Culture - Loisirs

EDV et JFK.

Fin de mois, de semestre, canicules… climat dérangé, animateurs éreintés, que sais-je encore ? En fait, je vous ai déniché ce très beau témoignage irlandais : il parle de l’impression forte et durable produite par John Fitzgerald Kennedy sur Eamon de Valera, l’homme d’État irlandais, considéré comme le père de la nation libre d’Irlande. Celui-ci  avait participé à l’insurrection de Pâques en 1916 à Dublin.

Une entrevue de la bibliothèque JFK datant de 1966 avec le président irlandais Eamon de Valera révèle qu’il avait eu une prémonition de l’assassinat de Kennedy et témoigne de l’extraordinaire impression que lui avait laissée le jeune président décédé.

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Le président irlandais, Eamon de Valera, avait pressenti la mort de John F. Kennedy lorsqu’il l’avait rencontré en Irlande, en juin 1963 , cinq mois avant son assassinat .

«Je pensais quand il venait avec moi de l’aéroport, il se levait et cela me traversa l’esprit, assez curieusement, quelle cible facile il aurait été. Mais alors, aucun homme ne peut se protéger dans une position qui veut rencontrer son peuple; aucun homme ne peut se protéger si les autres sont prêts à donner leur vie en retour ».

De Valera s’était exprimé lors d’un entretien à la Kennedy Library en 1966 avec Joseph O’Connor, intervieweur à Aras an Uachtarain, la résidence du président irlandais à Dublin. De Valera avait 83 ans à l’époque et était presque aveugle mais mentalement très affûté.

Trois mois après sa prémonition, Kennedy était mort . De Valera a déclaré qu’il était dévasté par elle. Quand on lui a demandé où il était, il a répondu:

«J’étais ici, dans la pièce voisine. Il y a un téléviseur. Je ne vois pas très bien, mais si je regarde de près, je me vis assez près du visage, j’ai une petite vision périphérique et je peux voir à peu près ce qu’il y a à l’écran. J’écoutais donc – j’oublie si c’était une nouvelle ou ce que c’était – quand la nouvelle est venue qu’il avait été abattu. Et puis il y a eu un retard. Et plus tard, on nous a dit qu’il était mort. C’est donc la position dans laquelle je l’ai reçu. Bien sûr, j’ai été abasourdi. « 

De Valera a également mentionné qu’un célèbre poème prononcé par Kennedy lors de son départ de Shannon avait été déformé par Kennedy.

«Ma femme et lui s’entendaient très bien parce qu’il s’intéressait à la poésie et elle avait beaucoup de poésie dans la tête. Elle a une très bonne mémoire. Quand elle a lu un poème deux ou trois fois, elle s’en souvient.

“Donc, elle a apparemment trouvé un auditeur très disposé et il était intéressé par la poésie, et ils se sont très bien entendus. Bien sûr, c’était seulement à un déjeuner ou à peu près, ils n’avaient pas beaucoup d’opportunités – ce qui s’est passé, c’est que je ne pouvais pas y aller, et ma femme s’est rendue à Wexford avec lui … et elle a cité un poème sur le Shannon.

 « La partie amusante était, vous voyez, il l’a notée, et il n’a pas été capable de lire ses propres écrits par la suite, alors qu’il partait dans l’hélicoptère, à partir d’ici, et tout s’est mélangé dans sa tête. Le résultat est devenu  quelque chose qui n’était pas du tout le vrai poème !

Interrogé sur la performance de Kennedy en tant que président de Valera, celui-ci lui a reconnu un grand sang-froid et du caractère. Kennedy a montré sa bravoure dans la crise des missiles cubains, a déclaré de Valera, ainsi que dans la cause des droits civils des Afro-Américains dans le sud .

«Dans toutes les choses que nous avons évoquées à l’époque, nous étions également satisfaits de son attitude face à la question du racisme aux États-Unis. Nous savons que c’est un très gros problème et un problème difficile, un problème auquel nous sommes très heureux de ne pas avoir été confrontés ici. Mais nous avons reconnu que la ligne qu’il prenait était la bonne, du moins la regardant de l’extérieur. J’étais aux États-Unis, j’avais parcouru les États du Sud ; je savais quelles y étaient les conditions aussi bien que celles du nord. Je savais quelle était la situation là-bas et je savais combien il serait difficile de donner effet à son programme.

