L'éditorial

Communication : un jalon important.

Ce matin, un jalon symbolique important est tombé : créé en Avril 2016, notre blog vient de franchir le seuil des 10.000 pages vues.

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Nous en avions parlé lors de la plénière : quel parti pouvons-nous tirer de ce support, qui à l’évidence, atteint un public bien plus large et divers que nos adhérents, sympathisants et soutiens ? Comment développer notre capital de notoriété au profit de nos adhérents, en un mot « la griffe BCN ».

Une première réponse est de faire évoluer les contenus vers plus de collaboratif ! Parmi les auteurs potentiels, le vivier important d’experts, ingénieurs, professionnels, artistes ou simples passionnés peut et doit se traduire dans nos publications. BCN est une pépinière de talents, il faut que cela se sache et se voie !

Seconde approche : les contenus. L’émotion, l’empathie mais aussi l’indignation sont légitimes, et quand nous dénonçons ici les scandales, les injustices et les compromissions qui composent le quotidien, nous devons le faire avec un recul responsable et une objectivité de bon aloi.

Enfin, la dimension « plaisir » doit faire partie du « package » : notre Optimiste en Chef n’a pas suffisamment trouvé sa place dans nos colonnes, mea culpa. Mais Dijon offre une palette d’activité culturelles, sportives, touristiques et … oenotouristiques de classe mondiale qui mériteraient des plumes avisées. J’en veux pour preuve le projet UNESCO 2020 qui se prépare à Cluny ; la Reconnaissance de la Valeur Universelle de ce patrimoine ne fait aucun doute, elle est déjà bien ancrée en Europe. Affaire à suivre, donc.

Ours

                                         En résumé : ce support est le vôtre, profitez-en !

« Nul ne peut prétendre savoir nager, tant qu’il n’a pas plongé dans le grand bain… »

L’Ours.

L'éditorial·Nos projets

Plénière N°118 : Comment animer BCN au profit de ses adhérents ?

Helene_Pays_beaunoisNotre plénière du jeudi 17 Octobre a réuni une dizaine de membres de BCN, dont Fabienne, Antoine et Danièle du bureau de l’Association, Mehdi, Jean-Louis, Séraphin, Jérôme, Alexandre et Nathalie. Nous attendions également Élisabeth qui avait répondu positivement à l’invitation, et pour qui nous avions des propositions concrètes… que nous allons lui communiquer directement.

1. LA METEO de notre mois d’Octobre.

Au chapitre des bonnes nouvelles, le projet de Fabienne dont la société est en cours de création : ce sera probablement une S.A.R.L., le local est trouvé, il comportera une dépendance pour les travaux de tests et de maintenance ; de nouveaux logiciels sont en cours de développement. Quant aux premiers produits mis sur le marché, il apparaît qu’une demande existe.

Du coup, Fabienne avance à marche forcée sur la règlementation maritime, elle a trouvé à l’ENIM une formation dans le cadre du projet, ainsi qu’un MOOC.

Séraphin nous fait part de son coté des événements qui se sont produits depuis le Grand Déj’ , et surtout depuis la Plénière N°117, où le collectif avait suggéré de construire une offre de services, de manière à avoir un fil conducteur pour ses entretiens. Plusieurs offres ont déjà rencontré un certain succès, les cours d’ingénierie d’Affaires Afrique – Chine – U.E. ainsi que des conférences à l’École Consulaire pour les Bachelors, ainsi que les Masters. Prochaines étapes : Burgundy School of Business, Université de Bourgogne.

Autre élément de contexte favorable, la conférence du 7 Novembre prochain à Sciences Po animée par Anne-Cécile Robert membre du Comité de Rédaction du Monde Diplomatique Clément Lacaille [clementlacaille.cl@gmail.com]. L’Association a pris rang pour participer à cette conférence, faites-vous connaître si vous êtes intéressé.(e).

Nouvelle venue lors du Grand Déj’, Nathalie a déjà commencé à prendre ses marques, tant auprès de l’APEC où elle a été très bien accueillie, – elle est déjà inscrite aux formations, aux Informels (la réunion d’information thématique de l’APEC), ainsi qu’aux différents ateliers proposés. A la question sur les simulations d’embauche, il existe bien un outil virtuel sur le site apec.fr, mais qui ne répond pas du tout à la volonté de se rapprocher au maximum des conditions du réel que propose l’association. L’idéal étant en effet de répondre à une offre réelle, qui permette des questions réalistes sur les contingences matérielles et géographiques du poste, la dimension managériale, etc.

