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Le retour du tragique : Pascal Perrineau.

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LE MONDE D’APRÈS. Replongerons-nous dans l’ancien monde ou sommes-nous en train d’ouvrir un nouveau monde ? C’est « à l’ampleur finale du désastre humain, mais aussi économique, social et politique », à « la manière dont les dirigeants de l’État et la puissance publique seront parvenus (ou non) à gérer la crise et sauront (ou non) en tirer les conséquences pour déjà se préparer à la suivante », à, « la façon dont chaque individu reconfigurera (ou non) son double rapport au temps et à l’espace », que Pascal Perrineau conditionne l’envergure civilisationnelle de cette épreuve de vérité. Mais aussi à une irrépressible leçon de l’Histoire : l’omniprésence du « tragique ». Leçon qui ramène l’Homme, enivré d’arrogance, de vanité et de pouvoir, prisonnier de son anthropocentrisme, à ce qu’il est réellement : infiniment petit et infiniment vulnérable, infiniment barbare lorsqu’il siphonne le progrès de son sens. « La violence de la pandémie rappelle que le tragique est propre à toute époque, passée et future ; elle rappelle que la maitrise définitive de notre environnement n’existe pas et à tout moment peut être défiée ; elle rappelle que les hommes sont l’agent premier de leur perte. Si ces rappels sur la fragilité sont intégrés par les gouvernants et les citoyens, les leçons de cette pandémie ne seront pas vaines », espère le politologue.

LA TRIBUNE – Question : Ce moment si particulier de début de confinement, comment l’éprouvez-vous intimement, comment l’interprétez-vous intellectuellement ? Je et nous vivons une expérience unique, nommez-vous, de « recentrage »…

Pascal Perrineau – Absolument. Recentrage d’abord sur le vital : nous essayons de prendre soin de nous et de veiller au soin de nos proches. Recentrage aussi sur l’essentiel : grâce à cette pause subite, grâce à cet arrêt du temps inédit, chacun d’entre nous est invité – dans la douleur pour ceux qui sont exposés à la solitude ou à la précarité – à se recentrer sur lui afin non plus de cultiver son individualité (et son individualisme) mais de préserver le collectif. Dans cette distinction fondamentale de destination, réside sans doute le caractère le plus neuf et le plus intéressant de ce confinement. Vivre soi avec soi pour mieux prendre soin de l’Autre.

Question : Cette réclusion et ce « recentrage » bouleversent notre double rapport au temps et à l’espace. Voilà « seulement » une dizaine de jours que nous l’éprouvons, en repérez-vous déjà des manifestations, des enseignements… et des bienfaits ? Qui n’a jamais éprouvé douloureusement que l’extraordinaire compression du temps, provoquée par les nouvelles technologies de communication, téléphone portable en tête, était devenue irrespirable ? Que la dictature des écrans et des réseaux sociaux embastillait nos consciences ? Que l’hyper-connectivité, tentaculaire et immédiate bloquait nos dispositions à penser, à flâner, à rêver, à imaginer, à « bien » décider ?

Ce rapport au temps et à l’espace ainsi ébranlé modifie la manière dont nous nous insérons dans notre espace de vie, et donc devrait modifier à terme notre propre rapport à l’existence. Voilà bien une dizaine d’années que nous nous questionnons sur ce temps qu’en effet téléphones portables, ordinateurs, et même désormais montres connectées( !), rendent si rapide, parfois même instantané. Le temps s’est affolé, il a façonné cette société du « bougisme » modélisée par le philosophe Pierre-André Taguieff, il entraine ce que le romancier Sylvain Tesson baptise « l’épilepsie du temps », et finalement le confinement nous donne l’opportunité de marquer un temps d’arrêt, de goûter les minutes et de mettre en place un éloge de la lenteur. Jusqu’à, en ce qui me concerne, perdre la notion des dates, l’ordre des jours et même des heures !

Quant à l’espace, il était il y a peu illimité. Nous « flottions » dans un espace qui avait pour horizon le monde, l’Europe, les pays visités ou traversés, et cela à partir d’un simple message électronique, d’une visioconférence, d’un voyage à toute allure en TGV ou encore d’un vol transatlantique. Sous le coup d’un arrêt immédiat des mobilités, notre espace de vie s’est soudainement réduit aux murs de l’appartement ou de la maison… Le voyage devient un « voyage autour de ma chambre » comme pouvait le décrire à la fin du XVIIIe siècle l’écrivain savoyard Xavier de Maistre, un des seuls voyages, écrivait-il « à l’abri de la jalousie inquiète des hommes« ..

Question : Or l’espace de vivre conditionne l’espace de penser. Des réclusions subies naissent parfois de lumineuses créations ; plus surement elles provoquent la contraction des horizons et donc ensommeillent l’imagination…

Je pense qu’il n’existe pas de règle universelle. Et peut-être d’ailleurs le paradoxe de ce confinement nous éveille à un nouvel horizon ; songez en effet qu’on nous demande et même nous impose de nous isoler aux fins de protéger autrui et de sauver la communauté. Ce grand écart concentre de formidables leçons sur et pour nous-mêmes, à la fois sur ce que nous sommes intrinsèquement et sur la manière dont nous construisions notre lien aux autres – les autres étant les humains bien sûr, mais aussi « tout » ce qui compose notre environnement, en premier lieu cette nature que nous consommons sans limite et pillons sans vergogne. Cette prise de conscience sera-t-elle éphémère, s’évanouira-t-elle aussi vite qu’elle a surgi une fois le confinement et la crise passés ? Ou au contraire sera-t-elle durable ? Replongerons-nous dans l’ancien monde ou sommes-nous en train d’ouvrir un nouveau monde ?

Pour marqueur de notre espace, reprendrons-nous l’infiniment grand ou au contraire nous tournerons-nous vers la proximité ? Et par exemple, lors d’une semaine de repos, continuerons-nous de nous envoler vers des iles lointaines ou préférerons-nous (re)découvrir la proximité familière : la campagne de son enfance, la mer des vacances d’été en famille… ? Seuls les faits, bien sûr, et le… temps le diront.

Question : Quel moment de la démocratie française traversons-nous ? Il y a quelques mois, vous publiiez Le grand écart (Plon), mettant en lumière l’état de santé dégradé de la démocratie française au crépuscule d’une année 2019 symptomatique. Fragmentée, écartelée entre des mécanismes (direct, avec les gilets jaunes ; participatif, avec le Grand débat national ; représentatif, avec le scrutin européen) qui peinent à dialoguer et à s’articuler harmonieusement, déstabilisée par la prise de pouvoir des réseaux sociaux et l’effacement, pour certains temporaires pour d’autres définitifs, de principes cardinaux sur lesquels elle fonde son efficacité – temps long, vitalité des corps intermédiaires, etc. -, cette démocratie est malade. Peut-on dès maintenant repérer les manifestations de l’épreuve, du défi auxquels l’expose la crise du Covid-19 ?

Quel système politique est le mieux adapté à la gestion d’un tel événement ? Cette question est au cœur des débats d’ordre politique. Et elle n’est pas close, car lorsqu’on fait un tour du monde des régimes politiques confrontés à la pandémie, il est difficile d’avoir une opinion tranchée et universelle. De la Chine aux États-Unis, du Brésil à la Russie, de l’Inde à l’Europe… la comparaison est délicate. Reste que le succès – pour l’heure – des méthodes chinoises peut laisser penser qu’au plus fort d’une telle épidémie, un régime centralisé, autoritaire, décrétant des mesures radicales qui prennent appui sur des dispositifs liberticides, peut sembler plus efficace qu’une démocratie « à la française ou à l’italienne ». Mais à y regarder de plus près, il faut constater que des démocraties comme celles de Corée du sud ou de Taïwan, affichent elles aussi des résultats tout à fait convaincants sans avoir tenté de travestir l’ampleur du mal épidémique au départ. Preuve que les démocraties, tout en maintenant une transparence, ne sont pas condamnées à être inefficaces. Donc les explications se trouvent davantage dans la stratégie des mesures mises en oeuvre que dans la nature du régime qui les déploie. Et plus encore peut-être, dans la singularité « culturelle ». En effet, qu’est-ce qui distingue, tendanciellement, les Chinois des Italiens, les Coréens des Français, les Japonais des Espagnols ? Leur disposition, naturelle ou héritée de leur histoire, de reléguer les droits des individus derrière les droits de la collectivité. Pour exemple, c’est officiellement au nom de « l’intérêt de tous » que Pékin ou Séoul tracent les téléphones portables et compriment « l’intérêt de chacun ». Personne ne s’en émeut. Imagine-t-on une telle acceptation en France ? Le degré de discipline sociale et politique d’une nation ainsi que sa sensibilité à l’intérêt de la collectivité sont décisifs pour distinguer les niveaux d’efficacité des différentes stratégies retenues.

Question : L’historien René Rémond avait daté la fin du XXe siècle au 11 septembre 2001. Parce que cette crise sanitaire est mondiale et durable, parce qu’elle est holistique et affecte tous les systèmes domestiques (politiques, économiques, sociaux, industriels), parce qu’elle nous plonge dans un inconnu ténébreux, parce qu’elle questionne le fonctionnement et donc l’avenir même – aussi bien politique qu’économique, aussi bien des échanges commerciaux que des déplacements humains, aussi bien de la gouvernance internationale que des modèles de consommation – de la mondialisation, ce qui s’est passé un jour, de si anodin, de si innocent, sur un obscur marché d’une mégapole chinoise pourrait-il marquer notre entrée dans une nouvelle ère ? Cette crise peut-elle même être civilisationnelle ?

Souvenons-nous de la crise financière de 2008 – 2009 ; combien de débats, de réflexions, de promesses ! « Plus rien ne sera jamais comme avant », avait prédit la communauté des experts et espéré une grande partie de la communauté humaine. La réalité est que le naturel avait repris son cours très vite, et que les acteurs de la finance avaient tout aussi aisément repris la main. Et rien, depuis, n’a profondément changé. Il existe, toutefois, une différence notable : cette pandémie menace l’essence même de ce que nous sommes. Notre vie. La vie de ceux que nous aimons. La vie de ceux qui composent notre cercle social, notre environnement professionnel, la vie de ceux, sans visage, que nous ne connaissons pas mais qui chaque jour participent, indirectement, à notre existence. Cette crise ne relève pas du matériel mais du vital. Cela modifie en profondeur le paradigme.

De l’ampleur finale du désastre humain, mais aussi économique, social et politique, de la manière dont les dirigeants de l’État et plus largement la puissance publique seront parvenus à gérer la crise et sauront en tirer les conséquences pour déjà se préparer à la suivante – depuis 1996 et la maladie de la vache folle, se sont succédé à un rythme de plus en plus élevé les épidémies SRAS, H1N1, Ebola, Zika -, de la façon, enfin, dont nous reconfigurerons (ou non) notre double rapport au temps et à l’espace, dépendra l’envergure civilisationnelle de cette épreuve de vérité.

« Les singularités culturelles selon les pays expliquent mieux que la nature des régimes, démocratiques ou autoritaires, les différences d’efficacité des stratégies de parade au Covid-19. »

Question : C’est criant aux États-Unis – au contraire de l’Allemagne, morcelée en länder – : le système fédéral, qui autorise la variété des mesures déployées pour faire face à la propagation du virus, montre ses limites à l’épreuve d’une telle crise. Variété synonyme d’hétérogénéité, d’anarchie, de hiatus délétères comme aux USA. La France, quant à elle, demeure écartelée par l’éternel déséquilibre entre la volonté de décentralisation et le dogme immuable de la centralisation…

En Allemagne, où le système de santé est mieux préparé qu’en France, pour l’heure l’efficacité de la parade n’est pas entravée – tout au contraire- par l’organisation fédérale.

Et celle-ci, parce qu’elle assure effectivement l’autonomie des territoires, permet même d’adapter les mesures aux réalités locales de la pandémie. Lorsque le système fédéral bénéficie d’une bonne coordination, il est performant.

Et cette réalité questionne les limites du schéma administratif français ; pour seul exemple, s’il avait été possible très tôt de décréter par les conseils départementaux des zones de confinement, peut-être aurions-nous mieux canalisé la propagation. Les écarts de fonctionnement d’une région à l’autre sont également éclairants. Ainsi le président de la Région Grand Est Jean Rottner – il est vrai médecin-urgentiste de profession – fait preuve d’un activisme, d’un sens de l’anticipation (il avait dès début mars alerté sur la dimension « terrible » de l’épidémie) et de l’initiative remarquables. Simplement, les pouvoirs des régions restent bien modestes…

Question : Au sein de l’Union européenne, l’examen des stratégies de riposte à la pandémie fait surgir une gestion erratique, décousue, désunie. Quoi de commun entre les mesures « de propagation immunitaire » en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas et celles de « confinement » en France et en Italie ? Même dans le domaine sanitaire, l’Europe est fracturée, avec le risque que la stratégie d’un pays soit plus tard jugée coupable d’un drame humanitaire chez son voisin. La faute en premier lieu aux pressions domestiques ? Un symptôme supplémentaire de l’extraordinaire difficulté de faire fonctionner un ensemble aussi disparate ? Comment l’expliquer alors qu’en 2008 cette même Europe avait su faire front commun à la crise financière ?

La différence fondamentale entre la gestion des deux crises à douze ans d’intervalle et le caractère effectivement décousu au sein de l’Union européenne quant à la réponse au Covid- 19 tiennent à la spécificité des compétences : celles de l’économie et des finances sont une réalité européenne, celles de la santé demeurent presque totalement domestiques. D’ailleurs, dans quel domaine du traitement de la crise du Covid-19 l’Europe peut-elle légitimement intervenir ? L’économie et la finance, avec les mesures immédiates de la Banque centrale, qui dès le 19 mars débloquait 750 milliards d’euros dédiés au rachat de dettes publiques et privées. En revanche, dans le domaine strictement sanitaire, elle est démunie.

Il semble évident que cette disharmonie devra être analysée une fois la crise passée, afin que demain une toute autre coordination des stratégies nationales sanitaires (stocks, équipements, approvisionnement des médicaments, recherche) s’instaure. Pourquoi ce qui fonctionne dans les domaines agricole, économique (marché unique, monnaie) ou encore de la pêche ne pourrait s’appliquer à la santé.

 » Avant, la mondialisation était objet de doutes, maintenant elle est objet de peurs »

Question : De la manière dont, au final, l’UE aura géré la pandémie pourrait dépendre en partie son avenir. Mais aussi l’avenir, ou plus exactement la prospérité des formations politiques nationalistes, souverainistes, europhobes, et plus largement populistes, dont l’audience repose en partie sur l’exploitation des peurs individuelles, et des dysfonctionnements de l’Institution ?

 

La désorganisation de la puissance publique, la thématique des frontières, la gestion des vagues migratoires participent au « fonds de commerce » commun de ces formations politiques ; la catastrophe sanitaire, économique et sociale qui s’annonce viendra renchérir cette audience. Dans quelle proportion ? Nul ne le sait encore.

L’autre sujet au cœur des dénonciations populistes et qui aujourd’hui est ouvertement mis à l’index, est la mondialisation. Et plus précisément l’appel à la dé-mondialisation, l’un des « chevaux de bataille » populistes. La « mondialisation heureuse » n’est pas au rendez-vous, elle est très imparfaite, elle dysfonctionne gravement, et maintenant elle favorise le péril humain : voilà l’impression générale que révèle ce « moment » de notre époque. Avant, cette mondialisation était l’objet de doutes, maintenant elle est objet de peurs. De ce nouvel état des lieux pourrait surgir un profond clivage entre partisans de l’ouverture et disciples de l’enfermement, ces derniers pouvant tirer profit (électoral) d’une focalisation des débats politiques sur ce thème de la (dé)mondialisation.

Question : Vous connaissez avec précision la démocratie américaine – vous enseignez chaque année les sciences politiques au Middleburry College (Vermont). Le géo-politologue et directeur de l’IRIS Pascal Boniface estime que sa gestion de la crise sanitaire, surtout si elle produit une déflagration humaine, économique, industrielle, boursière et sociale, pourrait affaiblir de manière rédhibitoire le « candidat » Trump. On sait les comportements de vote, le mécanisme des élections, la cartographie électorale aux États-Unis extraordinairement singuliers vus de France, on sait l’électorat de Donald Trump lui-même très typé, on sait aussi les fragilités et les atouts de son très probable rival Joe Biden : quels faits saillants de cette crise pourraient précipiter ou au contraire enhardir la candidature de l’actuel Président ?

L’approximation et l’amateurisme dont on peut qualifier l’action des dirigeants populistes européens siéent de manière spectaculaire à Donald Trump. Sa popularité repose sur le retour de la croissance, l’économie prospère, le réveil de l’emploi. Nonobstant les dégâts collatéraux – inégalités criantes, déficit public et endettement abyssaux, destruction de l’environnement -, pour l’heure sa politique lui assure une audience certaine. Il est évident que les effets planétaires et domestiques de la crise vont substantiellement affecter ce bilan. Il est tout aussi évident qu’il en paiera alors un prix électoral – sans pour autant qu’on puisse pronostiquer avec certitude sa défaite en novembre, tant l’avenir est aujourd’hui illisible et instable.

N’oublions pas que Donald Trump a toujours été bien plus le « symptôme des » que la « réponse aux » colères et inquiétudes des Américains. Et sa popularité comme la surprise de sa victoire ont eu pour ferment cette confusion. La question est de savoir si dans ce contexte inédit et sans visibilité, il demeure, pour ses électeurs, le symptôme de leurs malaises. Quand je découvre les files d’attente au seuil des armureries, je me dis que politiquement il n’est pas mort…

« L’Occident est aujourd’hui focalisé sur « ses » démocraties. Il ferait bien de s’occuper des autres parties de monde. Car dans certains pays, la tentation d’une réponse autoritaire s’imposant à la démocratie est grande. »

 

Question : La photographie planétaire des démocraties offre un vaste nuancier. Qu’il s’agisse de leurs constitutions, de leur histoire, de leur interprétation de l’autorité, de leur capacité à dévoyer les libertés, de leur exposition à des vulnérabilités spécifiques et locales, et de l’identité de leurs hiérarques actuels, ces démocraties sortiront affaiblies ou renforcées par la crise. Déjà maintenant, du Brésil de Bolsonaro à l’Inde de Modi – pays « explosif » s’il en est, par l’extrême pauvreté, l’incandescence des divisions religieuses, son voisinage avec les « ennemis » chinois et pakistanais, et l’arme nucléaire -, la tentation d’instrumentaliser le chaos et le besoin viscéral de sécurité aux fins de durcir l’exercice du pouvoir se manifeste. Des démocraties « éclairées » pourraient même sombrer dans la démocrature ou l’illibéralisme. Peut-on dresser un panorama des situations les plus vulnérables ?

Les démocraties assises sur un (appareil d’) État défaillant, reposant sur une puissance publique faible, disposant d’infrastructures de protection sociale, en en premier lieu de santé, inadaptées, sont les plus exposées. La tentation de la réponse autoritaire pourrait être grande, notamment en Amérique latine et centrale ; depuis plusieurs mois, de la Bolivie au Chili, des régimes démocratiques sont malmenés et fragilisés, d’autres étaient en dictature il n’y a pas si longtemps (Argentine), d’autres encore ont à leur tête des dirigeants qui potentiellement pourraient se saisir du cataclysme pour museler le pouvoir – effectivement, Jair Bolsonaro est de ceux-là. Il faudra être très attentif à l’évolution de la situation en Inde, plus largement en Asie du sud-est (Bangladesh, Philippines…) où la densité démographique et la pauvreté offrent un taux de pénétration potentiel du virus important. Et bien sûr en Afrique, ce continent si vulnérable et dont on parle si peu. L’Occident est aujourd’hui focalisé sur « ses » démocraties, il ferait bien de se préoccuper des autres parties du monde.

Pascal Perrineau est professeur des Universités à l’IEP Paris, et a dirigé son centre de recherches, le CEVIPOF, jusqu’en 2014. Il est l’auteur, notamment, de Le grand écart. Chroniques d’une démocratie fragmentée (Plon, 2019).

N°1/2 paru le 30 Mars 2020 dans La Tribune. Propos recueillis par Denis Lafay.

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Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (anciennement Centre d’études de la vie politique française, l’acronyme CEVIPOF étant toujours employé malgré le changement de dénomination en 20031) est une unité mixte de recherche sous la tutelle de l’IEP de Paris (Sciences Po) et du CNRS2,3,4.

Créé en 19602 par Jean Touchard1, et associé au Centre national de la recherche scientifique depuis 19685, le Centre de recherches politiques de Sciences Po a pour but l’analyse de la sociologie politique et électorale, de la sociologie de l’action publique1.

En 2007, le CEVIPOF avait un effectif de 158 personnes, dont des chercheursenseignants-chercheurs, ingénieurs techniciens et doctorants1. Son directeur est Martial Foucault depuis le 4 février 20146, et son secrétaire général, Madani Cheurfa[réf. souhaitée]. Les années précédentes, il a été dirigé par Pascal Perrineau de 1991 à 20132, et par Annick Percheron de 1987 à 19917.

En janvier 2013, l’universitaire Alain Garrigou estime sur son blog du Monde diplomatique que le laboratoire serait idéologiquement « très à droite »8.

Les professions de foi et bulletins de vote des élections législatives de la Ve République conservés au CEVIPOF ont été numérisés en partenariat avec la bibliothèque de Sciences Po et sont disponibles en ligne sur Internet Archive9,10.

 

 

Actualités & News·L'éditorial·Nos projets

Plénière N°123 : une première en visio qui tient ses promesses !

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Confiné.(e).s que vous êtes, voici un compliment collectif sincère, qui ira même à celles et ceux qui ne sont ni médecins ni soignants, et à qui la vue d’une seringue fait tourner de l’oeil… Vous avez été très forts ! 17 participants pour notre première visioconférence, c’était plutôt inattendu, bravo à tous, et plus encore à ceux qui ont ramé. L’envie de réussir était au rendez-vous.

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Conclusion immédiate : l’atelier AEC initialement prévu aujourd’hui, passe en visio (même heure, même procédure, mais numéro de salle de réunion). Pour mémoire, sont attendus : les 2 Françoise, Estelle, Pascal et Chakir. Bénévoles BCN : Hélène, Gilles (si dispo) Alexandre et Antoine.

