Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous : « J’accuse ».

Trois semaines après la sortie du film polémique réalisé par Roman Polanski, le tourbillon médiatique semble un peu retombé. Aussi, l’intérêt de soulever de nouveau le tapis et la poussière me semblait limité ; et puis une image m’a touché, qui résume mieux que tout cette méta-scène de l’histoire de l’Europe.

Jaccuse

Comment ne pas voir dans cette Alsace-Lorraine « en deuil » les séquelles du Traité de Versailles de 1871, de l’instauration du Reich allemand, et de l’imputation de l’échec militaire français à « la juiverie internationale » ? L’affaire Dreyfus, c’est cela : il fallait un bouc émissaire, à tout prix.  Le jeune cadet pourrait bien être le jeune Dreyfus, brillant polytechnicien, sérieux, irréprochable – un peu trop, peut-être – c’est ce qui va causer sa perte.  « D’une certaine façon, nous naissons tous prédestinés. Nous sommes voués à un certain type d’action dès l’origine par la situation où se trouvent la famille et la société à un moment donné. » – Jean-Paul Sartre – Situations X.

Qu’apprend-t’on dans ce film : d’abord que Roman Polanski n’a pas perdu la main… ceux qui ont vu « Le pianiste » savent bien de quoi je parle. Dans cette superproduction, aux décors  et à la distribution étincelants, le réalisateur s’amuse même à se mettre en scène à la manière d’Alfred Hitchcock. Clin d’oeil sans doute à sa situation personnelle, et marque de défi.

Et ensuite, que l’affaire Dreyfus se solde par un match nul, et même une défaite générale, car il se solde par 100 % de perdants : le capitaine Dreyfus ne remporte pas son premier procès en réhabilitation, à Rennes, son avocat est assassiné ; il s’en faut encore de quelques années. (1906). Émile Zola, l’auteur de « J’accuse », végétera comme écrivain, jusqu’à sa mort « accidentelle » au monoxyde de carbone en 1902. La France des pillages, des autodafés anti-juifs, évoque l’horreur des pogroms, et de la solution finale nazie : les antidreyfusards ont été des pionniers.

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Reste Marie-Georges Picquart,  le héros du film (Jean Dujardin) le principal protagoniste de l’affaire Dreyfus : il découvre les preuves de la trahison de Ferdinand Walsin Esterhazy, à la place duquel Alfred Dreyfus a été accusé, dégradé et condamné sur de fausses preuves, et participe au rétablissement de la vérité, malgré la pression de sa hiérarchie.

Tout comme le capitaine Dreyfus, il est condamné bien qu’innocent, et incarcéré. Les deux hommes sont réhabilités en même temps, en 1906. Il reprend alors le cours de sa carrière militaire au grade de général de division et rejoint la même année le gouvernement Clemenceau au portefeuille de la Guerre. Il meurt en 1914 des suites d’un accident de cheval.

Alors, oui, vraiment oui, il FAUT voir ce film… Un jour, il rejoindra « Titanic » ou « Avatar ».

L’Ours.

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