Nathalie a pu participer à la réunion des Nouveaux Arrivants, et s’en est déclarée très satisfaite : beaucoup d’informations échangées, un accueil soigné. Elle suggère d’ailleurs que BCN intervienne plus en amont, dans le cadre d’un partenariat avec la ville. L’idée est bonne en effet, nous y reviendrons plus loin. Enfin, Nathalie mentionne le site « Les Renards », sur Facebook, un lieu de rencontre pour les chercheurs d’emploi, nouveaux arrivants, un peu sur le principe de l’Apéro des Créateurs, qui s’était un peu essoufflé.

Quant à Jérôme, il nous confirme son prochain stage de charpente dans la Vallée de l’Ouche : ainsi, il va pouvoir valider son « intuition », à savoir son intérêt pour la filière bois.  Il nous raconte également sa participation aux 2 conférences sur le climat proposées au mois d’octobre : pour reprendre son expression, il y a une confusion entre les porteurs d’une technique (exemple : le nucléaire, et les ingénieurs X-Mines) et la réflexion stratégique qui doit en accompagner les arbitrages. Les discours sur a politique énergétique française ne doivent pas être produits par Areva et/ou EDF ; or, actuellement c’est exactement ce qui se produit, et cela dans un cadre universitaire !

Danièle poursuit de son côté sa mission de Manager de Transition en EHPAD, mission qui devrait s’achever dans les prochaines semaines. Pour le moment, elle n’envisage pas de répondre à de nouvelles sollicitations, et de se donner a minima le temps de souffler.

De la même façon, Jean-Louis nous fait part de son souhait d’arrêter son activité de gestionnaire d’immeubles et d’actifs immobiliers : cela fait en effet 10 ans qu’il s’est engagé dans cette voie, une certaine saturation commence à se faire senti

Au chapitre des déceptions, notons le Digital Society Forum de Mulhouse, où force est de constater que nous n’avons pas rencontré d’interlocuteurs suffisamment influents, pour nous permettre de valoriser nos deux accompagnateurs Mehdi et Baptiste. La formule de ces forums est une réflexion tous publics sur les transformations numériques de la société et leur impact sur notre quotidien, au travail ou dans la vie courante.  L’intérêt est que les états-majors de l’opérateur Orange sont souvent impliqués dans la tenue et le bon déroulement de ces forums. En l’occurrence, le délégué régional à la communication de l’opérateur pourrait mettre à disposition son carnet d’adresses, cette action n’est donc pas terminée.

2. Comment BCN doit-elle communiquer ?

Nous nous appuyons sur le témoignage d’Alexandre : il nous parle des associations lyonnaises qui se donnaient comme objectif de faciliter l’insertion des chercheurs, soit jeunes diplômés, soit de cadres ayant déjà exercé, et donc cotisé AGIRC-ARRCO. Au-delà de la recherche sur Internet, notre idée (suggérée par Danièle) serait de tisser des liens avec celle(s) dont nous nous sentirions le plus en phase, et au besoin d’établir des liens d’approfondissement, comme nous l’avons fait en 2016 avec Cesson-Sévigné.

Comment développer les animations BCN en Maison de Quartier, en Missions Locales de l’Emploi ? L’exemple de Beaune montre que le travail en profondeur finit par payer, c’est aussi une question de personnes. Ainsi que nous l’avions fait avec Melle LE BESCOND, nous pourrions aussi accueillir des stagiaires sur des thématiques portant sur l’emploi, et intervenir en avis consultatif lors des soutenances.

Fabienne suggère également des insertions dans les différentes Newsletters qui existent dans l’agglomération, Dijon-Mag, 7’, Infolettre. Pour ce qui est de la ville, il serait intéressant de nous appuyer sur notre réputation de sérieux auprès de la Maison des Associations, pour obtenir les bons contacts à la Ville.

L’autre axe sur lequel nous travaillons est la ZAC des Marchands de Quétigny : il s’agirait de combiner l’action Métropôle, notre présence à l’Afpa de Quétigny, le soutien de la Mairie depuis « Un emploi nommé Désir »… Des rendez-vous sont programmés avec chacun de ces acteurs. L’objectif est de décrocher un budget d’installation et si possible de recrutement d’un binôme Service Civique en vue de la partie « Médiation Numérique » incluse dans les ateliers AEC (Ateliers Emplois Compétences).