Présentons d’abord Chakir * : salarié de Kéolis, Chakir a entamé une reconversion vers le domaine commercial, BTS Action Commerciale, Licence Développement Commercial et actuellement Master spécialisé en Direction d’entreprise, Direction Commerciale. Nouveau venu lors de l’atelier AEC du 12 Mars, Chakir s’est déclaré surpris et disponible pour travailler sur des thématiques « marketing » élargi, développement commercial, création d’entreprise…

I. Les Freelances et les partenaires.

Sylvie, ancienne Cadre de Santé est évidemment intéressée, car c’est dans ce domaine qu’elle termine sa formation de coaching (elle en est à 1 QCM validé sur 3). Dès que la phase stratégique sera passée, Sylvie viendra se joindre à nos travaux en atelier AEC.

Jef (Jean-François) a quitté Valduc il y a quelques mois pour se former en coaching, et devrait terminer sa formation en fin d’année. Il s’intéresse également au thème marketing et action commerciale évoqué par Chakir.

A toutes les personnes qui s’orientent vers des métiers de Freelance, Antoine explique les conditions dans lesquelles BCN peut envisager de faire appel à des prestations de ses partenaires ou adhérents directs : depuis 2018, nous avons fait appel à « Éveil de coaching » pour développer estime de soi et confiance en soi chez nos candidats. BCN est subventionnée par des collectivités territoriales, et doit donc présenter des comptes validés et conformes. Un prochain appel à prestation va être lancé dans le domaine de la communication sur les réseaux sociaux, Hélène a préparé le cahier des charges ad hoc.

Hélène N. de Clés d’Avenir a laissé un joli message sur Facebook pour expliquer comment elle allait gérer la période de confinement avec ses clients. Elle y cite les outils qu’elle va utiliser : Skype, What’s App et NFon  vont lui permettre de couvrir l’ensemble de la palette.

Concernant la nature du partenariat avec BCN, Hélène mentionne la mise à disposition de locaux à la M.D.A. Un deuxième groupe combinant « Bilan de compétences » et accompagnement émotionnel et corporel y était prévu en avril, à nouveau sous la forme d’un partenariat. Il est malheureusement reporté.

L’échange avec Tracey, que de nombreuses personnes ici connaissent, est l’occasion de faire le point sur notre partenariat avec l’Afpa : les finalités sont l’insertion et/ou la reconversion professionnelle, la création d’activité et en tous les cas, le soutien et l’accompagnement. Le projet « Afpa Village » a été validé nationalement, il reste à résoudre la question des personnes hébergées à Chevigny. BCN partenaire de ce projet, en attend une implantation dans un lieu proche de ses « clients », et envisageait d’y recruter 2 volontaires en Service Civique.

II. Le réseau.

Nous rencontrons les mêmes problématiques : comment être présents auprès de tous nos adhérents ? Nathalie et Xavier ont réfléchi en commun à cette question, et remettront leurs recommandations aux membres du bureau : de quoi s’agit-il ? Les efforts de BCN en direction de LinkedIn ne passent pas inaperçus. Ne risque-t-on pas de brouiller le message ? La priorité de l’association est toujours de soutenir et d’accompagner ses adhérents du moment, ceux qui connaissent l’isolement, l’interrogation,  parfois le doute. Toutefois, il existe plusieurs échelles de temps : l’immédiat, le court terme,  et le temps long : susciter une communauté d’anciens, de témoins, entre dans cette deuxième catégorie. Comment allons-nous distinguer ?

Les posts individuels que vous déposez en tant que membres sont proches de ceux qui interviennent en tant que salariés, à leur initiative, ou en réaction à d’autres publications. Ils peuvent d’ailleurs avoir le même objectif de visibilité, de référencement en vue d’un éventuel « marché caché ». La page « Vitrine » de BCN doit se porter sur des sujets plus « durables » : le management, l’économie, l’événementiel régional.

Nathalie préconise que toutes les personnes affiliées à l’APEC et présentes sur Whaller accèdent aux Webinars « réseaux Sociaux » ; cela permettra d’effacer les écarts trop importants sur l’utilisation de Linkedin, et du même coup d’attaquer plus tôt les modules Web « façon BCN ».

Conclusion provisoire sur cette question : le bureau attend le document préparé par Nathalie et Xavier. Un nouveau calendrier des modules AEC est à l’étude, où les modules Web « façon BCN » remonteraient vers l’avant.

III. L’activité.

La proposition d’Hélène V. de rencontrer la Déléguée de l’APEC au sujet de Whaller pour lui expliquer notre démarche Linkedin sera examinée tranquillement : le coté assez brutal de ce basculement laisse penser qu’il s’agit d’un déploiement national. Plutôt que de semer un peu plus d’embarras sur une situation non maîtrisée localement, faisons jouer nos alliés dans la place… pourquoi pas en reproduisant des publications APEC dans nos propres publications ?

Au cours des deux dernières semaines, Hélène a sur ses deux projets annoncés le 20 février, les rendez-vous « Carrédas » et Profil LinkedIn se sont déroulés conformément aux inscriptions : cela concerne Danièle, Françoise M, Marie-Claire, Séraphin. Quelques séquences sont encore à finaliser, une fois que cela sera fait, qui donne le signal pour faire paraître ces fiches « Carrédas » sous l’onglet Compétences du WordPress ? peut-on imaginer un atelier AEC dédié  à la mise en ligne d’alertes sur les jobboards les mieux adaptés ?

Estelle, Maud et Antoine se sont rendus le 12 Mars dernier à la journée « Pensons Design » organisée par Nicéphore Cité : illustration de ce qui a été décrit plus haut, le compte-rendu complet a été diffusé ici, un extrait sur LinkedIn. La journée a été perçue comme intéressante et fructueuse par tous les 3.

Ce même jour, à l’atelier AEC du soir, Estelle nous apprenait qu’elle était retenue comme assistante-coordinatrice des études de l’ESEO, l’école privée d’Ingénieurs actuellement aux Grésilles, et qui prépare sa montée en puissance pour 2021 dans ses nouveaux locaux à 2021. Un grand bravo à elle ! Avec la fin du confinement, viendra le début du pétillement… nous avons déjà convenu d’un témoignage écrit de la part d’Estelle. Nul doute qu’elle y travaille déjà d’arrache-pied, un projet d’intégration dans son nouvel emploi lui a été adressé pour le 6 Avril. Enfin, Estelle nous laisse un catalogue d’idées et de propositions pour rendre BCN plus visible et plus sympathique, dont certaines ont déjà été suivies d’effet. Celle qui va suivre également.

IV. Le deuxième trimestre.

Le 15 Avril prochain, BCN 2.0 aura 5 ans… Réaliser un diaporama de nos meilleures photos sur nos différents réseaux serait un bon lancement pour la communauté #bourgognecollaborativenetwork dont nous parlions plus haut.

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Autre chapitre : l’appel à projet pour une formation Réseau et Communication autour des réseaux, orientée « Efficacité Numérique », sur la base d’un modèle existant proposée par Caroline Dauvergne (Evolve Formation). Sur le fond, le principe ne pose pas question. Reste la validation du budget disponible, et l’identification des autres organismes à consulter.

Les autres dates sont pour l’instant compromises : le 9 Avril à Pôle-Emploi Quétigny n’a pas encore été annulé, il faut donc le préparer. (Hélène V. et Antoine). Pour le Salon du Bien Vieillir, la Journée des Cadres de Pôle Emploi et les événements Nicéphore, tout est suspendu.

Nous pouvons en revanche tabler sur une plénière N° 124 en visio  le 23 Avril du même type que celle-ci, et la poursuite des ateliers AEC, à la nuance près que le calendrier pourrait être modifié.

La plénière de Mai pourrait voir le retour en physique dans sa forme traditionnelle à la Maison des Associations, le Jeudi 28 Mai ( à cause de l’ascension le 21).  Pour la plénière de Juin, l’idée retenue est une formule apéro au sommet de la Tour Philippe Le Bon (Duc de Bourgogne) dite aussi « Tour Lanterne » : nous allons prendre langue avec l’Office de Tourisme et les modalités exactes du Plan B (repli en cas de pluie).

Reste le groupe qui continue à se réunir sur le thème de l’interculturalité, (comment mettre à profit la période pour déboucher sur une production?) et le suivi de la conférence de Jérôme, que nous gardons « au chaud » avec son accord. Enfin, nous avions échangé avec Françoise sur un projet de conférence conception – design – marketing que nous pourrions démarrer via un groupe transverse, et qui comprendrait Sylvie, Chakir, Jef, Maud et Antoine, pour la  mise en commun.

Autres activités : présentation de BCN au Rotary Club de Clémenceau. Prévu : le 2 juin. Action : Christine et Antoine.

Comme promis, vous recevrez les coordonnées de Chakir par courriel séparé. Nous avons une Charte ! Rendez-vous jeudi prochain, pour l’atelier AEC d’Hélène, un grand merci à tous. Enfin, petit rappel : tous les comptes-rendus de réunion passent par le blog, il est donc nécessaire de vous y abonner, par mail ou directement !

L’Ours.

Généricours

 

 

 

Culture - Loisirs - Histoire

L’entretien du dimanche : Marjane Satrapi. »Il faut être dans l’action ».

Elle avait fait son entrée dans le cinéma en 2007,  avec l’adaptation de sa BD autobiographique, Persépolis, film d’animation césarisé, et sélectionné aux Oscars. Pour son cinquième long-métrage, l’artiste iranienne exilée Marjane Satrapi signe un biopic de Marie Curie, Radioactive*.

Radioactive

Q. Marie Curie est-elle pour vous un modèle  ?

Réponse : Elle a toujours été dans mon univers. Ma mère qui voulait que je sois une femme indépendante m’avait cité deux exemples, Marie Curie et Simone de Beauvoir. Comme j’avais des prédispositions pour les sciences et que toute ma scolarité, j’étais la matheuse de l’école, Marie Curie était mon modèle. Une lumière qui me suit dans les ténèbres.

Q. Quelles qualités faut-il retenir de Marie Curie, l’une des « Immortelles » du Panthéon ?

Réponse : Elle est évidemment d’une grande intelligence, mais aussi, intransigeante et dure avec elle-même. Elle pouvait être affectueuse, certes, mais pas sentimentale du tout. Elle n’est pas pour autant austère : elle a un grand amour pour la vie, elle adorait danser. Elle dessinait aussi  très bien, avec un grand sens de l’observation.

Q. Vous vouliez refaire de Marie Curie une héroïne dans l’esprit des Français d’aujourd’hui ?

Réponse : Je n’ai pas voulu en faire une héroïne. L’histoire de Marie Curie a déjà été racontée, elle a inspiré des films, des séries, des documentaires. Il m’a semblé intéressant de refaire un film aujourd’hui pour raconter comment la découverte de la radioactivité a changé notre monde. Que fait-on des découvertes ? Il est de notre responsabilité d’en faire bon usage. En parlant d’Hiroshima ou de Tchernobyl dans mon film, je montre l’usage indécent que l’on a fait des travaux de Pierre et Marie Curie, deux des plus décentes personnes de l’humanité.

Q. La science est au coeur de la belle histoire de Pierre et Marie Curie. C’était un couple singulier pour son temps ?

Réponse : Il n’y a pas de séparation entre la science et leur vie : c’est la même histoire. La science les réunit. Ils s’aiment follement parce qu’ils ont en commun une passion de la découverte, de la recherche. Une énergie extraordinaire se dégage de ce couple. Ils  sont très modernes, Marie Curie l’est, mais son mari encore plus. Au début du XXe siècle, l’émancipation des femmes a déjà commencé, mais il était rare qu’un homme accepte que sa femme soit sa collaboratrice, son égale.

Marie_Curie

Q. Qu’est-ce-que peut nous apporter cette femme forte qui pourrait être une femme d’aujourd’hui ?

Réponse : Madame Curie n’a jamais fait partie d’un quelconque mouvement féministe : elle est scientifique et se pense égale des hommes. Marie Curie agit : elle est une féministe de fait et non de parole. Il ne s’agit pas de lever le bras et de  dire des choses : il faut être dans l’action. Je suis un peu ébahie quand je vois des actrices hollywoodiennes se mettre en noir pour aller aux Golden Globes : c’est inutile. Il vaut mieux s’habiller en fuchsia et regarder droit dans une caméra. C’est ce que nous devons apprendre d’elle, c’est qu’il faut agir.

Marjane Satrapi

Q. Il ne sert donc à rien de revendiquer plus d’égalité pour les femmes ?

Réponse : Ce sont nos actions qui vont faire que nous aurons l’égalité. La parole au début est bien sûr nécessaire, et rien ne se passe sans la parole, mais ensuite il faut que cela se transforme en actes. C’est ainsi que l’on réussit à avancer.

Q. Marie Curie est une femme d’une grande liberté. Vous vous reconnaissez dans sa liberté ?

Réponse :Certainement ! S’il y a quelque chose que j’aime le plus au monde, c’est la liberté. Quand commence une nouvelle année, on se souhaite toujours une bonne santé. J’y ajoute toujours la liberté. Et cette liberté n’est pas un droit que l’on vous donne. Quand vous êtes une femme, quand vous êtes née dans un pays comme le mien, il faut prendre cette liberté par force. Mais la première personne qui nous enlève cette liberté, c’est nous-mêmes, quand nous nous empêchons de faire certaines choses : s’émanciper de nous-mêmes, c’est déjà un bon début.

La liberté est un long combat du peuple en Iran. Comment voyez-vous votre pays ?

Réponse : Cela fait 20 ans que je n’y suis pas retournée, ma relation avec l’Iran est basée sur la nostalgie, sur mon émotion, sur mes rêves. Toutes ces choses-là vont à l’encontre de l’analyse et empêchent de prendre du recul. Je ne pense pas qu’en m’exprimant, je ferais du bien à mon peuple et à mon pays.

Persépolis

Q. Vous êtes en colère contre le pouvoir iranien en place, contre le manque de libertés, la répression ?

Réponse : Mes premiers chapitres de Persépolis étaient remplis de colère et de haine. Mon lexique, ma façon de m’exprimer, me renvoyaient au même registre que les gens que je n’aimais pas, mais moi, j’avais l’impression d’être du bon coté de la chose. Pourtant, de cette façon-là, je faisais exactement comme eux : l’émotion est l’arme des fanatiques. Il suffit d’appuyer sur le bouton de l’émotion, et les gens crient et hurlent. Il est facile d’être un monstre si on ne prend pas de la distance.

Q. Vous êtes interdite  de séjour en Iran ?

Réponse : Personne ne m’a jamais dit de ne pas retourner en Iran, mais vous avez les éléments devant vous : des gens y sont retournés et n’en sont jamais repartis. Pourtant, ils avaient fait bien moins de choses que moi. Je ne me vois pas passer les trente prochaines années de ma vie en prison.

Q. Vous vous intéressez en particulier au sort des artistes iraniens, comme les cinéastes Jafar Panahi et Mohamed Rassoulof qui ont été condamnés à de la prison ?

Réponse : Je les suis bien sûr, mais vous savez, je ne suis pas communautariste. Je ne trouve pas que tous les films faits par des Iraniens sont forcément d’excellents films, même si bien sûr, quelques-uns m’intéressent. De la même manière, je ne pense pas que tous les films faits par des femmes sont de bons films.

Q. Vous ne vous revendiquez pas comme cinéaste femme ?

Réponse : Non, absolument pas ! C’est un ghetto et c’est une fausse bonne idée. Parler de film de femme, c’est être condescendant envers nous-mêmes. On ne doit juger un film, comme un livre, que sur sa seule valeur artistique.

Q. Il faut se réconcilier avec les hommes ?

Réponse : Je suis humaniste. la terre est faite d’hommes et de femmes et les mauvais comportements ne sont pas spécialement masculins. Bien sûr, ne me faites pas dire que je ne suis pas consciente des inégalités entre les femmes et les hommes, que l’on voit très bien à l »oeuvre dans le monde du travail. Mais je suis confiante : les choses vont changer et dans le cinéma, davantage de femmes vont pouvoir faire des films.

Propos recueillis par Nathalie Chifflet – Paru dans le B.P. du dimanche 8 Mars 2020.

Radioactive* : sortie en salle le 11 Mars 2020.

Economie

INSEE Première : Les créations d’entreprise en 2019.

Première_entêteLes créations d’entreprises en 2019. L’essor des immatriculations de micro- entrepreneurs se poursuit 

En 2019, le  nombre total de créations d’entreprises en France des immatriculations atteint un nouveau record avec 815300 le créations,  soit 18 % de plus qu’en 2018. Cette hausse est de nouveau portée par micro-entrepreneurs (+ 25 %, après + 28 % en 2018). Les créations d’entreprises individuelles classiques augmentent également (+ 16 %), ainsi que les créations de sociétés (+ 9 %). Les deux secteurs contribuant le plus à la hausse globale sont les activités spécialisées, scientifiques et techniques (+ 17 %) et les autres services aux ménages (+ 31 %). Pour la première fois depuis 2010, tous types d’entreprises confondus, les créations s’accroissent dans la totalité des régions. Hors micro-entrepreneurs, seules 5 % des entreprises sont employeuses au moment de leur création. Elles démarrent leur activité avec 2,9 salariés en moyenne. Les créateurs d’entreprises individuelles en 2019 ont en moyenne 36 ans. Parmi eux, quatre sur dix sont des femmes. 

Hugo Gourdon (division Infrastructures et répertoire statistiques, Insee)

En 2019, dans l’ensemble de l’économie marchande hors secteur agricole, le nombre total de créations d’entreprises est de 815 300, soit 124 000 de plus qu’en 2018. Il augmente ainsi de 18 % et atteint un nouveau record (figure 1).

Première1

Comme en 2018, cette hausse est principalement due à l’essor des immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur. Celles-ci s’accroissent de 25 % en 2019, soit 78 000 immatriculations supplémentaires. Ce succès peut

s’expliquer par les évolutions législatives entrées en vigueur ces deux dernières années. Notamment, les seuils de chiffre d’affaires permettant d’accéder au régime fiscal simplifié de la micro- entreprise ont doublé depuis le 1er janvier  2018.

Ainsi la part des micro-entrepreneurs dans le nombre total de créations continue d’augmenter (47 % après 45 % en 2018 et 41 % en 2017), tandis que celle des entreprises individuelles classiques est stable (26 %) et celle des sociétés diminue (27 % après 29 % en 2018).

Près de deux sociétés sur trois sont des sociétés par actions simplifiées 

En 2019, les sociétés par actions simplifiées (SAS) représentent 63 % des créations de sociétés. Leur part était de 61 % en 2018 comme en 2017, 56 % en 2016 et 47 % en 2015 (figure 2). Au sein de cette catégorie juridique, la part des SAS à associé unique ou unipersonnelles reste prédominante et stable (37 % des sociétés créées en 2019, comme en 2018 et en 2017). À l’opposé, la part des sociétés à responsabilité limitée (SARL) diminue : majoritaires en 2014 (57 %), elles ne représentent plus que 34 % des sociétés créées en 2019, contre 37 % en 2018.

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Essor des créations dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques.

En 2019, le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques est le premier contributeur à la hausse globale des créations. Le nombre de créations y augmente fortement : + 21 800 créations, soit + 17 % en 2019 après + 18 % en 2018. Avec 143 700 nouvelles entreprises en 2019, ce secteur est le premier en nombre de créations (figure 3) et représente 18 % de l’ensemble des créations. Comme en 2018, son essor est majoritairement le fait des activités des sièges sociaux et conseil de gestion : + 12 700 créations, soit + 19 % par rapport à 2018.  Il s’agit principalement d’immatriculations sous le régime du micro- entrepreneur (+ 10 700). Au sein de ce secteur, la hausse est portée par les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion : + 7 700 créations, soit + 14 % par rapport à 2018, notamment sous le régime du micro-entrepreneur (+6700 créations). Elle est également due aux  activités de conseil en relations publiques et communications, +4100 créations)soit + 40 % par rapport à 2018, dont + 4 000 sous le régime du micro-entrepreneur) et aux activités des sièges sociaux (+ 1 000 créations en 2019, soit + 40 % par rapport à 2018, dont + 900 sociétés). Avec 62 300 créations au total en 2019, les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion représentent 43 % des créations dans le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques et 8 % de l’ensemble des créations.

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Hausse des créations dans tous les autres secteurs. 

Les créations d’entreprises augmentent également dans tous les autres secteurs d’activité.  Le deuxième secteur contributeur à la hausse globale est celui des autres services aux ménages, qui inclut les activités de coiffure, soins de beauté et autres services personnels : + 13 500 créations, soit + 31 %. Cet accroissement est largement porté par les autres services personnels (+ 8 600 créations), essentiellement sous le régime du micro-entrepreneur (+ 8 300 créations). Ces activités incluent notamment le coaching, en essor ces dernières années. Au total, 53 900 nouvelles entreprises ont été créées en 2019 dans les autres services aux ménages, soit 7 % de l’ensemble des créations de l’année.

Le troisième secteur contribuant le plus à la hausse globale des créations est celui des transports et de l’entreposage. Avec 83 100 nouvelles entreprises en 2019, ce secteur génère 10 % de l’ensemble des créations. Son expansion ralentit cependant : + 12 700 créations, soit + 25 % en 2019 après + 68 % en 2018. Comme en 2018, elle est principalement portée par celle des autres activités de poste et de courrier (incluant la livraison à domicile) : + 12 200 créations, soit + 26 % par rapport à 2018. Cette dernière est essentiellement le fait des immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur (+ 9 600), mais aussi, dans une moindre mesure, des créations d’entreprises individuelles classiques (+ 2 700). Avec 60 200 créations au total en 2019, les autres activités de poste et de courrier représentent 72 % des créations dans le secteur des transports et de l’entre- posage et 7 % de l’ensemble des créations. La construction est le quatrième secteur contributeur à la hausse globale : + 12 000 créations, soit + 17 %. Les créations d’entre- prises individuelles classiques y augmentent nettement : + 6 500 créations, soit + 25 %. Au sein de ce secteur, la hausse la plus forte concerne les travaux d’installation électrique dans tous locaux (+ 2 600 créations), majoritairement sous forme d’entrepreneurs individuels classiques (+ 1 400 créations). Le commerce est le cinquième secteur contributeur à la hausse globale : + 11 400 créations, soit + 11 %. Les immatriculations de micro-entrepreneurs s’accroissent fortement : + 10 300 créations, soit + 34 %. Au sein de ce secteur, la hausse est notamment portée par la vente à distance sur catalogue général (+ 4 100 créations), essentiellement sous le régime du micro-entrepreneur (+ 4 000 créations).

