale et finale ». constate Sophie Morlaix. Qui met cependant deux bémols à cette conclusion.

Premier bémol : « Le dispositif n’atteint pas en priorité ceux qui en ont le plus besoin et qui sont d’abord visés ; à savoir les moins diplômés, les inactifs et ceux qui n’ont aucun projet professionnel ». De fait 58% des jeunes qui ont fait un service civique dans l’échantillon étudié, sont diplômés de l’enseignement supérieur.

Deuxième bémol : les moins diplômés (qui n’ont pas le Bac) sont 61% à être demandeurs d’emploi avant le service civique.  « ils restent encore 57% dans ce cas, juste après le service civique et encore actuellement », au moment de l’étude. « L’effet bénéfique sur l’insertion professionnelle n’existe pas, en réalité, pour les jeunes non diplômés », conclut Sophie Morlaix. La situation est toute autre pour les diplômés du supérieur : 44% d’entre eux disposent d’un emploi à l’issue d’un service civique, qui « leur sert à se faire une première expérience professionnelle ».

« Tous semblent y trouver leur compte ».

Malgré ces réserves, la chercheuse constate que les jeunes portent, sur le service civique, « un regard massivement positif ». Tous semblent y trouver leur compte, du moins en partie, et vantent les mérites de cette expérience généralement décrite comme enrichissante, formatrice, voire révélatrice pour certains.

Alexandra CACCIVIO – Le Bien Public du Dimanche 16 Février 2020.

En chiffres : 581€, c’est le montant net, de l’indemnité mensuelle versée aux jeunes en service civique. Peuvent s’y ajouter 119€ pour les boursiers au 5e, 6e, ou 7e échelon.

79000 : c’est le nombre de jeunes qui ont commencé une mission de service civique, en 2017, selon les données de l’Injep. cela représente 10% d’une classe d’âge.

A suivre : Heureux hasard, cette étude est parue à quelques jours de l’analyse N°67 de l’INSEE : ainsi chacun pourra se faire une opinion documentée sur l’emploi des jeunes dans notre région.

 

 

Economie·Pour un meilleur emploi

INSEE Analyses N° 67

 

INSEE_6784 100 jeunes chômeurs ou inactifs en Bourgogne-Franche-Comté : pas ou peu diplômés, souvent au domicile familial 

En Bourgogne-Franche-Comté,84 100 jeunes, soit 20 % de 16 à 29 ans, sont en situation de chômage ou  d’inactivité. Ils sont en grande majorité pas ou peu diplômés. Certains jeunes chômeurs cumulent des  difficultés rendant leur parcours vers l’emploi plus difficile : 2 200 sont en recherche d’emploi depuis plus d’un an, sans expérience professionnelle, ni diplôme. Même si le diplôme augmente les chances d’obtenir rapidement un travail, il ne protège toutefois pas complètement du non-emploi. Les jeunes chômeurs ou inactifs habitent plus souvent chez leurs parents que ceux ayant un emploi. Lorsqu’ils vivent en couple, leur conjoint est une fois sur trois sans emploi. Dans l’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort, la part de jeunes au chômage ou en inactivité est la plus forte. Ce sont aussi les départements de la région dont les contextes socio-économiques sont les plus dégradés. 

Frédéric Biancucci, Régine Bordet-Gaudin (Insee) 

En Bourgogne-Franche-Comté, parmi les jeunes âgés de 16 à 29 ans, 84 140 sont au chômage ou en inactivité en 2016. Ainsi 20 % des jeunes de cette tranche d’âge ne travaillent pas sans pour autant poursuivre des études (figure 1). Cette proportion est cependant parmi les plus faibles de métropole. La région se classe au 5e rang derrière la Bretagne, les Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-France. Ce sont des régions où le marché du travail est globalement moins dégradé : dans ces cinq territoires, le taux de chômage, en particulier celui des 15-24 ans, est inférieur à la moyenne de France métropolitaine (Définitions). Sans qualification, trouver un premier travail et accéder durablement à l’emploi est beaucoup plus compliqué pour les jeunes sortis précocement du système éducatif. Ceux-ci constituent un des publics prioritaires du Pacte régional d’investissement dans les compétences (Pric) (Encadré). Leurs difficultés d’insertion ont une incidence sur leurs conditions de vie à une période où ils cherchent leur autonomie. Elles peuvent remettre en cause leur départ du foyer parental, leur mise en couple, l’arrivée d’un premier enfant. 