Christine

En conclusion : notre budget d’action « Comment dynamiser la recherche d’emploi ? En valorisant les compétences cachées » n’est pas totalement consommé. La solution retenue serait d’engager ces crédits pour Module « Estime de Soi » assuré par Éveil de Coaching fin 2019 – début 2020 sur un Joyce. Qui est intéressé ?

L’Ours.

Crédits Photos : présidentes de BCN en pleine action…
Economie·Prospective

Le New deal vert de Jérémy Rifkin.

Dans son nouveau livre, « Le New deal vert mondial, pourquoi la civilisation fossile va s’effondrer d’ici 2028, le plan économique pour sauver la vie sur terre », disponible depuis ce mercredi 16 octobre, Jeremy Rifkin prédit l’irrémédiable chute du pétrole et du charbon. Mais le temps presse face au réchauffement climatique. L’essayiste américain plaide pour la mise en place d’un New deal vert. Son but: précipiter une troisième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables.

Jeremy_Rifkin

LA TRIBUNE – Dans votre livre, vous militez pour la mise en place d’un « New Deal vert ». De quoi s’agit-il ?

JEREMY RIFKIN – Le « New Deal vert » n’est pas un concept nouveau. Il a d’abord émergé au Royaume-Uni et en Allemagne à la fin de la précédente décennie. Il a ensuite été importé aux États-Unis par la candidate verte Jill Stein. Il est aujourd’hui repris par de jeunes élus démocrates. Il s’agit d’une transformation complète de l’économie vers un nouveau paradigme. C’est la troisième révolution industrielle des infrastructures, repensés pour les énergies renouvelables. Cela ne passera pas seulement par une injection massive de fonds publics par les gouvernements. Il faut que les projets soient menés au niveau des régions.

Vous prédisez l’effondrement de la « civilisation fossile » d’ici à 2028. N’est-ce pas trop optimiste ?

Certaines études parlent de 2023, d’autres de 2033. Notre estimation se base sur ce que nous avons constaté en Allemagne. Quand l’éolien et le solaire ont atteint 14% des parts de marché, les investissements ont commencé à basculer très rapidement. Aux États-Unis, les énergies renouvelables représentent entre 8% et 9% de la production électrique. Les 14% seront atteints d’ici à 2023. Au niveau mondial, ce point d’inflexion sera touché en 2028. Le vrai défi reste les transports. Seulement 2,5% des voitures vendues sont électriques. Des études estiment que les voitures électriques seront compétitives sans subvention à partir de 2023. Cinq ans plus tard, elles représenteront 20% de la production, au-delà du point de bascule. Les grands constructeurs sont d’ailleurs en train de préparer cette transition. L’effondrement de la civilisation fossile sera donc précipité par le marché. Le coût de l’énergie solaire et éolienne a chuté. Il est désormais inférieur à celui du nucléaire, du pétrole, du gaz et du charbon. Le coût des batteries a lui aussi chuté.

Lire aussi : Comment la voiture électrique va remodeler le marché de l’électricité

Vous pensez également que cette transition sera accélérée par les fonds de pension. Comment ?

Des investisseurs gérant 11.000 milliards de dollars se sont détournés des énergies fossiles sur les quatre dernières années: des universités, des fondations mais surtout de grands fonds de pensions, qui représentent des millions de travailleurs à New York, Londres ou Melbourne. Ils ont pris peur car ils ont vu ce qu’il s’est passé avec l’industrie du charbon, qui a perdu en compétitivité et a été touchée par des faillites. Le problème c’est que ces fonds ne créent pas les infrastructures, c’est le rôle du gouvernement. Tout l’argent retiré des énergies fossiles ne peut donc pas être redirigé vers des projets verts à grande échelle, car toutes les villes du monde n’en sont encore qu’à des programmes pilotes. Le problème n’est pas l’absence d’argent. Le problème, c’est l’absence de projet d’ampleur de transformation des infrastructures. C’est pour cela que nous avons besoin du « New Deal vert ».

Cela passe aussi par les créations de banques vertes. À quoi serviraient-elles ?

