Economie·Revue de Presse

Conjoncture INSEE – 2019 Trimestre 2.

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Repli de l’emploi et baisse du taux de chômage au 2e trimestre 2019 en Bourgogne-Franche-Comté.

L’emploi salarié est en  légère baisse en Bourgogne-Franche-Comté au deuxième trimestre 2019. Le rebond les dans le tertiaire non marchand ne compense pas les pertes d’effectifs salariés dans les autres grands secteurs et en particulier dans l’intérim. Le chômage s’améliore à nouveau et se maintient à un niveau plus bas que la moyenne nationale. Du côté de l’entreprenariat le nombre de créations de micro-entreprises recule alors que celui des entreprises « classiques » augmente. Le nombre des défaillances d’entreprises est stable. Comparé à l’an dernier, la fréquentation hôtelière recule tout comme dans le bâtiment le dépôt des demandes de permis de construire. Les mises en chantier sont, elles, plus nombreuses.                                                                            Amandine Ulrich, Guillaume Volmers (Insee)       Rédaction achevée le 30 septembre 2019 

Légère baisse de l’emploi salarié régional due à l’emploi privé 

T2-2019_Emploi_totalAu deuxième trimestre 2019, la Bourgogne-Franche-Comté compte 969 500 salariés. Après un sursaut au trimestre précédent, l’emploi salarié baisse de 0,1 % (figure 1). C’est la seule région, avec Grand Est, à perdre des emplois ce trimestre . L’emploi salarié privé, en hausse au trimestre précédent, cède 0,2 % de ses effectifs. Le mouvement est inverse pour l’emploi public qui gagne 0,3 %. Au niveau national, malgré un ralentissement, l’emploi salarié reste bien orienté, + 0,2 % ce trimestre. Le privé comme le public gagnent chacun 0,2 %. 36 200 personnes résident en Bourgogne-Franche-Comté tout en occupant un emploi en Suisse. Pour ce cinquième trimestre de hausse consécutif, l’augmentation, de 1,8 %, est plus marquée que précédemment.

 

Rebond dans le tertiaire non marchand 

Dans la région, le tertiaire non marchand repart à la hausse de 0,3 % ce trimestre et gagne 970 emplois. Sur un an, les effectifs sont stables (figure 2). La tendance s’inverse dans la construction, ce secteur se replie de 0,3 % et ne poursuit pas l’embellie du trimestre précédent. L’emploi repart aussi à la baisse dans les services marchands hors intérim. Dans ce secteur, seuls l’hébergement- restauration et les services immobiliers augmentent leurs effectifs. Ils sont stables dans le commerce.

Emploi_par_secteur_T2

Sur un an, c’est le secteur de l’information-communication qui croît le plus malgré deux trimestres consécutifs de baisse. Dans l’industrie, le repli se confirme : – 0,3 % ce trimestre soit 330 emplois en moins. Sur un an, 1 470 emplois ont été perdus. L’agroalimentaire, qui résistait jusque-là, est en légère baisse de 0,1 %. Au niveau national, l’évolution, sur le trimestre ou sur un an, reste plus favorable qu’en Bourgogne-Franche-Comté. En France, tous les secteurs gagnent des emplois.

Le Territoire de Belfort, seul département où l’emploi est en hausse 

Au deuxième trimestre 2019, avec une hausse de l’emploi de 0,2 % le Territoire de Belfort est le seul département de la région où l’emploi salarié augmente. En Côte-d’Or, dans l’Yonne et en Saône- et-Loire, il est stable. Dans les autres départements, il baisse. À l’exception du Jura, le secteur des services non marchands croît dans tous les départements et tout particulièrement dans le Territoire de Belfort qui bénéficie également de la progression de l’intérim.

Les services non marchands et l’intérim sont bien orientés en Côte d’Or et en Saône-et-Loire avec en plus respectivement la construction et le commerce. Les autres secteurs perdent des emplois dans ces deux départements. L’Yonne connaît une baisse de l’emploi dans tous les secteurs, à l’exception des services non marchands. Le Doubs, le Jura et la Nièvre pâtissent de baisses marquées dans la construction et l’industrie qui s’ajoutent à celles de l’intérim. En Haute-Saône, l’emploi se replie en raison d’une baisse marquée dans l’intérim alors que l’emploi permanent progresse, particulièrement dans l’industrie avec une hausse de 0,5 %.

Baisse du taux de chômage dans tous les départements 

En Bourgogne-Franche-Comté, le taux de chômage diminue de 0,2 point au deuxième trimestre 2019, sur le même rythme qu’en France. Il demeure nettement plus bas dans la région qu’au niveau national, 7,3 % contre 8,5 % (figure 4). La Bourgogne-Franche- Comté reste au troisième rang des régions les moins touchées par le chômage, à égalité avec Auvergne-Rhône-Alpes et derrière les Pays de la Loire et la Bretagne. Le nombre d’emplois dans la région est en baisse, le taux de chômage diminue dans le même temps. Ce phénomène peut s’expliquer par le fait que l’emploi est mesuré au lieu de travail, tandis que le chômage l’est au lieu de résidence.Or la Bourgogne- Franche-Comté est l’une des régions où la proportion de salariés travaillant hors des limites de la région est l’une des plus importantes. Ce trimestre, le chômage diminue dans tous les départements de la région. Le Jura est celui de Bourgogne-Franche-Comté où le taux de chômage est le plus faible, 6,1 %. À l’inverse, dans le Territoire de Belfort, il est le plus élevé, 8,8 %. Ce dernier est d’ailleurs le seul département de la région au-dessus de la moyenne nationale. Sur un an, le chômage baisse aussi dans tous les départements, en particulier dans l’Yonne, la Nièvre et en Côte-d’Or.

