L'éditorial·Nos projets·Prospective

Éditorial : Le pas de coté.

Une fois n’est pas coutume : le mercredi est le plus souvent consacré à la rubrique « Culture – Cinéma » : mais nous y reviendrons ! Pour le moment, la priorité est à la prospection. Des réflexions étaient déjà en cours, et nous les avons abordées lors de la plénière de Jeudi dernier. Il s’agissait de définir la meilleure manière d’exploiter les spécificités de B.C.N. compte tenu du contexte spécial de la Covid 19, et de l’annulation de la plupart des manifestations prévues.

Nous avions déjà défini ensemble que la meilleure façon de légitimer les candidatures de nos adhérents était le storytelling : c’est ainsi qu’est née l’idée du « Pas de Coté ». Encore une fois, le concept émane d’un homme d’expérience, qui l’a expérimenté de son coté, et pour les fouineurs, ils pourront vérifier que nous y avions consacré un article de Claude en début d’année.

Une seconde considération provient de l’expérience réussie à Talent-Campus : (merci à toute l’équipe,) expérience que l’on appelle « recrutement inversé ». De quoi s’agit-il ? Après découverte et assimilation du curriculum vitae du candidat, un professionnel prend sa place : le candidat devient recruteur, et inversement. Et là, un phénomène étonnant se produit : le candidat prend conscience de sa propre valeur, à travers les réponses et les arguments utilisés par son avatar, qui vont mettre en avant sa polyvalence, sa flexibilité, son avoir-être… bref, ce que l’on appelle généralement les softskills. D’où la prise de conscience que « mes talents sont bien plus étendus que ceux auxquels j’avais pensé, puisqu’un professionnel arrive à faire feu de tout bois, et être crédible en « Me » parlant de « Mon » métier, à Moi qui le connais mieux que lui. Réconfortant pour l’estime de soi, n’est-ce-pas ?

Troisième argument : l’efficacité des binômes, telle que la souligne régulièrement Jean-Louis, qui participe régulièrement aux campagnes de CTP21, dont le but est de récolter « à la volée » des missions pour les adhérents, lors de ratissages géographiques de zones d’activités. Bien des personnes pourraient trouver cette démarche contre-intuitive, (pas de prise de rendez-vous, peu de connaissance préalable des clients visités, etc.) mais ça marche ! Mais comme toujours, les raisons « de ne pas faire » l’emportent toujours sur celles de se lever de son siège et d’aller au front. A la réflexion, je me dis qu’il y a une forme d’émulation dans le binôme, – une dynamique, dirait Xavier – et que cela doit bien générer des opportunités sur le terrain.

Nous en étions là, quand Nathalie nous a alertés sur la démarche « tribu » de nos amis de l’APEC : en deux mots, ils nous ont devancés ! Autant le reconnaître, et apprendre de cet essai : le réseautage et le storytelling sont les deux leviers que nous utilisons de manière parallèle, à nous d’enrichir notre propre Plan d’Action. Non pour faire concurrence (ce qui n’aurait aucun sens : Élève des corbeaux et ils t’arracheront les yeux*.), mais pour proposer autre chose, de plus proche de nous.

La Tribu de l’APEC

Il y a du pain sur la planche ! Tout d’abord, il convient de « raconter l’histoire » de Jérôme : sa Conférence Enjeux écologiques. Nous sommes presque prêts, il reste à définir une « cible » pour l’invitation à la répétition, et ensuite à s’adresser à nos organisations amies, à l’Éducation populaire, aux communes un cycle de ces conférences. Une réunion de travail est prévue demain.

Un accueil favorable a été reçu aujourd’hui de la part d’Orange Solidarités pour « parrainer » les réunions de rapprochement entre BCN (Bourgogne) et FACES (Franche-Comté). Les arguments en faveur de ce rapprochement sont nombreux : nous sommes la même Grande Région, et sommes loin de nous adresser au même public ! Cependant, là aussi, la circonscription territoriale de l’APEC est la même. Conclusion : le groupe Marketing – Storytelling dont nous avions évoqué la création aurait les mêmes ambitions dans les 2 anciennes régions. Et nous n’oublions pas les renseignements fournis par Alexandre à propos des associations de Lyon. Qui pour aider à constituer ce groupe, et comment faire en sorte que ses avancées profitent à l’ensemble de BCN, et pas seulement aux initiés ?

Nos relations avec Pôle Emploi se structurent et progressent : ainsi, notre quatrième entretien « Garantie Jeunes » s’est déroulé aujourd’hui, avec un retour unanime des candidats, des partenaires et des bénévoles. Une action à renforcer donc, puis à relayer en direction des autres Missions Locales, qu’il s’agisse de cadres ou de tous publics. Comme cela a été souligné : « nous apprenons toujours quelque chose d’un entretien », à commencer par l’oubli du contexte , au profit d’une relation valorisante, humaine et bienveillante, porteuse de confiance en soi. Nul doute que nous validerons demain avec Mme Saïmi, les mêmes principes pour la rencontre prévue le 22 Septembre à la mission locale Cadres de Quétigny.

  • Film de Carlos Saura de 2007.

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Plénière BCN N°126 : Stratégies pour le Jour d’après.

Quand on a envie de souhaiter du bien à quelqu’un… il  existe plusieurs manières de procéder : sur notre territoire hexagonal, l’une d’entre elles porte le nom du Général Cambronne. A ce sujet, la meilleure anecdote sur ledit général est à mettre au crédit de Jean Yanne : « Cambronne, Cambronne… encore un qui ne mâchait pas ses mots, heureusement pour lui ! ».

Lors de notre plénière d’hier soir (nous étions douze), nous avons évoqué nos sujets habituels, mais nous avons eu également l’occasion de dire – ou ne pas dire – le mot de Cambronne :

  1. Le Tour de Table et les échanges.

A Juliette, tout d’abord, qui passait ce matin un entretien pour une entreprise de Nancy, d’où elle vient précisément, pour suivre son conjoint. Diplômée d’une école de commerce « moyenne », elle possède une expérience de 15 ans dans le marketing, et au moment de quitter son entreprise nancéienne, a réussi à devenir prestataire de service en tant qu’entrepreneur pour son ancien patron. Juliette nous est arrivée grâce à Nathalie, suite à une rencontre virtuelle à un atelier de l’APEC. En termes de marketing, Juliette constitue l’opportunité d’activer un réseau collaboratif en Franche-Comté, et nous avons bien l’intention de nous en saisir !

Il semble bien d’ailleurs que nos premières actions soient couronnées de succès, car Orange Solidarités partage cet objectif de réseautage, et dispose de correspondants bien en place. M… donc, pour Juliette et son entretien de ce matin, et collectivement à nos projets futurs. Et aussi, merci pour ce moment d’émotion sincère que nous avons partagé, si rare dans nos sociétés policées.

Le second participant à qui nous avons dit le mot de Cambronne, c’est bien évidemment Yannis : huit mois se sont écoulés depuis son recrutement, et voici que la chrysalide est devenue papillon. C’est un jeune homme debout, affirmé, sûr de lui qui prend aujourd’hui son destin en mains. Inscrit à l’Université BFC en Histoire, il n’attend pas le résultat de son oral de concours. A la question de Fabienne : « Mais que se passera-t-il si tu es reçu ? » la réponse a fusé, comme on les aime : « eh bien, dans ce cas, tant pis pour l’histoire ! » Décidément, ce garçon est sur la bonne voie !

Le troisième visage (nouveau) de ce soir est Saïd, présenté par Nadine, qui l’a rencontré lorsqu’elle travaillait à l’IRTESS. Saïd a longtemps travaillé dans le domaine de la production à Vesoul, puis par évolution interne est devenu formateur dans ce domaine pendant 7 ans à l’Afpa, – à BCN, nous aimons bien l’Afpa -, et du coup, voici la réaction de Saïd : « Je suis parti en bons termes avec eux ». Cela tombe bien : car Saïd se propose de partager avec nous ses compétences de coach, son réseau franc-comtois (Vesoul, Besançon, Saint-Vit, Dôle), soit lors des plénières lorsqu’il est présent à Dijon, soit lors des ateliers visio dès qu’un noyau sera constitué.

Enfin, nous accueillons Zelina, qui nous vient de l’entreprise Strategic Event, elle-même acquéreur de la structure d’organisation de marketing événementielle dont elle était la co-associée. L’arrêt quasi-total des manifestations du 1er semestre a débouché sur un licenciement économique, et maintenant il s’agit de remettre très vite le pied à l’étrier : candidature cette semaine pour un poste vacant à la Ville de Dijon, tout est à faire ! Christine notre présidente prend Zélina en charge pour assurer l’échéance, et comme on dit dans le bâtiment : « Pour les finitions, on va attendre d’écouter sécher la peinture ».

Fabienne nous explique ensuite qu’elle a exercé quelques missions au cours des derniers mois, sur ses compétences de DRH – QVT, en partie en raison du ralentissement du trafic maritime lié au Covid, trafic auquel s’intéresse son mari, qui a développé une entreprise de commercialisation et de développement de logiciel. Cependant, les perspectives de la rentrée s’avèrent meilleures pour le trafic maritime, et du coup, une partie de l’activité prévue dans les nouveaux contrats pourrait inclure des prestations dédiées dévolues à Fabienne. Encore une fois, M… donc.

Christine nous raconte comment elle est arrivée à BCN, puis en a pris la présidence, puis s’est appliquée à elle-même les contenus de l’enseignement A.E.C. – pour Action Emploi Compétences – que nous avons développés et enrichis grâce à nos amis de Cesson (35) qui ont une expérience de 20 ans dans le domaine. Christine est maintenant épanouie dans son poste de juriste sociale dans un syndicat d’agriculture ; elle vient par ailleurs de créer une structure affiliée à R.P.B.O. (reconstruction Post Burn Out) et finalise ses premiers accompagnements en vue d’une prochaine certification.

Nathalie, arrivée à BCN il y a 1 an, pour suivre son conjoint, possède une solide formation dans le domaine de la « maîtrise d’ouvrage des systèmes d’information », et passée une première période où elle a travaillé son CV, testé différentes formules, chronologique, par expérience, par blocs de compétence, elle s’est placée en recherche active depuis le début de l’année. Elle reconnaît la difficulté de se constituer un réseau, que BCN essaie de corriger en « faisant feu de tout bois ». Les prochaines journées qui vont dans ce sens ; sont le 1er octobre, Journée des Recruteurs, les 2 et 3 Novembre, celles de l’APEC. Néanmoins, Nathalie obtient des contacts, regrette l’imprécision des appels à candidature, (le recruteur ratisse large, parce qu’il n’a pas suffisamment défini ses besoins), et enfin la tendance à « recruter des moutons à 5 pattes payés au lance-pierres », selon l’expression de Christophe. (A propos de l’obligation de parler 5 langues – dont l’albanais – pour un responsable de chantier bâtiment). A regret, elle a dû décliner une offre qui ne correspondait pas à son projet de vie, du fait des nombreux déplacements.

Nadine, arrivée il y a 3 ans, en même temps que Gilles, est allée « au front » dès le 1er jour, et a tenu le stand de BCN au salon du Bien Vieillir ; cela lui a d’ailleurs plutôt bien réussi, puisqu’elle a dans un premier temps trouvé un travail à l’IRTESS, et maintenant à Binôme 21. Elle reste à BCN où elle se trouve bien, car elle y apprécie : la présence, l’accompagnement et la bienveillance. A part SNC (Solidarités Nouvelles face au Chômage) qui est une Fédération, nous sommes la seule structure autonome généraliste : c’est-à-dire que nous définissons nos actions, nos partenaires, et mettons ensuite tout en œuvre pour obtenir des financements.

Alexandre nous parle de son expérience du marché du travail « post-subprime », et de la tendance à botter en touche des DRH à cette époque, dès lors que l’on n’était pas exactement le profil prévu (ingénieur généraliste) ; dans son cas, il a été promené de service en service, d’une expérience à l’autre, jusqu’au moment de trouver son épanouissement avec le concours d’Inspecteur des finances. Alexandre se voit comme un « témoin » désireux d’apporter son expérience et ses excellentes facultés d’analyse et de synthèse. C’est un bénévole précieux pour BCN.

Gilles nous fait part de ses difficultés liées à la santé de Madame, qui pèsent parfois sur leur moral à tous les deux ; il faut dire que le traitement est pénible et pourrait avoir des conséquences sur le travail de professeur de son épouse. Évidemment, nous souhaitons tout le meilleur en vue d’un prompt rétablissement, et décochons une nouvelle fois le mot de … qui vous savez. Cadre de terrain et responsable de la conduite d’activité à la SNCF, Gilles est « pointu » dans les rapports humains.Malgré ses incertitudes, Gilles pense néanmoins pouvoir être présent à notre journée d’entretiens à la Maison Familiale Rurale de Beaune le 9 Septembre, dans le cadre  de la Garantie Jeunes. Nous réalisons ces entretiens de manière bénévole, et ils sont perçus par la MFR comme très professionnels, car : nous sommes extérieurs, nous sommes expérimentés, nous sommes BIENVEILLANTS. Nous avons imaginé que ces rendez-vous mensuels puissent être proposés à titre d’exercice pour d’autres volontaires de BCN : il s’agirait d’une variante de nos simulations d’entretien, toujours disponibles sur demande.

2. LA SUITE.

Antoine fait ensuite le point de la campagne d’été (les subventions sont une quête de reconnaissance et demandent un professionnalisme croissant), qui vient de se dérouler, et annonce les perspectives du quadrimestre :

  • 4 dossiers ont déjà été déposés en bonne et due forme : un en ligne My Dijon, un en ligne Conseil Départemental, 2 Cerfa (papier) pour la Métropole et la Région.
  • En synthèse, ces dossiers visent à financer 3 emplois de Volontaires en Service Civique, destinés à soutenir nos efforts de formation digitale, et la communication de l’Association. Les Volontaires sont tout d’abord apprenants dans nos formations AEC, puis relaient leurs acquis auprès des personnes moins à l’aise sur le numérique.
  • Un agenda partiel est présenté dans le présent compte-rendu : les échéances du 9 Septembre, du 22 et 24 septembre apparaissent ci-dessous.  Concernant la date du 1er octobre, après un contact avec Philippe Le Bel (de RH-Solutions), voici la réponse qui nous est parvenue ce jour.

Pour répondre à tes questions:

  • Il est possible de s’inscrire aux prochaines visioconférences sur le portage salarial sur notre page:

https://www.rh-solutions.com/agence/bourgogne/rh-solutions-dijon.html

  • Nous pouvons rencontrer les personnes de votre groupe qui le souhaite lors de la journée du Village des Recruteurs. Qu’elles n’hésitent pas à me passer un petit mot auparavant pour fixer une heure de rdv.
  • Je recommande aux personnes en recherche de poste de s’inscrire sur la plateforme du « Village des recruteurs » où elles trouveront les informations concernant les entreprises présentes, les postes proposés et déposer leur CV. http://www.levillagedesrecruteurs.fr
  • Nous pouvons également, comme par le passé, organiser avec les personnes intéressées, une réunion d’information en vos locaux ou en nos bureaux.
  •  A bientôt, Amicalement


Philippe Le Bel

Développement Commercial et Communication

RH Solutions Dijon
Tél: 06.78.89.65.84
Mail: lebel@rh-solutions.co

3. Vers un groupe Marketing – Storytelling à BCN ?

Au cours des échanges du 1er semestre, et encore cet été, il est apparu que le fait « de présenter avec bienveillance et acuité les compétences d’un autre candidat apporte une crédibilité supplémentaire à cette candidature, surtout si l’éloge est sincère et bien ficelé ». D’où cet échange, qui devra faire l’objet d’une validation de l’organe de gestion (le bureau) et d’une proposition à l’Assemblée Générale. Pour mémoire : plénière de septembre : le Mardi 22 Septembre. Octobre : le jeudi 22 Octobre. Novembre : le Jeudi 19, pour clore en beauté avec notre AG ordinaire le mardi 15 Décembre. Une alternance parfaite, si nos réservations marchent. A vos masques !

L’Ours.
Actualités & News·L'éditorial

Éditorial : à vos tablettes !

Voici une nouvelle qui devrait faire plaisir à tous ceux qui « rongeaient leur frein » : l’heure de la reprise est pour bientôt ! Et plus précisément, B.C.N. vous donne rendez-vous pour une plénière PHYSIQUE le jeudi 27 Août à partir de 17 h 30, et jusqu’à 20 heures. Pourquoi cet horaire étendu ? Un certain virus… pas de dessin : le port du masque sera obligatoire, durant le temps de l’installation dans la grande salle du rez-de-chaussée de la Maison des Associations, la R03. C’est pourquoi la disposition de la salle, avec respect des distances minimales, prendra un certain temps.

Et pour finir sur cette question de Covid 19, le port du masque durant toute la durée de la réunion est ensuite sous la responsabilité du bureau : autant dire que la qualité de l’aménagement obtenu dans la salle de réunion sera décisive. C’est pourquoi nous comptons sur votre sens des responsabilités… et sur vos biceps !

Mais ce n’est pas tout : la question centrale de l’ordre du jour sera l’animation. Que voulons-nous faire de ce prochain quadrimestre ? Nombre d’idées et de suggestions circulent, quelques dates ont été arrêtées et validées. Malgré tout, l’agenda n’est pas suffisamment copieux, en raison des événements annulés. A nous de nous retrousser les manches, pour bâtir ce plan de contacts qui valorise A LA FOIS, les membres de BCN à titre individuel, en portant attention à leur projet professionnel, et le collectif qui fait votre pedigree « BCN, voilà des gens qui prennent leur destin en mains… »

Un dernier mot : nous sommes assurés de bénéficier de la présence d’un ou plusieurs invités. C’est donc pour nous tous l’occasion de faire découvrir l’association, à vos relations, vos connaissances, vos amis… A vous de jouer !

L’Ours.
Actualités & News·L'éditorial·Prospective

A quoi sert B.C.N. ?

En pleine préparation des dossiers budgétaires 2021, je me suis intéressé à nos (premiers) débats fondateurs ; beaucoup d’éléments-clés étaient déjà présents en 2015, beaucoup de péripéties intervenues depuis, s’expliquent par des débats non tranchés ou demeurés flous dès l’origine. A la lumière de ces échanges déjà virulents et passionnés, nous organiserons fin août une plénière (à 10 ?) et une visio pour se synchroniser à nouveau sur notre fil rouge.

Les fondations.

Atelier du 29 Janvier 2015 destiné à éclairer les choix de BCN sur l’intérêt de créer une Association.

Le paysage administratif et règlementaire.

La dernière réunion de BCN a mis en évidence les nombreux tâtonnements, regrets, retours des participants aux réunions sur le devenir du collectif. Selon Olivier Rouillard, beaucoup des orientations et/ou problématiques soulevées par le questionnaire avaient déjà été évoquées dans le passé, certaines testées, d’autres abandonnées.

Qu’il y ait débat dans un groupe n’est pas du tout malsain, si au bout du compte chacun adopte une attitude positive et constructive : attention au « On a déjà essayé, ça ne marchera jamais… »

Le débat sur les actions extérieures de BCN soulève le point d’une participation financière pour une présence aux réunions du MEDEF ou de la CGPME. D’où l’idée de préciser ce que seraient les conséquences d’une telle décision : si l’on décidait d’accepter le principe d’une participation payante, cela suppose collecte de recettes pour la financer : cotisations, subventions,…

L’organisme le plus simple pour répondre à ce besoin est l’Association Loi de 1901. Une association de personnes dont l’objet est licite, n’a quasiment qu’une seule obligation principale, celle de la transparence : obligation de publication au Journal Officiel, (comprenant l’objet, le siège, les statuts, l’identité des personnes chargées de sa gestion et de sa direction), tenue à jour de ses comptes, du registre des décisions prises,… et une séparation des fonctions minimale au sein du conseil d’administration.

En échange de ces obligations, somme toute assez simples, une association déclarée peut :

  1. Plaider devant les tribunaux.
  2. Posséder et administrer des biens.
  3. Agir en tant que personne morale, représenter un intérêt collectif.
  4. Percevoir des cotisations de ses membres.
  5. Recevoir des subventions.
  6. Recevoir des dons provenant d’établissements d’utilité publique.
  7. Recevoir des versements effectués par des entreprises, particuliers, autres contribuables.

Il est facile de chiffrer le budget minimum pour constituer une Association loi de 1901 : 44 €. C’est le tarif actuel pour une publication au Journal Officiel, suite à déclaration au Greffe des Associations de la Préfecture.

Les opportunités pour BCN.

Parmi ses membres, le groupe compte quelques personnes ayant une expérience du monde associatif, président, secrétaire, trésorier… Une base solide existe, l’objet social (la mission) sur lequel nous avons pas mal travaillé, la charte, de nature à fournir la trame des Statuts, et si besoin, du Règlement Intérieur. Le fonctionnement d’une Association Loi de 1901 distingue 3 organes :

  • L’Assemblée générale ; (ordinaire ou extraordinaire).
  • Le Conseil d’Administration, qui est la structure de décision permanente.
  • Le Bureau, qui en est l’émanation, chargée des affaires courantes.

On voit que cela pourrait correspondre assez facilement au mode de fonctionnement actuel de BCN : les personnes mandatées d’aujourd’hui seraient habilitées à agir au nom de l’Association demain, sous la seule condition de l’opposabilité aux tiers, c’est-à-dire, une décision en bonne et due forme figurant au registre des PV de délibération, et/ou une déclaration au greffe, pour une « personne chargée à un titre quelconque de la gestion ou de la direction ».

Pour faire quoi ?

Dans l’objet de l’Association, l’aspect interne nous semble maîtrisé :

  • Écoute, soutien.
  • Partage de compétences.
  • Partage d’expérience.
  • Rupture de l’isolement, convivialité.
  • Mise en relation vers les acteurs/interlocuteurs éventuels.
  • Connaissance des milieux économiques locaux.

La transition entre l’interne et l’externe s’ébauche comme ceci :

«L’échange étant reconnu comme source de progrès et d’enrichissement mutuel, l’Association BCN se donne pour objectifs de saisir toute opportunité pour créer, encourager, susciter la mise en relation de tous ses membres avec les acteurs et intervenants pertinents du tissu économique, afin de porter les perspectives d’emploi ».

D’où un objet externe, que nous avons ébauché, et qui reste à enrichir :

  • Développer une posture d’offreur de services de proximité territoriale :
    • Études, prospectives.
    • Diagnostics locaux,
    • Missions, projets.
  • Valoriser la force du réseau et du vivier de compétences de BCN.
  • Favoriser la mise en relation entre les attentes des acteurs économiques, et les compétences des membres de BCN.
  • Force de proposition, organisateur d’événements.
  • Ex : Rencontres sous forme « collaborative dating »
    • Étude GPEC territoriale : mobilités maîtrisables, contrats de pays.
  • Développer un rôle de fédérateur et d’interface :
    • Entre les élus et les cadres,
    • En partenaire de l’ANPE et de l’APEC (à clarifier),
    • En tant que détenteur de l’expertise RH en matière de formation.

Conclusion : « What else ? »

L’ensemble a plutôt bien résisté, il y manque cependant les rituelles : Qui – Quoi – Où – Quand – Comment – Combien – Pourquoi ? Les premières démarches à mener auprès de la Métropole, du Conseil Départemental, du Conseil Régional sont structurantes : quel est en effet le périmètre que nous visons, par quelles techniques allons-nous l’aborder ? Qui pour animer un tel projet l’année prochaine ?

Prenez soin de vous en attendant, gare aux U.V.!

L’Ours.
Economie·Société

La Côte d’Or, dynamisme urbain à l’est, petites centralités en décroissance à l’ouest

Département au coeur d’une région entrée en décroissance démographique, la Côte d’or est l’un des rares à gagner encore de la population.À l’échelon départemental, il symbolise les fractures territoriales d’une région industrielle, agricole et peu densément peuplée. Poumon économique et capitale régionale, la métropole dijonnaise porte largement cette croissance démographique. Pour autant l’emploi a reculé entre 2012 et 2017, en lien avec un déclin industriel prononcé. Portée par ses spécificités viticoles et touristiques, l’aire urbaine de Beaune bénéficie d’une dynamique économique plus marquée. Autour de Dijon et de Beaune, les territoires péri-urbains continuent à se densifier avec une économie en mutation. Enfin, les zones à l’ouest et au nord du département, plus isolées et maillées par des petites villes comme Montbard ou Châtillon-sur-Seine, poursuivent pour la plupart leur décroissance démographique et économique. Parties prenantes d’une vaste diagonale de territoires déclinants, elles restent des pôles d’emploi et d’équipement essentiels au service d’une population vieillissante. Juillet 2020 

Mélanie Bouriez, Charles Pilarski (Insee) 

Point de passage obligé d’une importante partie du trafic routier national et international, la Côte-d’Or est un carrefour entre l’Europe du sud au travers de l’axe Paris-Lyon-Marseille, et l’Europe de l’est via Besançon et la plaine d’Alsace. Elle bénéficie du développement de la métropole dijonnaise, capitale régionale, et également de celui de Beaune, seconde grande aire urbaine du département. 

La Côte-d’Or, moteur démographique et économique de la région 

Au cœur d’une région entrée en décroissance démographique, le département de Côte-d’Or reste un poumon démographique et économique. Au 1er janvier 2017, le département compte 6 400 habitants de plus que 5 ans auparavant (+ 0,2 % par an), pour un total de 533 800 habitants. Avec le Doubs, c’est le seul en croissance. Comme la région, le département est traversé par de multiples fractures territoriales.

Urbanisée à l’est, rurale à l’ouest.

Ainsi, de l’est au sud du département, la plaine de la Saône est très urbanisée et bénéficie d’un fort maillage routier comme ferroviaire. Elle concentre l’essentiel de la population, de l’emploi et des équipements. À l’inverse, le nord et une large moitié ouest, territoires de plateaux plus accidentés, sont structurés autour de petites villes à la population plus vieillissante qui animent de vastes territoires peu densément peuplés. 

Rôle déterminant de Dijon Métropole dans les dynamiques départementales.

Seule métropole de la région, l’intercommunalité de Dijon joue un rôle déterminant dans les dynamiques départementales et régionales. Son aire d’influence est considérable : son aire urbaine couvre 38 % de la superficie départementale et 75 % de sa population : 3/4 des communes de plus de 1 000 habitants en font partie. Cette concentration s’explique d’abord par la densité des axes de communication autour de la métropole, qui facilitent l’accès à Dijon et permettent de développer les villes alentours. 

Son positionnement géographique aux portes d’un vaste espace peu urbanisé à l’ouest et au nord, conforte son attractivité faute de concurrence avec d’autres pôles. La population de Dijon Métropole continue à augmenter. Entre 2012 et 2017, la collectivité a gagné 1 400 habitants par an, ce qui représente plus que les gains de population du département dans son ensemble. C’est grâce à un solde naturel largement positif que la population augmente, conséquence de la présence d’une population jeune. Les étudiants représentent près de 12 % des habitants. Ils bénéficient d’une offre de formation supérieure développée et diversifiée, notamment dans l’agro-alimentaire et le secteur médical. Avant le début des années 2010, les départs l’emportaient sur les arrivées. Le solde migratoire de Dijon Métropole s’est équilibré depuis. C’est une des conséquences des politiques locales visant à limiter la péri-urbanisation. L’attractivité de Dijon Métropole est d’abord extérieure au département : près des trois quarts des nouveaux arrivants ne résidaient pas en Côte-d’Or avant. Il s’agit souvent des populations originaires de  l’ancienne région Bourgogne ; en particulier des étudiants qui s’installent dans la commune de Dijon.

La Côte-d’Or, très urbanisée à l’est mais aux larges étendues peu denses à l’ouest.

L’attractivité économique de Dijon Métropole est importante. Le territoire concentre près de 60 % de l’emploi départemental. Les actifs viennent parfois de loin pour y travailler. Plus du tiers des emplois sont occupés par des  non-résidents, périurbains pour la majeure partie mais également habitants de Saône-et- Loire et dans une moindre mesure du Doubs et du Jura. L’appareil de production est diversifié : dans l’industrie (agro-alimentaire, chimie et pharmacie, équipements électriques, machines), les services marchands (commerces, banques et assurances, restauration, services aux entreprises), les services non-marchands (université, hôpital, emplois liés au statut de capitale régionale). Les emplois qualifiés, nombreux, sont en forte croissance : on compte plus de 1 000  cadres supplémentaires entre 2011 et 2016. 

Alors que la croissance démographique reste soutenue, Dijon Métropôle a perdu des emplois 

Dans la métropole dijonnaise, la croissance démographique est soutenue mais reste fragile. Le solde naturel décroît progressivement en raison du vieillissement de la population, qui touche tous les territoires. L’attractivité résidentielle s’est nettement redressée depuis le début des années 2010. Mais elle est dépendante des comportements de deux populations très mobiles : d’une part les étudiants qui sont certes nombreux à s’installer à Dijon, mais sont aussi nombreux à en partir ; d’autre part les couples, un peu moins nombreux à déménager, qui quittent la métropole pour s’installer en périphérie  afin de bénéficier de conditions de vie plus favorables.

L’emploi diminue dans la quasi totalité des territoires de Côte-d’Or, à Dijon comme ailleurs

Variation de l’emploi entre 2011 et 2016.

Par ailleurs, Dijon Métropole subit un ralentissement économique. Pour la première fois, l’emploi a diminué : près de 5 000 emplois en moins entre 2011 et 2016 (- 0,6 % par an). Les destructions ont été importantes dans l’industrie. Le secteur a perdu 3 500 emplois sur la même période, principalement ouvriers. En Côte-d’Or,Dijon Métropole n’est pas une exception. L’intensité de la désindustrialisation est particulièrement marquée. Les pertes dans la métropole représentent près des trois quarts des emplois industriels perdus dans le département. En 2016, pour la première fois, il y avait plus de cadres sur le territoire de Dijon Métropole que d’ouvriers. Mais contrairement à un département comme le Jura, la diminution de l’emploi industriel à Dijon comme en Côte-d’Or correspond plus souvent à des baisses d’effectifs qu’à des fermetures d’établissements. L’appareil de production reste donc relativement préservé. Malgré la croissance démographique, l’emploi public comme l’emploi présentiel ont diminué. Dans le même temps le secteur tertiaire, généralement très créateur d’emploi dans les métropoles, a stagné. En revanche, comme ailleurs, l’emploi de la sphère productive a été dynamique dans les services aux entreprises notamment dans la logistique. 

À l’inverse, l’économie de Beaune a tiré profit de sa spécificité viticole et touristique.

La zone de Beaune a connu dans le même temps une trajectoire plus favorable. Abritant un marché de l’emploi cinq fois plus petit que celui de la métropole dijonnaise, elle est l’une des seules zones de Côte-d’Or en expansion économique. Si l’emploi industriel s’est érodé comme ailleurs, toutes les autres activités ont été en croissance. La filière viticole, emblématique de ce territoire avec des appellations comme Meursault, Pommard ou Chassagne-Montrachet, a largement contribué à cette vitalité économique. Le secteur touristique et celui de la restauration ont également été très dynamiques, grâce au patrimoine historique et culturel de la cité. Établissement emblématique, les Hospices Civils de Beaune jouent à ce titre un rôle de premier plan dans ces trois activités majeures. 

Nuits-Saint-Georges, pôle secondaire de la zone beaunoise, partage en grande partie les caractéristiques économiques de la ville de Beaune. Économie encore plus spécialisée, portée quasi exclusivement par la viticulture, elle bénéficie également du développement des activités de la filière comme le transport, mais aussi les activités touristiques et culturelles

Malgré le dynamisme économique de la zone beaunoise, la population résidente tend à diminuer, le solde migratoire restant déficitaire. En effet les terrains disponibles  pour construire des logements sont peu  nombreux car largement mobilisés par l’activité viticole. Alors que la zone bénéficie de 1,3 emploi pour un actif résident, le dynamisme économique de Beaune a conduit à  une augmentation des navettes domicile-travail. Ces navetteurs habitent dans les territoires alentours à l’ouest (Nolay) et à l’est (Seurre). Mais les navettes se sont aussi développées depuis les zones plus peuplées  comme Dijon Métropole et surtout le nord de la Saône-et-Loire, particulièrement bien  reliées via les axes autoroutiers A31 et A6. 

Le développement des navettes domicile-travail.

Gevrey-Chambertin partie prenante du dynamisme économique de la dorsale Dijon-Beaune .

Contrairement à d’autres pôles d’emploi, une  part importante d’actifs résidant dans l’aire urbaine de Beaune travaillent dans d’autres territoires. Ces liens se sont renforcés au sud avec  la Saône-et-Loire, département avec lequel Beaune entretient des rapports privilégiés. Mais les navettes se sont surtout développées vers le nord, favorisées par le réseau routier et la ligne ferroviaire qui permet de relier Beaune à Dijon en une vingtaine de minutes.

Entre ces deux zones s’étend un territoire à dominante péri-urbaine dont Gevrey-Chambertin est la principale commune. Bipolarisé par Dijon et Beaune, il bénéficie directement de leur proximité. Près des deux tiers des actifs qui y résident travaillent hors de cette zone, bien souvent à Dijon Métropole ou près de Beaune. 

Mais contrairement aux autres territoires péri-urbains, la zone de Gevrey-Chambertin est la seule qui a conservé une économie productive importante. C’est d’abord une zone viticole de premier plan, avec des appellations de renommée internationale. Le secteur agricole qui représente 15 % de l’emploi a continué à y croître, comme à Beaune avec laquelle elle partage cette spécificité économique. Mais c’est aussi une zone où la logistique est en croissance. Elle représente un emploi sur six. Elle y est très implantée avec des établissements de grands groupes comme La Poste, SNCF ou Trans Europ Express. 

La dorsale économique qui s’étend de Beaune jusqu’à Dijon en passant par Gevrey- Chambertin forme un ensemble de plus en plus intégré. Pourtant péri-urbaine dans sa morphologie, la grande majorité des emplois situés dans la zone de Gevrey-Chambertin sont occupés par des non-résidents. Comme pour Beaune, les navettes se sont donc développées à la fois depuis, mais aussi vers cette zone. Ces territoires partagent la même orientation sectorielle viticole, avec un positionnement de haut de gamme qui explique leur dynamisme économique. Ils partagent aussi des caractéristiques sociales similaires, un niveau de vie élevé, une population jeune, vecteur d’un solde naturel en excédent, et une certaine forme de ségrégation résidentielle liée à une attractivité désormais limitée par des prix de l’immobilier élevés. 

Au sud-est et au nord de Dijon,une péri-urbanisation proche de la saturation

 Mis à part Gevrey-Chambertin dont la population a stagné, tous les territoires limitrophes de la métropole dijonnaise ont gagné de la population. La péri-urbanisation s’y est pour- suivie, à des rythmes toutefois différenciés. Dans les zones périurbaines les plus denses, le long de l’autoroute A39 au sud-est comme à proximité de l’autoroute A31 au nord, les effets de la dédensification de Dijon sont toujours plus marqués. Les familles s’y sont installées massivement dès les années 1980, attirées par des logements plus spacieux, une proximité avec les entreprises situées en majorité dans l’est-dijonnais, et un réseau de transport performant qui facilite les déplacements. L’économie de ces petits bourgs était plutôt industrielle et productive. En trente ans, ils ont tous connu une transformation en profondeur de leur économie. Sur l’axe sud- est, un déclin industriel très marqué dans les années 2000 s’est conjugué à une croissance démographique toujours soutenue. Ce qui a accéléré la résidentialisation du territoire. Désormais, l’attractivité résidentielle s’est transformée : après des décennies de croissance, les petites villes comme Genlis ou Auxonne semblent saturées, limitées par la raréfaction du foncier disponible pour la construction de maisons. Elles connaissent à leur tour une forme de péri-urbanisation.Elles perdent désormais des habitants au profit de leur périphérie

La péri-urbanisation se poursuit dans les territoires moins denses.

La péri-urbanisation se poursuit désormais dans les autres territoires, moins bien connectés à Dijon mais bénéficiant encore d’espaces disponibles pour se loger. Il s’agit de petites villes autour de 2 500 habitants, situées dans l’est dijonnais. Les alentours de Mirebeau-sur-Bèze et d’Arc-sur-Tille connaissent la croissance démographique la plus vive. Grâce à un solde migratoire positif et depuis peu un excédent naturel lié au rajeunissement de sa population, cet espace tire parti du développement économique de la banlieue est de Dijon. C’est également le cas au sud, près de Brazey-en-Plaine ou de Seurre, qui bénéficient en plus d’un accès à la zone d’emploi de Beaune. Dans tous ces territoires l’artificialisation augmente rapidement, en raison de la disponibilité en terrain constructible, et du niveau de vie des nouveaux arrivants, plus élevé que celui des résidents. Dans l’ouest dijonnais, la population augmente également mais à un rythme moindre. Plus vieillissantes et moins attractives, ces zones rurales, plus éloignées et souvent moins accessibles, n’ont pas connu la même poussée démographique. La pression économique comme environnementale qui accompagne généralement les mouvements péri-urbains est donc moins marquée. Si leur économie devient de plus en plus présentielle, elles ont conservé une orientation productive significative qui leur permet encore d’offrir de l’emploi localement. 

Peu connectées à Dijon ou Beaune, les petites centralités de l’ouest poursuivent leur déclin.

Au-delà de leur périphérie immédiate, l’influence de Dijon et de Beaune est nettement plus faible. Partie prenante de la large diagonale de faible densité qui s’étend des Ardennes jusqu’au Limousin, le déclin démographique y est très prononcé. 

Tous ces territoires sont polarisés autour de  petits pôles de plus 5 000 habitants comme Châtillon-sur-Seine, Montbard, ou Pouilly-en-Auxois. Leur développement repose sur l’économie de ces petites villes, qui animent des territoires très peu denses aux contours déterminés par l’accessibilité routière. Ils  concentrent la majeure partie des entreprises  de leur zone. Globalement l’emploi total a diminué. Pour autant, ces petites centralités continuent à jouer un rôle important de pôle d’équipement, pour une population par ailleurs plus âgée et plus fragile du point de vue économique et social.

Le Châtillonnais poursuit une décroissance amorcée depuis longtemps.

La vaste zone du Châtillonnais au nord du département est la plus en difficulté. Zone la moins dense du département avec seulement 10 habitants par km2, elle est encore moins connectée au reste du département : le pôle d’emploi le plus proche de Châtillon-sur-Seine, Chaumont, est à plus de 45 min par la route. Dans ce territoire de 22 000 habitants à l’économie historiquement industrielle et agricole, l’emploi a diminué de près du quart en 25 ans. Le tissu économique durablement pénalisé par ces orientations  sectorielles : l’emploi industriel a par exemple été divisé par 2,5 en 50 ans. Les principaux employeurs relèvent surtout de la sphère publique, comme le centre hospitalier de la Haute Côte-d’Or à Châtillon-sur-Seine, et le CEA à l’extrême sud-est de la zone. 

Le Châtillonnais perd des habitants de façon continue depuis les années 1980. À l’exode rural lié au déclin économique, s’ajoute désormais le vieillissement rapide de la population. La part de personnes âgées est la plus forte du département. Il y a désormais moins d’actifs que d’inactifs parmi la population. 

Bien qu’en décroissance démographique,la ville de Châtillon-sur-Seine est la seule commune relativement peuplée de ce vaste espace. Elle constitue donc un pôle d’équipement essentiel pour tout ce territoire et même au-delà, jusque dans l’Aube. Pour autant, ces fonctions de centralité se sont réduites récemment. Ce qui n’est pas sans conséquence sur l’accessibilité aux services publics d’une population plus âgée et donc moins mobile, mais aussi plus souvent précaire. 

Montbard, un territoire résilient qui affirme ses fonctions de centralité

Si la plupart des territoires ruraux de l’ouest souffrent de la décroissance démographique et du déclin industriel, la zone de Montbard fait office d’exception. Proche de l’autoroute, dotée de l’unique desserte de TGV de l’axe Paris-Dijon, sous-préfecture du département, elle a depuis le début des années 2010 endigué son déficit d’attractivité. Elle a été attire désormais suffisamment de retraités,pour partie d’anciens résidents dijonnais qui compensent le départ des jeunes. L’économie est organisée sur le triangle formé par trois pôles d’emploi, Montbard, Venarey-les-Laumes et Semur-en-Auxois. 

Elle a préservé son appareil de production industriel avec la présence d’établissements comme les Ateliers d’Armançon, Salzgitter Mannesman ou Valinox. L’emploi public est également toujours très présent et a même augmenté, notamment dans les établissements sanitaires ou médico-sociaux comme à Semur-en-Auxois. Positionnée à un carrefour routier, la zone est pourvoyeuse nette d’emploi pour les territoires environnants. On y compte 1,13 emplois par actif résident. Aussi, près de 2 200 personnes s’y rendent pour travailler, depuis l’Auxois au sud, le Châtillonnais au nord ou encore le Tonnerrois à l’ouest. Ce dynamisme témoigne du rôle de plus en plus central du Montbardois pour l’ouest de la Côte-d’Or et l’est de l’Yonne avec qui il partage des caractéristiques similaires. 

Sources et définitions 

Le recensement de la population (RP) fournit des statistiques sur le nombre d’habitants et sur leurs caractéristiques.

La Connaissance locale de l’appareil productif (Clap) est une source sur l’emploi salarié au lieu de travail. 

Solde naturel : différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période. 

Solde migratoire : différence entre le nombre de personnes entrées sur un territoire donné et le nombre de personnes qui en sont sorties. Il est ici estimé par le solde migratoire apparent, différence entre la variation totale de la population au cours de la période considérée et le solde naturel. 

Activités présentielles : activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone. 

Activités productives : activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère. 

Pour en savoir plus 

• Chassard M., « Petites villes de Bourgogne-Franche-Comté, un passé démographique et industriel qui contribue au déficit de croissance », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 38, juillet 2018. 

• Ulrich A., Ville H., Brion D., « Les étudiants s’installent à Dijon, les familles dans sa couronne »,

 Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 26, décembre 2017. : • Bouriez M., Chassard M., « Les 18 espaces ruraux de Bourgogne-Franche- Comté, parfois attractifs, souvent isolés, toujours en évolution », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 57, juin 2019.

Source : INSEE Analyses N° 73 – Juillet 2020.

Revue Analyses N°73.
Actualités & News·Evènements·L'éditorial

Pas encore en vacances !?

Encore quelques belles journées dans le Far-West de plus en plus confiné… et il sera temps de rentrer au bercail : pour donner une idée de la menace, qu’il me suffise de dire qu’ici les bars ferment à 1 heure du matin… Autrement dit, les braves gens vont se coucher à l’heure où la Covid-19 devient contagieuse… ou bien ?

Quelques bonnes nouvelles concernant BCN sont tombées hier : le rendez-vous à la Mission Locale de Beaune est confirmé pour le 29 Juillet, 6 entretiens sont prévus, et en l’absence de Danièle et Gilles, une place est disponible pour participer à l’expérience, covoiturage et déjeuner compris… Qui dit mieux ?

Nouvelle preuve de notre insertion au sein de la Métropole dijonnaise, notre invitation est confirmée le 24 septembre 2020 à la Vapeur, pour fêter l’anniversaire du PIMMS de Dijon: l’occasion pour Françoise de nous faire partager son intérêt pour l’ESS, et de découvrir les grandes entreprises qui oeuvrent par la médiation et la création d’emplois à l’acceptation des politiques publiques, et la tranquillité urbaine.

Nous sommes désormais attendus avec Christine le 6 Octobre prochain au Rotary-Club Le Téméraire de Dijon – Clémenceau pour un échange sur le thème : « Comment se prendre en main en période de recherche d’emploi, pour acquérir, développer et valoriser de nouvelles connaissances ». Est-ce que nos amis et adhérents marketeurs ou storytellers peuvent nous aider à concocter une argu-narration qui serve leur mise en valeur ? Pourrions-nous à cette occasion définir des propositions d’études ou d’enquêtes transverses à leur soumettre ?

Enfin, je ne résiste pas à reproduire ici l’échange concernant d’hier avec Carine Deriot de Pôle-Emploi, et co-organisateur du Forum des Cadres du 3 Novembre 2020 :

Merci pour votre retour rapide.

Nous sommes très heureux de vous compter parmi nous pour cette journée. Nous avons eu confirmation de la date il y a maintenant trois semaines. Le contexte étant quelque peu changeant en ce moment, nous avions préféré attendre un peu pour communiquer.

Il est prévu un emplacement, avec grilles pour affichage, des prises électriques et wifi vous permettront de diffuser sur votre matériel informatique. Nous reviendrons vers vous en septembre pour les détails pratiques en fonction des mesures sanitaires en rigueur à ce moment-là.

Belle journée et bel été !

Tout cela me rappelle que pour beaucoup d’entre vous, l’été et le déconfinement sont à l’ordre du jour, et qu’il serait cruel de m’en désolidariser : belles vacances à tous, attention aux UV !

L’Ours.

Développement personnel·Management·Pour un meilleur emploi

Syndrome de l’imposteur : un signe avant-coureur d’évolution ?

Le syndrome d’imposteur bloque-t-il votre potentiel créatif?

«Faire semblant jusqu’à ce que vous y parveniez» peut être le pire conseil. Voici comment regagner confiance et clarté dans votre carrière.

Les jumeaux du projet.

Notre société a depuis longtemps souligné le succès financier comme le summum de la réussite humaine. Comme nombre de nos systèmes et structures semblent maintenant s’effondrer, nous avons la possibilité de reconsidérer la façon dont nous définissons le succès pour nous-mêmes. Beaucoup d’entre nous ont commencé à se demander si le sentiment de syndrome d’imposteur est le résultat d’un sentiment de sous-qualification, ou tout simplement parce que notre travail ne correspond pas à nos compétences et à nos intérêts. Vous demandez peut-être si le travail que vous faites est celui que vous êtes censé faire. Bien que vous puissiez avoir un certain niveau de réussite dans votre carrière, ce succès peut sembler manquer de sens. Même si vous êtes en mesure de faire votre travail, vous pouvez toujours avoir l’impression de faire semblant.

La réponse de la société aux sentiments d’imposture a longtemps été d’encourager les individus à faire semblant jusqu’à ce qu’ils le fassent. La meilleure réponse pourrait être de faire une pause et de déterminer si vous faites semblant pour un travail que vous voulez vraiment, ou si vous faites semblant dans le but de vous inscrire dans un récit social qui encourage ce que vous «devriez» vouloir pour vous-même. Quand j’écris, fais de la peinture, ou réalise des œuvres d’art public, je ne fais jamais semblant. Lorsque mon ami suit sa passion pour la fabrication d’objets en bois à la main, il se sent profondément satisfait. Quand une autre amie sérigraphie des t-shirts activistes, elle se sent épanouie. Pour nous tous, ce sont des passe-temps ; nous avons peur d’en faire notre carrière à plein temps. Choisir de jouer des rôles plus créatifs nous obligerait à nous rebeller contre les normes sociales, au moins temporairement, normes que nous avons profondément absorbées à propos de la réussite financière et de la valeur personnelle.

Si vous vous trouvez dans une position similaire, il est peut-être temps de déterminer si vous effectuez effectivement le travail que vous êtes censé faire. Pour déterminer si vous êtes un imposteur, posez-vous la question suivante : si vous aviez toute la confiance du monde, seriez-vous toujours en conflit avec votre travail ? Si la réponse est oui, vous faites peut-être un mauvais travail. Nous avons discuté avec plusieurs créatifs, tous d’accord: le secret pour vivre une vie plus épanouissante est de se connecter plus étroitement à votre intuition et à vos valeurs. Si vous vous sentez comme un imposteur, vous l’êtes probablement. 

Si vous imposez, vous n’êtes pas seul.

Des recherches menées au milieu des années 90 ont révélé que le phénomène d’imposteur peut être projeté par des parents qui valorisent sélectivement certains aspects de leur enfant tout en sous-évaluant d’autres. Bien que cela ne soit pas abordé dans cette recherche, nous pouvons peut-être extrapoler qu’une société pourrait avoir le même impact sur les individus. Lorsque la société surévalue le succès économique et sous-évalue tout le reste, il y a dissonance entre ce que l’on nous dit de vouloir et ce que nous pouvons réellement vouloir. Un succès financier exorbitant n’est pas universellement significatif .