Les gouvernements n’ont pas encore compris comment ils pouvaient financer la transition écologique. Et qu’ils n’avaient pas besoin d’utiliser leurs recettes fiscales ou d’instaurer de nouvelles taxes. Il faut mettre à profit les milliers de milliards de dollars d’investissements qui se détournent de toutes les industries liées aux énergies fossiles. Ces investisseurs recherchent des projets d’envergure. Les gouvernements doivent donc instaurer des banques vertes, aussi bien au niveau national que local. Ces banques pourront ensuite émettre des obligations vertes qui permettront aux gouvernements et aux collectivités de financer ces projets sans avoir à utiliser de l’argent public. Mais il est nécessaire d’agir rapidement pour capter l’argent des fonds de pension.

Lire aussi : « Les banques n’ont toujours pas pris le virage de la transition énergétique » (Oxfam France)

Parmi vos 23 propositions, vous prônez l’instauration d’une taxe carbone redistributive, comme récemment suggéré par les économistes du Fonds monétaire international.

Nous avons effectivement besoin d’une taxe carbone, mais pas de la façon dont elle a été mise en oeuvre en France. Cette taxe doit augmenter de manière agressive au fil des ans. Elle doit surtout se traduire par une redistribution, chaque mois, de toutes les recettes générées vers les ménages, en fonction de leurs revenus, de manière à ce qu’ils ne soient pas perdants. Laissons le fardeau de cette taxe reposer seulement sur les épaules de l’industrie des énergies fossiles. Ils sont responsables de la situation. C’est donc à eux de payer la facture. En France, cela aurait permis d’éviter le mouvement des « gilets jaunes ».

Lire aussi : Face au réchauffement climatique, le FMI milite pour une taxe carbone internationale

Dans votre livre, vous soulignez que l’Union européenne et la Chine, avec lesquels vous collaborez, ont pris la mesure des enjeux, mais pas les États-Unis. Comment l’expliquez-vous ?

La prise de conscience existe mais pas à la Maison Blanche. La conférence des maires vient juste de déclarer l’urgence climatique. 29 États, démocrates ou républicains, ont mis en place des politiques en faveur des énergies renouvelables. C’est le gouvernement fédéral qui ne bouge pas. Les États et les municipalités peuvent agir, même en cas de réélection de Donald Trump, ce qui serait catastrophique. Ils ont cependant besoin que le gouvernement fédéral mette en place des crédits d’impôts sur le solaire ou l’éolien. Ou qu’il apporte une aide financière aux banques vertes.

Cela ne s’explique-t-il pas aussi par le fait que les États-Unis, contrairement à l’Europe et à la Chine, produisent du pétrole et qu’il existe donc de puissants lobbys industriels qui freinent la transition écologique ?

Oui, et c’est criminel. Ces gens-là savent que le marché se détourne d’eux, qu’ils ne rentabiliseront jamais les installations pétrolières et gazières qu’ils construisent. Ils le savent très bien mais ils continuent parce qu’ils sont seulement préoccupés par leurs prochains résultats trimestriels. Je ne sais pas comment ils peuvent rentrer chez eux le soir. Les États-Unis, mais aussi le Canada, sont les principaux cas isolés parce qu’il y des intérêts économiques gigantesques, pour lesquels nous faisons même des guerres. Avec l’éolien et le solaire, il n’y a plus de guerre car le vent souffle partout et le soleil brille partout. Et ils nous forcent même à partager parce qu’on ne peut pas stocker cette énergie.

Lire aussi : Total et Equinor lancent la production du gigantesque gisement norvégien Johan Sverdrup

Que vous inspirent les mouvements récents de la jeunesse sur le climat ? Peuvent-ils accélérer le changement ?

Je dois reconnaître que je n’avais pas bien compris ce qu’il se passait. Il ne s’agit pas d’un autre mouvement politique mais de la première révolte planétaire de l’histoire de l’humanité. C’est la première fois qu’un groupe commence à se considérer comme une espèce en danger. Maintenant, ils doivent encore accroître les manifestations non violentes. Mais ils doivent surtout se rendre compte qu’il ne suffit pas de demander aux gouvernements d’agir. Ils doivent devenir acteur de la vie politique, au niveau local notamment, pour prendre le pouvoir démocratiquement. Le feront-ils ? Seront-ils actifs sur le long terme ? Je ne sais pas.

Lire aussi : La jeunesse mobilisée en masse pour la « grève mondiale pour le climat »

Êtes-vous confiant sur la capacité des États à mener la troisième révolution industrielle que vous réclamez ?