Chomage_T2_Fig. 4

Recul de l’intérim

En Bourgogne-Franche-Comté, l’intérim, qui reste à un niveau élevé avec un effectif comptabilisé à plus de 39 300 emplois, est en recul de 1,6 % ce trimestre contre – 0,2 % au niveau national. La baisse est aussi plus prononcée sur un an dans la région : – 4,5 % contre – 0,7 % (figure 3). Dans la région, la hausse trimestrielle des effectifs intérimaires dans le tertiaire ne compense pas les fortes baisses enregistrées dans l’industrie et la construction. Dans l’industrie, qui représente un peu plus de la moitié de l’intérim dans la région, tous les secteurs sont en baisse d’effectifs intérimaires, à l’exception de l’agro-alimentaire.

∎ Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n° 20 – Octobre 2019

Poursuite de la baisse des permis de construire mais hausse des mises en chantier 

Le nombre de permis accordés continue de diminuer dans la région au même rythme qu’au niveau national. En un an, 11 300 logements ont été autorisés à la construction en Bourgogne-Franche-Comté, soit 7 % de moins qu’un an auparavant. Le nombre de permis de construire recule dans la moitié des départements de la région : en Haute-Saône, en Saône-et-Loire, dans le Jura, et particulièrement en Côte-d’Or. À l’inverse, il reste stable dans le Doubs et augmente fortement dans le Territoire de Belfort et la Nièvre. Toutefois, les mises en chantier sont plus nombreuses que l’année précédente dans la région, contrairement à la tendance nationale. En effet, le nombre de logements commencés sur un an progresse de 5 % par rapport au deuxième trimestre 2018, contre une baisse de 5 % au niveau national. Les mises en chantiers diminuent en Haute-Saône et dans la Nièvre, et plus fortement dans l’Yonne. Elles sont en hausse dans les cinq autres départements de la région, en particulier dans le Territoire de Belfort.

Nouvelle hausse du nombre d’inscrits à Pôle emploi 

Comme au trimestre précédent, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi augmente dans la région, alors que la tendance est plus favorable au niveau national. La Bourgogne-Franche-Comté compte ainsi près de 216 000 demandeurs d’emploi de catégorie A, B ou C au deuxième trimestre 2019, soit 0,3 % de plus qu’au précédent, contre une baisse de 0,5 % en moyenne nationale.

Si toutes les tranches d’âge sont touchées par cette hausse, elle est particulièrement marquée chez les demandeurs d’emploi les plus âgés (+ 0,6 % pour les inscrits à Pôle Emploi de 50 ans ou plus). Le nombre de demandeurs d’emploi augmente dans la moitié des départements de la région, mais reste stable en Côte-d’Or, en  Saône-et-Loire, ainsi que dans le Jura et le Territoire de Belfort.

Recul des créations de micro-entreprises 

Le nombre de créations d’entreprises baisse dans la région, contrairement à la tendance nationale. Au deuxième trimestre 2019, 5 240 entreprises ont été créées en Bourgogne-Franche-Comté, soit 4 % de moins qu’au trimestre précédent, contre une légère hausse de 1 % à l’échelle nationale. Le repli régional s’explique par le recul du nombre de créations de micro-entreprises (- 10 %), bien plus marqué qu’en moyenne en France. En revanche, les créations d’entreprises « classiques » augmentent, de 2 % ce trimestre, comme en France (figure 7).

Création_micro_entreprises_Fig.7

La croissance française résiste au ralentissement mondial.

Malgré un contexte international morose, l’activité française a résisté au deuxième trimestre 2019 (+ 0,3 % comme au trimestre précédent) soutenue par la demande intérieure. La consommation a crû à un rythme modeste mais régulier, soutenue par les gains de pouvoir d’achat. L’investissement privé comme public a été dynamique, notamment en construction, porté par le cycle électoral municipal et par des conditions de financement favorables. Avec plus de 50 000 créations nettes d’emploi au deuxième trimestre, le taux de chômage s’est replié à 8,5 %. Le moral des entrepreneurs et celui des ménages atteignent des niveaux relativement élevés : le PIB français progresserait donc à un rythme régulier d’ici la fin de l’année (+ 0,3 % par trimestre) malgré une contribution nulle du commerce extérieur, selon la Note de conjoncture nationale de l’Insee. En moyenne annuelle, sa croissance serait de 1,3 % en 2019 (après + 1,7 % en 2018).

Cependant, au niveau international, les tensions commerciales se concrétisent et les incertitudes s’accroissent. Les perspectives mondiales continuent de s’assombrir, sous l’effet notamment de l’escalade protectionniste entre la Chine et les États-Unis et des incertitudes liées au Brexit. La production industrielle allemande est, par exemple, particulièrement affectée. Prenant acte de ce contexte, les banques centrales assouplissent à nouveau leur politique monétaire, aux États-Unis comme en Europe. À l’image de la plupart des grandes économies, l’activité de la zone euro ralentirait en 2019 (+ 1,2 % en 2019 après + 1,9 %).

∎ Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n° 20 – Octobre 2019.

 

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