Economie

Bilan économique 2018.

  1. L’économie française en ralentissement

Bruno Patier, Division Synthèse Conjoncturelle, Insee

 Une activité américaine portée par les mesures fiscales, tandis que celle de la zone euro ralentit.

En 2018, l’activité aux États-Unis connaît un regain de croissance (+ 2,9 % après + 2,2 %) portée par un fort rebond des dépenses gouvernementales et par les mesures fiscales en faveur du revenu des ménages et de l’investissement des entreprises. En revanche, après un pic d’activité en 2017 (+ 2,5 %) inédit depuis 2007, la croissance en zone euro ralentit (+ 1,8 %) malgré une politique monétaire de la Banque centrale européenne toujours très accommodante. Cette baisse de régime affecte différemment la croissance des principaux pays : l’activité en Italie et en Allemagne se replie durant le second semestre 2018, l’activité française ralentit nettement tandis que l’Espagne conserve un rythme de croissance dynamique. La croissance britannique s’essouffle aussi un peu, sa demande intérieure ralentissant dans un contexte d’attentisme lié au Brexit.

 L’économie française ralentit en 2018 après une année 2017 dynamique

Après avoir crû vivement en 2017 (2,3 %), le PIB français ralentit en 2018 (+ 1,7 %, figure 1). Le commerce extérieur contribue positivement à la croissance (+ 0,7 point), plus forte contribution depuis 2012. En effet les importations ralentissent davantage (+ 1,2 % après + 3,9 %) que les exportations (+ 3,6 % après + 4,7 %). Les entreprises déstockent en 2018 (contribuant pour – 0,3 point à la croissance annuelle, après + 0,2 en 2017), et la demande intérieure hors stock est freinée par la consommation des ménages (contribution de + 0,5 point à la croissance du PIB après + 0,7 point) et la demande publique (+ 0,3 point après + 0,4 point).

Capture_Fig.1

Le ralentissement de la consommation  et de l’investissement freinent la croissance du PIB.

après 9,4 % en 2017 et 10,0 % en 2016 (respectivement 8,8 % au quatrième trimestre 2018, 9,0 % fin 2017 et 10,0 % fin 2016).

 Le pouvoir d’achat ralentit légèrement du fait de l’inflation

En moyenne annuelle, les prix à la consommation accélèrent en 2018 pour la troisième année consécutive : (+ 1,8 %, après + 1,0 % en 2017), conduisant à un léger ralentissement du pouvoir d’achat des ménages :

+ 1,2 % après + 1,4 % en 2017 (figure 2).

 

Capture_Fig.2

Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

 En outre, la chronique infra-annuelle de l’évolution du pouvoir d’achat est marquée en 2018 par plusieurs mesures nouvelles (bascule CSG-cotisations sociales, réduction de taxe d’habitation, fiscalité après + 4,7 % en 2017) dans un contexte de taux d’utilisation des capacités productives dans l’industrie manufacturière à son plus haut niveau.

Le regain d’inflation  en 2018 conduit à de moindres gains de pouvoir d’achat depuis 10 ans (85,1 %).

Le ralentissement de la masse salariale provenant de celui de l’emploi joue également dans le même sens. En revanche, le ralentissement du pouvoir d’achat est atténué par l’accélération des revenus du patrimoine.

 

L’investissement des entreprises décélère mais reste robuste

L’investissement des ménages ralentit nettement en 2018 (+ 1,5 % après + 5,6 % en 2017) notamment en raison du repli des mises en chantier et de la stabilisation des transactions de logements anciens.

Par ailleurs, l’investissement des entreprises ralentit tout en restant robuste (+ 2,8 %).

Le rythme des créations d’emploi conduit à une baisse un peu moins rapide du chômage.

L’emploi total progresse en glissement en fin d’année 2018 de + 164 000 après + 343 000 fin 2017 (dont + 150 000 sur le champ salarié marchand non agricole après + 323 000 en 2017). Ainsi, en moyenne annuelle, le taux de chômage poursuit un peu plus lentement son repli pour atteindre 9,1 % de la population active française.