Oui et non. D’un côté, le changement climatique a lieu encore plus vite que nous ne le redoutions. Nous n’avons plus que douze ans pour transformer l’ensemble de notre civilisation. Si l’Union européenne et la Chine ont pris conscience du problème, ils n’agissent pas aussi vite qu’il le faudrait. Mais d’un autre côté, la technologie existe, le marché s’est exprimé. L’effondrement des énergies fossiles se rapproche. Il ne manque plus que les feuilles de route pour mener la troisième révolution industrielle. Nous pensons que nous pouvons avoir un début d’infrastructure dans dix ans, et parvenir à réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre. Puis une dizaine d’années supplémentaires pour arriver à une infrastructure mature et régler le problème. Mais il s’agit du scénario idéal, qui n’est pas forcément le plus probable.

Ouvrages traduits en français.

 

  • 1979, Les Apprentis sorciers : demain la biologie (avec Ted Howard), Ramsay, (ISBN 2010058038)
  • La Fin du travail [« The End of Work: The Decline of the Global Labor Force and the Dawn of the Post-Market Era »], La Découverte, , 456 p. (ISBN 978-2707126139)
  • Le Siècle biotech : Le commerce des gènes dans le meilleur des mondes [« The Biotech Century: Harnessing the Gene and Remaking the World »], La Découverte, , 348 p. (ISBN 978-2707128515)
  • L’Âge de l’accès : La Révolution de la nouvelle économie [« The Age Of Access: The New Culture of Hypercapitalism, Where All of Life is a Paid-For Experience »], La Découverte, , 380 p. (ISBN 978-2707132901)
  • L’Économie hydrogène : Après la fin du pétrole, la nouvelle révolution économique [« The Hydrogen Economy: The Creation of the Worldwide Energy Web and the Redistribution of Power on Earth »], La Découverte, , 330 p. (ISBN 978-2707137838)
  • Le Rêve européen : Ou comment l’Europe se substitue peu à peu à l’Amérique dans notre imaginaire [« The European Dream: How Europe’s Vision of the Future is Quietly Eclipsing the American Dream »], Fayard, , 564 p. (ISBN 978-2213622705)
  • Une nouvelle conscience pour un monde en crise : Vers une civilisation de l’empathie [« The Empathic Civilization: The Race to Global Consciousness In a World In Crisis »], Les liens qui libèrent, , 656 p. (ISBN 978-2918597278)
  • La Troisième Révolution industrielle : Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde [« The Third Industrial Revolution: How Lateral Power Is Transforming Energy, the Economy, and the World »], Les liens qui libèrent, , 380 p. (ISBN 978-2918597476)
  • La Nouvelle Société du coût marginal zéro : L’internet des objets, l’émergence des communaux collaboratifs et l’éclipse du capitalisme [« The Zero Marginal Cost Society: The internet of things, the collaborative commons, and the eclipse of capitalism »], Les liens qui libèrent, , 510 p. (ISBN 979-10-209-0141-5, présentation en ligne [archive])

Article paru dans la Tribune du 16 Octobre – Bibliographie : Wikipédia.

 

Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous Alice et le Maire.

Sorti en salle le 2 Octobre, le film de Nicolas Pariser réunit une légende du théâtre et du cinéma – Fabrice Luchini – et une jeune artiste en devenir, Anaïs Demoustier. Le sujet du film est l’usure de la ville publique, dans une agglomération essentielle de la vie publique française, Lyon.

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Afin d’équilibrer cet article, j’ai tenu à m’informer de ce qu’en pensait l’équipe du « Masque et la Plume », prêt à défendre ma propre opinion, s’il en était besoin ; surprise, l’ensemble des critiques est bienveillant, enthousiaste par moments.

Pierre Murat l’a trouvé « formidable ».

PM : « On dirait le film de Éric Rohmer, L’Arbre, le Maire et la Médiathèque, où il joue un directeur d’école qui refusait de faire de la politique et on dirait en effet qu’en 30 ans il a changé d’avis, il fait de la politique et est devenu maire, un peu désillusionné maintenant avec des rapports évidents avec ce nouveau film.

Il y a une réplique que j’aime bien : lorsqu’on demande à Fabrice Luchini « Monsieur le ministre, on nous attend… », lui répond par « Non, on ne nous attend pas, on m’attend, moi ». Je trouve ça absolument formidable d’autant que Luchini en fait peu !

C’est un film sur l’air du temps, par rapport aux futures municipales : on nous montre à quel point c’est compliqué, c’est fatiguant quand on n’a plus d’idées, un moment où on se demande à quoi cela sert de faire encore de la politique. C’est un petit peu surfait mais quand on a le programme ciné à côté, on est très content de voir cela« .

