Actualités & News·Culture - Loisirs - Histoire·Evènements

Jean-Pierre Marielle est mort : un moment d’égarement sans doute.

In extenso, l’hommage de France Inter. Haut en couleur. C’est ce qui caractérisait le mieux les rôles comiques de Jean-Pierre Marielle. Mais cela ne doit pas éclipser la profondeur de certaines de ses compositions dans des rôles dramatiques. Et puis il y a cette voix, chaude et caverneuse, qui depuis des décennies a fait le bonheur des imitateurs.

Lycéen il connaît ses premières expériences d’acteurs et monte des pièces de Tchekov avec ses camarades. Il se destine à des études littéraires mais un professeur l’encourage à devenir comédien. Il entre au Conservatoire national à Paris où il se lie d’amitié avec Jean Rochefort et Jean-Paul Belmondo ; il en sort avec le second prix de comédie, en 1954. 

Il joue ses premiers rôles avec la compagnie Grenier-Hussenot dans des pièces d’Harold Pinter et fait quelques apparitions sur grand écran à la fin des années 50, mais, déçu, il se tourne un moment vers le cabaret.

Dans les années 60 il obtient des rôles plus consistants au cinéma comme dans : Faites sauter la banque (1963), de Jean Girault avec Louis de Funès; Week-end à Zuydcoote (1964), de Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo ou Le diable par la queue (1969), de Philippe de Broca.

Alors, heureuse ?

Le succès arrive dans les années 70. Il alterne les comédies, avec quelques compositions devenues cultes et les films dramatiques, qui lui valent la reconnaissance de ses pairs.

On peut citer On aura tout vu (1976) de Georges Lautner ou il incarne au côté de Pierre Richard et Miou Miou, un savoureux producteur de films porno- graphiques. Calmos (1976), véritable pamphlet anti-féministe signé Bertrand Blier.

Que la fête commence (1974) de Bertrand Tavernier où il incarne un Marquis de Pontcallec grandiloquent.

Les Galettes de Pont-Aven (1975) de Joël Séria, film devenu culte dans lequel il explose littéralement dans le rôle d’un citoyen banal en quête d’identité et de bonheur, cette performance lui vaudra une nomination en tant que meilleur acteur à la première cérémonie des César.

Sa double composition dans Coup de torchon (1981) de Bertrand Tavernier, ou il incarne à la fois un proxénète ordurier et son frère militaire, lui vaudra une seconde nomination aux César, cette fois-ci en tant que second rôle.

Il poursuit cette alternance qui lui réussit dans les années 80. Dans cette décennie on peut retenir Quelques jours avec moi (1988) de Claude Sautet, dans lequel il incarne face à Daniel Auteuil et Sandrine Bonnaire, un personnage qui se révèle d’une profonde humanité, avec à la clé une nouvelle nomination pour le César du meilleur acteur dans un second rôle.

Où l’on redécouvre la Viole de gambe.

En 1991, il est à l’affiche de Tous les matins du monde réalisé par Alain Corneau

Jean-Pierre Marielle y incarne Jean de Sainte-Colombe, violiste veuf et janséniste, refusant les honneurs de Versailles et les sollicitations de Louis XIV pour vivre en reclus à la campagne avec ses deux filles avant qu’il n’accepte, malgré lui, de recevoir un élève nommé Marin Marais, interprété à la fois par Guillaume et Gérard Depardieu.

Le film attire plus de 2 millions de spectateurs et devient le succès inattendu de 1991. Tous les matins du monde est récompensé par le Prix Louis – Delluc et sept Césars. Néanmoins, à la surprise générale, le César du meilleur acteur n’est pas attribué à Marielle, grand favori, mais à Jacques Dutronc pour sa composition de Vincent van Gogh dans le film éponyme réalisé par Maurice Pialat.

En 1996, il retrouve ses deux amis Jean Rochefort et Philippe Noiret dans la comédie Les Grands Ducs de Patrice Leconte. Le film n’a pas connu un grand succès au moment de sa sortie, mais est devenu, au fil du temps un film culte.

Depuis le début des années 2000, même s’il tourne moins, on le voit à l’affiche de un ou deux films par an : Da Vinci Code (2006) de Ron Howard, Faut que ça danse ! (2007) de Noémie Lvovsky, Pièce montée (2010) de Denys Granier-Deferre, Une heure de tranquillité (2014) de Patrice Leconte.

Philippe Noiret, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle
Philippe Noiret, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle © Getty

Jean-Pierre Marielle a également effectué une brillante carrière sur les planches, jouant aussi bien Ionesco, Anouilh, Tchekhov que Vigny, Feydeau, Guitry ou Audiberti. Il a reçu un Molière du meilleur comédien en 1994 pour son interprétation dans Le retour de Harold Pinter.

A propos de prix, il fait partie de ces grands acteurs à avoir de nombreuses fois été nommé aux César (sept fois au total) sans jamais remporter le prix. Lui-même revendique de ne jamais avoir assisté à la cérémonie et déclare :

Les César ? J’en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola. L’important, c’est devant la caméra. C’est servir un auteur, en découvrir un nouveau

Jean-Pierre Marielle venait de fêter ses 87 ans. A l’hommage de France Inter, j’associerais le titre du « plus breton des acteurs bourguignons » – ou l’inverse, en écho aux Galettes de Pont-Aven, ou à Que la fête commence ou il incarne le Marquis de Pontcallec, rebelle parmi les rebelles bretons, (1680-1720), décapité sur la place du Bouffay à Nantes en 1720 en tant que chef d’une conjuration bretonne contre la France. Son exécution fait suite à l’échec d’une conspiration dont les revendications portaient à la fois sur l’indépendance de la Bretagne et sur des thèmes pré-révolutionnaires.

L’Orphelin.

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s