« Nous voyons souvent un succès modéré comme un échec parce que la société attribue tous les honneurs aux super-performants. »

C’est là que nous avons une défaillance systémique. Lorsque nous apprécions une seule vision du succès, tout le monde y travaille. En conséquence, les gens peuvent se retrouver dans des carrières ou des rôles lucratifs, mais qui manquent d’autres niveaux de sens personnel. Des sentiments d’imposteurs peuvent y émerger. Ces sentiments sont encore exacerbés lorsque nous examinons nos réalisations par rapport à d’autres dans notre domaine, note Richard Gardner, professeur adjoint à l’Université de Las Vegas au Nevada qui a mené de nouvelles recherches sur le sujet.. Nous considérons souvent un succès modéré comme un échec parce que la société plébiscite les éloges aux super-performants. Cette vision réductrice du succès limite la façon dont les gens comprennent à quoi peuvent ressembler des carrières réussies et peut les forcer à suivre un cheminement de carrière contre-intuitif : (lorsque nous choisissons une carrière en comptabilité plutôt qu’en peinture parce que nous ne pensons pas que cette dernière pourrait éventuellement payer les factures).

Une société qui encourage activement les individus à agir comme des imposteurs sur leur chemin vers la réussite professionnelle est brisée. Plutôt que de répondre aux sentiments individuels d’insécurité avec compassion, notre culture encourage les personnes souffrant à transformer leur peur en action. En conséquence, beaucoup sont invités à faire taire leur intuition et à aller de l’avant. Pourtant, ignorer l’intuition et aller de l’avant est un mauvais conseil.

Croyez aux possibilités, même si vous devez vous opposer aux normes.

«Je ne me suis jamais senti imposteur tant que les gens ne m’ont pas sollicité pour des choses qu’ils ne pensaient pas devoir faire», a déclaré Heron Preston, artiste, directeur créatif, designer et DJ affilié à la fois à son propre label et à la marque Off-White.. Il savait depuis son enfance qu’il allait concevoir des mondes de rêve. Son intuition l’a conduit à l’architecture, à la conception de t-shirts, la photographie, la mode, la musique, et peut-être à l’avenir, à son propre restaurant: «Quand j’étais jeune, l’idée même d’être un imposteur ne nous effleurait même pas. Il n’y avait ni frontières, ni garde-corps, ni boîtes ». « Lorsque les gens ne croient pas que quelque chose est possible, ils vont projeter cela sur vous, ce qui vous fait vous demander si vous faites la bonne chose. »

Preston n’a commencé à se sentir comme un imposteur que lorsque d’autres personnes ont commencé à placer des « boîtes » (catégories) autour de son travail. «Le malheur projeté sur les autres est ce qui fait obstacle. Les gens ne croient pas que quelque chose soit possible et ils le projettent sur vous, ce qui vous fait vous demander si vous faites la bonne chose. » Sa solution pour surmonter les sentiments de syndrome d’imposteur est simple : ignorez les « boîtes » et entourez-vous d’un bon système de soutien. «Je sors tout le temps de la boîte. Mes amis me soutiennent et je soutiens mes amis. Vous rencontrez des problèmes lorsque vous autorisez des perspectives extérieures qui ne correspondent pas à votre intuition. Ignorez les boîtes et entourez-vous d’un bon système de soutien. »

Le Dr Gardner confirme que la communauté est importante. Choisir à qui vous adresser pour obtenir des commentaires sur votre travail a une incidence sur la façon dont vous voyez vos capacités et vos réalisations. Dans ses recherches, il a constaté que lorsque les gens s’adressaient à leur groupe pour obtenir leurs commentaires, ils se sentaient souvent plus comme un imposteur. Cependant, lorsque les gens s’adressaient à un groupe extérieur, ils se sentaient moins comme un imposteur. Pour les créateurs, affirme-t-il, cela signifie s’adresser à diverses personnes pour obtenir des commentaires sur votre art. « Allez voir d’autres artistes pour des compétences techniques mais allez ailleurs pour l’estime de soi et la confiance. »

Apprenez à faire confiance à votre intuition 

Cela peut prendre du temps pour développer cette confiance en vous et en votre intuition. Sam Ewan, directeur général de l’agence d’innovation dotdotdash et spécialiste du marketing expérientiel de longue date, a déclaré qu’il conservait des fichiers de recherche sur tout et utilisait ces recherches pour affiner son intuition. Lorsqu’il réfléchit à sa carrière, il croit que son secret de la réussite est de bien connaître quelque chose, de renforcer sa confiance en ces connaissances et de faire confiance à son intuition pour le guider dans les bonnes idées, les moments créatifs et les opportunités de carrière.«Ne vous précipitez pas simplement parce que vous pensez que vous devriez. Allez-y quand vous savez que vous devriez. »

«Arrêtez de vous comparer aux autres et comprenez si vous aimez le travail que vous faites», ajoute-t-il. Sinon, vérifiez votre intuition, suivez votre curiosité et passez à la chose suivante. Lorsque vous vous sentez comme un imposteur, note-t-il, vous pourriez en être un, et ce n’est pas la fin du monde. Prenez du recul, demandez si c’est le bon travail pour vous et sinon, continuez . N’allez pas de l’avant simplement parce que vous pensez que vous devriez. Poussez quand vous savez que vous devriez.

Et, si vous ne faites toujours pas confiance à votre intuition, vous devrez peut-être simplement vous entraîner. « Découvrez ce que vous devez entendre et dites-le à vous-même et aux autres« , a déclaré Dona Sarkar, styliste et cadre technologique . «Quand je conseille à quelqu’un d’aller faire la chose et qu’ils le font, je me rends compte que ma voix intérieure est en fait juste. Je savais que j’avais raison à leur sujet – et à propos de moi aussi. »

L’intuition n’est pas immédiate.

David Schwarz, co-fondateur de HUSH, note qu’il a toujours habité deux mondes : les affaires et l’art. Parfois, il a l’impression que son équilibre entre les deux est un acte d’imposture, et pourtant il note que chevauchant les deux mondes est ce qui a le plus contribué à sa réussite professionnelle. «Il y a une schizophrénie de ces deux côtés. Il y a toujours une autre version de moi qui n’est pas dans le mix à un certain moment». «Mon intuition ne s’arrête pas toujours au vrai nord. Parfois, cela prend un certain temps pour résoudre ce problème de boussole. Ce n’est pas comme une direction cardinale. »

Pour David, l’interaction entre ses deux côtés est une longue méditation sur le chemin vers une pleine expression de soi, car il croit que ce qu’il est existe à l’intersection entre le commerce et le design. Il explique se retrouver à cette compréhension, uniquement par une croyance profonde en sa propre intuition . «J’utilise l’intuition plus que toute autre compétence jusqu’à présent dans ma carrière. J’ai suivi des choses qui semblaient justes à l’époque », a-t-il déclaré. «J’ai pris des décisions commerciales et d’importantes décisions de projet avec des données limitées, car elles se perçoivent bien.»

Cependant, affirme-t-il, vous ne savez pas toujours ce qui se perçoit bien, tout de suite : «Mon intuition ne s’arrête pas toujours au vrai nord. Parfois, cela prend un certain temps pour le résoudre. Ce n’est pas comme une direction cardinale. Mais c’est un nord magnétique et il finira par y arriver». Pour cette raison, il est enclin à changer d’avis et à réévaluer une décision à mesure qu’il recueille plus d’informations. Il pense que c’est essentiel : le plus grand écueil peut être de porter un jugement instantané. Parfois, « l’intuition nécessite plus de temps pour cuire, mais quand elle est cuite, vous pouvez être certain que c’est la bonne chose à faire. »

Prenez le temps d’écouter et d’exploiter votre intuition, et vous dépasserez tous les sentiments de syndrome d’imposteur. Repérez ces sentiments inconfortables, car ils peuvent stimuler la croissance si vous écoutez et faites le travail.  Plus de messages par Kristina Libby 

16 juin 2020 – Site Adobe 99U, la suite créative.

Kristina Libby est une écrivaine, une artiste et une directrice technologique vivant à New York.  

Economie·Prospective·Société

La Saône-et-Loire, un territoire porté par l’axe dynamique Mâcon – Chalon-sur-Saône .

La Saône et Loire est le département le plus peuplé de la région Bourgogne – Franche-Comté. L’activité repose en partie sur sa tradition agricole et industrielle. Bien desservi par des réseaux routiers ferroviaires importants, le département compte deux agglomérations principales, Chalon-sur-Saône et Mâcon, et un maillage de villes moyennes uniformément réparties qui disposent de tous les équipements nécessaires à la population. Une analyse des caractéristiques économiques et démographiques du territoire permet de différencier cinq zones. Tout d’abord, le Chalonnais et le Mâconnais, avec une croissance démographique et un marché du travail attractif, forment un axe nord-sud fort et dynamique, qui tranche avec les autres territoires de Saône-et-Loire. À l’est, la Bresse est un territoire tourné vers Chalon-sur-Saône et Lons-le-Saunier et qui accueille notamment une forte part de retraités. Enfin, à l’ouest, le Charolais et le Nord-Ouest, deux espaces en déprise démographique, avec peu de liens avec l’extérieur, présentent un tissu économique encore marqué par plusieurs décennies de désindustrialisation. 

Benoit Leseur, Hélène Ville, Guillaume Volmers (Insee) 

La Saône-et-Loire est au carrefour d’axes de circulation majeurs de l’Hexagone. Située entre Dijon et Lyon, elle est traversée par les réseaux routiers français nord-sud (notamment l’autoroute A6), est-ouest (surtout la Route Centre- Europe Atlantique dite RCEA), la ligne TGV Paris-Lyon-Marseille et le canal du Centre qui relie les bassins de la Loire et du Rhône. 

Principales caractéristiques des 5 zones de Saône et Loire en 2016.

Juillet 2020 Avec une population estimée de 548 000 habitants au 1er janvier 2020, la Saône-et- Loire est le département le plus peuplé de la région Bourgogne-Franche-Comté (figure 1). Mais la dynamique démographique n’est plus au rendez-vous ; sa population est en baisse depuis 2013. Tout d’abord, depuis 2005, le nombre de naissances est devenu plus faible que celui des décès. Puis l’excédent migratoire, qui était positif jusqu’en 2015, est devenu négatif et ne compense plus ce déficit naturel (figure 2).

Évolution de la population entre 2011 et 2016.

Un réseau de villes moyennes avec deux agglomérations plus importantes.

 La Saône-et-Loire présente un riche maillage urbain, des villes bien équipées offrant un niveau d’équipements de proximité et intermédiaire supérieur à la moyenne régionale. Ce réseau est organisé autour de deux villes principales, Chalon-sur-Saône et Mâcon qui sont les quatrième et sixième villes de Bourgogne-Franche-Comté en termes de population. Elles comptent respectivement 46 500 et 34 200 habitants en 2016. De nombreuses villes de taille moyenne, uniformément réparties, constituent également des pôles d’équipement supérieurs (Montceau-les-Mines, Le Creusot, Autun, Louhans, Paray-le-Monial) ou intermédiaires (27 au total), accessibles à la population. Le département s’inscrit dans la tradition agricole et industrielle de la région. L’agriculture est diversifiée avec des produits de qualité identifiés par des appellations d’origine protégée (AOP) comme le bœuf de Charolles, les vins du Chalonnais, les volailles de Bresse… Par ailleurs, le secteur industriel est resté important malgré les crises successives et le phénomène de désindustrialisation. Le savoir-faire industriel est désormais reconnu dans deux territoires bénéficiant du programme « Territoires d’industrie », « Grand Chalon » et « Ouest Saône-et-Loire », et au travers du pôle de compétitivité Nuclear Valley. Cinq établissements font ainsi partie des dix plus gros employeurs du secteur de la région. Au sein du département, les dynamiques économiques et démographiques diffèrent. Elles dessinent ainsi cinq zones bien marquées : Le Chalonnais, le Mâconnais, le Charolais, le Nord-Ouest et la Bresse. À chaque « terroir », ses productions agricoles emblématiques : sur l’axe Mâcon-Chalon le vignoble, à l’ouest l’élevage allaitant, l’est avec la polyculture, les volailles et les produits laitiers (figure 3)

Orientation technico-économiques des communes.

L’axe dynamique Mâcon-Chalon polarise les flux d’actifs.

La vallée de la Saône forme un couloir nord-sud avec deux zones, celle de Mâcon et celle de Chalon-sur-Saône, en croissance démographique. La part des jeunes y est plus importante que dans le reste du département. Par ailleurs, il attire de nouveaux arrivants notamment des jeunes et des actifs en emploi. C’est également le territoire où le niveau de vie des habitants est globalement le plus élevé du département (figure 4).

Revenu médian disponible en 2016 (€).

L’est de la Saône-et-Loire en croissance de population

 En 40 ans, le nombre d’emplois a progressé tant dans la partie mâconnaise que chalonnaise, alors qu’il a diminué en Saône-et-Loire (figure 5). Cette hausse est liée au développement du secteur tertiaire qui représente désormais les 3/4 des emplois et qui fait plus que compenser les pertes dans l’industrie. La tertiarisation a notamment profité aux activités du transport et de la logistique en relation avec la très fréquentée autoroute A6. Cependant, la croissance du tertiaire s’est ralentie depuis 2011.

Évolution de l’emploi par secteur d’activité en Saône et Loire (Base 100 en 2006).

La vallée de la Saône polarise les flux d’actifs, en majorité originaires des départements voisins (figure 6). Le Mâconnais est une destination attractive, avec près de la moitié des actifs entrant en Saône-et-Loire, 11 700 sur un total de 23 600. Près de 73 % arrivent du département de l’Ain et 19 % de celui du Rhône. Ils viennent travailler pour moitié dans le tertiaire marchand, en particulier le commerce, mais aussi dans le tertiaire non marchand, que ce soit dans l’administration ou les activités hospitalières. C’est une spécificité du Mâconnais où se situe la préfecture, car dans le reste du département le tertiaire non marchand est peu développé. La Saône- et-Loire est, comme le Jura, un département où sa part est un peu plus basse qu’ailleurs , 32 % contre 34 % pour la région. Le Chalonnais est lui, très ouvert vers la Côte-d’Or où près de 4 600 résidents travaillent. De grands axes routiers et ferroviaires le relient rapidement à Beaune et Dijon, grands pourvoyeurs d’emplois. Les navettes se font donc aussi dans l’autre sens mais concernent moins de personnes, 2 500. Environ 21 % d’entre eux sont des cadres, proportion la plus forte du département. Le Chalonnais attire surtout des personnes qui viennent travailler dans le tertiaire marchand, pour 46 % d’entre eux, et dans une moindre mesure, dans l’industrie, plus de 20 %. Cela s’explique notamment par la présence de deux établissements de Framatome, l’un à Chalon-sur-Saône et l’autre à Saint-Marcel, en lien avec le pôle de compétitivité de la filière nucléaire. Ceux-ci figurent parmi les dix plus gros établissements industriels employeurs de Bourgogne-Franche-Comté. Enfin, sa tradition viticole est internationalement reconnue. Le vignoble du Mâconnais est le plus étendu de Bourgogne. Plusieurs AOC de Bourgogne, comme le Mercurey, le Rully et le Montagny participent au rayonnement du Chalonnais. 

Principaux flux domicile-travail en Saône et Loire en 2016.

La Bresse, tournée vers Chalon et Lons-le-Saunier, attire les retraités.

À l’est de la Saône-et-Loire, la Bresse a connu en 40 ans des pertes d’emplois comme dans tous les autres territoires, mais qui se sont révélées relativement faibles sur la période récente. Tout d’abord, le territoire possède un tissu très industriel qui a assez bien résisté jusqu’en 2006. Plus spécialisé dans l’industrie agroalimentaire, plus difficilement délocalisable, il a été moins touché par les crises successives. Cependant après 2006, ce secteur a subi des pertes assez importantes. À l’inverse, le tertiaire a progressé de façon continue, puis sa croissance s’est accélérée après 2006, principalement dans les services aux particuliers dans les premières années. Ce phénomène a permis de compenser les pertes d’emplois industriels qui se sont accentuées à ce moment-là. Le développement du tertiaire répond aux besoins d’une population en croissance. La Bresse est le territoire du département où la population augmente le plus : entre 2011 et 2016, la population croît de 0,3 % en moyenne annuelle. Sur la même période, le nombre d’habitants venant s’installer l’emporte sur le nombre de départs. Cet excédent migratoire contribue à augmenter localement la demande de biens et services et soutient l’économie. Le prix attractif du foncier intéresse ces nouveaux habitants. Des retraités, mais également des Suisses, investissent pour une résidence secondaire avant de s’installer durablement pour leurs « vieux jours ». Ainsi, 1 450 Suisses détiennent des résidences secondaires. S’y ajoutent 950 habitants suisses, la population étrangère la plus importante du département. La proximité de Chalon-sur-Saône et Lons-le-Saunier permet à 6 300 de ses habitants d’aller y travailler ; à l’inverse, 2 300 navetteurs « extérieurs » viennent exercer en Bresse. Ces flux, qui se développent, concernent surtout des ouvriers, la Bresse étant le territoire avec la plus forte part d’ouvriers, 33 % contre 26 % en Saône-et-Loire. 

Déprise démographique et économique à l’ouest

Les deux territoires qui composent l’ouest du département, le Charolais et le Nord-Ouest, traditionnellement à forte spécificité industrielle, ont essuyé de lourdes pertes d’emplois sur les 40 dernières années. Ces difficultés économiques sont notamment liées à celles de la métallurgie et du textile, fortement touchés par les crises qui se sont succédé. Ces territoires, bien qu’ayant perdu plus de 60 % de leur emploi industriel depuis 1975, bénéficient encore de la présence de trois des dix plus grands employeurs industriels de la région : Fiat Powertrain Technologies à Bourbon-Lancy, Michelin à Blanzy et Industeel France au Creusot. Cependant, les pertes dans l’industrie n’ont pas été compensées par les créations d’emplois dans le secteur tertiaire. Le tertiaire est lui-même en diminution depuis dix ans, en lien avec la baisse du nombre d’habitants des deux territoires. Tout d’abord, leur population est relativement âgée, les personnes de 65 ans et plus représentent 27 % des habitants contre 24 % dans l’ensemble du département. Entre 2011 et 2016, la diminution de la population est en moyenne annuelle de 0,6 % dans le Nord-Ouest et de 0,2 % dans le Charolais du fait d’un solde naturel négatif. De plus, dans la zone Nord-Ouest, s’ajoute un déficit migratoire qui accentue le repli démographique. Des actifs et des jeunes quittent ces territoires qui font face à de forts taux de chômage, parmi les plus hauts de la région. Les zones d’emploi du Creusot-Montceau et d’Autun, avec un taux de chômage respectivement de 9,1 % et 8,6 % fin 2019, sont bien au-dessus de la moyenne départementale à 7,4 %. Dans la zone d’emploi du Charolais, la situation est moins défavorable avec 6,2 %. Ces deux territoires profitent peu des départements limitrophes, Nièvre et Allier, qui en difficulté, ne peuvent être moteurs et n’échangent donc guère d’actifs, ni de l’axe Mâcon-Chalon, pourtant dynamique. Aussi, l’aire d’influence des petites villes du Charolais et du Nord-Ouest se réduit. Elles n’ont plus la même attractivité au niveau des services et du marché du travail qui déclinent. Par ailleurs, le Charolais échange avec le département de la Loire, environ 1 000 entrants contre 2 100 sortants, avec plus d’un tiers d’ouvriers travaillant dans l’industrie pour les deux flux. Entre le Nord-Ouest et le Chalonnais, les flux sont plus importants et plutôt équilibrés, 2 300 entrants et 2 600 sortants. Ces flux concernent davantage les cadres, en particulier ceux de l’industrie.

Méthodologie et définitions Pour cette étude, 5 territoires (Bresse, Chalonnais, Charolais, Mâconnais, Nord-Ouest) ont été constitués en regroupant les intercommunalités présentant des caractéristiques proches (évolution de population, nature et poids de l’agriculture ou de l’industrie…) et qui ont des liens entre eux au travers des navettes domicile-travail. 

Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage (revenu après redistribution) rapporté au nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus du ménage. Le taux de pauvreté monétaire est la part des personnes dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, seuil fixé à 60 % du niveau de vie médian de la population française, soit 12 312 euros annuels en 2016. Le niveau de vie médian est tel que la moitié de la population se situe au-dessus, l’autre moitié en dessous. 

Solde naturel : différence entre le nombre de naissances et de décès enregistrés au cours d’une période. 

Solde migratoire : différence entre le nombre de personnes entrées sur le territoire et celles sorties au cours d’une période. 

Les équipements sont répartis en trois gammes : de proximité (27 équipements dont école maternelle, pharmacie, boulangerie, bureau de poste, médecin généraliste…), intermédiaire (36 dont collège, orthophoniste, supermarché, police, gendarmerie…) et supérieure (47 dont lycée, maternité, hypermarché, agence Pôle Emploi…). Un pôle d’équipements est une commune disposant d’au moins la moitié des équipements d’une gamme. 

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier CS 11997 25020 BESANÇON CEDEX 

Directeur de la publication : Moïse Mayo  – Rédactrice en chef : Isabelle Revillier 

Mise en page : STDI  Crédits photos : CRT, L. Cheviet 

ISSN : 2497-4455 – Dépôt légal : juillet 2020 – © Insee 2020 

Pour en savoir plus 

• Leseur B., Ville H. « La CUCM : un rôle central dans l’ouest de la Saône-et-Loire malgré les crises industrielles successives », Insee Analyses Bourgogne-Franche- Comté n° 66, décembre 2019. 

• Ulrich A., Leseur B., « Grande région industrielle, la Bourgogne-Franche-Comté abrite de multiples activités bien implantées dans dix territoires d’industrie », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 56, juin 2019. 

• Bertrand M., « En Bourgogne-Franche-Comté, l’offre de services progresse, mais moins qu’ailleurs », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 41, septembre 2018. 

• Bouriez M., Chassard M., « Les 18 espaces ruraux de Bourgogne-Franche- Comté : parfois attractifs, souvent isolés, toujours en évolution », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 57, juin 2019. 

Actualités & News·Développement personnel·Société

Dans notre boîte à livres.

S’il y a bien un livre qui doit entrer dans le patrimoine collectif de BCN, c’est celui-ci ! Il a tout d’un grand :

Docteur en psychologie cognitive, journaliste et ingénieur en I.A.

1°) il est social : sur les conseils de Tracey, je me suis rendu à la Librairie Autrement Dit, au 66 Rue des Godrans. Je les ai trouvés très sympa, j’ai acheté un « biopic » d’Aliénor d’Aquitaine, et me suis renseigné sur les possibilités de commander des livres… Moins d’une semaine après, Amazon Prime me proposait d’acheter pour 28 € ce bouquin : « Super-collectif d’Emile Servan-Schreiber, la nouvelle puissance de nos intelligences, chez Fayard ». J’appelle donc Autrement dit, qui me le propose sous une semaine au prix de… 18 €. Voilà ce qui s’appelle être récompensé d’une bonne action.

2°) il est féministe : en page de garde, il affirme « Les groupes ont leur propre intelligence ; on sait depuis peu mesurer leur Q.I. Mais pourquoi les groupes plus féminins sont-ils plus sagaces ? Pourquoi la diversité nous rend-elle plus intelligents ? Comment notre intelligence super-collective rend-elle nos entreprises plus performantes ?

3°) il fait suite à un ouvrage déjà cité 2 fois d’Olivier Sibony : « Vous allez commettre une terrible erreur » – Flammarion, sur la stratégie des dirigeants d’entreprise, pour éviter les différents biais cognitif, le conformisme, la pseudo-expertise qui rend borgne, les conflits d’intérêts…

Cathédrales collectives

4°) il est scientifique, mais pas rasoir : vous saurez tout sur les systèmes de Surowiecki, sur les axones et les dendrites et à la fin, vous vous sentirez comme le commissaire Bourrel et son fameux : « Mais c’est bien sûr ! ». Tous les exemples cités dans l’ouvrage sont des cas réels documentés, graphiques et statistiques à l’appui. Les entreprises Lumenogic et Hypermind illustrent les apports de l’intelligence collective à la qualité des prédictions, et cette dernière à la pertinence et la qualité des décisions prises par la suite.

5°) enfin, les raisons de faire appel à l’intelligence collective sont tellement convaincantes, évidentes et solides, qu’avant de le placer dans la boîte à livres de la M.D.A., je le proposerai à mon retour à notre prochaine réunion de bureau !

L’Ours.

Actualités & News·L'éditorial·Technétronique

Social Media.

C’est ainsi que les anglo-saxons appellent les Réseaux Sociaux. Devenus incontournables de nos jours, ils sont « comme la langue d’Ésope, la meilleure et la pire des choses » ; objet de notre attention, de notre intérêt, en théorie protégés par l’anonymat, ils méritent aussi notre méfiance. Mais, nous ne sommes pas non plus à l’abri d’une bonne surprise, telle que celle qui nous est arrivée ce 1er juillet, lors de notre revue mensuelle de Chiffres d’audience.

Tous nos articles WordPress se déversent sur Twitter depuis 2017.

La première bonne surprise est ce chiffre de 15.082 pages vues, pour un peu plus de 340 articles créés. Ce n’est pas rien! Entre 500 et 1000 fois la taille de BCN : concrètement, nous donnons des nouvelles à nos adhérents et sympathisants « une fois par semaine ». Si l’on se souvient que l’une des ambitions affichées de notre association est précisément de « rompre l’isolement », le débat initial qui était de savoir s’il fallait protéger le site par un mot de passe, il est aisé de comprendre que cette agitation soit largement retombée.

Autre indicateur : un nouveau record d’audience a été franchi le 4 juin : intéressant ! mais qu’avons-nous publié le 4 Juin 2020 ? Réponse : rien ! En revanche, la plénière N°125 avait abordé le thème de la stratégie de BCN pour le second semestre. Pas de scoop, donc : nous effectuons le même constat au sujet de Facebook : tant que l’on reste sur les sujets de la recherche d’emploi, de la RSE, de l’ESS, des enjeux de société, nous sommes « légitimes », non seulement auprès de nos adhérents, mais aussi de notre « réseau d’influence ».

Enfin, nous avons opté pour une stratégie media « professionnelle », s’appuyant avant tout sur le réseau LinkedIn, au service de nos chercheurs d’emploi : cette orientation est en marche, et elle progresse. En conséquence, nous avons progressivement « laissé filer  » les pages organiques de Facebook, dont la régression est amorcée. Mais il faut bien que notre bon « vieux » WordPress remplisse son objectif initial de « couteau suisse ». Nous partons du principe que les compte-rendus de plénière arrivent dans tous les foyers équipés de l’électricité… et a minima d’une connexion 4 g. Avec le temps, nous lui avons aussi assigné un second objectif, celui d’être le vecteur du storytelling de nos membres qui avaient retrouvé un poste. Attention ! Nous comprenons très bien qu’il ne s’agit pas de laisser d’appréciation critique ou compromettante envers quiconque : notre public est professionnel, même si l’aventure est humaine… Et c’est bien de cet aspect dont nous voulons parler ! Voir le § 2, C.Q.F.D.

Et ma conclusion sera utilitaire : pourquoi parle-t-on de la langue d’Ésope ? le célèbre fabuliste grec était esclave chez un « patricien » athénien, qui se trouva un jour en grande difficulté après boire, car il s’était engagé dans un pari stupide. Il s’était affirmé capable de « boire toute l’eau de la mer et ses petits poissons »… Attirés par le gain, ses amis et témoins n’avaient pas manqué de lui rappeler dans quel noir guêpier il s’était fourré. Il alla donc demander conseil à Ésope, son fûté esclave : la réponse fut instantanée : »Maître, vous vous êtes engagé à boire toute la mer, et tous les êtres qui y vivent… Certes, vous n’auriez pas dû ! Mais, vous ne vous êtes absolument pas engagé à boire l’eau douce qui s’y déverse, du plus grand des fleuves au plus infime ruisselet qui s’y jette. Vous ne pourrez donc réaliser votre promesse, que lorsque tous ces cours d’eau auront été barrés ».

Comme c’était évidemment impossible, l’affaire en resta là , l’habileté d’Ésope a traversé les millénaires, et sa langue « la meilleure et la pire des choses »… comme Internet.

l’Ours.
Actualités & News·L'éditorial

Happy birthday to you, BCN !

Ce qui se fait de mieux, le ban et l’arrière-ban avaient été conviés à la grand-messe : je veux bien sûr parler des 5 ans de Bourgogne Collaborative Network, « Version 2.0 » comme disent les initiés. Nous étions 18, bien décidés à « festoyer », selon la jolie formule de l’une de nos convives ! Malheureusement, quatre désistements de dernière heure nous ont privés d’éminents animateurs, (trices), et de l’annonce d’une piste sérieuse de travail en direction de Besançon… De quoi réfléchir et peaufiner les Plans d’Action de l’été ! Et si nous avons bien pensé aux absents, les nouveaux visages présents hier soir étaient une beau dérivatif pour nous donner l’occasion de lever nos verres et nos fourchettes !

Tout le monde se connaît ?

Malgré ces inconvénients, le restaurateur nous a fait compliment de la qualité de notre organisation et de notre logistique, qui nous a valu de déguster un succulent repas, sans les habituels « je ne me souviens plus de ce que j’avais commandé… » du célèbre sketch de Muriel Robin. En retour, tous ont apprécié la qualité et la sobriété de bon aloi, du service et des mets présentés. Décision subséquent immédiate : on passe à deux prestations par an, avec effet immédiat …

L’animation en plein brief.

Et maintenant, bonnes vacances à tous, et rendez-vous pour le « Petit Déj’  » de la Ville de Dijon. Certes ce n’est pas le Grand Déj’ mais on s’adaptera !

L’ours rentrant à potron minet…
Actualités & News·Nos projets·Optimisme

Frédéric Lenoir : « Soyons bienveillants ».

Convaincu que rien ne sera plus comme avant la crise et qu’il nous faut apprendre à faire face à un avenir incertain, le philosophe Frédéric Lenoir publie « Vivre ! Dans un monde imprévisible » (Fayard). Un manuel de survie optimiste.

Frédéric Lenoir

Le Grand Entretien : Votre livre appelle à « Vivre ! » Pourquoi un tel cri du coeur ?

Vivre est essentiel : il ne s’agit pas simplement de survivre, mais de vivre pleinement, de ne pas se laisser abattre par la crise et par les difficultés de la vie. c’est ainsi que l’on pourra entrer en résilience, que l’on pourra se reconstruire pour ensuite essayer non pas de retrouver l’équilibre antérieur, mais d’aller plus loin.

Le Grand Entretien : Comment être résilient ?

La résilience, c’est-à-dire la reconstruction, est possible à condition d’avoir déjà connu une fois dans sa vie l’amour inconditionnel, avoir été aimé pour ce que l’on est. la plupart d’entre nous ont heureusement connu cet amour inconditionnel sur lequel s’appuyer pour traverser une épreuve et un profond désarroi. Il faut aussi, pour être résilient, vouloir rebondir : certains ont cette énergie de vie en eux, d’autres non.

Le Grand Entretien : Comment s’aider les uns les autres, pour trouver ensemble un chemin de consolation commun ?

Pour aider ceux qui sont pris dans une dépression, il faut susciter un nouveau désir, parce que l’on ne va pas s’en sortir par la seule force de la volonté et de la raison. Comme dit le philosophe Spinoza, on ne peut se sortir d’une tristesse profonde que par un désir supérieur à l’affect négatif ans lequel on est. Il faut une motivation : c’est cela qu’il faut chercher.

Le Grand Entretien : Est-ce-que de cette crise, on peut faire une chance ?

Elle offre l’opportunité d’évoluer, de sortir de la logique de l’ultralibéralisme consumériste sans avenir. Allons vers plus d’écologie et de justice sociale, parce que l’on voit bien qu’une crise de cette ampleur ne fait qu’accentuer les inégalités. Et soyons bienveillants dans les rapports sociaux.

Le Grand Entretien : Doit-on croire à un monde d’après ?

Il sera impossible de reconstruire le monde sans tenir compte de ce qui s’est passé. Il faut tirer les leçns de cette crise et essayer de grandir après cette épreuve, pour trouver un équilibre plus satisfaisant, c’est-à-dire une meilleure relation à la planète. Il faut aussi rester vigilant, pour ne pas rentrer dans une société autoritaire et de contrôle des individus, qui menacerait nos libertés.

Le Grand Entretien : ce monde sera-t-il forcément meilleur ?

Nous espérons tous aller vers quelque chose de meilleur, parce que notre monde avant n’était pas idéal. Mais il faudra faire des choix, parfois douloureux. Si l’on décide par exemple de diminuer demain le trafic aérien, il faudra accepter qu’il y ait du chômage dans le trasnport aérien, qu’on cherchera à compenser par la création d’emplois dans d’autres domaines, comme les énergies renouvelables ou les transports propres. L’État, qui injecte des milliards dans l’industrie classique, pourrait les redistribuer pour soutenir tout ce qui va dans le sens du durable, du renouvelable et du respect de l’environnement.

Un avenir écologique ?

Le Grand Entretien : vous pensez que l’avenir sera écologique ?

Tout est imprévisible, mais on est sûr d’une chose : nous allons au-devant de catastrophes écologiques majeures et cela fait consensus parmi les scientifiques. Si nous continuons à vivre de la même façon, nous connaîtrons un réchauffement climatique dramatique, avec une montée des eaux qui va faire se déplacer des millions de personnes. Puisque c’est prévisible, mettons tout en oeuvre pour faire face à ce défi et rentrons dans la véritable transition écologique. Il faut en convaincre chaque citoyen.

Le Grand Entretien : Gouverner est un art difficile en temps de crise. Faut-il changer de cap pour en sortir ?

On gouverne à vue, sans perspectives. Il faudrait une vision à moyen et à long terme : cela demande du courage, car cela suppose une transition difficile. Aucun homme politique actuel n’a montré cette capacité à dessiner un vrai cap, même si je ne méconnais pas la difficulté à mener des réformes en profondeur, car les Français sont un peuple râleur qui n’aime pas les réformes, même quand elles sont nécessaires.

Le Grand Entretien : l’épidémie nous a confrontés à une grande incertitude. Comment faire face à cette insécurité ?

Plutôt que de vouloir à tout prix rétablir une fiction de stabilité, il faut s’habituer à vivre dans un monde en mouvement, accepter l’imprévisibilité. C’est ce que nous enseignent les sages taoïstes : la joie vient de la flexibilité, de la souplesse, de la capacité à s’adapter aux mouvements permanents de la vie. Si on ne développe pas en nous cette capacité, nous serons de plus en plus déstabilisés et donc nous serons malheureux. Il faut vraiment changer son regard pour voir la vie comme un flux permanent dans lequel on se fond, comme le nageur qui accompagne le courant dans l’eau.

Le Grand Entretien : Nous ne savons pas si l’épidémie est terminée. Si le cauchemar reviendra. Comment ne pas avoir peur ?

L’épidémie n’est pas la seule peur. On vit dans un monde de pljus en plus sujet aux catastrophes écologiques, aux crises sanitaires, économiques, sociales, toutes liées à la globalisation du monde qui nous fragilise énormément, tout comme nous menace notre arrachement à la nature et la destruction des écosystèmes. Il faudrait une attitude beaucoup plus respectueuse de la planète, la relocalisation économique de domaines stratégiques, dans lesquels chaque pays doit avoir une autonomie minimale.

Le Grand Entretien : La crise sanitaire a mis aujour une médecine en plein doute et traversée de contradictions. Pensez-vous que l’épidémie a remis en question la science ?

Ce que nous avons observé n’est pas une claque pour la science, mais pour la croyance que l’on avait investie dans la science et les experts. On a vu non seulement que la science n’a pas la réponse à tout, mais que les scientifiques sont parfois en désaccord entre eux et qu’ils ne sont pas toujours neutres : ils peuvent aussi avoir des croyances et des intérêts financiers qui polluent la recherche.

Le Grand Entretien :Nous avons vécu ces derniers mois avec la maladie et la mort. Ce traumatisme collectif va-t-il nous marquer durablement ?

La mort fait partie de la vie ,mais on a créé du traumatisme sur du traumatisme en interdiant à des proches d’aller visiter dans les hôpitaux ou les maisons de retraite ceux qui étaient en train de mourir. On a laissé des gens mourir seuls et c’est extrêmement violent. Mourir dignement, c’est être entouré de ses proches et c’est une des choses les plus importantes de la vie: aucune raison sanitaire ne peut interdire cela.

Propos recueillis par Nathalie Chifflet – Paru dans Le Bien Public du Dimanche 21 Juin 2020.

BIO EXPRESS :

Naissance le 3 Juin 1962 à Madagascar.

1986 – 1990 : Directeur de collection aux Éditions Fayard.

1991 : consacre sa thèse de doctorat à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) au bouddhisme en occident.

1992 : devient chercheur associé à l’EHESS.

2004 – 2013 : dirige la rédaction du magazine Le Monde des Religions.

2008 – 2016 : anime Les Racines du Ciel sur France Culture, émission hebdomadaire consacrée à la spiritualité, qu’il a créée.

Entre 1987 et 2019 : Frédéric Lenoir a publié une quarantaine d’ouvrages, encyclopédies, livres d’entretiens, essais et romans, vendus à plus de 7 millions d’exemplaires et traduits dans une vingtaine de langues. Il a cofondé la fondation Seve (Savoir-être et Vivre ensemble) sous l’égide de la Fondation de France dont la mission principale est de former les animateurs d’ateliers de philosophie et de méditation dans les écoles. Il a également créé l’Association Ensemble pour les animaux.

Actualités & News·Formation et professionnalisation·Recherche digitale

Les cahiers au feu, la maîtresse au milieu.

C’est dans une ambiance déconfinée et studieuse que s’est déroulée la Session N°4 de notre formation à l’efficacité Numérique, animée par Caroline Dauvergne, d’Evolve Formation, dans la contrainte rigoureuse de 10 participants. Mais avant de partir en vacances, encore fallait-il acquérir tous les concepts de Stratégie Éditoriale, afin de mieux se répartir l’animation de nos – nombreux – supports digitaux !

Depuis le début de l’année 2020, nous avons déployé tout l’arsenal de nos formations : cela a démarré par les ateliers « enrichis » d’Hélène T., notre psychologue, qui a su faire dériver le navire AEC, en y apportant techniques de relaxation, gestion du stress, exercices de respiration lente et apaisée… avec un joli succès ! Dans le même temps, le projet professionnel, le CV et les lettres de motivation ont bien avancé, et le groupe a pu exercer à plusieurs reprises le redoutable exercice du « pitch ».

Puis, Hélène V., secrétaire de BCN a enchaîné avec ses deux défis : la mise en forme du profil Carrédas, pour les béotiens, la matrice Opportunités – Menaces du Boston Consulting Group, adaptée à la Recherche d’Emploi. C’est à ce moment qu’a été validé le second défi, la réalisation d’un profil LinkedIn pour chacun des volontaires : c’est ici qu’intervient Evolve, et son animatrice Caroline Dauvergne (Photo en-tête).

En effet, s’il y a encore 3 ans, il était de bon ton d’évoquer à parts égales LinkedIn et Viadéo lorsque l’on évoquait les réseaux sociaux à caractère professionnel, le premier l’emporte désormais « haut-la-main » avec 675 millions d’abonnés revendiqués à travers le monde ; d’ailleurs, sa progression est tellement fulgurante, que ce chiffre est déjà inférieur à la réalité.

Un jeu de Monopoly interconnecté.

Une dizaine de participants se sont attelés à la tâche, avec là encore des progrès manifestes, au point qu’après toutes les sessions réalisées en visioconférence durant la période du confinement, nous avons pu arrêter la date du 17 Juin pour une session terminale en « présentiel » à la Maison des Associations : Hélène V. qui avait piloté le projet dès ses débuts, souhaite maintenant canaliser toutes les énergies pour animer notre Plan de Communication interne, en répartissant de façon raisonnée l’usage des différents supports :

  • Page Facebook : relais ponctuels d’informations ou d’articles en rapport avec l’économie ou l’emploi.
  • Profils LinkedIn des adhérents : vitrine extérieure des chercheurs d’emploi, présence et buzz sur le marché caché, animation entre la page collective (corporate) de BCN et ses adhérents, par le jeu des notifications et des commentaires.
  • Page LinkedIn de BCN : c’est notre vox populi. Lorsque nous estimons collectivement qu’une initiative doit être encouragée ou soutenue, elle doit nous servir de tribune. Une utilisation de cette page comme recueil de témoignages d’adhérents, sur la façon dont ils ont retrouvé du travail prend tout son sens.
  • WordPress : compte tenu du caractère très professionnel de tout ce qui précède, on peut désormais « lâcher un peu de vapeur » et s’intéresser à d’autres choses qui intéressent les chercheurs d’emploi de BCN, Les arts, le design, le tourisme, l’histoire, la culture… la gastronomie, le vin, l’oenotourisme. Il s’agit ici d’enrichir un « storytelling » collectif, la marque de notre Association.

L’heure est à la préparation des budgets et des Plans d’Action de l’année prochaine : nul doute que la densité du programme de ce premier semestre 2020 est une bonne indication. Et maintenant, nous pouvons brûler (virtuellement, bien sûr) nos cahiers, et rendre sa liberté à la maîtresse : à BCN l’avenir sera digital !.

L’ours.
Culture - Loisirs - Histoire

Cinémas : l’appel du 22 juin.

18,7 millions de français ont l’intention d’aller au cinéma dans les quatre prochaines semaines, selon un sondage Médiamétrie, soit 45 % des spectateurs de cinéma des 12 derniers mois.

L’appel.

De Gaulle est de retour sur les écrans le 22 juin. Cette date de réouverture des cinémas, heureux hasard pour le biopic de Gabriel Le Bonim, est une date historique. L’appel du 18 juin n’a jamais été enregistré : la version sonore connue est celle du second appel du Général, radiodiffusé le 22 juin 1940 par la BBC.

Sorti en salle le 4 mars, De Gaulle avec Lambert Wilson dans l’uniforme du général, revient sur plus de 600 écrans. Il aurait pu quitter le circuit des salles avec le confinement et filer en VoD ou sur les plateformes de streaming, mais son distributeur, SND (filiale de M6) a fait de la résistance, alors qu’il croulait sous les offres. « Nous avons voulu le réserver à la réouverture des salles par solidarité », a expliqué SND lors d’une’ convention avec les distributeurs français, organisée vendredi par l’hebdomadaire Le Film français.

Voilà donc De Gaulle en produit d’appel de la réouverture des cinémas, tout comme La Bonne Épouse de Martin Provost avec Juliette Binoche. Sortie le 11 Mars, cette comédie irrésistible sera visible sur 800 écrans.

Capacité des salles à 50 %.

Après la fermeture brutale des 2000 cinémas, le 15 mars, exploitants et distributeurs ont vu les choses en grand pour faire revenir les spectateurs : le programme est riche. Il y aura l’embarras du choix entre les ressorties de films dont la carrière a été brutalement interrompue (De Gaulle, la Bonne Épouse, une Sirène à Paris, Un Fils) des nouveautés (Filles de Joie, Nous les Chiens, Benni, L’Ombre de Staline, Le Capital) des films de début d’année qui retentent leur chance (Ducobu3, Radioactive, Vivarium, Invisible Man), des classiques en version restaurée.

Certaines salles vont rouvrir dès minuit, dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 juin, dans les salles pathé à Paris, à Lyon) et Gaumont (à Toulouse, à Rennes) avec des avant-premières. En vedette, Mon Cousin de Jan Kounen, avec Vincent Lindon et François Damiens.

Ce cinéma d’après ne va pas tout à fait ressembler au cinéma d’avant: il y aura mois de séances, moins de spectateurs dans les salles (remplies au maximum à 50 % de leur capacité), des fauteuils libres de chaque côté des spectateurs ou groupes (amis, familles, couples…), un mètre de distance dans les files d’attente, le port du masque recommandé dans les halls et les couloirs.

A la Fédération nationale des cinémas français, le président Richard Patry se dit confiant sur cette reprise : « Nous sommes enthousiastes parce que 100 % des salles rouvrent. Et après 99 jours sans spectateurs, on a trouvé un bon équilibre entre 99,99% de plaisir et 0,1% de contraintes sanitaires. On va retrouver le plaisir fou de partager une émotion collective en regardant des films ».

Extrait du Bien Public du 20 Juin 2020.

Actualités & News·L'éditorial

Slainte !

Certains d’entre vous connaissent déjà ce mot : en complément du cycle AEC qui touche à sa fin, nous avons décidé d’apporter un petit complément culturel : tout d’abord, un peu de phonétique : le mot se prononce « slantcha » et signifie A votre Santé ! en irlandais, avec un soupçon de fatalisme celte inclus. Tout ceci pour vous dire qu’il y aura un quizz Vendredi Prochain « Aux remparts », 54 rue de Tivoli à Dijon…

Vous êtes attendus à partir de 18 heures 30, le temps de se garer, de trouver l’endroit – (ça ne devrait pas être bien difficile ! Les quelques mètres du rempart de Guise qui subsiste à Dijon, le train passe dessus…) – à 300 mètres de la Maison des Associations. Le temps de faire connaissance, de se synchroniser, de s’installer, et nous serons rejoints par les plus éloignés, bisontins et chalonnais.

Si le slogan « Venez comme vous êtes » n’avait pas déjà été pris, – et oublié depuis – par un fast-food, il nous serait allé comme un gant : car c’est bien de là que nous partons. Qui vous êtes, ce que vous aimez faire, ce en quoi vous excellez et comment parvenir à cet équilibre ? Pour ne pas gruger Mac Do de sa propriété intellectuelle, nous avons choisi de parler d’ Auberge espagnole, celle où l’on vient avec son menu, son opinel et son repas tiré du sac… Car en effet, le menu collectif se constitue à partir des apports de chacun : dit autrement, avez-vous conscience que VOTRE présence va changer la destinée de tous ceux qui auront suivi la même impulsion que vous !

Je vais en prendre un seul exemple : en octobre 2020, il y aura sept ans depuis que j’ai rencontré le groupe de parole de l’APEC, « Bourgogne Cadres Net » et la diversité : de belles personnes, toutes de sensibilité différente, pleines d’allant et d’idées. De temps en temps, le ton montait et les échanges étaient vifs ! La vraie vie, quoi : bref, je suis resté, quelques-uns sont devenus des amis, tous ont mon estime ; je n’ai regretté ni les Grand Déj’, ni les Salons du Bien Vieillir, ni les rencontres avec les élus, ni le Café-Zèbre, ni « Un emploi nommé Désir ». Vous avez changé mon sort : j’aurais pu jouer à la pétanque, déguster l’anisette devant « Plus belle la vie ». Quand je dis « BCN est mon Ikigaï », je pense que je ne suis pas le seul !

Les fondateurs ne sont plus là, leur carrière a repris un cours normal, mais leur exemple demeure : vous êtes tous et toutes des personnes sympathiques, talentueuses, généreuses… Ne laissez personne mettre en cause ce capital ! Chacun de nous est un tout : simplement, des parties sont plus importantes que d’autres. Avoir toujours à l’esprit que CE QUI NOUS ANIME, est l’essentiel : savoir rire, faire la fête, accepter et accueillir la diversité, autant de richesses qui font partie des gênes de BCN, et c’est aussi pourquoi nous vous attendons nombreux vendredi prochain !

L’Ours.

Actualités & News·Economie·Pour un meilleur emploi·Société

En Bourgogne Franche-Comté, un tiers des entrepreneurs sont des femmes, à la tête de structures aussi pérennes que celles des hommes.

Juin 2020 

En Bourgogne-Franche-Comté, un tiers des entrepreneurs sont des femmes, à la tête de structures aussi pérennes que celles des hommes .

En Bourgogne-Franche-Comté, les femmes représentent 32 % des non-salariés. Elles  sont en moyenne  plus qualifiées que leurs homologues masculins, en raison notamment  des professions qu’elles exercent dans le secteur de la santé et qui requièrent un haut niveau de diplôme. Malgré cela, elles ont, en général, un revenu inférieur à celui des hommes, en partie parce qu’elles sont plus jeunes, moins expérimentées et plus souvent micro- entrepreneuses. Près de 37 % sont à la tête d’entreprises très fortement exposées au risque économique lié à la crise sanitaire du Covid-19. Elles créent des entreprises dans des conditions moins favorables que les hommes, mais dont la pérennité au bout de trois ans est pratiquement équivalente. 