Pour Éric Neuhoff, le film est « très réussi » 

EN : « Cela fait du bien de voir un film sur la politique, très réussi et intelligent, et il n’y en a pas tant que ça. Luchini montre qu’il peut tout faire, il peut jouer un histrion ou un type comme ça revenu un peu de tout, qui a divorcé et qui se demande s’il ne pas va se présenter à l’Elysée. On ne sait d’ailleurs pas exactement quand est-ce que ça se passe.

Il y a aussi quelque chose de très rare : on y voit une ville, Lyon, on y voit ce qui s’y passe, quels sont les gens qui y habitent, on voit bien les rapports qui existent dans ces municipalités, tous les codes, les mesquineries, avec cette professeure de littérature qui débarque avec ses idées toutes faites qui va apprendre ce que c’est.

C’est bien aussi de voir un film où on offre des classiques tels que Marc Bloch… Ce n’est pas un hasard non plus si elle lui offre le le Bartleby d’Herman Melville.

Pour Sophie Avon le film est brillant « même s’il tourne un peu en rond »

SA : « Un film intelligent, qui a de la tenue, bien dialogué, brillant, bien joué, un film sur le verbe, sur tout ce qu’il y a entre la pensée et l’action, les mots, la rhétorique, la vanité de la parole politique bien retranscrite. Mais je trouve qu’au bout d’un moment le film tourne un petit peu en rond.

C’est comme si tout à coup Nicolas Pariser abdiquait toute forme de romanesque, d’ampleur et s’en tenait à une résolution assez morne, à l’image de la vie politique sans doute, mais on aimerait qu’un film sur la politique relève un peu le gant et montre qu’il y a aussi cett possibilité de rêver, la fiction… Ce qui est intéressant aussi c’est qu’il y a ce personnage de l’artiste qui poétise le monde, elle est alarmiste et lui, Fabrice Luchini, la traite avec ironie alors qu’elle est folle : cela m’a paru très symptomatique de ce que raconte ce film et de la position de Nicolas Pariser ».

Nicolas Pariser aurait pu rester sur les coulisses de la politique car la place du doute dans la politique n’est jamais filmée. Là, on a un doute, et à la fin je trouve qu’il y a du romanesque quand ils écrivent à deux le discours politique. Et lorsque le doute est vaincu, on assiste à un authentique épisode romanesque d’écriture « à quatre mains ».

Il y a une très belle mise en scène, avec tous les espaces lyonnais. Il sait très bien raconter à travers les décors. Il sait mettre en lumière les rapports de force et la hiérarchie qu’il y a à l’intérieur d’une mairie et d’un microcosme politique. Donc c’est quand même un film haut de gamme.

En conclusion : si vous aimez Lyon, vous allez adorer la manière dont elle est mise en scène et en valeur. Un vrai bon moment de cinéma !

L’Ours.

Economie·Evènements

Un nouveau Prix Nobel d’économie décerné à une française, Esther Duflo.

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Le Prix de la Banque de Suède (= « Nobel d’Économie ») est attribué à Esther Duflo (France), Michael Kremer (US) et Abhijit Banerjee (Inde) pour avoir « introduit une nouvelle approche pour obtenir des réponses fiables sur la meilleure façon de réduire la pauvreté dans le monde« .

Un Nobel modeste

Le Nobel d’économie de cette année ne récompense pas une grande théorie englobante, mais une méthode. Modeste et concrète, « l’essai randomisé contrôlé » : l’étude d’une question limitée et précise, en comparant un groupe témoin et un groupe d’expérience (tirés au hasard). Une méthode classique dans l’évaluation d’un médicament, mais très rarement utilisée en économie. Ce qui explique sans doute pourquoi la mortalité recule plus vite que la pauvreté dans le monde (lire article suivant).

Depuis 2015, le nombre d’humains souffrant de la faim est reparti à la hausse et atteint à présent 820M de personnes, autant qu’il y a 10 ans (source ONU

 
Ci-dessous : 1 kilogramme de lentilles remise « en échange » d’une vaccination.
 Détails de l’intervention 

 

L’étude évalue l’efficacité et la rentabilité d’une amélioration des services et de l’offre d’infrastructures pour la vaccination, ainsi que celles de l’accroissement de la demande grâce à de modestes incitations non financières. Deux interventions ont été évaluées en Udaipur rural, et un troisième ensemble de villages a servi de groupe témoin.