«Mais c’était l’une de ces questions à laquelle il fallait parfois s’attaquer, et il s’y attaquait de ce que nous considérions comme la seule façon de le faire. Avant de venir ici, tout ce que nous savions de lui correspondait donc à la vision d’un grand homme, d’une grande simplicité, d’un grand homme qui occupait une position très puissante. « 

De Valera a parlé du moment de l’arrivée de Kennedy en tant que président en Irlande comme l’aboutissement du rêve irlandais.

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«Nos gens ici savent que la moitié de l’armée de Washington [George Washington] était d’origine irlandaise et ils savaient que dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, presque tout le dur travail du développement de l’Amérique avait été accompli par les Irlandais.

« Ils sont partis d’un pays frappé par la famine, ils n’avaient pas de capitale et la seule chose dont ils disposaient était leur cerveau et la force de leurs armes. Ils ont donc joué un rôle très important dans la construction des États-Unis. Et puis, à la deuxième génération, ils se sont naturellement tournés vers la politique. La politique est l’une des plus hautes professions. Les gens semblent penser qu’on peut la mépriser. Or, c’est l’une des professions les plus nobles. Je pense que certains des plus grands philosophes ont dit qu’il en était ainsi, car il s’agit du bien-être de la communauté dans son ensemble.

“Donc, il semblait très injuste qu’il y ait des préjugés à leur encontre parce qu’ils étaient irlandais, et nous avons en quelque sorte eu de la rancoeur. Le fait est bien sûr que les Américains de sang irlandais à toutes les époques de l’histoire ont été les plus forts pour la défense des États-Unis. Il n’y a pas de citoyens qui aiment mieux les États-Unis. Mais ils ont de l’affection pour la terre de leur origine, de leur peuple, de leurs ancêtres.

De Valera a noté qu’il y avait une pression énorme sur Kennedy en tant que premier président irlandais catholique .

« Il était le premier Irlandais, voyez-vous, de ce que vous pourriez appeler le contingent  gaélique qui avait pris ses fonctions aux États-Unis, et il arrivait à un moment très critique, et ils se demandaient si le résultat était si terrible que si un Irlandais y échouait, on dirait que c’est un Irlandais qui a échoué. Je ne sais pas, je viens juste d’entendre quelque chose comme ça. Mais nous avons été surpris qu’il y ait des Irlandais, de sang irlandais, qui n’ont pas voté pour lui. Mais bien sûr, en Amérique, il y a beaucoup d’Irlandais dans le parti républicain ainsi que dans le parti démocrate. « 

Quand on lui a demandé ce qui l’avait le plus impressionné chez le jeune président, Eamon De Valera a déclaré:

«L’essentiel, c’est son courage, comme il l’a montré au combat ;  son courage donc, sa maladie, sa force de caractère, ainsi que son attitude envers les autres, et la simplicité de sa relation – il y avait une sorte de simplicité enfantine dans son attitude envers les gens. Mais cela se cachait derrière un personnage très fort. Il a fait preuve d’une grande capacité de jugement.

«Et je suis sûr qu’en tant que président des États-Unis, le dernier mot lui revient . S’il était sage, il écouterait très attentivement les opinions de ses conseillers. Il n’accepte peut-être pas leurs opinions… C’est Lincoln qui a dit : «Dix non (ou quelque chose) et un oui. Les oui l’emportent.» [Rires] C’est lui, vous voyez. Il n’était pas d’accord avec leur jugement.

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«Ils ont tous pris un certain point de vue, mais il n’était pas d’accord avec eux et il a eu le dernier mot. Et c’est très agréable d’être dans une position dans laquelle vous pouvez écouter.

Si vous êtes sage et écoutez les avocats, écoutez les arguments qu’ils ont pour un cours particulier, évaluez vous–même la situation, puis décidez. Vous êtes très heureux si votre propre point de vue est celui de la majorité ou s’il est unanime, mais vous devez être prêt. Si vous avez fortement l’impression qu’ils ont tort et que vous avez raison, vous devez être prêt à agir de votre côté.

«C’est une très lourde responsabilité, bien sûr. Mais le sage écoutera certainement le conseil qui lui est donné, même s’il peut finalement rejeter le conseil. Et je pense qu’il avait ce don ».

Niall O’Dowd

 

@niallodowd

 

28 juin 2019

Actualités & News·L'édito hebdo

Plénière N°114 : « Tout est dans la boîte ».