Hélène Ville, David Brion (Insee) 

En Bourgogne-Franche-Comté, près de 42 800 femmes et 90 900 hommes sont non-salariés à la fin 2017. Il peut s’agir de dirigeants de société ou d’entrepreneurs individuels, parfois micro-entrepreneurs, exerçant une activité commerciale, artisanale, libérale ou agricole. Cela concerne près de 8 % des femmes en emploi, bien moins que les hommes, 16 %. Les femmes sont particulièrement minoritaires dans la région sur ce type d’emploi. Le taux de féminisation atteint 32 % soit le plus bas des régions de France métropolitaine. Il est le plus élevé en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 38 et 37 % alors que la moyenne nationale est à 36 % (figure 1)

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Pour un meilleur emploi·Société·Témoignages

Les nouveaux rapports au travail.

Le témoignage de Laurent Grandguillaume dans la Revue des Cadres CFDT N° 485 – Juin 2020.

La crise actuelle accélère la mutation des relations d’emploi et de travail portée par la révolution numérique. La polarisation entre salariés et indépendants est dépassée. Ce que l’on appelait hier nouvelles formes d’emploi ont ouvert de multiples possibilités d’intermédiation, questionnant l’entreprise assise elle aussi sur le salariat.

M. Grandguillaume

La crise sanitaire oblige à repenser le travail pour s’adapter aux urgences, mais aussi pour innover et résister. Elle a accéléré le débat sur l’écologique, sur la nécessaire réduction des inégalités face à l’exclusion et à l’isolement social, sur le besoin de services publics efficients et sur l’utilité de refonder les politiques de l’emploi. Les débats se multiplient pour penser l’après dans les domaines de la transition écologique, du contrat social et de la relance économique, mais aussi sur la question des nouvelles médiations par les tiers de confiance dans une société fracturée par la défiance. Nous proposons ici d’aborder cette question sous l’angle du travail alors que le discours dominant depuis une décennie a été celui de la désintermédiation et de la critique virulente des corps intermédiaires. Les partenaires sociaux, les partis politiques, les associations subissent ainsi une forme puissante de défiance. Pour ma part, je crois que nous sommes dans une période de réintermédiation. Dans notre pays, l’entreprise et le travail en particulier restent des espaces de confiance comme le démontrent régulièrement les différentes enquêtes menées en la matière. C’est pourquoi il est essentiel de repenser la fraternité dans le collectif de travail à l’image des réflexions portées par Alain Supiot[1].

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Développement personnel·Management·Recrutement & RH

Dix compétences humaines pour l’avenir du travail

Ces atouts fondamentaux sont essentiels non seulement pour créer et diriger des équipes efficaces, mais aussi pour prospérer dans un milieu de travail en constante évolution.

Illustration d’Irena Gajic

Par Shana Dressler 

Nous avons tous entendu comment nous devons nous exercer à être plus humains pour éviter de devenir des robots. Mais que diriez-vous de pratiquer l’humanité pour vous assurer de ne pas devenir des monstres?

1. État d’esprit d’empathie

L’empathie nous donne la capacité de nous mettre à la place des autres afin que nous puissions voir et ressentir de leur point de vue. C’est un état d’esprit et une approche globale de l’être – au travail et dans la vie.

2. Intelligence émotionnelle

Il s’agit principalement de soi : développer la conscience de soi, l’autogestion, la conscience sociale et la gestion des relations. Être conscient de la façon dont votre comportement affecte les autres est au cœur de l’intelligence émotionnelle.

Réfléchissez à ces questions : Quels types de comportements vous rendent fou ? Où et quand se manifeste votre anxiété ? Que faites-vous lorsque vous ne vous sentez pas entendu ? Comment vos ressentiments se manifestent ils dans les interactions avec les autres?

3. Communication efficace

Qu’est-ce qui empêche une bonne communication ? La Frustration, le manque de confiance, le stress et l’envie d’éviter les problèmes, qui se traduisent par des heures perdues sans fin. Il est important de partir d’un lieu d’écoute active et de considérer les principes suivants.

  • Écoute : La première étape de la compréhension consiste à poser des questions. Ensuite, faites une pause pour entendre comment votre collègue explique ce qu’il pense et ressent. En écoutant, vous gagnerez un contexte précieux pour savoir d’où viennent ces pensées et ces réactions.
  • Appréciation : montrer une appréciation sincère et célébrer les contributions des autres vous permet de montrer que vous les appréciez.( « Mille bravos, mille mercis »).
  • Conscience de soi : Pour ressentir ce que les autres ressentent, il faut aussi comprendre ses propres préjugés et ce que sont ses croyances limitantes.
  • Jugement : Lorsque les gens demandent conseil ou partagent un problème, ils ne recherchent pas votre critique. Considérez qu’ils ont peut-être déjà une réponse, que vous pouvez aider à démêler. Parfois, le fait de simplement reconnaître ce qu’ils ont dit est la meilleure première étape. 
  • Présence : avant les réunions, prenez un moment pour penser à ceux avec qui vous serez et à quoi ils ont affaire au travail – et dans la vie. Le temps est l’un de nos atouts les plus précieux, alors soyez pleinement là.
  • Intention : Sachez ce que vous voulez dire et soyez clair sur votre objectif. Aucun de nous n’est un lecteur d’esprit. 90% de la communication est non verbale alors assurez-vous que les mots que vous utilisez expriment avec précision le point que vous voulez faire valoir et que vous avez traité vos sentiments avant de parler.
  • Organisation : prenez le temps d’organiser vos pensées et de les exprimer de manière simple.
  • Cadrage : Le courage de dire ce qui vous préoccupe vraiment est important, mais n’oubliez pas que «je pense, je pense» est beaucoup plus efficace que de commencer par «vous», ce qui met les gens sur la défensive.
  • Affirmation : les gens comprennent-ils ce que vous dites? Demander si l’information a du sens peut révéler un problème potentiel. 

4. Un état d’esprit de croissance

« Devenir, c’est mieux qu’être. » – Carol Dweck,  Mindset : La nouvelle psychologie du succès

Une grande partie de ce que nous faisons est motivée par la peur, même au travail. Cette mentalité de peur favorise une culture anti-changement, même dans les entreprises «innovantes». Permettre une prise de risque calculée est essentiel pour le développement de nouveaux produits et des solutions innovantes. Plutôt que de stigmatiser l’échec, un état d’esprit de croissance le considère comme un élément nécessaire du progrès. Comme le souligne Carol Dweck, professeure de psychologie à l’Université de Stanford, trouver proactivement des résultats positifs malgré tous les défis contribue à renforcer la résilience. 

5. Curiosité + instigation

La curiosité fait naturellement partie de tout cycle créatif. Celui-ci ouvre la voie à une «réflexion sur les possibilités» plutôt qu’à un statu quo. L’instigation est une invitation à contester les solutions rapides, les solutions médiocres et la médiocrité. Commencez par embrasser l’inconfort et l’inconnu, laissez de la place pour des idées dissonantes, des opinions divergentes et des résultats apparemment improbables. Remettre en question des façons de penser et de travailler rigides permet à de nouvelles idées de se former. Permettez-vous de vivre des moments d’admiration et d’émerveillement, et apportez cette pratique à votre travail. Les grandes idées surgissent souvent lorsque l’esprit est calme et à l’aise.

6. Analyse stratégique et pensée analytique

Les gens sautent souvent dans la phase d’exécution juste après la découverte. L’étape manquante, l’analyse stratégique, garantit que les bonnes questions sont posées avant qu’une équipe ne passe à la résolution de problèmes. L’analyse stratégique aide à identifier les problèmes complexes en fournissant une vue de haut niveau sur le Web interconnecté de ce qui peut souvent sembler être des problèmes isolés. 

La pensée analytique permet aux gens de suspendre la prise de décision émotionnelle et de regarder plutôt logiquement des recherches et des tests fondés sur des preuves. Dans le cadre du processus analytique, on examine tout, de la cause à effet au pour et au contre à l’analyse coûts-avantages. C’est une erreur dans tout processus de développement de produit que l’analyse stratégique et la pensée analytique reposent sur les épaules d’une seule personne. Le projet le plus réussi nécessite que les solutions proviennent d’une équipe multidisciplinaire. 

7. Résolution de problèmes complexes

La résolution de problèmes complexes est plus efficace lorsque les membres d’une équipe regardent un descriptif de projet avec les yeux d’un stratège. Bien avant que des solutions ne soient proposées et qu’un temps important soit consacré, assurez-vous d’identifier le vrai problème avant de passer aux solutions. Afin de passer en mode de résolution de problèmes, vous devez comprendre le vrai problème à portée de main, identifier les défis sur le chemin, résister aux solutions simples, identifier les contraintes et les voies de la faisabilité et, surtout, vous assurer d’être ouvert à l’expérimentation. . 

8. Résolution des conflits

  • Il est inévitable qu’un conflit survienne dans une équipe à un moment ou à un autre. Elle survient le plus souvent lorsque les rôles ne sont pas clairement définis, il y a eu une rupture de communication, lorsque des hypothèses sont formulées et lorsque les flux de travail et les processus sont mal conçus. La plupart d’entre nous ont peu ou pas de formation pour exprimer des émotions négatives: frustration, blessure, indignation. Notre réaction par défaut est d’éviter l’inconfort, de faire comme si de rien n’était ou de devenir inconsciemment passif et/ou agressif. Laisser les conflits s’envenimer peut être extrêmement préjudiciable au moral et à la productivité. Parmi les compétences les plus efficaces à apprendre pour résoudre les conflits figurent la maîtrise de l’écoute profonde, de la médiation et de la facilitation. Donner aux gens le bénéfice du doute et diriger avec curiosité sont également des outils puissants. 

9. Négociation et persuasion

En plus de comprendre le point de vue d’autrui et d’être résilient, le travail exige que nous trouvions des moyens d’être efficaces. Cela nécessite négociation et persuasion. Cela ne vaut pas seulement pour l’équipe des ventes. Vous devez être clair sur ce que vous voulez et ce que vous êtes prêt à abandonner pour l’obtenir. 

Compte tenu de l’avenir du travail et de la croissance de l’économie de coalitions, de plus en plus de professionnels seront obligés de devenir plus entreprenants. Une partie de ce qui fait le succès d’un entrepreneur est la capacité de présenter et de vendre ses services, ce qui est le point de départ de la négociation et de la persuasion – non seulement pour les indépendants, mais aussi pour les employés internes.

10. Leadership

Un grand leader reconnaît que la confiance, la transparence, l’inclusivité et le respect sont des piliers essentiels sur lesquels se construit une culture d’entreprise dynamique. Ils comprennent qu’il ne suffit pas de construire une culture, il faut la protéger et la maintenir. Un grand leader doit également prendre des décisions difficiles et tenir chacun, y compris lui-même, responsable. 

En fin de compte, être adaptable aux changements qui se produisent sur le lieu de travail d’aujourd’hui consiste à mettre ces compétences humaines en pratique à la fois au niveau individuel et organisationnel. Bien que les compétences et les besoins techniques puissent changer, comprendre comment interagir et être plus humain au travail peut rester la seule constante. 

Cet extrait est issu de la masterclass DLW présentée à la conférence Adobe 99U en 2019.

Que faut-il en penser ? Bien sûr, ce n’est pas la première fois que nous parlons ici des « softskills » : l’approche nouvelle porte sur l’apport de ces compétences humaines en milieu créatif. Si vous voulez que votre entreprise, votre équipe ou même votre famille ou vos amis acceptent de « composer » ou de « jouer le jeu » avec vous, passez un peu de temps à relire ceci de temps en temps…

L’Ours.
Actualités & News·Pour un meilleur emploi·Recherche digitale

Épurer son CV.

On l’entend souvent : le CV doit être concis et tenir sur une page. Mais comment économiser de l’espace ? Découvrez 7 manières d’épurer votre CV et optimiser son contenu.

Trouver de la place sur son CV n’est pas chose facile. Vous voulez toujours mettre plus d’informations, détailler davantage vos missions afin de vous mettre en valeur et montrer au recruteur que votre parcours est riche en expériences. Le tout, sur une seule page.

Epurer_son_CV

Or, si le CV est trop chargé, c’est l’effet inverse qui risque de se produire. Gardez à l’esprit qu’un recruteur n’a que peu de temps devant lui pour analyser chaque candidature. Si votre CV déborde d’informations, il risque de ne pas avoir la patience de l’examiner.

Pour en faciliter la lecture et donner envie de le parcourir, votre CV doit être cohérent avec le poste envisagé, attrayant et, autant que possible, épuré !

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Société·Technétronique

Vous passez trop de temps en ligne? Voici des conseils pour débrancher.

Tout le monde doit se déconnecter au moins une partie de son temps, pour se concentrer sur la vue d’ensemble. Vous devrez sans doute vous obliger à la faire.

Technetronics

Que peut faire un entrepreneur lorsque les demandes numériques ne cessent d’arriver?

D’une part, les entrepreneurs sont censés être branchés en permanence, capables de répondre en temps réel aux clients et prospects. En même temps, cependant, ils sont censés trouver le temps et l’espace mental pour voir grand – pour planifier des stratégies, développer de nouveaux produits, – grandir. Il est difficile de penser à demain alors qu’aujourd’hui continue à émettre des signaux sonores.

Équilibrer les deux est délicat dans le meilleur des cas. Maintenant, grâce au coronavirus, les entrepreneurs ont besoin de plus de temps et d’espace pour réfléchir, afin de pouvoir élaborer des stratégies sur la manière de diriger leur entreprise pendant la crise. Pourtant, comme beaucoup d’entre eux travaillent maintenant à distance, le déluge d’e-mails entrants, de messages « Slack » et « Teams » et de véritables téléphones qui sonnent est plus incessant que jamais.

La clé pour gérer tout ce bruit? Les ralentisseurs, c’est ainsi que j’appelle les petits obstacles que l’on peut créer pour vous faire réfléchir à deux fois avant de sauter en ligne. Voici quelques-uns de mes ralentisseurs préférés, du plus petit et du plus simple au plus grand et le plus spectaculaire :

I. Désactiver le déverrouillage biométrique :

J’apprécie le fait que mon empreinte de pouce puisse déverrouiller mon ordinateur et que mon visage déverrouille maintenant mon téléphone. Les mots de passe sont si compliqués, et la biométrie permet d’accéder beaucoup plus rapidement et plus facilement à mes appareils. Pour cette raison, l’un des moyens les plus simples de rendre votre utilisation de la technologie moins automatique consiste à désactiver la biométrie et à revenir à l’exigence de l’âge de pierre consistant à entrer un mot de passe pour déverrouiller votre appareil. Ce tracas de deux secondes est juste suffisant pour réduire les déverrouillages distraits.

II. Créez une politique face à face :

Non, vous ne pouvez pas passer la tête par le mur de la cabine pour le moment, mais vous pouvez faire quelque chose de similaire avec Skype, Zoom ou un autre outil vidéo. Créez un ensemble de règles personnelles qui spécifient les situations dans lesquelles vous allez passer un appel vidéo spontané (ou même un simple appel téléphonique à l’ancienne!). Plutôt que d’envoyer un e-mail ou un SMS. Choisissez une certaine catégorie d’interaction que vous entreprendrez toujours en direct et en face à face (ou de voix à voix), afin de pouvoir vider votre boîte de réception ou la fenêtre Slack de toutes les négociations à l’heure des réunions, des clarifications factuelles ou des conseils sur la façon de gérer votre prochains appels de vente. Tout aussi importante, cette pratique vous permettra de rester un peu plus connecté à vos collègues.

III. Procurez-vous une montre intelligente :

Je sais que cela semble contre-intuitif, mais l’ajout d’un autre appareil à votre trousse d’outils technologiques peut en fait réduire le temps que vous passez en ligne. Avant de recevoir mon Apple Watch, (ou toute autre marque, bien sûr.., c’est juste un exemple), tout SMS entrant me renvoyait dans le travail en ligne: je prenais mon téléphone pour vérifier la source de cette notification ping, et la prochaine chose que je savais, j’avais passé une demi-heure à chercher sur Twitter, e-mail et Slack. Maintenant, ces textes entrants apparaissent sur ma montre, et la plupart du temps, ils n’ont besoin d’aucune réponse immédiate ou d’une réponse très rapide que je peux émettre depuis ma montre elle-même. Et je suis rarement tenté d’analyser les mises à jour des médias sociaux, de consulter mes e-mails ou de suivre l’actualité, ce qui est tout simplement trop ennuyeux à faire sur un écran adolescent.

IV. Créez des comptes en dehors des heures de bureau :

Si vous utilisez la même adresse e-mail 24 h/ 24, il est difficile de consulter les e-mails sans être mis en mode travail. Envisagez donc de créer un compte distinct en dehors des heures de bureau que les membres du personnel savent utiliser uniquement en cas d’urgence ou une adresse e-mail personnelle distincte qui n’inclut aucun message professionnel.

V. Supprimer les applications «passerelle» :

Certaines applications sont si convaincantes qu’elles nous encouragent à ouvrir nos appareils, ne serait-ce qu’un instant, tout au long de la journée. Ces applications agissent comme des passerelles pour la sur-utilisation de la technologie, car une fois que nous ouvrons nos téléphones pour vérifier ce site de médias sociaux ou jouer au prochain mouvement Words With Friends, nous finissons par passer encore plus de temps avec nos gadgets.

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                                                                    Même les gens qui sont généralement résistants à la sur-utilisation de la technologie peuvent se retrouver à vérifier de manière compulsive leurs applications de nouvelles pour les dernières mises à jour de Covid 19. Si vous trouvez que certaines applications vous attirent vers votre téléphone tout au long de la journée, pensez à les supprimer. Vous pouvez toujours accéder à vos sites de médias sociaux ou d’actualités préférés avec votre téléphone ou le navigateur de votre ordinateur, mais au moins vous n’aurez pas cette icône sur votre écran d’accueil, vous tentant de jeter un coup d’œil.

 

VI. Désactivez les notifications et le nombre de messages non lus :

Les créateurs d’applications et d’appareils souhaitent que vous passiez le plus de temps possible avec vos gadgets, ils ont donc développé des mécanismes conçus pour vous attirer et vous garder en ligne. En haut de la liste: des bips de notification qui vous informent lorsque vous avez un nouveau message et des indicateurs visuels qui vous indiquent qu’il y a de nouveaux messages en attente (et, souvent, combien de messages sont en attente). Désactivez ces notifications et vous ne combattrez pas toutes les invites destinées à vous faire utiliser davantage votre technologie.

VII. Ne regardez pas votre flux d’accueil :

La plupart du temps, quand je regarde Twitter, Facebook, Instagram et LinkedIn, je me limite aux notifications – les interactions qui ont été signalées pour moi comme pertinentes, généralement parce qu’elles sont des réponses à quelque chose que j’avais posté. Bien qu’il y ait un certain narcissisme à se concentrer sur les réponses et les commentaires à mes propres messages, j’aime m’assurer que je suis sensible aux personnes qui prennent le temps de s’engager avec moi, et je n’ai pas le temps de le faire et laisser des commentaires (ou même de regarder) les messages de tout le monde.

VIII. Interruptions d’horaire :

Les heures entre 15 heures et 17 heures sont ma propre zone de danger personnelle – l’heure à laquelle je me retrouve le plus souvent perdu dans un vortex technologique, réalisant que je viens de passer 45 minutes à parcourir les réseaux sociaux ou à peaufiner les paramètres de mon ordinateur  au lieu de faire un travail réel. J’essaie donc de programmer les appels entrants pour cette partie de la journée, sachant que cela m’empêchera de sombrer dans un brouillard d’écrans, ou du moins me réveillera de la rêverie si je glisse accidentellement.

IX. Brisez votre Internet :

Si tous ces ralentisseurs plus modérés ne fonctionnent pas, envisagez des mesures plus extrêmes. Vous pouvez utiliser une application de blocage des distractions pour désactiver des applications ou des sites Web spécifiques, ou pour vous couper d’Internet à des périodes spécifiques de la journée ; vous pouvez faire la même chose avec les applications de contrôle parental, ce qui peut potentiellement désactiver l’intégralité du réseau de votre famille. (Cela peut être une bénédiction ou une malédiction, selon que vous utilisez le temps d’écran pour garder les enfants engagés afin que vous puissiez travailler … ou interrompre votre propre journée de travail pour retirer les enfants des écrans).

Si c’est vous le patron, vous pouvez envisager d’adopter la même approche pour l’ensemble du bureau : certaines entreprises éteignent leurs serveurs de messagerie ou leurs systèmes de messagerie après les heures d’ouverture, pour imposer des temps d’arrêt.

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Je sais qu’il y aura ceux qui diront que ces stratégies parlent d’un échec plus fondamental, que nous devrions cultiver la retenue plutôt que de compter sur la technologie pour compenser notre propre manque de maîtrise de soi. Mais les entrepreneurs subissent déjà beaucoup de pression, maintenant plus que jamais. Dans un environnement technologique qui impose de plus en plus d’exigences à notre attention et à notre volonté, nous ne devons pas hésiter à utiliser tous les outils à notre disposition pour faire un usage plus intentionnel de notre temps, y compris le ralentisseur à basse vitesse.

Le Dr Alexandra Samuel est un chercheur en technologie et l’auteur de «Work Smarter With Social Media». Paru dans le Wall Street Journal le 7 Mai 2020.

L'éditorial·Nos projets

Plénière BCN N°124 : « Confinés, pas laminés » !

 

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Dur, dur d’être confiné !

Décidément, la visioconférence pour finir la semaine (et le mois), c’est top ! Avec 22 participants, ce sera peut-être la « killer application » de cette année twenty-twenty… Tout d’abord un mot pour saluer nos excusés : Nadine, Claude et Marie-Claire. Et aussi le courriel d’Anne-Marie, notre « webmaster » en 2016 – 2017 qui avait mis au point et défendu le projet « WordPress », tel que vous le voyez aujourd’hui : Anne-Marie nous indique qu’elle sera des nôtres lors de la prochaine plénière (prévue le 28 Mai, et sans doute en visio).

  1. Professionnalisation des Jurys Afpa : Didier Defert – Dorothée Drieux –

Sur une proposition originale de Tracey, présente ce soir, nous accueillons Didier et Dorothée, pour nous présenter en quoi consiste cette professionnalisation. Il s’agit d’une session de formation (éventuellement à distance) qui consiste à faire connaître les conditions et modalités des titres professionnels (tous organismes confondus). Cette formation s’adresse aux personnes ayant exercé le métier concerné au moins 3 ans, et l’ayant quitté depuis moins de 5 ans : la DIRECTTE qui oriente cette mission de juré recherche « la culture du métier ».

Nous sommes une poignée à BCN, à exercer ou avoir exercé cette fonction de juré : connaissance du métier (Responsable de Petite & Moyenne Structure, Négociateur commercial, Comptable…) et notre témoignage est concordant : une fois acquise la posture de juré, les jurys sont un lieu de rencontre et d’échanges riche, de structures différents, de regards et d’appréciations divers. Quels critères chacun veut-il faire peser en premier ? La connaissance théorique parfaite, ou les softskills, la débrouillardise ?

Didier : « certains sont venus comme CDD suite à des jurys, puis CDI, puis formateurs ».  D’autres sont devenus amis et partenaires, c’est le cas de BCN et de l’Afpa de Quétigny –Chevigny qui ont monté l’opération « Un emploi nommé désir » ensemble.

Concrètement : comment fait-on ?

On adresse un mail à Didier.defert@afpa.fr ou Dorothee.drieux@afpa.fr

Tracey récupère un document de l’Afpa, que nous ferons suivre sur demande. D’ores et déjà, aller voir le site Jury Titre Professionnel, où l’essentiel des informations est déjà disponible.

Portail Jury

Conclusion :

  • Évaluer, c’est transmettre.
  • Être dans un jury, c’est échanger, Être dans un réseau.
  • Nul ne sait quand se produira le contact décisif qui le mènera à l’embauche.

II. Les projets d’Hélène V. pour BCN. (présentés par Hélène et Nathalie).

Les ateliers « Carrédas » se terminent : les volontaires qui ont participé à la réaction de leurs fiches Marketing en sont maintenant à la réalisation des pitches 4 minutes et/ou 1 minute 30. Comme nous l’avons dit, ces entraînements sont réalisables à la demande.

Autre possibilité : nous allons publier les fiches des personnes qui le souhaitent sur l’Onglet Compétences du WordPress. Cela peut aider à l’amélioration des profils LinkedIn, le second chantier évoqué ci-dessous.

 

Après consultation de  3 organismes de formation, l’offre d’Evolve Formation, qui se situait en position médiane dans l’éventail, a finalement été retenue : une première session s’est tenue ce mardi après-midi, qui portait sur les fondamentaux de la bureautique et de l’environnement numérique. Sur le portail extranet mis à disposition pour accéder à la visio, devraient être mis en ligne les documents, supports et quizz qui permettront de mesurer les acquis et les points à reprendre.

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Les prochaines sessions auront lieu les 5 et 12 Mai, et une dernière session sera sans doute programmée début juin, soit en présentiel, soit en visio.

Nathalie, qui s’est portée volontaire pour nous aider à dispenser cette formation, indique les résultats obtenus lors du « Questionnaire de contribution ». De par son métier et ses connaissances, elle est la personne la plus légitime pour prendre la suite, et donner un coup de main à Hélène :   (Diapositive ci-dessous).

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D’ores et déjà, plusieurs personnes se sont portées candidates pour l’épisode N°2 : citons notamment Nadine et Sylvie, qui n’étaient pas dans les conditions de préparation et/ou de disponibilité pour participer à cette session. Quelle réponse leur apporter ?

A. Il est très probable qu’il y aura une suite, selon le volant de budgétaire de nous disposerons.

B. A la question d’Hélène N., il va de soi que les personnes qui ont participé aideront les autres à « booster » leur profil LinkedIn. C’est déjà ainsi qu’ont fonctionné les ateliers Carrédas et AEC.

C. La programmation du 2nd semestre est stratégique : pourrons-nous lancer une « promotion » 2020 à la rentrée ? Ce que l’on sait du calendrier va être tendu : entre mi-septembre et le 2 octobre nous devrions avoir 3 occasions de recruter des candidats. Est-ce-que cela sera suffisant ? Après discussion, nous avons validé le principe de tirer ensemble le bilan de cette 1ere opération.

D. En parallèle, Antoine et Alexandre remontent à la source, pour récupérer « les bonnes pratiques » dans les associations amies.

III. Tour de table – Les succès, les idées, les propositions.

L’association félicite Estelle pour sa brillante réussite à l’ESEO ; depuis son arrivée à BCN en fin 2019, Estelle a été assidue, participative et s’est intégrée très naturellement. D’ailleurs, elle nous indique que l’ESEO (superbes locaux -) recherche des formateurs, des vacataires, susceptible de donner des cours (économie, marketing ?) à des élèves de prépa, ou 1eres années d’ingénieurs.

Quant à Sylvie, elle vient d’être accréditée comme coach, et si elle s’oriente partiellement vers le commercial, elle souhaite s’adosser sur le secteur de la santé, dont elle vient. Félicitations à Sylvie, que nous aiderons à travailler son profil LinkedIn. Hélène V. indique les noms d’Olivier Champion, coach du réseau EMCC, qui anime un groupe de coaches, auquel participe également Jef (Jean-François) resté très proche de l’Association BCN, dont il était membre l’an dernier.

Hélène N. nous parle de l’Association « 60.000 Rebonds » dont elle est membre : il s’agit d’anciens entrepreneurs, qui ont rencontré des difficultés, et se trouvent face à une interrogation : retour au salariat, ou à l’entreprenariat ?

Dans une logique de réseau, cette rencontre sera fructueuse : si l’objet aujourd’hui était d’évoquer le principe, nous aborderons avec Hélène l’opportunité de les inviter lors d’une prochaine plénière en physique.

Autre contact demeuré pour le moment en stand-by, celui de Philippe Antoine, rencontré avec Xavier en février, qui anime l’équipe régionale du  CRA, association nationale des Cédants & Repreneurs d’Affaires. Dans le contexte de confinement, la rencontre serait délicate, mais la rentrée devrait permettre de donner suite.

La période est également propice aux initiatives « face-à-face » : c’est ainsi que nous avons obtenu par l’intermédiaire d’Aude Moulin (Dijon Mag) l’accord de principe ci-dessous du cabinet du Maire  pour être exposant à la Journée des  Nouveaux Arrivants à Dijon. (1ère réponse). Les Associations doivent  être sponsorisées, et nous avons le soutien officiel d’Élodie FIEVET, Directrice de la MDA, et Membre du Jury. (2ème réponse).

Je suis Madame CHOUGRANI, en charge de la «Journée des Nouveaux Habitants» qui EN PRINCIPE devrait se tenir samedi 26 septembre 2020, dans les salons de l’hôtel de ville. Nous sollicitons en effet, à cette occasion, des associations dijonnaises (les plus actives sur les différents quartiers de la ville) que nous regroupons dans un espace bien défini. « Espace associatif »

Concernant cette version 2020, il était question de revoir cette disposition (sur la présence des associations) lors d’une réunion qui n’a pu se tenir. C’est pourquoi je garde votre demande, et je ne manquerai pas de vous tenir  informé de la possibilité de participer à cet évènement.

Je reste à votre disposition pour plus de précisions,

Bien cordialement.

 Yamina CHOUGRANI

J’accuse réception de votre mail et je vous en remercie. Ces informations me donnent la mesure et la teneur des actions que vous menez et je vous adresse mes encouragements.

Je ne manquerai pas de mettre en avant l’association BCN lors de la délibération du choix des associations retenues pour la journée des nouveaux habitants. Je vais également envoyer mes recommandations à mes collègues des Affaires Générales, en charge de l’organisation, dès à présent.

Je ne peux vous garantir une participation cette année mais je m’engage à vous aider pour votre candidature.

 Espérant avoir répondu à votre attente et restant à votre disposition,

Très belle journée…malgré le confinement !

 Elodie FIEVET

Premier_Mai2

Avec Maud, Gilles et Hélène T., nous nous apprêtons à travailler sur  un atelier « créatif », dès lorsque l’agenda s’allègera ; la formule fonctionne très bien en visio, à condition que le contour de l’attente du pilote soit suffisamment délimité.

Autre atelier : la conférence de Jérôme. Les contenus sont « quasiment » prêts : en revanche, la MDA ne pourra accueillir après le 11 mai de réunions physiques de 10 personnes ; la question posée à Jérôme est donc de savoir si cette conférence est réalisable en visio, et du coup, si un tableau blanc électronique partagé via Zoom peut remplacer le tableau papier utilisé jusqu’à présent.

Christine notre Présidente conclut sur le témoignage d’Antoine à propos de la réunion visio FQP de la veille (MFC – FQP : Aude Latournerie / Corinne Strauss). BCN a apporté un témoignage totalement décalé sur cette période atypique, qui permet les Skype de brainstorming, chacun se ménageant le temps et le contexte pour développer ce type de réflexion. Que BCN soit porteur d’optimisme et de dynamisme  en contexte de vents contraires, voilà qui ne surprendra personne !

L’Ours.

Généricours

Economie·Prospective

La France adopte enfin son plan carbone pour 2023.

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…Mais ses émissions sont trop élevées.

La France a définitivement adopté sa feuille de route climat en publiant au Journal officiel la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la Stratégie nationale-bas-carbone (SNBC). Ces deux documents, présentés en début d’année, sont restés inchangés malgré la crise du coronavirus et les nombreux appels à construire un monde plus durable. Le pays ne relève pas ses ambitions climatiques pour être en ligne avec l’Accord de Paris.

Le gouvernement est pris en étau. D’un côté, le Medef lui demande de reculer sur la transition écologique pour faire face à la crise du coronavirus. De l’autre, des citoyens, des ONG, des entreprises et des climatologues lui demandent d’aller plus loin et de se saisir de l’occasion pour une remise à plat. Finalement, il est resté au milieu du gué. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour 2019-2028 et la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui fixe comme objectif la neutralité carbone de la France à l’horizon 2050, ont été publiées jeudi 23 avril au Journal officiel sans aucun changement majeur. Le pays continue de revoir à la hausse ses émissions de CO2 autorisés jusqu’en 2023 au lieu de les réduire.

« Tout en prônant qu’il veut bâtir un après coronavirus reposant sur le temps long, la sobriété, la prévention et la résilience, le gouvernement publie une feuille de route pour le climat et la transition énergétique reposant sur des objectifs insuffisants et qui ne comprend même pas les mesures nécessaires pour les atteindre. Comme d’habitude avec Emmanuel Macron et le gouvernement, il y a les paroles et les actes », dénonce Cécile Marchand, des Amis de la Terre. Ce sont « des textes écologiques structurants, qui impliquent la décarbonation de tous les secteurs d’activités et qui incarnent notre volonté intacte de poursuivre la transition écologique de notre pays », a au contraire tenu à souligner Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire.

I. Tout l’effort est concentré sur 2024-2028

Concrètement, l’Exécutif a choisi de relever le deuxième budget carbone de la France pour la période 2019-2023. En clair, cela va permettre à la France d’émettre plus de CO2 que prévu, alors que la tendance devrait être à la baisse. Dans le détail, ce budget carbone passe à 422 millions de tonnes de CO2 équivalent en moyenne par an, contre 398 millions prévus initialement en 2015. Il s’agit pour le gouvernement d’éviter un dépassement qui aurait pu atteindre les 6 % alors que le premier budget carbone avait déjà été dépassé de 3,7 %.

Cet ajustement est prévu pour être compensé au cours du troisième budget carbone, qui couvre la période 2024-2028. Celui-ci reste quasi inchangé par rapport à la première SNBC de 2015 à 359 millions de tonnes de CO2 équivalent en moyenne annuelle. Cela signifie qu’entre 2024 et 2028, il faudra baisser nos émissions de 63 millions de tonnes de CO2 équivalent, contre 41 millions prévus initialement, soit une baisse de 50 % supplémentaire. Un effort qui semble peu réaliste. À titre de comparaison, entre 2015 et 2018, nous avons réduit nos émissions de seulement 13 millions de tonnes.

La crise du coronavirus apporte des incertitudes supplémentaires. Si elle aura pour effet immédiat une baisse des émissions, estimées à 45 millions de tonnes de CO2 d’ici la fin de l’année en France, selon le Haut conseil pour le climat, un effet rebond est à craindre. « Ces réductions ne proviennent pas de changements énergétiques ou structurels, et donc seront vraisemblablement de courte durée, en fonction des mesures mises en place pour la sortie de crise et sa suite » expliquent les experts dans un rapport publié le 21 avril. Ils appellent dès lors à relancer rapidement certains secteurs comme la rénovation des bâtiments et les infrastructures de transport alternatif et ferroviaire.

II. 14 réacteurs fermés et construction de six nouveaux EPR.

De son côté, la Programmation pluriannuelle de l’énergie acte la baisse de la part du nucléaire à 50 % dans le mix électrique d’ici 2035 et la fermeture de 14 réacteurs. Le premier a déjà été arrêté en février, le second doit l’être le 30 juin. « Le principe général sera l’arrêt des 12 réacteurs (hors Fessenheim) au plus tard à l’échéance de leur cinquième visite décennale », précise le document, et « sauf exceptions, la décroissance du parc nucléaire ne devra conduire à l’arrêt complet d’aucun site nucléaire. » La PPE ouvre par ailleurs la voie à la construction de six nouveaux EPR.

Le texte prévoit également une baisse de la consommation finale d’énergie de 16,5 % en 2028 par rapport à 2012 contre 14 % dans les versions précédentes, ce qui va dans le bon sens. Reste que l’objectif est d’atteindre -20 % en 2030 et que le fossé va être également difficile à combler en seulement deux ans. Enfin, le gel de la taxe carbone, qui a donné naissance au mouvement des Gilets jaunes, est confirmé.  Il est précisé que « certaines [mesures] doivent être prises pour encourager les économies d’énergies et atteindre les objectifs climatiques, afin notamment de compenser le gel de la trajectoire de la taxe carbone initialement prévue ».

Concepcion Alvarez, @conce1

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Culture - Loisirs - Histoire

Jean Sans peur : un diplomate « musclé ».

Jean 1er de Bourgogne naît au palais ducal de Dijon en 1371 et meurt sur le pont de Montereau-Fault-Yonne en 1419, en présence du dauphin de France, le futur Charles VII.

Jean-Sans-Peur

L’exposition “Jean Sans Peur (1419-2019)” proposée par les Archives Départementales de la Côte-d’Or, présentait la vie de Jean 1er de Bourgogne, à travers une vingtaine de documents (traités, de paix ou de mariage, documents comptables, sceaux, lettres échangées avec le dauphin de France ou l’héritier d’Angleterre, illustrations issues de tableaux et d’enluminures…). Les documents présentés reviendront sur des événements marquants de sa vie : la croisade de Nicopolis en 1396, l’assassinat de Louis d’Orléans, frère du roi, en 1407, dont il est l’instigateur, ou sa propre mort sur le pont de Montereau.

Depuis quelque temps, je voyais passer cet entrefilet insistant sur l’exposition aux archives départementales, 8 Rue Jeannin, commémorant le 600e Anniversaire de l’assassinat de Jean sans Peur « en mission diplomatique ».  Au passage, qu’adviendra-t-il de cette exposition – qui devait s’achever le 3 Avril 2020 -, en plein confinement ?

Pour le Far-Westien que je suis, émigré à deux reprises dans la Capitale des Ducs, la saga des Valois n’est entrée que très progressivement dans mon patrimoine. On pourrait presque dire que la politique des Ducs en matière de vins fut ma première « Charte Qualité »… Diable ! Ainsi, Jean Ier, fondateur de la dynastie, aurait été une sorte de nouveau Talleyrand avant l’heure ? Maurice Druon ne m’avait pas laissé cette impression dans « Les Rois Maudits ». Retour aux faits : nous nous situons en pleine Guerre de 100 Ans, le Connétable Du Guesclin est mort depuis longtemps, et Jeanne … déjà Pucelle (elle a 6 ans). En bref, sur le terrain, les anglais « dominent » depuis la Bataille d’Azincourt en 1415.

Le , le dauphin Charles, âgé de quinze ans, résidant à l’hôtel Saint-Pol à Paris, est menacé dans sa vie par les tueurs bourguignons de Jean sans Peur, aux ordres de Capeluche, qui viennent d’envahir Paris (par traîtrise, en se faisant ouvrir l’une des portes de la Capitale). Ceux-ci massacrent le comte d’Armagnac et un grand nombre de partisans armagnacs du jeune dauphin. Entouré par des conseillers fidèles à la couronne de France, Charles se réfugie à Bourges, capitale de son duché de Berry, pour y organiser la résistance face aux Anglais et aux Bourguignons. Pourtant, il se retrouve rapidement contraint de traiter avec le duc de Bourgogne s’il veut défaire les Anglais. Jean sans Peur et le dauphin Charles se rencontrent une première fois le  à Pouilly-le-Fort, puis à nouveau le 11 juillet, pour signer le traité de Pouilly-le-Fort, dit « la paix du Ponceau ». Le 19, un Te Deum célèbre à Paris leur prochaine réconciliation. Mais celle-ci est différée par une attaque des Anglais qui, progressant le long de la Seine, s’emparent de Poissy le 31 juillet et menacent Paris. Le duc de Bourgogne fait évacuer la famille royale à Troyes. Enfin, Jean et Charles conviennent de sceller leur alliance sur le pont qui traverse l’Yonne à Montereau, le .

Pont_surYonneCependant, les partisans armagnacs n’ont « toujours pas digéré » l’assassinat de Louis d’Orléans, survenu douze ans plus tôt et toujours impuni en 1419. En effet, Jean sans Peur, après avoir commandité ce meurtre afin d’éliminer son concurrent du conseil du roi Charles VI, avait d’ailleurs proclamé haut et fort qu’il était l’instigateur de ce crime. 

Sur le pont de Montereau

Le , les deux armées arrivent vers 15 h sur les deux berges de l’Yonne2, de part et d’autre du pont de Montereau. Jean sans Peur est informé que l’on veut attenter à sa vie, son entourage accentue sa surveillance afin de protéger le duc. Il en est de même pour le dauphin. Au milieu du pont, des charpentiers ont élevé un enclos avec une porte de chaque côté. Il est convenu que les deux rivaux entreront dans l’enclos avec chacun une escorte de dix personnes et que les portes seront fermées pendant toute la durée de l’entrevue. Chacun des dix hommes prête serment. Malgré les dispositions prises, le duc de Bourgogne réfléchit encore sur le bien-fondé de cette dangereuse rencontre. De chaque côté de l’Yonne, les deux princes s’épient. Enfin, à 17 h, le duc de Bourgogne se décide : il s’avance vers le pont de Montereau. Lorsque les conseillers du régent dauphin, voient apparaître sur le pont le duc de Bourgogne, ils s’avancent vers le duc et lui disent : « Venez devers, Monseigneur, il vous attend ». D’un geste, Tanneguy III du Chastel encourage le dauphin à pénétrer dans le sas destiné à la rencontre entre les deux cousins et il y accompagne Jean sans Peur. Ce dernier, rassuré, s’écrie : « Voilà en qui je me fie »3. Jean sans Peur, armé de son épée, se présente au rendez-vous du pont, accompagné d’une escorte de dix hommes armés.

Le duc s’agenouille avec respect devant le dauphin, qui lui reproche d’avoir préservé sa neutralité, sinon son alliance avec les Anglais : le duc lui répond « qu’il avait fait ce qu’il devait ». Le ton monte, et dès lors,  deux versions contradictoires s’opposent entre les partisans du dauphin et ceux du duc de Bourgogne. Les chroniqueurs bourguignons prétendent que Jean sans Peur s’est fait agresser immédiatement, sans avoir entamé de discussion. Les partisans du dauphin prétendent de leur côté que ce dernier se serait montré arrogant et qu’il aurait signifié au dauphin qu’il restait tributaire du roi son père et donc dans l’incapacité de traiter en son nom.

Le sire de Navailles (Soutien bourguignon) aurait appuyé cet argument en insistant sur la subordination du jeune dauphin au roi Charles VI. Il aurait même fait le geste de tirer son épée du fourreau, ce qui aurait déclenché la réaction immédiate de la garde armée du dauphin. Il périra lui aussi en défendant Jean sans Peur.

Suivant la version bourguignonne, Tanneguy du Chastel porte un coup de hache au visage du duc en criant « Tuez, tuez ! ». Cependant que le dauphin est écarté de la scène, les hommes d’armes de chaque parti brandissent leurs épées et c’est alors la curée.

Le cadavre du duc de Bourgogne a la main droite sectionnée, à l’instar de ce qu’avaient fait les séides de Jean sans Peur quelques années auparavant, après l’assassinat de Louis Ier d’Orléans6. Pour les Bourguignons, le dauphin est considéré comme le principal instigateur de l’assassinat du duc de Bourgogne, malgré ses dénégations. Il est aujourd’hui difficile de trancher entre ces deux versions qui restent historiquement contradictoires.

Cet acte entraîne des conséquences « catastrophiques » pour la dynastie française de Valois et pour la France, déjà très affaiblies par les luttes de pouvoir et la défaite d’Azincourt. Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur et nouveau duc de Bourgogne, fait alliance avec les Anglais, ce que son père avait toujours semblé éviter, bien qu’il ait observé une neutralité bienveillante à leur égard et ponctuellement bénéficié de leur aide. Cette alliance aboutit au traité de Troyes, ratifié le , qui, à l’instigation du nouveau duc de Bourgogne avec la complicité de la reine Isabeau de Bavière, a pour objet de déshériter le dauphin Charles en confiant, en ses lieu et place, la succession du roi de France Charles VI au roi d’Angleterre Henri V.  Heureusement, après de nombreuses péripéties, un couronnement à Reims et un bûcher, l’affaire se terminera bien… en 1453 !

L’Ours.

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Formation et professionnalisation·Management·Santé au travail

Arrêtez d’extrapoler vos perceptions.

Vous l’avez déjà entendu, mais sérieusement: ne sautez pas aux conclusions. Concentrez-vous davantage sur votre première impression et moins sur ce que tout «signifie».

Extrapolations1

 

Je parie que vous extrapolez tout le temps vos perceptions. Permettez-moi de vous donner quelques exemples et de vous dire si je me trompe.

  • « Les prix des logements continueront probablement d’augmenter. »
  • « Cette personne ne changera jamais. »
  • « Mon entreprise continuera de croître. »
  • « Je n’apprendrai jamais de mes erreurs. »
  • « Il ne m’aime pas. »

Nous avons souvent ce type de pensées plusieurs fois par jour. La racine de ce problème est notre jugement rapide.

Les humains sont des penseurs très rapides. Mais à quelle vitesse pensons-nous même?

Les scientifiques ont quantifié la vitesse de la lumière et du son, mais en ce qui concerne les pensées, ce n’est pas si facile à mesurer.

Les chercheurs qui ont fait des expériences avec la mesure de la vitesse de la pensée, ont trouvé ce qui suit: Les pensées peuvent être générées et traitées en 150 millisecondes.

Si c’est vraiment vrai, nous sommes plus rapides que le temps de chargement de Google. Le temps de chargement médian de Google.com sur mobile est actuellement de 600 ms.

I. Nous pensons vite

Mais cela ne signifie pas que nous devons donner suite à chaque pensée qui nous vient à l’esprit.

Avez-vous déjà essayé de mesurer le nombre de pensées aléatoires qui vous viennent à l’esprit? Faites simplement une expérience simple. Pour le reste de la journée, soyez conscient de vos pensées.

Ne donnez pas suite. Chaque fois que vous commencez à penser à des événements futurs ou à faire des films mentaux, comptez sur un post-it ou un petit morceau de papier.

Je l’ai fait un jour au bureau. Cela ressemblait à ceci :

 

Extrapolations2

23 pensées aléatoires qui sont sorties de nulle part. Et je ne serais pas surpris si j’avais 2300 pensées de plus dans mon subconscient.

Mais voici l’astuce: ne donnez pas suite à ces pensées. Parce que si vous le faites, votre esprit se transformera en chaos total.

Au lieu de faire toutes sortes de films mentaux, respectez toujours les premières impressions. Ne regardez que les impressions et ne pensez pas à ce que tout «signifie».

C’est un simple exercice stoïque que j’ai repris de  Méditations  de Marc Aurèle :

«Tenez-vous-en aux premières impressions. N’extrapolez pas. Et rien ne peut vous arriver. « 

C’est comme ça que vous restez toujours calme. Mais s’en tenir aux premières impressions est très difficile car nous sommes tous impatients. Nous sommes tellement impatients que nous faisons immédiatement des jugements après nos premières impressions. Peux tu croire ça?

«Elle n’a pas répondu à mon texte. Elle ne m’aime plus. »

Supposons que vous portiez un jugement rapide comme celui-là – ou quelque chose de similaire. Admettez-le, nous le faisons tous! Mais regardons ce que cela signifie.

Donc, quelqu’un ne vous répond pas tout de suite. D’accord. Ce n’est que votre impression – rien de plus, rien de moins.

Vous saisissez ? La première impression est que vous n’avez pas reçu de réponse. Ce n’est pas ça: «Pourquoi n’ai-je rien reçu en retour? Elle ne se soucie probablement pas de moi. D’autres choses sont plus importantes pour elle. »

Deux heures plus tard, vous obtenez une réponse. Et qu’avez-vous fait pendant ces deux heures?

Exact, vous vous êtes rongé.(e) de l’intérieur. Ça ne vaut pas le coup.

II. Tracez votre propre voie – toujours.

Si vous voulez arrêter d’extrapoler, vous devez être plus stoïque. Regarder les choses pour ce qu’elles sont n’est pas si simple. C’est Ryan Holiday, celui  qui a étudié le stoïcisme et écrit The Obstacle Is The Way ,  qui le dit le mieux:

« Il faut de l’habileté et de la discipline pour repousser les parasites des mauvaises perceptions, pour séparer les signaux fiables des signaux trompeurs, pour filtrer les préjugés, les attentes et la peur. »

Un conflit au travail. Un plongeon dans vos ventes. Un désaccord avec votre conjoint.

Regardez les choses pour ce qu’elles sont. Que contrôlez-vous?  Y a-t-il quelque chose que vous pouvez faire maintenant ? Pouvez-vous améliorer la situation? Alors faites-le. Et appliquez-vous à bien faire le travail.

