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Vu dans la presse : la nouvelle réforme de l’assurance-chômage.

Le pire était à craindre. Le pire est advenu. La réforme de l’assurance-chômage, annoncée par la ministre du travail, Nicole Pénicaud, le 18 juin, s’annonce catastrophique. Le gouvernement a choisi de cibler les droits des chômeurs, de leur faire payer la faute d’être au chômage.

Durcissement des conditions d’accès au chômage, réduction des allocations, renforcement des contrôles …. Tout se met en place pour faire la chasse aux chômeurs à tous les étages. On peine à trouver dans ces choix le tournant social censé illustrer l’acte II du gouvernement. Le seul calcul gestionnaire a primé: le gouvernement espère économiser 3,4 milliards d’euros d’ici à la fin 2021

Derrière les mots, derrière les chiffres, il y a les conséquences. Le gouvernement se refuse à parler de perdants. Pourtant, ce sont les précaires, les femmes, les seniors qui passeront les premiers à la casse. La seule modification des règles pour avoir accès au chômage, – il faudra au minimum avoir travaillé à 6 mois au lieu de un aujourd’hui – risque d’exclure des milliers de personnes qui vivent de contrats saisonniers, de contrats à temps partiel réduit à quelques heures par semaine voire à de contrats à la journée.

En dépit de ses promesses, le gouvernement n’a quasiment rien mis en œuvre pour lutter contre cette utilisation massive de la précarité, pour encadrer les abus. Seuls, sept secteurs seront frappés d’un bonus-malus pour usage abusif des contrats courts. Le BTP y échappe, tout comme le secteur médico-social. Et la restauration en est quasiment exemptée puisque les pénalités ne s’appliquent que pour les établissements de plus de dix salariés.

Ce choix idéologique de la précarisation, de la destruction des droits sociaux porte en lui une transformation majeure non seulement des équilibres sociaux mais aussi de l’économie. Car cette flexibilité du marché du travail, comme le relève Romaric Godin, s’accompagne aussi par une baisse de la productivité. Insensiblement, la France se rapproche du modèle des États-Unis et de la Grande-Bretagne, bâti sur le travail précaire, des salaires stagnants ou même en baisse, des pertes de compétences. A terme, cela signifie une chute de la compétitivité, un décrochage technologique, une baisse de la création de richesses, un appauvrissement généralisé.

Pour le gouvernement, ce sont des données accessoires. L’essentiel à ses yeux est d’avoir réussi à mener le programme qu’il s’était fixé. En moins de deux ans, il est parvenu à mettre en pièces le marché du travail. Commencée avec les ordonnances sur la loi travail, poursuivie avec la formation, la destruction du modèle français s’achève par la réforme de l’assurance-chômage.

Médiapart

Le gouvernement assume sans frémir cette rupture dans le contrat social tel qu’il s’est construit depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. C’est la révolution théorisée par Emmanuel Macron en 2016. Une révolution qui a toutes les formes d’une contre-révolution.

Par la rédaction de Mediapart

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