Economie·Nos synthèses par domaines.

INSEE Analyses N°63

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2810 emplois et 7700 personnes liés économiquement au CEA Valduc.

Établissement de recherche et  de production, le centre du Commissariat à l’énergie atomique est  un maillon essentiel au service de la dissuasion nucléaire de la France. Il emploie directement 1135 salariés  à la fin 2018, un personnel très qualifié. Situé au nord-ouest de Dijon, à distance des aménités urbaines, les rémunérations qu’il verse à son personnel rendent toutefois ses postes relativement attractifs. Les commandes qu’il adresse aux entreprises pour ses activités génèrent localement 760 emplois indirects. La consommation en biens et services des familles de tous ces salariés liés au centre de Valduc induit également 910 emplois salariés. Au total, 7 700 personnes vivent dans des ménages liés directement, indirectement ou de manière induite à Valduc. Un quart d’entre elles habitent à proximité, dans le bassin de vie d’Is-sur-Tille, un territoire par ailleurs très tourné vers Dijon. La moitié réside dans le bassin de vie de Dijon qui dispose d’une offre très diversifiée en commerces et services. 

Frédéric Biancucci, David Brion, Amandine Ulrich (Insee)

Créé en 1957, le site de Valduc est un des neuf centres du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ; il est rattaché à la Direction des applications militaires. Il participe au dispositif français de dissuasion nucléaire. Pôle de compétence pour les matériaux nucléaires, il a pour missions essentielles la conception technologique et la fabrication des parties nucléaires des armes de la dissuasion, la fabrication des objets d’expérimentation nécessaires au programme Simulation et la réalisation d’expériences hydrodynamiques sur l’installation franco-britannique Epure. Le centre de Valduc est un vaste complexe qui s’étend sur 770 ha. Il dispose d’un ensemble complet et unique d’installations nucléaires permettant de mener toutes les activités nécessaires à l’accomplissement de ses missions. Avec plus de 1 000 salariés, c’est le cinquième employeur de Côte-d’Or, après le Centre hospitalier universitaire de Dijon, le Conseil régional, le Conseil départemental et la commune de Dijon. Cette étude estime d’une part, le nombre d’emplois salariés liés à la présence du centre de Valduc, et d’autre part, les populations qui en dépendent, évaluant ainsi son impact sur l’économie locale.

I. 1 135 emplois directs, historiquement plutôt masculins, et très qualifiés

Le centre de Valduc est un établissement de recherche et développement. Il emploie directement 1 135 salariés à la fin 2018, un effectif relativement stable depuis plusieurs années. Ses missions nécessitent un personnel ayant des compétences spécifiques, pointues, notamment dans les domaines de la métallurgie, de la chimie et de la sûreté nucléaire. La métallurgie est appliquée à des métaux particuliers (plutonium et uranium métal). Elle met en œuvre un ensemble de procédés de fabrication (fonderie, usinage, soudage…) et de contrôles. La chimie des matériaux nucléaires est dédiée au recyclage et à la purification du plutonium et du tritium. Les activités en sûreté nucléaire visent au maintien de l’intégrité des moyens (procédés, outils ou instruments contenant de la matière nucléaire), afin de garantir l’absence d’effets dommageables sur les individus et l’environnement. Grâce à ces compétences le centre de Valduc est membre fondateur du pôle de compétitivité Nuclear Valley en Bourgogne-Franche-Comté. Son personnel possède un niveau de qualification élevé. Un tiers des salariés de Valduc sont des cadres, en majorité des ingénieurs ou des chercheurs, bien davantage que l’ensemble des actifs en emploi de Côte-d’Or qui sont 16 % dans ce cas (figure 1). La moitié, par ailleurs, relève des professions intermédiaires, comme les techniciens de laboratoire ou personnels administratifs, contre 26 % en Côte-d’Or. Une quarantaine de salariés sont présents également pour leurs études, surtout des doctorants ou des personnes sous contrat en alternance. Le personnel est amené en outre à travailler avec une trentaine de Britanniques qui ne font pas partie des effectifs de Valduc mais sont accueillis de façon permanente dans le cadre du traité de Lancaster House. Signé en 2010, celui-ci vise à renforcer la coopération franco-britannique dans le domaine de la défense, et concerne plus particulièrement l’installation radiographique et hydrodynamique commune Epure. Le personnel est essentiellement masculin et compte un quart de femmes. Le niveau de qualification requis nécessite des études longues, aussi le CEA emploie-t-il peu de jeunes : 15 % des salariés ont moins de 30 ans, contre 20 % des actifs en emploi de Côte-d’Or.

