Actualités & News·Economie·Formation et professionnalisation

Pour une véritable stratégie nationale dans les services

Cette tribune (de Sophie Bellon – Présidente du Conseil d’Administration de Sodexo) est parue initialement dans l’édition du 11 mars 2019 des Échos.

La France connaît une crise sociale sans précédent qui reflète deux peurs essentielles, celle des fins de mois difficiles à boucler et celle du déclassement. Au-delà de leurs origines sociales indéniables, celles-ci sont aussi révélatrices d’un malaise croissant dans la société française, celui des inégalités territoriales.

Ce champ d’inégalités pose notamment la question de l’accès aux services des citoyens, alors que certains d’entre eux dénoncent une « assignation à résidence » dont ils s’estiment victimes et ressentent les difficultés liées à des situations d’isolement croissant. Un des défis majeurs que nous devons donc relever collectivement est celui du lien social dans les territoires.

10 millions d’emplois

Pour y répondre, chaque jour, partout en France, des femmes et des hommes, œuvrant dans des entreprises de services, font de l’attention à l’autre leur cœur de métier. Par l’accompagnement qu’ils procurent aux personnes, par la dimension humaine que revêtent leurs activités, ils sont des acteurs du vivre ensemble. Mises bout à bout, leurs contributions et compétences – de l’intelligence relationnelle à la conception d’outils digitaux – sont indispensables aux citoyens.

Dans les territoires ruraux comme dans les villes, les entreprises de services apportent aussi des réponses concrètes aux problématiques de l’emploi et de l’intégration sociale. Par les postes qu’elles proposent directement mais aussi par ceux créés par capillarité dans les bassins d’emploi, elles permettent de connecter au monde du travail les publics les plus fragiles, les plus faiblement diplômés, ou qui subissent l’épreuve du chômage.

Le secteur des services marchands, parfois délaissé par les décideurs publics, regroupe pourtant aujourd’hui 10 millions d’emplois et représente 46 % de la valeur ajoutée de l’économie française.

Nouveaux écosystèmes territoriaux

Notre pays dispose d’atouts considérables dans ce secteur et compte à ce titre plusieurs champions d’envergure mondiale. Toutefois, ces derniers doivent constamment anticiper les défis de marchés en pleine mutation pour poursuivre leur croissance : montée en puissance des technologies digitales grâce auxquelles de nouveaux acteurs mettent au point des business models innovants, processus de concentration à l’œuvre qui aboutit à une course à la taille ou encore émergence d’une concurrence venue d’Inde et de Chine.

En conséquence, le secteur des services, pour accroître le rayonnement de ses offres « made in France » à travers le monde et constituer un levier de développement durable de notre pays, a besoin de prendre appui sur une stratégie ambitieuse de portée nationale, fruit d’un engagement conjoint des pouvoirs publics et des entreprises.

Il faut investir massivement dans la formation et la qualification professionnelle.

Cela passe d’abord par la création de nouveaux écosystèmes territoriaux, rassemblant les idées et les énergies des entreprises, des collectivités territoriales, du tissu associatif et des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Leur émergence nécessite de réinventer les modes de collaboration entre les différents acteurs pour les rendre plus réactifs, plus pragmatiques. Cela implique par exemple que les acteurs publics donnent plus de latitude aux acteurs privés pour inventer, avec leurs partenaires locaux, des solutions innovantes et utiles à nos concitoyens.

Cela passe ensuite par un investissement massif dans la formation et la qualification professionnelle, pour développer l’employabilité de tous les talents. Sodexo y travaille activement aux côtés des pouvoirs publics et de partenaires tels que Korian, AccorHotels ou The Adecco Group, pour aboutir notamment dès cette année à l’ouverture d’un centre de formation habilité dédié aux métiers de services du quotidien.

Commentaire :

A chaque saison, sa problématique « universelle et consensuelle » : après la dévastation des emplois due à l’Intelligence Artificielle, voici « l’assignation à résidence » due à l’absence d’accès aux services. Comment ne pas voir cependant, que l’accès massif aux services marchands pose en premier lieu la question des ressources, et en particulier celle de la répartition ?

L’Ours.

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