  • Intervention A : Seva Mandir (une ONG locale) a engagé une équipe mobile de vaccination comprenant une accoucheuse auxiliaire et un assistant pour mener une campagne mensuelle de vaccination dans les villages. Le personnel était disponible de 11h à 14h, un jour fixe dans le mois. La présence de l’accoucheuse auxiliaire était contrôlée grâce à des photographies horodatées et une surveillance régulière. Les compte-rendus indiquent que 95 % des sessions prévues ont eu lieu et n’ont pas été perturbées par l’absence des professionnels. Un travailleur social de Seva Mandir vivant dans le village prévenait les mères de la tenue de la session et les informait des bénéfices de la vaccination. Les vaccins administrés étaient le WHO/UNICEF Extended Package of Immunization (EPI), fournis par le gouvernement indien. À la première injection, chaque enfant recevait une carte officielle de vaccination indiquant son prénom, le nom de ses parents, la date et le type de vaccin reçu. Quand un enfant arrivait au camp sans carte de vaccination et si on ne pouvait être sûr qu’il avait déjà été vacciné, on le traitait entièrement.
  • Prix_Nobel_2019_II
  • Intervention B : En utilisant la même infrastructure que celle de l’intervention A, l’intervention B prévoyait que soient offerts aux parents 1 kg de lentilles par injection administrée ainsi qu’un ensemble de thalis (assiettes en métal) une fois que l’enfant avait achevé le programme entier de vaccinations. La valeur du kilo de lentilles était d’environ 40 roupies (moins d’un dollar), équivalent au trois-quarts d’une journée de travail. Les incitations étaient fournies pour compenser le coût d’opportunité engendré par le fait d’emmener l’enfant se faire vacciner. La carte de vaccination permettait de vérifier si l’enfant avait bien reçu l’ensemble du programme.

Résultats et conclusions politiques

Résultats pour la vaccination complète (enfants ayant reçu au moins les 5 vaccins de base) parmi les enfants de 1 à 3 ans :

  • 38,3 % ont été entièrement vaccinés dans les villages de l’intervention B,
  • 16,6 % dans les villages de l’intervention A,
  • 6,2 % dans les villages témoins.
Un enfant avait 6,19 fois plus de chance d’être totalement vacciné dans les villages de l’intervention B que dans les villages témoins, et 2,69 plus de chance dans les villages de l’intervention A que dans les villages témoins. Les enfants dans les zones voisines des villages de l’intervention B avaient également plus de chance d’être entièrement vaccinés en comparaison avec les zones voisines des villages de l’intervention A (20 % vs 10 %). Cela semble indiquer que des sessions régulières couplées à des incitations encouragent les parents venant de plus loin à emmener leurs enfants se faire vacciner.

Les résultats de l’étude indiquent que de petites incitations non financières à destination des familles ayant de faibles ressources, cumulées à des services et des informations fiables, sont plus efficaces que les services et les informations seuls. C’est aussi plus rentable – beaucoup d’enfants utilisent les mêmes installations de vaccination, ce qui fait baisser le coût par enfant vacciné, même en prenant en compte le montant des dépenses dues aux incitations. Le coût moyen par enfant entièrement vacciné était de 27,94 $ dans les villages de l’intervention B, et de 55,83 $ pour l’intervention A.
Conclusion : Comment ne pas penser aux « nudges », ces incitations gouvernementales destinées à modifier le comportement des citoyens ?
Y compris dans les pays occidentaux, nous avons combattu la ceinture de sécurité, les distributeurs automatiques, la grippe A, l’écotaxe,… Serions-nous prêts à nous laisser vacciner en échange d’un kilo de lentilles ? Mènerions-nous tous ces combats aujourd’hui ? Sans doute pas, grâce aux mécanismes d’incitation : ce nouveau Prix Nobel met enfin l’économie au service de la vie quotidienne. Et c’est une bonne nouvelle !
La théorie du Nudge (ou théorie du paternalisme libéral) est un concept des sciences du comportement, de la théorie politique et d’économie issu des pratiques de design industriel, qui fait valoir que des suggestions indirectes peuvent, sans forcer, influencer les motivations, les incitations et la prise de décision des groupes et des individus, au moins de manière aussi efficace sinon plus efficacement que l’instruction directe, la législation ou l’exécution
L’Ours.