Les créations d’entreprises augmentent dans la totalité des régions 

En 2019, le nombre de créations d’entre-prises s’accroît fortement dans toutes les régions (figure 4). L’Île-de-France contribue pour plus du quart à l’augmentation globale (+ 32 100 créations, soit une hausse de 15 % par rapport à 2018). Dans cette région, le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques est le premier contributeur à cette hausse (+ 8 400 créations), notamment dans les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion (+ 3 300 créations, dont + 2 700 immatriculations de micro-entrepreneurs).

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Des créateurs d’entreprises individuelles toujours aussi jeunes 

En 2019, les créateurs d’entreprises individuelles ont en moyenne 36 ans, comme en 2018. La part des moins de 30 ans se stabilise : elle est de 38 % en 2019 comme en 2018, contre 37 % en 2017. Elle atteint 68 %  dans le secteur des transports et de l’entreposage. Elle est plus élevée chez les micro-entrepreneurs (42 %) que chez les créateurs d’entreprises individuelles classiques (31 %).

Tous types d’entreprises individuelles confondus, le secteur des transports et de l’entreposage reste celui où les créateurs sont les plus jeunes (29 ans en moyenne). Dans l’information et la communication, les créateurs sont également relativement jeunes ( 33 ans en moyenne). À l’inverse, ils sont généralement plus âgés dans l’industrie, (39 ans en moyenne).

 5 % des entreprises classiques sont employeuses au moment de leur création. 

En 2019, comme en 2018, 3% des nouvelles entreprises emploient au moins un salarié au moment de leur création, contre 4 % en 2017. En excluant les micro-entrepreneurs, la part des entreprises employeuses à la création passe à 5 % en baisse par rapport à 2018 et 2017.

Quatre créateurs d’entreprises individuelles sur dix sont des femmes 

En 2019, les femmes ont créé 40 % des entreprises individuelles. Cette proportion est quasi stable depuis 2015, alors qu’elle augmentait progressivement depuis 30 ans (29 % en 1987 et 33 % en 2000). Elle est quasiment identique pour les créations d’entreprises individuelles classiques et pour les immatriculations sous le régime du micro-entrepreneur. Comme les années précédentes, la part des hommes est la plus élevée dans la construction (98 %), les transports et l’entreposage (93 %) ainsi que l’information et la communication (75 %). À l’opposé, les femmes sont majoritaires dans la santé humaine et l’action sociale (75 %), les autres services aux ménages (72 %), l’industrie (55 %) et l’enseignement (52 %). ∎

Sources 

Les statistiques sur les créations d’entreprises proviennent du répertoire des entreprises et des établissements (REE, issu de Sirene) géré par l’Insee. L’étude porte sur l’ensemble des activités marchandes non agricoles. Ce champ inclut les activités financières. La décomposition en secteurs d’activité s’appuie, pour l’essentiel, sur les niveaux d’agrégation A10 ou A21 de la nomenclature d’activités française révision 2 (NAF rév. 2, 2008). Certains postes ont été renommés pour être plus explicites.

finitions 

Une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre d’une nouvelle combinaison de facteurs de production, avec pour restriction qu’aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement.

Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales. On parle néanmoins de créations d’entreprises en raison de la spécificité de la situation au moment de la création. En effet, au moment de son immatriculation, il n’est pas possible de déterminer si une unité légale est indépendante ou appartient à un groupe. Par défaut, au moment de la création, toute entité est donc indépendante et considérée comme une entreprise. Les créations d’entreprises correspondent donc aux unités légales du répertoire Sirene, qui enregistrent un début d’activité relevant de l’un des cas suivants :

– le cas où l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de plus d’un an

– le cas où l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de moins d’un an, mais avec changement d’activité.

– la reprise, par une unité légale nouvellement immatriculée de tout ou partie des activités d’une autre unité légale lorsqu’il n’y a pas de continuité économique entre la situation du cédant et celle du repreneur. On considère qu’il n’y a pas continuité économique de l’unité légale si, parmi les trois éléments suivants concernant son siège, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’établissement siège, l’activité économique et la localisation. Cette définition s’appuie sur les concepts harmonisés au niveau européen, à part pour les micro-entrepreneurs. Pour eux, on ne sait pas s’il y aura ou non un début d’activité.

On comptabilise donc des demandes d’immatriculation dans le répertoire Sirene ; certaines se traduiront par une vraie création d’activité, d’autres par un démarrage différé, voire jamais réalisé. Une partie de ces demandes, enfin, seront invalidées par l’Acoss : les personnes relevant de la mutualité sociale agricole ou de diverses professions réglementées n’ont en effet pas le droit d’être micro-entrepreneurs. Ces radiations seront prises en compte ultérieurement dans la démographie d’entreprises dite « structurelle ».

Les créations d’entreprises classiques correspondent aux créations d’entreprises hors micro-entrepreneurs.

Un micro-entrepreneur bénéficie du régime de même nom (appelé auto-entrepreneur jusqu’en 2014), qui offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions. Le micro-entrepreneur bénéficie ainsi notamment :

– du régime fiscal de la micro-entreprise ;

– du régime micro-social ;

– d’une exonération ou d’une franchise de TVA. Depuis le 1er janvier 2016, les entrepreneurs individuels relevant du régime fiscal de la micro-entreprise sont automatiquement soumis au régime micro-social. Depuis le 1er janvier 2018, les seuils de chiffre d’affaires permettant d’accéder au régime fiscal de la micro-entreprise et du régime micro-social ont été doublés. Ils s’appliquent désormais aux entreprises dont le chiffre d’affaires de l’année civile précédente ou de l’avant-dernière année n’excède pas : • 170 000 euros pour une activité de vente de marchandises, d’objets, d’aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement

• 70 000 euros pour une activité de services. Ce régime doit être distingué de la catégorie des microentreprises définie par l’article 51 de la loi de modernisation de l’économie (LME) et précisée par le décret n° 2008-1354.

 Les entreprises individuelles sont les entreprises dont la personnalité morale n’est pas différente de la personnalité physique. Les entreprises individuelles classiques désignent les entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs. Une société est une entité dotée d’une personnalité morale.

Une société par actions simplifiée (SAS) groupe des associés dont la responsabilité est limitée à leur apport personnel et qui ont la possibilité de disposer de prérogatives indépendantes de leur part de capital. La SAS est une société de capitaux, ce qui la rapproche de la société anonyme (SA). Elle peut être unipersonnelle, on parle alors de société par actions simplifiée à associé unique (Sasu). Une société à responsabilité limitée (SARL) groupe des associés dont la responsabilité est limitée à leur apport personnel et dont les pouvoirs (droits de vote, droits sur les bénéfices…) sont proportionnels à la part du capital détenue. Une SARL unipersonnelle (ou EURL) est une SARL constituée par une seule personne qui en détient donc toutes les parts.

Bibliographie 

  • Richet D., « Auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 : trois ans après, 36 % sont actifs », Insee Première n° 1765, juillet 2019.
  • Richet D., « Auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 : trois ans après, 36 % sont actifs », Insee Première n° 1765, juillet 2019.
  • Dorolle A., « Entreprises créées en 2014 : trois sur quatre sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première n° 1751, avril 2019.
  • Dorolle A., « Entreprises créées en 2014 : trois sur quatre sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première n° 1751, avril 2019.
  • Gourdon H., « Les créations d’entreprises en 2018 : en forte hausse, portées par les immatriculations de micro-entrepreneurs », Insee Première n° 1734, janvier 2019.
  • Gourdon H., « Les créations d’entreprises en 2018 : en forte hausse, portées par les imma- triculations de micro-entrepreneurs », Insee Première n° 1734, janvier 2019.

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Actualités & News·Formation et professionnalisation

Pour essayer « Zoom » le 26 Mars.

Cette fois, les choses sont claires : Skype fonctionne pour les ateliers en face à face, ou tout au plus avec une ou deux personnes supplémentaires, et il convient par conséquent au format de nos ateliers. Pour remplacer durablement les réunions plénières, nous allons essayer Zoom, un outil de visioconférence semble-t-il simple et convivial.

videoconferencing

Installation du logiciel ZOOM (pour Ordinateur) :

  1. Trouvez le logiciel :

Pour cela il vous suffit de taper “ZOOM vidéo Conferencing“ dans la barre de recherche. Une fois la recherche effectuée, cliquez sur le lien portant l’adresse “https:/zoom.us“.

  1. Inscrivez-vous :

Lorsque vous serez sur le site, vous verrez une case bleue portant l’inscription “INSCRIVEZ-VOUS, C’EST GRATUIT“, cliquez dessus. Saisissez votre adresse mail puis rendez-vous dans votre boîte mail. Attendez de recevoir l’e-mail de confirmation, cela peut prendre quelques minutes. Si le mail n’arrive pas, n’hésitez pas à rafraîchir votre boîte de réception ou à cliquer sur “Renvoyer un autre e-mail“. (Une fenêtre s’ouvrira, cochez la case pour confirmer que vous n’êtes pas un robot). Lorsque le mail est arrivé, cliquez sur “Activation du compte“.

  1. Créez votre compte :

Après cela,  une nouvelle fenêtre va s’ouvrir. Vous pouvez désormais créer votre compte. Suivez les instructions attentivement et surtout prenez votre temps pour ne rien oublier.

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  1. Télécharger l’application :

Une fois la création de votre compte terminée, vous pouvez passer au téléchargement de l’application. Pour cela, utilisez l’ascenseur et descendez jusqu’à apercevoir le bas de page noir avec des inscriptions blanches. Cliquez sur “Télécharger“. Une nouvelle page s’ouvre, cliquez sur “Télécharger“ en-dessous de la première proposition “Client Zoom pour les réunions“. Le téléchargement ne devrait prendre que quelques secondes/minutes selon votre connexion Internet. Une fois le téléchargement terminé, cliquez sur l’icône de Windows. L’application devrait se trouver dans la colonne “Récemment ajoutées“ et portant le nom “Start Zoom“. Ouvrez l’application et identifiez-vous pour avoir accès à votre compte.

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     5. URL de connexion.

A titre provisoire, je vous communique une URL pour ceux qui n’auront pas reçu d’autres indications d’ici jeudi : elle servira pour le cas où nous ne parviendrions pas à maîtriser complètement les règles d’agenda et d’animation d’ici là ! Un grand merci dès maintenant à Yannis pour son travail de défrichage !

L’Ours.

Généricours

 

Actualités & News·Culture - Loisirs - Histoire·Formation et professionnalisation

Pensons Design.

Rendez-vous était pris pour ce Jeudi 12 Avril à Nicéphore-Cité, pour une journée thématique sur le design, précisément sur le sujet « De l’architecture d’intérieur au design d’espace. L’objectif du design d’espace c’est de proposer des solutions innovantes, uniques et pensées pour les besoins actuels et futurs des usagers pour créer des lieux aussi bien extérieurs qu’intérieurs, publics ou privés, mais également des objets du quotidien et du design urbain tout en étant fonctionnel, innovant, créatif et esthétique.

Le design d’espace utilise des matériaux, des revêtements, du mobilier, des équipements et parfois de l’ambiance sonore pour créer une identité et aménager un endroit pour permettre aux personnes de s’en approprier et de prendre le contrôle des espaces qu’ils fréquentent. Pour le définir, retenons 4 composantes : la construction, le lieu de vie, l’intérieur et l’individu. Au fil du temps, les designers vont s’approprier des matériaux de plus en plus variés : au sortir du Moyen-Age, 2 composantes, étroitement liées au chauffage : l’âtre, et les tentures, indispensables pour résister au froid des murs de pierre.

9h15-10h00 : De l’architecture intérieure au design d’espace ?

Avec l’intervention de Bernard Moïse, designer, fondateur de l’agence Moise Studio, Directeur pédagogique de Camondo Méditerranée et Président de l’Agora du design.

C’est à un véritable cours d’histoire de l’art que s’est livré Bernard Moîse, qui plus est abondamment illustré, qui couvre une période de 250 ans, soit de 1671 à 1921. La première borne se situe à mi -chemin entre la fin de la Renaissance et le début des Lumières.

Entre-temps, la construction a hésité entre le civil et le militaire : Versailles et la poliorcétique : d’un côté, on étale le luxe et on sépare les classes sociales (balcons et parterres), de l’autre, on assiège des villes et on les prend, ensuite on les protège et on les défend à la manière  de Vauban.

En 1671, arrive Louis XV, coquet, soucieux de son apparence et de son élégance ; l’expression de la décoration royale porte alors sur le tissu.

    Louis_XV

A cette première période « textile du sol au plafond », où les tapissiers sont les architectes d’intérieur, succède celle des sculpteurs ornemanistes, dont la palette va s’étendre du dessin aux moulures, ornements, corniches, frontons, luminaires… Tous les projets sont intégralement dessinés, avant de connaître un début de mise en oeuvre.

En 1694, Charles d’Aviler définit l’architecte d’intérieur comme « Un homme de dessein, intelligent en architecture et en mécanique… Il est nécessaire à l’architecte, car l invente et dispose des ouvrages.

Les Encyclopédistes Diderot et d’Alembert définissent l’ornement comme « un détail, sans utilité pratique, si ce n’est d’embellir ». Les premières Écoles des Beaux-Arts se créent et reconnaissent 4 disciplines : architecture, sculpture, peinture et gravure.

En 1766, l’Enseignement des Arts-Déco se met au service des Industries Naissantes : les opportunités vont en effet être très nombreuses : le gaz, l’électricité, le paratonnerre, mais aussi les grands réseaux – comme les égoûts de Paris, prélude au gruyère que constituent les sous-sols des métropoles.

Au début du XXe siècle, les bouleversements liés aux guerres, aux reconstructions, à l’avènement de l’aviation,  vont susciter une génération de « makers », c’est-à-dire de bricoleurs, d’aventuriers. Des mouvements architecturaux comme le Bauhaus, (La Staatliches Bauhaus est une école d’architecture et d’arts appliqués, fondée en 1919 à Weimar par Walter Gropius. Par extension, Bauhaus désigne un courant artistique concernant, notamment, l’architecture et le design, la modernité mais également la photographie, le costume et la danse. De leur côté, les créations de Le Corbusier, les apports du surréalisme conduisent à une nouvelle fonction que l’on appellera « ensemblier » : ainsi en est-il des créations de Philippe Starck.

Starck_bain

Pour mettre une touche finale à l’apport de l’innovation, « depuis la création au Marché », Bernard Moïse présente la réalisation du Showroom VIP de Microsoft, où la technologie s’efface le storytelling des usages du client.

 

10h00-10h45 : Présentation du cursus design d’espace, de la prépa au mastère, et des projets étudiants de l’Ecole Supérieure des Métiers d’Architecture de Montpellier.

Avec l’intervention Marie-Caroline Foulquier Gazagnes, Architecte DLPG et Enseignante à l’ESMA de Montpellier et Anthony Gallien, ancien étudiant de l’ESMA diplômé depuis 3 ans et embauché dans le cabinet d’architecte de Marie-Caroline Foulquier Gazagnes.

4 parties à cette présentation : quelques références iconographiques, dont l’incontournable Antigone de Montpellier.  Puis ce que l’on apprend au cours de la formation, ensuite la confrontation avec la réalité, et enfin quelques exemples de notre métier.

School_economics

 La London school of economics.

En premier lieu la recherche est multi-contextuelle : l’histoire, l’environnement, l’usage, l’appropriation qui en est faite, tout doit être intégré dans l’étude pour bâtir un projet « vraisemblable », intégrant l’aménagement urbain, les luminaires, les bancs… Tout projet est recevable, mais c’est d’abord une affaire d’argumentation, d’observation.

Antigone

Ainsi, pour aménager ce vaste « plan-masse » laissé par Ricardo Bofill, connu sous le nom d’Antigone, les options sont multiples, tout est une question d’étude, d’originalité et d’argumentation. Il s’agit de s’approprier un vaste espace de 40 hectares, dans une cité proche de la mer, comportant un centre classique, la Place de la Comédie, et une vaste pinède, celle de la Gaude. Pour occuper les « toits classés Architecte des Bâtiments de France », il faut s’ouvrir l’esprit, confronter les idées, rechercher d’autres idées… Au final, la formule est la suivante :

      Besoin du client  + Exigence Fonctionnelle = DESIGN.

10h55-11h40 : Présentation de la démarche « design d’espace et bien-être au travail » de la société Espace & Fonction
Avec l’intervention de Nathalie Rigaut, Consultante – Espaces de travail chez Steelcase.

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La philosophie de Steelcase résume un espace de travail à un écosystème : divers, adaptable et sain. Il doit améliorer mes performances en matière d’engagement de mes salariés.  37% du personnel est actuellement très désengagé. De plus, avec les nouveaux modes de travail et de coopération, 30 à 40 % des bureaux individuels sont inoccupés (réunions, déplacements, télétravail).

Steelcase fait face à certains paradoxes : le besoin de partager, face à celui de se concentrer ; le fait que 1/3 à 50 % des introvertis sont les créatifs des entreprises. or, l’espace façonne les comportements. Tout réaménagement doit donc commencer par définir le changement de comportement attendu. Enfin, comment établir une ambiance de collaboration, d’innovation, de confiance ?

Quelques chiffres à méditer : 89 % des Fortune 500 ont disparu entre 1955 et 2014.

75 % seront remplacées d’ici 2027.

65% des C.E.O. craignent d’être disruptés de leur activité par un nouvel entrant.

Il faut donc que l’innovation advienne, mais qu’elle soit dans un environnement plus agile. Comment imaginer des aménagements qui génèrent des postures physiques, émotives et cognitives propices ?  En distinguant :

1) le lounge « posture sofa », détendu, propice à l’échange informel.

2) Le travail soutenu : la posture standard.

3) le travail « quand on bouge », adapté aux moins de 30 ans, perché engagé.

Enfin, le maître-mot est la sérendipité, l’art de fonctionner à plusieurs, (et du même coup, de s’offrir collectivement « la possibilité d’une île… au trésor »). Comme chantait un certina Hugues Aufray :

 « Et quand tout sera terminé,

il faudra bien se séparer,   

Mais nous on n’oubliera jamais,

ce qu’on a fait ensemble ».

Pour favoriser cela, il faut procéder à du « job-shadowing », pour repérer les phases de :

  • concentration.
  • Collaboration
  • Acquisition de connaissances.
  • Socialisation
  • Régénération.

De cette manière, nous proposons une appropriation dynamique : de l’usage, de la rythmique, de la vivacité corps-esprit. L’idéal est selon, Bernard Moïse d’associer les architectes d’intérieur très en amont des chantiers, pour anticiper les critères d’efficacité, les indicateurs d’engagement; ainsi, il est possible de privilégier le type de compétences que l’on recherche, softskill, lutte contre la vulnérabilité et l’échec, et intégration du bien-être.

L’Ours.

Grizzly

 

Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous : De Gaulle.

 

Degaulle2Quatre-vingts ans : les heures sombres qui ont traumatisé nos parents s’éloignent… comme dans un dernier sursaut se sont effacées avec le Centenaire, celles de la Grande Guerre. Figure française historique du XXe siècle, Charles de Gaulle n’avait pourtant encore jamais eu droit à une adaptation de sa vie au cinéma. C’est désormais chose faite avec De Gaulle, en salles le 4 mars 2020. Porté par Lambert Wilson et Isabelle Carré, le long-métrage revient sur les quelques semaines qui ont mené au départ du général pour Londres et à l’appel du 18 juin 1940. Au coeur de ce film, on ne retrouve pas seulement les batailles politiques, mais surtout la vie intime et familiale de Charles et Yvonne de Gaulle. 

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I. Synopsis :

En juin 1940, le maréchal Pétain veut arrêter la lutte armée contre l’Allemagne. Le président du conseil Paul Reynaud et le Général de Gaulle veulent continuer le combat mais ne sont pas entendus. L’armistice est signé. De Gaulle décide de se rendre à Londres pour chercher de l’aide auprès du premier ministre Winston Churchill et ainsi poursuivre le conflit devenu mondial. De son côté, Yvonne son épouse, voit l’ennemi avancer dangereusement et décide donc de prendre la route avec leurs enfants. En Angleterre, le général reste sans nouvelles de sa famille et s’apprête à prononcer un discours qui va changer le cours de sa vie et de l’Histoire…

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II. Des critiques… mitigées.

Les critiques sont relativement satisfaites par De Gaulle. Ce « biopic quatre étoiles » pour Culturebox, qui considère le défi « relevé avec panache », tandis que La Croix salue « un film émouvant sur les heures sombres du printemps 1940 qui offre une vision sentimentale d’un stratège seul contre tous ». Le pari est également réussi pour Télé-Loisirs, qui salue « un biopic ambitieux réalisé comme un thriller politique et ménageant une vraie tension dramatique ». Dans l’ensemble, l’interprétation de Lambert Wilson est saluée par les critiques, Les Inrocks le jugeant « habité » par son personnage. Toutefois, toutes ne sont pas convaincues par l’émotion du film. Le Parisien reproche notamment à De Gaulle « la platitude du récit historique, trop classique ». Pour ce média, le long-métrage « manque de souffle » et « De Gaulle ne rentre pas dans l’histoire… du cinéma ». Un avis partagé par le média spécialisé Première qui déplore un « biopic coincé ».

III. Que faut-il vraiment en penser ?

Certes, ce n’est pas « J’accuse » … mais pour autant, est-on déjà sûr que ce De Gaulle-là n’entrera pas dans l’histoire du cinéma ? Avec le temps, le public oubliera le strass et les effets spéciaux pour ne retenir que le côté profondément humain de cette famille de haute tradition… Tradition militaire bien sûr, mais aussi haute rigueur morale, et simplicité toute campagnarde de la vie à La Boisserie, commune de Colombey-Les-deux-Églises.

De ce point de vue, le film est impeccable, sobre et émouvant ; on lui aurait sans nul doute reproché de ne pas avoir suivi l’abondante littérature produite par le Général lui-même, les quelques vidéos de l’homme seul partant pour Londres, avec pour ambition de « fusionner la France avec l’Empire britannique ». Cet épisode peu connu a pourtant existé, – cela paraît tellement incroyable aujourd’hui, à l’heure du Brexit – et le Grand Charles a réussi cette mission ! Seul l’effondrement prendra de vitesse ce nouvel avatar du destin.

Tout aussi abracadabrante est l’odyssée d’Yvonne qui s’échappe de Brest sur un bateau néerlandais, échappe aux bombardements allemands et parvient à rejoindre son grand homme à Londres.

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Porté par tous les acteurs, et en premier lieu par Lambert Wilson et Isabelle Carré, le film rend compte avec justesse de la douceur de ce printemps 1940, en opposition complète avec l’atrocité de la déroute et de l’effondrement d’une démocratie. Il s’agit de l’acte 1 d’une longue suite de rivalités et de déchirements. Ne disposant que de son éducation, de sa personnalité et de son caractère, De Gaulle portera la destinée de la France et d’une large partie de l’Europe pendant encore 30 ans. Il n’était que temps et que justice que ce sobre hommage lui soit rendu.