2. Région : Bilan économique en demi-teinte en 2018

Guillaume Volmers, Insee Bourgogne-Franche-Comté

Le bilan économique de l’année 2018 en Bourgogne-Franche-Comté délivre des points de satisfaction, concernant par exemple le chômage, la reprise du marché de l’automobile ou encore les rendements agricoles. La comparaison avec 2017 est néanmoins souvent défavorable et le décrochage s’accentue par rapport au national, notamment sur l’emploi qui recule de nouveau.

Baisse du nombre d’emplois, particulièrement dans l’intérim.

Fin 2018, la Bourgogne-Franche-Comté compte 968 500 salariés, dont les trois quarts dans le secteur privé. Elle en perd 6 500 en un an, soit une diminution de 0,7 % qui met fin à deux années consécutives de hausse. Une situation inverse de la tendance nationale, où l’emploi salarié progresse de 0,6 %. Le recul concerne tous les départements de la région, à l’exception de la Côte-d’Or. Il est particulièrement prononcé dans l’intérim et le  tertiaire non marchand.

L’emploi industriel continue de diminuer, mais moins fortement depuis deux ans. La construction perd à nouveau des emplois alors qu’elle en avait gagné l’an dernier pour la première fois depuis 2008. Seuls le tertiaire marchand hors intérim et l’agriculture gagnent des emplois.

La croissance de l’emploi frontalier s’accélère

En 2018, 35 300 résidents non suisses de Bourgogne-Franche-Comté exercent une activité professionnelle en Suisse. Leur nombre croît plus fortement que l’année précédente. Les trois départements de la région ayant une frontière avec la Suisse atteignent leur plus haut contingent de frontaliers. Les cantons de Vaud et Neuchâtel accueillent près des trois quarts des navetteurs de Bourgogne-Franche- Comté qui travaillent en Suisse.

Le taux de chômage continue de décroître

Fin 2018, le taux de chômage s’établit à 7,5 % en Bourgogne-Franche-Comté contre 8,8 % au niveau national. (figure 1). Il baisse de 0,2 point sur un an dans les deux cas, une amélioration moins prononcée qu’en 2017 et 2016 et qui concerne la plupart des départements de la région.

Capture_Fig.3_Chômage

La région est la troisième la plus épargnée derrière les Pays de la Loire et la Bretagne. Le Jura, avec un taux de chômage de 6,3 %, reste le moins touché par le chômage, à l’inverse du Territoire de Belfort qui est le plus impacté. avec 9,1 %. Avec 5,2 % la zone d’emploi de Beaune connaît le taux de chômage le plus faible de la région. Les zones d’emploi proches de la Suisse sont également épargnées : par exemple le taux de chômage s’élève à 5,7 % dans la zone de Morteau.

Le chômage diminue de 0,2 point sur l’année 2018, dans la région comme en France. Une troisième année de baisse, même si celle-ci est moins marquée que les deux précédentes et intervient essentiellement au quatrième trimestre.

Seuls le Territoire de Belfort et le Doubs ne bénéficient pas de l’embellie : le taux de chômage progresse d’un demi-point dans le premier et reste stable dans le second. Dans les six autres départements, la situation s’améliore. Dans la Nièvre et dans l’Yonne, le chômage recule de 0,4 point (figure 2). Même constat à l’échelle des zones d’emploi, avec une amélioration particulièrement nette de 0,6 point dans celles de Beaune, Morteau ou Cosne – Clamecy. (figure 3).

Capture_Fig.4_Chomage

 

 

Les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A, B et C sont moins nombreux que l’an dernier. Cette baisse se retrouve chez les moins de 25 ans, mais ne profite pas aux seniors ni aux chômeurs de longue durée. La décrue est plus profitable aux hommes qu’aux femmes.