Encore une belle ambiance lors de cette plénière du 20 Juin. Nous avions convenu depuis longtemps de créer l’événement autour de la création de la Boîte à Livres,  une idée proposée en Comité de Vie de la Maison des Associations au mois d’octobre 2018.  Il a donc fallu un peu de constance pour mener l’affaire à son terme… mais nous avions aussi des alliés dans la place ! Sarah a récupéré des pièces de bois chez son papa ébéniste, a assemblé la maison qui n’était pas encore « arc-en-ciel », la mise aux couleurs de la MDA a ensuite fait l ‘objet d’un minutieux travail collectif.

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Actualités & News·Economie·Revue de Presse

Vu dans la presse : la nouvelle réforme de l’assurance-chômage.

Le pire était à craindre. Le pire est advenu. La réforme de l’assurance-chômage, annoncée par la ministre du travail, Nicole Pénicaud, le 18 juin, s’annonce catastrophique. Le gouvernement a choisi de cibler les droits des chômeurs, de leur faire payer la faute d’être au chômage.
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Culture - Loisirs

Berthe Morisot, l’indépendante.

18/06/2019 (mis à jour à 06:22)

Par Camille Renard

C’est la première fois qu’Orsay célèbre cette femme peintre qui a fondé l’impressionnisme. Voici le portrait de l’indépendante, de la radicale, de l’ardente Berthe Morisot. Il se trouve que dans le Musée des beaux-Arts de Dijon se trouve un portrait de l’artiste, tenant à la main un bouquet de violettes. Voici son portrait.

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Autoportrait 1885.

Issue de la bourgeoisie conventionnelle, son certificat de décès la décrète “sans profession”, malgré plus de 400 toiles à son actif. Elle est aujourd’hui reconnue comme une figure incontournable de l’impressionnisme, qu’elle fonde en 1874 avec ses amis Monet, Renoir, Degas ou Pissarro. Loin du statut de simple muse pour Manet, qui pourtant en fera plus de 14 fois le portrait, loin d’être sous la coupe de son mari ou de ses pairs, c’est l’une des intellectuelles les plus radicales de son temps. Dès 1877, le critique d’art Paul Mantz affirme à son propos qu' »il n’y a dans ce groupe révolutionnaire qu’un impressionniste : c’est mademoiselle Berthe Morisot. »

La décision d’une existence publique de peintre

Pour Sylvie Patry, conservatrice au musée d’Orsay, et commissaire de la première exposition qui lui est consacrée à Orsay, « tout dans sa peinture témoigne d’une volonté d’indépendance, de liberté par rapport aux règles et aux usages établis. »

Comme dans toute bonne famille bourgeoise du XIXe siècle, la mère de Berthe fait donner à ses 3 filles des leçons d’aquarelle, en l’occurrence en vue d’un cadeau pour leur père. Contrairement à sa sœur Edma qui abandonnera la peinture une fois mariée, Berthe en fait une obsession, une vocation, un métier. Contre les usages de son milieu, elle décide de mener une existence publique de peintre.

EdouardManet-BertheMorisotHoldingaBunchofViolets_(1872)

De son maître Camille Corot, elle retiendra sa palette claire et une peinture libre du paysage, travaillée en de plein air. Elle fréquente assidûment le Louvre pour copier les maîtres – Titien, Véronèse…

Manet, les deux hommes de sa vie

C’est là que le peintre Fantin-Latour lui présente un des hommes de sa vie : Edouard Manet. Ils nouent une relation complexe faite de fascination réciproque, de jeux d’influences esthétiques, d’amour ambigu, qui suscitera fantasmes et interrogations chez leurs biographes respectifs.

Aucune autre femme n’aura été autant peinte par Edouard que Berthe. De ses 14 portraits d’elle transparaît une sombre ardeur. Elle se fâche quand on la présente comme son élève. Elle s’indigne quand il retouche une de ses toiles. Elle finira par contaminer sa peinture.

Pour le critique d’art Jean-Dominique Rey, dans l’émission Les Mardis de l’expo en 2011 : “Les dernières toiles de Manet sont éclairées en quelque sorte par Berthe”.