L’Ours.

Grizzly

 

 

Environnement - Climat

Énergie, Climat, Biodiversité: les enjeux écologiques de notre temps.

Tel est le thème de la conférence que donnera le 25 Mars à partir de 17 H 30 à la Maison des Associations 2, rue des Corroyeurs à Dijon,  Jérôme Chabot, ingénieur agronome, sous l’égide de l’Association BCN. 

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Si la participation est gratuite, en revanche, l’inscription est impérative, pour des raisons de logistique et de sécurité : soit en laissant un message au 03.80.53.37.02 (répondeur), ou mieux par courriel à BCN :

Inscription

Nous vivons une époque cruciale : jamais l’impact des activités humaines sur la planète n’a été aussi fort, jamais nous n’avons été aussi nombreux, jamais nous n’avons été aussi savants qu’aujourd’hui sur l’état de la planète. Par conséquent, jamais notre responsabilité n’a été aussi grande  vis à vis du vivant et de son avenir : pour nous-mêmes et pour les vivants autres qu’humains.

Mais agir pour restaurer la possibilité d’un avenir plus harmonieux suppose de comprendre à quels mécanismes et à quels enjeux nous avons à faire, en matière d’énergie, de climat et de biodiversité ; et chemin faisant, de passer d’un déni commun et confortable à une lucidité exigeante et intranquille.

L’objectif de BCN est de vous donner une vision élargie de ces enjeux : ce constat scientifique, destiné à clarifier les mécanismes en oeuvre sera doublé d’une approche historique: il s’agira de comprendre comment nous en sommes arrivés à un tel degré d’emprise sur le vivant.

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Au terme de cet examen complet, se dessinera un portrait lucide de l’homme, dans sa relation à son environnement et au vivant ; et avec ce portrait une esquisse des scénarii possibles pour le futur, des scénarii différents les uns des autres et dont certains s’excluront entre eux.

Loin de délivrer des solutions toutes faites, cette conférence prétend vous donner des outils pour comprendre, pour mûrir votre point de vue, et vous proposera en conclusion quelques outils (éthiques et méthodologiques), ainsi que des voies philosophiques aptes à nous guider dans les temps qui viennent.

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Bourgogne Collaborative Network

Actualités & News·Société

8 Mars : Journée Internationale des femmes.

Partenaire

A travers l’étude INSEE Partenaires, l’occasion nous est offerte d’évoquer l’inégalité devant l’emploi que représente la charge mentale des femmes, et notamment lorsqu’il s’agit d’assumer la garde des enfants. Bien que limitée à la situation de l’île de la Réunion, cette étude évoquera pour tous des situations bien connues ou encore actuelles.

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I. Le renfort indispensable pour les parents en emploi

En 2010, près de la moitié des familles réunionnaises utilisent un mode de garde pour leur plus jeune enfant de moins de 11 ans. En priorité, elles sollicitent leur entourage proche, les grands-parents en particulier. Mais les parents en emploi doivent aussi s’adresser à des professionnels de l’enfance pour pallier leurs longues absences. À la scolarisation du petit dernier, le recours à un mode de garde reste paradoxalement stable. La scolarisation favorise en effet le retour des mères sur le marché du travail, qui crée ainsi un besoin supplémentaire de modes de garde. 

Déléguer la garde de son enfant n’est pas une tâche facile. Les parents apportent en effet une attention particulière à l’épanouissement physique, intellectuel et affectif de l’enfant. Ils exigent de surcroît un cadre d’accueil sécurisé.

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En 2010, 46 % des familles réunionnaises qui ont un enfant de moins de 11 ans déclarent confier leur plus jeune enfant à une tierce personne ou à une structure d’accueil autre que l’école. Pour cela, les parents font d’abord confiance à leurs proches. Ainsi, les grands-parents sont particulièrement mis à contribution (tableau 1) : ils sont sollicités par 28 % des familles. En effet dans la culture réunionnaise, l’entourage familial est un repère important. En outre, les membres de la famille ne sont jamais très éloignés sur l’île. Seules 16 % des familles réunionnaises s’adressent à des professionnels de l’enfance. Dans ce cas, les centres d’accueil collectif sont privilégiés : crèche, garderie, centre de loisirs. Ils sont préférés aux « nénennes », qui assurent une garde individualisée de l’enfant. Cette garde individualisée est aussi la plus onéreuse. Cependant, la majorité des familles réunionnaises déclarent se passer de tout mode de garde. Les parents affirment alors s’occuper seuls de leur marmaille de moins de 11 ans.  

Le recours à un mode de garde dépend de la situation des parents ou du parent sur le marché du travail. Les parents sans emploi ou inactifs sont évidemment plus disponibles que les parents qui occupent un emploi. Ainsi, deux tiers des couples d’un seul parent en emploi affirment assumer seuls la garde de leur plus jeune enfant. Un tiers de ces couples ont recours à leurs proches. Plus disponibles encore, les trois quarts des familles de parent(s) inoccupé(s) se débrouillent seuls. Les couples d’un seul parent en emploi et les familles de parent(s) inoccupé(s) sont ensemble majoritaires. Ils rassemblent 62 % des familles réunionnaises avec un enfant de moins de 11 ans. 

A. Les professionnels de l’enfance au soutien des parents en emploi.

Les familles de parents en emploi ont quant à elles un net besoin d’aide pour garder leur dernier-né :  72 % recourent à un mode de garde. Ces familles sont constituées des couples de deux parents en emploi et du parent en emploi d’une famille monoparentale. Pendant leur temps de travail, ces parents n’ont guère d’autre choix que de faire garder leur plus jeune progéniture. 

Les familles de parents en emploi privilégient alors leur entourage et notamment les grands-parents. Le tiers de ces familles d’actifs occupés font garder leur plus jeune enfant par papi-mamie. Mais les absences de ces parents sont longues et régulières ; les proches ne peuvent pas toutes les pallier. Les familles de parents en emploi se tournent alors vers les systèmes de garde rémunérés. Le quart d’entre elles adopte des modes de garde collective. Quant aux gardes individualisées, une famille d’actifs en emploi sur dix recourt à une assistante maternelle. Ces familles de parents en emploi sont les seules à recourir à des services payants, bénéficiant en général de ressources financières plus favorables. Le quart des familles de parents en emploi parviennent tout de même à gérer leur quotidien sans mode garde. Les parents doivent pour cela ajuster leurs emplois du temps. Mais cet ajustement est plus fréquent si le petit dernier est scolarisé. 

B.Le recours à un mode de garde maintenu à la scolarisation

Vers trois ans, les enfants prennent le chemin de  l’école. L’école primaire  les occupe  dorénavant  quatre journées par semaine en dehors des vacances scolaires. La question du mode de garde pourrait se faire moins pressante. Les familles de parents qui étaient déjà en emploi et de parent(s) inoccupé(s) font d’ailleurs moins appel à un mode garde à la première rentrée de leur benjamin. 

Néanmoins, la scolarisation du dernier enfant est aussi l’occasion d’un retour sur le marché du travail pour certains parents. De ce fait, le recours à un mode de garde est quasiment équivalent, que l’enfant soit scolarisé ou non (respectivement 45 % et 48 %).

Au final, 46 % des familles ayant le plus jeune enfant à l’école ont des parents en emploi. Par contre, quand le plus jeune enfant n’est pas encore scolarisé, seulement 26 % des familles ont des parents en emploi. Dans les couples d’un seul parent en emploi, les parents inactifs s’occupent bien souvent de la garde des jeunes enfants. Ce sont aux trois quarts des mères au foyer. 

Parfois, elles ont mis leur carrière entre parenthèses pour se consacrer à leurs enfants. Leur scolarisation les incite alors à la reprise d’une activité professionnelle. Ces familles,redevenues « de parents en emploi », ont alors souvent  besoin d’un mode de garde extra-scolaire pour leurs enfants. 

C. Les parents en emploi toujours sur leurs gardes

École ou pas  les familles de parents en emploi sont toujours, les plus à la peine pour concilier activité professionnelle et garde d’enfant (graphique 3). Avec un enfant en très bas âge, une écrasante majorité (87 %) des familles de parents en emploi requièrent au moins un mode de garde. Elles sont encore les deux tiers à y requérir quand l’enfant s’assoit sur les bancs de l’école.  Avec la scolarisation, la période d’absence à combler des parents en emploi se réduit : avant et après l’école et le mercredi. Ces parents actifs s’adressent moins à des services de garde rémunérés. Les aides financières pour ces gardes diminuent aussi de moitié aux trois ans de l’enfant. Plus coûteuse, la garde individualisée est alors complètement délaissée tandis qu’un tiers des familles y recourent pour un nourrisson. Par contre, la garde collective se maintient : plus de 20 % des familles de parents en emploi lui font toujours confiance. Mais les structures d’accueil ne sont plus les mêmes : l’étude et le centre de loisirs ont supplanté la crèche et la garderie. À la première rentrée des classes, les proches des parents en emploi sont plus sollicités que les professionnels. Les grands-parents assurent toujours volontiers des permanences pour offrir un cadre familial sécurisé à leurs petits-enfants.

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D . Les parents en emploi en difficulté pour organiser la garde de leur enfant. 

À La Réunion, la garde d’un enfant  ne paraît pas poser de difficultés  particulières pour une majorité de familles : près de neuf familles sur dix la jugent même facile pour un enfant de moins de sept ans. Mais les familles de parent(s) en emploi ne partagent pas ce jugement : le quart d’entre elles estiment au contraire que l’organisation de la garde est plutôt difficile. Les journées de travail de ces parents actifs imposent en effet des absences longues et répétées. La garde de leur jeune enfant est alors parfois délicate à organiser. Plus disponibles, les couples d’un seul parent en emploi et les familles de parent(s) inoccupé(s) ayant le même souci sont rares. 

II. Plus de difficultés dès qu’il y a des enfants.

Après une journée de travail, près de la moitié des personnes affirment être fréquemment en difficulté pour effectuer les tâches domestiques. Les mères qui élèvent seules leur(s) enfant(s) sont les plus à la peine. Les couples de deux personnes en emploi avec enfant(s) éprouvent aussi fréquemment des difficultés. À l’inverse, peu de personnes qui travaillent considèrent que leur vie familiale agit sur leur capacité à « bien travailler ». Les employeurs font néanmoins souvent preuve de « souplesse » pour gérer les imprévus.

Les deux tiers des personnes qui travaillent affirment n’avoir pas pu récemment s’occuper de toutes les tâches domestiques après leur journée de travail. Près de la moitié des travailleurs-ses déclarent être dans cette situation au moins une fois par mois, voire plusieurs fois par semaine (graphique 4). L’impact de la fatigue de la journée de travail sur la vie personnelle est donc indéniable. Mais selon que l’on vive en couple ou non, avec ou sans enfant, selon les responsabilités que l’on exerce au travail, les répercussions sont nuancées. Par ailleurs, les femmes sont plus fréquemment confrontées à la difficulté d’exécuter les tâches domestiques que les hommes. 

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A. Les mères de familles mono – parentales les plus à la peine 

L’articulation entre la vie professionnelle et la vie familiale n’est donc pas toujours aisée. Les adultes, essentiellement des femmes, qui travaillent et élèvent seuls leur(s) enfant(s) ont le plus de difficultés à accomplir l’ensemble des tâches domestiques après leur journée de travail. Ensuite, les couples d’une seule et de deux personnes en emploi avec enfant(s) éprouvent le plus de difficultés. Les couples sans enfant ont moins de mal à concilier le travail et la famille. Les familles monoparentales sont donc plus souvent confrontées à des difficultés, un seul adulte ayant à faire face à la fois aux responsabilités professionnelles et domestiques. Dans 80 % des cas, l’adulte est une femme en emploi (20 % d’hommes en emploi). La difficulté de conciliation semble augmenter avec la jeunesse de l’enfant : plus l’enfant est jeune, plus la difficulté est grande. Une grande diversité de situation prime parmi les couples de deux personnes en emploi. Ainsi, les foyers qui rencontrent des difficultés sont aussi nombreux que ceux qui n’en ont pas. 

La situation des couples d’une seule personne en emploi est assez proche de celle des couples biactifs occupés : l’impact du travail sur la vie familiale est presque du même ordre, avec plus de la moitié des personnes déclarant n’être que rarement voire jamais confrontées à des difficultés pour les tâches domestiques. Néanmoins, c’est l’homme qui est en emploi dans les trois quarts des cas. C’est donc à la femme sans emploi qu’incombent les tâches ménagères

Le temps de travail et les fonctions occupées, en lien avec le diplôme, influent également sur les difficultés de prise en charge des tâches domestiques, particulièrement dans les familles monoparentales ou chez les couples de deux actifs en emploi. 

Généralement, lorsque le niveau de diplôme s’accroît, le temps » de travail également, ce qui laisse moins de temps pour le reste. Ainsi, 60 % des diplômé-es du supérieur déclarent être. fréquemment dans l’impossibilité de s’occuper de toutes les tâches domestiques, contre 45 % chez les détenteurs d’un baccalauréat ou moins.. 

B. La vie personnelle influe peu sur la vie professionnelle 

S’il apparaît clairement que l’exercice professionnel influence plus  souvent la réalisation des tâches domestiques, dont le soin aux enfants, l’inverse est beaucoup plus rare. Ainsi, 93 % des personnes en emploi considèrent que leur vie personnelle ne se répercute pas sur leur capacité à « bien travailler ». Cependant, lorsque il y a des enfants, les parents qui travaillent éprouvent un peu plus souvent de difficulté à « bien travailler. Ceci d’autant plus que les enfants sont jeunes. Ainsi, les familles ayant un ou des enfants de moins de sept ans sont trois fois plus nombreuses à avoir fréquemment des difficultés à « bien travailler » que les autres. Toutefois, les employeurs de notre île font régulièrement preuve de « souplesse » en cas d’imprévu familial ou de besoin de garder un enfant : 80 % des travailleur-ses déclarent en bénéficier en cas d’imprévu et 75 % pour une garde d’enfant. 

C. Les enfants pièce maîtresse de la conciliation des temps de vie. 

Face et les aux hommes inégalités notamment persistantes en entre les femmes matière d’accès à l’emploi et de développement de carrière, la question de la répartition des responsabilités domestiques se pose de plus en plus. Elle devient encore plus préoccupante avec la naissance des enfants qui ont un effet flagrant et inégal sur la carrière professionnelle. En effet, les naissances n’affectent pas la situation face à l’emploi pour plus de 90 % des pères. Pour les mères au contraire, la naissance du premier enfant a un impact fort sur la situation professionnelle : 40 % d’entre elles changent de situation (passage au temps partiel, changement de poste, prise de congé parental, démission). À l’arrivée du deuxième enfant, 16 % des femmes prennent un congé parental à temps plein et 31 % passent à temps partiel. 

(Cf. Génération 98, 7 ans après, Céreq 2007). 

D. Un « plan crèche » pour répondre à des besoins croissants et très divers.

Les enfants sont souvent au cœur de la  problématique  de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.L’enjeu est donc important pour La Réunion de satisfaire aux besoins des familles en terme d’accueil des jeunes enfants.

La Réunion est faiblement dotée en places pour la  garde des enfants d’âge pré-scolaire. En 2008, le taux d’équipement en crèches collectives ou parentales et  haltes garderies s’élève à 50 pour 1 000 enfants, contre plus du double en France métropolitaine. L’État et ses partenaires ont lancé fin 2007 un plan de rattrapage. 

Ce plan est cofinancé et accompagné par l’État, la Caisse d’Allocations Familiales, le Conseil général, en lien avec  l’Association des Maires du Département de La Réunion. 

Dans un premier temps, il permet le dépassement des plafonds de financement des institutions pour la création de crèches d’une quarantaine de places. Le plafond de financement est ainsi porté à 80 % pour les investissements (construction) et à 75 % pour le fonctionnement. 

Dans un second temps, la création de micro crèches est accompagnée et encouragée, notamment par la formation des personnels et la mise à disposition par les communes de lieux d’accueil adaptés. Enfin une attention particulière est portée sur les horaires d’ouverture, favorisant les horaires dits atypiques.

Fin 2010, 418 places en micro crèches et 421 places en Établissements d’Accueil du Jeune Enfant ont été créées à travers le plan de rattrapage, qui court jusque en 2014.

Pour en savoir plus 

  • « Génération 98, sept ans après », enquête Événements familiaux et carrière, Cereq, 2007. 
  • « Promotion de l’égalité des chances entre les hommes et les femmes à La Réunion : le travail des femmes », les documents de l’ODR, Mai 2008. 

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Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous : « Judy ».

Renée Zellweger incarne Judy Garland à la fin de sa vie dans ce biopic. Critiques, bande-annonce, casting, tout ce qu’il faut savoir sur Judy.

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Tout le monde a entendu parler de Judy Garland, l’interprète vedette du « Magicien d’Oz », ainsi que de la scie « Somewhere over the rainbow ». C’est l’une des chansons les plus connues de la fin des années 1930. Incarnant les espoirs et les rêves d’une jeunesse aspirant à un monde idéal d’amour et de joie, la chanson fut écrite en une nuit pour Judy Garland qui l’interpréta dans le film Le Magicien d’Oz, et elle devint le thème musical qui devait bercer toute sa vie. En effet, on lui demanda de l’interpréter à presque toutes ses apparitions publiques.

La mélodie plaintive et les paroles simples de la chanson racontent le désir d’une adolescente de s’échapper du « désordre sans espoir » de ce monde (hopeless jumble), de la tristesse des gouttes de pluie, vers un nouveau monde plein de couleurs « par-delà l’arc-en-ciel » (over the rainbow). Cette chanson exprime aussi la croyance enfantine selon laquelle les cieux ouvriront un passage vers un lieu où « les soucis fondent comme du sorbet au citron » (troubles melt like lemon-drops).

Seconde chose que l’on sait généralement sur Judy Garland, c’est qu’elle vient de rapporter l’Oscar de la meilleure actrice à Renée Zellweger. Les cinéphiles français se souviennent du trophée obtenu par Marion Cotillard pour la Môme. De là à penser que les artistes « sulfureuses » fournissent de la matière à d’excellents biopics…

Synopis : Hiver 1968. La légendaire Judy Garland débarque à Londres pour se produire à guichets fermés au Talk of the Town. Cela fait trente ans déjà qu’elle est devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz. Judy a débuté son travail d’artiste à l’âge de deux ans, cela fait maintenant plus de quatre décennies qu’elle chante pour gagner sa vie. Elle est épuisée. Alors qu’elle se prépare pour le spectacle, qu’elle se bat avec son agent, charme les musiciens et évoque ses souvenirs entre amis ; sa vivacité et sa générosité séduisent son entourage. Hantée par une enfance sacrifiée pour Hollywood, elle aspire à rentrer chez elle et à consacrer du temps à ses enfants.

Les critiques : elles sont unanimes : Renée Zellweger a amplement mérité son Oscar de la meilleure actrice, décroché quelques semaines plus tôt pour ce rôle. « Renée Zellweger se livre corps et âme pour ce rôle exigeant, offrant une performance magistrale » selon Télé-Loisirs, Le Parisien note une interprétation « déchirante »,  Ouest France souligne que la légende d’Hollywood est « si bien incarnée par l’actrice de Bridget Jones ». Pour Première, ce biopic tout ce qui a de plus classique vaut d’ailleurs principalement pour cette performance d’actrice : « Sans jamais tomber dans l’imitation, elle rend compte de la complexité d’une vie de star lancée toute jeune et soumise à la pression d’un métier qui exige plus qu’il ne donne. Et finalement, elle nous parle autant d’elle que de Judy Garland. »

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Inspiré de la comédie musicale End of the Rainbow, le long-métrage avait « seulement » été cité aux Oscars dans la catégorie Meilleure actrice et Meilleurs coiffures et maquillages. Judy doit donc beaucoup à son interprète, visiblement inspirée par Liza Minelli. Le film satisfera les amateurs du genre, et décevra sans doute les spectateurs qui attendent une « proposition originale ».

Judy6L’on apprend dans ce film, que Judy s’est « pris son premier rateau » de  Mickey Rooney, un autre enfant-star de Hollywood. Celui-ci aura eu la chance de vivre deux fois plus longtemps : 94 ans, de divorcer deux fois plus souvent, et évoquait cette rencontre bien longtemps après la disparition de l’actrice. L’enfance et l’adolescence sous la tutelle de M. Mayer (des studios MGM) sont un perpétuel balancier entre l’esclavage de la production et l’occasion de briller, de sortir de l’enfance pauvre du Minnesota : cela laissera bien plus tard des séquelles.

Que faut-il en penser ? Attendre une proposition originale sur une biographie, suppose de « picorer », de piocher des extraits, comme ce fut le cas de « J’accuse », ou du prochain « De Gaulle »; ici,  le parti pris est différent. Pour incarner le personnage, l’actrice Renée Zellweger a dû elle aussi se mettre au chant pour incarner ce rôle. C’est bien elle qui chante dans Judy : la comédienne a répété plusieurs mois durant avec le directeur musical du film. C’est donc bien la voix de l’interprète de Bridget Jones, transformée par ses talents pour coller au plus près à celle de Judy Garland, qu’on entend dans ce biopic. C’est très courageux, et c’est aussi ce qui fait la force et l’émotion des scènes de show restituant la tournée de Londres. Un très bon moment.

L’Ours.

Grizzly

Pour un meilleur emploi·Recherche digitale

Auray. Ils ont créé un site pour faciliter la recherche d’emploi

Christophe Allanic et son frère Jean-François ont créé Jobonmap, un site qui permet de géolocaliser les offres d’emploi. Pratique et gratuit pour les entreprises comme pour les particuliers.

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Quand Emmanuel Macron a répondu à un jeune qu’il n’avait qu’à traverser la rue pour trouver un emploi, l’idée a germé, se rappelle Christophe Allanic, 59 ans. Le chauffeur routier alréen a mis au point, avec son frère Jean-François, qui vit en Corrèze, un site qui permet aux entreprises de déposer gratuitement leurs offres d’emploi, et aux particuliers de chercher, tout ça en se géolocalisant. Ça paraît tout simple, mais ça n’existait pas jusqu’à maintenant, assure l’inventeur.

