Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous Alice et le Maire.

Sorti en salle le 2 Octobre, le film de Nicolas Pariser réunit une légende du théâtre et du cinéma – Fabrice Luchini – et une jeune artiste en devenir, Anaïs Demoustier. Le sujet du film est l’usure de la ville publique, dans une agglomération essentielle de la vie publique française, Lyon.

Alice_ministre

Afin d’équilibrer cet article, j’ai tenu à m’informer de ce qu’en pensait l’équipe du « Masque et la Plume », prêt à défendre ma propre opinion, s’il en était besoin ; surprise, l’ensemble des critiques est bienveillant, enthousiaste par moments.

Pierre Murat l’a trouvé « formidable ».

PM : « On dirait le film de Éric Rohmer, L’Arbre, le Maire et la Médiathèque, où il joue un directeur d’école qui refusait de faire de la politique et on dirait en effet qu’en 30 ans il a changé d’avis, il fait de la politique et est devenu maire, un peu désillusionné maintenant avec des rapports évidents avec ce nouveau film.

Il y a une réplique que j’aime bien : lorsqu’on demande à Fabrice Luchini « Monsieur le ministre, on nous attend… », lui répond par « Non, on ne nous attend pas, on m’attend, moi ». Je trouve ça absolument formidable d’autant que Luchini en fait peu !

C’est un film sur l’air du temps, par rapport aux futures municipales : on nous montre à quel point c’est compliqué, c’est fatiguant quand on n’a plus d’idées, un moment où on se demande à quoi cela sert de faire encore de la politique. C’est un petit peu surfait mais quand on a le programme ciné à côté, on est très content de voir cela« .

Pour Éric Neuhoff, le film est « très réussi » 

EN : « Cela fait du bien de voir un film sur la politique, très réussi et intelligent, et il n’y en a pas tant que ça. Luchini montre qu’il peut tout faire, il peut jouer un histrion ou un type comme ça revenu un peu de tout, qui a divorcé et qui se demande s’il ne pas va se présenter à l’Elysée. On ne sait d’ailleurs pas exactement quand est-ce que ça se passe.

Il y a aussi quelque chose de très rare : on y voit une ville, Lyon, on y voit ce qui s’y passe, quels sont les gens qui y habitent, on voit bien les rapports qui existent dans ces municipalités, tous les codes, les mesquineries, avec cette professeure de littérature qui débarque avec ses idées toutes faites qui va apprendre ce que c’est.

C’est bien aussi de voir un film où on offre des classiques tels que Marc Bloch… Ce n’est pas un hasard non plus si elle lui offre le le Bartleby d’Herman Melville.

Pour Sophie Avon le film est brillant « même s’il tourne un peu en rond »

SA : « Un film intelligent, qui a de la tenue, bien dialogué, brillant, bien joué, un film sur le verbe, sur tout ce qu’il y a entre la pensée et l’action, les mots, la rhétorique, la vanité de la parole politique bien retranscrite. Mais je trouve qu’au bout d’un moment le film tourne un petit peu en rond.

C’est comme si tout à coup Nicolas Pariser abdiquait toute forme de romanesque, d’ampleur et s’en tenait à une résolution assez morne, à l’image de la vie politique sans doute, mais on aimerait qu’un film sur la politique relève un peu le gant et montre qu’il y a aussi cett possibilité de rêver, la fiction… Ce qui est intéressant aussi c’est qu’il y a ce personnage de l’artiste qui poétise le monde, elle est alarmiste et lui, Fabrice Luchini, la traite avec ironie alors qu’elle est folle : cela m’a paru très symptomatique de ce que raconte ce film et de la position de Nicolas Pariser ».

Nicolas Pariser aurait pu rester sur les coulisses de la politique car la place du doute dans la politique n’est jamais filmée. Là, on a un doute, et à la fin je trouve qu’il y a du romanesque quand ils écrivent à deux le discours politique. Et lorsque le doute est vaincu, on assiste à un authentique épisode romanesque d’écriture « à quatre mains ».

Il y a une très belle mise en scène, avec tous les espaces lyonnais. Il sait très bien raconter à travers les décors. Il sait mettre en lumière les rapports de force et la hiérarchie qu’il y a à l’intérieur d’une mairie et d’un microcosme politique. Donc c’est quand même un film haut de gamme.

En conclusion : si vous aimez Lyon, vous allez adorer la manière dont elle est mise en scène et en valeur. Un vrai bon moment de cinéma !

L’Ours.

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