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Plénière BCN N°115 : Alexandre le bienheureux.

Avec vos esprits tourmentés, je vous imagine bouche bée et yeux écarquillés, cherchant une malveillance inhabituelle dans ce titre qui m’est venu comme une évidence, en repensant au brillant témoignage d’Alexandre hier soir… Oubliez tous vos a priori, et soyez curieux !

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L’ordre du jour de notre plénière était tellement dense (58 diapos de présentation, des chiffres, des analyses, des résultats… du juridique, des recommandations), que le titre ci-dessus aurait plutôt dû être « Mission Impossible », et que pour couronner le tout, il ne vous aura pas échappé que nous sommes passés aux horaires d’été.

  1. Un ordre du jour… insurmontable.

Oh, bien sûr, il est facile d’incriminer le manque d’esprit de synthèse, mais BCN se développe, noue des partenariats, reçoit des recommandations et des invitations, … et surtout, elle va à la rencontre de son bassin d’emploi, de son environnement économique. Ainsi, il était prévu d’évoquer hier soir, l’épisode N°2 de la Master class « Business Plan pour la Startup », séminaire Nicéphore Cité animé par le Cabinet CAPEC. Ce sera donc partie remise, en période de canicule résorbée et vents plus favorables.

Avec le développement des rendez-vous à Nicéphore Cité, Danièle a clarifié les conditions de remboursement des frais kilométriques : en clair, on oublie les indications fournies par le Crédit Mutuel, et on se réfère au barème kilométrique des impôts, fonction de la puissance du véhicule.

Autre sujet : « Les softskills ». Tout ce qui n’est les pas les sciences dures, ou plutôt les connaissances dures. En effet, les compétences relationnelles ne sont pas synonymes de sciences molles… Un seul exemple ? La softskill qui emporte tous les suffrages, c’est « l’aptitude à résoudre des problèmes complexes ». Et là, on voit bien que c’est le début de nos ennuis : complexe comment ? Intégrale triple, physique quantique, trous noirs… ou capacité à définir un diagnostic, identifier une solution, négocier (et obtenir) les moyens de sa mise en œuvre, puis convaincre et faire adhérer les équipes, planifier, tenir les engagements, et finalement réussir. L’icône qui représente cette softskill : un puzzle parfaitement emboîté.

Nous en étions à examiner les compétences relationnelles, et notamment l’intelligence émotionnelle, connue grâce aux travaux de Daniel Goleman, lorsque Alexandre s’est annoncé à l’accueil… avec moins d’1 minute de retard. Il a même fallu négocier avec Marion et Élodie ! Dura lex, sed lex.

S’agissant de la définition qu’emploie souvent Danièle, « une compétence, c’est une connaissance mise en œuvre dans un contexte ». Ainsi, un comptable, un directeur administratif peut éprouver des  émotions : un cas classique, celui de la personne, qui frustrée dans son travail, prépare et réussit des examens, des diplômes… Sauf que la structure ne les reconnaîtra pas plus que les précédents, car elle n’en est pas à l’origine, et refuse de se laisser « forcer la main », en particulier si elle ne dispose pas des « postes budgétaires » ou des emplois. Beaucoup de managers se sont retrouvés face à ces « victimes » méritantes, et devenus les cibles de l’amertume et de la frustration, malgré qu’ils en aient.

2. Mais alors ? Pourquoi ce chapeau unique ?

L’histoire d’Alexandre, est une histoire qui finit bien, si on peut ainsi s’exprimer s’agissant d’un aussi jeune homme, n’en est pas moins un parcours douloureux, angoissant, jalonné de doutes et de séparations. Au cours de ses pérégrinations, il s’est néanmoins forgé des convictions, des scrupules, des aversions, des indignations. C’est cette construction qui devient le fil rouge de notre réunion, et qui va éclairer l’ensemble des autres sujets du jour.

En effet,  la présentation d’Olivier Bayle de Talent-Campus réalisée le 11 Juillet devant un parterre de décideurs chalonnais, suscitait ici des échanges et des débats entre tous les participants ici, quand nous avons « libéré » notre invité du sas de la MDA. D’entrée de jeu, il a pris part au débat, acquiesçant ici, contestant là. Voici lesdites conclusions :

Développer les softskills permet de :

  • Apprendre à se connaître et connaître les autres.
  • Développer une plus grande confiance en soi et en les autres.
  • Développer sa capacité à travailler de façon collaborative/son intelligence collective.
  • S’adapter aux changements et surmonter les situations de blocage. Agilité et créativité.
  • Prendre plus de plaisir dans ses activités professionnelles.
  • Améliorer sa prise de décisions en situations difficiles ou complexes.
  • Participer au bien-être collectif.

Si Alexandre est aujourd’hui satisfait dans son poste de cadre, (mais qu’appelle-t-on un cadre ? Ici, il s’agit d’un emploi de catégorie A de la fonction publique), c’est que son responsable bénéficie de son estime, (il pourrait certainement être considéré comme une sorte de mentor), et qu’en retour, ce responsable lui accorde une confiance de bon aloi, sans peau de banane ni sournoiserie. Du coup, l’assertivité entre eux s’équilibre sans jeux de pouvoir, ni flatteries, sans rapports malsains de culpabilisation.

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Ingénieur de formation, Alexandre a mis 7 ans à trouver « sa voie » : que pense son épouse de la profession qu’il a finalement choisie ? « Elle est fière ». Elle a pourtant connu les galères de cet ingénieur généraliste – et clairement idéaliste – qui ne savait rien du métier d’ingénieur, avant d’être lâché « sur le terrain » chez Faurecia, où il a découvert une unité de production et ses contraintes, ses interactions. Trop tard. Un ingénieur français, est issu du « génie », il fait des calculs. A l’inverse, un anglais est plus polyvalent, presque ingénieux, un « engineer » qui fait marcher des engines, des moteurs.

