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Prix du carburant : la nouvelle fable !

Trouvée dans une Newsletter économique, cette fable du 21e siècle, qui interpelle nos rapports entre l’économie et le social, la solidarité et la responsabilité, la démocratie et le développement durable… Attention, ça pique !

Evolution des carburants

Le tableau ci-dessus retrace l’évolution du prix du carburant par rapport à l’évolution du prix du pétrole. C’est le genre de tableau « bisounours »  que l’on peut trouver sur le site de l’Institut National de la Consommation (INC). [1]

Les courbes suivent la même évolution, et on en conclut donc tout naturellement que si le prix du carburant augmente, c’est parce que le prix de l’essence augmente…

Rien n’est plus faux !  En France en tout cas…

I. Les courbes que l’on ne vous montre pas.

Courbe_N°2

On voit sur ce graphique que le prix de l’essence n’a cessé d’augmenter depuis 2016.

Un calcul rapide nous apprend que depuis 2016 le prix du Sans Plomb a augmenté de +22% et le Gazole +36%. Tiens ? Les deux n’ont pas augmenté de la même manière…

Est-ce à dire que l’un des deux ne suivrait pas le cours du pétrole ? Ou les deux peut-être ?
Le graphique ci-dessous reflète l’évolution du cours du baril de Brent sur la même période.

Courbe_N°_3

On voit qu’il est grosso-modo revenu au prix de 2016.

Le prix du pétrole a baissé de près de moitié en un peu plus d’un mois !

Est-ce que pour autant un plein de carburant vous coûte moitié moins cher qu’il y a un mois ?  Je ne crois pas non…  Mais alors si ce n’est pas le prix du pétrole, qu’est-ce qui impacte le prix du carburant ?

II. Décomposition du prix du carburant : attention ça pique !

Mon petit doigt me dit qu’il y a une taxe quelque part… Une seule ? Et pourquoi pas deux tant qu’à faire ?!

On en compte deux principales : la TVA et le TICPE.

Le TICPE (ancienne Taxe intérieure sur les Produits Pétroliers ou TIPP) est l’acronyme de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques.

Mais alors, me direz-vous : « Combien représentent ces taxes sur le prix de l’essence ?  »

CourbeN°4

Comme vous le voyez sur le schéma ci-dessus, les taxes perçues par l’État représentent plus de la moitié du prix de l’essence (57%) !

III. Le pétrole ne compte donc que pour un tiers du prix de votre carburant.

La TICPE est aujourd’hui la quatrième recette fiscale de l’État, derrière la TVA, l’impôt sur les revenus et l’impôt sur les sociétés.

Et la tendance se poursuit : Le schéma ci-dessus date de 2014, voici le plus récent :

Courbe_N°_5

Bingo, ça a augmenté !

En 2017, les taxes perçues par l’État représentent plus des deux tiers du prix de l’essence (67%) ! Cela représente une hausse de la taxation de près de 20% en 3 ans !

IV. Quand il n’y en a plus, il y en a encore !

Si vous êtes fort en math, vous remarquerez que le compte n’y est pas puisque le prix du carburant a augmenté de +22% (sans plomb) et +36% (gazole) depuis 2016.

Vu que ce n’est pas du côté du baril qu’il faut chercher, mon petit doigt me murmure qu’il s’agirait d’une autre taxe…  La taxe carbone pardi !

Et elle augmente d’année en année, comme un ver solitaire qui dévorerait votre portefeuille de l’intérieur.

C’est cette dernière qui a poussé les Gilets Jaunes dans les rues. Et elle rapporte !

Les recettes de la taxe carbone ont été estimées à :

  • 0,3 milliards d’euros en 2014,
  • 2,3 milliards d’euros en 2015
  • 3,8 milliards d’euros en 2016
  • Et ça continue de grimper…

Mais où va tout cet argent ?

Lors d’une interview récente, Olivier Delamarche nous apprenait qu’en 2016 elle a contribué au financement du Crédit d’impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (C.I.C.E.) à hauteur de 3 milliards d’euros.