Son frère, électricien de métier, mais passionné de bidouille informatique, véritable autodidacte, s’est chargé de développer le site, en s’appuyant sur les idées de Christophe. Je me suis rappelé la difficulté de trouver un petit boulot d’été quand j’étais jeune…

Pas de fioritures, juste l’essentiel

Avec Jobonmap – le nom de leur site – pas de fioritures, juste l’essentiel : l’entreprise et sa localisation, le poste, le type de contrat et la personne à contacter. C’est fonctionnel. On a enlevé tout ce qui dépassait. Ça prend cinq minutes aux entreprises de déposer une annonce et c’est très simple pour ceux qui cherchent du travail.

Lancé depuis mi-janvier, le site compte déjà plus de 400 annonces, dans toute la France. Mais cela marche pour le monde entier en réalité grâce au système de géolocalisation, insiste le créateur qui vante un outil simple pour recruter, notamment, des saisonniers.

Les deux Géo Trouvetout, dont la devise pourrait être quand on veut, on peut, agissent uniquement par défi et altruisme. On a déjà eu deux propositions d’achat qu’on a déclinées, sans même demander le montant. On fait ça juste pour aider ceux qui galèrent à trouver du boulot.

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Optimisme·Pour un meilleur emploi·Recrutement & RH

Vous avez dit « profil atypique »?

Bonjour les amis, je profite de cet article pour tenter de répondre à une question :

Revendiquer son « profil atypique » nuit-il à votre recherche d’emploi?

Malgré tout ce que l’on voit paraître dans les médias, vous appuyer d’un parcours non linéaire n’est pas toujours une bonne stratégie face à des recruteurs qui souhaitent être rassurés.

En effet, le terme « atypique » plaît de plus en plus aux candidats pour se décrire en entretien d’embauche. Dans l’absolu, ce n’est pas un problème car avoir une trajectoire particulière correspond à une réalité pour beaucoup, et il ne faut pas réellement vous en cacher. Néanmoins, il ne faut pas s’en contenter comme d’une qualité à ne pas justifier.

A l’heure actuelle, tous le monde peut comprendre si l’on explique, qu’il peut ne pas y avoir de cohérence entre notre formation et nos expériences professionnelles, ou la décision d’une reconversion dans un domaine complètement différent. Simplement, vous devez savoir parler de votre histoire sans vous sentir coupable de vos choix.

Votre objectif sera de ne pas « perdre » le recruteur dans des explications farfelues, mais plutôt expliquer « sans gêne » les raisons qui ont motivé cette transition. Car toutes les explications sont recevables.

A vrai dire, quand même préparer les éventuelles objections du recruteurs qui sont tout à fait légitimes. Comme exemple, un changement de cap après un échec montre votre résilience et votre volonté. Une (ou des) expérience(s) à l’étranger (ou un long voyage) peut présenter une volonté passée de découvrir le monde et d’autres cultures, sans oublier votre travail des langues étrangères.

Transformez ce que vous pensez être un handicap en une qualité ou un point fort. Un parcours atypique peut se vendre comme le développement d’une adaptabilité (plutôt qu’une instabilité), et il démontre votre polyvalence ainsi que votre flexibilité.

Moralité, il faut assumer votre parcours et en parler librement en essayant de devancer les possibles interrogations.

Aussi, privilégiez les PME aux grands groupes qui préfèrent les parcours linéaires sans failles, en mettant en avant votre personnalité et votre autonomie.

Enfin, ne jamais avoir honte de son parcours qui correspond à ses choix de vie et ses passions.

 

Je suis un candidat atypique, est-ce une chance? (Alphea Conseil – 2019)

Se définir « atypique » nuit-il à votre emploi? (cadremploi.fr)

Pourquoi les entreprises peinent à les recruter? (Forbes – 2019)

Comment trouver un emploi avec un profil atypique? (Quimper emploi – 2017)

 

L'éditorial·Nos projets·Recrutement & RH

Plénière BCN N°122 : chantiers tous azimuts.

Une fois n’est pas coutume, nous débutons par un clin d’oeil à nos excusés du jour :

  • Danièle, en déplacement à Sens, pour raisons familiales.
  • Tracey, que nous allons revoir très bientôt, et qui pour cette fois, nous adresse ses salutations bien cordiales.
  • Fabienne, qui prépare une proposition d’audit RSE.
  • Claude à Chalon, qui s’intéresse de près aux fiches marketing.
  • Sylvie Z . déjà inscrite à une formation.
  • Hélène T. prise « en otage » au dernier moment, alors que nous l’attendions,
  • Et enfin, Hélène N., de Clés d’Avenir, qui nous adresse ce petit mot :

« BCN Partenaire d’une expérimentation de bilan de compétences

Membre de BCN depuis quelques mois, la structure CLÉS D’AVENIR, spécialisée dans l’accompagnement des transitions professionnelles, a conçu une nouvelle approche du bilan de compétences, mêlant à la réflexion intellectuelle l’appropriation émotionnelle et physique. Le changement n’étant pas mental, l’idée est de proposer une reconnexion du bénéficiaire de bilan à ses 5 sens pour mieux découvrir ceux qui seront des alliés tout au long de la transition.

Grâce au soutien de BCN, la 1ère expérimentation a eu lieu les 14 et 15 février derniers auprès de 3 participants. Les impacts de cette nouvelle formule seront connus à la fin des bilans de compétences engagés à savoir fin Mars. Merci à BCN pour sa collaboration active dans le projet !

Autre retour qui méritait d’être mentionné, celui de Jean-Louis : « Bonne initiative que d’avoir recommandé  d’éviter le Répondre à tous. » Cela génère beaucoup moins de courriels inutiles, et au final, le nombre de participants reste toujours très proche de l’attendu… Ce soir 20 février, 16 présents, pour 14 attendus.

I. Bienvenue à Yannis.

Nous avons souhaité accueillir Yannis aujourd’hui même, jour de signature de son contrat, afin qu’il puisse faire connaissance de son futur environnement de travail, composé d’apprenants, de bénévoles formateurs… Ce 20 février, des candidatures continuaient à parvenir à la Ligue de l’Enseignement, concernant notre mission : l’intérêt général a été bien compris, et cette semaine encore le Secrétaire d’État a cité le chiffre de 13 millions, pour désigner le nombre de personnes qui « à des degrés divers »  auraient besoin de soutien ou de formation sur les NTIC.

A fortiori, quand ce soutien porte sur  la recherche d’emploi  en mode digital, sa priorité est accrue, et nul doute que Yannis fera œuvre utile avec nous du 2 Mars au 31 Octobre, début et fin de sa mission : Hélène T., Gilles, Danièle et Antoine l’accompagneront durant son séjour parmi nous.

II. Le Recrutement, par Valérie B. d’Orange.

Croisée l’an dernier lors de Journées « Portes Ouvertes » de l’Afpa,  Valérie avait donné un aperçu de la vision d’Orange en matière de recrutement,  vision très spécifique en raison de l’échelle (le nombre de recrutements annuels), de la diversité des niveaux, des  grades et fonctions,  et de l’influence croissante des technologies au cœur des profils métier recherchés. Les volumes de recrutement se répartissent pour moitié en alternance, pour moitié en CDD – CDI.

Recrutement

En tant que consultante en recrutement, Valérie reçoit tout d’abord une demande de « sourcing », préalable à une annonce qui servira d’appel à candidatures.  La discussion s’établit entre le donneur d’ordres qui va créer le poste, et le service qui va réaliser effectivement l’ensemble du processus. Point essentiel : lors de l’appel à candidatures, le postulant est invité à renseigner un questionnaire psychologique de 170 à 175 questions, qui serviront de guide aux questions posées lors de l’entretien, en raison des points à mettre en évidence.

Il s’agit donc d’un questionnaire de personnalité, essentiellement orienté sur les « soft skills », le savoir-être et la capacité à travailler et vivre en bonne intelligence en équipe. Du coup, à la question : « Les recruteurs sont-ils méchants ? », Valérie nous indique que cela a pu exister, mais que c’est devenu « has been », et que les candidats terrorisés, qui ne « s’ouvrent pas », répondent par oui ou par non, ne révèlent rien de leur potentiel. A l’inverse, un vrai échange s’établit souvent en « off » dans l’ascenseur, au moment où le candidat ne se sent pas encore sur la sellette. C’est à ce moment-là que l’on cerne le mieux la personne réelle.

Sur l’attitude à adopter, Valérie recommande d’être sincère et transparent, citant Oscar Wilde : « Soyez vous-mêmes, les autres sont déjà pris ». Cela renvoie à la notion d’imposteur dans le monde du management de transition, ou de l’intérim de haut niveau. Ne pas se survendre, ni annoncer des qualités ronflantes, mais que l’on ne possède pas ! (rappel : sur 175 questions, on va sûrement se « couper » quelque part).

Les équilibres : quelques qualités bien réelles, mais si le recruteur demande quelques défauts, citez-en 2 ou 3 maximum, ne vous sabordez pas !

Pour illustrer la réalité du changement dans le monde du recrutement chez Orange, Valérie cite le métier des « chargés d’affaires FTTH », autrement dit des spécialistes de réseau Fibre Optique chargés de négocier les infrastructures auprès des collectivités et des promoteurs. Les meilleurs techniciens n’étaient pas toujours les mieux à même de défendre les intérêts de l’opérateur lors des phases de négociation ; la nouvelle tendance est plutôt à recruter des profils de commerciaux, ou de négociateurs, puis de les former ensuite aux impératifs de la fibre optique.

Et enfin :

Toujours se souvenir qu’un entretien reste une relation « de personne à personne »,  et que l’on n’a encore rien inventé de mieux que « Parce que c’était lui, parce que c’était moi »…

Étapes :

  • consulter le site officiel de publication des entreprises
  • Job boards : Linkedin, pôle emploi, Indeed…
  • postuler en ligne sur l’offre de votre choix en déposant votre lettre de motivation et CV
  • Répondre à un questionnaire de personnalité
  • 1°sélection téléphonique, vidéo ou physique avec recruteur
  • 2°entretien individuel ou collectif avec manager

Le recruteur : vise à trouver le candidat qui correspond aux besoins du manager sur les plans :

  • Dimension professionnelle (compétences techniques) hard skills.
  • Dimension de croissance (motivation, capacité d’apprentissage, potentiel…)
  • Dimension personnelle (stabilité émotionnelle, personnalité, savoir-être) soft skills.

Cette énumération fait penser à la typologie de Schumpeter sur les différentes catégories d’investissement ; ainsi, on fait le lien entre le « Capital » technique et la « Ressource Humaine, » le sens noble du « Capital Humain ».

L’application et la diffusion des innovations dépendent en amont de la propension de l’entrepreneur à prendre des risques, de la recherche dans l’émergence d’inventions susceptibles d’être exploitées, et du crédit. Elles dépendent en aval de la propension des individus à recevoir l’innovation (pour les produits nouveaux), donc de leurs goûts et habitudes. Ces conditions rendent compte de la réalisation, de la vitesse et de l’étendue de la diffusion. C’est donc le jeu innovation-monopole temporaire-imitation qui assure la croissance économique et le bouleversement perpétuel des positions établies.

L’activité cyclique se déroule de la façon suivante : la phase d’expansion s’explique par les profits qui engendrent une hausse des investissements et de la demande, sous l’effet des grappes d’innovation. Dans un premier temps, les crédits accordés vont provoquer une inflation des biens de production puis de consommation. Ensuite, la quantité additionnelle de biens engendre la déflation, accentuée par le remboursement des crédits annonçant la dépression. Les possibilités de profit se raréfient, les faillites apparaissent. Le phénomène d’imitation entraîne une saturation des marchés et une baisse de la rente monopolistique, donc une réduction de l’investissement suivie d’une baisse de l’activité. La crise ne pourra être dépassée que par d’autres vagues d’innovations. C’est le mécanisme décisif de l’activité cyclique qui implique un processus de destruction créatrice. (D’où notre attention accrue aux effets de l’Intelligence Artificielle).

L’expansion dépend de la diffusion et de l’assimilation des nouvelles conditions d’activité. La dépression correspond à une période de disparition des structures productives en excès et des dettes, et à la gestation de nouvelles innovations. Pour Schumpeter, la durée de chaque cycle correspond à l’importance des innovations et leurs effets d’entraînement.

Le progrès technique n’est pas un flux continu et les cycles obéissent à des mécanismes autorégulateurs. Il se diffuse de manière périodique par vagues à partir de certains secteurs et certains lieux.

Comment faire pour se « préparer », (le recruteur préfèrerait que vous n’en fissiez rien… mais, vous n’êtes pas non plus obligé d’être naïf !).

  • Bien préparer CV + lettre de motivation personnalisée et entretien.
  • Travailler son profil LinkedIn.
  • Préparer ses 3 premières minutes (une présentation générale avec son parcours de manière synthétique, ses compétences fortes).
  • Une réelle motivation.
  • Une posture positive et gagnante.
  • Réfléchir à vos points forts et vos axes de progrès, (cf. exercice AEC M1 doc 1).
  • Réfléchir à des situations pros en fonction de vos réponses.
  • Bien se renseigner sur le groupe.
  • Beaucoup de sincérité et de transparence lors de l’entretien.

Pour conclure, Valérie nous remercie pour la qualité des échanges, l’intérêt des questions posées, et accepte le principe d’une réception de sa stagiaire en césure : l’accueil de stagiaires sur des thèmes en rapport à l’évolution professionnelle/réinsertion est devenu un point fort de BCN. On se souvient de l’intervention de Ghislaine Le B., l’an dernier.

  • Les ateliers proposés par Hélène.

Conformément à sa présentation de l’assemblée Générale, Hélène a avancé rapidement sur ses 2 ateliers : elle met actuellement la touche finale à sa formation LinkedIn avec le cabinet Evolve Formation.

En parallèle, Hélène se propose d’animer les fiches « carré d’As », alias Fiches marketing, alias Volet « Nos compétences » du blog.

1er défi : Faire émerger son projet professionnel – bien le concevoir.

 

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2è défi : En donner, avec ses mots et en quelques minutes, une idée claire et percutante

  • BCN a mis en place des Ateliers Emplois Compétences – A.E.C. pour travailler le 1er
  • Le 2ème est proposé depuis 2014 –  Groupe de parole BCN  &   Appui de l’APEC 
    • Un outil apprenant ! Du besoin est né le support, la fiche marketing
    • Travailler ses mots-clés.
    • Se préparer à la prise de parole « minute » et à l’exercice percutant du pitch
    • S’entraîner dans la perspective des entretiens
    • Mieux se connaître et s’entraider : faciliter les mises en contact, faire découvrir un aspect de son métier, d’une expérience, se donner entre nous un retour de compréhension sur sa présentation, …

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Bien entendu, l’implication et l’engagement d’Hélène dans cette action appellent de la part de nos adhérents l’effort équivalent en termes d’assiduité et d’implication ! Nous cultivons ici l’adage : « Aide-toi, le ciel t’aidera ! ».

Le printemps qui s’annonce va nous poser quelques soucis de coordination entre les différents ateliers : il faut d’abord le considérer comme un luxe de riche ! Ne pas pouvoir  « tout faire à la fois », revient à dire qu’il faut prioriser, parce que le catalogue est trop copieux. Un coup d’œil à l’agenda :

IV. L’Agenda.

– prochaines échéances : 25/02 Atelier Hélène V. Fiche marketing, 1ere session.

27/02 : Atelier Hélène T. / Antoine : AEC classique

4 Mars, soirée Fava / 4 et 5 Mars formation Tuteur Service Civique

10 Mars : 2e session Hélène V., fiches Marketing.

12 Mars : Marketing « Pensons Design » à Nicéphore Cité.

13 Mars  : Agriculture connectée à Nicéphore Cité.

19 Mars : Plénière BCN.

25 Mars : Conférence Jérôme sur le réchauffement. Campagne blog et print à lancer.

-30 Mars : Journée Garantie Jeunes à la Mission Locale de Beaune.

9 & 10 Avril : Salon du Bien Vieillir, contact Antoine pour prise RDV.

16 Avril : Forum des Cadres Pôle Emploi, Salle Devosge.

17 Avril : Masterclass Start-up Le C.I.R. à Nicéphore Cité.

L’ours.

Grizzly

Culture - Loisirs - Histoire

Cette légende aborigène d’il y a 37 000 ans pourrait être la plus vieille histoire du monde.

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En Australie, le peuple Gunditjmara raconte qu’un géant s’est transformé en volcan. Selon les scientifiques, l’éruption remonterait à 37 000 années, ce qui donnerait certains fondements à la légende et en ferait la plus ancienne histoire du monde.

C’est une légende racontée par le peuple aborigène Gunditjmara, de génération en génération. Dans le sud-est de l’Australie, quatre géants sont partis explorer l’île-continent sauf un, qui est resté sur place, où il s’est transformé en volcan. On dit qu’il a même craché ses dents, des roches formées de lave… Aujourd’hui éteint, ce volcan porte le nom de Budj Bim. Il est situé à l’ouest de Melbourne, dans l’État de Victoria.

Des géologues viennent de découvrir que cette légende aborigène ne serait peut-être pas dénuée de fondement et qu’elle serait peut-être née à la suite d’une éruption remontant à quelque 37 000 ans… Ce qui en ferait l’histoire la plus ancienne du monde.

La création des volcans.

Le géologue Eric Matchan et son équipe, de l’université de Melbourne, ont cherché à percer le mystère de cette légende. Ils ont publié leurs résultats dans la revue scientifique GeoScienceWorld. Les chercheurs ont étudié des roches volcaniques du volcan Budj Bim et d’un autre appelé Tower Hill, situé à 40 kilomètres du premier.

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Avec les toutes dernières techniques de datation, ils se sont rendu compte que les deux volcans se sont formés il y a environ 37 000 ans. Selon Matchan, il est possible que les deux monts aient surgi et grandi de plusieurs dizaines de mètres en quelques jours à quelques mois.

Les scientifiques sont en tout cas en mesure d’affirmer que le Budj Bim et le Tower Hill se sont formés après une rapide série d’éruptions. Mais difficile d’établir si la légende est réellement racontée et transmise depuis aussi longtemps. Les traces humaines les plus anciennes retrouvées dans cette région ne remontent pas à plus de 13 000 ans environ.

Mais Eric Matchan affirme que dans les années 1940, des archéologues ont rapporté une hache en pierre, trouvée près de l’ancien volcan de Tower Hill. La hache étant enfouie sous les roches volcaniques, ce qui tend à prouver que des êtres humains vivaient dans la région avant l’éruption.

Ne pas confondre légende et réalité.

Selon les géologues, les soudaines éruptions ont vraisemblablement beaucoup impressionné les populations de l’époque, déclenchant peut-être l’histoire de quatre géants. « Il n’y a pas eu d’autres grandes éruptions volcaniques dans cette région dans les années qui ont suivi, et qui auraient pu inspirer ces histoires », explique Eric Matchan.

Ce n’est pas la première fois que les contes aborigènes sont considérés comme les plus anciens du monde. En 2015, le géographe Patrick Nunn, travaillant pour l’université de la Sunshine-Coast en Australie, a écrit une étude suggérant que certaines histoires racontées par les peuples autochtones de l’île-continent, notamment celles évoquant une montée des eaux, pourraient dater d’environ 7 000 ans.

Les scientifiques suggèrent un possible lien entre des légendes anciennes et des événements géologiques attestés, mais ils invitent toujours à traiter ce genre d’hypothèse avec prudence, comme Eric Matchan : « Nous ne prétendons pas que l’histoire de Gunditjmara est réelle ni aussi ancienne. »

Cela ne vous rappelle rien ?

L’histoire et l’étude de la cosmogonie sont émaillées de coïncidences, – ou si l’on préfère, de rapprochements chronologiques – tout à fait célèbres. Laissez-moi vous en rappeler deux, qui n’ont pu échapper à votre sélective mémoire judéo-chrétienne…

Le jour où le Christ a rendu l’âme, crucifié lors de la Pâque Juive au Golgotha, à Jérusalem, les témoins ont relaté qu’un orage d’une violence extrême s’est abattu sur la cité, « au point que tout l’horizon en fut durablement obscurci ».  Cet événement a bien eu lieu, on en a retrouvé la trace, et c’est d’ailleurs lui qui a permis de dater avec précision la Passion du Christ, malgré les imprécisions du calendrier julien…

Plus près de nous, en 1066, se déroule la célèbre bataille d’Hastings, qui consacre la victoire finale de Guillaume Le Conquérant, et lui confère la couronne d’Angleterre. Cet événement a été retranscrit « à la main » sur une tapisserie monumentale (plus de 70 mètres de bande dessinée en continu) par l’épouse de Guillaume, la Reine Mathilde. Cette tapisserie est toujours visible au Musée du Baron Gérard de Bayeux, où elle a fait d’une restauration importante, et d’une nouvelle mise en scène, destinée à mieux la protéger ; bien, me direz-vous, mais quel rapport avec le sujet ? Eh bien, figurez-vous que sur cette tapisserie d’âge canonique apparaît la Comète de Halley, que les compagnons avaient remarquée au-dessus de leurs têtes durant toute leur héroïque traversée de la Manche.

Paru dans ouest-France

Grizzly

L’Ours.

 

 

 

 

 

Actualités & News·Société

14 FEVRIER : La ST-VALENTIN, Fête Commerciale ou occasion de célébrer L’AMOUR ?

Valentine

« L’origine réelle de cette fête est attestée au XIVe siècle dans la Grande-Bretagne encore catholique où le jour de la Saint-Valentin du 14 février était fêté comme une fête des amoureux car l’on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s’apparier1. Restée vivace dans le monde anglo-saxon, comme Halloween, cette fête s’est ensuite répandue à travers le continent à une époque récente. »

C’est ainsi que Wikipédia commence sa page au sujet de la St Valentin. Célébrée dans de nombreux pays, cette fête se décline sous d’autres appellations, à d’autres dates, au Brésil, en Iran, en Israël ou encore en Chine.

Il semblerait par ailleurs que la  version commerciale aurait son origine au milieu du XIXe siècle….aux États-Unis.

A la suite de ce préambule vaguement historique de ma part, je me demande si ce n’est pas la dernière version qui l’emporte de nos jours.

En effet comment échapper toute la semaine dernière aux affiches, bannières, écrans publicitaires, pseudo reportages et annonce en tous genres : Valentine’s day, menu spécial, dessous chics, 20 idées originales pour elle et pour lui, témoignages d’amoureux célèbres ou de citoyens « lambda », week-end spécial St Valentin à prix cassé ou dernière minute, brassées de roses (la rose représente 80% des ventes chez le fleuriste pendant la semaine) jeux coquins, jeux télévisés…….à en avoir la nausée ou le tournis !!!