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86 % des salariés du CEA Valduc sont cadres ou de professions intermédiaires Catégories socio-professionnelles des salariés du CEA Valduc.

II. Un site distant des zones urbaines qui propose des rémunérations attractives

Le centre de Valduc est situé à proximité du village de Salives, à 45 km au nord-ouest de Dijon et à 27 km de la commune d’Is-sur- Tille. Il est implanté au cœur de forêts, dans un espace relativement distant de l’offre très diversifiée en services et commerces de la métropole dijonnaise. D’ailleurs, le centre de Valduc rencontre parfois des difficultés à recruter les personnels dont il a besoin, notamment les plus hautement qualifiés. Les rémunérations qu’il verse à son personnel rendent toutefois ses postes relativement attractifs : le salaire horaire médian y est 16 % plus élevé que dans l’ensemble des autres établissements de recherche-développement de la région (INRA, CNRS, Inrap…) (définitions). L’écart est encore plus important pour les professions intermédiaires et les cadres. Le centre de Valduc verse près de 40 millions d’euros nets en rémunérations chaque année. Elles bénéficient à ses salariés et à leur famille. Ce sont ainsi près de 3 400 personnes qui dépendent économiquement directement de Valduc (figure 2). Près de la moitié vit dans le bassin de vie (définitions) de Dijon et un tiers dans celui d’Is-sur-Tille (figure 3). Facteur d’attractivité également, la plupart du personnel en exercice est sous contrat stable : 92 % ont un contrat à durée indéterminée. 

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III. Les conjoints des salariés de Valduc sont bien insérés sur le marché du travail.

Les trois quarts des salariés de Valduc vivent en couple. Environ 80 couples sont composés de deux salariés du centre. Pour les autres, le conjoint ne travaillant pas à Valduc jouit généralement d’une bonne condition sociale, meilleure que pour l’ensemble des conjoints des actifs de Côte- d’Or : neuf sur dix sont en emploi contre sept sur dix. Ils sont souvent qualifiés : 24 % de cadres contre 15 %. Les ménages liés à Valduc disposent donc de revenus plus conséquents que les autres ménages. Ainsi, ils sont très souvent propriétaires de leur logement, à 77 %, bien plus que l’ensemble des ménages comportant au moins un actif en Côte-d’Or (60 %). Ils vivent également davantage en maison individuelle, 72 % contre 57 %. 

 

 

 

IV. Des commandes importantes et régulières pour les entreprises locales

 

 Les commandes adressées par Valduc aux entreprises locales ou celles nécessitant la présence durable de personnels sur son site génèrent également des retombées économiques sur le périmètre d’étude. Le centre a ainsi réglé 81 millions d’euros de commandes en 2016, un montant stable ces dernières années. Environ 52 % des dépenses concernent la construction, l’aménagement, l’exploitation ou la maintenance des bâtiments et des installations (figure 4). En effet, l’outil industriel de Valduc, datant des années 60, fait l’objet, depuis 2010, d’un plan de pérennisation fondé sur le renouvellement progressif des principales installations. Ce plan s’étale sur 30 ans pour lisser le budget des travaux. Par ailleurs, 26 % des montants concernent l’activité nucléaire proprement dite. Les produits et prestations scientifiques commandés sont destinés aux installations nucléaires et/ou à celles chargées de la protection de l’environnement. Elles relèvent de la maintenance, de l’exploitation, de l’assainissement ou du démantèlement. Le troisième poste concerne les services généraux et la logistique. Le nettoyage des locaux est par exemple sous-traité, ainsi que le transport domicile-travail quotidien du personnel en cars. 

V. 760 emplois indirects pour répondre aux commandes

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L’ensemble de ces commandes sont passées auprès de 260 établissements différents dont 20 sont concernés par des montants importants, de plus d’un million d’euros. Elles participent à stimuler l’innovation et les compétences dans les entreprises sollicitées qui, pour y répondre, doivent parfois créer des produits et prestations ad-hoc qu’elles peuvent faire breveter, utiliser pour remporter d’autres marchés. Ces commandes génèrent une importante activité économique dans le périmètre d’étude : 760 emplois salariés seraient ainsi indirectement liés à Valduc, soit 67 % de l’emploi direct du centre lui-même. 510 emplois sont issus d’entreprises locales, dont la quasi-totalité est localisée en Côte- d’Or. En outre, 250 personnes dépendent d’établissements distants mais sont en mission pour intervenir sur le site de Valduc, par exemple pour des travaux d’assistance à maîtrise d’ouvrage et d’ingénierie. 