Vous vous souvenez du CICE ? Le cadeau de François Hollande aux entreprises pour « relancer la croissance »…

V. Le hold-up légal

 Que nous apprend cette histoire ?

Que le destin d’un pays tout entier repose sur la décision de quelques personnes, au sommet de l’État.
Que les choix d’une poignée de décideurs impactent des millions de Français sans qu’ils sachent où va l’argent qui leur est prélevé.

Quel média a dénoncé ce hold-up ? AUCUN.

Manipulation médiatique ou incompétence ? A  vous de juger.

Cette histoire révèle en tout cas une chose : les médias ne nous donnent pas les moyens de prendre des décisions en connaissance de cause.

Et quand le peuple se réveille enfin de sa léthargie, il descend dans la rue…

Aujourd’hui, on mesure l’immense décalage entre les discours bien-pensants de médias qui nous bassinent à longueur de journée qu’il faut faire des efforts pour la planète, le climat, le futur… et le quotidien de labeur des contribuables.
La seule transition n’est pas écologique, c’est celle de l’argent de vos poches vers celles de l’État !

VI. Comment reprendre le contrôle quand on n’est même pas au courant de ce qu’il se passe réellement ?

Face au silence et la connivence médiatique, il est difficile de s’informer sur ces réalités.

Cela me rappelle 1984, le chef d’œuvre d’anticipation de Georges Orwell. Il décrit un monde où toute possibilité de contestation est rendue impossible car la langue elle-même a été dépourvue des termes pour exprimer cette contestation.

On vit un peu la même chose aujourd’hui : faute des vraies infos, on ne peut pas faire les bons choix et décider en connaissance de cause.

Du coup, il ne reste plus aux politiques qu’à noyer le poisson par une com’ bien huilée et le tour est joué !

VII. L’Ancien Régime au XXIème siècle.

Aujourd’hui, plus que jamais, les voix divergentes sont étouffées, les visions alternatives méprisées, les libres penseurs et lanceurs d’alerte attaqués, poursuivis en justice. Songez à la crise de 2008. Souvenez-vous de la crise grecque.
Là encore, beaucoup n’ont pas voulu y croire.
Et pourtant certains avaient cherché à nous alerter. Ils ont été marginalisés.

Ouvrez Le Monde, Libération, Les Echos…
Écoutez RMC, RTL, France Inter…
Regardez TF1, LCI, BFM…
Toujours les mêmes invités, toujours les mêmes points de vue, les mêmes arguments. Pas de contradicteurs, pas de « dissidents ».
On nous matraque avec une pensée consensuelle, une doxa ressassée inlassablement. C’est tantôt « la croissance », tantôt « les retraites », tantôt l’ « Europe ».
On stigmatise des boucs émissaires au lieu de chercher à comprendre, à analyser sans parti-pris, sans idéologie.
Alors, où trouver une information indépendante de qualité ? Qui ose penser « out of the box », en dehors des cadres ?
Qui ose poser les bonnes questions, démêler le vrai du faux, tirer les bonnes conclusions.

VIII. Conclusion :

Elle est terriblement inquiétante, cette démocratie qui prétend « faire adhérer » les citoyens  (plutôt la majorité d’entre eux) en leur dissimulant la réalité des choix. Pourquoi a-t-il fallu l’affaire des «  »gilets jaunes » pour dénoncer les scandales du soufre polluant utilisé en marine, (dénoncée ici même, dans « Tous passagers clandestins »), celui du kérosène non taxé des avions ? Et surtout, si le consensus se fait sur les 12 ans qui nous restent « pour sauver la planète », est-ce-que cela peut se faire en cachette des citoyens à qui l’on imposera tous ces sacrifices ?

Plus crucial encore, les « élites » qui auront à demander ces sacrifices, pourront-elles s’en dispenser ? Pourront-elles tenir un double langage en subissant la loi des lobbies, en accordant de la main gauche, ce qu’officiellement elles refusent de la droite ?

L’Ours – Extrait de la Lettre du Vaillant Petit Économiste

 

 

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