 

 

 

Capture_Fig.5_Chomage_parbassin

Il est particulièrement prononcé dans l’intérim et le tertiaire non marchand. L’emploi industriel continue de diminuer, mais moins fortement depuis deux ans. La construction perd à nouveau des emplois alors qu’elle en avait gagné l’an dernier pour la première fois depuis 2008. Seuls le tertiaire marchand hors intérim et l’agriculture gagnent des emplois.

Créations d’entreprises en hausse, regain d’intérêt pour la micro-entreprise

En Bourgogne-Franche-Comté comme en France, le nombre de créations d’entreprises augmente fortement par rapport à l’année précédente, confirmant la reprise initiée depuis deux ans. Les immatriculations d’entreprises progressent dans tous les départements de la région, dans tous les secteurs d’activité et quelle que soit leur forme juridique. L’année 2018 se démarque par un important regain d’intérêt pour les micro-entreprises, tandis que les créations de sociétés, toujours en hausse, augmentent moins fortement qu’en 2017. Parallèlement, les défaillances d’entreprises sont en diminution dans la région. Cependant, elles augmentent encore dans la moitié des départements.

Baisse des permis de construire et des ventes de logements neufs

Après une année 2017 de forte croissance, le nombre de permis de construire est en baisse de 10 % en 2018 en Bourgogne- Franche-Comté. Les mises en chantier augmentent encore de 1,7 % alors qu’elles baissent de 4 % au niveau national. Les ventes de logements neufs reculent pour la deuxième année consécutive. La région reste parmi les moins chères de France même si les prix augmentent aussi bien pour les maisons que pour les appartements. Pour les locaux non résidentiels, les surfaces autorisées à la construction sont encore à la baisse.

Un marché automobile de nouveau en croissance

En 2018, les ventes de véhicules neufs augmentent à nouveau en Bourgogne- Franche-Comté, sur un rythme  comparable au niveau national. La désaffection pour les véhicules diesel se poursuit, une recomposition du parc de véhicules en circulation s’effectue au profit des moteurs à essence. Le transport de marchandises par route progresse mais plus modérément qu’en 2017, les échanges entre la région et l’extérieur sont à l’équilibre. L’activité de transport aérien, peu développée dans la région, reste stable.

Fréquentation élevée dans les hôtels et campings malgré un léger repli

La fréquentation touristique est en légère baisse en 2018 par rapport à 2017, aussi bien dans les hôtels que dans les campings. Le repli est de 1 % dans la région alors que la progression est de 1,8 % au niveau national. Dans les hôtels, la fréquentation se contracte de 0,7 % sous l’effet du repli de la clientèle résidant en France, mais le niveau global reste élevé. Dans les campings, la fréquentation est grevée par le fort recul de la clientèle résidant à l’étranger.

Très bonne année pour la viticulture

La récolte dans les vignobles de Bourgogne-Franche-Comté est abondante en 2018, supérieure à la moyenne quinquennale. Les exportations sont en hausse mais les volumes disponibles font baisser les prix. Les rendements des grandes cultures restent élevés mais baissent par rapport à l’an dernier. Les livraisons de lait progressent malgré un deuxième semestre en demi-teinte et les prix augmentent. Les abattages de bovins sont en repli, ceux de porcins et d’ovins sont en hausse.∎

3. Définitions.

Micro-entrepreneur

Le régime du micro-entrepreneur est la nouvelle dénomination pour celui de l’auto-entrepreneur depuis le 19 décembre 2014. Ce régime a été mis en place par la loi de modernisation de l’économie (LME) d’août 2008 et s’applique depuis le 1er janvier 2009 aux personnes physiques qui créent, ou possèdent déjà, une entreprise individuelle pour exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale (hormis certaines activités exclues), à titre principal ou complémentaire. Il offre des formalités de création d’entreprises allégées ainsi qu’un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Pour en bénéficier, l’entrepreneur individuel doit remplir les conditions du régime fiscal de la micro- entreprise. De nouvelles dispositions, définies par la loi Pinel du 18 juin 2014, s’appliquent depuis le 19 décembre 2014. Le micro-entrepreneur bénéficie ainsi :

 – du régime micro-social ;

– d’un régime micro-fiscal ;

– d’une exonération temporaire de la cotisation foncière des entreprises ;

– d’une exonération ou d’une franchise de TVA du fait de son activité.

