Actualités & News·Revue de Presse

Dans la presse : Pilleurs d’Afrique.

A l’occasion de la sortie du nouvel ouvrage de Gilles Gaetner, voici une courte synthèse publiée par Hubert Coudurier – éditorialiste au Télégramme.

Gilles Gaetner, l’un des meilleurs journalistes d’investigation français, d’abord au Point, puis à l’Express, se penche avec ce nouvel ouvrage sur ceux qui pillent sans vergogne l’Afrique. Mais ce n’est pas la première fois qu’il s’intéresse au Continent noir, puisqu’il avait rédigé, avec Jean-Marie Pontault, un livre sur Elf à travers l’un de ses hommes-clefs, Alfred Sirven. Ou encore à Pierre Falcone, à propos de l’Angola-Gate.

Cette fois, il est question de corruption, et non de pillage des ressources naturelles, comme on en fait parfois le procès aux investisseurs chinois. Gaetner vise ce qu’il est convenu d’appeler « les biens mal acquis » des  dirigeants africains, à savoir l’argent public qu’ils accaparent ou détournent, privant leurs pays d’infrastructures de base, d’hôpitaux ou d’écoles avec des conséquences dramatiques en termes de sous-développement. Ainsi, pour donner un exemple, en Guinée Équatoriale, la mortalité infantile ne baisse pas. Ces pays sont donc souvent condamnés à la stagnation, mais les chefs d’état, tel le congolais Denis Sassou Nguesso, s’indignent qu’on s’immisce dans leurs affaires, qui relèvent, selon eux, de leur pleine souveraineté.

Voitures de course, villas en Floride ou hôtels particuliers…

Pourtant, le rôle des ONG comme Human Rights Watch (HRW), de TRACFIN ou d’avocats internationaux, tels William Bourdon, font bouger les choses. Car comme l’écrit Gaetner, « en vingt ans, des centaines de millions d’euros se sont ainsi évaporés à travers des prête-noms, des comptes off-shore disséminés à Dubaï, à Hong-Kong, à Monaco, au Luxembourg… ».

Parfois, des procédures aboutissent, comme celle contre le vice-président de la Guinée Équatoriale, Théodorin Obiang, qui multipliait voitures de course, villas en Floride ou hôtels particuliers à Paris…

Plusieurs avocats s’expriment dans le livre, tel Patrick Maisonneuve pour le Gabon, dont le Président Ali Bongo hospitalisé à Londres, puis au Maroc chez son ami Mohammed VI, serait gravement malade.

Car il est évidemment question de ces états d’Afrique de l’Ouest qui profitent de la manne pétrolière et où les accusations de Françafrique n’ont jamais cessé depuis la disparition de Jacques Foccart, le conseiller aux affaires africaines du Général de Gaulle. Ne soyons pas naïfs néanmoins, car l’Afrique n’est plus depuis longtemps, une chasse gardée française et le Congo fit récemment l’objet d’une attaque de « fonds vautours ». D’où les tentatives de déstabilisation du groupe Bolloré, comme naguère d’Elf présidé par Loïk Le Floch-Prigent, au profit des intérêts anglo-saxons.

Le Télégramme – Notes de Lecture.

Commentaire : l’article vient de connaître une actualité retentissante avec l’acquittement par la Cour Pénale Internationale de La Haye de Laurent Gbagbo et son co-accusé Blé Goudé de l’accusation de crimes contre l’humanité qui pesait contre eux. Tous deux resteront toutefois en détention jusqu’à examen de l’appel interjeté par l’accusation.

L’Ours.

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