Et pourtant, si c’était quand même une belle occasion… Avec mon amoureux, nous sommes allés au restaurant, nous avons dégusté le menu spécial et passé une délicieuse soirée. J’ai été touchée par tous ces couples de tous âges autour de nous, du plus jeune au plus âgé. Et il nous est souvent aussi arrivé de fêter la St Valentin chez nous, ou en décalé lorsque les enfants étaient jeunes. Parce que quand même….soyons honnêtes, c’est plutôt agréable de partager ce moment, de se pomponner un peu, de prendre ce temps là justement !

Même si finalement, il nous appartient de décider que des soirées en amoureux, c’est possible toute l’année, sans injonction de consommer, sans le « packaging » affreusement rouge passion par obligation…

A l’instar de la St Valentin, la journée de la femme ne se limite pas au 8 mars,  la lutte contre le cancer n’est pas réservée au 4 février, toutes ces journées internationales ou mondiales ou régionales (les personnes âgées le 1er octobre, le sommeil le 22 mars…….) ne nous dispensent pas de ne plus y prêter attention le reste de l’année, évidemment, quoique….

Le 3 décembre dernier, journée internationale des personnes handicapées, un invité des plateaux de télévision lui-même en situation de handicap et expert dans un domaine dont je ne me souviens pas, a remercié les journalistes de leur invitation et les a poliment informés qu’il était également disponible toute l’année !!!! Façon élégante de rappeler que le handicap ne peut pas se contenter d’une journée par an pour être montré.

Gageons que les amoureux ne se contentent pas de la St Valentin ni d’une rose rouge pour se dire leur amour tout au long des jours, des semaines, des mois, des années.

      Signé : L’Hermine.

Hermine

Economie·Formation et professionnalisation·Société

Société : « Le service civique n’atteint pas ceux qui en ont le plus besoin.

Le service civique, proposé à tous les jeunes de 16 à 25 ans, constitue-t-il , au-delà d’une expérience citoyenne, un tremplin vers l’emploi ? C’est la question posée à Sophie Morlaix, chercheuse à l’université de Bourgogne.

Sophie_Morlaix

Si, globalement, le service civique a « un effet bénéfique sur l’insertion professionnelle » des jeunes, « cela se vérifie surtout auprès des plus diplômés ». C’est ce que constate Sophie Morlaix, enseignante-chercheuse à l’université de Bourgogne, dont le travail de recherche, conduit en Bourgogne Franche-Comté auprès de 783 jeunes, a nourri le rapport qu’elle a remis en 2019 à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep).

Un dispositif qui loupe sa cible.

Avant leur service civique, 7% des jeunes interrogés disposaient d’un emploi.  A l’issue du service civique, ils sont 29% à avoir trouvé un emploi dans la foulée, selon la chercheuse. Le service civique a donc sans conteste « un effet positif entre la situation initiale et finale ». constate Sophie Morlaix. Qui met cependant deux bémols à cette conclusion.

Premier bémol : « Le dispositif n’atteint pas en priorité ceux qui en ont le plus besoin et qui sont d’abord visés ; à savoir les moins diplômés, les inactifs et ceux qui n’ont aucun projet professionnel ». De fait 58% des jeunes qui ont fait un service civique dans l’échantillon étudié, sont diplômés de l’enseignement supérieur.

Deuxième bémol : les moins diplômés (qui n’ont pas le Bac) sont 61% à être demandeurs d’emploi avant le service civique.  « ils restent encore 57% dans ce cas, juste après le service civique et encore actuellement », au moment de l’étude. « L’effet bénéfique sur l’insertion professionnelle n’existe pas, en réalité, pour les jeunes non diplômés », conclut Sophie Morlaix. La situation est toute autre pour les diplômés du supérieur : 44% d’entre eux disposent d’un emploi à l’issue d’un service civique, qui « leur sert à se faire une première expérience professionnelle ».

« Tous semblent y trouver leur compte ».

Malgré ces réserves, la chercheuse constate que les jeunes portent, sur le service civique, « un regard massivement positif ». Tous semblent y trouver leur compte, du moins en partie, et vantent les mérites de cette expérience généralement décrite comme enrichissante, formatrice, voire révélatrice pour certains.

Alexandra CACCIVIO – Le Bien Public du Dimanche 16 Février 2020.

En chiffres : 581€, c’est le montant net, de l’indemnité mensuelle versée aux jeunes en service civique. Peuvent s’y ajouter 119€ pour les boursiers au 5e, 6e, ou 7e échelon.

79000 : c’est le nombre de jeunes qui ont commencé une mission de service civique, en 2017, selon les données de l’Injep. cela représente 10% d’une classe d’âge.

A suivre : Heureux hasard, cette étude est parue à quelques jours de l’analyse N°67 de l’INSEE : ainsi chacun pourra se faire une opinion documentée sur l’emploi des jeunes dans notre région.

 

 

Economie·Pour un meilleur emploi

INSEE Analyses N° 67

 

INSEE_6784 100 jeunes chômeurs ou inactifs en Bourgogne-Franche-Comté : pas ou peu diplômés, souvent au domicile familial 

En Bourgogne-Franche-Comté,84 100 jeunes, soit 20 % de 16 à 29 ans, sont en situation de chômage ou  d’inactivité. Ils sont en grande majorité pas ou peu diplômés. Certains jeunes chômeurs cumulent des  difficultés rendant leur parcours vers l’emploi plus difficile : 2 200 sont en recherche d’emploi depuis plus d’un an, sans expérience professionnelle, ni diplôme. Même si le diplôme augmente les chances d’obtenir rapidement un travail, il ne protège toutefois pas complètement du non-emploi. Les jeunes chômeurs ou inactifs habitent plus souvent chez leurs parents que ceux ayant un emploi. Lorsqu’ils vivent en couple, leur conjoint est une fois sur trois sans emploi. Dans l’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort, la part de jeunes au chômage ou en inactivité est la plus forte. Ce sont aussi les départements de la région dont les contextes socio-économiques sont les plus dégradés. 

Frédéric Biancucci, Régine Bordet-Gaudin (Insee) 

En Bourgogne-Franche-Comté, parmi les jeunes âgés de 16 à 29 ans, 84 140 sont au chômage ou en inactivité en 2016. Ainsi 20 % des jeunes de cette tranche d’âge ne travaillent pas sans pour autant poursuivre des études (figure 1). Cette proportion est cependant parmi les plus faibles de métropole. La région se classe au 5e rang derrière la Bretagne, les Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-France. Ce sont des régions où le marché du travail est globalement moins dégradé : dans ces cinq territoires, le taux de chômage, en particulier celui des 15-24 ans, est inférieur à la moyenne de France métropolitaine (Définitions). Sans qualification, trouver un premier travail et accéder durablement à l’emploi est beaucoup plus compliqué pour les jeunes sortis précocement du système éducatif. Ceux-ci constituent un des publics prioritaires du Pacte régional d’investissement dans les compétences (Pric) (Encadré). Leurs difficultés d’insertion ont une incidence sur leurs conditions de vie à une période où ils cherchent leur autonomie. Elles peuvent remettre en cause leur départ du foyer parental, leur mise en couple, l’arrivée d’un premier enfant. 

INSEE_67_Fig.1

 

I. Une grande majorité de jeunes éloignés de l’emploi pas ou peu diplômés 

Peu de jeunes de 16 à 20 ans sont au chômage ou en inactivité, la plupart étant encore en études (figure 2). Dans la région, la moitié des jeunes chômeurs ou inactifs a entre 20 et 25 ans, population qui peut bénéficier d’un accompagnement global vers l’insertion professionnelle et sociale de la part des Missions Locales (Encadré). Un tiers a au moins 26 ans, âges ciblés par la mise en place de projets professionnels.

Les jeunes chômeurs ou inactifs sont, en grande majorité, pas ou peu diplômés : plus d’un tiers d’entre eux n’ont aucun diplôme et un quart dispose d’un CAP/BEP. Dans la région, comme en France, débuter dans la vie active est plus difficile pour les jeunes faiblement diplômés. En 2018, sept mois après la fin d’un cursus de formation professionnelle, à peine 68 % des diplômés d’un CAP en Bourgogne-Franche-Comté ont un emploi. Ce taux d’emploi atteint 86 % pour les titulaires d’un Deug, BTS, DUT ou DEUST et 89 % pour ceux encore plus diplômés. Ainsi, la possession d’un diplôme augmente les chances d’accéder rapidement et à l’emploi. Cependant, elle ne préserve pas complètement du chômage ou de l’inactivité : 16 % des jeunes au chômage ou en inactivité sont titulaires d’un diplôme d’études supérieures. 

INSEE_67_Fig.2

II. Jeunes en chômage : les trois quarts ont déjà travaillé

La grande majorité des jeunes sans emploi et ne poursuivant pas d’études sont en situation de chômage (70 %). Ils ont, alors pour la plupart, déjà travaillé et sont moins soumis au chômage de longue durée : 31 % sont au chômage depuis plus d’un an contre 44 % pour l’ensemble des chômeurs de la région. Néanmoins, certains jeunes sont au chômage de longue durée dès leur entrée dans la vie active : un quart n’ont aucune expérience professionnelle. 

Dans la région, un peu plus de 10 % des ont un niveau de diplôme plus élevé que les jeunes au chômage pourraient rencontrer des difficultés accrues dans leur recherche d’emploi. Ils sont à la fois non-diplômés et  recherchent un emploi depuis plus d’un an. Cette situation de forte vulnérabilité sur le marché du travail pourrait être accentuée pour 4 % des chômeurs (2 190) qui cumulent ces deux difficultés et l’absence d’expérience professionnelle. 

III. Les jeunes femmes plus souvent sans emploi, davantage au foyer.

Les jeunes éloignés de l’emploi sont en majorité des femmes. Celles-ci sont en effet plus fréquemment touchées par le chômage ou l’inactivité que les hommes ; 21 % des femmes de 16 à 29 ans de la région contre 18 % des hommes. Les femmes concernées ont un niveau de diplôme plus élevé que les hommes et elles sont en moyenne plus âgées. À partir de 26 ans, elles sont plus souvent en situation d’inactivité, fréquemment femmes ou mères au foyer.

IV. Les hommes plus souvent chez les parents, les femmes davantage en couple 

Compte tenu notamment de leurs difficultés financières et de logement liées à leur situation de non-emploi, les jeunes chômeurs ou inactifs ont moins souvent leur indépendance résidentielle que les actifs en emploi de leur âge (figure 3).

INSEE_67_Fig.3
 Ils habitent plus fréquemment avec leur mère et/ou leur père : 42 % contre 27 % chez les jeunes qui travaillent. À partir de 26 ans, ils sont encore plus de 20 % à cohabiter avec au moins un parent, alors que leurs homologues ayant un emploi ne sont que 10 % dans cette situation. Si certains d’entre eux ne sont jamais partis vivre ailleurs, d’autres sont revenus habiter au foyer parental par nécessité, n’ayant plus les moyens de conserver leur propre logement. En France, en 2014, 14 % des jeunes chômeurs ou inactifs vivent chez leurs parents après être partis une première fois. 

Ces retours se produisent notamment à la fin de leurs études, à leur entrée sur le marché du travail ou suite à un accident de la vie (perte d’emploi, rupture amoureuse…). Un tiers des jeunes chômeurs et inactifs vivent en couple, le plus souvent avec au moins un enfant. Les hommes n’ont pas le même mode de vie que les femmes. Entre 20 et 25 ans, les jeunes hommes au chômage ou inactifs de la région habitent en grande majorité avec au moins un de leurs parents. Les jeunes femmes, en revanche, sont beaucoup plus fréquemment en couple. Cet écart persiste avec l’âge même s’il s’atténue. Entre 26 et 29 ans, un tiers des hommes cohabitent encore avec au moins un parent. Les femmes, pour la plupart, partagent leur vie avec leur conjoint et 13 % sont à la tête d’une famille monoparentale. Les mères seules ont le plus souvent un enfant à charge. Dans trois cas sur dix, elles élèvent deux enfants. .

V. Le niveau social de l’entourage pourrait limiter le soutien à ces jeunes 

Au total, trois quarts des jeunes chômeurs ou inactifs habitent avec leur conjoint ou avec au moins un de leur parent. Cela favorise l’aide financière, matérielle ou morale dont ils peuvent avoir besoin au quotidien. Ce soutien peut être cependant plus ou moins important compte tenu notamment de la situation sociale et professionnelle des personnes qui les entourent. Le soutien familial peut être en particulier limité lorsque les parents sont confrontés, eux aussi, à des difficultés professionnelles et sociales. Ainsi, parmi les jeunes chômeurs ou inactifs vivant avec leur père et leur mère, près de 20 % ont leurs deux parents qui ne travaillent pas (figure 4) ; le plus souvent, l’un est à la retraite, l’autre est au foyer. Néanmoins, la moitié des jeunes ont une situation a priori beaucoup plus favorable : leurs deux parents ont une activité professionnelle. Ils sont souvent ouvriers ou employés. Dans seulement un cas sur dix, leurs deux parents ont même un niveau social plus élevé : ils sont cadres ou exercent une profession intermédiaire. 

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VI. Vie en couple : dans un cas sur trois, le conjoint est aussi sans emploi 

Les possibilités d’aide peuvent être réduites également pour les jeunes chômeurs ou inactifs vivant en couple : lorsque le conjoint, aussi, n’a pas d’emploi, ce qui est le cas pour un tiers d’entre eux. Celui-ci est alors très souvent au chômage. Toutefois, dans la majorité des foyers, le conjoint a un emploi à durée indéterminée. Les jeunes femmes éloignées de l’emploi ont, dans les trois quarts des cas, un conjoint qui travaille, souvent comme ouvrier. Cela est moins vrai pour les jeunes hommes non insérés : leur compagne a un emploi dans seulement un cas sur deux. Elle exerce alors davantage une profession intermédiaire ou de cadre. 

VII. Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs ne résident pas avec un conjoint ou un parent

Un quart des jeunes chômeurs ou inactifs vivent dans d’autres conditions : 5 % sont à la tête d’une famille monoparentale, 10 % habitent seul et autant sont en colocation ou hébergés dans une communauté (établissement médico-social, foyer étudiants…). Cela ne signifie pas qu’ils soient isolés socialement et qu’ils ne bénéficient pas du soutien de leur famille. En France métropolitaine, les jeunes au chômage ou inactifs qui ont quitté le domicile parental reçoivent plus fréquemment une aide de leurs parents, de leur famille ou de leurs amis que ceux ayant un emploi ; il peut s’agir d’une aide financière, matérielle (repas, lessives, garde d’enfants…) ou d’un soutien moral. Entre 18 et 24 ans, ils sont 11 % à bénéficier d’une aide financière qui participe par exemple au paiement du loyer ou des courses, contre 6 % parmi ceux ayant un emploi. Entre 25 et 29 ans, ils sont encore 9 % à disposer de cet appui (source Enquête Logement 2013). 

L’Yonne, la Nièvre et le Territoire de Belfort : des jeunes plus souvent en situation de chômage ou d’inactivité 

Près de 60 % des jeunes au chômage ou en inactivité, soit 47 900, résident dans un des trois départements les plus peuplés de la région : dans le Doubs, en Côte-d’Or ou en Saône-et-Loire (figure 5). Toutefois dans les deux premiers, leur part parmi l’ensemble des jeunes est relativement faible puisqu’ils accueillent de nombreux étudiants notamment à l’université de Besançon et de Dijon. Dans le Grand Besançon Métropole et Dijon Métropole, les jeunes chômeurs sont davantage titulaires d’un diplôme d’études supérieures. Un certain nombre d’entre eux, fraîchement diplômés, ont terminé leurs études dans ces territoires et sont en quête d’un premier emploi. D’autres sont venus s’y installer, attirés par les opportunités d’emplois qu’offrent ces grands pôles d’activité.

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Dans l’Yonne, la proportion de chômeurs et d’inactifs parmi les 16-29 ans est la plus forte. Elle atteint 30 % dans l’agglomération migennoise. Elle est également élevée dans celles de Joigny, Sens, Tonnerre (figure 6). La moyenne d’âge de ces jeunes est faible, 20 % n’ayant pas plus de 19 ans et ils sont davantage non diplômés que dans les autres départements. La part de jeunes chômeurs ou inactifs est également importante dans la Nièvre. Ce département est marqué par les difficultés économiques et l’ensemble des actifs est plus fortement touché par le chômage. La proportion de jeunes éloignés de l’emploi est importante dans les intercommunalités du Tannay-Brinon-Corbigny et du Haut-Nivernais, espaces peu denses où les jeunes sont, de plus, distants des structures de formation, de santé et des espaces culturels. Elle est également élevée dans le sud nivernais notamment à Decize. Dans le Territoire de Belfort, département plus industrialisé et très touché par la crise économique, les jeunes sont également fréquemment en situation de non-emploi. Ceux-ci, tout comme ceux travaillant, sont davantage diplômés du supérieur qu’en moyenne dans la région. En revanche le Jura se distingue par une proportion de jeunes au chômage ou inactifs inférieure à la moyenne régionale. C’est le département où les jeunes sont le plus souvent en emploi et où le taux de chômage des 15-24 ans est le plus bas de la Bourgogne- Franche-Comté.

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Définitions

 Les jeunes au chômage ou en inactivité sont comptabilisés à partir du recensement de la population. Dans cette étude, ce sont des personnes qui ont déclaré, lors de l’enquête de recensement, être au chômage, femme ou homme au foyer ou être dans une autre situation d’inactivité notamment d’incapacité de travailler pour raison de santé ou de handicap. Les jeunes s’étant déclarés en études (élève, étudiant) ou en stage non rémunérés ne sont pas considérés, dans l’étude, comme des inactifs. 

 Le taux de chômage est celui défini au sens du Bureau international du travail (BIT) : c’est le nombre de chômeurs rapporté à l’ensemble de la population active (somme de la population en emploi et au chômage). 

Pour en savoir plus 

  • « Insertion dans la vie active des lycéens et des apprentis – Bourgogne-Franche- Comté – Enquêtes 2018 », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, octobre 2019. 
  • Bordet-Gaudin R., Lèbre P-S., « Un quart des jeunes vivent dans des territoires distants des services favorisant leur insertion sociale et professionnelle », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 27, février 2018. 
  • « La jeunesse en Bourgogne-Franche-Comté » : sélection d’indicateurs », Emfor Bourgogne-Franche-Comté, décembre 2019. 
  • Pouliquen E., « Depuis 2000, la part des 18-29 ans habitant chez leurs parents augmente à nouveau », Insee Première n° 1686, janvier 2018. 

Source : INSEE Bourgogne Franche-Comté.

 

Nos projets·Recherche digitale·Revue de Presse

Linkedin : perte de temps ou pari d’avenir ?

IL Y A PLUS de 673 millions d’utilisateurs sur Linkedin, mais « la plupart des gens ont un compte parce qu’on leur a dit qu’ils devraient ou qu’ils ont besoin d’en avoir un — ils ne l’utilisent jamais ou ne le mettent pas à jour », a déclaré Andrew Selepak, directeur du programme d’études supérieures en médias sociaux à l’Université de la Floride.

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Perte de temps.

Au cours des dernières années, Linkedin est devenu un outil de frustration dans la stratosphère des médias sociaux : Ce n’est pas amusant ou convivial, c’est un peu laid, et le site s’est embourbé dans les demandes de connexion spam et les tentatives des utilisateurs de commercialiser des produits « par rapport à l’établissement de relations, comme prévu », a déclaré Lewis Goldstein, président de Blue Wind Marketing. « Je reçois plusieurs messages par jour de gens qui essaient de me vendre quelque chose sans même avoir de conversation. »

Le site peut également encourager les postures. Il est malhonnête d’accepter chaque demande de connexion et de se vanter ensuite de vos vastes réseaux d’affaires alors que ces réseaux donnent en fait peu d’activité et peu d’interactions. « La plupart des gens ont rarement du contenu professionnel à partager — nous changeons d’emploi si souvent ou nous apparaissons dans des publications nationales ou nous venons d’obtenir de nouveaux diplômes », a déclaré M. Selepak. C’est probablement pourquoi les utilisateurs ne passent environ 17 minutes par mois sur Linkedin par rapport à 35 minutes par jour sur Facebook, a-t-il ajouté.

Linkedin peut être un excellent endroit pour trouver des adresses e-mail ou, si vous embauchez, pour parcourir les curriculum vitae avec peu d’effort, mais les gens ont tendance à laisser leur profil s’atrophier, a déclaré M. Selepak. De plus, il y a toujours le risque qu’ils soient avisés que vous les harcelez sur Linkedin.

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Pari sur l’avenir. 

Lorsque le Dr. Bill  Schindler a créé pour la première fois un profil Linkedin, il ne l’a fait que pour permettre à  ses étudiants de puiser dans ses contacts et ses liens afin d’y chercher des stages et des emplois. Mais lorsqu’il a voulu purger les demandes de connexion parvenues en 2015, le professeur agrégé d’anthropologie et d’archéologie au Washington College à Chestertown, dans le Maryland, est tombé sur un message d’un directeur de casting au réseau National Geographic.

« Je pensais que c’était une blague, mais j’ai décidé de l’appeler », a-t-il dit. « Quatre mois plus tard, je me suis retrouvé dans la savane africaine entourée d’une équipe de tournage. » Le spectacle, « The Great Human Race », a débuté en février 2016.

Son histoire est peut-être rare, mais à tout le moins, Linkedin permet aux gens de communiquer avec d’autres dans leur secteur économique ; c’est un curriculum vitae vivant et numérique que vous pouvez envoyer à des employeurs potentiels et un outil utilisé par les recruteurs pour trouver de meilleurs candidats. Il s’agit également d’une plateforme de marque personnelle où vous pouvez vous distinguer en tant que leader de la pensée dans votre industrie, a déclaré Aliza Licht, consultante numérique et auteure de « Laissez votre marque », un guide de carrière pour l’ère des médias sociaux.

Il ne suffit pas d’avoir un profil. « Il est essentiel d’être présent sur Linkedin », a déclaré Mme Licht. Vous devriez afficher régulièrement du contenu pertinent pour votre carrière — innovations de votre employeur, offres d’emploi dont vous avez entendu parler, changements dans l’industrie que vous avez observés — sur son fil de la page d’accueil, comme vous le feriez sur Facebook. « C’est une excellente façon de voir votre point de vue, vos valeurs et vos réalisations », a-t-elle dit, ce qui augmente la probabilité d’établir des liens et de trouver des occasions.

Témoignages brefs : Avez-vous trouvé Linkedin utile ou inutile?