Avant le 19 décembre 2014, il bénéficiait également d’une dispense d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS)  pour les commerçants ou au répertoire des métiers (RM) pour les artisans, sauf cas particuliers. Depuis la dispense a été supprimée mais l’immatriculation est gratuite. La Loi de finances pour 2018 a doublé le seuil de chiffre d’affaires maximum pour bénéficier du statut de micro- entrepreneur. – 170 000 € maximum pour les entreprises dont l’activité principale est la vente de marchandises, d’objets, de fournitures de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou la prestation d’hébergement (hôtels, chambres d’hôtes, gîtes ruraux, meublés de tourisme, etc.) ; – 70 000 € maximum pour les prestations de service relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et les professions libérales relevant des bénéfices non commerciaux (BNC).

Nomenclature d’activités française / NAF rév. 2, 2008

La nomenclature des activités économiques en vigueur en France depuis le 1er janvier 2008 est la nomenclature d’activités française (NAF rév. 2). La NAF a la même structure que de la nomenclature d’activités de la Communauté européenne (NACE rév. 2) mais elle comporte un niveau supplémentaire, spécifique à la France, celui des sous-classes. La NAF rév. 2 comporte cinq niveaux comprenant respectivement : 21, 88, 272, 615 et 732 postes. La NAF rév. 2 s’est substituée à la NAF rév. 1 datant de 2003 (entrée en vigueur au 1er janvier 2003). La NAF rév. 1 comporte cinq niveaux ayant respectivement 17, 31, 62, 224, et  712 postes. La NAF rév. 1 avait succédé à la NAF qui était en vigueur depuis le 1er janvier 1993.

Nomenclature agrégée – NA, 2008

Avec le passage à la NAF rév. 2 (nomenclature d’activités française révisée au 1er janvier 2008), la nomenclature économique de synthèse (NES) associée à la NAF rév. 1 disparaît en tant que telle. En effet, cette nomenclature strictement française ne permettait pas de comparaisons internationales car elle ne s’emboîtait pas dans l’arborescence de la CITI et de la NACE. La NAF rév. 2 contient deux niveaux agrégés « standard » : les sections et divisions en, respectivement, 21 et 88 postes. Ces niveaux sont communs à la nomenclature internationale d’activités CITI rév. 4, à la nomenclature européenne d’activités NACE rév. 2 et à la NAF rév. 2. Il était toutefois nécessaire de disposer de niveaux de regroupements supplémentaires pour répondre aux besoins de l’analyse économique et de la diffusion en matière de données de synthèse. Sept niveaux d’agrégation sont ainsi associés à la NAF rév. 2, dénommés « A xx » où xx représente le nombre de postes du niveau. Ils constituent la nomenclature agrégée (NA) : – A 10 : niveau international, regroupement de sections ; – A 17 : niveau français intermédiaire entre les niveaux A 10 et A 38.

Au niveau des sections (A 21), l’industrie manufacturière est détaillée en cinq postes et, inversement, certaines activités de services sont regroupées.

– A 21 : sections, niveau standard de l’arborescence de la NAF rév. 2 ;

– A 38 : niveau international, intermédiaire entre sections et divisions ;

– A 64 : niveau européen, intermédiaire entre les niveaux A 38 et divisions (A 88), provisoire ;

– A 88 : divisions, niveau standard de l’arborescence de la NAF rév. 2 ;

– A 129 : niveau français intermédiaire entre les niveaux divisions (A 88) et groupes.

Source :  Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n° 18 – Juin2019

 

 

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