Jusque-là, le parcours d’un scientifique (Bac S, « pas très difficile ») puis math. Sup, math Spé : on n’y apprend qu’à se préparer aux concours des grandes écoles, Polytechnique, Centrales, Mines… Les moins bons se contenteront des minettes, ou « petites mines… ». En 2011, Alexandre s’aperçoit que ce métier-là d’ingénieur ne correspond à rien qui l’intéresse : lui qui s’intéressait à l’économie, apprend qu’il existe des passerelles vers les écoles de commerce. De plus, les fichiers d’offres d’emploi ne sont pas accessibles aux anciens élèves des écoles moyennes : les réseaux d’anciens élèves s’accaparent les offres bien avant leur publication

De fil en aiguille, Alexandre rejoint la firme Éconocom pour un contrat de professionnalisation d’ingénieur commercial ; or, un ingénieur commercial, c’est tout au plus un commercial qui pourra s’appuyer sur ses connaissances techniques pour argumenter. Les connaissances techniques servent tout au plus à habiller une problématique client, d’une problématique voisine. Échec, « Je me suis rendu compte que je n’étais pas un vrai commercial, je ne leur servais à rien »…

Puis, c’est un séjour dans une banque verte, au « bon sens près de chez vous » : découverte du logiciel de GRC (Gestion de la Relation Client, ou CRM), phoning pour placer des  produits physiques (Carte Bleue, crédits revolving,… alarmes, mobiles, assurances) à des  personnes qui n’en ont pas besoin, mais qui génèrent des commissions pour les vendeurs, des lots dans les challenges, des voyages. Aversion durable.

En définitive, le commercial n’est pas l’économie : aucune notion d’intérêt général, ni même de service au client. Puis une expérience dans l’enseignement : « on faisait de la garderie, habillée de hardskills, math, physique… Mais, si nous avions les connaissances, aucune formation pédagogique, aucune compétence dans la gestion des classes, etc. » Ce n’est pas la première fois que nous entendons ce discours, et qu’une victime supplémentaire sort du corps … en saignant.

Ingénieur sans connaître la réalité des métiers, sans accéder aux postes du marché « réservé », et qui plus est sur un marché traumatisé par les conséquences de la crise de 2008, dite des subprimes, trompé par le discours pseudo-économique des commerciaux, dégoûté par l’hypocrisie des banques, déçu par la réalité de l’enseignement, Alexandre, solidement soutenu par sa fiancée finit par opter pour les concours de la Fonction Publique, – sans passer par les IPAG – et après un premier échec, il réussit au second essai à avaler tous les contenus de droit public, qui constituent l’ossature spécifique de ce type de concours.

Reçu à l’école de formation des Finances Publiques, il comprend que « le plus dur est fait » que tous les postes sont à pourvoir, et que donc sauf incident, il lui appartient de se concentrer sur la réalité de son « devoir », de ce que seront ses attributions futures. Comptabilité, TVA, sens du devoir, intérêt général, consentement à l’impôt … tout le destine au Pôle Expertise du S.I.E. Là, il s’appuie sur ses compétences mathématiques pour vérifier les documents des entreprises, s’assurer de leur régularité et de  leur véracité, et le cas échéant, pour effectuer des redressements. Ce faisant, il a désormais le sentiment de « servir son pays » et l’intérêt général. Reconnu par sa hiérarchie, utile à son pays, ouvert aux autres et bienveillant, enjoué et à l’aise, Alexandre a remis « l’église au milieu du village », ses acquis techniques et mathématiques, mais aussi toutes ses observations et leurs conclusions lui serviront désormais.

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Bénéficiant de la confiance de ses chefs, et de l’autorité que lui confère son parcours cognitif, Alexandre est désormais un élément installé, après ses 7 ans de galère, un jeune précieux dans toute équipe. Un indice ? La qualité des échanges avec nos ingénieurs et commerciaux, Jérôme et Aude, une sorte de « débat contradictoire naturel ». Comme dirait Alain Souchon, « rien n’avait été organisé », ou plutôt… tout a fini par nous échapper ! Après tout, développer ses capacités de travail collaboratif, et son intelligence collective, c’est ce qu’on apprend à Talent-Campus. Alexandre a accepté d’être de nouveau avec nous lors de notre Assemblée Générale. Un témoignage à combiner avec notre propre rapport moral sur le bien-être au travail ?

L’Ours.

Un commentaire sur “Plénière BCN N°115 : Alexandre le bienheureux.

  1. Salut les amis, voici le court témoignage de ma reconversion professionnelle, commencée dès 2011.
    En effet, diplômé ingénieur industriel fin 2010, j’ai subi de plein fouet les conséquences de la crise initiée par les subprimes aux US.
    Amoureux d’économie, j’ai accédé (plus ou moins difficilement) à différentes fonctions éloignées de mes compétences techniques. Aussi, je me suis rendu compte que la reconversion, en France tout particulièrement, est un exercice très difficile.
    J’ai alors compris la nécessité de voyager à travers le pays, accepté de redescendre dans la hiérarchie, ainsi que me confronter à toutes les critiques et les attitudes condescendantes.
    Pourtant, et cela prouve que la persévérance et la résilience finissent par payer, j’ai enfin réussi à rejoindre (en 2017) un métier qui répondait d’un part à mes affinités avec les chiffres et l’économie, d’autre part à mon souhait d’un poste possédant du sens autre.
    Mon nouveau secteur : l’univers fascinant de l’Administration Fiscale.

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