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 « En tant qu’ancien vice-président des ventes et maintenant recruteur exécutif, je peux vous dire que Linkedin est une plateforme formidable pour identifier les bons candidats pour vos équipes et rester en contact avec votre réseau. Et, bien qu’il ne soit pas nécessaire de passer 35 minutes par jour sur Linkedin, les 17 minutes que les gens passent chaque mois à tenir leur profil à jour et à rester connectés sont très précieuses. Et en rejoignant certains groupes et forums, vous pouvez suivre les nouvelles des anciens élèves ou des informations précieuses de l’industrie.

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 « J’ai essayé Linkedin ainsi qu’un groupe de chasseurs de têtes professionnels. Chacun était utile à sa façon, mais n’a pas toujours donné de résultats. Le meilleur, c’est ce lien personnel. Si vous connaissez quelqu’un qui a une entrée quelque part, c’est la solution.» — Susan Booz

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 « Contrairement à Facebook, où je me rends rarement, j’utilise Linkedin. Je n’ai pas à passer beaucoup de temps à lire des bêtises. Il suffit d’un instant pour faire un scan pour savoir ce que fait quelqu’un. Je l’appellerais « l’anti-Facebook » — William Ramshaw

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« Dans certaines professions et industries, Linkedin est formidable. En tant que rédactrice technique dans l’industrie des logiciels et des TI, Linkedin est devenue ma principale source de pistes d’emploi. Beaucoup de recruteurs techniques semblent utiliser la fonction de recherche de Linkedin pour trouver un bassin de candidats qualifiés. Et les demandes que je reçois sont nationales, pas seulement locales ou régionales.» — Roland Winkler

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 « La plus grande valeur que je reçois de Linkedin, c’est lorsque j’examine des partenaires commerciaux potentiels. Plus souvent qu’autrement, je trouve un profil de Linkedin qui contredit ce qu’ils m’ont dit au sujet de leur expérience et de leurs qualifications. Le profil le plus utile était celui d’un « expert en production d’énergie de remplacement » qui a affirmé avoir une vaste expérience de l’élaboration de projets énergétiques de l’ordre de 100 à 300 millions de dollars. Selon leur profil Linkedin, leur entreprise était en fait inexperte dans ce domaine, et cherchait seulement à se diversifier.

Article paru dans le Wall Street Journal du 15/01/2020.

Ashley Mateo

L'éditorial

L’Édito de février.

Est-ce qu’il vous arrive parfois, à l’orée d’un mois de 29 jours, de vous demander de quoi celui-ci sera fait ? Pour ce qui concerne l’association BCN, je me suis livré à l’exercice ce matin, il est édifiant !

février_2020

Le 2 Février : Chandeleur : penser à faire des crêpes.

Le 4 février de 14 heures à 19 heures, une série de conférences à la Maison Régionale de l’Innovation organisée par le cluster Bourgogne Franche-Comté Numérique (lien ci-dessous ) :

https://www.bfcnumerique.fr/agenda/evenements-a-venir.html

(Tramway => Quétigny : arrêt Mazen Sully). Entrée gratuite, mais inscription obligatoire.

Le 5 février, il n’est pas trop tard pour s’inscrire à la formation Nicéphore Cité (en tant qu’adhérent BCN) à l’atelier « Mise en place d’un ERP » ou progiciel de gestion intégré. Un second atelier sur ce thème  le 11 mars prochain.

https://www.choisirmonerp.com/erp/definition-d-un-erp

Le 6 février, présentation de notre nouveau cycle « Ateliers Emplois Compétences » : la formule mise en place en 2017 est reconduite sur la base d’une nouvelle  convention avec nos amis de Cesson, mais elle évolue grâce aux apports d’Hélène T., et à la base documentaire constituée en 2019, sur le numérique notamment. Nous sommes en cours de recrutement d’un.(e) jeune volontaire en Service Civique pour nous épauler sur ce plan.

Le 7 février : avancement du projet de conférence BCN sur « Comment lutter contre le réchauffement climatique ? ». L’objet est de choisir la cible, l’endroit, les modalités, l’horaire, ainsi que la manière d’informer un large public de cet événement.

En parallèle, les expertes RH du bureau de BCN travaillent à jeter les bases du projet « Carrédas », c’est-à-dire la matrice croisée Atouts/Expérience/Projets/Compétences. Notre projet est d’injecter « en direct » des travaux pratiques sur ce thème dans les ateliers.

Le 10 février : BCN propose ses services de Simulations d’entretien à Pôle-Emploi Beaune (contact : Mme Béatrice Certain, suite au Salon « Mes Atouts, mes Projets de Beaune).

Le 13 février : « L’Ordinateur quantique » à Nicéphore Cité, au Meet-Up de l’Innovation #9. Et à partir de 10 h 30, au même endroit le rendez-vous territorial de Bourgogne Franche-Comté Numérique.

Session N°2 du Module AEC.

Le 14 février : N’oubliez pas la Saint-Valentin !

Le 18 février : BCN rencontre Pôle-Emploi Quétigny, afin de partager nos pistes de coopération, et les actions de développement concertées à enclencher dès maintenant.

Le 18 février : « La Transformation de la Relation Client », toujours à Nicéphore Cité. Cette fois encore, priorité au co-voiturage ! Il s’agit d’un Atelier Numérique, donc en lien avec ceux qui concernent la Mise en place de l’ERP. Beaucoup d’exploitants (informaticiens, producteurs, commerciaux) sont impactés par ce sujet.

Le 20 février : Plénière N°122. Nous recevons Valérie, consultante Recrutement d’Orange NE : son témoignage portera sur les éléments utilisés pour élaborer un profil-type d’un poste à combler, et de quels éléments le recruteur dispose après la batterie de tests que le candidat remplit en ligne avant l’entretien.

Le 27 février : Poursuite du Module AEC.

Conclusion : Pour celles et ceux qui sont malades avec les crêpes ou les pommes d’amour, pas de panique, les huîtres et les moules sont parfaitement saines pendant les mois en -r : janvier, février, mars, avril, septembre, octobre, novembre, et décembre.

L’Ours.

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Développement personnel·Management

Le brainstorming comme équilibre.

Des idées créatives peuvent émerger de l’opposition entre la stimulation et le calme, la connectivité et l’isolement. 

Brainstorming

Par Laura Entis Illustration par Giacomo Bagnara

Écrivain indépendant qui a récemment publié un livre sur l’honnêteté, Judi Ketteler mène une vie bien remplie. Ses journées sont consacrées à engager – avec sa famille, un grand cercle social animé et les personnes dynamiques qu’elle interviewe pour le travail – des interactions qui l’exposent à un flux constant de nouvelles informations.

Les percées arrivent généralement pendant les heures précieuses de son emploi du temps au cours desquelles elle est seule, sans lien du monde extérieur à sa propre tête. «Je cours, c’est à ce moment que je pense à 90% de mes idées», dit-elle. 

Les derniers kilomètres de ces courses sont une course contre la mémoire ; elle est stimulée par la peur d’oublier quelque chose de vraiment bien. Dès qu’elle rentre à la maison, elle écrit tout sur des bouts de papier et un crayon – sélectionnés pour leur capacité à «transpirer» – avant de se doucher. Plus tard, elle transférera tout cela dans son agenda. 

La course à pied n’est, bien sûr, qu’une méthode pour dénicher de nouvelles idées et lignes directrices ; il existe un nombre vertigineux de façons de réfléchir. Cependant, décortiquez les détails de toute stratégie unique et vous trouverez probablement le même fondement : une interaction entre la stimulation et la quiétude. 

L’Universitaire oppose.

Les universitaires divisent la résolution de problèmes et la génération d’idées en deux camps généraux: le travail individuel et la collaboration. Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients.

Sans contrainte de jugement et de pensée de groupe, le fait que les employés travaillent séparément puis mettent en commun leurs solutions se traduit généralement par plus de créativité et d’options. Mais le travail en solo peut également être truffé d’angles morts – sans le filet de sécurité d’une variété de perspectives, il est facile de descendre dans des trous de lapin improductifs.

La collaboration, quant à elle, permet «une division du travail plus efficace», explique Ethan Bernstein, professeur agrégé à la Harvard Business School. Travaillant en groupe, «nous profitons des expériences des autres et pouvons obtenir une meilleure réponse plus rapidement», une aubaine particulière dans un monde complexe qui nécessite plusieurs niveaux d’expertise. Mais la collaboration peut conduire à la conformité ; lorsque les membres du groupe sont en dialogue constant, le nombre d’idées uniques diminue et le consensus est souvent atteint plus tôt qu’il ne devrait l’être, dit Bernstein.

Mais le pendule professionnel est passé du travail individuel à une connectivité constante.

Au cours des dernières décennies, alors que les outils de communication en temps réel ont évolué et que les smartphones nous permettent de ne jamais nous déconnecter, le pendule professionnel s’est éloigné du travail individuel vers une connectivité constante. « Peut-être que nous trouvons du temps dans la voiture silencieuse pour débrancher et cela fait vraiment du bien », dit Bernstein. « Mais ces moments sont moins nombreux et plus éloignés. »

Les recherches de Bernstein suggèrent qu’il est possible d’exploiter «le meilleur des deux mondes» grâce à un processus qu’il appelle «collaboration intermittente». Dans une série d’études, les chercheurs ont divisé les participants en groupes chargés de résoudre un problème dans l’une des trois conditions suivantes :

1) chaque membre du groupe travaillait dans un isolement complet.

2) les membres collaboraient en continu.

3) les membres interagissaient par intermittence.

Les groupes de la première catégorie ont produit le plus grand nombre de solutions uniques, bien que la qualité moyenne de chaque idée individuelle soit faible. Les groupes de la deuxième catégorie ont produit moins de solutions, mais ont maintenu une moyenne unitaire plus élevée. Bernstein et ses co-auteurs ont écrit  Les Groupes de la troisième catégorie ont su «préserver suffisamment  d’ isolement a pour trouver les meilleures solutions au moins aussi souvent que les groupes sans interaction, mais aussi une collaboration suffisante pour maintenir une qualité moyenne équivalente élevée de la solution par rapport aux groupes avec une interaction constante ».

Au lieu de se ruiner les unes les autres, les périodes de concentration individuelle entrecoupées de phases de collaboration intermittente se sont servi de compléments, créant un rythme propice aux percées.

Pour les managers et les équipes, la leçon à retenir est claire: une structure qui permet des périodes de collaboration et des périodes de travail individuel ininterrompu peut stimuler la créativité et la productivité.

Une structure qui permet des périodes de collaboration et des périodes de travail individuel ininterrompu peut stimuler la créativité et la productivité.

Pour les particuliers, il existe également des perspectives potentielles. À travers l’objectif de cette recherche, la stratégie de surcharge d’informations, dans laquelle Judi Ketteler,  absorbe un flot de données sensorielles suivies d’étirements réguliers de solitude, ressemble à une version personnelle de la collaboration intermittente.

Lorsqu’elles sont examinées de près, de nombreuses techniques de remue-méninges exploitent une certaine version de la collaboration intermittente, ou peut-être plus précisément, la stimulation intermittente. Le designer et auteur Kelli Anderson trouve l’inspiration dans toutes sortes d’endroits : conversations avec des amis, exposition à de nouvelles textures et matériaux, interactions sur les réseaux sociaux. «Il ne faut pas beaucoup d’étincelle pour allumer une idée ou une direction», dit-elle.

Elle recherche activement des contributions diverses, conservant son flux Twitter pour s’étendre au-delà de sa bulle professionnelle. Outre d’autres designers et artistes, Kelli Anderson suit des bibliothécaires, des historiens du graphisme, des galeries d’art universitaires, des magasins spécialisés (comme le Cabinet Magazine ) et des gens qui, en général, «défient mes goûts et sont un peu décalés… vous Je ne sais jamais vraiment ce qu’ils vont publier». Parce qu’une grande partie de son travail est interactive, elle a également commencé à suivre des magiciens, ainsi que les personnes responsables de la planification des expositions à l’Exploratorium et aux musées des sciences.

Quand elle tombe sur quelque chose qui incite à une forte réaction, elle en prend note pour plus tard utiliser le système de conception numérique Dropmark, un bon outil « pour élaborer des idées à moitié cuites et publier des choses qui, selon vous, pourraient mener quelque part ».

Il ne faut pas beaucoup d’étincelle pour allumer une idée ou une direction.

Quelle que soit la source d’inspiration, «j’essaie de ne pas trop l’analyser», dit-elle. «Pour être artiste et designer, il faut faire confiance à ces sentiments. C’est une chose pure. »Plus tard, lorsqu’elle aura du temps seule, sans lien avec les influences extérieures, elle développera sa réponse, explorant de nouvelles portes et projetant l’étincelle qui pourra s’épanouir ou faire long feu.

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Un processus similaire se produit lors des longues courses du dimanche de Judi Ketteler, tronçons réservés à la pensée non structurée. «C’est un moment où je ne suis pas connectée. Personne ne peut me joindre », dit-elle. C’est aussi un moment où les tissus conjonctifs entre des sujets apparemment sans rapport émergent du chaos et se rendent visibles, prêts à être explorés.

L’Ours.

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Culture - Loisirs - Histoire

Vu pour vous : 1917.

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La superproduction de Sam Mendès décrochera-t-elle l’Oscar ? Sortie au tout début de l’année 2020 sur nos écrans, elle a déjà suscité des commentaires plus qu’élogieux, dithyrambiques.  1917 cumule pas moins de dix nominations aux Oscars 2020 : il est cité dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleure photographie, meilleure musique original, meilleur son (mixage et montage), meilleurs coiffures et maquillage et meilleurs effets spéciaux. Auparavant, le 5 janvier 2020, le film de guerre de Sam Mendes avait remporté le Golden Globe du meilleur film dramatique et celui du meilleur réalisateur.

Alors, la messe serait-elle déjà dite  ?

Le synopsis est pourtant simpliste : alors que la Première Guerre Mondiale bat son plein, deux jeunes soldats doivent porter un message au Deuxième bataillon. S’ils échouent, la troupe sera prise dans un piège dont 1600 hommes ne réchapperont pas. Schofield et Blake ont une journée pour s’infiltrer derrière les lignes ennemis et éviter la mort de leurs frères d’armes. Une mission impossible dont dépend la survie du frère de Blake… Le scénario co-écrit par Sam Mendès lui-même serait inspiré des histoires racontées par un certain Alfred Mendès, caporal… Cela fait furieusement penser au soldat Ryan, qu’il fallait aller récupérer dans le bocage normand, dernier survivant d’une fratrie de quatre, la saga racontée par Steven Spielberg.

La Normandie en Juin, la Champagne en avril … le printemps est partout : les deux films sont très esthétiques. Mais là s’arrête la ressemblance.  1917 repose sur une prouesse technique : pendant 1h 50 minutes, le public est happé « comme par le direct »  totalement au côté des deux soldats britanniques suivis par la caméra. Compliqué à tourner, 1917 est pourtant ce qu’on appelle un « faux plan séquence ». Ce n’est en effet pas un unique plan séquence qui compose le film, mais plusieurs scènes longues mises bout à bout, donnant l’impression de ne jamais être coupées grâce à des ficelles de montage et une virtuosité technique. Au total, environ 40 à 50 scènes qui ont été tournées pour les besoins de ce film de guerre, estime Sam Mendes.

Le making-of de 1917 nous en apprend davantage sur la manière dont le film a été mis en scène. Roger Deakins, légendaire directeur de la photographie a dû composer avec ce défi fou. Le film se passe quasi intégralement en extérieur et, étant donné que les personnages se déplacent tout le temps, aucun décor n’est le même, ce qui a été difficile à gérer en terme d’éclairage. « Filmer en extérieur nous rend dépendants de la lumière et de la météo et on a réalisé qu’on ne pouvait pas éclairer » car les caméras se déplaçaient parfois tellement qu’il était impossible de placer des éclairages en dehors du champ. Il a également fallu faire attention au faux-raccords causés par les nuages !

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La guerre, oui. Mais pas la boucherie.

Le film est réaliste et violent, mais ne ressemble en rien aux falaises d’Omaha de Steven Spielberg. Le spectateur est mis à l’épreuve, mais les scènes de combat ne « dégoulinent » pas dans la salle,… il n’y aura pas de malades obligés de sortir avant la fin.  Beaucoup de détails sont historiquement exacts : ainsi des tranchées et abris souterrains que les armées allemandes consolidaient et bétonnaient, alors que les alliés improvisaient et vivaient dans la boue… Autre image fidèle : le village d’Écouste, quasi rayé de la carte lors de l’incendie, ressemble aux quelques communes rasées près de Verdun, comme celle de Fleury, qui comptait 110 habitants en 1916.

Conclusion.

Un beau film, vraiment, même pour les personnes peu amatrices du genre : il se passe des choses improbables… Ici, les cerises, étincelantes au milieu de toute cette nature, jouent un rôle-clé, que je ne vous décrirai pas. Je ne suis pas un bigarreau d’avril !

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L'éditorial·Nos projets

Plénière N°121 : Des projets, des projets…

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Une fois n’est pas coutume, Christine notre présidente ne pouvait être des nôtres :  elle a involontairement ouvert un temps d’échange à nos « nouveaux venus » Hélène et Alexandre*, qui nous apportent déjà un coup de main précieux.  Hélène V. ouvre donc la plénière en nous présentant sa feuille de route, le fruit de ses réflexions, de son expérience et de son engagement :

I. La feuille de route d’Hélène.

Ma contribution 2020 – L’Humain est au cœur de mon engagement associatif

  • Vous réaffirmer mon attachement aux valeurs de co-développement déployées par BCN : s’unir pour réussir nos projets professionnels respectifs par l’engagement dans des projets collaboratifs qui nous mettent en avant
  • Rendre à BCN et à ses membres l’appui solidaire que j’ai reçu et qui m’a permis d’affiner et mon projet, reprendre confiance en moi, booster mes recherches et retrouver une mission !
  • Vous proposer quelques idées et plein de convivialité pour diversifier et renforcer le recrutement de BCN en m’appuyant sur mon expérience de Chef de projet RH.

Et comme nous sommes attentifs aux apports du marketing stratégique, Hélène poursuit par une matrice SWOT* de bon aloi :

  • Nos atouts
  • Notre positionnement innovant par le co-développement solidaire de nos membres.
  • Des valeurs affichées de l’Humain dans nos relations professionnelles et candidat/employeur qui permettent à chacun de trouver sa place et son activité
  • Une charte de communication responsable partagée.
  • Des verbatim reconnaissants reçus à l’occasion des vœux : toujours encourageants !
  • Nos Points forts
  • Pour la 1ère fois, une subvention de la Ville pour démarrer d’année
  • Des partenariats développés avec la Bretagne sur les outils A.E.C.
  • Des Ateliers Actions Emplois Compétences qui proposent un contenu riche et apprécié des membres
  • Des jeunes en service civique en appui (outils numériques) – leur renouvellement est en cours

 Plan d’action : En interne mieux se connaître et partager

Organiser des temps de convivialité : l’occasion pour un membre volontaire de proposer un lieu et de partager un contact, une cuisine ou un apéritif

Atelier en binôme « Un reporter – Un témoin » : interview d’un membre par un autre membre > présentation du témoignage en plénière

Poursuivre le déploiement sur les réseaux :

-relayer les travaux d’animation par Antoine et l’appui des jeunes en services civiques :  Facebook, Blog WordPress.

-et LinkedIn : intégrer notre programme de participations (Salon Sénior, Grand Déj, Salon Mes Atouts – Mes projets 2020, informer les anciens membres et partenaires

En externe  :  nous faire connaître de nouveaux membres et partenaires.

Atelier FLYER pour l’actualiser

Accueillir un intervenant en mini conférence (être au moins 20)

Partager des bonnes pratiques avec d’autres associations similaires

Pourquoi pas trouver de nouveaux partenariats, créer des ponts avec des associations similaires en régions limitrophes, s’appuyer sur l’expérience lyonnaise d’Alexandre.

II. Le Tour de Table.

  • Parmi les 14 participants présents, deux visages « nouveaux » : Claire qui nous informe qu’elle s’apprête à passer sa soutenance de Master 2 en management d’entreprises du spectacle, et nous informe que cette épreuve se tiendra le 30 janvier prochain à 10h45 au Neuf Bis (Maison Diocésaine, 9 bis boulevard Voltaire) en salle Blondel.
  • Elle est publique et dure 1 heure, échanges compris : la date et l’heure de ma soutenance de mémoire intitulé « La mise en oeuvre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises : des modalités spécifiques au champ culturel ?« 

 

  • Il va de soi que nous nous devons d’être présents et attentifs lors de cette soutenance, car nous avions suivi l’évolution du projet, et que son aboutissement doit être salué comme il se doit !

 

  • Le second nouveau visage de cette réunion est celui de Nathalie, qui nous arrive du monde du marketing et de la distribution. Panoplie complète dans ces domaines, incluant l’analyse stratégique, le développement de projets, la gestion de projet à caractère commercial, Nathalie projette de monter son activité de coaching – accompagnement individuel et collectifs, conduite du changement, ici à Dijon, et réfléchit à rejoindre BCN où ce profil n’est pas si courant, (on pense à Claude à Chalon, avec qui l’échange pourrait être fructueux, et bien sûr à nos propres  besoins internes) et serait donc le bienvenu !

 

Nathalie découvre donc notre manière de fonctionner : notre éthique est de ne « forcer la main à personne ». Les actions de BCN sont le reflet des personnes qui la peuplent, la fameuse auberge espagnole : bénévoles et apprenants, tous donnent et reçoivent. Son idée est de venir nous revoir lors de la prochaine plénière du 20 février et de se familiariser avec nos actions et nos projets.

A ce titre, Jérôme intervient suite à la lecture par Antoine de l’accord écrit du Conseil Départemental, pour nous donner accès à la conférence de Jean-Louis Étienne sur le Climat. Le lien vient de nous parvenir, Jérôme va le décortiquer et proposer un contenu : BCN dans son ensemble aura à définir l’accompagnement le plus adapté.

Hélène T. intervient ensuite à propos de la deuxième session 2019 d’AEC, dont la partie classique s’achève mercredi 22/01 : deux conclusions s’imposent (Cf. ci-dessus : il ne s’agit pas d’un libre-service, Nathalie qui a participé à tous les modules, effectué tous les exercices et joué le jeu pour l’article de Dijon-Mag, regrette que de nombreux participants aient abandonné en cours de route…). Les propositions écrites d’Hélène concernent la durée des sessions, le temps consacré aux échanges et au soutien. A noter que ce mercredi 22, nous attendons la venue d’Estelle, et des « deux Françoise », Françoise M. et Françoise N, qui ont déjà pris connaissance de la Charte de BCN et de son mode de fonctionnement. Bienvenue !

