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Les causes de la faillite du voyagiste Thomas Cook : la dette, la concurrence, le Brexit.

Le plus ancien tour-opérateur du monde a fait faillite lundi. Après cette faillite abrupte, près de 600 000 personnes actuellement en vacances à travers le monde sont touchées et devront être rapatriées d’un peu partout dans le monde, tandis que 22 000 salariés risquent de perdre leur emploi.

Thomas_Cook

Tous les vols annulés

Pour leurs 150.000 ressortissants, les autorités britanniques lancent une opération de rapatriement colossale. Le gouvernement a activé un plan d’urgence baptisé « opération Matterhorn », du nom d’une campagne de bombardement américaine, lors de la seconde guerre mondiale. Pour le ministère des transports, c’est « l’opération de rapatriement de civils la plus importante de l’histoire en temps de paix ». Elle devrait durer jusqu’au 6 octobre, avec l’aide d’avions spécialement affrétés et de vols commerciaux existants.

L’Autorité britannique de l’aviation civile (Civil Aviation Authority, CAA) a indiqué que l’opérateur « a cessé ses activités avec effet immédiat ». « Toutes les réservations Thomas Cook, vols et séjours, sont désormais annulées », a-t-elle ajouté. Ce sont donc 600 000 clients à travers le monde qui devront être rapatriés dans les jours à venir, dont 150 000 Britanniques.

« Les clients qui sont à l’étranger doivent consulter le site Internet Thomas Cook et ne se rendre à l’aéroport que lorsqu’ils ont un vol alternatif confirmé », précise la CAA, qui fournit les numéros des lignes téléphoniques ouvertes pour aider les voyageurs britanniques. Il ajoute qu’il va « faire son possible pour ramener les gens chez eux aussi près que possible de la date prévue », qu’ils soient ou non couverts par une garantie britannique. Mais, en raison de l’ampleur inédite des rapatriements, la CAA prévient que « quelques perturbations sont inévitables ».

L’Autorité de l’aviation civile (CAA) a déclaré que le régulateur et le gouvernement disposaient d’une flotte d’avions prêts à rapatrier les quelque 150.000 clients britanniques au cours des deux prochaines semaines. Deux fois plus que lors de la faillite de la compagnie aérienne Monarch il y a deux ans.

« Notre plan d’urgence a permis d’acquérir des avions du monde entier – certains venant de Malaisie – et nous avons envoyé des centaines de personnes dans des centres d’appels et dans les aéroports », a déclaré le ministre des Transports Grant Shapps.

La CAA a également contacté les hôtels accueillant des clients du voyagiste pour les prévenir qu’ils seraient payés par le gouvernement, via un système d’assurance. Cette annonce intervient après que certains clients ont été retenus dans un hôtel en Tunisie, où le personnel a réclamé le versement de frais supplémentaires.

Une dette colossale de 1,7 milliard de livres

Le couperet est tombé pour Thomas Cook. Il n’a fallu que quelques jours pour que Thomas Cook, le vénérable opérateur de tourisme britannique, né en 1841, passe d’une situation de grande difficulté à la faillite. Elle a été annoncée, par le conseil d’administration et les autorités, dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 septembre, au terme d’un week-end d’ultimes tractations entre ses dirigeants, ses banques créancières, l’actionnaire chinois Fosun et le gouvernement. Après avoir échoué au cours du week-end à trouver des fonds nécessaires pour sa survie, le plus ancien voyagiste de la planète créé en 1841 a fait faillite lundi.

Thomas Cook gère des hôtels et des complexes touristiques, des liaisons aériennes et des croisières. Avec 21.000 employés, elle opère dans 16 pays et fait affaire avec 19 millions de clients par an. Le groupe avait annoncé une perte abyssale d’1,5 milliard de livres pour le premier semestre, pour un chiffre d’affaires de quelque 10 milliards.

Minée par une dette évaluée à 1,7 milliard de livres sterling (1,9 milliard d’euros), Thomas Cook a été touché de plein fouet par la concurrence des sites en ligne et les incertitudes géopolitiques. Sa situation a été aggravée l’an dernier par un été particulièrement chaud en Europe, qui a pesé sur les réservations de voyages vers des destinations habituellement plus ensoleillées.

Le destin du voyagiste s’est joué en quelques jours: des créanciers lui ont demandé la semaine dernière de trouver 200 millions de livres (227 millions d’euros) de financements supplémentaires pour qu’un plan de sauvetage déjà accepté de 900 millions de livres et mené par le chinois Fosun, premier actionnaire, soit validé. Des discussions marathon ont eu lieu tout le week-end, en vain. Fosun Tourism Group s’est dit déçu par l’échec d’un accord entre Thomas Cook, ses banques et ses créanciers, précisant qu’il y avait été favorable tout du long. Le plan de recapitalisation n’était « plus applicable compte tenu de la liquidation judiciaire » de Thomas Cook, dit un communiqué du groupe chinois.

Garantie ATOL

La CAA rappelle que les voyages organisés bénéficient de la garantie ATOL, qui découle d’une directive européenne. Cette législation s’applique aux autres membres de l’UE, notamment la France et l’Allemagne qui ont de gros contingents de clients de Thomas Cook, et ces derniers devraient bénéficier de fonds de garantie locaux.

La CAA relève également que les clients ayant acheté un séjour qu’ils n’ont pas encore utilisé auront droit à « un remboursement complet », et que ceux qui sont coincés à l’étranger pourront aussi recouvrer les frais encourus sur place si leur retour est retardé.

Conclusion.

Bien qu’il soit difficile de démêler l’impact du Brexit dans cette chute, le « climat des affaires » induit par le chaos parlementaire britannique est rien moins que délétère. Mais il ressort que les agences de voyages en ligne raflent la mise dans de nombreux segments, et ceci en particulier lorsque la plus-value d’opérateurs de prestige n’est pas clairement identifiée. Alors que Thomas Cook était en France l’autre marque de « Wagons-Lits », et s’identifiait à l’Orient-Express, seulement 9.852 de nos compatriotes étaient identifiés par les instances chargées du rapatriement.

L’Ours.

Un commentaire sur “Les causes de la faillite du voyagiste Thomas Cook : la dette, la concurrence, le Brexit.

  1. Merci pour cet article.

    La quadrature du cercle: C’est une directive européenne qui permet à la garantie ATOL d’être appliquée, entre autre, en Grande-Bretagne et donc d’aider ces pauvres voyageurs anglais …

    L’Histoire n’a pas fini de nous surprendre 🙂

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