 

VI. 910 emplois salariés induits par la consommation des personnes 

 

L’emploi lié au centre de Valduc ne se limite pas aux seuls emplois directs et indirects. Les salariés de Valduc, ceux des fournisseurs et prestataires ainsi que leurs familles respectives, soit 5 400 personnes au total, achètent des biens et consomment des services. L’effet induit par ces dépenses dans le tissu économique local équivaut à 910 emplois salariés, répartis sur  un nombre important d’entreprises. Les achats profitent surtout aux services et commerces situés à proximité de la commune de résidence ou, à défaut, à ceux des communes alentour. Si l’on prend en compte les actifs occupant ces emplois salariés induits et leur famille, c’est près de 2 300 habitants qui sont concernés. 

VII. Un quart de la population liée au CEA vit dans le bassin de vie d’Is-sur-Tille.

Au total, 2810 emplois salariés du périmètre d’étude sont liés directement, indirectement ou de manière induite à la présence du CEA Valduc.  Avec leurs familles, cela concerne 7700 habitants, dont la moitié résident dans le bassin de Dijon, un quart dans celui d’Is-sur-Tille.

Dans le bassin d’Is-sur-Tille, le CEA est le premier employeur et représente un emploi sur huit. Ce territoire se caractérise, notamment par la présence de cet important employeur, par un secteur tertiaire majoritaire (66 % de l’emploi total). D’autre part, l’industrie (21 %) et l’agriculture (7 %) y sont plus présents qu’en moyenne dans le département. 

Le bassin d’Is-sur-Tille bénéficie de dynamiques favorables, en raison notamment de la proximité de Dijon. La population augmente, grâce à un solde naturel positif et des migrations résidentielles équilibrées, l’emploi est stable entre 2011 et 2016. La zone d’Is-sur-Tille s’inscrit dans l’espace  périurbain de Dijon : 45 % de ses actifs travaillent dans le bassin de vie dijonnais. Ces navetteurs peuvent y bénéficier de prix immobiliers moins élevés et de plus grands logements. Dans l’autre sens, seuls 1 % des actifs du bassin de Dijon travaillent dans celui d’Is-sur-Tille. Un tiers de ces navetteurs sont des salariés du CEA.

VIII. La moitié de la population liée au CEA vit dans le bassin de vie de Dijon 

Dans le bassin de vie de Dijon, 3 700 personnes sont liées au CEA Valduc, une faible part de la population du bassin (1 %). Ce bassin de vie urbain, assez densément peuplé, dispose d’une offre très riche en équipements  services, emplois ou établissements de formation. Sa population est importante (300 000 habitants) et plus qualifiée, en meilleure adéquation avec les postes offerts au CEA. Ainsi, près de 20 % des actifs y résidant sont cadres. L’emploi y est néanmoins en légère baisse (- 0,5 %) en moyenne par an entre 2011 et 2016). L’économie du bassin de vie est essentiellement tournée vers le tertiaire (8 emplois sur 10). La démographie de ce territoire est dynamique, à la fois grâce à un solde naturel positif et un excédent migratoire.

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Dans les bassins de vie de Dijon et d’Is-sur-Tille, les intercommunalités qui bénéficient le plus sur le plan économique du CEA Valduc sont Dijon Métropole et la communauté de communes des Vallées de la Tille et de l’Ignon. En effet, 2 650 personnes liées à ce centre résident dans la première et 1 470 dans la seconde (figures 5 et 6).

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Le centre de Valduc se situe également à moins de 50 km de Châtillon-sur-Seine et de Venarey-les-Laumes, une distance équivalente à celle de Dijon. Peu de personnes liées au CEA résident dans ces territoires dont l’offre en commerces, services et formations est moins diversifiée : 350 habitants du bassin de vie de Châtillon-sur-Seine seraient ainsi liés au centre, soit 2 % de sa population ; le bassin de Venarey-les-Laumes n’abriterait que 140 personnes liées au CEA, soit moins de 2 % de ses habitants.  

INSEE – Bourgogne – Franche-Comté

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