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I. Une grande majorité de jeunes éloignés de l’emploi pas ou peu diplômés 

Peu de jeunes de 16 à 20 ans sont au chômage ou en inactivité, la plupart étant encore en études (figure 2). Dans la région, la moitié des jeunes chômeurs ou inactifs a entre 20 et 25 ans, population qui peut bénéficier d’un accompagnement global vers l’insertion professionnelle et sociale de la part des Missions Locales (Encadré). Un tiers a au moins 26 ans, âges ciblés par la mise en place de projets professionnels.

Les jeunes chômeurs ou inactifs sont, en grande majorité, pas ou peu diplômés : plus d’un tiers d’entre eux n’ont aucun diplôme et un quart dispose d’un CAP/BEP. Dans la région, comme en France, débuter dans la vie active est plus difficile pour les jeunes faiblement diplômés. En 2018, sept mois après la fin d’un cursus de formation professionnelle, à peine 68 % des diplômés d’un CAP en Bourgogne-Franche-Comté ont un emploi. Ce taux d’emploi atteint 86 % pour les titulaires d’un Deug, BTS, DUT ou DEUST et 89 % pour ceux encore plus diplômés. Ainsi, la possession d’un diplôme augmente les chances d’accéder rapidement et à l’emploi. Cependant, elle ne préserve pas complètement du chômage ou de l’inactivité : 16 % des jeunes au chômage ou en inactivité sont titulaires d’un diplôme d’études supérieures. 

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II. Jeunes en chômage : les trois quarts ont déjà travaillé

La grande majorité des jeunes sans emploi et ne poursuivant pas d’études sont en situation de chômage (70 %). Ils ont, alors pour la plupart, déjà travaillé et sont moins soumis au chômage de longue durée : 31 % sont au chômage depuis plus d’un an contre 44 % pour l’ensemble des chômeurs de la région. Néanmoins, certains jeunes sont au chômage de longue durée dès leur entrée dans la vie active : un quart n’ont aucune expérience professionnelle. 

Dans la région, un peu plus de 10 % des ont un niveau de diplôme plus élevé que les jeunes au chômage pourraient rencontrer des difficultés accrues dans leur recherche d’emploi. Ils sont à la fois non-diplômés et  recherchent un emploi depuis plus d’un an. Cette situation de forte vulnérabilité sur le marché du travail pourrait être accentuée pour 4 % des chômeurs (2 190) qui cumulent ces deux difficultés et l’absence d’expérience professionnelle. 

III. Les jeunes femmes plus souvent sans emploi, davantage au foyer.

Les jeunes éloignés de l’emploi sont en majorité des femmes. Celles-ci sont en effet plus fréquemment touchées par le chômage ou l’inactivité que les hommes ; 21 % des femmes de 16 à 29 ans de la région contre 18 % des hommes. Les femmes concernées ont un niveau de diplôme plus élevé que les hommes et elles sont en moyenne plus âgées. À partir de 26 ans, elles sont plus souvent en situation d’inactivité, fréquemment femmes ou mères au foyer.

IV. Les hommes plus souvent chez les parents, les femmes davantage en couple 

Compte tenu notamment de leurs difficultés financières et de logement liées à leur situation de non-emploi, les jeunes chômeurs ou inactifs ont moins souvent leur indépendance résidentielle que les actifs en emploi de leur âge (figure 3).

