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Cette légende aborigène d’il y a 37 000 ans pourrait être la plus vieille histoire du monde.

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En Australie, le peuple Gunditjmara raconte qu’un géant s’est transformé en volcan. Selon les scientifiques, l’éruption remonterait à 37 000 années, ce qui donnerait certains fondements à la légende et en ferait la plus ancienne histoire du monde.

C’est une légende racontée par le peuple aborigène Gunditjmara, de génération en génération. Dans le sud-est de l’Australie, quatre géants sont partis explorer l’île-continent sauf un, qui est resté sur place, où il s’est transformé en volcan. On dit qu’il a même craché ses dents, des roches formées de lave… Aujourd’hui éteint, ce volcan porte le nom de Budj Bim. Il est situé à l’ouest de Melbourne, dans l’État de Victoria.

Des géologues viennent de découvrir que cette légende aborigène ne serait peut-être pas dénuée de fondement et qu’elle serait peut-être née à la suite d’une éruption remontant à quelque 37 000 ans… Ce qui en ferait l’histoire la plus ancienne du monde.

La création des volcans.

Le géologue Eric Matchan et son équipe, de l’université de Melbourne, ont cherché à percer le mystère de cette légende. Ils ont publié leurs résultats dans la revue scientifique GeoScienceWorld. Les chercheurs ont étudié des roches volcaniques du volcan Budj Bim et d’un autre appelé Tower Hill, situé à 40 kilomètres du premier.

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Avec les toutes dernières techniques de datation, ils se sont rendu compte que les deux volcans se sont formés il y a environ 37 000 ans. Selon Matchan, il est possible que les deux monts aient surgi et grandi de plusieurs dizaines de mètres en quelques jours à quelques mois.

Les scientifiques sont en tout cas en mesure d’affirmer que le Budj Bim et le Tower Hill se sont formés après une rapide série d’éruptions. Mais difficile d’établir si la légende est réellement racontée et transmise depuis aussi longtemps. Les traces humaines les plus anciennes retrouvées dans cette région ne remontent pas à plus de 13 000 ans environ.

Mais Eric Matchan affirme que dans les années 1940, des archéologues ont rapporté une hache en pierre, trouvée près de l’ancien volcan de Tower Hill. La hache étant enfouie sous les roches volcaniques, ce qui tend à prouver que des êtres humains vivaient dans la région avant l’éruption.

Ne pas confondre légende et réalité.

Selon les géologues, les soudaines éruptions ont vraisemblablement beaucoup impressionné les populations de l’époque, déclenchant peut-être l’histoire de quatre géants. « Il n’y a pas eu d’autres grandes éruptions volcaniques dans cette région dans les années qui ont suivi, et qui auraient pu inspirer ces histoires », explique Eric Matchan.

Ce n’est pas la première fois que les contes aborigènes sont considérés comme les plus anciens du monde. En 2015, le géographe Patrick Nunn, travaillant pour l’université de la Sunshine-Coast en Australie, a écrit une étude suggérant que certaines histoires racontées par les peuples autochtones de l’île-continent, notamment celles évoquant une montée des eaux, pourraient dater d’environ 7 000 ans.

Les scientifiques suggèrent un possible lien entre des légendes anciennes et des événements géologiques attestés, mais ils invitent toujours à traiter ce genre d’hypothèse avec prudence, comme Eric Matchan : « Nous ne prétendons pas que l’histoire de Gunditjmara est réelle ni aussi ancienne. »

Cela ne vous rappelle rien ?

L’histoire et l’étude de la cosmogonie sont émaillées de coïncidences, – ou si l’on préfère, de rapprochements chronologiques – tout à fait célèbres. Laissez-moi vous en rappeler deux, qui n’ont pu échapper à votre sélective mémoire judéo-chrétienne…

Le jour où le Christ a rendu l’âme, crucifié lors de la Pâque Juive au Golgotha, à Jérusalem, les témoins ont relaté qu’un orage d’une violence extrême s’est abattu sur la cité, « au point que tout l’horizon en fut durablement obscurci ».  Cet événement a bien eu lieu, on en a retrouvé la trace, et c’est d’ailleurs lui qui a permis de dater avec précision la Passion du Christ, malgré les imprécisions du calendrier julien…

Plus près de nous, en 1066, se déroule la célèbre bataille d’Hastings, qui consacre la victoire finale de Guillaume Le Conquérant, et lui confère la couronne d’Angleterre. Cet événement a été retranscrit « à la main » sur une tapisserie monumentale (plus de 70 mètres de bande dessinée en continu) par l’épouse de Guillaume, la Reine Mathilde. Cette tapisserie est toujours visible au Musée du Baron Gérard de Bayeux, où elle a fait d’une restauration importante, et d’une nouvelle mise en scène, destinée à mieux la protéger ; bien, me direz-vous, mais quel rapport avec le sujet ? Eh bien, figurez-vous que sur cette tapisserie d’âge canonique apparaît la Comète de Halley, que les compagnons avaient remarquée au-dessus de leurs têtes durant toute leur héroïque traversée de la Manche.

Paru dans ouest-France

Grizzly

L’Ours.