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Vu pour vous : 1917.

Mil918

La superproduction de Sam Mendès décrochera-t-elle l’Oscar ? Sortie au tout début de l’année 2020 sur nos écrans, elle a déjà suscité des commentaires plus qu’élogieux, dithyrambiques.  1917 cumule pas moins de dix nominations aux Oscars 2020 : il est cité dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleure photographie, meilleure musique original, meilleur son (mixage et montage), meilleurs coiffures et maquillage et meilleurs effets spéciaux. Auparavant, le 5 janvier 2020, le film de guerre de Sam Mendes avait remporté le Golden Globe du meilleur film dramatique et celui du meilleur réalisateur.

Alors, la messe serait-elle déjà dite  ?

Le synopsis est pourtant simpliste : alors que la Première Guerre Mondiale bat son plein, deux jeunes soldats doivent porter un message au Deuxième bataillon. S’ils échouent, la troupe sera prise dans un piège dont 1600 hommes ne réchapperont pas. Schofield et Blake ont une journée pour s’infiltrer derrière les lignes ennemis et éviter la mort de leurs frères d’armes. Une mission impossible dont dépend la survie du frère de Blake… Le scénario co-écrit par Sam Mendès lui-même serait inspiré des histoires racontées par un certain Alfred Mendès, caporal… Cela fait furieusement penser au soldat Ryan, qu’il fallait aller récupérer dans le bocage normand, dernier survivant d’une fratrie de quatre, la saga racontée par Steven Spielberg.

La Normandie en Juin, la Champagne en avril … le printemps est partout : les deux films sont très esthétiques. Mais là s’arrête la ressemblance.  1917 repose sur une prouesse technique : pendant 1h 50 minutes, le public est happé « comme par le direct »  totalement au côté des deux soldats britanniques suivis par la caméra. Compliqué à tourner, 1917 est pourtant ce qu’on appelle un « faux plan séquence ». Ce n’est en effet pas un unique plan séquence qui compose le film, mais plusieurs scènes longues mises bout à bout, donnant l’impression de ne jamais être coupées grâce à des ficelles de montage et une virtuosité technique. Au total, environ 40 à 50 scènes qui ont été tournées pour les besoins de ce film de guerre, estime Sam Mendes.

Le making-of de 1917 nous en apprend davantage sur la manière dont le film a été mis en scène. Roger Deakins, légendaire directeur de la photographie a dû composer avec ce défi fou. Le film se passe quasi intégralement en extérieur et, étant donné que les personnages se déplacent tout le temps, aucun décor n’est le même, ce qui a été difficile à gérer en terme d’éclairage. « Filmer en extérieur nous rend dépendants de la lumière et de la météo et on a réalisé qu’on ne pouvait pas éclairer » car les caméras se déplaçaient parfois tellement qu’il était impossible de placer des éclairages en dehors du champ. Il a également fallu faire attention au faux-raccords causés par les nuages !

Mil919

La guerre, oui. Mais pas la boucherie.

Le film est réaliste et violent, mais ne ressemble en rien aux falaises d’Omaha de Steven Spielberg. Le spectateur est mis à l’épreuve, mais les scènes de combat ne « dégoulinent » pas dans la salle,… il n’y aura pas de malades obligés de sortir avant la fin.  Beaucoup de détails sont historiquement exacts : ainsi des tranchées et abris souterrains que les armées allemandes consolidaient et bétonnaient, alors que les alliés improvisaient et vivaient dans la boue… Autre image fidèle : le village d’Écouste, quasi rayé de la carte lors de l’incendie, ressemble aux quelques communes rasées près de Verdun, comme celle de Fleury, qui comptait 110 habitants en 1916.

Conclusion.

Un beau film, vraiment, même pour les personnes peu amatrices du genre : il se passe des choses improbables… Ici, les cerises, étincelantes au milieu de toute cette nature, jouent un rôle-clé, que je ne vous décrirai pas. Je ne suis pas un bigarreau d’avril !

L_Ours_n