Si vous ne pouvez pas – faites autre chose.

Ayez différentes choses dans votre vie auxquelles vous pouvez accorder votre attention. Par exemple:

  • Apprenez toujours une nouvelle compétence.
  • Faites de l’exercice tous les jours.
  • Travaillez sur vos objectifs.

Le fait est que vous voulez être très clair sur ce que vous faites dans votre vie, à tout moment. Si je vous demande, « que faites-vous? » Vous devriez avoir une réponse claire.

«Je me détends», pourriez-vous dire.

Parfait. Vous faites votre propre truc. Vous n’êtes pas esclave de vos pensées ou des actions des autres.

C’est votre vie. Tant que vous ne vous faites pas de mal ou ne faites pas de mal aux autres, vous pouvez faire ce que vous voulez!

Arrêtez juste de penser à ce que tout signifie et commencez à regarder les choses pour ce qu’elles sont.


Cet article a été initialement publié sur le site de Darius Foroux et est republié ici avec autorisation.

Economie·Environnement - Climat·Société

Le coronavirus va freiner la transition énergétique.

Éolien, solaire, batteries électriques… La filière des énergies renouvelables va subir de plein fouet les conséquences du Coronavirus, à l’instar de l’industrie dans son ensemble. Mais le risque est fort que les gouvernements se détournent des renouvelables à la faveur des fossiles, dont les prix sont en chute. D’ores et déjà, les prévisions ont toutes été revues à la baisse.

Planète_coronaLes nouvelles installations solaires et éoliennes devraient reculer pour la première fois cette année.
iStock

Pour la première fois depuis 1980, les nouvelles installations de production solaire vont baisser cette année en raison de la pandémie de Covid-19. Un rapport de BloombergNEF (BNEF) revoit en effet à la baisse ses prévisions pour 2020, avec une demande mondiale en matière d’énergie solaire passant de 121-152 gigawatts (GW) initialement prévus à 108-143 GW. Pour l’éolien, BNEF anticipe également un « risque considérable ».

« Les usines chinoises redémarrent, la pression sur l’offre de composants et équipements clé devrait donc s’alléger », soulignent les auteurs. « Mais nous sommes plus préoccupés par la demande, les décideurs politiques pouvant détourner l’attention des énergies propres au profit de préoccupations plus pressantes », craignant-ils. Et ce d’autant plus que le prix des énergies fossiles, qu’il s’agisse du pétrole, du gaz ou du charbon, est en forte baisse.

Des effets encore plus forts en 2021

Le cabinet spécialisé Rystad (1) estime que les effets du virus se feront encore plus sentir à partir de 2021 avec un ralentissement des projets de 10 %, « alors que le dollar américain augmente et que les devises chutent à travers le monde ». « Nous prévoyons que ces mouvements sur le marché des changes amèneront les entreprises à suspendre la sous-traitance des principaux composants, qui sont généralement achetés en dollars américains » notent les experts.

Les pays les plus touchés seront l’Australie, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud, qui avaient tous d’ambitieux objectifs d’installation de panneaux solaires. « Les projets pourraient subir des augmentations de coûts en capital pouvant aller jusqu’à 36 % en raison de la dépréciation rapide des devises locales dans ces pays », précisent les experts. En Amérique latine, le Mexique et le Brésil ont la plus grande capacité de projets solaires photovoltaïques en cours de construction mais les deux pays connaissent une forte baisse des devises par rapport au dollar américain et les achats devraient s’arrêter complètement sur la plupart, sinon la totalité, des projets qui n’ont pas encore été engagés.

Les nouvelles installations éoliennes pourraient quant à elles décliner de près de 5 gigawatts, une baisse de 6,5 % au niveau mondial selon une étude du cabinet Wood Mackenzie (2), alors que 2020 aurait dû être une année record. « L’impact le plus significatif se situe en Chine et aux États-Unis où des livraisons record étaient attendues mais la France, l’Espagne et l’Italie pourraient être touchées encore plus fortement en pourcentage en raison des mesures drastiques de confinement », prédit Dan Shreve, directeur de la recherche sur l’énergie éolienne.

Des mesures de soutien

Du côté de la demande de batteries, BNEF entrevoit 3 GW à 9 GW de moins sur les 74 GW initialement prévus. Une forte contraction du marché de l’automobile, qui « aura des ramifications sur la demande de véhicules électriques et de batteries », est notamment à l’origine de ce phénomène. Pour ces experts, les difficultés des fournisseurs chinois ont en tout cas « mis en lumière la nécessité de diversifier les chaînes d’approvisionnement et renforcé l’argument en faveur d’une production localisée en Asie, en Europe et aux États-Unis, en particulier pour les batteries ».

En France, des mesures viennent d’être annoncées pour soutenir la filière : délais additionnels, maintien des tarifs d’achat pour trois mois, appels d’offres décalés. « La crise sanitaire que nous traversons ne doit en aucune façon nous faire renoncer aux objectifs ambitieux en termes de développement des énergies renouvelables », a déclaré dans un communiqué la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne.

Plusieurs associations de l’énergie regroupées dans la Électrification Alliance ont demandé aux gouvernements que les investissements de relance soient particulièrement dirigés vers l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, la chaleur renouvelable ou encore la mobilité électrique.

Concepcion Alvarez, @conce1

(1) Voir l’étude du cabinet spécialisé Rystad

(2) Voir l’étude du cabinet Wood MacKenzie

 

Mon commentaire : il manque un élément à cet article. L’évolution du prix des énergies fossiles : le pétrole est aujourd’hui « quasi gratuit », pour quelqu’un qui à des tankers, un port pour les accueillir, et un endroit où le stocker. Parce que la demande est basse, et les marchés inondés de pétrole d’Arabie Saoudite, lors de la partie de poker menteur avec la Russie. Cela ne va pas durer ! Les pays de l’OPEP se sont mis d’accord pour une réduction de 10,5 millions de barils de pétrole brut par jour! Conclusion : dès que les SUV et les 4X4 vont sortir du déconfinement, les prix aussi : et nous nous retrouverons devant notre dilemme environnemental.

L’Ours. Généricours

Economie·Formation et professionnalisation·Société

Chomage en Bourgogne-Franche Comté : nette amélioration avant la crise.

Au quatrième trimestre 2019, le taux de chômage en Bourgogne-Franche-Comté s’établissait à 7,2 %, en baisse de 0,3 point sur le trimestre et sur un an. Il s’est atténué dans tous les départements, surtout dans la Haute-Saône, la Côte-d’Or et l’Yonne. 

Frédéric Biancucci (Insee) 

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Avertissement Ce flash présente l’évolution du chômage en Bourgogne- Franche-Comté au quatrième trimestre 2019. Suite à la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid19, la situation économique s’est ensuite fortement détériorée. Cette publication dresse la situation juste avant et contribuera à mesurer l’impact de la crise sanitaire. 

I. Un taux de chômage plus bas qu’au niveau national 

Au quatrième trimestre 2019, 7,2 % de la population active est au chômage en Bourgogne-Franche-Comté, c’est 0,9 point de moins qu’au niveau national (figure 1). La Bourgogne-Franche-Comté se situe au cinquième rang des régions françaises les moins touchées, derrière la Bretagne, les Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de- France. Dans l’Hexagone, c’est dans les Hauts-de-France que le taux de chômage est le plus élevé, 10 %.

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Le Jura reste le département de la région le moins touché avec un taux de chômage de 5,9 %, devant la Côte-d’Or à 6,5 %. À l’inverse, le taux de chômage est le plus élevé dans le Territoire de Belfort, 8,8 % soit davantage que la moyenne nationale, 8,1 %, seul département de la région dans ce cas. Il avoisine la moyenne régionale dans les autres, allant de 7 % dans la Nièvre à 7,6 % dans l’Yonne. La zone d’emploi de Beaune est, avec 4,7 %, la plus épargnée de la région, et la huitième au niveau national. Les zones de Lons-le-Saunier avec 5,5 % et celles de Morteau et Pontarlier dans le Doubs avec 5,8 % ont également un taux de chômage contenu (figure 2). En revanche, celle du Creusot-Montceau est la plus touchée avec 9,1 %. 

 

II. Baisse du chômage dans toute la région 

En Bourgogne-Franche-Comté, le taux de chômage baisse de 0,3 point entre le troisième et le quatrième trimestre 2019, de manière moins marquée qu’au niveau national, – 0,4 point.

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Cette amélioration significative du chômage a lieu dans tous les  départements de la région surtout en Haute-Saône, – 0,5 point, en Côte-d’Or et dans l’Yonne, – 0,4. Les évolutions les moins nettes, – 0,2 point, se retrouvent dans le Doubs et la Nièvre. Le taux de chômage s’atténue aussi dans toutes les zones d’emploi. C’est celle de Dôle qui enregistre l’évolution la plus favorable : – 0,8 point. Celles de Chatillon et du Charolais connaissent également une baisse notable, de – 0,6 et – 0,5 point. Dans les zones d’emploi de Mâcon et de Saint-Claude, la diminution est moins marquée avec – 0,1 point. 

 

III. Sur un an, une baisse du taux de chômage moins marquée qu’au niveau national

Sur une année, le taux de chômage baisse de 0,3 point dans la région, une amélioration moins marquée qu’au niveau national, -0,7 point. Il diminue dans les huit départements de la région, plus fortement en Côte-d’Or et en Haute-Saône, et le plus faiblement dans le Doubs. 

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Sur un an, il reflue également dans toutes les zones d’emploi sauf celle de Morteau où il augmente de 0,2 point (figure 3). La baisse est particulièrement marquée dans la zone de Chatillon, – 0,8 point, mais également dans les zones d’emploi de Montbard, Avallon, Autun et Dôle, de – 0,6 à – 0,5 point. 

Sur un an, le chômage recule dans 24 des 25 zones d’emploi de la région 

Davantage de personnes aux frontières du chômage que de chômeurs en 2018. 

En Bourgogne-Franche-Comté, on estime que 8,2 % des 15-64 ans sont, en moyenne en 2018, dans une des situations que l’on qualifie de frontières du chômage, soit parce qu’ils sont en sous-emploi, soit parce qu’ils appartiennent au halo du chômage. C’est davantage que la proportion des 15-64 ans au chômage. La région se situe dans la moyenne de la France de province.

D’une part, 4,1 % des personnes de 15-64 ans en Bourgogne- Franche-Comté sont en sous-emploi. Leur situation sur le marché du travail ne les satisfait pas. Elles ont un emploi à temps partiel, souhaitent travailler plus d’heures et sont disponibles. Elles peuvent en particulier être au chômage technique ou partiel. 

Par ailleurs, également 4,1 % des 15-64 ans appartiennent au halo du chômage. Elles recherchent un emploi mais soit elles ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler, soit elles n’ont pas effectué de démarche active de recherche d’emploi dans le mois précédent. 

Source : Insee enquête emploi 2018 

Définitions 

Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active. Cette dernière est composée des actifs occupés et des chômeurs. 

Une zone d’emploi est un espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts. Le découpage en zones d’emploi constitue une partition du territoire adaptée aux études locales sur le marché du travail. 

Un chômeur au sens du BIT est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui : – est sans emploi (qui n’a pas travaillé au moins une heure au cours de la semaine de référence); – est disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours; – a cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en en a trouvé un qui commence dans moins de trois mois. 

Sources 

Les données sont issues du dispositif des estimations d’emploi localisées (Estel) et des taux de chômages localisés. Ces derniers sont calés sur le nombre de chômeurs issu de l’enquête Emploi, pour l’échelon national, et s’appuient sur la structure des demandeurs d’emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi, pour la ventilation géographique. L’emploi est quant à lui mesuré en fin d’année et, plus précisément, la dernière semaine de décembre. 

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier 25020 Besançon 

Directeur de la publication : Moïse Mayo 

Rédacteur en chef : Katy Lequin 

ISSN : 2497-451X © Insee 2020 

Pour en savoir plus 

  • Des données complémentaires sur la conjoncture en Bourgogne-Franche-Comté figurent sous : 

https://www.insee.fr/fr/statistiques?debut=0&collection=38 

  • « Au 4e trimestre 2019, l’emploi salarié connaît une belle embellie avant la crise sanitaire » 

Insee Flash Bourgogne-Franche-Comté n° 101, avril 2020.

Economie·Environnement - Climat·Nos synthèses par domaines.·Société

Réflexions sur la crise.

Qui est Gaël Giraud, l’auteur de cette tribune dans l’Obs parue sous forme d’entretien en Mars 2020 : « un Jésuite Economiste qui ne donne pas de leçons et sait rester à sa place ». En 2007, Gaël Giraud était professeur affilié à l’ESCP-Europe7, membre du CERAS. Depuis lors, il a été membre du conseil scientifique de Finance Watch, de la Fondation Nicolas Hulot, du Shift Project et du Campus de la transition écologique. Depuis 2018, il est fellow associé à l’Institut des Études Avancées de Nantes.

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Membre du centre de recherche et d’action sociales, il tient régulièrement une chronique sur l’actualité économique et financière dans la revue Projet.

Début 2020, Gaël Giraud devient président d’honneur de l’institut Rousseau, un nouveau cercle de réflexion qui se définit comme étant « apartisan, indépendant des partis » et « au croisement de la social-démocratie, de l’écologie et de la pensée républicaine». 

Cette crise est-elle comparable à des chocs économiques antérieurs ? 

Non, elle est unique. Contrairement au krach boursier de 1929 et à la crise des subprimes de 2008, elle touche d’abord et en son cœur l’économie réelle. L’appareil productif est mis à l’arrêt, les chaînes de valeurs mondiales ralentissent ou sont interrompues, le travail est “en grève” involontaire. Ce n’est pas seulement une crise keynésienne d’insuffisance de la demande, c’est aussi une crise d’offre. La pandémie marque l’entrée dans une époque nouvelle, traversée de risques liés au réchauffement climatique et amplifiés par un capitalisme financiarisé qui nous rend extrêmement vulnérables à la finitude du monde. 

De quelles vulnérabilités parlez-vous ? 

Tout le monde ne peut pas travailler depuis chez soi. Or nous avons collectivement construit un système dans lequel certains aliments, par exemple, font deux fois le tour de la planète avant d’arriver dans notre assiette. Pour maximiser le profit à court terme, nous avons bâti des chaînes d’approvisionnement à flux tendus selon le principe du « juste-à-temps ». Ces flux sont extrêmement fragiles car il suffit que, le long de la chaîne, une seule société soit à l’arrêt parce que ses salariés sont malades ou refusent de risquer leur vie au travail, pour que la chaîne s’interrompe. Certaines métropoles pourraient en faire la cruelle expérience dans les jours ou les semaines qui viennent avec l’approvisionnement alimentaire. Un système dans lequel la volatilité des marchés financiers est extrême parce qu’en dépit des avertissements répétés depuis plus de dix ans, nous n’avons mis aucun frein sérieux aux bulles et aux paniques boursières. Dans lequel, pour suivre des dogmes néolibéraux sans fondement scientifique, nous avons sous-doté l’hôpital et privatisé des services publics. Tout cela, nous le savons depuis des années. Aujourd’hui, cette fragilité nous explose à la figure. 

Dans l’immédiat, y a-t-il une menace sur les approvisionnements alimentaires ? 

Je ne le souhaite évidemment pas. Le maire de New York a néanmoins prévenu qu’il pourrait y avoir un rationnement alimentaire. 

Rien ne prouve que nos chaînes d’approvisionnement pourront tenir une quarantaine prolongée. Nous allons gagner la guerre contre ce virus, c’est certain. Mais dans combien de temps ? Là est la question. Il faut souhaiter que la diffusion des antiviraux (chloroquine ou autre) permette de soulager les hôpitaux suffisamment vite pour que la quarantaine soit la plus brève possible. Si l’interruption de certaines parties de la chaîne alimentaire devait survenir, à titre personnel, je préférerais jeûner (autant que possible) plutôt que de contraindre des salariés à risquer leur vie pour me fournir à manger tous les jours. 

Cette pandémie intervient dans une économie mondialisée et financiarisée. Que révèle-t- elle de cette financiarisation ? 

Les marchés financiers, sur lesquels nous tentons de faire reposer notre prospérité depuis plusieurs décennies, n’ont aucunement vu venir la pandémie. Pourtant, celle-ci n’est nullement un cygne noir, elle était parfaitement prévisible : l’OMS avait prévenu que les marchés d’animaux sauvages en Chine présentaient des risques épidémiologiques majeurs. Allons-nous continuer d’entretenir la fiction que les marchés financiers sont la boussole suprême de nos sociétés ? En outre, depuis trente ans, la globalisation marchande s’est construite sur l’abondance des énergies fossiles, et en particulier du pétrole. Ces énergies réchauffent massivement la planète. Elles ont aussi permis d’étendre les chaînes de production, de rendre négligeable le prix du transport, de délocaliser dans des pays à bas coût, la Chine en premier lieu. Le pétrole est l’ingrédient essentiel grâce auquel COVID-19 s’est transporté en 3 mois de Chine en Europe là où celui de 2002 avait mis un an. Aujourd’hui, la mise à l’arrêt de l’économie réelle fait chuter le cours de l’or noir. Cette chute a non seulement des effets sur les compagnies pétrolières (en particulier le schiste américain largement subventionné par les pouvoirs publics), mais aussi sur le secteur financier. Énormément d’actifs financiers sont appuyés sur les énergies fossiles. La fin de la globalisation marchande va sans doute provoquer une réduction massive de l’usage du pétrole pour le transport de marchandises et donc un effondrement de la valeur de certains actifs financiers. Cela ajoute à la panique d’institutions financières assises sur des montagnes de dettes privées (et non publiques) qui ne peuvent être remboursées qu’au prix d’une poursuite de la croissance du PIB. Or 2020 sera sans doute une année de récession pour la plupart des pays. Beaucoup d’investisseurs ont compris qu’ils risquaient de devenir rapidement insolvables. 

A quoi faut-il s’attendre ?

 A un krach plus important que celui de 2008, sauf si les Etats réagissent fortement et très vite pour éviter les faillites en chaîne dans l’économie réelle. L’administration Trump a déjà annoncé un effort de près de 1.000 milliards de dollars pour les ménages et les entreprises. La BCE a annoncé un plan de 750 milliards de rachats de dettes. Ce sont les bons ordres de grandeur, mais tout dépendra de la façon dont est utilisé cet argent. Il faut le flécher massivement vers les PME et les ménages. Faire du « quantitative easing for people », ce que nous aurions dû faire déjà en 2009. Sinon, ces sommes, une fois de plus, serviront uniquement à sauver les banques. Or les banques ne soignent pas contre le virus. Les pays qui oseront dépenser massivement pour leur économie réelle s’en sortiront mieux. Nous sommes “en guerre” ? Alors, il faut comprendre l’étendue des déficits publics auxquels nous devons consentir : le déficit public des Etats-Unis, rapporté au PIB fut de -12% en 1942, -26% en 1943, -21% en 1944, -20% en 1945. Pour ceux qui resteront attachés au dogme de l’austérité budgétaire (qui n’a pas de fondement économique), la récession qu’ils vont connaître risque de faire passer celle qui a suivi 2008 pour une promenade de santé. 

Il est question d’État-providence, de nationalisation, de relance budgétaire… Cette crise fait-elle sauter les dogmes économiques ? 

En effet. Je me réjouis que le président dise désormais en Conseil des ministres qu’il n’y a plus de limites à l’endettement public. Espérons que cette crise soit l’occasion de dégonfler nos mythologies économiques : à très court terme, que l’Etat finance d’urgence l’hôpital public pour sauver des vies tant qu’il est encore temps, acheter des ventilateurs, du matériel de réanimation…. et consente de nouveau à réguler le système des prix (au moins à court terme) pour éviter une inflation des produits de première nécessité et le comportement prédateur de quelques irresponsables. Puis, cette crise devra être une opportunité pour reconstruire notre service public en voie de démantèlement depuis trente ans ; abandonner le libre-échange (dont les bienfaits pour tous n’ont jamais été démontrés) pour la relocalisation des processus de production, la ré-industralisation de la France et un protectionnisme écologique, social et sanitaire raisonné ; que l’on cesse de courir après cette chimère qu’est la concurrence pure et parfaite (concept vide d’un point de vue théorique, toute concurrence étant toujours oligopolistique et donc inefficiente) au nom de laquelle la Commission Européenne interdit depuis des décennies tout une série d’initiatives qu’il faut prendre aujourd’hui d’urgence (par exemple, soutenir des secteurs industriels et commerciaux spécifiques) et, surtout, que l’on arrête de tout subordonner à la lutte contre le déficit public. Cette obsession repose sur une fausse analogie entre la gestion de “bon père de famille” et la gestion macro-économique. Combien de morts faudra-t-il dans nos services d’urgence pour le comprendre ? 

Cette pandémie rend-elle pensable la démondialisation ou le protectionnisme ? 

Elle nous contraint à comprendre qu’il n’y a pas de capitalisme viable sans un service public fort et à repenser de fond en comble notre manière de produire et de consommer car cette pandémie ne sera pas la dernière : le réchauffement climatique promet la multiplication des pandémies tropicales. La déforestation, tout comme les marchés d’animaux sauvages à Wuhan, nous met au contact d’animaux dont les virus nous sont inconnus. Le dégel du pergélisol menace de diffuser des épidémies dangereuses : la grippe espagnole de 1918, l’anthrax…Les élevages intensifs, d’animaux stressés et homogènes, facilitent aussi la propagation des épidémies. A brève échéance, il va falloir nationaliser des entreprises non viables et, peut-être certaines banques. Mais, très vite, nous devrons tirer les leçons de ce printemps : relocaliser la production, réguler la sphère financière, repenser les normes comptables pour valoriser la résilience de nos systèmes productifs, instaurer une taxe carbone et sanitaire aux frontières, lancer un plan de relance français et européen pour la réindustrialisation écologique, la rénovation thermique et la conversion massive vers les énergies renouvelables… La pandémie nous invite à transformer radicalement notre mode de socialisation. Aujourd’hui, le capitalisme connaît le coût de toute chose, mais la valeur de rien, pour reprendre la formule d’Oscar Wilde. Il nous faut comprendre que la véritable source de la valeur, ce sont nos relations humaines et avec notre environnement. A vouloir les privatiser, nous les détruisons et nous mettons à terre nos sociétés tout en supprimant des vies. Nous ne sommes pas des monades isolées, reliées entre elles uniquement par un système de prix abstrait, mais des êtres de chair en interdépendance avec d’autres et avec un territoire. Voilà ce que nous avons à réapprendre. La santé de chacun concerne tous les autres. Même pour les privilégiés, la privatisation des systèmes de santé est irrationnelle : ils ne peuvent se séparer totalement des plus modestes, ne fût-ce que pour se faire livrer à manger. La maladie les rattrapera donc toujours. La santé est un bien commun mondial et doit être gérée comme telle. 

C’est-à-dire ? 

Les communs, remis à l’honneur notamment par l’économiste américaine Elinor Ostrom, ouvrent un espace tiers entre le marché et l’Etat, entre le privé et le public. Ils peuvent nous guider vers un monde plus résilient, à même d’encaisser des chocs comme cette pandémie. La santé, par exemple, doit être traitée comme l’affaire de tous, avec des niveaux d’intervention stratifiés et articulés. Au niveau local, des communautés peuvent s’organiser pour réagir rapidement, en circonscrivant les clusters comme cela semble avoir été fait avec succès dans le Morbihan contre COVID-19 et, à l’inverse, comme cela n’a pas été fait en Lombardie. Au niveau étatique, il faut un service hospitalier public puissant. Au niveau international, il faut que les préconisations de l’OMS deviennent contraignantes. Rares sont les pays qui ont suivi les recommandations de l’OMS avant et pendant la crise. Nous écoutons plus volontiers les « conseils » du FMI que de l’OMS. Le drame actuel montre que nous avons tort. Ces derniers jours, nous avons vu des communs se constituer : des scientifiques qui, en dehors de tout cadre public ou privé, se sont spontanément coordonnés via l’initiative Opencovid19 pour mutualiser l’information sur les bonnes pratiques de dépistage du virus. La santé n’est qu’un exemple : l’environnement, l’éducation, la culture, la biodiversité sont des communs mondiaux. Il faut inventer des institutions qui permettent de les honorer, de reconnaître nos interdépendances et de rendre nos sociétés résilientes. Certaines existent déjà : Drugs for Neglected Disease Initiative (DNDI) est un magnifique exemple, créé par des médecins français il y a quinze ans, de réseau collaboratif tiers, où coopèrent le privé, le public et les ONG qui réussit à faire ce que ni le secteur pharmaceutique privé, ni les Etats, ni la société civile n’arrivent à faire seuls. 

Emmanuel Macron semble vous suivre. Il a parlé de « biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ». Qu’en pensez-vous ?          

Le lexique des communs est présent dans les discours du Président de la République depuis sa première allocation à l’Assemblée générale des Nations Unies du 25 septembre 2018. Les actes doivent accompagner la parole. Ensuite, “hors marché” ne signifie pas nécessairement “étatisé”. C’est tout l’intérêt d’inventer des règles de mise en commun (des risques, de la protection) que d’éviter une dichotomie simpliste. 

Au niveau individuel, nous découvrons la peur de la pénurie. Comment cela modifie-t-il nos imaginaires économiques ? 

Peut-être y-a-t-il un aspect positif dans cette crise ? Elle nous délivre du narcissisme consumériste, du “je veux tout, tout de suite”. Elle nous ramène à l’essentiel, à ce qui compte « vraiment » : la qualité des relations humaines, la solidarité. Elle nous rappelle, aussi, à quel point la nature est importante à notre santé mentale et physique. Ceux qui vivent confinés dans un 15m² à Paris ou à Milan le savent déjà… Le rationnement qui s’installe sur certains produits nous rappelle la finitude des ressources. Bienvenue dans le monde fini ! Pendant des années, les milliards dépensés en marketing nous ont fait confondre la planète avec un supermarché géant où tout serait indéfiniment à notre disposition. Nous faisons brutalement l’expérience du manque. Il y aura, je l’espère, un avant et un après. Comme un sevrage brutal, une cure de désintoxication. C’est très dur pour certains. Mais cela peut être salvateur. 

Sommes-nous en train d’apprendre la décroissance ? 

 Je pense qu’un certain romantisme “collapsologique” va être vite tempéré par la vision de ce que signifie, dans la configuration actuelle, l’arrêt brutal de l’économie : le chômage, la ruine, les vies brisées, les morts, la souffrance au quotidien de ceux chez qui le virus laissera des traces à vie. Dans le sillage de l’encyclique Laudato si du Pape François, je préfère espérer que cette pandémie sera l’occasion de réorienter nos vies et nos institutions vers une sobriété heureuse et le respect de la finitude. Le moment est décisif : on peut craindre ce que Naomi Klein a baptisé la « stratégie du choc ». (2007). Il ne faut pas que, sous prétexte de soutenir les entreprises, certains gouvernements affaiblissent encore davantage le droit du travail. Ou qu’ils en profitent pour resserrer encore la surveillance policière des populations. Ni que le commerce en ligne finisse de tuer les magasins de proximité alors qu’il faut, au contraire, tout relocaliser. Encore moins que les achats d’armes par certains gouvernements (au lieu d’acheter des ventilateurs) servent à contraindre les salariés modestes à risquer leur vie pour ne pas interrompre les chaînes d’approvisionnement des plus privilégiés. 

Cette pandémie est-elle liée au réchauffement climatique ? 

La destruction écologique à laquelle se livre notre économie extractiviste depuis plus d’un siècle partage avec cette pandémie une racine commune : nous sommes devenus l’espèce dominante de l’ensemble du vivant sur Terre. 

Nous sommes donc capables de briser les chaînes trophiques de tous les autres animaux (et c’est bien ce que nous faisons, des poissons jusqu’aux oiseaux) mais nous sommes aussi le meilleur véhicule pour les pathogènes. En termes d’évolution biologique, il est beaucoup plus “efficace” pour un virus de parasiter l’humain que le renne arctique, déjà en voie de disparition à cause du réchauffement. Et ce sera de plus en plus le cas à mesure que les dérèglements écologiques vont décimer les autres espèces vivantes. 

Bascule-t-on dans un monde géopolitique nouveau ? 

Il y a de nombreuses inconnues : que se passe-t-il en Russie et en Inde ? Dans des pays des Suds —- où l’on ne sait pas, à ce stade, si la maladie est freinée par la chaleur —, la grande jeunesse de la population pourrait fournir une très bonne barrière immunologique. Mais la déficience, quand ce n’est pas l’absence complète, de suivi sanitaire, d’infrastructure hospitalière et d’appareil statistique ne permet pas de comprendre, à ce jour, à quelle vitesse la pandémie se répand. Ce que l’on peut dire, c’est que le coronavirus exacerbe le bras de fer entre la Chine et les Etats-Unis. La propagande chinoise s’efforce d’instaurer l’idée que le pays a su stopper la pandémie et semble vouloir faire bénéficier le reste du monde de son expérience. Pékin a surtout à se faire pardonner d’être à l’origine du problème : les services publics chinois ont dissimulé l’épidémie pendant plus d’un mois avant de prendre la mesure de sa gravité. Reste que cette pandémie peut devenir pour la Chine ce que fut la Seconde Guerre mondiale pour les Américains : le moment d’un basculement géopolitique et d’une prise de leadership mondial. Surtout si l’économie des Etats-Unis devait connaître une très dure récession. Dans les pays occidentaux, on entend d’ailleurs une petite rengaine valorisant l’autoritarisme chinois. « Et si nos démocraties étaient mal armées ? Trop lentes ? Engluées dans les libertés individuelles ? » Cette antienne se fredonnait déjà avant la pandémie et me semble très dangereuse. La Chine est un pays totalitaire. La pandémie a-t-elle atteint le Xin Jang ? Sur le million de Ouïgours qui y vivent en camp de “rééducation”, combien ont été touchés ? Combien survivront à la prochaine pandémie ? Certains se demandent si, pour conserver leurs privilèges, ce ne serait pas le moment de basculer du laissez-faire vers l’autoritarisme (néo- libéral). Ce serait suicidaire. Comme l’écrivait déjà La Fontaine à propos de la peste : “ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés”.

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Sacrifier l’âne innocent ne sert à rien et relève d’un paganisme médiéval. Il faut éviter la peste, c’est la seule attitude rationnelle pour tout le monde

Tribune L’Obs, mars 2020. Gaël Giraud, directeur de recherche CNRS, Professeur Ecole Nationale des Ponts. Paris Tech’, jésuite. 

Economie·Nos synthèses par domaines.·Société

Internet, réseaux sociaux et usages.

L’idée de cet article « global » sur ce sujet sensible est née de la publication par l’INSEE de sa livraison d’avril d’un numéro de Résultat portant sur les technologies de l’Information et de la Communication s’appuyant comme toujours sur une longue « série » statistique. Il s’agit donc d’une étude de fond, sur 10 ans, de 2009 à 2019.

L’usage des technologies de l’information et de la communication par les ménages entre 2009 et 2019.

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Enquêtes sur les TIC auprès des ménages – Insee Résultats

Annaïck Rolland, division Conditions de vie des ménages, Insee.

I. INSEE RÉSULTATS Paru le : 01/04/2020

En 2019, 83 % des personnes de 15 ans ou plus résidant en France ont utilisé Internet au cours des trois derniers mois, contre seulement 65 % en 2009. Les plus âgés rattrapent leur retard ; 32 % des 75 ans ou plus sont utilisateurs contre 8 % d’entre eux en 2009. Les pratiques se développent et se diversifient et, parmi elles, les achats et ventes en ligne sont de plus en plus prisés.

Le développement accéléré de l’Internet mobile accompagne ces évolutions : en 2019, 75 % des personnes résidant en France ont déjà navigué sur Internet en dehors de chez elles, via un ordinateur portable, un téléphone portable, une tablette ou un autre appareil mobile ; elles n’étaient que 18 % dix ans auparavant.

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La série chiffrée accentue encore la rapidité de cette progression.

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  • Champ : ensemble des individus de 15 ans ou plus vivant en France dans un ménage ordinaire.
  • Source : Insee, enquêtes Technologies de l’information et de la communication de 2009 à 2019.

Pour en savoir plus

Mordier B., Vacher T. « Les médias sociaux : quel usage pour le marché de l’emploi ? », Insee Focus n° 30, juin 2015.

II. Usages Professionnels – Compléments : Extrait de Focus Juin 2015, enseignements de l’enquête Emploi 2013.

Sommaire

  1. 8 % des sociétés utilisent les médias sociaux pour recruter du personnel
  2. 30 % des personnes cherchant un emploi l’ont fait savoir via les réseaux sociaux
  3. L’usage des réseaux professionnels se développe

8 % des sociétés utilisent les médias sociaux pour recruter du personnel

En 2013, 20 % des sociétés de dix personnes ou plus implantées en France disposent d’un profil, d’un compte ou d’une licence sur un média social, le plus souvent un réseau social (bibliographie). Parmi elles, 38 % déclarent l’utiliser pour recruter du personnel, motif important même s’il l’est moins que ceux de développer l’image de l’entreprise, commercialiser des produits et interagir avec des clients. Au total, ce sont 8 % des sociétés de 10 personnes ou plus (représentant 25 % des effectifs de ces dernières) qui à la fois disposent d’un compte sur un média social et l’utilisent pour recruter du personnel (figure 1). Elles peuvent, par ce biais, diffuser largement leurs annonces, rechercher des candidats au profil ciblé, identifier et contacter des candidats, échanger avec d’autres sociétés ou encore vérifier le parcours de candidats, etc.

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Par comparaison, en Union européenne (UE à 28), 9 % des sociétés de 10 personnes ou plus ont recours aux médias sociaux pour recruter du personnel. De fait, les sociétés implantées en France ont moins souvent un compte sur un média social (20 % contre 30 % en moyenne dans l’UE à 28). Par contre, le motif de recrutement du personnel est plus souvent cité en France (38 % contre 30 % dans l’UE à 28).

En France, parmi les sociétés de 10 personnes ou plus, celles employant 250 personnes ou plus recourent plus souvent aux médias sociaux pour recruter du personnel : 24 % contre 9 % parmi celles de 20 à 249 personnes et 5 % parmi celles de 10 à 19 personnes.

C’est parmi les sociétés du secteur de l’information et de la communication que cette pratique est la plus répandue (32 %). Suivent les sociétés du secteur des activités spécialisées scientifiques et techniques (14 %) et celles de l’hébergement et de la restauration (12 %). À l’autre extrême, les sociétés de l’industrie, de la construction et des transports font rarement usage des médias sociaux pour recruter du personnel (3 %).

30 % des personnes cherchant un emploi l’ont fait savoir via les réseaux sociaux

Pour les personnes qui recherchent un emploi, le recours aux réseaux sociaux est assez fréquent : 30 % d’entre elles l’ont fait savoir sur ces réseaux en communiquant leur profil professionnel. Cependant ce mode de recherche est rarement mobilisé seul : la plupart des personnes qui l’ont utilisé ont également fait appel à des connaissances (70 % d’entre elles) ou à des organismes (64 %) comme Pôle emploi ou l’association pour l’emploi des cadres (APEC), ou ont candidaté directement auprès d’un employeur (53 %).

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Les plus jeunes et les plus diplômés recourent davantage aux réseaux sociaux. Parmi les personnes à la recherche d’un emploi, 35 % des 20-24 ans (figure 2 ci-dessus) les utilisent dans leurs démarches. Elles sont 45 % parmi les titulaires d’une licence ou d’un diplôme d’un niveau supérieur, mais seulement 20 % parmi les non-diplômés (figure 3 ci-dessous). Les femmes y recourent autant que les hommes.

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L’usage des réseaux professionnels se développe

Au cours du premier trimestre 2013, 11 % des personnes actives de 20 ans ou plus déclarent avoir participé à un réseau social professionnel sur Internet : création d’un profil, envoi de messages ou autres contributions. Ce taux progresse depuis 2011 : il s’établissait alors à 8 %. Les plus jeunes y recourent davantage ; 14 % des actifs âgés de 20 à 39 ans utilisent un réseau professionnel contre 7 % chez les personnes de 50 ans ou plus.

Le recours à un réseau professionnel est fréquent chez les cadres d’entreprise ; 37 % d’entre eux sont concernés (figure 4). Il est deux fois moins important chez les cadres de la fonction publique, professions intellectuelles et artistiques (19 %) ou les professions libérales (17 %), et beaucoup plus rare chez les agriculteurs exploitants ou les ouvriers et les employés (moins de 5 %).

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Les hommes utilisent plus souvent les réseaux professionnels que les femmes (14 % contre 8 %). Ceci reste vrai à âge et profession équivalents.

III. INSEE première : « Une personne sur six n’utilise pas Internet, plus d’un usager sur trois manque de compétences numériques de base », Insee Première n°1780, octobre 2019.

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En 2019, 15% des personnes de 15 ans ou plus n’ont pas utilisé Internet au cours de l’année, tandis que 38 % des usagers toute de compétence. manquent d’au moins une compétence  numérique de base et 2% sont dépourvus de toute  compétence. Ainsi, l’illectronisme, ou illettrisme numérique concerne 17% de la population. Une personne sur quatre ne sait pas s’informer et une sur cinq est incapable de communiquer via Internet. Les personnes les plus âgées, les moins diplômées, aux revenus modestes, celles vivant seules ou en couple sans enfant ou encore résidant dans les DOM sont les plus touchées par le défaut d’équipement comme par le manque de compétences. En France, le niveau global de compétences numériques est semblable à la moyenne européenne. 

Stéphane Legleye, Annaïck Rolland (division Conditions de vie des ménages, Insee) 

Savoir utiliser les ressources numériques courantes (Internet, traitement de texte…) est devenu presque aussi indispensable que savoir lire, écrire et compter. Ne pas avoir accès à Internet ou ne pas savoir utiliser les outils numériques représente donc un réel handicap, notamment pour effectuer des démarches administratives ou encore accéder aux services publics, pouvant accroître la vulnérabilité sociale de populations potentiellement déjà fragiles. La lutte contre l’illectronisme devient ainsi un enjeu de politique publique comparable à la lutte contre l’illettrisme. En raison des évolutions incessantes des supports et des logiciels, elle nécessite de réduire, à tous les âges et tout au long de la vie, les inégalités matérielles et de fournir une formation continue. 

Une personne de 75 ans ou plus sur deux n’a pas accès à Internet à son domicile. 

En 2019, 12 % des individus de 15 ans ou plus résidant en France hors Mayotte ne disposent d’aucun accès à Internet depuis leur domicile, quel que soit le type d’appareil (ordinateur, tablette, téléphone portable) et de connexion (figure 1). Ce taux a baissé de 21 points depuis 2009, et ce dans tous les segments de la société [Insee Résultats, 2019], mais des inégalités persistent : les personnes âgées, peu diplômées ou dont le niveau de vie est modeste disposent moins souvent d’un accès personnel à Internet. Ainsi, 53 % des 75 ans ou plus n’ont pas accès à Internet, comme 34 % des personnes sans diplôme ou titulaires d’un certificat d’études primaires (CEP) et 16 % des plus modestes (vivant dans un ménage du 1er quintile de niveau de vie). À l’opposé, seuls 2 % des 15-29 ans ne sont pas équipés, comme 3 % des diplômés du supérieur et 4 % des personnes vivant dans un ménage du dernier quintile de niveau de vie. Le type de ménage est également clivant, les personnes seules et les couples sans enfant étant nettement moins équipés. Cet effet perdure toutes choses égales par ailleurs, et notamment à âge fixé (figure 2). Relativement aux couples avec enfant, les personnes seules sont plus de six fois plus souvent non-équipées, et les couples sans enfant 3,3 fois plus. La situation professionnelle joue également : parmi les 18-64 ans (hors étudiants et retraités), c’est-à-dire les personnes en âge de travailler, les chômeurs et les inactifs sont moins souvent équipés que les personnes en emploi. Ne pas s’équiper peut être un choix justifié par le manque d’intérêt (cité par 19 % des non-équipés), la volonté de protéger sa vie privée (15 %) ou le fait de disposer d’un accès hors du domicile (6 %). Ces deux dernières raisons sont socialement clivées :      l’existence d’un accès hors du domicile est quatre fois plus citée par les diplômés du supérieur que les non-diplômés (21 % contre 5 %), la protection de la vie privée trois fois plus (34 % contre 12 %). 

Insee Première n° 1780 – Octobre 2019 

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15 % de la population n’a pas utilisé Internet au cours de l’année dont 64 % des 75 ans ou plus 

En 2019, 15 % de la population n’a pas utilisé Internet dans l’année écoulée. En pratique, non-équipement et non-usage vont de pair : seules 6 % des personnes équipées à domicile n’utilisent pas Internet, et inversement, seuls 2 % des usagers ne sont pas équipés. À l’opposé, 71%  de la population est utilisatrice quotidienne ou presque, soit 24 points de plus qu’en 2009. Cet usage quasi-quotidien se démocratise, même chez les 75 ans ou plus parmi lesquels il est passé de 5 % à 19 % entre 2009 et 2019. Entre 2009 et 2019, les disparités sociales se sont réduites pour l’usage quotidien : l’écart entre les 75 ans ou plus et les moins de 30 ans est passé de 66 à 41 points, celui entre les diplômés du supérieur et les non-diplômés de 63 à 24 points, celui entre les cadres et les ouvriers de 49 à 14 points. Toutefois, le non-usage d’Internet reste socialement très clivé en 2019 : par exemple, 64 % des 75 ans ou plus et 41 % des personnes sans diplôme ne se sont pas connectées au cours de l’année. L’analyse toutes choses égales par ailleurs montre que les déterminants du non-usage au cours de l’année sont identiques à ceux du non-équipement. Le diplôme s’avère un peu plus discriminant, à l’inverse, le niveau de vie joue moins et les disparités entre les types de ménage sont amenuisées. Par ailleurs, parmi les 18-64 ans (hors étudiants et retraités), les inactifs sont deux fois moins souvent utilisateurs d’Internet que les personnes en emploi, alors qu’il n’y a pas de différence entre ces dernières et les chômeurs. 

38 % des usagers d’Internet manquent d’au moins une compétence numérique, 2 % n’en ont aucune

 Utiliser Internet ne garantit pas de posséder les compétences numériques de base (figure 3). Ainsi 38 % des usagers apparaissent manquer d’au moins une compétence dans les quatre domaines que sont la recherche d’information, la communication, l’utilisation de logiciels et la résolution de problèmes (encadré). Le défaut de compétence le plus répandu concerne l’usage de logiciel (35 %) devant la recherche d’information (11 %), la résolution de problèmes (8 %) et la communication (7 %). L’absence de compétences numériques concerne 2 % des usagers d’Internet. Si l’on ajoute les non-usagers, 17 % de la population se trouve en situation d’illectronisme. Le profil des personnes concernées reflète largement celui du non-usage : les plus concernées sont les personnes âgées, peu diplômées, au niveau de vie modeste, vivant seules ou en couple sans enfant, inactives ou vivant dans les DOM (hors Mayotte). Mais l’âge joue davantage sur les compétences que sur l’équipement, alors que le niveau de vie est plus discriminant pour l’équipement que pour les compétences. 

Une personne sur quatre ne sait pas s’informer et une sur cinq est incapable de communiquer via Internet 

Obtenir de l’information sur Internet est fondamental. Pourtant, 24 % de la population apparaît en être incapable : 9 % se sentent réellement incompétents bien qu’usagers d’Internet, tandis que 15 % sont non-usagers. Parmi les usagers d’Internet, 33 % n’ont ainsi pas été en mesure de se renseigner sur des produits et services et 49 % de rechercher des informations administratives. L’incapacité à rechercher des informations administratives est particulièrement problématique, comme en témoigne le rapport du Défenseur des droits de 2019. Pour les personnes concernées, la dématérialisation de l’administration accroît le risque de non-recours à des prestations ou de perte de droits. De même, alors que communiquer via Internet paraît quasi-incontournable dans le monde professionnel et personnel, un peu plus de 21 % de la population ne dispose pas de cette capacité en 2019. Un peu plus de 6 % des personnes apparaissent réellement incompétentes, tandis que 15 % sont en fait non-usagères. Parmi les usagers d’Internet, 14 % n’ont ni envoyé ni lu de courriels et 54 % n’ont pas communiqué via les réseaux sociaux (qu’ils soient personnels ou professionnels). Cela accroît le risque d’isolement relationnel et réduit les chances d’obtenir de l’aide en cas de besoin [Gleizes et al., 2019]. Savoir utiliser des logiciels, comme les traitements de texte, est également une compétence souvent nécessaire dans la vie courante et professionnelle, et s’impose même pour rédiger lettres de motivation ou curriculum vitae afin de postuler à une offre d’emploi. Cependant, 35 % des usagers d’Internet au cours de l’année sont dépourvus de cette compétence. Enfin, parmi les usagers d’Internet dans l’année, 8 % n’ont pas effectué de tâche informatique simple, comme déplacer un fichier, installer un programme ou consulter son compte en banque. 

Des compétences clivées suivant l’âge, le diplôme et le type de ménage 

Si l’accès à Internet et son usage se développent rapidement, des inégalités de maîtrise des outils numériques persistent, qui dépassent les clivages liés à l’âge. Parmi les usagers d’Internet dans l’année âgés de 18 à 64 ans (hors étudiants et retraités), le diplôme est, toutes choses égales par ailleurs, le facteur le plus discriminant en matière de compétences numériques de base. Les personnes vivant dans des ménages avec enfant déclarent moins de difficultés à maîtriser les compétences de base, ce qui pourrait témoigner du rôle formateur des jeunes dans l’acquisition des compétences de leurs parents. La situation professionnelle est également clivante : les chômeurs présentent moins de difficultés dans les compétences de base que les personnes en emploi et les inactifs ; ils ont aussi moins de risque de ne pas savoir s’in- former et utiliser des logiciels. Ce résultat pourrait refléter la nécessité qu’ils ont de consulter régulièrement Internet et notamment le site de Pôle emploi. 

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Insee Première n° 1780 – Octobre 2019 

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4. Niveaux de compétences numériques dans les pays européens 

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Des disparités territoriales d’équipement et de compétences 

Bien qu’il existe des zones blanches ou mal couvertes en téléphonie mobile et d’autres où l’offre Internet filaire est déficiente, les disparités territoriales révélées par l’enquête sont modestes : le taux brut de non-équipement est minimal en agglomération parisienne (8 %) mais 1,6 fois plus élevé dans les communes rurales et dans les unités urbaines de moins de 10 000 habitants (13 %) et 1,5 fois plus dans les unités urbaines de 10 000 à 1 999 999 habitants (12 %). Cependant, ces sur-risques sont largement dus à des différences de population : ils s’amenuisent et deviennent non-significatifs toutes choses égales par ailleurs, passant de 1,6 à 1,1 pour les communes rurales et les unités urbaines de moins de 10 000 habitants et de 1,5 à 1,1 pour les unités urbaines de 10 000 à 1 999 999 habitants. De même, le taux de non-équipement n’est pas significative- ment plus élevé dans les DOM (hors Mayotte) qu’en métropole, bien que le taux brut y soit supérieur (19 % contre 12 %) ; en revanche, le non-usage dans l’année est y plus élevé (+ 25 % par rapport à la métro- pole). Il n’y a pas de différence significative non plus pour le non-usage suivant la taille d’unité urbaine. Les raisons de l’absence d’équipement à domicile sont variables : le manque de compétence (41 %), le coût du matériel (32 %) ou de l’abonnement (27 %) sont les plus citées, loin devant l’absence d’offre haut-débit (5 %). Mais cette dernière raison clive vraiment le territoire : elle est citée par 13 % des non-équipés des communes rurales contre moins de 2 % dans les unités urbaines de plus de 100 000 habitants. Si 79 % des connexions filaires sont en haut-débit, ce n’est le cas que de 69 % dans les communes rurales (où on trouve 16 % de bas débit) contre plus de 80 % dans les unités urbaines de 10 000 habitants ou plus et 87 % en agglomération parisienne (où seules 5 % sont en bas-débit). Des inégalités apparaissent aussi pour les compétences : toutes choses égales par ailleurs, les usagers d’Internet des communes rurales manquent davantage de compétences de base en recherche d’information (+ 44 %) ou en communication (+ 72 %) – à l’instar de ceux des unités urbaines de 100 000 à 1 999 999 habitants (+ 59 %) – que ceux de l’agglomération parisienne, tandis que ceux des DOM manquent davantage de compétences en communication (+ 99 %) et résolution de problème (+ 82 %) que ceux de métropole. 