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 Ils habitent plus fréquemment avec leur mère et/ou leur père : 42 % contre 27 % chez les jeunes qui travaillent. À partir de 26 ans, ils sont encore plus de 20 % à cohabiter avec au moins un parent, alors que leurs homologues ayant un emploi ne sont que 10 % dans cette situation. Si certains d’entre eux ne sont jamais partis vivre ailleurs, d’autres sont revenus habiter au foyer parental par nécessité, n’ayant plus les moyens de conserver leur propre logement. En France, en 2014, 14 % des jeunes chômeurs ou inactifs vivent chez leurs parents après être partis une première fois. 

Ces retours se produisent notamment à la fin de leurs études, à leur entrée sur le marché du travail ou suite à un accident de la vie (perte d’emploi, rupture amoureuse…). Un tiers des jeunes chômeurs et inactifs vivent en couple, le plus souvent avec au moins un enfant. Les hommes n’ont pas le même mode de vie que les femmes. Entre 20 et 25 ans, les jeunes hommes au chômage ou inactifs de la région habitent en grande majorité avec au moins un de leurs parents. Les jeunes femmes, en revanche, sont beaucoup plus fréquemment en couple. Cet écart persiste avec l’âge même s’il s’atténue. Entre 26 et 29 ans, un tiers des hommes cohabitent encore avec au moins un parent. Les femmes, pour la plupart, partagent leur vie avec leur conjoint et 13 % sont à la tête d’une famille monoparentale. Les mères seules ont le plus souvent un enfant à charge. Dans trois cas sur dix, elles élèvent deux enfants. .

V. Le niveau social de l’entourage pourrait limiter le soutien à ces jeunes 

Au total, trois quarts des jeunes chômeurs ou inactifs habitent avec leur conjoint ou avec au moins un de leur parent. Cela favorise l’aide financière, matérielle ou morale dont ils peuvent avoir besoin au quotidien. Ce soutien peut être cependant plus ou moins important compte tenu notamment de la situation sociale et professionnelle des personnes qui les entourent. Le soutien familial peut être en particulier limité lorsque les parents sont confrontés, eux aussi, à des difficultés professionnelles et sociales. Ainsi, parmi les jeunes chômeurs ou inactifs vivant avec leur père et leur mère, près de 20 % ont leurs deux parents qui ne travaillent pas (figure 4) ; le plus souvent, l’un est à la retraite, l’autre est au foyer. Néanmoins, la moitié des jeunes ont une situation a priori beaucoup plus favorable : leurs deux parents ont une activité professionnelle. Ils sont souvent ouvriers ou employés. Dans seulement un cas sur dix, leurs deux parents ont même un niveau social plus élevé : ils sont cadres ou exercent une profession intermédiaire. 

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VI. Vie en couple : dans un cas sur trois, le conjoint est aussi sans emploi 

Les possibilités d’aide peuvent être réduites également pour les jeunes chômeurs ou inactifs vivant en couple : lorsque le conjoint, aussi, n’a pas d’emploi, ce qui est le cas pour un tiers d’entre eux. Celui-ci est alors très souvent au chômage. Toutefois, dans la majorité des foyers, le conjoint a un emploi à durée indéterminée. Les jeunes femmes éloignées de l’emploi ont, dans les trois quarts des cas, un conjoint qui travaille, souvent comme ouvrier. Cela est moins vrai pour les jeunes hommes non insérés : leur compagne a un emploi dans seulement un cas sur deux. Elle exerce alors davantage une profession intermédiaire ou de cadre. 

VII. Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs ne résident pas avec un conjoint ou un parent

Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs vivent dans d’autres conditions : 5 % sont à la tête d’une famille monoparentale, 10 % habitent seul et autant sont en colocation ou hébergés dans une communauté (établissement médico-social, foyer étudiants…). Cela ne signifie pas qu’ils soient isolés socialement et qu’ils ne bénéficient pas du soutien de leur famille. En France métropolitaine, les jeunes au chômage ou inactifs qui ont quitté le domicile parental reçoivent plus fréquemment une aide de leurs parents, de leur famille ou de leurs amis que ceux ayant un emploi ; il peut s’agir d’une aide financière, matérielle (repas, lessives, garde d’enfants…) ou d’un soutien moral. Entre 18 et 24 ans, ils sont 11 % à bénéficier d’une aide financière qui participe par exemple au paiement du loyer ou des courses, contre 6 % parmi ceux ayant un emploi. Entre 25 et 29 ans, ils sont encore 9 % à disposer de cet appui (source Enquête Logement 2013). 

