Société

Une famille sur cinq ne compte qu’un seul parent en Bourgogne-Franche-Comté, une part qui a doublé en 25 ans

Voici une nouvelle rubrique qui devrait vous intéresser ! Nous manquons souvent de recul sur les événements, le fracas médiatique obscurcit l’horizon et nous empêche de nous forger notre propre avis : nul doute que ce premier éclairage provenant du N° 61 des Analyses INSEE va y contribuer.

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La région compte 71300 familles monoparentales en 2015, dont la moitié vivent dans les grands pôles d’emploi. Ces parents seuls sont pour 80 %  des femmes, sont plus souvent en HLM et moins souvent propriétaires que les couples de parents. Ils sont moins diplômés et ont un taux d’emploi plus faible.

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Le niveau de vie des familles monoparentales est nettement inférieur à celui des autres familles avec enfant mineur : 500 € de moins, par mois et par unité de consommation. Le taux de pauvreté quant à lui est presque trois fois plus élevé : 38 % contre 14 %. Les familles monoparentales de Bourgogne-Franche-Comté sont toutefois dans une situation légèrement plus favorable que celles des autres régions de province. Selon les endroits où elles vivent, elles peuvent être sujettes à différents types de vulnérabilité : une vulnérabilité économique, notamment à l’écart des principaux pôles d’emplois ; une vulnérabilité sociale, avec des difficultés plus importantes s’agissant d’entretenir un réseau de relations dans les territoires denses ; une vulnérabilité territoriale, avec des espaces peu peuplés ou éloignés des grands axes qui offrent une gamme restreinte de services, équipements et établissements facilitant l’intégration.                                 Madeline Bertrand (Insee) –

Septembre 2019 

 

La monoparentalité, un phénomène particulièrement urbain.

 Un tiers seulement des familles avec enfant mineur vivent dans un pôle urbain d’au moins 10 000 emplois, quand c’est le cas d’une famille monoparentale sur deux. Certaines y habitaient déjà mais d’autres ont pu s’y installer, après une séparation par exemple. Les villes offrent davantage d’opportunités professionnelles et la perspective d’un revenu stable. Comme elles concentrent de nombreux services et équipements, elles permettent de concilier plus facilement vie professionnelle et obligations parentales : emmener son jeune enfant chez le pédiatre, trouver un système de garde pour le temps périscolaire ou pour ses enfants trop jeunes pour être scolarisés, permettre aux plus grands d’aller facilement au collège en prenant un bus, etc. C’est aussi dans ces villes que se trouve la majorité des logements sociaux, qui permettent de bénéficier de conditions de logement décentes à un prix modéré. Dans les principales villes de la région, les préfectures, mais aussi dans les petites villes qui animent des territoires ruraux (Châtillon-sur-Seine, Clamecy, Semur-en-Auxois, Decize, Louhans), plus du quart des familles avec enfant mineur sont monoparentales. On retrouve cette même proportion dans le Territoire de Belfort, qui est le département le plus urbanisé de la région.

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L’urbain n’explique pourtant pas tout : la Nièvre et l’Yonne comptent près d’un quart de familles monoparentales parmi leurs familles avec enfant mineur. Bien qu’assez peu nombreuses, elles sont proportionnellement très présentes sur l’ensemble de ces deux départements, y compris dans les zones très peu denses. 

Des familles plus fréquemment en HLM et plus rarement propriétaires.

 Là où seulement un couple avec enfant mineur sur dix vit en HLM, une famille monoparentale sur trois habite un logement social. Cette proportion augmente même légèrement pour les familles monoparentales comptant un enfant en bas âge. Une situation là encore très liée à la ville, où les prix de l’immobilier sont plus élevés et l’offre de logements HLM plus développée. À l’inverse, un parent de famille monoparentale sur trois est propriétaire de son logement, contre sept couples avec enfant mineur sur dix. De même, alors que 80 % des couples avec enfants vivent dans une maison, cette part est deux fois moins élevée au sein des familles monoparentales. Un niveau de vie plus faible et le fait d’habiter dans des territoires plus urbains, où les logements sont plus coûteux et les maisons plus rares, peuvent expliquer ces écarts. 

 

Une vulnérabilité économique, mais aussi sociale et territoriale.

La vulnérabilité peut prendre trois formes : économique, sociale, territoriale. Une famille monoparentale peut faire face alternativement ou simultanément à chacune d’elles.

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Ces vulnérabilités sont bien sûr interconnectées : le réseau social influe sur les chances de trouver un emploi et, à l’inverse, exercer une activité professionnelle peut favoriser le développement du tissu social. Dans certaines intercommunalités de la région, les familles monoparentales sont en difficulté sur les trois axes.

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Définition : EPCI : Les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, au nombre de 1254 pour la France, dont 116 en 2019 en Bourgogne Franche-Comté, se répartissent en quatre catégories : communautés de communes, communautés urbaines, communautés d’agglomérations, métropoles.