Les compétences des Français dans la moyenne de l’UE 

En France, en 2017, 43 % des individus de 16 à 74 ans (tranche d’âge commune à toutes les enquêtes européennes) avaient un score global de capacité numérique nul ou faible (encadré), ce qui place le pays dans la moyenne de l’Union européenne (figure 4). Le Luxembourg et Pays-Bas sont en tête (entre 15 % et 20 % de non-usage et de compétences faibles ou nulles), alors que la Roumanie et la Bulgarie sont en bas du classement, en raison de la faible proportion d’usagers (63 % en Bulgarie et 64 % en Roumanie). Cette distribution reflète à la fois le niveau de développement économique des pays, leur pyramide des âges, leur densité de population et l’hétérogénéité de leur territoire. ∎ 

Encadré : Capacités et compétences numériques.

Eurostat distingue quatre domaines de compétences numériques : 

– la recherche d’information (sur des produits et services marchands ou administratifs, etc.); 

–la communication (envoyer ou recevoir des courriels, etc.); 

–la résolution de problèmes (accéder à son compte bancaire par Internet, copier des fichiers, etc.); 

– l’usage de logiciels (traitement de texte, etc.). 

Ces compétences sont mesurées à partir des déclarations sur le fait d’effectuer certaines tâches dans l’enquête annuelle auprès des ménages sur les technologies de l’information et de la communication, menée dans tous les pays de l’Union européenne. 

Chaque compétence est notée 0 (compétence nulle), 1 (basique) ou 2 (compétence plus que basique). Le non-usage d’Internet au cours de l’année impliquant la note 0 : l’échelle mesure donc une capacité pratique (liée à la possession d’un équipement et à un usage même minimal d’Internet) si l’on considère la population générale, mais une compétence si l’on se restreint aux usagers d’Internet. Elle sous-estime légèrement les compétences en «logiciels» et «résolution de problèmes» dont les critères ne nécessitent pas tous l’usage d’Internet. 

Ces quatre domaines de compétences sont très liés, et en les sommant, on obtient un indicateur global de capacités numériques : une personne n’a ainsi aucune capacité numérique si elle obtient 0 dans chaque domaine (illectronisme) et des capacités plus que basiques si elle obtient 2 dans les quatre domaines. Entre les deux, Eurostat distingue les capacités faibles (au moins une compétence est notée à 0 et au moins une vaut 1) et basiques (aucune des compétences n’est égale à 0 et au moins une est égale à 1). 

Définitions 

Analyse toutes choses égales par ailleurs : cette approche vise à distinguer l’effet des différentes variables affectant un phénomène, par exemple, mesurer l’effet de l’âge sur la capacité à s’informer, à niveau de diplôme comparable, en tenant compte du fait que les plus âgés sont en moyenne moins diplômés. Les analyses présentées ici correspondent à une régression de Poisson modifiée, fournissant des risques relatifs (RR). Les variables prises en compte sont celles de la figure 2.

Illectronisme : désigne le fait de ne pas posséder les compétences numériques de base (envoyer des courriers électroniques, consulter ses comptes en ligne, utiliser des logiciels, etc.) ou de ne pas se servir d’Internet (incapacité ou impossibilité matérielle).

Quintiles de niveau de vie: valeurs qui répartissent les ménages en cinq groupes. Le premier quintile regroupe les 20 % des ménages dont le niveau de vie est le plus faible (modeste) et le dernier quintile les 20 % des ménages dont le niveau de vie est le plus élevé (aisé). 

Sources. 

L’enquête annuelle auprès des ménages sur les technologies de l’information et de la communication (TIC ménages) permet de décrire l’équipement et les usages des ménages dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (informatique, Internet fixe et mobile). L’enquête est annuelle depuis 2007. Elle est multimode: elle permet aux enquêtés de répondre soit par Internet, soit par un questionnaire papier, soit par téléphone. 

Pour en savoir plus 

  • L’économie et la société à l’ère du numérique, coll. «Insee Références», à paraître. 
  • Gleizes F., Grobon S., Legleye S., «3% des individus isolés de leur famille et de leur entourage: un cumul de difficultés socioéconomiques et de mal-être», Insee Première n° 1770, septembre 2019. 
  • «L’usage des technologies de l’information et de la communication par les ménages entre 2009 et 2018», Enquêtes sur les TIC auprès des ménages, Insee Résultats, mars 2019. 
  • «Dématérialisation et inégalités d’accès aux services publics», Défenseur des droits, janvier 2019.
  • Franchomme M., Laboureur M., «Diagnostic territorial des dispositifs de lutte contre l’illectronisme dans les Hauts-de-France», Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, octobre 2018. 
  • «L’illectronisme en France», enquête CSA, mars 2018. 

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Le retour du tragique : Pascal Perrineau.

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LE MONDE D’APRÈS. Replongerons-nous dans l’ancien monde ou sommes-nous en train d’ouvrir un nouveau monde ? C’est « à l’ampleur finale du désastre humain, mais aussi économique, social et politique », à « la manière dont les dirigeants de l’État et la puissance publique seront parvenus (ou non) à gérer la crise et sauront (ou non) en tirer les conséquences pour déjà se préparer à la suivante », à, « la façon dont chaque individu reconfigurera (ou non) son double rapport au temps et à l’espace », que Pascal Perrineau conditionne l’envergure civilisationnelle de cette épreuve de vérité. Mais aussi à une irrépressible leçon de l’Histoire : l’omniprésence du « tragique ». Leçon qui ramène l’Homme, enivré d’arrogance, de vanité et de pouvoir, prisonnier de son anthropocentrisme, à ce qu’il est réellement : infiniment petit et infiniment vulnérable, infiniment barbare lorsqu’il siphonne le progrès de son sens. « La violence de la pandémie rappelle que le tragique est propre à toute époque, passée et future ; elle rappelle que la maitrise définitive de notre environnement n’existe pas et à tout moment peut être défiée ; elle rappelle que les hommes sont l’agent premier de leur perte. Si ces rappels sur la fragilité sont intégrés par les gouvernants et les citoyens, les leçons de cette pandémie ne seront pas vaines », espère le politologue.

LA TRIBUNE – Question : Ce moment si particulier de début de confinement, comment l’éprouvez-vous intimement, comment l’interprétez-vous intellectuellement ? Je et nous vivons une expérience unique, nommez-vous, de « recentrage »…

Pascal Perrineau – Absolument. Recentrage d’abord sur le vital : nous essayons de prendre soin de nous et de veiller au soin de nos proches. Recentrage aussi sur l’essentiel : grâce à cette pause subite, grâce à cet arrêt du temps inédit, chacun d’entre nous est invité – dans la douleur pour ceux qui sont exposés à la solitude ou à la précarité – à se recentrer sur lui afin non plus de cultiver son individualité (et son individualisme) mais de préserver le collectif. Dans cette distinction fondamentale de destination, réside sans doute le caractère le plus neuf et le plus intéressant de ce confinement. Vivre soi avec soi pour mieux prendre soin de l’Autre.

Question : Cette réclusion et ce « recentrage » bouleversent notre double rapport au temps et à l’espace. Voilà « seulement » une dizaine de jours que nous l’éprouvons, en repérez-vous déjà des manifestations, des enseignements… et des bienfaits ? Qui n’a jamais éprouvé douloureusement que l’extraordinaire compression du temps, provoquée par les nouvelles technologies de communication, téléphone portable en tête, était devenue irrespirable ? Que la dictature des écrans et des réseaux sociaux embastillait nos consciences ? Que l’hyper-connectivité, tentaculaire et immédiate bloquait nos dispositions à penser, à flâner, à rêver, à imaginer, à « bien » décider ?

Ce rapport au temps et à l’espace ainsi ébranlé modifie la manière dont nous nous insérons dans notre espace de vie, et donc devrait modifier à terme notre propre rapport à l’existence. Voilà bien une dizaine d’années que nous nous questionnons sur ce temps qu’en effet téléphones portables, ordinateurs, et même désormais montres connectées( !), rendent si rapide, parfois même instantané. Le temps s’est affolé, il a façonné cette société du « bougisme » modélisée par le philosophe Pierre-André Taguieff, il entraine ce que le romancier Sylvain Tesson baptise « l’épilepsie du temps », et finalement le confinement nous donne l’opportunité de marquer un temps d’arrêt, de goûter les minutes et de mettre en place un éloge de la lenteur. Jusqu’à, en ce qui me concerne, perdre la notion des dates, l’ordre des jours et même des heures !

Quant à l’espace, il était il y a peu illimité. Nous « flottions » dans un espace qui avait pour horizon le monde, l’Europe, les pays visités ou traversés, et cela à partir d’un simple message électronique, d’une visioconférence, d’un voyage à toute allure en TGV ou encore d’un vol transatlantique. Sous le coup d’un arrêt immédiat des mobilités, notre espace de vie s’est soudainement réduit aux murs de l’appartement ou de la maison… Le voyage devient un « voyage autour de ma chambre » comme pouvait le décrire à la fin du XVIIIe siècle l’écrivain savoyard Xavier de Maistre, un des seuls voyages, écrivait-il « à l’abri de la jalousie inquiète des hommes« ..

Question : Or l’espace de vivre conditionne l’espace de penser. Des réclusions subies naissent parfois de lumineuses créations ; plus surement elles provoquent la contraction des horizons et donc ensommeillent l’imagination…

Je pense qu’il n’existe pas de règle universelle. Et peut-être d’ailleurs le paradoxe de ce confinement nous éveille à un nouvel horizon ; songez en effet qu’on nous demande et même nous impose de nous isoler aux fins de protéger autrui et de sauver la communauté. Ce grand écart concentre de formidables leçons sur et pour nous-mêmes, à la fois sur ce que nous sommes intrinsèquement et sur la manière dont nous construisions notre lien aux autres – les autres étant les humains bien sûr, mais aussi « tout » ce qui compose notre environnement, en premier lieu cette nature que nous consommons sans limite et pillons sans vergogne. Cette prise de conscience sera-t-elle éphémère, s’évanouira-t-elle aussi vite qu’elle a surgi une fois le confinement et la crise passés ? Ou au contraire sera-t-elle durable ? Replongerons-nous dans l’ancien monde ou sommes-nous en train d’ouvrir un nouveau monde ?

Pour marqueur de notre espace, reprendrons-nous l’infiniment grand ou au contraire nous tournerons-nous vers la proximité ? Et par exemple, lors d’une semaine de repos, continuerons-nous de nous envoler vers des iles lointaines ou préférerons-nous (re)découvrir la proximité familière : la campagne de son enfance, la mer des vacances d’été en famille… ? Seuls les faits, bien sûr, et le… temps le diront.

Question : Quel moment de la démocratie française traversons-nous ? Il y a quelques mois, vous publiiez Le grand écart (Plon), mettant en lumière l’état de santé dégradé de la démocratie française au crépuscule d’une année 2019 symptomatique. Fragmentée, écartelée entre des mécanismes (direct, avec les gilets jaunes ; participatif, avec le Grand débat national ; représentatif, avec le scrutin européen) qui peinent à dialoguer et à s’articuler harmonieusement, déstabilisée par la prise de pouvoir des réseaux sociaux et l’effacement, pour certains temporaires pour d’autres définitifs, de principes cardinaux sur lesquels elle fonde son efficacité – temps long, vitalité des corps intermédiaires, etc. -, cette démocratie est malade. Peut-on dès maintenant repérer les manifestations de l’épreuve, du défi auxquels l’expose la crise du Covid-19 ?

Quel système politique est le mieux adapté à la gestion d’un tel événement ? Cette question est au cœur des débats d’ordre politique. Et elle n’est pas close, car lorsqu’on fait un tour du monde des régimes politiques confrontés à la pandémie, il est difficile d’avoir une opinion tranchée et universelle. De la Chine aux États-Unis, du Brésil à la Russie, de l’Inde à l’Europe… la comparaison est délicate. Reste que le succès – pour l’heure – des méthodes chinoises peut laisser penser qu’au plus fort d’une telle épidémie, un régime centralisé, autoritaire, décrétant des mesures radicales qui prennent appui sur des dispositifs liberticides, peut sembler plus efficace qu’une démocratie « à la française ou à l’italienne ». Mais à y regarder de plus près, il faut constater que des démocraties comme celles de Corée du sud ou de Taïwan, affichent elles aussi des résultats tout à fait convaincants sans avoir tenté de travestir l’ampleur du mal épidémique au départ. Preuve que les démocraties, tout en maintenant une transparence, ne sont pas condamnées à être inefficaces. Donc les explications se trouvent davantage dans la stratégie des mesures mises en oeuvre que dans la nature du régime qui les déploie. Et plus encore peut-être, dans la singularité « culturelle ». En effet, qu’est-ce qui distingue, tendanciellement, les Chinois des Italiens, les Coréens des Français, les Japonais des Espagnols ? Leur disposition, naturelle ou héritée de leur histoire, de reléguer les droits des individus derrière les droits de la collectivité. Pour exemple, c’est officiellement au nom de « l’intérêt de tous » que Pékin ou Séoul tracent les téléphones portables et compriment « l’intérêt de chacun ». Personne ne s’en émeut. Imagine-t-on une telle acceptation en France ? Le degré de discipline sociale et politique d’une nation ainsi que sa sensibilité à l’intérêt de la collectivité sont décisifs pour distinguer les niveaux d’efficacité des différentes stratégies retenues.

Question : L’historien René Rémond avait daté la fin du XXe siècle au 11 septembre 2001. Parce que cette crise sanitaire est mondiale et durable, parce qu’elle est holistique et affecte tous les systèmes domestiques (politiques, économiques, sociaux, industriels), parce qu’elle nous plonge dans un inconnu ténébreux, parce qu’elle questionne le fonctionnement et donc l’avenir même – aussi bien politique qu’économique, aussi bien des échanges commerciaux que des déplacements humains, aussi bien de la gouvernance internationale que des modèles de consommation – de la mondialisation, ce qui s’est passé un jour, de si anodin, de si innocent, sur un obscur marché d’une mégapole chinoise pourrait-il marquer notre entrée dans une nouvelle ère ? Cette crise peut-elle même être civilisationnelle ?

Souvenons-nous de la crise financière de 2008 – 2009 ; combien de débats, de réflexions, de promesses ! « Plus rien ne sera jamais comme avant », avait prédit la communauté des experts et espéré une grande partie de la communauté humaine. La réalité est que le naturel avait repris son cours très vite, et que les acteurs de la finance avaient tout aussi aisément repris la main. Et rien, depuis, n’a profondément changé. Il existe, toutefois, une différence notable : cette pandémie menace l’essence même de ce que nous sommes. Notre vie. La vie de ceux que nous aimons. La vie de ceux qui composent notre cercle social, notre environnement professionnel, la vie de ceux, sans visage, que nous ne connaissons pas mais qui chaque jour participent, indirectement, à notre existence. Cette crise ne relève pas du matériel mais du vital. Cela modifie en profondeur le paradigme.

De l’ampleur finale du désastre humain, mais aussi économique, social et politique, de la manière dont les dirigeants de l’État et plus largement la puissance publique seront parvenus à gérer la crise et sauront en tirer les conséquences pour déjà se préparer à la suivante – depuis 1996 et la maladie de la vache folle, se sont succédé à un rythme de plus en plus élevé les épidémies SRAS, H1N1, Ebola, Zika -, de la façon, enfin, dont nous reconfigurerons (ou non) notre double rapport au temps et à l’espace, dépendra l’envergure civilisationnelle de cette épreuve de vérité.

« Les singularités culturelles selon les pays expliquent mieux que la nature des régimes, démocratiques ou autoritaires, les différences d’efficacité des stratégies de parade au Covid-19. »

Question : C’est criant aux États-Unis – au contraire de l’Allemagne, morcelée en länder – : le système fédéral, qui autorise la variété des mesures déployées pour faire face à la propagation du virus, montre ses limites à l’épreuve d’une telle crise. Variété synonyme d’hétérogénéité, d’anarchie, de hiatus délétères comme aux USA. La France, quant à elle, demeure écartelée par l’éternel déséquilibre entre la volonté de décentralisation et le dogme immuable de la centralisation…

En Allemagne, où le système de santé est mieux préparé qu’en France, pour l’heure l’efficacité de la parade n’est pas entravée – tout au contraire- par l’organisation fédérale.

Et celle-ci, parce qu’elle assure effectivement l’autonomie des territoires, permet même d’adapter les mesures aux réalités locales de la pandémie. Lorsque le système fédéral bénéficie d’une bonne coordination, il est performant.

Et cette réalité questionne les limites du schéma administratif français ; pour seul exemple, s’il avait été possible très tôt de décréter par les conseils départementaux des zones de confinement, peut-être aurions-nous mieux canalisé la propagation. Les écarts de fonctionnement d’une région à l’autre sont également éclairants. Ainsi le président de la Région Grand Est Jean Rottner – il est vrai médecin-urgentiste de profession – fait preuve d’un activisme, d’un sens de l’anticipation (il avait dès début mars alerté sur la dimension « terrible » de l’épidémie) et de l’initiative remarquables. Simplement, les pouvoirs des régions restent bien modestes…

Question : Au sein de l’Union européenne, l’examen des stratégies de riposte à la pandémie fait surgir une gestion erratique, décousue, désunie. Quoi de commun entre les mesures « de propagation immunitaire » en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas et celles de « confinement » en France et en Italie ? Même dans le domaine sanitaire, l’Europe est fracturée, avec le risque que la stratégie d’un pays soit plus tard jugée coupable d’un drame humanitaire chez son voisin. La faute en premier lieu aux pressions domestiques ? Un symptôme supplémentaire de l’extraordinaire difficulté de faire fonctionner un ensemble aussi disparate ? Comment l’expliquer alors qu’en 2008 cette même Europe avait su faire front commun à la crise financière ?

La différence fondamentale entre la gestion des deux crises à douze ans d’intervalle et le caractère effectivement décousu au sein de l’Union européenne quant à la réponse au Covid- 19 tiennent à la spécificité des compétences : celles de l’économie et des finances sont une réalité européenne, celles de la santé demeurent presque totalement domestiques. D’ailleurs, dans quel domaine du traitement de la crise du Covid-19 l’Europe peut-elle légitimement intervenir ? L’économie et la finance, avec les mesures immédiates de la Banque centrale, qui dès le 19 mars débloquait 750 milliards d’euros dédiés au rachat de dettes publiques et privées. En revanche, dans le domaine strictement sanitaire, elle est démunie.

Il semble évident que cette disharmonie devra être analysée une fois la crise passée, afin que demain une toute autre coordination des stratégies nationales sanitaires (stocks, équipements, approvisionnement des médicaments, recherche) s’instaure. Pourquoi ce qui fonctionne dans les domaines agricole, économique (marché unique, monnaie) ou encore de la pêche ne pourrait s’appliquer à la santé.

 » Avant, la mondialisation était objet de doutes, maintenant elle est objet de peurs »

Question : De la manière dont, au final, l’UE aura géré la pandémie pourrait dépendre en partie son avenir. Mais aussi l’avenir, ou plus exactement la prospérité des formations politiques nationalistes, souverainistes, europhobes, et plus largement populistes, dont l’audience repose en partie sur l’exploitation des peurs individuelles, et des dysfonctionnements de l’Institution ?

 

La désorganisation de la puissance publique, la thématique des frontières, la gestion des vagues migratoires participent au « fonds de commerce » commun de ces formations politiques ; la catastrophe sanitaire, économique et sociale qui s’annonce viendra renchérir cette audience. Dans quelle proportion ? Nul ne le sait encore.

L’autre sujet au cœur des dénonciations populistes et qui aujourd’hui est ouvertement mis à l’index, est la mondialisation. Et plus précisément l’appel à la dé-mondialisation, l’un des « chevaux de bataille » populistes. La « mondialisation heureuse » n’est pas au rendez-vous, elle est très imparfaite, elle dysfonctionne gravement, et maintenant elle favorise le péril humain : voilà l’impression générale que révèle ce « moment » de notre époque. Avant, cette mondialisation était l’objet de doutes, maintenant elle est objet de peurs. De ce nouvel état des lieux pourrait surgir un profond clivage entre partisans de l’ouverture et disciples de l’enfermement, ces derniers pouvant tirer profit (électoral) d’une focalisation des débats politiques sur ce thème de la (dé)mondialisation.

Question : Vous connaissez avec précision la démocratie américaine – vous enseignez chaque année les sciences politiques au Middleburry College (Vermont). Le géo-politologue et directeur de l’IRIS Pascal Boniface estime que sa gestion de la crise sanitaire, surtout si elle produit une déflagration humaine, économique, industrielle, boursière et sociale, pourrait affaiblir de manière rédhibitoire le « candidat » Trump. On sait les comportements de vote, le mécanisme des élections, la cartographie électorale aux États-Unis extraordinairement singuliers vus de France, on sait l’électorat de Donald Trump lui-même très typé, on sait aussi les fragilités et les atouts de son très probable rival Joe Biden : quels faits saillants de cette crise pourraient précipiter ou au contraire enhardir la candidature de l’actuel Président ?

L’approximation et l’amateurisme dont on peut qualifier l’action des dirigeants populistes européens siéent de manière spectaculaire à Donald Trump. Sa popularité repose sur le retour de la croissance, l’économie prospère, le réveil de l’emploi. Nonobstant les dégâts collatéraux – inégalités criantes, déficit public et endettement abyssaux, destruction de l’environnement -, pour l’heure sa politique lui assure une audience certaine. Il est évident que les effets planétaires et domestiques de la crise vont substantiellement affecter ce bilan. Il est tout aussi évident qu’il en paiera alors un prix électoral – sans pour autant qu’on puisse pronostiquer avec certitude sa défaite en novembre, tant l’avenir est aujourd’hui illisible et instable.

N’oublions pas que Donald Trump a toujours été bien plus le « symptôme des » que la « réponse aux » colères et inquiétudes des Américains. Et sa popularité comme la surprise de sa victoire ont eu pour ferment cette confusion. La question est de savoir si dans ce contexte inédit et sans visibilité, il demeure, pour ses électeurs, le symptôme de leurs malaises. Quand je découvre les files d’attente au seuil des armureries, je me dis que politiquement il n’est pas mort…

« L’Occident est aujourd’hui focalisé sur « ses » démocraties. Il ferait bien de s’occuper des autres parties de monde. Car dans certains pays, la tentation d’une réponse autoritaire s’imposant à la démocratie est grande. »

 

Question : La photographie planétaire des démocraties offre un vaste nuancier. Qu’il s’agisse de leurs constitutions, de leur histoire, de leur interprétation de l’autorité, de leur capacité à dévoyer les libertés, de leur exposition à des vulnérabilités spécifiques et locales, et de l’identité de leurs hiérarques actuels, ces démocraties sortiront affaiblies ou renforcées par la crise. Déjà maintenant, du Brésil de Bolsonaro à l’Inde de Modi – pays « explosif » s’il en est, par l’extrême pauvreté, l’incandescence des divisions religieuses, son voisinage avec les « ennemis » chinois et pakistanais, et l’arme nucléaire -, la tentation d’instrumentaliser le chaos et le besoin viscéral de sécurité aux fins de durcir l’exercice du pouvoir se manifeste. Des démocraties « éclairées » pourraient même sombrer dans la démocrature ou l’illibéralisme. Peut-on dresser un panorama des situations les plus vulnérables ?

Les démocraties assises sur un (appareil d’) État défaillant, reposant sur une puissance publique faible, disposant d’infrastructures de protection sociale, en en premier lieu de santé, inadaptées, sont les plus exposées. La tentation de la réponse autoritaire pourrait être grande, notamment en Amérique latine et centrale ; depuis plusieurs mois, de la Bolivie au Chili, des régimes démocratiques sont malmenés et fragilisés, d’autres étaient en dictature il n’y a pas si longtemps (Argentine), d’autres encore ont à leur tête des dirigeants qui potentiellement pourraient se saisir du cataclysme pour museler le pouvoir – effectivement, Jair Bolsonaro est de ceux-là. Il faudra être très attentif à l’évolution de la situation en Inde, plus largement en Asie du sud-est (Bangladesh, Philippines…) où la densité démographique et la pauvreté offrent un taux de pénétration potentiel du virus important. Et bien sûr en Afrique, ce continent si vulnérable et dont on parle si peu. L’Occident est aujourd’hui focalisé sur « ses » démocraties, il ferait bien de se préoccuper des autres parties du monde.

Pascal Perrineau est professeur des Universités à l’IEP Paris, et a dirigé son centre de recherches, le CEVIPOF, jusqu’en 2014. Il est l’auteur, notamment, de Le grand écart. Chroniques d’une démocratie fragmentée (Plon, 2019).

N°1/2 paru le 30 Mars 2020 dans La Tribune. Propos recueillis par Denis Lafay.

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Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (anciennement Centre d’études de la vie politique française, l’acronyme CEVIPOF étant toujours employé malgré le changement de dénomination en 20031) est une unité mixte de recherche sous la tutelle de l’IEP de Paris (Sciences Po) et du CNRS2,3,4.

Créé en 19602 par Jean Touchard1, et associé au Centre national de la recherche scientifique depuis 19685, le Centre de recherches politiques de Sciences Po a pour but l’analyse de la sociologie politique et électorale, de la sociologie de l’action publique1.

En 2007, le CEVIPOF avait un effectif de 158 personnes, dont des chercheursenseignants-chercheurs, ingénieurs techniciens et doctorants1. Son directeur est Martial Foucault depuis le 4 février 20146, et son secrétaire général, Madani Cheurfa[réf. souhaitée]. Les années précédentes, il a été dirigé par Pascal Perrineau de 1991 à 20132, et par Annick Percheron de 1987 à 19917.

En janvier 2013, l’universitaire Alain Garrigou estime sur son blog du Monde diplomatique que le laboratoire serait idéologiquement « très à droite »8.

Les professions de foi et bulletins de vote des élections législatives de la Ve République conservés au CEVIPOF ont été numérisés en partenariat avec la bibliothèque de Sciences Po et sont disponibles en ligne sur Internet Archive9,10.

 

 

Actualités & News·L'éditorial·Nos projets

Plénière N°123 : une première en visio qui tient ses promesses !

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Confiné.(e).s que vous êtes, voici un compliment collectif sincère, qui ira même à celles et ceux qui ne sont ni médecins ni soignants, et à qui la vue d’une seringue fait tourner de l’oeil… Vous avez été très forts ! 17 participants pour notre première visioconférence, c’était plutôt inattendu, bravo à tous, et plus encore à ceux qui ont ramé. L’envie de réussir était au rendez-vous.

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Conclusion immédiate : l’atelier AEC initialement prévu aujourd’hui, passe en visio (même heure, même procédure, mais numéro de salle de réunion). Pour mémoire, sont attendus : les 2 Françoise, Estelle, Pascal et Chakir. Bénévoles BCN : Hélène, Gilles (si dispo) Alexandre et Antoine.

Présentons d’abord Chakir * : salarié de Kéolis, Chakir a entamé une reconversion vers le domaine commercial, BTS Action Commerciale, Licence Développement Commercial et actuellement Master spécialisé en Direction d’entreprise, Direction Commerciale. Nouveau venu lors de l’atelier AEC du 12 Mars, Chakir s’est déclaré surpris et disponible pour travailler sur des thématiques « marketing » élargi, développement commercial, création d’entreprise…

I. Les Freelances et les partenaires.

Sylvie, ancienne Cadre de Santé est évidemment intéressée, car c’est dans ce domaine qu’elle termine sa formation de coaching (elle en est à 1 QCM validé sur 3). Dès que la phase stratégique sera passée, Sylvie viendra se joindre à nos travaux en atelier AEC.

Jef (Jean-François) a quitté Valduc il y a quelques mois pour se former en coaching, et devrait terminer sa formation en fin d’année. Il s’intéresse également au thème marketing et action commerciale évoqué par Chakir.

A toutes les personnes qui s’orientent vers des métiers de Freelance, Antoine explique les conditions dans lesquelles BCN peut envisager de faire appel à des prestations de ses partenaires ou adhérents directs : depuis 2018, nous avons fait appel à « Éveil de coaching » pour développer estime de soi et confiance en soi chez nos candidats. BCN est subventionnée par des collectivités territoriales, et doit donc présenter des comptes validés et conformes. Un prochain appel à prestation va être lancé dans le domaine de la communication sur les réseaux sociaux, Hélène a préparé le cahier des charges ad hoc.

Hélène N. de Clés d’Avenir a laissé un joli message sur Facebook pour expliquer comment elle allait gérer la période de confinement avec ses clients. Elle y cite les outils qu’elle va utiliser : Skype, What’s App et NFon  vont lui permettre de couvrir l’ensemble de la palette.

Concernant la nature du partenariat avec BCN, Hélène mentionne la mise à disposition de locaux à la M.D.A. Un deuxième groupe combinant « Bilan de compétences » et accompagnement émotionnel et corporel y était prévu en avril, à nouveau sous la forme d’un partenariat. Il est malheureusement reporté.

L’échange avec Tracey, que de nombreuses personnes ici connaissent, est l’occasion de faire le point sur notre partenariat avec l’Afpa : les finalités sont l’insertion et/ou la reconversion professionnelle, la création d’activité et en tous les cas, le soutien et l’accompagnement. Le projet « Afpa Village » a été validé nationalement, il reste à résoudre la question des personnes hébergées à Chevigny. BCN partenaire de ce projet, en attend une implantation dans un lieu proche de ses « clients », et envisageait d’y recruter 2 volontaires en Service Civique.

II. Le réseau.

Nous rencontrons les mêmes problématiques : comment être présents auprès de tous nos adhérents ? Nathalie et Xavier ont réfléchi en commun à cette question, et remettront leurs recommandations aux membres du bureau : de quoi s’agit-il ? Les efforts de BCN en direction de LinkedIn ne passent pas inaperçus. Ne risque-t-on pas de brouiller le message ? La priorité de l’association est toujours de soutenir et d’accompagner ses adhérents du moment, ceux qui connaissent l’isolement, l’interrogation,  parfois le doute. Toutefois, il existe plusieurs échelles de temps : l’immédiat, le court terme,  et le temps long : susciter une communauté d’anciens, de témoins, entre dans cette deuxième catégorie. Comment allons-nous distinguer ?

Les posts individuels que vous déposez en tant que membres sont proches de ceux qui interviennent en tant que salariés, à leur initiative, ou en réaction à d’autres publications. Ils peuvent d’ailleurs avoir le même objectif de visibilité, de référencement en vue d’un éventuel « marché caché ». La page « Vitrine » de BCN doit se porter sur des sujets plus « durables » : le management, l’économie, l’événementiel régional.

Nathalie préconise que toutes les personnes affiliées à l’APEC et présentes sur Whaller accèdent aux Webinars « réseaux Sociaux » ; cela permettra d’effacer les écarts trop importants sur l’utilisation de Linkedin, et du même coup d’attaquer plus tôt les modules Web « façon BCN ».

Conclusion provisoire sur cette question : le bureau attend le document préparé par Nathalie et Xavier. Un nouveau calendrier des modules AEC est à l’étude, où les modules Web « façon BCN » remonteraient vers l’avant.

III. L’activité.

La proposition d’Hélène V. de rencontrer la Déléguée de l’APEC au sujet de Whaller pour lui expliquer notre démarche Linkedin sera examinée tranquillement : le coté assez brutal de ce basculement laisse penser qu’il s’agit d’un déploiement national. Plutôt que de semer un peu plus d’embarras sur une situation non maîtrisée localement, faisons jouer nos alliés dans la place… pourquoi pas en reproduisant des publications APEC dans nos propres publications ?

Au cours des deux dernières semaines, Hélène a sur ses deux projets annoncés le 20 février, les rendez-vous « Carrédas » et Profil LinkedIn se sont déroulés conformément aux inscriptions : cela concerne Danièle, Françoise M, Marie-Claire, Séraphin. Quelques séquences sont encore à finaliser, une fois que cela sera fait, qui donne le signal pour faire paraître ces fiches « Carrédas » sous l’onglet Compétences du WordPress ? peut-on imaginer un atelier AEC dédié  à la mise en ligne d’alertes sur les jobboards les mieux adaptés ?

Estelle, Maud et Antoine se sont rendus le 12 Mars dernier à la journée « Pensons Design » organisée par Nicéphore Cité : illustration de ce qui a été décrit plus haut, le compte-rendu complet a été diffusé ici, un extrait sur LinkedIn. La journée a été perçue comme intéressante et fructueuse par tous les 3.

Ce même jour, à l’atelier AEC du soir, Estelle nous apprenait qu’elle était retenue comme assistante-coordinatrice des études de l’ESEO, l’école privée d’Ingénieurs actuellement aux Grésilles, et qui prépare sa montée en puissance pour 2021 dans ses nouveaux locaux à 2021. Un grand bravo à elle ! Avec la fin du confinement, viendra le début du pétillement… nous avons déjà convenu d’un témoignage écrit de la part d’Estelle. Nul doute qu’elle y travaille déjà d’arrache-pied, un projet d’intégration dans son nouvel emploi lui a été adressé pour le 6 Avril. Enfin, Estelle nous laisse un catalogue d’idées et de propositions pour rendre BCN plus visible et plus sympathique, dont certaines ont déjà été suivies d’effet. Celle qui va suivre également.

IV. Le deuxième trimestre.

Le 15 Avril prochain, BCN 2.0 aura 5 ans… Réaliser un diaporama de nos meilleures photos sur nos différents réseaux serait un bon lancement pour la communauté #bourgognecollaborativenetwork dont nous parlions plus haut.

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Autre chapitre : l’appel à projet pour une formation Réseau et Communication autour des réseaux, orientée « Efficacité Numérique », sur la base d’un modèle existant proposée par Caroline Dauvergne (Evolve Formation). Sur le fond, le principe ne pose pas question. Reste la validation du budget disponible, et l’identification des autres organismes à consulter.

Les autres dates sont pour l’instant compromises : le 9 Avril à Pôle-Emploi Quétigny n’a pas encore été annulé, il faut donc le préparer. (Hélène V. et Antoine). Pour le Salon du Bien Vieillir, la Journée des Cadres de Pôle Emploi et les événements Nicéphore, tout est suspendu.

Nous pouvons en revanche tabler sur une plénière N° 124 en visio  le 23 Avril du même type que celle-ci, et la poursuite des ateliers AEC, à la nuance près que le calendrier pourrait être modifié.

La plénière de Mai pourrait voir le retour en physique dans sa forme traditionnelle à la Maison des Associations, le Jeudi 28 Mai ( à cause de l’ascension le 21).  Pour la plénière de Juin, l’idée retenue est une formule apéro au sommet de la Tour Philippe Le Bon (Duc de Bourgogne) dite aussi « Tour Lanterne » : nous allons prendre langue avec l’Office de Tourisme et les modalités exactes du Plan B (repli en cas de pluie).

Reste le groupe qui continue à se réunir sur le thème de l’interculturalité, (comment mettre à profit la période pour déboucher sur une production?) et le suivi de la conférence de Jérôme, que nous gardons « au chaud » avec son accord. Enfin, nous avions échangé avec Françoise sur un projet de conférence conception – design – marketing que nous pourrions démarrer via un groupe transverse, et qui comprendrait Sylvie, Chakir, Jef, Maud et Antoine, pour la  mise en commun.

Autres activités : présentation de BCN au Rotary Club de Clémenceau. Prévu : le 2 juin. Action : Christine et Antoine.

Comme promis, vous recevrez les coordonnées de Chakir par courriel séparé. Nous avons une Charte ! Rendez-vous jeudi prochain, pour l’atelier AEC d’Hélène, un grand merci à tous. Enfin, petit rappel : tous les comptes-rendus de réunion passent par le blog, il est donc nécessaire de vous y abonner, par mail ou directement !

L’Ours.

Généricours

 

 

 

Culture - Loisirs - Histoire

L’entretien du dimanche : Marjane Satrapi. »Il faut être dans l’action ».

Elle avait fait son entrée dans le cinéma en 2007,  avec l’adaptation de sa BD autobiographique, Persépolis, film d’animation césarisé, et sélectionné aux Oscars. Pour son cinquième long-métrage, l’artiste iranienne exilée Marjane Satrapi signe un biopic de Marie Curie, Radioactive*.

Radioactive

Q. Marie Curie est-elle pour vous un modèle  ?

Réponse : Elle a toujours été dans mon univers. Ma mère qui voulait que je sois une femme indépendante m’avait cité deux exemples, Marie Curie et Simone de Beauvoir. Comme j’avais des prédispositions pour les sciences et que toute ma scolarité, j’étais la matheuse de l’école, Marie Curie était mon modèle. Une lumière qui me suit dans les ténèbres.

Q. Quelles qualités faut-il retenir de Marie Curie, l’une des « Immortelles » du Panthéon ?

Réponse : Elle est évidemment d’une grande intelligence, mais aussi, intransigeante et dure avec elle-même. Elle pouvait être affectueuse, certes, mais pas sentimentale du tout. Elle n’est pas pour autant austère : elle a un grand amour pour la vie, elle adorait danser. Elle dessinait aussi  très bien, avec un grand sens de l’observation.

Q. Vous vouliez refaire de Marie Curie une héroïne dans l’esprit des Français d’aujourd’hui ?

Réponse : Je n’ai pas voulu en faire une héroïne. L’histoire de Marie Curie a déjà été racontée, elle a inspiré des films, des séries, des documentaires. Il m’a semblé intéressant de refaire un film aujourd’hui pour raconter comment la découverte de la radioactivité a changé notre monde. Que fait-on des découvertes ? Il est de notre responsabilité d’en faire bon usage. En parlant d’Hiroshima ou de Tchernobyl dans mon film, je montre l’usage indécent que l’on a fait des travaux de Pierre et Marie Curie, deux des plus décentes personnes de l’humanité.

Q. La science est au coeur de la belle histoire de Pierre et Marie Curie. C’était un couple singulier pour son temps ?

Réponse : Il n’y a pas de séparation entre la science et leur vie : c’est la même histoire. La science les réunit. Ils s’aiment follement parce qu’ils ont en commun une passion de la découverte, de la recherche. Une énergie extraordinaire se dégage de ce couple. Ils  sont très modernes, Marie Curie l’est, mais son mari encore plus. Au début du XXe siècle, l’émancipation des femmes a déjà commencé, mais il était rare qu’un homme accepte que sa femme soit sa collaboratrice, son égale.

Marie_Curie

Q. Qu’est-ce-que peut nous apporter cette femme forte qui pourrait être une femme d’aujourd’hui ?

Réponse : Madame Curie n’a jamais fait partie d’un quelconque mouvement féministe : elle est scientifique et se pense égale des hommes. Marie Curie agit : elle est une féministe de fait et non de parole. Il ne s’agit pas de lever le bras et de  dire des choses : il faut être dans l’action. Je suis un peu ébahie quand je vois des actrices hollywoodiennes se mettre en noir pour aller aux Golden Globes : c’est inutile. Il vaut mieux s’habiller en fuchsia et regarder droit dans une caméra. C’est ce que nous devons apprendre d’elle, c’est qu’il faut agir.

Marjane Satrapi

Q. Il ne sert donc à rien de revendiquer plus d’égalité pour les femmes ?

Réponse : Ce sont nos actions qui vont faire que nous aurons l’égalité. La parole au début est bien sûr nécessaire, et rien ne se passe sans la parole, mais ensuite il faut que cela se transforme en actes. C’est ainsi que l’on réussit à avancer.

Q. Marie Curie est une femme d’une grande liberté. Vous vous reconnaissez dans sa liberté ?

Réponse :Certainement ! S’il y a quelque chose que j’aime le plus au monde, c’est la liberté. Quand commence une nouvelle année, on se souhaite toujours une bonne santé. J’y ajoute toujours la liberté. Et cette liberté n’est pas un droit que l’on vous donne. Quand vous êtes une femme, quand vous êtes née dans un pays comme le mien, il faut prendre cette liberté par force. Mais la première personne qui nous enlève cette liberté, c’est nous-mêmes, quand nous nous empêchons de faire certaines choses : s’émanciper de nous-mêmes, c’est déjà un bon début.

La liberté est un long combat du peuple en Iran. Comment voyez-vous votre pays ?

Réponse : Cela fait 20 ans que je n’y suis pas retournée, ma relation avec l’Iran est basée sur la nostalgie, sur mon émotion, sur mes rêves. Toutes ces choses-là vont à l’encontre de l’analyse et empêchent de prendre du recul. Je ne pense pas qu’en m’exprimant, je ferais du bien à mon peuple et à mon pays.

Persépolis

Q. Vous êtes en colère contre le pouvoir iranien en place, contre le manque de libertés, la répression ?

Réponse : Mes premiers chapitres de Persépolis étaient remplis de colère et de haine. Mon lexique, ma façon de m’exprimer, me renvoyaient au même registre que les gens que je n’aimais pas, mais moi, j’avais l’impression d’être du bon coté de la chose. Pourtant, de cette façon-là, je faisais exactement comme eux : l’émotion est l’arme des fanatiques. Il suffit d’appuyer sur le bouton de l’émotion, et les gens crient et hurlent. Il est facile d’être un monstre si on ne prend pas de la distance.

Q. Vous êtes interdite  de séjour en Iran ?

Réponse : Personne ne m’a jamais dit de ne pas retourner en Iran, mais vous avez les éléments devant vous : des gens y sont retournés et n’en sont jamais repartis. Pourtant, ils avaient fait bien moins de choses que moi. Je ne me vois pas passer les trente prochaines années de ma vie en prison.

Q. Vous vous intéressez en particulier au sort des artistes iraniens, comme les cinéastes Jafar Panahi et Mohamed Rassoulof qui ont été condamnés à de la prison ?

Réponse : Je les suis bien sûr, mais vous savez, je ne suis pas communautariste. Je ne trouve pas que tous les films faits par des Iraniens sont forcément d’excellents films, même si bien sûr, quelques-uns m’intéressent. De la même manière, je ne pense pas que tous les films faits par des femmes sont de bons films.

Q. Vous ne vous revendiquez pas comme cinéaste femme ?

Réponse : Non, absolument pas ! C’est un ghetto et c’est une fausse bonne idée. Parler de film de femme, c’est être condescendant envers nous-mêmes. On ne doit juger un film, comme un livre, que sur sa seule valeur artistique.

Q. Il faut se réconcilier avec les hommes ?

Réponse : Je suis humaniste. la terre est faite d’hommes et de femmes et les mauvais comportements ne sont pas spécialement masculins. Bien sûr, ne me faites pas dire que je ne suis pas consciente des inégalités entre les femmes et les hommes, que l’on voit très bien à l »oeuvre dans le monde du travail. Mais je suis confiante : les choses vont changer et dans le cinéma, davantage de femmes vont pouvoir faire des films.

Propos recueillis par Nathalie Chifflet – Paru dans le B.P. du dimanche 8 Mars 2020.

Radioactive* : sortie en salle le 11 Mars 2020.

Economie

INSEE Première : Les créations d’entreprise en 2019.

Première_entêteLes créations d’entreprises en 2019. L’essor des immatriculations de micro- entrepreneurs se poursuit 

En 2019, le  nombre total de créations d’entreprises en France des immatriculations atteint un nouveau record avec 815300 le créations,  soit 18 % de plus qu’en 2018. Cette hausse est de nouveau portée par micro-entrepreneurs (+ 25 %, après + 28 % en 2018). Les créations d’entreprises individuelles classiques augmentent également (+ 16 %), ainsi que les créations de sociétés (+ 9 %). Les deux secteurs contribuant le plus à la hausse globale sont les activités spécialisées, scientifiques et techniques (+ 17 %) et les autres services aux ménages (+ 31 %). Pour la première fois depuis 2010, tous types d’entreprises confondus, les créations s’accroissent dans la totalité des régions. Hors micro-entrepreneurs, seules 5 % des entreprises sont employeuses au moment de leur création. Elles démarrent leur activité avec 2,9 salariés en moyenne. Les créateurs d’entreprises individuelles en 2019 ont en moyenne 36 ans. Parmi eux, quatre sur dix sont des femmes. 

Hugo Gourdon (division Infrastructures et répertoire statistiques, Insee)

En 2019, dans l’ensemble de l’économie marchande hors secteur agricole, le nombre total de créations d’entreprises est de 815 300, soit 124 000 de plus qu’en 2018. Il augmente ainsi de 18 % et atteint un nouveau record (figure 1).

Première1

Comme en 2018, cette hausse est principalement due à l’essor des immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur. Celles-ci s’accroissent de 25 % en 2019, soit 78 000 immatriculations supplémentaires. Ce succès peut

s’expliquer par les évolutions législatives entrées en vigueur ces deux dernières années. Notamment, les seuils de chiffre d’affaires permettant d’accéder au régime fiscal simplifié de la micro- entreprise ont doublé depuis le 1er janvier  2018.

Ainsi la part des micro-entrepreneurs dans le nombre total de créations continue d’augmenter (47 % après 45 % en 2018 et 41 % en 2017), tandis que celle des entreprises individuelles classiques est stable (26 %) et celle des sociétés diminue (27 % après 29 % en 2018).

Près de deux sociétés sur trois sont des sociétés par actions simplifiées 

En 2019, les sociétés par actions simplifiées (SAS) représentent 63 % des créations de sociétés. Leur part était de 61 % en 2018 comme en 2017, 56 % en 2016 et 47 % en 2015 (figure 2). Au sein de cette catégorie juridique, la part des SAS à associé unique ou unipersonnelles reste prédominante et stable (37 % des sociétés créées en 2019, comme en 2018 et en 2017). À l’opposé, la part des sociétés à responsabilité limitée (SARL) diminue : majoritaires en 2014 (57 %), elles ne représentent plus que 34 % des sociétés créées en 2019, contre 37 % en 2018.

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Essor des créations dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques.

En 2019, le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques est le premier contributeur à la hausse globale des créations. Le nombre de créations y augmente fortement : + 21 800 créations, soit + 17 % en 2019 après + 18 % en 2018. Avec 143 700 nouvelles entreprises en 2019, ce secteur est le premier en nombre de créations (figure 3) et représente 18 % de l’ensemble des créations. Comme en 2018, son essor est majoritairement le fait des activités des sièges sociaux et conseil de gestion : + 12 700 créations, soit + 19 % par rapport à 2018.  Il s’agit principalement d’immatriculations sous le régime du micro- entrepreneur (+ 10 700). Au sein de ce secteur, la hausse est portée par les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion : + 7 700 créations, soit + 14 % par rapport à 2018, notamment sous le régime du micro-entrepreneur (+6700 créations). Elle est également due aux  activités de conseil en relations publiques et communications, +4100 créations)soit + 40 % par rapport à 2018, dont + 4 000 sous le régime du micro-entrepreneur) et aux activités des sièges sociaux (+ 1 000 créations en 2019, soit + 40 % par rapport à 2018, dont + 900 sociétés). Avec 62 300 créations au total en 2019, les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion représentent 43 % des créations dans le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques et 8 % de l’ensemble des créations.

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Hausse des créations dans tous les autres secteurs. 

Les créations d’entreprises augmentent également dans tous les autres secteurs d’activité.  Le deuxième secteur contributeur à la hausse globale est celui des autres services aux ménages, qui inclut les activités de coiffure, soins de beauté et autres services personnels : + 13 500 créations, soit + 31 %. Cet accroissement est largement porté par les autres services personnels (+ 8 600 créations), essentiellement sous le régime du micro-entrepreneur (+ 8 300 créations). Ces activités incluent notamment le coaching, en essor ces dernières années. Au total, 53 900 nouvelles entreprises ont été créées en 2019 dans les autres services aux ménages, soit 7 % de l’ensemble des créations de l’année.