L’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort : des jeunes plus souvent en situation de chômage ou d’inactivité 

Près de 60 % des jeunes au chômage ou en inactivité, soit 47 900, résident dans un des trois départements les plus peuplés de la région : dans le Doubs, en Côte-d’Or ou en Saône-et-Loire (figure 5). Toutefois dans les deux premiers, leur part parmi l’ensemble des jeunes est relativement faible puisqu’ils accueillent de nombreux étudiants notamment à l’université de Besançon et de Dijon. Dans le Grand Besançon Métropole et Dijon Métropole, les jeunes chômeurs sont davantage titulaires d’un diplôme d’études supérieures. Un certain nombre d’entre eux, fraîchement diplômés, ont terminé leurs études dans ces territoires et sont en quête d’un premier emploi. D’autres sont venus s’y installer, attirés par les opportunités d’emplois qu’offrent ces grands pôles d’activité.

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Dans l’Yonne, la proportion de chômeurs et d’inactifs parmi les 16-29 ans est la plus forte. Elle atteint 30 % dans l’agglomération migennoise. Elle est également élevée dans celles de Joigny, Sens, Tonnerre (figure 6). La moyenne d’âge de ces jeunes est faible, 20 % n’ayant pas plus de 19 ans et ils sont davantage non diplômés que dans les autres départements. La part de jeunes chômeurs ou inactifs est également importante dans la Nièvre. Ce département est marqué par les difficultés économiques et l’ensemble des actifs est plus fortement touché par le chômage. La proportion de jeunes éloignés de l’emploi est importante dans les intercommunalités du Tannay-Brinon-Corbigny et du Haut-Nivernais, espaces peu denses où les jeunes sont, de plus, distants des structures de formation, de santé et des espaces culturels. Elle est également élevée dans le sud nivernais notamment à Decize. Dans le Territoire de Belfort, département plus industrialisé et très touché par la crise économique, les jeunes sont également fréquemment en situation de non-emploi. Ceux-ci, tout comme ceux travaillant, sont davantage diplômés du supérieur qu’en moyenne dans la région. En revanche le Jura se distingue par une proportion de jeunes au chômage ou inactifs inférieure à la moyenne régionale. C’est le département où les jeunes sont le plus souvent en emploi et où le taux de chômage des 15-24 ans est le plus bas de la Bourgogne- Franche-Comté.

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Définitions

 Les jeunes au chômage ou en inactivité sont comptabilisés à partir du recensement de la population. Dans cette étude, ce sont des personnes qui ont déclaré, lors de l’enquête de recensement, être au chômage, femme ou homme au foyer ou être dans une autre situation d’inactivité notamment d’incapacité de travailler pour raison de santé ou de handicap. Les jeunes s’étant déclarés en études (élève, étudiant) ou en stage non rémunérés ne sont pas considérés, dans l’étude, comme des inactifs. 

 Le taux de chômage est celui défini au sens du Bureau international du travail (BIT) : c’est le nombre de chômeurs rapporté à l’ensemble de la population active (somme de la population en emploi et au chômage). 

Pour en savoir plus 

  • « Insertion dans la vie active des lycéens et des apprentis – Bourgogne-Franche- Comté – Enquêtes 2018 », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, octobre 2019. 
  • Bordet-Gaudin R., Lèbre P-S., « Un quart des jeunes vivent dans des territoires distants des services favorisant leur insertion sociale et professionnelle », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 27, février 2018. 
  • « La jeunesse en Bourgogne-Franche-Comté » : sélection d’indicateurs », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, décembre 2019. 
  • Pouliquen E., « Depuis 2000, la part des 18-29 ans habitant chez leurs parents augmente à nouveau », Insee Première n° 1686, janvier 2018. 

Source : INSEE Bourgogne Franche-Comté.