Economie

L’ÉCONOMIE ?…UN PROBLÈME DE PLOMBERIE

Les plus anciens d’entre nous se rappellent les problèmes de robinets et de baignoires. Et en particulier les problèmes de baignoires qui fuient. C’est exactement ce que nous vivons aujourd’hui. Un problème de baignoire. Et de façon plus générale, un problème de plomberie.

Plomberie_1

I. LA BAIGNOIRE

Imaginez l’économie comme une baignoire.

Une baignoire qui se remplit difficilement, comme le montrent les faibles taux de croissance et surtout les taux faibles d’inflation, alors que les banques centrales y déversent des milliards de litres.

II. QUEL EST LE PROBLÈME ?

Simple, il y a une fuite dans la baignoire.

Plusieurs fuites. Trois exactement. Trois trous béants dans la baignoire.

La démographie, la technologie et la révolution sociétale (l’environnement, les « millenials », l’économie du partage etc. et donc le début de la  déconsommation et bientôt de la décroissance).

Plus les banques centrales déversent leurs liquidités et moins l’impact sur la croissance réelle et l’inflation est fort car les trous s’agrandissent. Vite, très vite.

III. L’AUTRE PROBLÈME

Et ce n’est pas le seul problème de plomberie. Il y a un autre problème :   Où va cette masse phénoménale d’argent qui ne reste pas dans la baignoire ?
Elle ne se volatilise pas. Non. Elle va dans des réservoirs immenses : les actifs.
Financiers et immobiliers.
Entre autres.

IV. LA DÉRIVATION

Dans ce jeu de tuyaux, il y a une dérivation : le système financier.
Car si l’inflation réelle est faible, l’inflation des actifs est explosive. L’argent qui ne reste pas dans la baignoire du fait des trois trous béants s’écoule, à travers le gros tuyau du système financier, dans des réservoirs qui débordent : la Bourse, l’immobilier et toutes les classes d’actifs.

DÉPERDITION

D’un milliard de litres d’eau déversés dans la baignoire de l’économie réelle, il ne reste peut être que 100 000 litres…une goutte d’eau, les 999,9 millions de litres restants vont dans les réservoirs d’actifs. Une gigantesque dérivation.

ET DES CONSÉQUENCES BRUTALES

Avec une frustration grandissante du côté de l’économie réelle. Et un phénoménal gonflement des réservoirs d’actifs qui provoque, entre autres, une explosion, par le haut, des inégalités.

IL NOUS FAUT UN PLOMBIER

Les banquiers centraux ne comprennent pas que la baignoire est percée.
Et même s’ils le comprenaient, ils ne sauraient pas boucher les trous.
Les politiques comprennent encore moins. Surtout qu’ils profitent de la masse de liquidités dans les réservoirs d’actifs pour financer leurs dettes et déficits. C’est simple non ? Il nous faut un plombier….

Vite. Très vite.

POUR LES NOSTALGIQUES

Tapez « problèmes de baignoires » et vous aurez, après deux publicités de plombiers, des problèmes à résoudre.
En voici un, par exemple sur le site Prise2tête : « Une baignoire a une contenance de 150 litres. Elle a 3 robinets. Le premier peut la remplir en 3h, le second en 5h et le dernier en 10h.
Sachant que la baignoire a une fuite de 35 litres par heure :
– Combien faut-il de temps, malgré la fuite, pour remplir la baignoire en ouvrant les 3 robinets simultanément ?
– Et combien aura-t-on consommé d’eau ? »
Un problème pour Christine Lagarde, la nouvelle patronne de la BCE, et pour Jay Powell, le patron de la FED en délicatesse avec Donald Trump.

CONCLUSION : Il faut bien considérer qu’il s’agit du point de vue d’un financier, qui considère par exemple la démographie comme un levier de croissance, et déplore à ce titre la baisse de fécondité des femmes du monde arabe, mais aussi celle du sous-continent indien. Comme l’explique fort bien Jérôme, nul questionnement sur le niveau « soutenable » de cette démographie : 7 – 9 milliards ? Malthus expliquait dès 1766 une divergence critique : Si elle n’est pas freinée, la population s’accroît en progression géométrique.
Tandis que dans le même temps, Les subsistances ne s’accroissent qu’en progression arithmétique.

Dit autrement, l’économie « veut » de la croissance, car elle « ne peut pas faire autrement » : tous les décideurs, les financiers, et même les consommateurs lui en demandent. Cela ne vous rappelle pas la crise de 1929, ou celle des subprimes ? En 90 ans, nous en serions à « Jamais deux sans trois ? », sans avoir jamais rien appris ? Mais que se passerait-il si les consommateurs se mettaient vraiment à lutter contre l’obsolescence programmée, à déconsommer, à recycler, voire à boycotter les entreprise prédatrices ?  Prenez le temps d’y réfléchir, et ceci sans vous « prendre le chou » : ce que vous vivez aujourd’hui est le résultat de nos actions d’il y a 40 ans… On en reparle à la rentrée !

L’Ours.

N.B. : Le corps de l’article est issu du « Morning Zapping » de Marc Fiorentino. La conclusion est largement inspirée de l’exposé de Jérôme en atelier AEC ce mercredi. Un grand merci à lui !

Et pour la question de la baignoire, la réponse est simple : jamais ! En effet, après un peu plus de 2,17 heures « à fond » avec les 3 robinets pour remplir la baignoire, il faudra continuer à compenser les 35 litres qui s’échappent par heure.