Le troisième secteur contribuant le plus à la hausse globale des créations est celui des transports et de l’entreposage. Avec 83 100 nouvelles entreprises en 2019, ce secteur génère 10 % de l’ensemble des créations. Son expansion ralentit cependant : + 12 700 créations, soit + 25 % en 2019 après + 68 % en 2018. Comme en 2018, elle est principalement portée par celle des autres activités de poste et de courrier (incluant la livraison à domicile) : + 12 200 créations, soit + 26 % par rapport à 2018. Cette dernière est essentiellement le fait des immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur (+ 9 600), mais aussi, dans une moindre mesure, des créations d’entreprises individuelles classiques (+ 2 700). Avec 60 200 créations au total en 2019, les autres activités de poste et de courrier représentent 72 % des créations dans le secteur des transports et de l’entre- posage et 7 % de l’ensemble des créations. La construction est le quatrième secteur contributeur à la hausse globale : + 12 000 créations, soit + 17 %. Les créations d’entre- prises individuelles classiques y augmentent nettement : + 6 500 créations, soit + 25 %. Au sein de ce secteur, la hausse la plus forte concerne les travaux d’installation électrique dans tous locaux (+ 2 600 créations), majoritairement sous forme d’entrepreneurs individuels classiques (+ 1 400 créations). Le commerce est le cinquième secteur contributeur à la hausse globale : + 11 400 créations, soit + 11 %. Les immatriculations de micro-entrepreneurs s’accroissent fortement : + 10 300 créations, soit + 34 %. Au sein de ce secteur, la hausse est notamment portée par la vente à distance sur catalogue général (+ 4 100 créations), essentiellement sous le régime du micro-entrepreneur (+ 4 000 créations).

Les créations d’entreprises augmentent dans la totalité des régions 

En 2019, le nombre de créations d’entre-prises s’accroît fortement dans toutes les régions (figure 4). L’Île-de-France contribue pour plus du quart à l’augmentation globale (+ 32 100 créations, soit une hausse de 15 % par rapport à 2018). Dans cette région, le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques est le premier contributeur à cette hausse (+ 8 400 créations), notamment dans les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion (+ 3 300 créations, dont + 2 700 immatriculations de micro-entrepreneurs).

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Des créateurs d’entreprises individuelles toujours aussi jeunes 

En 2019, les créateurs d’entreprises individuelles ont en moyenne 36 ans, comme en 2018. La part des moins de 30 ans se stabilise : elle est de 38 % en 2019 comme en 2018, contre 37 % en 2017. Elle atteint 68 %  dans le secteur des transports et de l’entreposage. Elle est plus élevée chez les micro-entrepreneurs (42 %) que chez les créateurs d’entreprises individuelles classiques (31 %).

Tous types d’entreprises individuelles confondus, le secteur des transports et de l’entreposage reste celui où les créateurs sont les plus jeunes (29 ans en moyenne). Dans l’information et la communication, les créateurs sont également relativement jeunes ( 33 ans en moyenne). À l’inverse, ils sont généralement plus âgés dans l’industrie, (39 ans en moyenne).

 5 % des entreprises classiques sont employeuses au moment de leur création. 

En 2019, comme en 2018, 3% des nouvelles entreprises emploient au moins un salarié au moment de leur création, contre 4 % en 2017. En excluant les micro-entrepreneurs, la part des entreprises employeuses à la création passe à 5 % en baisse par rapport à 2018 et 2017.

Quatre créateurs d’entreprises individuelles sur dix sont des femmes 

En 2019, les femmes ont créé 40 % des entreprises individuelles. Cette proportion est quasi stable depuis 2015, alors qu’elle augmentait progressivement depuis 30 ans (29 % en 1987 et 33 % en 2000). Elle est quasiment identique pour les créations d’entreprises individuelles classiques et pour les immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur. Comme les années précédentes, la part des hommes est la plus élevée dans la construction (98 %), les transports et l’entreposage (93 %) ainsi que l’information et la communication (75 %). À l’opposé, les femmes sont majoritaires dans la santé humaine et l’action sociale (75 %), les autres services aux ménages (72 %), l’industrie (55 %) et l’enseignement (52 %). ∎

Sources 

Les statistiques sur les créations d’entreprises proviennent du répertoire des entreprises et des établissements (REE, issu de Sirene) géré par l’Insee. L’étude porte sur l’ensemble des activités marchandes non agricoles. Ce champ inclut les activités financières. La décomposition en secteurs d’activité s’appuie, pour l’essentiel, sur les niveaux d’agrégation A10 ou A21 de la nomenclature d’activités française révision 2 (NAF rév. 2, 2008). Certains postes ont été renommés pour être plus explicites.

finitions 

Une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre d’une nouvelle combinaison de facteurs de production, avec pour restriction qu’aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement.

Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales. On parle néanmoins de créations d’entreprises en raison de la spécificité de la situation au moment de la création. En effet, au moment de son immatriculation, il n’est pas possible de déterminer si une unité légale est indépendante ou appartient à un groupe. Par défaut, au moment de la création, toute entité est donc indépendante et considérée comme une entreprise. Les créations d’entreprises correspondent donc aux unités légales du répertoire Sirene, qui enregistrent un début d’activité relevant de l’un des cas suivants :

– le cas où l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de plus d’un an

– le cas où l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de moins d’un an, mais avec changement d’activité.

– la reprise, par une unité légale nouvellement immatriculée de tout ou partie des activités d’une autre unité légale lorsqu’il n’y a pas de continuité économique entre la situation du cédant et celle du repreneur. On considère qu’il n’y a pas continuité économique de l’unité légale si, parmi les trois éléments suivants concernant son siège, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’établissement siège, l’activité économique et la localisation. Cette définition s’appuie sur les concepts harmonisés au niveau européen, à part pour les micro-entrepreneurs. Pour eux, on ne sait pas s’il y aura ou non un début d’activité.

On comptabilise donc des demandes d’immatriculation dans le répertoire Sirene ; certaines se traduiront par une vraie création d’activité, d’autres par un démarrage différé, voire jamais réalisé. Une partie de ces demandes, enfin, seront invalidées par l’Acoss : les personnes relevant de la mutualité sociale agricole ou de diverses professions réglementées n’ont en effet pas le droit d’être micro-entrepreneurs. Ces radiations seront prises en compte ultérieurement dans la démographie d’entreprises dite « structurelle ».

Les créations d’entreprises classiques correspondent aux créations d’entreprises hors micro-entrepreneurs.

Un micro-entrepreneur bénéficie du régime de même nom (appelé auto-entrepreneur jusqu’en 2014), qui offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions. Le micro-entrepreneur bénéficie ainsi notamment :

– du régime fiscal de la micro-entreprise ;

– du régime micro-social ;

– d’une exonération ou d’une franchise de TVA. Depuis le 1er janvier 2016, les entrepreneurs individuels relevant du régime fiscal de la micro-entreprise sont automatiquement soumis au régime micro-social. Depuis le 1er janvier 2018, les seuils de chiffre d’affaires permettant d’accéder au régime fiscal de la micro-entreprise et du régime micro-social ont été doublés. Ils s’appliquent désormais aux entreprises dont le chiffre d’affaires de l’année civile précédente ou de l’avant-dernière année n’excède pas : • 170 000 euros pour une activité de vente de marchandises, d’objets, d’aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement

• 70 000 euros pour une activité de services. Ce régime doit être distingué de la catégorie des microentreprises définie par l’article 51 de la loi de modernisation de l’économie (LME) et précisée par le décret n° 2008-1354.

 Les entreprises individuelles sont les entreprises dont la personnalité morale n’est pas différente de la personnalité physique. Les entreprises individuelles classiques désignent les entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs. Une société est une entité dotée d’une personnalité morale.

Une société par actions simplifiée (SAS) groupe des associés dont la responsabilité est limitée à leur apport personnel et qui ont la possibilité de disposer de prérogatives indépendantes de leur part de capital. La SAS est une société de capitaux, ce qui la rapproche de la société anonyme (SA). Elle peut être unipersonnelle, on parle alors de société par actions simplifiée à associé unique (Sasu). Une société à responsabilité limitée (SARL) groupe des associés dont la responsabilité est limitée à leur apport personnel et dont les pouvoirs (droits de vote, droits sur les bénéfices…) sont proportionnels à la part du capital détenue. Une SARL unipersonnelle (ou EURL) est une SARL constituée par une seule personne qui en détient donc toutes les parts.

Bibliographie 

  • Richet D., « Auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 : trois ans après, 36 % sont actifs », Insee Première n° 1765, juillet 2019.
  • Richet D., « Auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 : trois ans après, 36 % sont actifs », Insee Première n° 1765, juillet 2019.
  • Dorolle A., « Entreprises créées en 2014 : trois sur quatre sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première n° 1751, avril 2019.
  • Dorolle A., « Entreprises créées en 2014 : trois sur quatre sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première n° 1751, avril 2019.
  • Gourdon H., « Les créations d’entreprises en 2018 : en forte hausse, portées par les immatriculations de micro-entrepreneurs », Insee Première n° 1734, janvier 2019.
  • Gourdon H., « Les créations d’entreprises en 2018 : en forte hausse, portées par les imma- triculations de micro-entrepreneurs », Insee Première n° 1734, janvier 2019.

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Actualités & News·Formation et professionnalisation

Pour essayer « Zoom » le 26 Mars.

Cette fois, les choses sont claires : Skype fonctionne pour les ateliers en face à face, ou tout au plus avec une ou deux personnes supplémentaires, et il convient par conséquent au format de nos ateliers. Pour remplacer durablement les réunions plénières, nous allons essayer Zoom, un outil de visioconférence semble-t-il simple et convivial.

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Installation du logiciel ZOOM (pour Ordinateur) :

  1. Trouvez le logiciel :

Pour cela il vous suffit de taper “ZOOM vidéo Conferencing“ dans la barre de recherche. Une fois la recherche effectuée, cliquez sur le lien portant l’adresse “https:/zoom.us“.

  1. Inscrivez-vous :

Lorsque vous serez sur le site, vous verrez une case bleue portant l’inscription “INSCRIVEZ-VOUS, C’EST GRATUIT“, cliquez dessus. Saisissez votre adresse mail puis rendez-vous dans votre boîte mail. Attendez de recevoir l’e-mail de confirmation, cela peut prendre quelques minutes. Si le mail n’arrive pas, n’hésitez pas à rafraîchir votre boîte de réception ou à cliquer sur “Renvoyer un autre e-mail“. (Une fenêtre s’ouvrira, cochez la case pour confirmer que vous n’êtes pas un robot). Lorsque le mail est arrivé, cliquez sur “Activation du compte“.

  1. Créez votre compte :

Après cela,  une nouvelle fenêtre va s’ouvrir. Vous pouvez désormais créer votre compte. Suivez les instructions attentivement et surtout prenez votre temps pour ne rien oublier.

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  1. Télécharger l’application :

Une fois la création de votre compte terminée, vous pouvez passer au téléchargement de l’application. Pour cela, utilisez l’ascenseur et descendez jusqu’à apercevoir le bas de page noir avec des inscriptions blanches. Cliquez sur “Télécharger“. Une nouvelle page s’ouvre, cliquez sur “Télécharger“ en-dessous de la première proposition “Client Zoom pour les réunions“. Le téléchargement ne devrait prendre que quelques secondes/minutes selon votre connexion Internet. Une fois le téléchargement terminé, cliquez sur l’icône de Windows. L’application devrait se trouver dans la colonne “Récemment ajoutées“ et portant le nom “Start Zoom“. Ouvrez l’application et identifiez-vous pour avoir accès à votre compte.

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     5. URL de connexion.

A titre provisoire, je vous communique une URL pour ceux qui n’auront pas reçu d’autres indications d’ici jeudi : elle servira pour le cas où nous ne parviendrions pas à maîtriser complètement les règles d’agenda et d’animation d’ici là ! Un grand merci dès maintenant à Yannis pour son travail de défrichage !

L’Ours.

Généricours

 

Actualités & News·Culture - Loisirs - Histoire·Formation et professionnalisation

Pensons Design.

Rendez-vous était pris pour ce Jeudi 12 Avril à Nicéphore-Cité, pour une journée thématique sur le design, précisément sur le sujet « De l’architecture d’intérieur au design d’espace. L’objectif du design d’espace c’est de proposer des solutions innovantes, uniques et pensées pour les besoins actuels et futurs des usagers pour créer des lieux aussi bien extérieurs qu’intérieurs, publics ou privés, mais également des objets du quotidien et du design urbain tout en étant fonctionnel, innovant, créatif et esthétique.

Le design d’espace utilise des matériaux, des revêtements, du mobilier, des équipements et parfois de l’ambiance sonore pour créer une identité et aménager un endroit pour permettre aux personnes de s’en approprier et de prendre le contrôle des espaces qu’ils fréquentent. Pour le définir, retenons 4 composantes : la construction, le lieu de vie, l’intérieur et l’individu. Au fil du temps, les designers vont s’approprier des matériaux de plus en plus variés : au sortir du Moyen-Age, 2 composantes, étroitement liées au chauffage : l’âtre, et les tentures, indispensables pour résister au froid des murs de pierre.

9h15-10h00 : De l’architecture intérieure au design d’espace ?

Avec l’intervention de Bernard Moïse, designer, fondateur de l’agence Moise Studio, Directeur pédagogique de Camondo Méditerranée et Président de l’Agora du design.

C’est à un véritable cours d’histoire de l’art que s’est livré Bernard Moîse, qui plus est abondamment illustré, qui couvre une période de 250 ans, soit de 1671 à 1921. La première borne se situe à mi -chemin entre la fin de la Renaissance et le début des Lumières.

Entre-temps, la construction a hésité entre le civil et le militaire : Versailles et la poliorcétique : d’un côté, on étale le luxe et on sépare les classes sociales (balcons et parterres), de l’autre, on assiège des villes et on les prend, ensuite on les protège et on les défend à la manière  de Vauban.

En 1671, arrive Louis XV, coquet, soucieux de son apparence et de son élégance ; l’expression de la décoration royale porte alors sur le tissu.

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A cette première période « textile du sol au plafond », où les tapissiers sont les architectes d’intérieur, succède celle des sculpteurs ornemanistes, dont la palette va s’étendre du dessin aux moulures, ornements, corniches, frontons, luminaires… Tous les projets sont intégralement dessinés, avant de connaître un début de mise en oeuvre.

En 1694, Charles d’Aviler définit l’architecte d’intérieur comme « Un homme de dessein, intelligent en architecture et en mécanique… Il est nécessaire à l’architecte, car l invente et dispose des ouvrages.

Les Encyclopédistes Diderot et d’Alembert définissent l’ornement comme « un détail, sans utilité pratique, si ce n’est d’embellir ». Les premières Écoles des Beaux-Arts se créent et reconnaissent 4 disciplines : architecture, sculpture, peinture et gravure.

En 1766, l’Enseignement des Arts-Déco se met au service des Industries Naissantes : les opportunités vont en effet être très nombreuses : le gaz, l’électricité, le paratonnerre, mais aussi les grands réseaux – comme les égoûts de Paris, prélude au gruyère que constituent les sous-sols des métropoles.

Au début du XXe siècle, les bouleversements liés aux guerres, aux reconstructions, à l’avènement de l’aviation,  vont susciter une génération de « makers », c’est-à-dire de bricoleurs, d’aventuriers. Des mouvements architecturaux comme le Bauhaus, (La Staatliches Bauhaus est une école d’architecture et d’arts appliqués, fondée en 1919 à Weimar par Walter Gropius. Par extension, Bauhaus désigne un courant artistique concernant, notamment, l’architecture et le design, la modernité mais également la photographie, le costume et la danse. De leur côté, les créations de Le Corbusier, les apports du surréalisme conduisent à une nouvelle fonction que l’on appellera « ensemblier » : ainsi en est-il des créations de Philippe Starck.

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Pour mettre une touche finale à l’apport de l’innovation, « depuis la création au Marché », Bernard Moïse présente la réalisation du Showroom VIP de Microsoft, où la technologie s’efface le storytelling des usages du client.

 

10h00-10h45 : Présentation du cursus design d’espace, de la prépa au mastère, et des projets étudiants de l’Ecole Supérieure des Métiers d’Architecture de Montpellier.

Avec l’intervention Marie-Caroline Foulquier Gazagnes, Architecte DLPG et Enseignante à l’ESMA de Montpellier et Anthony Gallien, ancien étudiant de l’ESMA diplômé depuis 3 ans et embauché dans le cabinet d’architecte de Marie-Caroline Foulquier Gazagnes.

4 parties à cette présentation : quelques références iconographiques, dont l’incontournable Antigone de Montpellier.  Puis ce que l’on apprend au cours de la formation, ensuite la confrontation avec la réalité, et enfin quelques exemples de notre métier.

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 La London school of economics.

En premier lieu la recherche est multi-contextuelle : l’histoire, l’environnement, l’usage, l’appropriation qui en est faite, tout doit être intégré dans l’étude pour bâtir un projet « vraisemblable », intégrant l’aménagement urbain, les luminaires, les bancs… Tout projet est recevable, mais c’est d’abord une affaire d’argumentation, d’observation.

Antigone

Ainsi, pour aménager ce vaste « plan-masse » laissé par Ricardo Bofill, connu sous le nom d’Antigone, les options sont multiples, tout est une question d’étude, d’originalité et d’argumentation. Il s’agit de s’approprier un vaste espace de 40 hectares, dans une cité proche de la mer, comportant un centre classique, la Place de la Comédie, et une vaste pinède, celle de la Gaude. Pour occuper les « toits classés Architecte des Bâtiments de France », il faut s’ouvrir l’esprit, confronter les idées, rechercher d’autres idées… Au final, la formule est la suivante :

      Besoin du client  + Exigence Fonctionnelle = DESIGN.

10h55-11h40 : Présentation de la démarche « design d’espace et bien-être au travail » de la société Espace & Fonction
Avec l’intervention de Nathalie Rigaut, Consultante – Espaces de travail chez Steelcase.

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La philosophie de Steelcase résume un espace de travail à un écosystème : divers, adaptable et sain. Il doit améliorer mes performances en matière d’engagement de mes salariés.  37% du personnel est actuellement très désengagé. De plus, avec les nouveaux modes de travail et de coopération, 30 à 40 % des bureaux individuels sont inoccupés (réunions, déplacements, télétravail).

Steelcase fait face à certains paradoxes : le besoin de partager, face à celui de se concentrer ; le fait que 1/3 à 50 % des introvertis sont les créatifs des entreprises. or, l’espace façonne les comportements. Tout réaménagement doit donc commencer par définir le changement de comportement attendu. Enfin, comment établir une ambiance de collaboration, d’innovation, de confiance ?

Quelques chiffres à méditer : 89 % des Fortune 500 ont disparu entre 1955 et 2014.

75 % seront remplacées d’ici 2027.

65% des C.E.O. craignent d’être disruptés de leur activité par un nouvel entrant.

Il faut donc que l’innovation advienne, mais qu’elle soit dans un environnement plus agile. Comment imaginer des aménagements qui génèrent des postures physiques, émotives et cognitives propices ?  En distinguant :

1) le lounge « posture sofa », détendu, propice à l’échange informel.

2) Le travail soutenu : la posture standard.

3) le travail « quand on bouge », adapté aux moins de 30 ans, perché engagé.

Enfin, le maître-mot est la sérendipité, l’art de fonctionner à plusieurs, (et du même coup, de s’offrir collectivement « la possibilité d’une île… au trésor »). Comme chantait un certina Hugues Aufray :

 « Et quand tout sera terminé,

il faudra bien se séparer,   

Mais nous on n’oubliera jamais,

ce qu’on a fait ensemble ».

Pour favoriser cela, il faut procéder à du « job-shadowing », pour repérer les phases de :

  • concentration.
  • Collaboration
  • Acquisition de connaissances.
  • Socialisation
  • Régénération.

De cette manière, nous proposons une appropriation dynamique : de l’usage, de la rythmique, de la vivacité corps-esprit. L’idéal est selon, Bernard Moïse d’associer les architectes d’intérieur très en amont des chantiers, pour anticiper les critères d’efficacité, les indicateurs d’engagement; ainsi, il est possible de privilégier le type de compétences que l’on recherche, softskill, lutte contre la vulnérabilité et l’échec, et intégration du bien-être.

L’Ours.

Grizzly

 

Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous : De Gaulle.

 

Degaulle2Quatre-vingts ans : les heures sombres qui ont traumatisé nos parents s’éloignent… comme dans un dernier sursaut se sont effacées avec le Centenaire, celles de la Grande Guerre. Figure française historique du XXe siècle, Charles de Gaulle n’avait pourtant encore jamais eu droit à une adaptation de sa vie au cinéma. C’est désormais chose faite avec De Gaulle, en salles le 4 mars 2020. Porté par Lambert Wilson et Isabelle Carré, le long-métrage revient sur les quelques semaines qui ont mené au départ du général pour Londres et à l’appel du 18 juin 1940. Au coeur de ce film, on ne retrouve pas seulement les batailles politiques, mais surtout la vie intime et familiale de Charles et Yvonne de Gaulle. 

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I. Synopsis :

En juin 1940, le maréchal Pétain veut arrêter la lutte armée contre l’Allemagne. Le président du conseil Paul Reynaud et le Général de Gaulle veulent continuer le combat mais ne sont pas entendus. L’armistice est signé. De Gaulle décide de se rendre à Londres pour chercher de l’aide auprès du premier ministre Winston Churchill et ainsi poursuivre le conflit devenu mondial. De son côté, Yvonne son épouse, voit l’ennemi avancer dangereusement et décide donc de prendre la route avec leurs enfants. En Angleterre, le général reste sans nouvelles de sa famille et s’apprête à prononcer un discours qui va changer le cours de sa vie et de l’Histoire…

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II. Des critiques… mitigées.

Les critiques sont relativement satisfaites par De Gaulle. Ce « biopic quatre étoiles » pour Culturebox, qui considère le défi « relevé avec panache », tandis que La Croix salue « un film émouvant sur les heures sombres du printemps 1940 qui offre une vision sentimentale d’un stratège seul contre tous ». Le pari est également réussi pour Télé-Loisirs, qui salue « un biopic ambitieux réalisé comme un thriller politique et ménageant une vraie tension dramatique ». Dans l’ensemble, l’interprétation de Lambert Wilson est saluée par les critiques, Les Inrocks le jugeant « habité » par son personnage. Toutefois, toutes ne sont pas convaincues par l’émotion du film. Le Parisien reproche notamment à De Gaulle « la platitude du récit historique, trop classique ». Pour ce média, le long-métrage « manque de souffle » et « De Gaulle ne rentre pas dans l’histoire… du cinéma ». Un avis partagé par le média spécialisé Première qui déplore un « biopic coincé ».

III. Que faut-il vraiment en penser ?

Certes, ce n’est pas « J’accuse » … mais pour autant, est-on déjà sûr que ce De Gaulle-là n’entrera pas dans l’histoire du cinéma ? Avec le temps, le public oubliera le strass et les effets spéciaux pour ne retenir que le côté profondément humain de cette famille de haute tradition… Tradition militaire bien sûr, mais aussi haute rigueur morale, et simplicité toute campagnarde de la vie à La Boisserie, commune de Colombey-Les-deux-Églises.

De ce point de vue, le film est impeccable, sobre et émouvant ; on lui aurait sans nul doute reproché de ne pas avoir suivi l’abondante littérature produite par le Général lui-même, les quelques vidéos de l’homme seul partant pour Londres, avec pour ambition de « fusionner la France avec l’Empire britannique ». Cet épisode peu connu a pourtant existé, – cela paraît tellement incroyable aujourd’hui, à l’heure du Brexit – et le Grand Charles a réussi cette mission ! Seul l’effondrement prendra de vitesse ce nouvel avatar du destin.

Tout aussi abracadabrante est l’odyssée d’Yvonne qui s’échappe de Brest sur un bateau néerlandais, échappe aux bombardements allemands et parvient à rejoindre son grand homme à Londres.

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Porté par tous les acteurs, et en premier lieu par Lambert Wilson et Isabelle Carré, le film rend compte avec justesse de la douceur de ce printemps 1940, en opposition complète avec l’atrocité de la déroute et de l’effondrement d’une démocratie. Il s’agit de l’acte 1 d’une longue suite de rivalités et de déchirements. Ne disposant que de son éducation, de sa personnalité et de son caractère, De Gaulle portera la destinée de la France et d’une large partie de l’Europe pendant encore 30 ans. Il n’était que temps et que justice que ce sobre hommage lui soit rendu.

L’Ours.

Grizzly

 

 

Environnement - Climat

Énergie, Climat, Biodiversité: les enjeux écologiques de notre temps.

Tel est le thème de la conférence que donnera le 25 Mars à partir de 17 H 30 à la Maison des Associations 2, rue des Corroyeurs à Dijon,  Jérôme Chabot, ingénieur agronome, sous l’égide de l’Association BCN. 

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Si la participation est gratuite, en revanche, l’inscription est impérative, pour des raisons de logistique et de sécurité : soit en laissant un message au 03.80.53.37.02 (répondeur), ou mieux par courriel à BCN :

Inscription

Nous vivons une époque cruciale : jamais l’impact des activités humaines sur la planète n’a été aussi fort, jamais nous n’avons été aussi nombreux, jamais nous n’avons été aussi savants qu’aujourd’hui sur l’état de la planète. Par conséquent, jamais notre responsabilité n’a été aussi grande  vis à vis du vivant et de son avenir : pour nous-mêmes et pour les vivants autres qu’humains.

Mais agir pour restaurer la possibilité d’un avenir plus harmonieux suppose de comprendre à quels mécanismes et à quels enjeux nous avons à faire, en matière d’énergie, de climat et de biodiversité ; et chemin faisant, de passer d’un déni commun et confortable à une lucidité exigeante et intranquille.

L’objectif de BCN est de vous donner une vision élargie de ces enjeux : ce constat scientifique, destiné à clarifier les mécanismes en oeuvre sera doublé d’une approche historique: il s’agira de comprendre comment nous en sommes arrivés à un tel degré d’emprise sur le vivant.

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Au terme de cet examen complet, se dessinera un portrait lucide de l’homme, dans sa relation à son environnement et au vivant ; et avec ce portrait une esquisse des scénarii possibles pour le futur, des scénarii différents les uns des autres et dont certains s’excluront entre eux.

Loin de délivrer des solutions toutes faites, cette conférence prétend vous donner des outils pour comprendre, pour mûrir votre point de vue, et vous proposera en conclusion quelques outils (éthiques et méthodologiques), ainsi que des voies philosophiques aptes à nous guider dans les temps qui viennent.

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Bourgogne Collaborative Network

Actualités & News·Société

8 Mars : Journée Internationale des femmes.

Partenaire

A travers l’étude INSEE Partenaires, l’occasion nous est offerte d’évoquer l’inégalité devant l’emploi que représente la charge mentale des femmes, et notamment lorsqu’il s’agit d’assumer la garde des enfants. Bien que limitée à la situation de l’île de la Réunion, cette étude évoquera pour tous des situations bien connues ou encore actuelles.

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I. Le renfort indispensable pour les parents en emploi

En 2010, près de la moitié des familles réunionnaises utilisent un mode de garde pour leur plus jeune enfant de moins de 11 ans. En priorité, elles sollicitent leur entourage proche, les grands-parents en particulier. Mais les parents en emploi doivent aussi s’adresser à des professionnels de l’enfance pour pallier leurs longues absences. À la scolarisation du petit dernier, le recours à un mode de garde reste paradoxalement stable. La scolarisation favorise en effet le retour des mères sur le marché du travail, qui crée ainsi un besoin supplémentaire de modes de garde. 

Déléguer la garde de son enfant n’est pas une tâche facile. Les parents apportent en effet une attention particulière à l’épanouissement physique, intellectuel et affectif de l’enfant. Ils exigent de surcroît un cadre d’accueil sécurisé.

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En 2010, 46 % des familles réunionnaises qui ont un enfant de moins de 11 ans déclarent confier leur plus jeune enfant à une tierce personne ou à une structure d’accueil autre que l’école. Pour cela, les parents font d’abord confiance à leurs proches. Ainsi, les grands-parents sont particulièrement mis à contribution (tableau 1) : ils sont sollicités par 28 % des familles. En effet dans la culture réunionnaise, l’entourage familial est un repère important. En outre, les membres de la famille ne sont jamais très éloignés sur l’île. Seules 16 % des familles réunionnaises s’adressent à des professionnels de l’enfance. Dans ce cas, les centres d’accueil collectif sont privilégiés : crèche, garderie, centre de loisirs. Ils sont préférés aux « nénennes », qui assurent une garde individualisée de l’enfant. Cette garde individualisée est aussi la plus onéreuse. Cependant, la majorité des familles réunionnaises déclarent se passer de tout mode de garde. Les parents affirment alors s’occuper seuls de leur marmaille de moins de 11 ans.  

Le recours à un mode de garde dépend de la situation des parents ou du parent sur le marché du travail. Les parents sans emploi ou inactifs sont évidemment plus disponibles que les parents qui occupent un emploi. Ainsi, deux tiers des couples d’un seul parent en emploi affirment assumer seuls la garde de leur plus jeune enfant. Un tiers de ces couples ont recours à leurs proches. Plus disponibles encore, les trois quarts des familles de parent(s) inoccupé(s) se débrouillent seuls. Les couples d’un seul parent en emploi et les familles de parent(s) inoccupé(s) sont ensemble majoritaires. Ils rassemblent 62 % des familles réunionnaises avec un enfant de moins de 11 ans. 

A. Les professionnels de l’enfance au soutien des parents en emploi.

Les familles de parents en emploi ont quant à elles un net besoin d’aide pour garder leur dernier-né :  72 % recourent à un mode de garde. Ces familles sont constituées des couples de deux parents en emploi et du parent en emploi d’une famille monoparentale. Pendant leur temps de travail, ces parents n’ont guère d’autre choix que de faire garder leur plus jeune progéniture. 

Les familles de parents en emploi privilégient alors leur entourage et notamment les grands-parents. Le tiers de ces familles d’actifs occupés font garder leur plus jeune enfant par papi-mamie. Mais les absences de ces parents sont longues et régulières ; les proches ne peuvent pas toutes les pallier. Les familles de parents en emploi se tournent alors vers les systèmes de garde rémunérés. Le quart d’entre elles adopte des modes de garde collective. Quant aux gardes individualisées, une famille d’actifs en emploi sur dix recourt à une assistante maternelle. Ces familles de parents en emploi sont les seules à recourir à des services payants, bénéficiant en général de ressources financières plus favorables. Le quart des familles de parents en emploi parviennent tout de même à gérer leur quotidien sans mode garde. Les parents doivent pour cela ajuster leurs emplois du temps. Mais cet ajustement est plus fréquent si le petit dernier est scolarisé. 

B.Le recours à un mode de garde maintenu à la scolarisation

Vers trois ans, les enfants prennent le chemin de  l’école. L’école primaire  les occupe  dorénavant  quatre journées par semaine en dehors des vacances scolaires. La question du mode de garde pourrait se faire moins pressante. Les familles de parents qui étaient déjà en emploi et de parent(s) inoccupé(s) font d’ailleurs moins appel à un mode garde à la première rentrée de leur benjamin. 

Néanmoins, la scolarisation du dernier enfant est aussi l’occasion d’un retour sur le marché du travail pour certains parents. De ce fait, le recours à un mode de garde est quasiment équivalent, que l’enfant soit scolarisé ou non (respectivement 45 % et 48 %).

Au final, 46 % des familles ayant le plus jeune enfant à l’école ont des parents en emploi. Par contre, quand le plus jeune enfant n’est pas encore scolarisé, seulement 26 % des familles ont des parents en emploi. Dans les couples d’un seul parent en emploi, les parents inactifs s’occupent bien souvent de la garde des jeunes enfants. Ce sont aux trois quarts des mères au foyer. 

Parfois, elles ont mis leur carrière entre parenthèses pour se consacrer à leurs enfants. Leur scolarisation les incite alors à la reprise d’une activité professionnelle. Ces familles,redevenues « de parents en emploi », ont alors souvent  besoin d’un mode de garde extra-scolaire pour leurs enfants. 

C. Les parents en emploi toujours sur leurs gardes

École ou pas  les familles de parents en emploi sont toujours, les plus à la peine pour concilier activité professionnelle et garde d’enfant (graphique 3). Avec un enfant en très bas âge, une écrasante majorité (87 %) des familles de parents en emploi requièrent au moins un mode de garde. Elles sont encore les deux tiers à y requérir quand l’enfant s’assoit sur les bancs de l’école.  Avec la scolarisation, la période d’absence à combler des parents en emploi se réduit : avant et après l’école et le mercredi. Ces parents actifs s’adressent moins à des services de garde rémunérés. Les aides financières pour ces gardes diminuent aussi de moitié aux trois ans de l’enfant. Plus coûteuse, la garde individualisée est alors complètement délaissée tandis qu’un tiers des familles y recourent pour un nourrisson. Par contre, la garde collective se maintient : plus de 20 % des familles de parents en emploi lui font toujours confiance. Mais les structures d’accueil ne sont plus les mêmes : l’étude et le centre de loisirs ont supplanté la crèche et la garderie. À la première rentrée des classes, les proches des parents en emploi sont plus sollicités que les professionnels. Les grands-parents assurent toujours volontiers des permanences pour offrir un cadre familial sécurisé à leurs petits-enfants.

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D . Les parents en emploi en difficulté pour organiser la garde de leur enfant. 

À La Réunion, la garde d’un enfant  ne paraît pas poser de difficultés  particulières pour une majorité de familles : près de neuf familles sur dix la jugent même facile pour un enfant de moins de sept ans. Mais les familles de parent(s) en emploi ne partagent pas ce jugement : le quart d’entre elles estiment au contraire que l’organisation de la garde est plutôt difficile. Les journées de travail de ces parents actifs imposent en effet des absences longues et répétées. La garde de leur jeune enfant est alors parfois délicate à organiser. Plus disponibles, les couples d’un seul parent en emploi et les familles de parent(s) inoccupé(s) ayant le même souci sont rares. 

II. Plus de difficultés dès qu’il y a des enfants.

Après une journée de travail, près de la moitié des personnes affirment être fréquemment en difficulté pour effectuer les tâches domestiques. Les mères qui élèvent seules leur(s) enfant(s) sont les plus à la peine. Les couples de deux personnes en emploi avec enfant(s) éprouvent aussi fréquemment des difficultés. À l’inverse, peu de personnes qui travaillent considèrent que leur vie familiale agit sur leur capacité à « bien travailler ». Les employeurs font néanmoins souvent preuve de « souplesse » pour gérer les imprévus.

Les deux tiers des personnes qui travaillent affirment n’avoir pas pu récemment s’occuper de toutes les tâches domestiques après leur journée de travail. Près de la moitié des travailleurs-ses déclarent être dans cette situation au moins une fois par mois, voire plusieurs fois par semaine (graphique 4). L’impact de la fatigue de la journée de travail sur la vie personnelle est donc indéniable. Mais selon que l’on vive en couple ou non, avec ou sans enfant, selon les responsabilités que l’on exerce au travail, les répercussions sont nuancées. Par ailleurs, les femmes sont plus fréquemment confrontées à la difficulté d’exécuter les tâches domestiques que les hommes. 

Graphique4

A. Les mères de familles mono – parentales les plus à la peine 

L’articulation entre la vie professionnelle et la vie familiale n’est donc pas toujours aisée. Les adultes, essentiellement des femmes, qui travaillent et élèvent seuls leur(s) enfant(s) ont le plus de difficultés à accomplir l’ensemble des tâches domestiques après leur journée de travail. Ensuite, les couples d’une seule et de deux personnes en emploi avec enfant(s) éprouvent le plus de difficultés. Les couples sans enfant ont moins de mal à concilier le travail et la famille. Les familles monoparentales sont donc plus souvent confrontées à des difficultés, un seul adulte ayant à faire face à la fois aux responsabilités professionnelles et domestiques. Dans 80 % des cas, l’adulte est une femme en emploi (20 % d’hommes en emploi). La difficulté de conciliation semble augmenter avec la jeunesse de l’enfant : plus l’enfant est jeune, plus la difficulté est grande. Une grande diversité de situation prime parmi les couples de deux personnes en emploi. Ainsi, les foyers qui rencontrent des difficultés sont aussi nombreux que ceux qui n’en ont pas. 

La situation des couples d’une seule personne en emploi est assez proche de celle des couples biactifs occupés : l’impact du travail sur la vie familiale est presque du même ordre, avec plus de la moitié des personnes déclarant n’être que rarement voire jamais confrontées à des difficultés pour les tâches domestiques. Néanmoins, c’est l’homme qui est en emploi dans les trois quarts des cas. C’est donc à la femme sans emploi qu’incombent les tâches ménagères

Le temps de travail et les fonctions occupées, en lien avec le diplôme, influent également sur les difficultés de prise en charge des tâches domestiques, particulièrement dans les familles monoparentales ou chez les couples de deux actifs en emploi. 

Généralement, lorsque le niveau de diplôme s’accroît, le temps » de travail également, ce qui laisse moins de temps pour le reste. Ainsi, 60 % des diplômé-es du supérieur déclarent être. fréquemment dans l’impossibilité de s’occuper de toutes les tâches domestiques, contre 45 % chez les détenteurs d’un baccalauréat ou moins.. 

B. La vie personnelle influe peu sur la vie professionnelle 

S’il apparaît clairement que l’exercice professionnel influence plus  souvent la réalisation des tâches domestiques, dont le soin aux enfants, l’inverse est beaucoup plus rare. Ainsi, 93 % des personnes en emploi considèrent que leur vie personnelle ne se répercute pas sur leur capacité à « bien travailler ». Cependant, lorsque il y a des enfants, les parents qui travaillent éprouvent un peu plus souvent de difficulté à « bien travailler. Ceci d’autant plus que les enfants sont jeunes. Ainsi, les familles ayant un ou des enfants de moins de sept ans sont trois fois plus nombreuses à avoir fréquemment des difficultés à « bien travailler » que les autres. Toutefois, les employeurs de notre île font régulièrement preuve de « souplesse » en cas d’imprévu familial ou de besoin de garder un enfant : 80 % des travailleur-ses déclarent en bénéficier en cas d’imprévu et 75 % pour une garde d’enfant. 

C. Les enfants pièce maîtresse de la conciliation des temps de vie. 

Face et les aux hommes inégalités notamment persistantes en entre les femmes matière d’accès à l’emploi et de développement de carrière, la question de la répartition des responsabilités domestiques se pose de plus en plus. Elle devient encore plus préoccupante avec la naissance des enfants qui ont un effet flagrant et inégal sur la carrière professionnelle. En effet, les naissances n’affectent pas la situation face à l’emploi pour plus de 90 % des pères. Pour les mères au contraire, la naissance du premier enfant a un impact fort sur la situation professionnelle : 40 % d’entre elles changent de situation (passage au temps partiel, changement de poste, prise de congé parental, démission). À l’arrivée du deuxième enfant, 16 % des femmes prennent un congé parental à temps plein et 31 % passent à temps partiel. 

(Cf. Génération 98, 7 ans après, Céreq 2007). 

D. Un « plan crèche » pour répondre à des besoins croissants et très divers.

Les enfants sont souvent au cœur de la  problématique  de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.L’enjeu est donc important pour La Réunion de satisfaire aux besoins des familles en terme d’accueil des jeunes enfants.

La Réunion est faiblement dotée en places pour la  garde des enfants d’âge pré-scolaire. En 2008, le taux d’équipement en crèches collectives ou parentales et  haltes garderies s’élève à 50 pour 1 000 enfants, contre plus du double en France métropolitaine. L’État et ses partenaires ont lancé fin 2007 un plan de rattrapage. 

Ce plan est cofinancé et accompagné par l’État, la Caisse d’Allocations Familiales, le Conseil général, en lien avec  l’Association des Maires du Département de La Réunion. 

Dans un premier temps, il permet le dépassement des plafonds de financement des institutions pour la création de crèches d’une quarantaine de places. Le plafond de financement est ainsi porté à 80 % pour les investissements (construction) et à 75 % pour le fonctionnement. 

Dans un second temps, la création de micro crèches est accompagnée et encouragée, notamment par la formation des personnels et la mise à disposition par les communes de lieux d’accueil adaptés. Enfin une attention particulière est portée sur les horaires d’ouverture, favorisant les horaires dits atypiques.

Fin 2010, 418 places en micro crèches et 421 places en Établissements d’Accueil du Jeune Enfant ont été créées à travers le plan de rattrapage, qui court jusque en 2014.

Pour en savoir plus 

  • « Génération 98, sept ans après », enquête Événements familiaux et carrière, Cereq, 2007. 
  • « Promotion de l’égalité des chances entre les hommes et les femmes à La Réunion : le travail des femmes », les documents de l’ODR, Mai 2008. 

Signet

 

Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous : « Judy ».

Renée Zellweger incarne Judy Garland à la fin de sa vie dans ce biopic. Critiques, bande-annonce, casting, tout ce qu’il faut savoir sur Judy.

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Tout le monde a entendu parler de Judy Garland, l’interprète vedette du « Magicien d’Oz », ainsi que de la scie « Somewhere over the rainbow ». C’est l’une des chansons les plus connues de la fin des années 1930. Incarnant les espoirs et les rêves d’une jeunesse aspirant à un monde idéal d’amour et de joie, la chanson fut écrite en une nuit pour Judy Garland qui l’interpréta dans le film Le Magicien d’Oz, et elle devint le thème musical qui devait bercer toute sa vie. En effet, on lui demanda de l’interpréter à presque toutes ses apparitions publiques.

La mélodie plaintive et les paroles simples de la chanson racontent le désir d’une adolescente de s’échapper du « désordre sans espoir » de ce monde (hopeless jumble), de la tristesse des gouttes de pluie, vers un nouveau monde plein de couleurs « par-delà l’arc-en-ciel » (over the rainbow). Cette chanson exprime aussi la croyance enfantine selon laquelle les cieux ouvriront un passage vers un lieu où « les soucis fondent comme du sorbet au citron » (troubles melt like lemon-drops).

Seconde chose que l’on sait généralement sur Judy Garland, c’est qu’elle vient de rapporter l’Oscar de la meilleure actrice à Renée Zellweger. Les cinéphiles français se souviennent du trophée obtenu par Marion Cotillard pour la Môme. De là à penser que les artistes « sulfureuses » fournissent de la matière à d’excellents biopics…

Synopis : Hiver 1968. La légendaire Judy Garland débarque à Londres pour se produire à guichets fermés au Talk of the Town. Cela fait trente ans déjà qu’elle est devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz. Judy a débuté son travail d’artiste à l’âge de deux ans, cela fait maintenant plus de quatre décennies qu’elle chante pour gagner sa vie. Elle est épuisée. Alors qu’elle se prépare pour le spectacle, qu’elle se bat avec son agent, charme les musiciens et évoque ses souvenirs entre amis ; sa vivacité et sa générosité séduisent son entourage. Hantée par une enfance sacrifiée pour Hollywood, elle aspire à rentrer chez elle et à consacrer du temps à ses enfants.

Les critiques : elles sont unanimes : Renée Zellweger a amplement mérité son Oscar de la meilleure actrice, décroché quelques semaines plus tôt pour ce rôle. « Renée Zellweger se livre corps et âme pour ce rôle exigeant, offrant une performance magistrale » selon Télé-Loisirs, Le Parisien note une interprétation « déchirante »,  Ouest France souligne que la légende d’Hollywood est « si bien incarnée par l’actrice de Bridget Jones ». Pour Première, ce biopic tout ce qui a de plus classique vaut d’ailleurs principalement pour cette performance d’actrice : « Sans jamais tomber dans l’imitation, elle rend compte de la complexité d’une vie de star lancée toute jeune et soumise à la pression d’un métier qui exige plus qu’il ne donne. Et finalement, elle nous parle autant d’elle que de Judy Garland. »

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Inspiré de la comédie musicale End of the Rainbow, le long-métrage avait « seulement » été cité aux Oscars dans la catégorie Meilleure actrice et Meilleurs coiffures et maquillages. Judy doit donc beaucoup à son interprète, visiblement inspirée par Liza Minelli. Le film satisfera les amateurs du genre, et décevra sans doute les spectateurs qui attendent une « proposition originale ».

Judy6L’on apprend dans ce film, que Judy s’est « pris son premier rateau » de  Mickey Rooney, un autre enfant-star de Hollywood. Celui-ci aura eu la chance de vivre deux fois plus longtemps : 94 ans, de divorcer deux fois plus souvent, et évoquait cette rencontre bien longtemps après la disparition de l’actrice. L’enfance et l’adolescence sous la tutelle de M. Mayer (des studios MGM) sont un perpétuel balancier entre l’esclavage de la production et l’occasion de briller, de sortir de l’enfance pauvre du Minnesota : cela laissera bien plus tard des séquelles.

Que faut-il en penser ? Attendre une proposition originale sur une biographie, suppose de « picorer », de piocher des extraits, comme ce fut le cas de « J’accuse », ou du prochain « De Gaulle »; ici,  le parti pris est différent. Pour incarner le personnage, l’actrice Renée Zellweger a dû elle aussi se mettre au chant pour incarner ce rôle. C’est bien elle qui chante dans Judy : la comédienne a répété plusieurs mois durant avec le directeur musical du film. C’est donc bien la voix de l’interprète de Bridget Jones, transformée par ses talents pour coller au plus près à celle de Judy Garland, qu’on entend dans ce biopic. C’est très courageux, et c’est aussi ce qui fait la force et l’émotion des scènes de show restituant la tournée de Londres. Un très bon moment.

L’Ours.

Grizzly

Pour un meilleur emploi·Recherche digitale

Auray. Ils ont créé un site pour faciliter la recherche d’emploi

Christophe Allanic et son frère Jean-François ont créé Jobonmap, un site qui permet de géolocaliser les offres d’emploi. Pratique et gratuit pour les entreprises comme pour les particuliers.

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Quand Emmanuel Macron a répondu à un jeune qu’il n’avait qu’à traverser la rue pour trouver un emploi, l’idée a germé, se rappelle Christophe Allanic, 59 ans. Le chauffeur routier alréen a mis au point, avec son frère Jean-François, qui vit en Corrèze, un site qui permet aux entreprises de déposer gratuitement leurs offres d’emploi, et aux particuliers de chercher, tout ça en se géolocalisant. Ça paraît tout simple, mais ça n’existait pas jusqu’à maintenant, assure l’inventeur.

Son frère, électricien de métier, mais passionné de bidouille informatique, véritable autodidacte, s’est chargé de développer le site, en s’appuyant sur les idées de Christophe. Je me suis rappelé la difficulté de trouver un petit boulot d’été quand j’étais jeune…

Pas de fioritures, juste l’essentiel

Avec Jobonmap – le nom de leur site – pas de fioritures, juste l’essentiel : l’entreprise et sa localisation, le poste, le type de contrat et la personne à contacter. C’est fonctionnel. On a enlevé tout ce qui dépassait. Ça prend cinq minutes aux entreprises de déposer une annonce et c’est très simple pour ceux qui cherchent du travail.

Lancé depuis mi-janvier, le site compte déjà plus de 400 annonces, dans toute la France. Mais cela marche pour le monde entier en réalité grâce au système de géolocalisation, insiste le créateur qui vante un outil simple pour recruter, notamment, des saisonniers.

Les deux Géo Trouvetout, dont la devise pourrait être quand on veut, on peut, agissent uniquement par défi et altruisme. On a déjà eu deux propositions d’achat qu’on a déclinées, sans même demander le montant. On fait ça juste pour aider ceux qui galèrent à trouver du boulot.

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Optimisme·Pour un meilleur emploi·Recrutement & RH

Vous avez dit « profil atypique »?

Bonjour les amis, je profite de cet article pour tenter de répondre à une question :

Revendiquer son « profil atypique » nuit-il à votre recherche d’emploi?

Malgré tout ce que l’on voit paraître dans les médias, vous appuyer d’un parcours non linéaire n’est pas toujours une bonne stratégie face à des recruteurs qui souhaitent être rassurés.

En effet, le terme « atypique » plaît de plus en plus aux candidats pour se décrire en entretien d’embauche. Dans l’absolu, ce n’est pas un problème car avoir une trajectoire particulière correspond à une réalité pour beaucoup, et il ne faut pas réellement vous en cacher. Néanmoins, il ne faut pas s’en contenter comme d’une qualité à ne pas justifier.

A l’heure actuelle, tous le monde peut comprendre si l’on explique, qu’il peut ne pas y avoir de cohérence entre notre formation et nos expériences professionnelles, ou la décision d’une reconversion dans un domaine complètement différent. Simplement, vous devez savoir parler de votre histoire sans vous sentir coupable de vos choix.