Mais c’est le frère d’Édouard qu’elle épouse : Eugène Manet. Elle choisit, à plus de 30 ans, de son plein gré, d’épouser un homme qui l’aime en tant que peintre. Il la soutient dans sa carrière, sans exiger ni conformisme social ni d’enfant, et ne proteste pas quand elle signe ses toiles de son nom de jeune fille.

Berthe est alors l’une des artistes les plus novatrices et audacieuses de son temps. Avec Monet, Degas, Renoir, Sisley, Pissarro, appelés “les indépendants”, parfois refusés par le Salon officiel, et refusant catégoriquement l’art académique, elle fonde l’impressionnisme.

Elle a 33 ans quand elle participe à la première exposition impressionniste chez Nadar, malgré les réticences de Manet. Sur 29 peintres, Berthe Morisot est le seul nom de femme. L’opinion publique est outrée. Elle maintiendra le cap d’une carrière professionnelle hors des circuits officiels, en marge, en toute indépendance, toujours.

“Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un homme traitant une femme d’égale à égal, et c’est tout ce que j’aurais demandé. Car je sais que je les vaux.” Berthe Morisot, 1890

Une intellectuelle radicale

Baudelaire l’inspire, Zola la défend, Mallarmé sera un ami précieux, et le tuteur de sa fille. Elle est une intellectuelle incontournable de l’avant-garde parisienne, se nourrissant d’expérimentations esthétiques.

Si elle n’innove pas par les sujets traités : intimes, familiaux, bucoliques, elle s’affranchit radicalement des règles et des techniques. Elle peint la vie moderne, veut capter le fugitif, voler un moment à la vie et en tire les conséquences picturales.

Sylvie Patry, conservatrice, musée d’Orsay : «C’est l’une des artistes de l’impressionnisme qui à mon sens va jusqu’au bout, expérimente de façon très radicale les limites du fini et du non fini, de ce caractère esquissé, de cette volonté de donner une impression d’instantanéité, qui est au cœur de l’impressionnisme. Ça se traduit par une touche très libre, très gestuelle. On voit vraiment le pinceau de l’artiste à l’œuvre. Donc on a des touches très distinctes. Berthe Morisot n’hésite pas à laisser des morceaux de la toile visibles, non-finis. »

Pour le public du XIXe siècle, elle peint de ces œuvres qu’on ne montre pas, des esquisses indignes. Elle a l’audace de montrer le geste de l’artiste dans la toile. Elle affirme avec culot sa présence dans le tableau, elle impose sa présence, sa subjectivité de peintre et de femme.

Pourtant à sa mort de maladie, à 54 ans, malgré plus de 400 peintures produites, et une carrière professionnelle de peintre, sur son certificat de décès, elle est décrite comme “sans profession”.

Deux ans plus tard, l’école des Beaux-Arts s’ouvrira aux élèves femmes. 100 ans plus tard, les États-Unis et la France organisent les premières rétrospectives consacrées à Berthe Morisot. Il était temps.

À voir
Berthe Morisot
Exposition Musée d’Orsay, Paris
Jusqu’au 22 septembre 2019

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Camille Renard

L'édito hebdo

Éditorial.

La semaine qui s’annonce sent bon les vacances… Tout autour de nous lycéens, collégiens, étudiants, révisent, bachotent, préparent les antisèches, au lieu de préparer la Fête de la Musique.

Pour B.C.N., ce sera sans doute la semaine la plus dense de son histoire ! Un simple coup d’oeil à l’agenda suffira à vous convaincre :

  • 17 juin : réunion Subventions à 18 H à la M.D.A.
  • 18 Juin : Café-croissant Emploi-Formations à l’Afpa de Quétigny avec Agefos et les autres OPCA invités.
  • 18 Juin : Atelier AEC  « groupe N°1 », à la M.D.A.  de 17 h à 19 Heures.
  • 19 Juin : Atelier AEC « Groupe N°2 », à la M.D.A.  de 16 h à 18 Heures.
  • 20 Juin : Plénière N°114 de 18 H à 20 Heures à la M.D.A. N’oubliez pas vos livres !**
  • 21 Juin : Masterclass Business Plan #2 du créateur de start-up. Nicéphore Cité Départ : 07 heures précises.

** : Il s’agit de remplir la Boîte à Livres de la MDA, d’un maximum de livres « en rapport avec le thème » … comme on dit chez Cristina, pour être beaux et représentatifs sur la photo ! (Avant boire… avec modération).

L’Ours.