Votre objectif sera de ne pas « perdre » le recruteur dans des explications farfelues, mais plutôt expliquer « sans gêne » les raisons qui ont motivé cette transition. Car toutes les explications sont recevables.

A vrai dire, quand même préparer les éventuelles objections du recruteurs qui sont tout à fait légitimes. Comme exemple, un changement de cap après un échec montre votre résilience et votre volonté. Une (ou des) expérience(s) à l’étranger (ou un long voyage) peut présenter une volonté passée de découvrir le monde et d’autres cultures, sans oublier votre travail des langues étrangères.

Transformez ce que vous pensez être un handicap en une qualité ou un point fort. Un parcours atypique peut se vendre comme le développement d’une adaptabilité (plutôt qu’une instabilité), et il démontre votre polyvalence ainsi que votre flexibilité.

Moralité, il faut assumer votre parcours et en parler librement en essayant de devancer les possibles interrogations.

Aussi, privilégiez les PME aux grands groupes qui préfèrent les parcours linéaires sans failles, en mettant en avant votre personnalité et votre autonomie.

Enfin, ne jamais avoir honte de son parcours qui correspond à ses choix de vie et ses passions.

 

Je suis un candidat atypique, est-ce une chance? (Alphea Conseil – 2019)

Se définir « atypique » nuit-il à votre emploi? (cadremploi.fr)

Pourquoi les entreprises peinent à les recruter? (Forbes – 2019)

Comment trouver un emploi avec un profil atypique? (Quimper emploi – 2017)

 

L'éditorial·Nos projets·Recrutement & RH

Plénière BCN N°122 : chantiers tous azimuts.

Une fois n’est pas coutume, nous débutons par un clin d’oeil à nos excusés du jour :

  • Danièle, en déplacement à Sens, pour raisons familiales.
  • Tracey, que nous allons revoir très bientôt, et qui pour cette fois, nous adresse ses salutations bien cordiales.
  • Fabienne, qui prépare une proposition d’audit RSE.
  • Claude à Chalon, qui s’intéresse de près aux fiches marketing.
  • Sylvie Z . déjà inscrite à une formation.
  • Hélène T. prise « en otage » au dernier moment, alors que nous l’attendions,
  • Et enfin, Hélène N., de Clés d’Avenir, qui nous adresse ce petit mot :

« BCN Partenaire d’une expérimentation de bilan de compétences

Membre de BCN depuis quelques mois, la structure CLÉS D’AVENIR, spécialisée dans l’accompagnement des transitions professionnelles, a conçu une nouvelle approche du bilan de compétences, mêlant à la réflexion intellectuelle l’appropriation émotionnelle et physique. Le changement n’étant pas mental, l’idée est de proposer une reconnexion du bénéficiaire de bilan à ses 5 sens pour mieux découvrir ceux qui seront des alliés tout au long de la transition.

Grâce au soutien de BCN, la 1ère expérimentation a eu lieu les 14 et 15 février derniers auprès de 3 participants. Les impacts de cette nouvelle formule seront connus à la fin des bilans de compétences engagés à savoir fin Mars. Merci à BCN pour sa collaboration active dans le projet !

Autre retour qui méritait d’être mentionné, celui de Jean-Louis : « Bonne initiative que d’avoir recommandé  d’éviter le Répondre à tous. » Cela génère beaucoup moins de courriels inutiles, et au final, le nombre de participants reste toujours très proche de l’attendu… Ce soir 20 février, 16 présents, pour 14 attendus.

I. Bienvenue à Yannis.

Nous avons souhaité accueillir Yannis aujourd’hui même, jour de signature de son contrat, afin qu’il puisse faire connaissance de son futur environnement de travail, composé d’apprenants, de bénévoles formateurs… Ce 20 février, des candidatures continuaient à parvenir à la Ligue de l’Enseignement, concernant notre mission : l’intérêt général a été bien compris, et cette semaine encore le Secrétaire d’État a cité le chiffre de 13 millions, pour désigner le nombre de personnes qui « à des degrés divers »  auraient besoin de soutien ou de formation sur les NTIC.

A fortiori, quand ce soutien porte sur  la recherche d’emploi  en mode digital, sa priorité est accrue, et nul doute que Yannis fera œuvre utile avec nous du 2 Mars au 31 Octobre, début et fin de sa mission : Hélène T., Gilles, Danièle et Antoine l’accompagneront durant son séjour parmi nous.

II. Le Recrutement, par Valérie B. d’Orange.

Croisée l’an dernier lors de Journées « Portes Ouvertes » de l’Afpa,  Valérie avait donné un aperçu de la vision d’Orange en matière de recrutement,  vision très spécifique en raison de l’échelle (le nombre de recrutements annuels), de la diversité des niveaux, des  grades et fonctions,  et de l’influence croissante des technologies au cœur des profils métier recherchés. Les volumes de recrutement se répartissent pour moitié en alternance, pour moitié en CDD – CDI.

Recrutement

En tant que consultante en recrutement, Valérie reçoit tout d’abord une demande de « sourcing », préalable à une annonce qui servira d’appel à candidatures.  La discussion s’établit entre le donneur d’ordres qui va créer le poste, et le service qui va réaliser effectivement l’ensemble du processus. Point essentiel : lors de l’appel à candidatures, le postulant est invité à renseigner un questionnaire psychologique de 170 à 175 questions, qui serviront de guide aux questions posées lors de l’entretien, en raison des points à mettre en évidence.

Il s’agit donc d’un questionnaire de personnalité, essentiellement orienté sur les « soft skills », le savoir-être et la capacité à travailler et vivre en bonne intelligence en équipe. Du coup, à la question : « Les recruteurs sont-ils méchants ? », Valérie nous indique que cela a pu exister, mais que c’est devenu « has been », et que les candidats terrorisés, qui ne « s’ouvrent pas », répondent par oui ou par non, ne révèlent rien de leur potentiel. A l’inverse, un vrai échange s’établit souvent en « off » dans l’ascenseur, au moment où le candidat ne se sent pas encore sur la sellette. C’est à ce moment-là que l’on cerne le mieux la personne réelle.

Sur l’attitude à adopter, Valérie recommande d’être sincère et transparent, citant Oscar Wilde : « Soyez vous-mêmes, les autres sont déjà pris ». Cela renvoie à la notion d’imposteur dans le monde du management de transition, ou de l’intérim de haut niveau. Ne pas se survendre, ni annoncer des qualités ronflantes, mais que l’on ne possède pas ! (rappel : sur 175 questions, on va sûrement se « couper » quelque part).

Les équilibres : quelques qualités bien réelles, mais si le recruteur demande quelques défauts, citez-en 2 ou 3 maximum, ne vous sabordez pas !

Pour illustrer la réalité du changement dans le monde du recrutement chez Orange, Valérie cite le métier des « chargés d’affaires FTTH », autrement dit des spécialistes de réseau Fibre Optique chargés de négocier les infrastructures auprès des collectivités et des promoteurs. Les meilleurs techniciens n’étaient pas toujours les mieux à même de défendre les intérêts de l’opérateur lors des phases de négociation ; la nouvelle tendance est plutôt à recruter des profils de commerciaux, ou de négociateurs, puis de les former ensuite aux impératifs de la fibre optique.

Et enfin :

Toujours se souvenir qu’un entretien reste une relation « de personne à personne »,  et que l’on n’a encore rien inventé de mieux que « Parce que c’était lui, parce que c’était moi »…

Étapes :

  • consulter le site officiel de publication des entreprises
  • Job boards : Linkedin, pôle emploi, Indeed…
  • postuler en ligne sur l’offre de votre choix en déposant votre lettre de motivation et CV
  • Répondre à un questionnaire de personnalité
  • 1°sélection téléphonique, vidéo ou physique avec recruteur
  • 2°entretien individuel ou collectif avec manager

Le recruteur : vise à trouver le candidat qui correspond aux besoins du manager sur les plans :

  • Dimension professionnelle (compétences techniques) hard skills.
  • Dimension de croissance (motivation, capacité d’apprentissage, potentiel…)
  • Dimension personnelle (stabilité émotionnelle, personnalité, savoir-être) soft skills.

Cette énumération fait penser à la typologie de Schumpeter sur les différentes catégories d’investissement ; ainsi, on fait le lien entre le « Capital » technique et la « Ressource Humaine, » le sens noble du « Capital Humain ».

L’application et la diffusion des innovations dépendent en amont de la propension de l’entrepreneur à prendre des risques, de la recherche dans l’émergence d’inventions susceptibles d’être exploitées, et du crédit. Elles dépendent en aval de la propension des individus à recevoir l’innovation (pour les produits nouveaux), donc de leurs goûts et habitudes. Ces conditions rendent compte de la réalisation, de la vitesse et de l’étendue de la diffusion. C’est donc le jeu innovation-monopole temporaire-imitation qui assure la croissance économique et le bouleversement perpétuel des positions établies.

L’activité cyclique se déroule de la façon suivante : la phase d’expansion s’explique par les profits qui engendrent une hausse des investissements et de la demande, sous l’effet des grappes d’innovation. Dans un premier temps, les crédits accordés vont provoquer une inflation des biens de production puis de consommation. Ensuite, la quantité additionnelle de biens engendre la déflation, accentuée par le remboursement des crédits annonçant la dépression. Les possibilités de profit se raréfient, les faillites apparaissent. Le phénomène d’imitation entraîne une saturation des marchés et une baisse de la rente monopolistique, donc une réduction de l’investissement suivie d’une baisse de l’activité. La crise ne pourra être dépassée que par d’autres vagues d’innovations. C’est le mécanisme décisif de l’activité cyclique qui implique un processus de destruction créatrice. (D’où notre attention accrue aux effets de l’Intelligence Artificielle).

L’expansion dépend de la diffusion et de l’assimilation des nouvelles conditions d’activité. La dépression correspond à une période de disparition des structures productives en excès et des dettes, et à la gestation de nouvelles innovations. Pour Schumpeter, la durée de chaque cycle correspond à l’importance des innovations et leurs effets d’entraînement.

Le progrès technique n’est pas un flux continu et les cycles obéissent à des mécanismes autorégulateurs. Il se diffuse de manière périodique par vagues à partir de certains secteurs et certains lieux.

Comment faire pour se « préparer », (le recruteur préfèrerait que vous n’en fissiez rien… mais, vous n’êtes pas non plus obligé d’être naïf !).

  • Bien préparer CV + lettre de motivation personnalisée et entretien.
  • Travailler son profil LinkedIn.
  • Préparer ses 3 premières minutes (une présentation générale avec son parcours de manière synthétique, ses compétences fortes).
  • Une réelle motivation.
  • Une posture positive et gagnante.
  • Réfléchir à vos points forts et vos axes de progrès, (cf. exercice AEC M1 doc 1).
  • Réfléchir à des situations pros en fonction de vos réponses.
  • Bien se renseigner sur le groupe.
  • Beaucoup de sincérité et de transparence lors de l’entretien.

Pour conclure, Valérie nous remercie pour la qualité des échanges, l’intérêt des questions posées, et accepte le principe d’une réception de sa stagiaire en césure : l’accueil de stagiaires sur des thèmes en rapport à l’évolution professionnelle/réinsertion est devenu un point fort de BCN. On se souvient de l’intervention de Ghislaine Le B., l’an dernier.

  • Les ateliers proposés par Hélène.

Conformément à sa présentation de l’assemblée Générale, Hélène a avancé rapidement sur ses 2 ateliers : elle met actuellement la touche finale à sa formation LinkedIn avec le cabinet Evolve Formation.

En parallèle, Hélène se propose d’animer les fiches « carré d’As », alias Fiches marketing, alias Volet « Nos compétences » du blog.

1er défi : Faire émerger son projet professionnel – bien le concevoir.

 

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2è défi : En donner, avec ses mots et en quelques minutes, une idée claire et percutante

  • BCN a mis en place des Ateliers Emplois Compétences – A.E.C. pour travailler le 1er
  • Le 2ème est proposé depuis 2014 –  Groupe de parole BCN  &   Appui de l’APEC 
    • Un outil apprenant ! Du besoin est né le support, la fiche marketing
    • Travailler ses mots-clés.
    • Se préparer à la prise de parole « minute » et à l’exercice percutant du pitch
    • S’entraîner dans la perspective des entretiens
    • Mieux se connaître et s’entraider : faciliter les mises en contact, faire découvrir un aspect de son métier, d’une expérience, se donner entre nous un retour de compréhension sur sa présentation, …

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Bien entendu, l’implication et l’engagement d’Hélène dans cette action appellent de la part de nos adhérents l’effort équivalent en termes d’assiduité et d’implication ! Nous cultivons ici l’adage : « Aide-toi, le ciel t’aidera ! ».

Le printemps qui s’annonce va nous poser quelques soucis de coordination entre les différents ateliers : il faut d’abord le considérer comme un luxe de riche ! Ne pas pouvoir  « tout faire à la fois », revient à dire qu’il faut prioriser, parce que le catalogue est trop copieux. Un coup d’œil à l’agenda :

IV. L’Agenda.

– prochaines échéances : 25/02 Atelier Hélène V. Fiche marketing, 1ere session.

27/02 : Atelier Hélène T. / Antoine : AEC classique

4 Mars, soirée Fava / 4 et 5 Mars formation Tuteur Service Civique

10 Mars : 2e session Hélène V., fiches Marketing.

12 Mars : Marketing « Pensons Design » à Nicéphore Cité.

13 Mars  : Agriculture connectée à Nicéphore Cité.

19 Mars : Plénière BCN.

25 Mars : Conférence Jérôme sur le réchauffement. Campagne blog et print à lancer.

-30 Mars : Journée Garantie Jeunes à la Mission Locale de Beaune.

9 & 10 Avril : Salon du Bien Vieillir, contact Antoine pour prise RDV.

16 Avril : Forum des Cadres Pôle Emploi, Salle Devosge.

17 Avril : Masterclass Start-up Le C.I.R. à Nicéphore Cité.

L’ours.

Grizzly

Culture - Loisirs - Histoire

Cette légende aborigène d’il y a 37 000 ans pourrait être la plus vieille histoire du monde.

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En Australie, le peuple Gunditjmara raconte qu’un géant s’est transformé en volcan. Selon les scientifiques, l’éruption remonterait à 37 000 années, ce qui donnerait certains fondements à la légende et en ferait la plus ancienne histoire du monde.

C’est une légende racontée par le peuple aborigène Gunditjmara, de génération en génération. Dans le sud-est de l’Australie, quatre géants sont partis explorer l’île-continent sauf un, qui est resté sur place, où il s’est transformé en volcan. On dit qu’il a même craché ses dents, des roches formées de lave… Aujourd’hui éteint, ce volcan porte le nom de Budj Bim. Il est situé à l’ouest de Melbourne, dans l’État de Victoria.

Des géologues viennent de découvrir que cette légende aborigène ne serait peut-être pas dénuée de fondement et qu’elle serait peut-être née à la suite d’une éruption remontant à quelque 37 000 ans… Ce qui en ferait l’histoire la plus ancienne du monde.

La création des volcans.

Le géologue Eric Matchan et son équipe, de l’université de Melbourne, ont cherché à percer le mystère de cette légende. Ils ont publié leurs résultats dans la revue scientifique GeoScienceWorld. Les chercheurs ont étudié des roches volcaniques du volcan Budj Bim et d’un autre appelé Tower Hill, situé à 40 kilomètres du premier.

Gundjitmara2

Avec les toutes dernières techniques de datation, ils se sont rendu compte que les deux volcans se sont formés il y a environ 37 000 ans. Selon Matchan, il est possible que les deux monts aient surgi et grandi de plusieurs dizaines de mètres en quelques jours à quelques mois.

Les scientifiques sont en tout cas en mesure d’affirmer que le Budj Bim et le Tower Hill se sont formés après une rapide série d’éruptions. Mais difficile d’établir si la légende est réellement racontée et transmise depuis aussi longtemps. Les traces humaines les plus anciennes retrouvées dans cette région ne remontent pas à plus de 13 000 ans environ.

Mais Eric Matchan affirme que dans les années 1940, des archéologues ont rapporté une hache en pierre, trouvée près de l’ancien volcan de Tower Hill. La hache étant enfouie sous les roches volcaniques, ce qui tend à prouver que des êtres humains vivaient dans la région avant l’éruption.

Ne pas confondre légende et réalité.

Selon les géologues, les soudaines éruptions ont vraisemblablement beaucoup impressionné les populations de l’époque, déclenchant peut-être l’histoire de quatre géants. « Il n’y a pas eu d’autres grandes éruptions volcaniques dans cette région dans les années qui ont suivi, et qui auraient pu inspirer ces histoires », explique Eric Matchan.

Ce n’est pas la première fois que les contes aborigènes sont considérés comme les plus anciens du monde. En 2015, le géographe Patrick Nunn, travaillant pour l’université de la Sunshine-Coast en Australie, a écrit une étude suggérant que certaines histoires racontées par les peuples autochtones de l’île-continent, notamment celles évoquant une montée des eaux, pourraient dater d’environ 7 000 ans.

Les scientifiques suggèrent un possible lien entre des légendes anciennes et des événements géologiques attestés, mais ils invitent toujours à traiter ce genre d’hypothèse avec prudence, comme Eric Matchan : « Nous ne prétendons pas que l’histoire de Gunditjmara est réelle ni aussi ancienne. »

Cela ne vous rappelle rien ?

L’histoire et l’étude de la cosmogonie sont émaillées de coïncidences, – ou si l’on préfère, de rapprochements chronologiques – tout à fait célèbres. Laissez-moi vous en rappeler deux, qui n’ont pu échapper à votre sélective mémoire judéo-chrétienne…

Le jour où le Christ a rendu l’âme, crucifié lors de la Pâque Juive au Golgotha, à Jérusalem, les témoins ont relaté qu’un orage d’une violence extrême s’est abattu sur la cité, « au point que tout l’horizon en fut durablement obscurci ».  Cet événement a bien eu lieu, on en a retrouvé la trace, et c’est d’ailleurs lui qui a permis de dater avec précision la Passion du Christ, malgré les imprécisions du calendrier julien…

Plus près de nous, en 1066, se déroule la célèbre bataille d’Hastings, qui consacre la victoire finale de Guillaume Le Conquérant, et lui confère la couronne d’Angleterre. Cet événement a été retranscrit « à la main » sur une tapisserie monumentale (plus de 70 mètres de bande dessinée en continu) par l’épouse de Guillaume, la Reine Mathilde. Cette tapisserie est toujours visible au Musée du Baron Gérard de Bayeux, où elle a fait d’une restauration importante, et d’une nouvelle mise en scène, destinée à mieux la protéger ; bien, me direz-vous, mais quel rapport avec le sujet ? Eh bien, figurez-vous que sur cette tapisserie d’âge canonique apparaît la Comète de Halley, que les compagnons avaient remarquée au-dessus de leurs têtes durant toute leur héroïque traversée de la Manche.

Paru dans ouest-France

Grizzly

L’Ours.

 

 

 

 

 

Actualités & News·Société

14 FEVRIER : La ST-VALENTIN, Fête Commerciale ou occasion de célébrer L’AMOUR ?

Valentine

« L’origine réelle de cette fête est attestée au XIVe siècle dans la Grande-Bretagne encore catholique où le jour de la Saint-Valentin du 14 février était fêté comme une fête des amoureux car l’on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s’apparier1. Restée vivace dans le monde anglo-saxon, comme Halloween, cette fête s’est ensuite répandue à travers le continent à une époque récente. »

C’est ainsi que Wikipédia commence sa page au sujet de la St Valentin. Célébrée dans de nombreux pays, cette fête se décline sous d’autres appellations, à d’autres dates, au Brésil, en Iran, en Israël ou encore en Chine.

Il semblerait par ailleurs que la  version commerciale aurait son origine au milieu du XIXe siècle….aux États-Unis.

A la suite de ce préambule vaguement historique de ma part, je me demande si ce n’est pas la dernière version qui l’emporte de nos jours.

En effet comment échapper toute la semaine dernière aux affiches, bannières, écrans publicitaires, pseudo reportages et annonce en tous genres : Valentine’s day, menu spécial, dessous chics, 20 idées originales pour elle et pour lui, témoignages d’amoureux célèbres ou de citoyens « lambda », week-end spécial St Valentin à prix cassé ou dernière minute, brassées de roses (la rose représente 80% des ventes chez le fleuriste pendant la semaine) jeux coquins, jeux télévisés…….à en avoir la nausée ou le tournis !!!

Et pourtant, si c’était quand même une belle occasion… Avec mon amoureux, nous sommes allés au restaurant, nous avons dégusté le menu spécial et passé une délicieuse soirée. J’ai été touchée par tous ces couples de tous âges autour de nous, du plus jeune au plus âgé. Et il nous est souvent aussi arrivé de fêter la St Valentin chez nous, ou en décalé lorsque les enfants étaient jeunes. Parce que quand même….soyons honnêtes, c’est plutôt agréable de partager ce moment, de se pomponner un peu, de prendre ce temps là justement !

Même si finalement, il nous appartient de décider que des soirées en amoureux, c’est possible toute l’année, sans injonction de consommer, sans le « packaging » affreusement rouge passion par obligation…

A l’instar de la St Valentin, la journée de la femme ne se limite pas au 8 mars,  la lutte contre le cancer n’est pas réservée au 4 février, toutes ces journées internationales ou mondiales ou régionales (les personnes âgées le 1er octobre, le sommeil le 22 mars…….) ne nous dispensent pas de ne plus y prêter attention le reste de l’année, évidemment, quoique….

Le 3 décembre dernier, journée internationale des personnes handicapées, un invité des plateaux de télévision lui-même en situation de handicap et expert dans un domaine dont je ne me souviens pas, a remercié les journalistes de leur invitation et les a poliment informés qu’il était également disponible toute l’année !!!! Façon élégante de rappeler que le handicap ne peut pas se contenter d’une journée par an pour être montré.

Gageons que les amoureux ne se contentent pas de la St Valentin ni d’une rose rouge pour se dire leur amour tout au long des jours, des semaines, des mois, des années.

      Signé : L’Hermine.

Hermine

Economie·Formation et professionnalisation·Société

Société : « Le service civique n’atteint pas ceux qui en ont le plus besoin.

Le service civique, proposé à tous les jeunes de 16 à 25 ans, constitue-t-il , au-delà d’une expérience citoyenne, un tremplin vers l’emploi ? C’est la question posée à Sophie Morlaix, chercheuse à l’université de Bourgogne.

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Si, globalement, le service civique a « un effet bénéfique sur l’insertion professionnelle » des jeunes, « cela se vérifie surtout auprès des plus diplômés ». C’est ce que constate Sophie Morlaix, enseignante-chercheuse à l’université de Bourgogne, dont le travail de recherche, conduit en Bourgogne Franche-Comté auprès de 783 jeunes, a nourri le rapport qu’elle a remis en 2019 à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep).

Un dispositif qui loupe sa cible.

Avant leur service civique, 7% des jeunes interrogés disposaient d’un emploi.  A l’issue du service civique, ils sont 29% à avoir trouvé un emploi dans la foulée, selon la chercheuse. Le service civique a donc sans conteste « un effet positif entre la situation initiale et finale ». constate Sophie Morlaix. Qui met cependant deux bémols à cette conclusion.

Premier bémol : « Le dispositif n’atteint pas en priorité ceux qui en ont le plus besoin et qui sont d’abord visés ; à savoir les moins diplômés, les inactifs et ceux qui n’ont aucun projet professionnel ». De fait 58% des jeunes qui ont fait un service civique dans l’échantillon étudié, sont diplômés de l’enseignement supérieur.

Deuxième bémol : les moins diplômés (qui n’ont pas le Bac) sont 61% à être demandeurs d’emploi avant le service civique.  « ils restent encore 57% dans ce cas, juste après le service civique et encore actuellement », au moment de l’étude. « L’effet bénéfique sur l’insertion professionnelle n’existe pas, en réalité, pour les jeunes non diplômés », conclut Sophie Morlaix. La situation est toute autre pour les diplômés du supérieur : 44% d’entre eux disposent d’un emploi à l’issue d’un service civique, qui « leur sert à se faire une première expérience professionnelle ».

« Tous semblent y trouver leur compte ».

Malgré ces réserves, la chercheuse constate que les jeunes portent, sur le service civique, « un regard massivement positif ». Tous semblent y trouver leur compte, du moins en partie, et vantent les mérites de cette expérience généralement décrite comme enrichissante, formatrice, voire révélatrice pour certains.

Alexandra CACCIVIO – Le Bien Public du Dimanche 16 Février 2020.

En chiffres : 581€, c’est le montant net, de l’indemnité mensuelle versée aux jeunes en service civique. Peuvent s’y ajouter 119€ pour les boursiers au 5e, 6e, ou 7e échelon.

79000 : c’est le nombre de jeunes qui ont commencé une mission de service civique, en 2017, selon les données de l’Injep. cela représente 10% d’une classe d’âge.

A suivre : Heureux hasard, cette étude est parue à quelques jours de l’analyse N°67 de l’INSEE : ainsi chacun pourra se faire une opinion documentée sur l’emploi des jeunes dans notre région.

 

 

Economie·Pour un meilleur emploi

INSEE Analyses N° 67

 

INSEE_6784 100 jeunes chômeurs ou inactifs en Bourgogne-Franche-Comté : pas ou peu diplômés, souvent au domicile familial 

En Bourgogne-Franche-Comté,84 100 jeunes, soit 20 % de 16 à 29 ans, sont en situation de chômage ou  d’inactivité. Ils sont en grande majorité pas ou peu diplômés. Certains jeunes chômeurs cumulent des  difficultés rendant leur parcours vers l’emploi plus difficile : 2 200 sont en recherche d’emploi depuis plus d’un an, sans expérience professionnelle, ni diplôme. Même si le diplôme augmente les chances d’obtenir rapidement un travail, il ne protège toutefois pas complètement du non-emploi. Les jeunes chômeurs ou inactifs habitent plus souvent chez leurs parents que ceux ayant un emploi. Lorsqu’ils vivent en couple, leur conjoint est une fois sur trois sans emploi. Dans l’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort, la part de jeunes au chômage ou en inactivité est la plus forte. Ce sont aussi les départements de la région dont les contextes socio-économiques sont les plus dégradés. 

Frédéric Biancucci, Régine Bordet-Gaudin (Insee) 

En Bourgogne-Franche-Comté, parmi les jeunes âgés de 16 à 29 ans, 84 140 sont au chômage ou en inactivité en 2016. Ainsi 20 % des jeunes de cette tranche d’âge ne travaillent pas sans pour autant poursuivre des études (figure 1). Cette proportion est cependant parmi les plus faibles de métropole. La région se classe au 5e rang derrière la Bretagne, les Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-France. Ce sont des régions où le marché du travail est globalement moins dégradé : dans ces cinq territoires, le taux de chômage, en particulier celui des 15-24 ans, est inférieur à la moyenne de France métropolitaine (Définitions). Sans qualification, trouver un premier travail et accéder durablement à l’emploi est beaucoup plus compliqué pour les jeunes sortis précocement du système éducatif. Ceux-ci constituent un des publics prioritaires du Pacte régional d’investissement dans les compétences (Pric) (Encadré). Leurs difficultés d’insertion ont une incidence sur leurs conditions de vie à une période où ils cherchent leur autonomie. Elles peuvent remettre en cause leur départ du foyer parental, leur mise en couple, l’arrivée d’un premier enfant. 

INSEE_67_Fig.1

 

I. Une grande majorité de jeunes éloignés de l’emploi pas ou peu diplômés 

Peu de jeunes de 16 à 20 ans sont au chômage ou en inactivité, la plupart étant encore en études (figure 2). Dans la région, la moitié des jeunes chômeurs ou inactifs a entre 20 et 25 ans, population qui peut bénéficier d’un accompagnement global vers l’insertion professionnelle et sociale de la part des Missions Locales (Encadré). Un tiers a au moins 26 ans, âges ciblés par la mise en place de projets professionnels.

Les jeunes chômeurs ou inactifs sont, en grande majorité, pas ou peu diplômés : plus d’un tiers d’entre eux n’ont aucun diplôme et un quart dispose d’un CAP/BEP. Dans la région, comme en France, débuter dans la vie active est plus difficile pour les jeunes faiblement diplômés. En 2018, sept mois après la fin d’un cursus de formation professionnelle, à peine 68 % des diplômés d’un CAP en Bourgogne-Franche-Comté ont un emploi. Ce taux d’emploi atteint 86 % pour les titulaires d’un Deug, BTS, DUT ou DEUST et 89 % pour ceux encore plus diplômés. Ainsi, la possession d’un diplôme augmente les chances d’accéder rapidement et à l’emploi. Cependant, elle ne préserve pas complètement du chômage ou de l’inactivité : 16 % des jeunes au chômage ou en inactivité sont titulaires d’un diplôme d’études supérieures. 

INSEE_67_Fig.2

II. Jeunes en chômage : les trois quarts ont déjà travaillé

La grande majorité des jeunes sans emploi et ne poursuivant pas d’études sont en situation de chômage (70 %). Ils ont, alors pour la plupart, déjà travaillé et sont moins soumis au chômage de longue durée : 31 % sont au chômage depuis plus d’un an contre 44 % pour l’ensemble des chômeurs de la région. Néanmoins, certains jeunes sont au chômage de longue durée dès leur entrée dans la vie active : un quart n’ont aucune expérience professionnelle. 

Dans la région, un peu plus de 10 % des ont un niveau de diplôme plus élevé que les jeunes au chômage pourraient rencontrer des difficultés accrues dans leur recherche d’emploi. Ils sont à la fois non-diplômés et  recherchent un emploi depuis plus d’un an. Cette situation de forte vulnérabilité sur le marché du travail pourrait être accentuée pour 4 % des chômeurs (2 190) qui cumulent ces deux difficultés et l’absence d’expérience professionnelle. 

III. Les jeunes femmes plus souvent sans emploi, davantage au foyer.

Les jeunes éloignés de l’emploi sont en majorité des femmes. Celles-ci sont en effet plus fréquemment touchées par le chômage ou l’inactivité que les hommes ; 21 % des femmes de 16 à 29 ans de la région contre 18 % des hommes. Les femmes concernées ont un niveau de diplôme plus élevé que les hommes et elles sont en moyenne plus âgées. À partir de 26 ans, elles sont plus souvent en situation d’inactivité, fréquemment femmes ou mères au foyer.

IV. Les hommes plus souvent chez les parents, les femmes davantage en couple 

Compte tenu notamment de leurs difficultés financières et de logement liées à leur situation de non-emploi, les jeunes chômeurs ou inactifs ont moins souvent leur indépendance résidentielle que les actifs en emploi de leur âge (figure 3).

INSEE_67_Fig.3
 Ils habitent plus fréquemment avec leur mère et/ou leur père : 42 % contre 27 % chez les jeunes qui travaillent. À partir de 26 ans, ils sont encore plus de 20 % à cohabiter avec au moins un parent, alors que leurs homologues ayant un emploi ne sont que 10 % dans cette situation. Si certains d’entre eux ne sont jamais partis vivre ailleurs, d’autres sont revenus habiter au foyer parental par nécessité, n’ayant plus les moyens de conserver leur propre logement. En France, en 2014, 14 % des jeunes chômeurs ou inactifs vivent chez leurs parents après être partis une première fois. 

Ces retours se produisent notamment à la fin de leurs études, à leur entrée sur le marché du travail ou suite à un accident de la vie (perte d’emploi, rupture amoureuse…). Un tiers des jeunes chômeurs et inactifs vivent en couple, le plus souvent avec au moins un enfant. Les hommes n’ont pas le même mode de vie que les femmes. Entre 20 et 25 ans, les jeunes hommes au chômage ou inactifs de la région habitent en grande majorité avec au moins un de leurs parents. Les jeunes femmes, en revanche, sont beaucoup plus fréquemment en couple. Cet écart persiste avec l’âge même s’il s’atténue. Entre 26 et 29 ans, un tiers des hommes cohabitent encore avec au moins un parent. Les femmes, pour la plupart, partagent leur vie avec leur conjoint et 13 % sont à la tête d’une famille monoparentale. Les mères seules ont le plus souvent un enfant à charge. Dans trois cas sur dix, elles élèvent deux enfants. .

V. Le niveau social de l’entourage pourrait limiter le soutien à ces jeunes 

Au total, trois quarts des jeunes chômeurs ou inactifs habitent avec leur conjoint ou avec au moins un de leur parent. Cela favorise l’aide financière, matérielle ou morale dont ils peuvent avoir besoin au quotidien. Ce soutien peut être cependant plus ou moins important compte tenu notamment de la situation sociale et professionnelle des personnes qui les entourent. Le soutien familial peut être en particulier limité lorsque les parents sont confrontés, eux aussi, à des difficultés professionnelles et sociales. Ainsi, parmi les jeunes chômeurs ou inactifs vivant avec leur père et leur mère, près de 20 % ont leurs deux parents qui ne travaillent pas (figure 4) ; le plus souvent, l’un est à la retraite, l’autre est au foyer. Néanmoins, la moitié des jeunes ont une situation a priori beaucoup plus favorable : leurs deux parents ont une activité professionnelle. Ils sont souvent ouvriers ou employés. Dans seulement un cas sur dix, leurs deux parents ont même un niveau social plus élevé : ils sont cadres ou exercent une profession intermédiaire. 

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VI. Vie en couple : dans un cas sur trois, le conjoint est aussi sans emploi 

Les possibilités d’aide peuvent être réduites également pour les jeunes chômeurs ou inactifs vivant en couple : lorsque le conjoint, aussi, n’a pas d’emploi, ce qui est le cas pour un tiers d’entre eux. Celui-ci est alors très souvent au chômage. Toutefois, dans la majorité des foyers, le conjoint a un emploi à durée indéterminée. Les jeunes femmes éloignées de l’emploi ont, dans les trois quarts des cas, un conjoint qui travaille, souvent comme ouvrier. Cela est moins vrai pour les jeunes hommes non insérés : leur compagne a un emploi dans seulement un cas sur deux. Elle exerce alors davantage une profession intermédiaire ou de cadre. 

VII. Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs ne résident pas avec un conjoint ou un parent

Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs vivent dans d’autres conditions : 5 % sont à la tête d’une famille monoparentale, 10 % habitent seul et autant sont en colocation ou hébergés dans une communauté (établissement médico-social, foyer étudiants…). Cela ne signifie pas qu’ils soient isolés socialement et qu’ils ne bénéficient pas du soutien de leur famille. En France métropolitaine, les jeunes au chômage ou inactifs qui ont quitté le domicile parental reçoivent plus fréquemment une aide de leurs parents, de leur famille ou de leurs amis que ceux ayant un emploi ; il peut s’agir d’une aide financière, matérielle (repas, lessives, garde d’enfants…) ou d’un soutien moral. Entre 18 et 24 ans, ils sont 11 % à bénéficier d’une aide financière qui participe par exemple au paiement du loyer ou des courses, contre 6 % parmi ceux ayant un emploi. Entre 25 et 29 ans, ils sont encore 9 % à disposer de cet appui (source Enquête Logement 2013). 

L’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort : des jeunes plus souvent en situation de chômage ou d’inactivité 

Près de 60 % des jeunes au chômage ou en inactivité, soit 47 900, résident dans un des trois départements les plus peuplés de la région : dans le Doubs, en Côte-d’Or ou en Saône-et-Loire (figure 5). Toutefois dans les deux premiers, leur part parmi l’ensemble des jeunes est relativement faible puisqu’ils accueillent de nombreux étudiants notamment à l’université de Besançon et de Dijon. Dans le Grand Besançon Métropole et Dijon Métropole, les jeunes chômeurs sont davantage titulaires d’un diplôme d’études supérieures. Un certain nombre d’entre eux, fraîchement diplômés, ont terminé leurs études dans ces territoires et sont en quête d’un premier emploi. D’autres sont venus s’y installer, attirés par les opportunités d’emplois qu’offrent ces grands pôles d’activité.

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Dans l’Yonne, la proportion de chômeurs et d’inactifs parmi les 16-29 ans est la plus forte. Elle atteint 30 % dans l’agglomération migennoise. Elle est également élevée dans celles de Joigny, Sens, Tonnerre (figure 6). La moyenne d’âge de ces jeunes est faible, 20 % n’ayant pas plus de 19 ans et ils sont davantage non diplômés que dans les autres départements. La part de jeunes chômeurs ou inactifs est également importante dans la Nièvre. Ce département est marqué par les difficultés économiques et l’ensemble des actifs est plus fortement touché par le chômage. La proportion de jeunes éloignés de l’emploi est importante dans les intercommunalités du Tannay-Brinon-Corbigny et du Haut-Nivernais, espaces peu denses où les jeunes sont, de plus, distants des structures de formation, de santé et des espaces culturels. Elle est également élevée dans le sud nivernais notamment à Decize. Dans le Territoire de Belfort, département plus industrialisé et très touché par la crise économique, les jeunes sont également fréquemment en situation de non-emploi. Ceux-ci, tout comme ceux travaillant, sont davantage diplômés du supérieur qu’en moyenne dans la région. En revanche le Jura se distingue par une proportion de jeunes au chômage ou inactifs inférieure à la moyenne régionale. C’est le département où les jeunes sont le plus souvent en emploi et où le taux de chômage des 15-24 ans est le plus bas de la Bourgogne- Franche-Comté.

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Définitions

 Les jeunes au chômage ou en inactivité sont comptabilisés à partir du recensement de la population. Dans cette étude, ce sont des personnes qui ont déclaré, lors de l’enquête de recensement, être au chômage, femme ou homme au foyer ou être dans une autre situation d’inactivité notamment d’incapacité de travailler pour raison de santé ou de handicap. Les jeunes s’étant déclarés en études (élève, étudiant) ou en stage non rémunérés ne sont pas considérés, dans l’étude, comme des inactifs. 

 Le taux de chômage est celui défini au sens du Bureau international du travail (BIT) : c’est le nombre de chômeurs rapporté à l’ensemble de la population active (somme de la population en emploi et au chômage). 

Pour en savoir plus 

  • « Insertion dans la vie active des lycéens et des apprentis – Bourgogne-Franche- Comté – Enquêtes 2018 », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, octobre 2019. 
  • Bordet-Gaudin R., Lèbre P-S., « Un quart des jeunes vivent dans des territoires distants des services favorisant leur insertion sociale et professionnelle », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 27, février 2018. 
  • « La jeunesse en Bourgogne-Franche-Comté » : sélection d’indicateurs », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, décembre 2019. 
  • Pouliquen E., « Depuis 2000, la part des 18-29 ans habitant chez leurs parents augmente à nouveau », Insee Première n° 1686, janvier 2018. 

Source : INSEE Bourgogne Franche-Comté.

 

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Linkedin : perte de temps ou pari d’avenir ?

IL Y A PLUS de 673 millions d’utilisateurs sur Linkedin, mais « la plupart des gens ont un compte parce qu’on leur a dit qu’ils devraient ou qu’ils ont besoin d’en avoir un — ils ne l’utilisent jamais ou ne le mettent pas à jour », a déclaré Andrew Selepak, directeur du programme d’études supérieures en médias sociaux à l’Université de la Floride.

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Perte de temps.

Au cours des dernières années, Linkedin est devenu un outil de frustration dans la stratosphère des médias sociaux : Ce n’est pas amusant ou convivial, c’est un peu laid, et le site s’est embourbé dans les demandes de connexion spam et les tentatives des utilisateurs de commercialiser des produits « par rapport à l’établissement de relations, comme prévu », a déclaré Lewis Goldstein, président de Blue Wind Marketing. « Je reçois plusieurs messages par jour de gens qui essaient de me vendre quelque chose sans même avoir de conversation. »

Le site peut également encourager les postures. Il est malhonnête d’accepter chaque demande de connexion et de se vanter ensuite de vos vastes réseaux d’affaires alors que ces réseaux donnent en fait peu d’activité et peu d’interactions. « La plupart des gens ont rarement du contenu professionnel à partager — nous changeons d’emploi si souvent ou nous apparaissons dans des publications nationales ou nous venons d’obtenir de nouveaux diplômes », a déclaré M. Selepak. C’est probablement pourquoi les utilisateurs ne passent environ 17 minutes par mois sur Linkedin par rapport à 35 minutes par jour sur Facebook, a-t-il ajouté.

Linkedin peut être un excellent endroit pour trouver des adresses e-mail ou, si vous embauchez, pour parcourir les curriculum vitae avec peu d’effort, mais les gens ont tendance à laisser leur profil s’atrophier, a déclaré M. Selepak. De plus, il y a toujours le risque qu’ils soient avisés que vous les harcelez sur Linkedin.

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Pari sur l’avenir. 

Lorsque le Dr. Bill  Schindler a créé pour la première fois un profil Linkedin, il ne l’a fait que pour permettre à  ses étudiants de puiser dans ses contacts et ses liens afin d’y chercher des stages et des emplois. Mais lorsqu’il a voulu purger les demandes de connexion parvenues en 2015, le professeur agrégé d’anthropologie et d’archéologie au Washington College à Chestertown, dans le Maryland, est tombé sur un message d’un directeur de casting au réseau National Geographic.

« Je pensais que c’était une blague, mais j’ai décidé de l’appeler », a-t-il dit. « Quatre mois plus tard, je me suis retrouvé dans la savane africaine entourée d’une équipe de tournage. » Le spectacle, « The Great Human Race », a débuté en février 2016.

Son histoire est peut-être rare, mais à tout le moins, Linkedin permet aux gens de communiquer avec d’autres dans leur secteur économique ; c’est un curriculum vitae vivant et numérique que vous pouvez envoyer à des employeurs potentiels et un outil utilisé par les recruteurs pour trouver de meilleurs candidats. Il s’agit également d’une plateforme de marque personnelle où vous pouvez vous distinguer en tant que leader de la pensée dans votre industrie, a déclaré Aliza Licht, consultante numérique et auteure de « Laissez votre marque », un guide de carrière pour l’ère des médias sociaux.

Il ne suffit pas d’avoir un profil. « Il est essentiel d’être présent sur Linkedin », a déclaré Mme Licht. Vous devriez afficher régulièrement du contenu pertinent pour votre carrière — innovations de votre employeur, offres d’emploi dont vous avez entendu parler, changements dans l’industrie que vous avez observés — sur son fil de la page d’accueil, comme vous le feriez sur Facebook. « C’est une excellente façon de voir votre point de vue, vos valeurs et vos réalisations », a-t-elle dit, ce qui augmente la probabilité d’établir des liens et de trouver des occasions.

Témoignages brefs : Avez-vous trouvé Linkedin utile ou inutile?

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 « En tant qu’ancien vice-président des ventes et maintenant recruteur exécutif, je peux vous dire que Linkedin est une plateforme formidable pour identifier les bons candidats pour vos équipes et rester en contact avec votre réseau. Et, bien qu’il ne soit pas nécessaire de passer 35 minutes par jour sur Linkedin, les 17 minutes que les gens passent chaque mois à tenir leur profil à jour et à rester connectés sont très précieuses. Et en rejoignant certains groupes et forums, vous pouvez suivre les nouvelles des anciens élèves ou des informations précieuses de l’industrie.

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 « J’ai essayé Linkedin ainsi qu’un groupe de chasseurs de têtes professionnels. Chacun était utile à sa façon, mais n’a pas toujours donné de résultats. Le meilleur, c’est ce lien personnel. Si vous connaissez quelqu’un qui a une entrée quelque part, c’est la solution.» — Susan Booz

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 « Contrairement à Facebook, où je me rends rarement, j’utilise Linkedin. Je n’ai pas à passer beaucoup de temps à lire des bêtises. Il suffit d’un instant pour faire un scan pour savoir ce que fait quelqu’un. Je l’appellerais « l’anti-Facebook » — William Ramshaw

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« Dans certaines professions et industries, Linkedin est formidable. En tant que rédactrice technique dans l’industrie des logiciels et des TI, Linkedin est devenue ma principale source de pistes d’emploi. Beaucoup de recruteurs techniques semblent utiliser la fonction de recherche de Linkedin pour trouver un bassin de candidats qualifiés. Et les demandes que je reçois sont nationales, pas seulement locales ou régionales.» — Roland Winkler

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 « La plus grande valeur que je reçois de Linkedin, c’est lorsque j’examine des partenaires commerciaux potentiels. Plus souvent qu’autrement, je trouve un profil de Linkedin qui contredit ce qu’ils m’ont dit au sujet de leur expérience et de leurs qualifications. Le profil le plus utile était celui d’un « expert en production d’énergie de remplacement » qui a affirmé avoir une vaste expérience de l’élaboration de projets énergétiques de l’ordre de 100 à 300 millions de dollars. Selon leur profil Linkedin, leur entreprise était en fait inexperte dans ce domaine, et cherchait seulement à se diversifier.

Article paru dans le Wall Street Journal du 15/01/2020.

Ashley Mateo

L'éditorial

L’Édito de février.

Est-ce qu’il vous arrive parfois, à l’orée d’un mois de 29 jours, de vous demander de quoi celui-ci sera fait ? Pour ce qui concerne l’association BCN, je me suis livré à l’exercice ce matin, il est édifiant !

février_2020

Le 2 Février : Chandeleur : penser à faire des crêpes.

Le 4 février de 14 heures à 19 heures, une série de conférences à la Maison Régionale de l’Innovation organisée par le cluster Bourgogne Franche-Comté Numérique (lien ci-dessous ) :

https://www.bfcnumerique.fr/agenda/evenements-a-venir.html

(Tramway => Quétigny : arrêt Mazen Sully). Entrée gratuite, mais inscription obligatoire.

Le 5 février, il n’est pas trop tard pour s’inscrire à la formation Nicéphore Cité (en tant qu’adhérent BCN) à l’atelier « Mise en place d’un ERP » ou progiciel de gestion intégré. Un second atelier sur ce thème  le 11 mars prochain.

https://www.choisirmonerp.com/erp/definition-d-un-erp

Le 6 février, présentation de notre nouveau cycle « Ateliers Emplois Compétences » : la formule mise en place en 2017 est reconduite sur la base d’une nouvelle  convention avec nos amis de Cesson, mais elle évolue grâce aux apports d’Hélène T., et à la base documentaire constituée en 2019, sur le numérique notamment. Nous sommes en cours de recrutement d’un.(e) jeune volontaire en Service Civique pour nous épauler sur ce plan.

Le 7 février : avancement du projet de conférence BCN sur « Comment lutter contre le réchauffement climatique ? ». L’objet est de choisir la cible, l’endroit, les modalités, l’horaire, ainsi que la manière d’informer un large public de cet événement.

En parallèle, les expertes RH du bureau de BCN travaillent à jeter les bases du projet « Carrédas », c’est-à-dire la matrice croisée Atouts/Expérience/Projets/Compétences. Notre projet est d’injecter « en direct » des travaux pratiques sur ce thème dans les ateliers.

Le 10 février : BCN propose ses services de Simulations d’entretien à Pôle-Emploi Beaune (contact : Mme Béatrice Certain, suite au Salon « Mes Atouts, mes Projets de Beaune).

Le 13 février : « L’Ordinateur quantique » à Nicéphore Cité, au Meet-Up de l’Innovation #9. Et à partir de 10 h 30, au même endroit le rendez-vous territorial de Bourgogne Franche-Comté Numérique.

Session N°2 du Module AEC.

Le 14 février : N’oubliez pas la Saint-Valentin !

Le 18 février : BCN rencontre Pôle-Emploi Quétigny, afin de partager nos pistes de coopération, et les actions de développement concertées à enclencher dès maintenant.

Le 18 février : « La Transformation de la Relation Client », toujours à Nicéphore Cité. Cette fois encore, priorité au co-voiturage ! Il s’agit d’un Atelier Numérique, donc en lien avec ceux qui concernent la Mise en place de l’ERP. Beaucoup d’exploitants (informaticiens, producteurs, commerciaux) sont impactés par ce sujet.

Le 20 février : Plénière N°122. Nous recevons Valérie, consultante Recrutement d’Orange NE : son témoignage portera sur les éléments utilisés pour élaborer un profil-type d’un poste à combler, et de quels éléments le recruteur dispose après la batterie de tests que le candidat remplit en ligne avant l’entretien.

Le 27 février : Poursuite du Module AEC.

Conclusion : Pour celles et ceux qui sont malades avec les crêpes ou les pommes d’amour, pas de panique, les huîtres et les moules sont parfaitement saines pendant les mois en -r : janvier, février, mars, avril, septembre, octobre, novembre, et décembre.

L’Ours.

L'Ours_0

 

Développement personnel·Management

Le brainstorming comme équilibre.

Des idées créatives peuvent émerger de l’opposition entre la stimulation et le calme, la connectivité et l’isolement. 

Brainstorming

Par Laura Entis Illustration par Giacomo Bagnara

Écrivain indépendant qui a récemment publié un livre sur l’honnêteté, Judi Ketteler mène une vie bien remplie. Ses journées sont consacrées à engager – avec sa famille, un grand cercle social animé et les personnes dynamiques qu’elle interviewe pour le travail – des interactions qui l’exposent à un flux constant de nouvelles informations.

Les percées arrivent généralement pendant les heures précieuses de son emploi du temps au cours desquelles elle est seule, sans lien du monde extérieur à sa propre tête. «Je cours, c’est à ce moment que je pense à 90% de mes idées», dit-elle. 

Les derniers kilomètres de ces courses sont une course contre la mémoire ; elle est stimulée par la peur d’oublier quelque chose de vraiment bien. Dès qu’elle rentre à la maison, elle écrit tout sur des bouts de papier et un crayon – sélectionnés pour leur capacité à «transpirer» – avant de se doucher. Plus tard, elle transférera tout cela dans son agenda. 

La course à pied n’est, bien sûr, qu’une méthode pour dénicher de nouvelles idées et lignes directrices ; il existe un nombre vertigineux de façons de réfléchir. Cependant, décortiquez les détails de toute stratégie unique et vous trouverez probablement le même fondement : une interaction entre la stimulation et la quiétude. 

L’Universitaire oppose.

Les universitaires divisent la résolution de problèmes et la génération d’idées en deux camps généraux: le travail individuel et la collaboration. Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients.

Sans contrainte de jugement et de pensée de groupe, le fait que les employés travaillent séparément puis mettent en commun leurs solutions se traduit généralement par plus de créativité et d’options. Mais le travail en solo peut également être truffé d’angles morts – sans le filet de sécurité d’une variété de perspectives, il est facile de descendre dans des trous de lapin improductifs.

La collaboration, quant à elle, permet «une division du travail plus efficace», explique Ethan Bernstein, professeur agrégé à la Harvard Business School. Travaillant en groupe, «nous profitons des expériences des autres et pouvons obtenir une meilleure réponse plus rapidement», une aubaine particulière dans un monde complexe qui nécessite plusieurs niveaux d’expertise. Mais la collaboration peut conduire à la conformité ; lorsque les membres du groupe sont en dialogue constant, le nombre d’idées uniques diminue et le consensus est souvent atteint plus tôt qu’il ne devrait l’être, dit Bernstein.

Mais le pendule professionnel est passé du travail individuel à une connectivité constante.

Au cours des dernières décennies, alors que les outils de communication en temps réel ont évolué et que les smartphones nous permettent de ne jamais nous déconnecter, le pendule professionnel s’est éloigné du travail individuel vers une connectivité constante. « Peut-être que nous trouvons du temps dans la voiture silencieuse pour débrancher et cela fait vraiment du bien », dit Bernstein. « Mais ces moments sont moins nombreux et plus éloignés. »

Les recherches de Bernstein suggèrent qu’il est possible d’exploiter «le meilleur des deux mondes» grâce à un processus qu’il appelle «collaboration intermittente». Dans une série d’études, les chercheurs ont divisé les participants en groupes chargés de résoudre un problème dans l’une des trois conditions suivantes :

1) chaque membre du groupe travaillait dans un isolement complet.

2) les membres collaboraient en continu.

3) les membres interagissaient par intermittence.

Les groupes de la première catégorie ont produit le plus grand nombre de solutions uniques, bien que la qualité moyenne de chaque idée individuelle soit faible. Les groupes de la deuxième catégorie ont produit moins de solutions, mais ont maintenu une moyenne unitaire plus élevée. Bernstein et ses co-auteurs ont écrit  Les Groupes de la troisième catégorie ont su «préserver suffisamment  d’ isolement a pour trouver les meilleures solutions au moins aussi souvent que les groupes sans interaction, mais aussi une collaboration suffisante pour maintenir une qualité moyenne équivalente élevée de la solution par rapport aux groupes avec une interaction constante ».

Au lieu de se ruiner les unes les autres, les périodes de concentration individuelle entrecoupées de phases de collaboration intermittente se sont servi de compléments, créant un rythme propice aux percées.

Pour les managers et les équipes, la leçon à retenir est claire: une structure qui permet des périodes de collaboration et des périodes de travail individuel ininterrompu peut stimuler la créativité et la productivité.

Une structure qui permet des périodes de collaboration et des périodes de travail individuel ininterrompu peut stimuler la créativité et la productivité.

Pour les particuliers, il existe également des perspectives potentielles. À travers l’objectif de cette recherche, la stratégie de surcharge d’informations, dans laquelle Judi Ketteler,  absorbe un flot de données sensorielles suivies d’étirements réguliers de solitude, ressemble à une version personnelle de la collaboration intermittente.

Lorsqu’elles sont examinées de près, de nombreuses techniques de remue-méninges exploitent une certaine version de la collaboration intermittente, ou peut-être plus précisément, la stimulation intermittente. Le designer et auteur Kelli Anderson trouve l’inspiration dans toutes sortes d’endroits : conversations avec des amis, exposition à de nouvelles textures et matériaux, interactions sur les réseaux sociaux. «Il ne faut pas beaucoup d’étincelle pour allumer une idée ou une direction», dit-elle.

Elle recherche activement des contributions diverses, conservant son flux Twitter pour s’étendre au-delà de sa bulle professionnelle. Outre d’autres designers et artistes, Kelli Anderson suit des bibliothécaires, des historiens du graphisme, des galeries d’art universitaires, des magasins spécialisés (comme le Cabinet Magazine ) et des gens qui, en général, «défient mes goûts et sont un peu décalés… vous Je ne sais jamais vraiment ce qu’ils vont publier». Parce qu’une grande partie de son travail est interactive, elle a également commencé à suivre des magiciens, ainsi que les personnes responsables de la planification des expositions à l’Exploratorium et aux musées des sciences.

Quand elle tombe sur quelque chose qui incite à une forte réaction, elle en prend note pour plus tard utiliser le système de conception numérique Dropmark, un bon outil « pour élaborer des idées à moitié cuites et publier des choses qui, selon vous, pourraient mener quelque part ».

Il ne faut pas beaucoup d’étincelle pour allumer une idée ou une direction.

Quelle que soit la source d’inspiration, «j’essaie de ne pas trop l’analyser», dit-elle. «Pour être artiste et designer, il faut faire confiance à ces sentiments. C’est une chose pure. »Plus tard, lorsqu’elle aura du temps seule, sans lien avec les influences extérieures, elle développera sa réponse, explorant de nouvelles portes et projetant l’étincelle qui pourra s’épanouir ou faire long feu.

Brainstorming2

Un processus similaire se produit lors des longues courses du dimanche de Judi Ketteler, tronçons réservés à la pensée non structurée. «C’est un moment où je ne suis pas connectée. Personne ne peut me joindre », dit-elle. C’est aussi un moment où les tissus conjonctifs entre des sujets apparemment sans rapport émergent du chaos et se rendent visibles, prêts à être explorés.

L’Ours.

L_Ours_n

 

 

 

Culture - Loisirs - Histoire

Vu pour vous : 1917.

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La superproduction de Sam Mendès décrochera-t-elle l’Oscar ? Sortie au tout début de l’année 2020 sur nos écrans, elle a déjà suscité des commentaires plus qu’élogieux, dithyrambiques.  1917 cumule pas moins de dix nominations aux Oscars 2020 : il est cité dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleure photographie, meilleure musique original, meilleur son (mixage et montage), meilleurs coiffures et maquillage et meilleurs effets spéciaux. Auparavant, le 5 janvier 2020, le film de guerre de Sam Mendes avait remporté le Golden Globe du meilleur film dramatique et celui du meilleur réalisateur.

Alors, la messe serait-elle déjà dite  ?

Le synopsis est pourtant simpliste : alors que la Première Guerre Mondiale bat son plein, deux jeunes soldats doivent porter un message au Deuxième bataillon. S’ils échouent, la troupe sera prise dans un piège dont 1600 hommes ne réchapperont pas. Schofield et Blake ont une journée pour s’infiltrer derrière les lignes ennemis et éviter la mort de leurs frères d’armes. Une mission impossible dont dépend la survie du frère de Blake… Le scénario co-écrit par Sam Mendès lui-même serait inspiré des histoires racontées par un certain Alfred Mendès, caporal… Cela fait furieusement penser au soldat Ryan, qu’il fallait aller récupérer dans le bocage normand, dernier survivant d’une fratrie de quatre, la saga racontée par Steven Spielberg.

La Normandie en Juin, la Champagne en avril … le printemps est partout : les deux films sont très esthétiques. Mais là s’arrête la ressemblance.  1917 repose sur une prouesse technique : pendant 1h 50 minutes, le public est happé « comme par le direct »  totalement au côté des deux soldats britanniques suivis par la caméra. Compliqué à tourner, 1917 est pourtant ce qu’on appelle un « faux plan séquence ». Ce n’est en effet pas un unique plan séquence qui compose le film, mais plusieurs scènes longues mises bout à bout, donnant l’impression de ne jamais être coupées grâce à des ficelles de montage et une virtuosité technique. Au total, environ 40 à 50 scènes qui ont été tournées pour les besoins de ce film de guerre, estime Sam Mendes.

Le making-of de 1917 nous en apprend davantage sur la manière dont le film a été mis en scène. Roger Deakins, légendaire directeur de la photographie a dû composer avec ce défi fou. Le film se passe quasi intégralement en extérieur et, étant donné que les personnages se déplacent tout le temps, aucun décor n’est le même, ce qui a été difficile à gérer en terme d’éclairage. « Filmer en extérieur nous rend dépendants de la lumière et de la météo et on a réalisé qu’on ne pouvait pas éclairer » car les caméras se déplaçaient parfois tellement qu’il était impossible de placer des éclairages en dehors du champ. Il a également fallu faire attention au faux-raccords causés par les nuages !

Mil919

La guerre, oui. Mais pas la boucherie.

Le film est réaliste et violent, mais ne ressemble en rien aux falaises d’Omaha de Steven Spielberg. Le spectateur est mis à l’épreuve, mais les scènes de combat ne « dégoulinent » pas dans la salle,… il n’y aura pas de malades obligés de sortir avant la fin.  Beaucoup de détails sont historiquement exacts : ainsi des tranchées et abris souterrains que les armées allemandes consolidaient et bétonnaient, alors que les alliés improvisaient et vivaient dans la boue… Autre image fidèle : le village d’Écouste, quasi rayé de la carte lors de l’incendie, ressemble aux quelques communes rasées près de Verdun, comme celle de Fleury, qui comptait 110 habitants en 1916.

Conclusion.

Un beau film, vraiment, même pour les personnes peu amatrices du genre : il se passe des choses improbables… Ici, les cerises, étincelantes au milieu de toute cette nature, jouent un rôle-clé, que je ne vous décrirai pas. Je ne suis pas un bigarreau d’avril !

L_Ours_n

L'éditorial·Nos projets

Plénière N°121 : Des projets, des projets…

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Une fois n’est pas coutume, Christine notre présidente ne pouvait être des nôtres :  elle a involontairement ouvert un temps d’échange à nos « nouveaux venus » Hélène et Alexandre*, qui nous apportent déjà un coup de main précieux.  Hélène V. ouvre donc la plénière en nous présentant sa feuille de route, le fruit de ses réflexions, de son expérience et de son engagement :

I. La feuille de route d’Hélène.

Ma contribution 2020 – L’Humain est au cœur de mon engagement associatif

  • Vous réaffirmer mon attachement aux valeurs de co-développement déployées par BCN : s’unir pour réussir nos projets professionnels respectifs par l’engagement dans des projets collaboratifs qui nous mettent en avant
  • Rendre à BCN et à ses membres l’appui solidaire que j’ai reçu et qui m’a permis d’affiner et mon projet, reprendre confiance en moi, booster mes recherches et retrouver une mission !
  • Vous proposer quelques idées et plein de convivialité pour diversifier et renforcer le recrutement de BCN en m’appuyant sur mon expérience de Chef de projet RH.

Et comme nous sommes attentifs aux apports du marketing stratégique, Hélène poursuit par une matrice SWOT* de bon aloi :

  • Nos atouts
  • Notre positionnement innovant par le co-développement solidaire de nos membres.
  • Des valeurs affichées de l’Humain dans nos relations professionnelles et candidat/employeur qui permettent à chacun de trouver sa place et son activité
  • Une charte de communication responsable partagée.
  • Des verbatim reconnaissants reçus à l’occasion des vœux : toujours encourageants !
  • Nos Points forts
  • Pour la 1ère fois, une subvention de la Ville pour démarrer d’année
  • Des partenariats développés avec la Bretagne sur les outils A.E.C.
  • Des Ateliers Actions Emplois Compétences qui proposent un contenu riche et apprécié des membres
  • Des jeunes en service civique en appui (outils numériques) – leur renouvellement est en cours

 Plan d’action : En interne mieux se connaître et partager

Organiser des temps de convivialité : l’occasion pour un membre volontaire de proposer un lieu et de partager un contact, une cuisine ou un apéritif

Atelier en binôme « Un reporter – Un témoin » : interview d’un membre par un autre membre > présentation du témoignage en plénière

Poursuivre le déploiement sur les réseaux :

-relayer les travaux d’animation par Antoine et l’appui des jeunes en services civiques :  Facebook, Blog WordPress.

-et LinkedIn : intégrer notre programme de participations (Salon Sénior, Grand Déj, Salon Mes Atouts – Mes projets 2020, informer les anciens membres et partenaires

En externe  :  nous faire connaître de nouveaux membres et partenaires.

Atelier FLYER pour l’actualiser

Accueillir un intervenant en mini conférence (être au moins 20)

Partager des bonnes pratiques avec d’autres associations similaires

Pourquoi pas trouver de nouveaux partenariats, créer des ponts avec des associations similaires en régions limitrophes, s’appuyer sur l’expérience lyonnaise d’Alexandre.

II. Le Tour de Table.

  • Parmi les 14 participants présents, deux visages « nouveaux » : Claire qui nous informe qu’elle s’apprête à passer sa soutenance de Master 2 en management d’entreprises du spectacle, et nous informe que cette épreuve se tiendra le 30 janvier prochain à 10h45 au Neuf Bis (Maison Diocésaine, 9 bis boulevard Voltaire) en salle Blondel.
  • Elle est publique et dure 1 heure, échanges compris : la date et l’heure de ma soutenance de mémoire intitulé « La mise en oeuvre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises : des modalités spécifiques au champ culturel ?« 

 

  • Il va de soi que nous nous devons d’être présents et attentifs lors de cette soutenance, car nous avions suivi l’évolution du projet, et que son aboutissement doit être salué comme il se doit !

 

  • Le second nouveau visage de cette réunion est celui de Nathalie, qui nous arrive du monde du marketing et de la distribution. Panoplie complète dans ces domaines, incluant l’analyse stratégique, le développement de projets, la gestion de projet à caractère commercial, Nathalie projette de monter son activité de coaching – accompagnement individuel et collectifs, conduite du changement, ici à Dijon, et réfléchit à rejoindre BCN où ce profil n’est pas si courant, (on pense à Claude à Chalon, avec qui l’échange pourrait être fructueux, et bien sûr à nos propres  besoins internes) et serait donc le bienvenu !

 

Nathalie découvre donc notre manière de fonctionner : notre éthique est de ne « forcer la main à personne ». Les actions de BCN sont le reflet des personnes qui la peuplent, la fameuse auberge espagnole : bénévoles et apprenants, tous donnent et reçoivent. Son idée est de venir nous revoir lors de la prochaine plénière du 20 février et de se familiariser avec nos actions et nos projets.

A ce titre, Jérôme intervient suite à la lecture par Antoine de l’accord écrit du Conseil Départemental, pour nous donner accès à la conférence de Jean-Louis Étienne sur le Climat. Le lien vient de nous parvenir, Jérôme va le décortiquer et proposer un contenu : BCN dans son ensemble aura à définir l’accompagnement le plus adapté.

Hélène T. intervient ensuite à propos de la deuxième session 2019 d’AEC, dont la partie classique s’achève mercredi 22/01 : deux conclusions s’imposent (Cf. ci-dessus : il ne s’agit pas d’un libre-service, Nathalie qui a participé à tous les modules, effectué tous les exercices et joué le jeu pour l’article de Dijon-Mag, regrette que de nombreux participants aient abandonné en cours de route…). Les propositions écrites d’Hélène concernent la durée des sessions, le temps consacré aux échanges et au soutien. A noter que ce mercredi 22, nous attendons la venue d’Estelle, et des « deux Françoise », Françoise M. et Françoise N, qui ont déjà pris connaissance de la Charte de BCN et de son mode de fonctionnement. Bienvenue !

Les autres membres du bureau de BCN sont constitués en binôme : Fabienne est associée à Christine, Alexandre est « es qualités » associé à Danièle, et contributeur régulier du blog, enfin nos deux experts Gilles et Xavier veillent respectivement sur les volontaires de Service Civique et les statistiques. S’agissant de ce dernier point, nous avons demandé à Pôle Emploi de rétablir des publications sur la Météo des Métiers,  ce qui est pour le moins inhabituel !

III. Dans les prochaines semaines.

Quelques indications complémentaires sur l’activité de nos prochaines semaines :

  • La Commission RH va se pencher sur notre Marketing des compétences, la manière de présenter nos parcours comme autant d’opportunités, et de se voir comme un offreur de solutions plutôt qu’un demandeur d’emploi.
  • Volontaire de Service Civique : la refonte de l’appel à candidature est en discussion avec la Ligue de l’Enseignement. Pas de gros souci, des questions de présentation et de vocabulaire.
  • Les chiffres définitifs de nos publications 2019 :
  • WordPress : 5641 en progression de 73 %.
  • Facebook : 8680 en progression de 22 %.

 

Et enfin (Last, but not least), nous entrons ce 20 janvier 2020 dans la campagne de dépôt des demandes de subvention en ligne « My Dijon » : comme indiqué lors de la plénière, notre profil est désormais connu et validé dans le système, ce qui nous permet de nous concentrer sur cette question :

  • Les Ateliers d’animation : contenus et formule à définir .
    • Les Contenus appartiennent à BCN, nous pouvons les faire évoluer à la demande. (Accès direct aux modules en wifi, lors des ateliers).
    • Session sur 6 à 8 modules, plus une dizaine de modules–ateliers Web début 2020.  Approfondissement de LinkedIn, page collective.
    • Plus de coaching, plus de présence, ou plus de numérique ?

Le document d’orientation proposé par Hélène sera un outil structurant pour la constitution de ce dossier !

 

L’ours.

L_Ours_n

P.S. : pour ce qui ne connaissent pas encore Alexandre, retrouvez son portrait BCN sur notre blog sous le titre : « Alexandre le bienheureux ».

Matrice SWOT : Forces-faiblesses /Menaces – opportunités. célèbre matrice à 4 cadrans destinée à affiner la réflexion stratégique. (de l’anglais : Strengths – Weaknesses – Opportunities – Threats). Le concept est issu du BCG (Boston Consulting Group).

 

 

 

Economie·Recherche digitale·Société

Le numérique stimule l’innovation dans le secteur tertiaire.

Entre 2016 et 2018, 41 % des sociétés de 10 salariés ou plus ont innové dans les secteurs marchands non agricoles. Elles  ont plus  souvent innové en procédés  (33 %) qu’en produits (25 %).  Parmi les sociétés  innovantes  en produits, 68  % en ont introduit au mois un nouveau produit sur un de leurs marchés. 

Innover est plus fréquent dans l’information-communication (69 % de sociétés innovantes), l’industrie (56 %), les activités financières et d’assurance (49 %) et les activités spécialisées, scientifiques et techniques (48 %). La transformation numérique continue de stimuler les activités d’innovation, du système de production à l’expérience client. 

La propension à innover augmente avec la taille des sociétés et l’appartenance à un groupe. Les sociétés innovantes en produits ou en procédés consacrent 4 % de leur chiffre d’affaires à leurs activités d’innovation, dont les deux tiers en recherche et développement.

Quatre sociétés innovantes sur dix ont obtenu des financements pour leurs activités d’innovation ; les crédits d’impôt et les exonérations fiscales ou sociales sont les aides les plus souvent sollicitées. Six sociétés sur dix n’innovent pas, car elles ont d’autres priorités, elles n’ont pas assez de personnel qualifié ou les coûts de l’innovation sont trop élevés.

Sandrine Firquet (division Enquêtes thématiques et études transversales, Insee) 

Dans les secteurs marchands non agricoles, 41 % des sociétés de 10 salariés ou plus implantées en France ont innové entre 2016 et 2018 (figure 1). L’innovation est entendue ici au sens large ; elle comprend les innovations de produits (biens et services) ou l’amélioration significative des procédés de production, y compris des modes d’organisation et des méthodes de marketing, ainsi que le développement d’activités de recherche et développement (R&D) (encadré 1). Les sociétés innovent plus fréquemment en procédés (33 %) qu’en produits (25 %, figure 2). Ces deux types d’innovation se cumulent souvent, notamment lorsqu’une société innove en produits. En effet, une innovation de produits peut entraîner une innovation de procédés, qu’il s’agisse d’une nouvelle méthode de production, de la formation du personnel à ce nouveau produit ou à ce nouveau procédé ou de changement dans le marketing (promotion, distribution, nouveau marché). Ainsi, 80 % des sociétés innovantes en produits réalisent au moins une innovation de procédés sur la période 2016-2018.

Innovation par secteur et taille

* Y compris holdings financières. Lecture : entre 2016 et 2018, 41 % des sociétés sont innovantes au sens large. Champ : sociétés actives de 10 salariés ou plus, implantées en France, divisions 05 à 81 de la NAF rév. 2 sauf 75. Source : Insee, enquête Capacité à innover et stratégie (CIS) 2018. 

La propension à innover s’accroît avec la taille de la société : 74 % des sociétés de 250 salariés ou plus ont innové entre 2016 et 2018, contre 55 % des sociétés de 50 à 249 salariés et 36 % des sociétés de 10 à 49 salariés. 

Innovation Produits ou procédés.

Sept sociétés sur dix de l’information- communication sont innovantes .

Le secteur de l’information-communication est le plus actif en matière d’innovation : 69 % des sociétés de ce secteur ont innové entre 2016 et 2018. Il est suivi par l’indus- trie avec 56 % de sociétés innovantes, devant les activités financières et d’assurance (49 %) et les activités spécialisées, scientifiques et techniques (48 %). À l’inverse, la construction (26 %), les transports et entreposage (30 %) et l’hébergement-restauration (31 %) sont les secteurs parmi lesquels la proportion de sociétés innovantes est la plus faible. La transformation numérique continue d’avoir un impact sur les activités des sociétés, du système de production à l’expérience client. La volonté d’avoir un système informatique performant, d’offrir de nouveaux services connectés et de saisir les nombreuses opportunités qu’offre le recours au big data stimule l’innovation dans de nombreux secteurs. Dans l’information-communication et les activités financières et d’assurance, la dématérialisation, le développement de nouveaux logiciels, l’analyse de données, l’intelligence artificielle et la cybersécurité sont au cœur des innovations. Dans l’industrie, il s’agit toujours de développer de nouveaux produits, d’utiliser de nouveaux matériaux et d’améliorer les processus de production et de fabrication. 

Les deux tiers des sociétés innovantes en produits introduisent au moins un nouveau produit sur un de leurs marchés. 

Parmi les sociétés innovantes en produits entre 2016 et 2018, 68 % ont introduit au moins un produit nouveau sur un de leurs marchés (figure 3), soit 41 % des sociétés innovantes. Ce taux est plus élevé dans les sociétés de l’information-communication (79 %), de l’industrie et des activités spécialisées, scientifiques et techniques (73 %). Il s’accroît avec la taille des sociétés, pour atteindre 74 % pour les sociétés de 250 salariés ou plus. Ces produits nouveaux pour le marché représentent en moyenne 12 % du chiffre d’affaires des sociétés concernées. 

La part des sociétés innovantes est plus élevée parmi celles appartenant à un groupe 

La proportion de sociétés innovantes est plus élevée pour celles appartenant à un groupe que pour les sociétés indépendantes : 50 % contre 35 %. Toutes choses égales par ailleurs, une société appartenant à un groupe a plus de chances d’innover qu’une société indépendante sur la période 2016-2018 (figure 4). C’est également le cas pour les innovations en produits : la part des sociétés innovantes en produits est plus élevée pour les sociétés appartenant à un groupe (32 %) que pour les sociétés indépendantes (20 %). En revanche, parmi ces sociétés innovantes en produits, celles qui appartiennent à un groupe ne sont pas plus nombreuses à introduire de nouveaux produits sur au moins un de leurs marchés. Par ailleurs, la part des sociétés innovantes est plus importante parmi les sociétés ayant réalisé une partie de leur chiffre d’affaires à l’étranger en 2018 : 60 % d’entre elles innovent, contre 33 % des sociétés dont le marché est national, un résultat confirmé toutes choses égales par ailleurs. La part de sociétés réalisant une partie de leur chiffre d’affaires à l’étranger est plus élevée parmi celles appartenant à un groupe (37 % contre 21 % pour les indépendantes).

Encadré 1 : Des comparaisons difficiles avec les enquêtes précédentes 

Plusieurs changements méthodologiques dans l’enquête CIS rendent difficile la comparaison entre 2014-2016 et 2016-2018. D’une part, à la suite de la quatrième édition du manuel d’Oslo (2018), les innovations en organisation et en marketing sont désormais considérées comme des innovations de procédés. Seuls deux types d’innovations sont donc définis (produits ou procédés, y compris organisation et marketing) contre quatre auparavant (produits, procédés, organisation, marketing). Le questionnaire a été revu et les questions sur les innovations en organisation et en marketing sont désormais incluses dans la question sur les innovations en procédés. D’autre part, les activités de R&D sont prises en compte dans la définition des sociétés innovantes. Elles ne l’étaient pas précédemment. La prise en compte de la R&D conduit à une hausse de 1 point du taux d’innovation sur la période 2016-2018. 

Analyser l’innovation sans ces activités de R&D permet de rendre le champ le plus comparable possible entre les périodes 2014-2016 et 2016-2018. 

Dans les secteurs marchands non agricoles, hors activités de R&D, 40 % des sociétés de 10 salariés ou plus ont innové entre 2016 et 2018, contre 51 % des sociétés sur la période 2014- 2016. La part des sociétés innovantes en produits augmente entre les deux périodes (+ 5 points), alors que celle des sociétés innovantes en procédés recule. Les changements méthodologiques ne permettent cependant pas de conclure sur la cause réelle de cette baisse (effet de questionnaire ou baisse réelle d’innovations de procédés, notamment en organisation et marketing). 

Tous les secteurs sont concernés par ce recul de la part des sociétés innovantes hors activités de R&D, qui atteint – 15 points dans l’hébergement-restauration et – 14 points dans la construction, les transports et l’entreposage, ainsi que les activités de services administratifs et de soutien. La baisse de la part des sociétés innovantes est moins marquée dans les activités financières et d’assurance (– 4 points), l’industrie (– 5 points) et l’information-communication (– 6 points). 

Les dépenses pour innover représentent en moyenne 4 % du chiffre d’affaires 

Les dépenses pour les activités d’innovation comprennent les dépenses en R&D et celles relatives à une innovation ou une activité d’innovation telles que les acquisitions de machines, d’équipements ou de droits de  propriété intellectuelle, les achats de  matériels ou les dépenses de personnel. En 2018, elles atteignent 4 % du chiffre d’affaires des sociétés innovantes. Deux tiers de ces dépenses sont consacrés aux dépenses de R&D. 

 L’information-communication est le secteur qui investit le plus dans les activités d’innovation par rapport à son chiffre d’affaires : 12 % (dont 74 % pour la R&D) ; viennent  ensuite les activités spécialisées, scientifiques et techniques (7 % du chiffre d’affaires, dont 79 % pour la R&D). 

Quatre sociétés innovantes sur dix ont obtenu des financements pour innover 

Parmi les sociétés innovantes, 44 % ont reçu des financements pour les activités d’innovation. Les crédits d’impôt (crédit d’impôt recherche, crédit d’impôt innovation) et autres exonérations fiscales et sociales dédiés à l’innovation (jeune entreprise innovante, jeune entreprise universitaire, etc.) ou à la R&D (hors CICE) sont les modes de financement les plus utilisés : 26 % des sociétés innovantes en ont bénéficié. 

Viennent ensuite le recours aux capitaux propres ou aux emprunts (23 %) et les subventions ou prêts subventionnés (15 %). Ces sources de financement peuvent se cumuler. Les subventions pour les activités d’innovation proviennent plus souvent des orga- nismes nationaux (10 % des sociétés innovantes en bénéficient) ou des collectivités locales ou régionales (8 %) que de l’Union européenne (3 %). Les sociétés innovantes ont plus souvent obtenu des financements dans l’information- communication, l’industrie et les activités spécialisées, scientifiques et techniques (respectivement 65 %, 57 % et 50 %). L’utilisation de crédits d’impôt ou d’exonérations fiscales et sociales est la source de financement la plus répandue dans ces trois secteurs, ainsi que pour les activités financières et d’assurance. Dans les autres secteurs, moins de quatre sociétés innovantes sur dix ont obtenu un financement pour leurs activités d’innovation et elles sont alors plus souvent financées par des capitaux propres ou des emprunts. Les grandes sociétés ont plus souvent été financées pour leurs activités d’innovation que les petites sociétés : c’est le cas de 61 % des sociétés de 250 salariés ou plus, contre 40 % de celles de 10 à 49 salariés.

Une coopération le plus souvent verticale, rarement avec un concurrent 

Parmi les sociétés innovantes, 24 % ont coopéré pour innover sur la période 2016- 2018. La coopération s’engage le plus souvent avec les fournisseurs (14 %), avec des consultants ou des laboratoires (12 %) ou avec une entreprise appartenant au même groupe (10 %), soit une coopération essentiellement verticale. Seules 3 % des sociétés innovantes ont coopéré avec un concurrent. 

Le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques est celui qui coopère le plus pour innover : 37 % des sociétés sont engagées dans au moins une coopération. Elles sont 31 % dans l’information-communication.Si quasiment toutes les sociétés innovantes engagées dans une coopération ont au moins un partenariat au niveau local ou national (97 %), 32 % en ont au moins un au niveau européen ou avec un des pays membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE), et 18 % au niveau mondial. 

Pour une société innovante sur deux, la législation influe sur les activités d’innovation. 

La législation influence les activités d’innovation : ainsi, 47 % des sociétés innovantes ont eu leurs activités d’innovation affectées par au moins une réglementation. Plus précisément, la législation a initié ou facilité les activités d’innovation de 24 % des sociétés innovantes et, au contraire, a empêché ou freiné ces activités pour 32 % d’entre elles. Les réglementations environnementales sont celles ayant eu le plus souvent un impact positif sur les activités d’innovation, tandis que la législation sur la sécurité des produits ou la protection des consommateurs s’est plus souvent avérée être un frein à l’innovation. Cette influence est surtout marquée pour les grandes sociétés, notamment lorsqu’elle s’avère être positive : 43 % des sociétés innovantes de 250 salariés ou plus déclarent que leurs activités d’innovation ont été initiées ou facilitées par au moins une réglementation, contre 21 % des sociétés innovantes de 10 à 49 salariés. Les activités d’innovation sont les plus dépendantes de la législation dans l’immobilier, les activités financières et d’assurance, l’industrie et les activités de services administratifs et de soutien, contrairement au secteur du commerce. ∎ 

Sources 

Les résultats proviennent de l’enquête Capacité à innover et stratégie (Community Innovation Survey, CIS 2018) réalisée entre mai et décembre 2019, par tous les pays membres de l’Union européenne. Elle porte sur la période 2016-2018 et couvre le champ des sociétés actives de 10 salariés ou plus implantées en France. Les unités interrogées sont les unités légales, ce qui correspond à la définition « juridique » de l’entreprise et non à la définition « économique » de la loi de modernisation de l’économie (LME). C’est pourquoi ces résultats sont présentés en utilisant l’appellation « société » plutôt que celle d’« entreprise. 

Le questionnaire de l’enquête CIS 2018 a été revu à la suite de la quatrième édition du manuel d’Oslo (2018) et a été envoyé, en France, à environ 20 000 sociétés. Les éditions précédentes se focalisaient principalement sur les sociétés innovantes alors que les questions sont désormais posées à toutes les sociétés (innovantes et non innovantes) et la définition de l’innovation a été modifiée. Les secteurs interrogés correspondent à l’indus- trie (sections B à E de la nomenclature NAF rév. 2), à la construction, au commerce de gros et de détail, aux transports et à l’entreposage, à l’hébergement-restauration, à l’information-communication, aux activités financières et d’assurance, aux activités immobilières, aux activités spécialisées, scientifiques et techniques (divisions 69 à 74) ainsi qu’aux activités de services administratifs et de soutien (divisions 77 à 81). 

Définitions

Une société est innovante au sens large lorsqu’elle introduit une innovation dans au moins une des deux catégories d’innovation possibles (produits ou procédés) ou lorsqu’elle s’engage dans des activités d’innovation en produits ou en procédés, ou dans des activités de R&D. Les activités d’innovation n’aboutissent pas nécessairement à une innovation. Elles incluent l’acquisition de machines, d’équipements, de bâtiments, de logiciels et de licences, les travaux d’ingénierie et de développement, le design industriel, la formation et le marketing s’ils sont entrepris spécifiquement pour développer ou mettre en œuvre une innovation de produit ou de procédé. Elles incluent également tous types d’activités de recherche et développement. Le crédit d’impôt recherche (CIR) est une réduction d’impôt calculée sur les dépenses engagées par les entreprises en recherche et développement. Peuvent bénéficier du CIR les Une société est innovante au sens large lorsqu’elle introduit une innovation dans au moins une des deux catégories d’innovation possibles (produits ou procédés) ou lorsqu’elle s’engage dans des activités d’innovation en produits ou en procédés, ou dans des activités de R&D. Les activités d’innovation n’aboutissent pas nécessairement à une innovation. Elles incluent l’acquisition de machines, d’équipements, de bâtiments, de logiciels et de licences, les travaux d’ingénierie et de développement, le design industriel, la formation et le marketing s’ils sont entrepris spécifiquement pour développer ou mettre en œuvre une innovation de produit ou de procédé. Elles incluent également tous types d’activités de recherche et développement. Le crédit d’impôt recherche (CIR) est une réduction d’impôt calculée sur les dépenses engagées par les entreprises en recherche et développement. Peuvent bénéficier du CIR les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu et qui exercent une activité industrielle, commerciale ou agricole. 

Pour en savoir plus 

• « Enquête capacité à innover et stratégie 2018 », Insee Résultats, août 2020. 

• Bunel S., Hadjibeyli B., « Évaluation du crédit d’impôt innovation : dynamique des bénéficiaires depuis son introduction », in Les entreprises en France, coll. « Insee Références », décembre 2019. 

• Duc C., Ralle P., « Une certaine convergence de l’innovation dans les entreprises en Europe », in Les entreprises en France, coll. « Insee Références », décembre 2019. 

• Pradines N., « Cloud computing et big data : la dématérialisation au service des sociétés européennes », in L’économie et la société à l’ère du numérique, coll. « Insee Références », novembre 2019. 

• Duc C., « La moitié des sociétés procèdent à des innovations », Insee Première n° 1709, septembre 2018. 

Encadré 2 : Les sociétés non-innovantes : d’autres priorités comme motif principal de ne pas innover 

Entre 2016 et 2018, dans les secteurs marchands non agricoles, 59 % des sociétés de 10 salariés ou plus n’ont mené aucune activité d’innovation ou de R&D. Ces sociétés non innovantes ont moins souvent eu de demandes spécifiques d’utilisateurs (co-création, personnalisation, y compris personnalisation de masse) : 42 % d’entre elles ont dû fabriquer ou fournir des biens et services pour répondre à de telles demandes, contre 81 % des sociétés innovantes. Par ailleurs, elles ont moins souvent acheté de droits de propriété intellectuelle (1 % contre 6 %), de services techniques (14 % contre 46 %), de machines ou de logiciels (35 % contre 71 %) que les sociétés ayant mené des activités d’innovation ou de R&D. Elles ont également plus rarement coopéré que ces dernières : 3 % d’entre elles ont coopéré pour des activités hors activités d’innovation, contre 16 % des sociétés innovantes. 

Le moindre recours à de nouveaux financements, à l’achat de services techniques ou d’équipements et à la coopération semblent ainsi illustrer l’absence d’activités d’innovation pour ces sociétés, qui ont eu d’autres priorités comme motif principal de ne pas innover. Les réglementations ne sont pas considérées comme un obstacle aux activités d’innovation pour 87 % d’entre elles. C’est le cas pour 19 % d’entre elles et 17 % ont été freinées par le manque de personnel qualifié. Ces deux obstacles sont surtout présents pour l’industrie, les transports et la construction. Les coûts trop élevés de l’innovation ont par ailleurs empêché l’innovation pour 16 % des socié- tés non innovantes, particulièrement dans l’industrie, les transports, la construction et l’immobilier (19 %). Viennent ensuite le manque de moyens financiers internes pour innover et la présence de trop de concurrence sur le marché (14 %), ainsi que le manque de crédits, de fonds propres, de capacité de financement et de subventions publiques ou d’aides gouvernementales (12 %). 

Direction Générale : 88 avenue Verdier 92541 Montrouge Cedex Directeur de la publication : Jean-Luc Tavernier

Culture - Loisirs - Histoire·Société

Monsieur Cinéma :  » Tout le monde a très envie que le cinéma reparte »

En ces derniers jours d’août, Dominique Besnehard a donné rendez-vous au cinéma français au Festival du film francophone d’Angoulême, dont il est le délégué général. Alors que la fréquentation dans les salles a chuté cet été, le producteur et acteur veut croire à de beaux lendemains, malgré la crise.

Question : Le festival de Cannes n’a pas eu lieu cette année et tous les regards se tournent vers votre festival, à Angoulême. Cela en fait un événement très particulier cette année ?

D. Besnehard : Il ne s’agit pas de rivaliser avec le festival de Cannes, qui est un rendez-vous mondial pour le cinéma. Nous avons sélectionné plusieurs films qui ont eu le label de Cannes, et il nous a semblé nécessaire d’accueillir la Semaine de la critique, qui présente des premiers et deuxièmes films, soit une sélection qui donne sa chance au jeune cinéma français et permet de découvrir des nouveaux auteurs. Le festival d’Angoulême marque en quelque sorte le renouveau de la vie au cinéma. Cela a été un parcours du combattant et on a longtemps craint de ne pouvoir le faire, mais malgré des conditions sanitaires strictes, les réservations du public sont à la hausse, et les stars seront là.

Question : Vous avez sélectionné un court-métrage de Vincent Zulawski, le fils de Sophie Marceau, et le premier film de Suzanne Lindon, la fille de Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain. Pourquoi la présence de ces « héritiers » du cinéma français ?

Ils ne sont pas là parce qu’ils sont « fils et fille de ». Le court-métrage de Vincent Zulawski est vraiment étonnant. Suzanne Lindon est une personnalité intelligente, vive, et son film Seize printemps, a eu le label Cannes. J’ai un petit rôle dans son film, qui est comme un journal intime, et qui raconte un premier amour : j’ai été surpris par sa force.

Festival de La Rochelle

Question : Est-ce-que votre ambition est de replacer le cinéma français au cœur de la programmation dans les salles, profitant de l’absence de nombreux blockbusters américains ?

Il faut dire les choses comme elles sont : on sait très bien que le cinéma américain attire le public et a un effet d’entraînement sur la fréquentation. Mais cet été, le public français n’a pas été au rendez-vous, non seulement parce qu’il manquait les grosses sorties américaines, mais aussi qu’à part quelques films comme Été 85 de François Ozon par exemple, les films français à l’affiche étaient assez médiocres. A Angoulême, nous voulons faire la démonstration de la diversité, de la vitalité et de la qualité du cinéma français. Tout le monde a envie que le cinéma reparte. On ne peut pas s’arrêter de vivre, même avec le virus.

Question : N’y a-t-il pas un paradoxe à la chute de la fréquentation des salles françaises, alors que le cinéma a battu des records d’audience à la télé pendant le confinement ?

D. Besnehard : Ma crainte est que les gens aient adopté de nouveaux comportements de consommation et se soient habitués à voir les films sur les plateformes pendant le confinement. Donc, c’est vrai que l’on se pose la question : est-ce-que l’on va voir revenir le public dans les salles de cinéma ? Pour le moment, ce n’est pas le cas, alors j’espère qu’Angoulême sera le détonateur, pour donner envie aux gens.

Question : Avoir de bons films vous paraît-il nécessaire et suffisant, pour donner envie de retourner au cinéma ?

D. Besnehard : Aller au cinéma, c’est partager, c’est découvrir, c’est se laisser surprendre. Il faut continuer à être ensemble, à partager des émotions communes. C’est ça qui est beau dans le cinéma. Quand la télévision est arrivée, on avait dit qu’elle allait tuer le cinéma, et puis cela n’est pas arrivé.

Il faut des bons films, mais il faut aussi réveiller le désir d’aller au cinéma. C’est ce que j’essaie de faire dans mon émission le lundi sur France 5. Nous avons tous besoin de passeurs. Je me souviens d’avoir eu un professeur, à qui je pense tous les jours, qui m’a donné le goût du goût des choses.

Question : Depuis cet été, un décret autorise la publicité pour le cinéma à la télévision, qui fera l’objet d’un rapport d’évaluation dans quinze mois. Cette mesure vous semble-t-elle une bonne chose pour la relance du cinéma ?

D. Besnehard : J’ai peur que cela ne bénéficie pas aux petits films, et qu’il n’y ait de la place que pour les grands films qui ont des moyens importants, un gros budget. La première publicité que j’ai vue,  c’était pour un film américain, Enragé de Derrick Borte, avec Russell Crowe. Cela m’inquiète. Je pense qu’il faudrait envisager des quotas pour la publicité des films français à la télévision.

Question : Le Premier Ministre, Jean Castex, et la Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, sont venus rencontrer à Angoulême les professionnels du cinéma pour évoquer les mesures de soutien au secteur. Ce soutien vous paraît-il à la hauteur de la crise ?

D. Besnehard : Quand je vois tous mes amis aux États-Unis, à New York, à Los Angeles qui n’ont rien, je me dis que nous avons beaucoup de chance, en France, car nous sommes les bénéficiaires d’une politique forte de soutien à la culture. L’État ne nous nous a pas pénalisés et en France, nous avons la chance d’avoir le Centre National du cinéma pour nous soutenir et nous subventionner. C’est vital.

Question : Vous présentez à Angoulême deux épisodes de la saison 4 de Dix Pour Cent. Le succès de votre série diffusée sur France 2 vous étonne ?

Je suis très content de cette série et l’engouement des spectateurs ne s’émousse pas. Comme la série passe aussi sur Netflix, sous le titre « Call my agent« , tout le monde nous en parle. Nous avons eu récemment un message de Sigourney Weaver, la première star de Hollywood à jouer dans la série : elle nous a fait des éloges et cela me fait chaud au cœur. La quatrième saison va être une très bonne année.

BIO EXPRESS :

5 Février 1954 : naissance à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine). Frère jumeau du dramaturge Daniel Besnehard. 1973 : débute des études dramatiques à l’ENSATT (École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre), rue Blanche, à Paris, dans la classe de régie et mise en scène. 1975 : fait ses débuts d’acteur au cinéma dans Un sac de billes de Jacques Doillon, dont il a fait le casting des enfants. 1986 : rejoint l’agence artistique Artmedia. 2006 : monte sa société de production, Mon Voisin Production, avec Michel Feller. 2008 : crée avec Marie-France Brière et Patrick Mardikian le festival du film francophone d’Angoulême, dont il devient délégué général. 2010 : lance la série Dix pour Cent (France 2). 2016 : devient « Monsieur Cinéma » sur France 5, présentateur de Place au cinéma.

Source : Le Grand Entretien – Le Bien Public du 30 août 2020 – Propos recueillis par Nathalie Chifflet.

Culture - Loisirs - Histoire

La peur.

Né le 3 mai 1895 dans le 5e arrondissement de Lyon1, fils d’un clerc de notaire lyonnais, Gabriel Chevallier fait des études dans divers établissements, dont un collège religieux (Sainte-Marie à Saint-Chamond). Il passe ses vacances scolaires dans la campagne charolaise, à Gueugnon, au numéro 35 de la rue de la Liberté2, chez sa grand-mère maternelle3. Il entre ensuite aux Beaux-Arts de Lyon, mais la guerre interrompt ses études. Mobilisé dès 1914, il est blessé un an plus tard. Une fois rétabli, il retourne au front, où il restera comme simple soldat jusqu’à la fin du conflit. Rendu à la vie civile à la fin de l’année 1919, il exerce divers métiers : retoucheur de photographie, voyageur de commerce, journaliste, dessinateur, affichiste, professeur de dessin…

Derrière les parapets.

Jamais je n’aurais imaginé que cet écrivain bourgeois, sérieux, notable en un mot pourrait tout à la fois écrire « la Peur », et Clochemerle, le second étant beaucoup plus connu que le premier. À partir de 1925, il se lance dans l’écriture romanesque en utilisant sa propre expérience. Avec La Peur, il témoigne de son atroce calvaire de soldat. C’est encore sa propre vie qu’il exploite pour écrire Durand, voyageur de commerce ou, en souvenir de sa détestable scolarité, Sainte-Colline. C’est avec Clochemerle, une chronique villageoise rabelaisienne éditée en 1934, qu’il connaît le succès. Traduit en vingt-six langues et vendu à plusieurs millions d’exemplaires, l’ouvrage assure à son auteur gloire et fortune.

Alors, « La Peur », un énième ouvrage de guerre de plus ? Je ne sais pas pour vous, mais franchement, qu’il s’agisse des Croix de Bois de Roland Dorgelès, ou de « A l’ouest, rien de nouveau », je n’étais pas entièrement convaincu : je ne retrouvais pas dans ces récits le « comment du pourquoi » : pourquoi nous avons pu être assez bêtes pour tomber trois fois dans le même panneau : entre 1970 et 1940, les allemands nous ont servi le Plan d’invasion par la Belgique (Von Moltke) à trois reprises. Et nous y avons foncé tête baissée… Et pourquoi « La Der des der, » n’aura généré au bout du compte qu’un dérisoire cessez-le-feu de 21 ans. J’attendais donc un récit de première main, sans fioriture.

Et surtout, ce livre écrit en 1925, paru en 1930 a été censuré 9 plus tard. Tiens, tiens… Il contenait donc des choses peu avouables. Et notamment, pourquoi les Poilus rentrés chez eux ne racontaient jamais « leur » guerre, celle qui aurait dû les rendre fiers. Tout est expliqué de manière lucide, sincère et parfois cynique dans ce petit bouquin. Bernard Pivot en dit :’Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que le Feu d’Henri Barbusse (lui aussi censuré) et les Croix de Bois de Roland Dorgelès. ». Un court extrait :

Frondet… occupait à l’étranger un poste important dans l’industrie. Il souffre sans se plaindre de la promiscuité qu’impose la guerre et de la grossièreté de ses compagnons. Mais sa piété qui est connue, ne le sauve pas de la peur. Certains jours,il ressemble à un vieillard. Il a ce visage raviné, ces yeux tristes, ce sourire désespéré de ceux que ronge une idée fixe. Lorsque la peur devient chronique, elle fait de l’individu une sorte de monomane. Les soldats appellent cet état le cafard.En réalité, c’est une neurasthénie consécutive à un surmenage nerveux. Beaucoup d’hommes, sans le savoir, sont des malades, et leur fébrilité les pousse aussi bien au refus d’obéissance, aux abandons de poste, qu’aux témérités funestes. Certains actes de courage n’ont pas d’autre origine.

Frondet, lui se cramponne à la foi, à la prière, mais j’ai souvent compris, à la poignante humilité de son regard, qu’il n’en retirait pas un réconfort suffisant. Je le plains secrètement.

Au front.

Dans notre Boîte à Livres, naturellement.

L’Ours.