Les autres membres du bureau de BCN sont constitués en binôme : Fabienne est associée à Christine, Alexandre est « es qualités » associé à Danièle, et contributeur régulier du blog, enfin nos deux experts Gilles et Xavier veillent respectivement sur les volontaires de Service Civique et les statistiques. S’agissant de ce dernier point, nous avons demandé à Pôle Emploi de rétablir des publications sur la Météo des Métiers,  ce qui est pour le moins inhabituel !

III. Dans les prochaines semaines.

Quelques indications complémentaires sur l’activité de nos prochaines semaines :

  • La Commission RH va se pencher sur notre Marketing des compétences, la manière de présenter nos parcours comme autant d’opportunités, et de se voir comme un offreur de solutions plutôt qu’un demandeur d’emploi.
  • Volontaire de Service Civique : la refonte de l’appel à candidature est en discussion avec la Ligue de l’Enseignement. Pas de gros souci, des questions de présentation et de vocabulaire.
  • Les chiffres définitifs de nos publications 2019 :
  • WordPress : 5641 en progression de 73 %.
  • Facebook : 8680 en progression de 22 %.

 

Et enfin (Last, but not least), nous entrons ce 20 janvier 2020 dans la campagne de dépôt des demandes de subvention en ligne « My Dijon » : comme indiqué lors de la plénière, notre profil est désormais connu et validé dans le système, ce qui nous permet de nous concentrer sur cette question :

  • Les Ateliers d’animation : contenus et formule à définir .
    • Les Contenus appartiennent à BCN, nous pouvons les faire évoluer à la demande. (Accès direct aux modules en wifi, lors des ateliers).
    • Session sur 6 à 8 modules, plus une dizaine de modules–ateliers Web début 2020.  Approfondissement de LinkedIn, page collective.
    • Plus de coaching, plus de présence, ou plus de numérique ?

Le document d’orientation proposé par Hélène sera un outil structurant pour la constitution de ce dossier !

 

L’ours.

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P.S. : pour ce qui ne connaissent pas encore Alexandre, retrouvez son portrait BCN sur notre blog sous le titre : « Alexandre le bienheureux ».

Matrice SWOT : Forces-faiblesses /Menaces – opportunités. célèbre matrice à 4 cadrans destinée à affiner la réflexion stratégique. (de l’anglais : Strengths – Weaknesses – Opportunities – Threats). Le concept est issu du BCG (Boston Consulting Group).

 

 

 

Actualités & News·Economie·Société

La fin du modèle de l’hypermarché?

Mes cher(e)s ami(e)s bonjour,

Est-ce la fin de la consommation de masse?

Liés à l’évolution technologique et le changement de nos habitudes, les grandes enseignes telles Auchan ou Carrefour sont en réflexion et en évolution de leur modèle économique. La cause? Une perte de chiffre d’affaires ainsi qu’une diminution de fréquentation clients.

En effet, les grandes surfaces nées à l’après-guerre ne répondent plus vraiment aux attentes d’une clientèle métamorphosée. Finies les familles nombreuses en recherche d’abondance et place à un consommateur en quête de relationnel et de qualité des produits.

Pour répondre à ce changement de paradigme, on aperçoit de plus en plus d’ouvertures de commerces de proximité (spécialisés ou non). Mais attention, les « poids lourds » ne s’avouent pas vaincus, car c’est leurs filiales qui s’installent en centre-ville.

A côté de cela et pour lutter contre les mastodontes du e-commerce (Amazon, Alibaba…), des nouveautés ont déjà été mises en place comme la livraison ou le drive.

Néanmoins, les habitudes des « courses du samedi » en zones commerciales vont peut-être être amenées à se réduire?…

hypermarché en fin de vie?          la fin d’un modèle       un modèle à bout de souffle

Actualités & News·Economie

Légion d’honneur et BlackRock

Bonjour à toutes et à tous et meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2020.

Par cet article, je souhaite commencer l’année en revenant sur la polémique née par la nomination au grade d’officier de la Légion d’honneur du patron de BlackRock France : le haut fonctionnaire Jean-François Cirelli.

Mais pourquoi cette décoration a-t-elle tant fait polémique en cette période de réforme des retraites?

Et bien, selon l’opposition et certains syndicats, BlackRock en tant que société d’investissement tenterait d’influencer le gouvernement pour faire basculer notre système de retraite par répartition en un système par capitalisation (système similaire à celui utilisé au USA par exemple). Et cette « décoration » est dénoncée telle une récompense décernée par l’exécutif à un « fond de pension américain » (je cite).

En réponse à ces accusations, la filiale française s’est défendue en publiant un communiqué contredisant et précisant son absence de participation (quelle qu’elle soit) à cette réforme d’ampleur.

Je termine par présenter un peu plus ce géant méconnu de la finance.

BlackRock, société américaine, propose ses services dans plusieurs grands domaines :

  • l’investissement (gestion de fonds : 11,6 Mds de $ en 2018)
  • le conseil des Etats et des entreprises du secteur financier
  • les services technologiques : droit d’utiliser sa gigantesque base de données

 

(sources : leparisien.fr => Blackrock  ; medium.com => Blackrock et les ETFs)

 

Revue de Presse·Société

Il y a toujours de bonnes raisons pour faire quelque chose de mal.

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Le réalisateur et écrivain allemand Chris Kraus publie son quatrième roman, le premier en France, intitulé « La Fabrique des salauds », une vaste fresque historique.  Il y dépeint le déclin d’une époque, et la naissance, brutale, de la suivante. Et surtout, la capacité de l’homme à s’enfoncer dans l’horreur…

Q. Votre livre est inspiré de l’histoire familiale. Pourquoi en avoir fait un roman ?

Réponse : « Au départ, il y a un livre familial, publié uniquement pour la famille, qui n’expose que des faits pour la période 1905 – 1945. Or, mon grand-père a travaillé pour les services secrets de la S.S. du troisième Reich, avant de travailler pour la C.I.A. – comme le héros du livre. Je voulais traiter de cette thématique à travers la fiction. »

Q. Bien plus que la Seconde Guerre Mondiale, vous abordez la guerre froide, cette « irruption soudaine d’un nouveau monde »…

Réponse : « Oui, j’étais confronté, avec l’histoire familiale, à la continuité entre le nazisme et la R.F.A. J’ai voulu montrer comment, jusqu’à aujourd’hui, le passé continue à influencer le paysage politique de l’Allemagne ».

Q. Pourquoi vous être arrêté en 1974 ?

Réponse : « Déjà parce que j’avais atteint 900 pages ! j’aurais pu continuer jusqu’aux meurtres de la NSU (un groupe terroriste allemand d’extrême droite, qui a sévi de 2000 à 2011, NDLR), où tout le monde avait travaillé avec Gehlen, ex-officier de la Wehrmacht et… fondateur des services secrets allemands. Mais aussi parce que les attentats de 1972 aux J.O. de Munich et ceux de 1974 (commis par la Fraction Armée Rouge, NDLR) m’offraient une fin dramatique parfaite.

Q. Chez vos « salauds », il n’y a jamais de repentance…

Réponse : « Oui, c’est le point qui m’a le plus choqué dans ma famille. Mon grand-père, qui avait été membre des Einsatzgruppen, (les escadrons de la mort nazis, NDLR) n’a jamis montré le moindre regret. Ses frères non plus, ses amis non plus… C’est ce que je comprends le moins. C’était pourtant un homme qui avait une conscience, qui éprouvait des émotions, qui avait de l’amour pour sa famille… Et je me suis demandé « comment on devient un monstre ». Comment on peut toujours justifier ce qu’on fait de mal. Mais d’après mes recherches, les criminels n’ont pas de mauvaise conscience : il y a toujours de bonnes raisons pour faire quelque chose de mal. j’ai cherché des explications psychologiques. L’humain a développé des mensonges pour tromper son intelligence. C’est un phénomène d’autoprotection, qui conduit à se protéger contre ce qui est insupportable. Nous trompons nous-mêmes notre intelligence sur la vérité ».

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Q. La vision de la famille que vous présentez n’a rien d’un refuge…

Réponse : « Non, … en tant que romancier, on se sert de son vécu, et ma famille n’était pas un sanctuaire ! Cela m’a donné la liberté de n’avoir aucun compte à lui rendre. ma famille n’avait rien du refuge, plutôt une structure menaçante. D’ailleurs, on rejetait les gens qui venaient de l’extérieur. Dans les familles autoritaires, si on ne correspond pas au modèle, on est éjecté ».

Q. Vous en a-t-elle voulu d’utiliser l’histoire familiale ?

Réponse : « Les réactions ont été très diverses. je fais partie d’une famille nombreuse.  La seconde génération, celle de mes parents, a exprimé un rejet total, absolu, du texte. En revanche, ma génération, celle de mes cousins, a été reconnaissante d’avoir parlé  des secrets jusqu’ici cachés sous le tapis. Dans une famille nazie, on a souvent beaucoup réprimé la vérité, et évité qu’elle sorte ».

Q. Et vous-même, comment avez-vous régi en découvrant l’histoire de votre famille ?

Réponse : « C’est difficile, parce que les sentiments changent tout le temps. On passe par l’horreur, le refus de la vérité, on se découvre un zèle d’enquêteur pour trouver des réponses. J’ai ressenti un mélange d’effroi, de dégoût, mais aussi d’affection pour un grand-père aimant. Il y a ausi des sentiments positif : en dépit des conflits, cette histoire a provoqué l’aide des cousins ».

Q. Vous en avez parlé de vive voix avec votre grand-père ?

Réponse : « Mon grand-père est mort en 1989, avant la chute du Mur de Berlin. mais je n’ai appris qu’en 2000 son passé meurtrier. je l’avais aidé, pourtant, à rédiger ses mémoires… mais il avait choisi des mots à la limite du mensonge. Il n’a jamais écrit des choses vraiment fausses, mais a usé d’ellipses…. C’était codé. Par exemple : « Je ne pouvais pas éviter de participer à des expéditions punitives ». Il y avait des expressions comme « corvée de bois » – la même expression qui désignait les exécutions sommaires perpétrées pendant la Guerre d’Algérie. Il s’était débrouillé pour que, d’une certaine façon, la lecture de ses mémoires reste « clean ». j’aurais dû le comprendre tout de suite… mais je crois que ne voulais pas voir la vérité en face ».

Q. On a beaucoup comparé vote livre aux Bienveillantes de Jonathan Littell…

Réponse : « C’est un compliment pour moi. Ce livre m’a passionné. A l’époque de sa sortie, rien n’avait encore été écrit sur ce thème et de ce point de vue. J’ai aimé sa manière de mettre en scène un personnage, mais aussi un climat, avec un mélange de froideur et de rationalité. En Allemagne, son livre avait été très mal accueilli. On redoute de rendre les criminels trop humains, et ainsi de minimiser leurs actes. Sans surprise, mon livre a provoqué les mêmes réactions, le même scandale ».

Q. Que vous inspire la montée des populismes, voire des néonazis, en Allemagne, en Europe ?

Réponse : « C’est terrible, parce que c’est justement ce qu’on a essayé d’éviter, en martelant « plus jamais çà ». On a essayé au maximum de le faire passer à l’école, dans les média. Mais peut-être qu’on a trop diffusé ce message de façon officielle. On aurait plutôt dû pousser les gens à faire des recherches sur leurs proches. Il peut y voir une contradiction entre l ‘histoire officielle et le passé des familles. Je ne suis pas surpris par la montée du populisme. La meilleure preuve, c’est qu’à l’Est, où le pouvoir était communiste, le fascisme est encore plus fort. Les gens oublient vite le passé, et sont prêts à suivre tous les enchanteurs. En France, on a le même problème… »

Propos recueillis par Joël Carassio  – L’Entretien du Dimanche, « édition du 5 janvier 2020 – Le Bien Public.

Ouvrage : « La Fabrique des salauds’, éditions Belfond.

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BIO EXPRESS :

1963 : naissance à Göttingen (Allemagne de l’Ouest).

1991 – 1998 : étudie à l’académie allemande du film et de la télévision.

2006 : réalisateur, scénariste te écrivain, il connaît un grand succès avec Quatre minutes, un drame carcéral, qui collectionne les prix.

2017 : réalise The Bloom of Yesterday, avec Adèle Haenel.

2019 : Publie en France La Fabrique des salauds, son quatrième roman, sélectionné pour le Prix Fémina étranger.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Economie·Prospective

INSEE Conjoncture N°21

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Au 3e trimestre 2019, nouveau recul de l’emploi et hausse du chômage en Bourgogne-Franche-Comté.

L’emploi salarié est en baisse en Bourgogne-Franche-Comté pour le deuxième trimestre consécutif. Industrie, tertiaire marchand et non marchand  sont en repli, comme l’intérim. Seule la construction est stable ce trimestre. Le chômage, à l’inverse de sa tendance sur longue période, augmente de 0,2 point. Du côté de l’entreprenariat, le nombre de créations est en nette hausse pour les micro-entreprises et les entreprises « classiques », en particulier dans l’industrie. Le nombre des défaillances d’entreprises décroît. Comparé à l’an dernier, les demandes de permis de construire sont en forte baisse alors que les mises en chantier sont plus nombreuses. La fréquentation hôtelière diminue légèrement contrairement à celle des campings qui augmente fortement.

Amandine Ulrich, Guillaume Volmers (Insee)                                                                   Rédaction achevée le 30 décembre 2019 

1. Baisse amplifiée de l’emploi salarié régional 

Au troisième trimestre 2019, la Bourgogne-Franche-Comté compte 966 800 salariés. L’emploi salarié se replie de 0,2 %, davantage qu’au trimestre précédent (figure 1). Il baisse également en Normandie et Centre – Val de Loire. Pour le deuxième trimestre consécutif, l’emploi salarié privé perd 0,2 % de ses effectifs. L’emploi public, en hausse au trimestre précédent, se stabilise. Au niveau national, l’emploi salarié croît de 0,2 %, sur le même rythme qu’au deuxième trimestre. Le secteur public voit néanmoins sa progression légèrement ralentir à + 0,1 % contre + 0,2 % au trimestre précédent. 37 000 personnes résident en Bourgogne-Franche-Comté tout en occupant un emploi en Suisse. Il s’agit du sixième trimestre de hausse consécutif. L’augmentation, de 1 %, est moins marquée qu’au trimestre précédent.

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2.Tous les grands secteurs en repli excepté la construction.

Dans la région, la situation de l’emploi se dégrade dans les services non marchands avec 220 emplois perdus ce trimestre contre une forte hausse de 1 060 au précédent. Il en va de même dans le commerce qui perd davantage d’emplois ce trimestre. Dans l’industrie, les services marchands hors intérim, le repli se poursuit, même si celui-ci est moins prononcé qu’au deuxième trimestre. La construction reste stable ce trimestre. Sur un an, ses effectifs progressent de 0,5 % (figure 2).

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Dans la région, l’information-communication est, de loin, le sous-secteur le plus dynamique ce trimestre, + 1 %, devant les services aux entreprises, + 0,1 %. L’hébergement restauration a la meilleure croissance d’effectifs annuelle. On assiste à des pertes d’emplois dans tous les autres secteurs, notamment dans la fabrication de biens d’équipements et de matériels de transports ainsi que les services aux ménages. L’hébergement restauration qui baisse légèrement ce trimestre est le secteur qui croît le plus sur un an. Au niveau national, les évolutions restent plus favorables que dans la région et ce dans tous les secteurs. En France, quasiment tous les secteurs gagnent des emplois, en particulier la construction qui continue sur sa solide dynamique.

3. Recul de l’intérim.

En Bourgogne-Franche-Comté, l’emploi intérimaire accuse un nouveau repli ce trimestre, de 1,1 %, après 1,9 % le trimestre précédent (figure 3). Il recule de 2,2 % sur un an mais reste cependant à un niveau élevé. Les effectifs intérimaires se stabilisent ce trimestre dans l’industrie mais restent orientés à la baisse dans la construction. Le tertiaire marchand, qui représente un tiers de l’intérim dans la région perd des emplois, principalement dans le transport-entreposage et le commerce. Au niveau national, l’intérim est en baisse de 0,4% ce trimestre et de 1 % sur un an, là encore avec des évolutions plus favorables que dans la région.

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4. Croissance de l’emploi dans le Jura et en Haute-Saône.

Au troisième trimestre 2019, le Jura et la Haute-Saône sont les deux départements de Bourgogne-Franche-Comté dont l’emploi salarié est en augmentation. Il est stable en Côte-d’Or où les gains dans les services compensent les pertes dans les autres secteurs, particulièrement dans l’intérim. Il baisse dans les autres départements, surtout dans le Territoire de Belfort. Les deux départements en hausse bénéficient de gains d’emplois dans le commerce et les services non marchands. L’intérim est également très dynamique en Haute-Saône. Il est aussi bien orienté dans la Nièvre et le Territoire de Belfort mais ne permet pas de compenser le repli dans d’autres secteurs. En Saône-et-Loire et dans l’Yonne, l’emploi baisse, souvent fortement, dans l’intérim, le commerce et l’industrie. Dans le Doubs, tous les secteurs sont en baisse hormis les services marchands hors intérim.

5. Hausse du taux de chômage sauf en Haute-Saône.

En Bourgogne-Franche-Comté, à l’inverse des trois derniers trimestres, le taux de chômage augmente de 0,2 point au troisième trimestre 2019, de manière plus marquée qu’en France. Il demeure cependant nettement plus bas dans la région qu’au niveau national, 7,6 % contre 8,6 % (figure 4). La Bourgogne-Franche-Comté recule au cinquième rang des régions les moins touchées par le chômage, derrière la Bretagne, les Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-france. Ce trimestre, le chômage augmente dans tous les départements de la région, excepté en Haute-Saône où il est stable. La hausse reste contenue à 0,1 point en Côte-d’Or et dans le Doubs. Dans les autres départements, l’augmentation est la même qu’au niveau régional.

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Le Jura a le taux de chômage le plus faible, 6,3 %. À l’inverse, dans le Territoire de Belfort, il est le plus élevé, 9,1 %. Ce dernier est d’ailleurs le seul département de la région au-dessus de la moyenne nationale. Sur un an, le chômage baisse dans tous les départements, en particulier en Côte-d’Or.

6.Hausse des créations d’entreprises 

Le nombre de créations d’entreprises augmente dans la région plus fortement qu’au niveau national. Au troisième trimestre 2019, 5 800 entreprises ont été créées en Bourgogne-Franche-Comté, soit 11 % de plus qu’au trimestre précédent,contre + 4 % à l’échelle nationale. Micro-entreprises et entreprises « classiques » sont en hausse, en Bourgogne-Franche-Comté comme en France. Les micro-entreprises augmentent particulièrement ce trimestre dans la région (+ 22 %) (figure 5).

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Les créations d’entreprises augmentent dans tous les grands secteurs d’activité, en particulier dans l’industrie.

7.Baisse des défaillances d’entreprises 

Le nombre des défaillances d’entreprises enregistrées sur un an en Bourgogne-Franche-Comté est en baisse de 1,1 % par rapport à l’année précédente. Au niveau national, cette baisse, plus marquée, atteint 1,9 % (figure 6).

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Dans la région, les défaillances reculent particulièrement dans le commerce, l’industrie et les transports et entreposage. À l’inverse, elles augmentent dans la construction et les activités de soutien aux entreprises.

8.Globalement, moins d’inscrits à Pôle emploi 

En Bourgogne-Franche-Comté, le nombre de demandeurs  d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle Emploi, et n’ayant donc pas travaillé dans le mois, augmente au 3e trimestre 2019. En revanche, après deux trimestres de hausse, le nombre d’inscrits en catégorie A, B et C à Pôle Emploi repart à la baisse. La région compte ainsi 215 100 demandeurs d’emploi au troisième trimestre 2019, soit 0,4 % de moins qu’au précédent. Le repli est plus marqué au niveau national (- 0,9%). L’évolution est favorable pour toutes les tranches d’âge ce trimestre, en particulier pour les demandeurs d’emploi de 25 à 49 ans (- 0,6 %). Chez les plus âgés, la baisse est plus contenue (- 0,1 % pour les inscrits à Pôle Emploi de 50 ans ou plus). Si le nombre total de demandeurs d’emploi diminue dans la plupart des départements de la région, notamment de 1,3 % en Haute-Saône et de 0,9 % en Côte-d’Or et dans la Nièvre, il augmente cependant très modérément dans le Doubs, le Jura et le Territoire de Belfort.

9.Forte baisse des permis de construire, les mises en chantier résistent 

Le nombre de permis accordés continue de diminuer dans la région à un rythme bien plus important qu’au niveau national. En un an, 11 000 logements ont été autorisés à la construction en Bourgogne- Franche-Comté, soit 12,6 % de moins qu’un an auparavant. Le nombre de permis de construire recule dans la majorité des départements de la région, et très nettement dans la Nièvre, le Jura, le Territoire de Belfort et la Côte-d’Or. Leur nombre augmente néanmoins dans l’Yonne et en Haute-Saône. Les mises en chantier sont plus nombreuses que l’année précédente dans la région contrairement à la tendance nationale. En effet, dans la région, le nombre de logements commencés sur un an augmente de 1,8 % par rapport au troisième trimestre 2018, alors qu’il baisse de 2,9 % au niveau national. Les mises en chantier augmentent fortement dans le Territoire de Belfort et la Nièvre. À l’inverse, elles baissent particulièrement dans l’Yonne.

10.Léger recul de la fréquentation des hôtels, hausse de celle des campings.

La fréquentation hôtelière diminue légèrement par rapport à l’année précédente. La région enregistre ainsi 2 358 000 nuitées au troisième trimestre 2019, soit 0,2 % de moins qu’un an auparavant. Au contraire, à l’échelle nationale, le nombre de nuitées croît de 0,3 %. En Bourgogne-Franche-Comté, la progression de la fréquentation des résidents français ne compense pas totalement la baisse de la clientèle non résidente (en provenance de l’étranger). Les nuitées des touristes venus de Belgique, d’Allemagne, des Pays-Bas et du Royaume-Uni sont en diminution. En revanche, les touristes originaires de Chine et de Suisse sont plus nombreux que l’année précédente.

D’autre part, la fréquentation des campings augmente fortement dans la région par rapport au troisième trimestre 2018 (+ 5,7 %), grâce à la hausse conjuguée des clientèles résidente et non-résidente. l’augmentation est plus faible au niveau national (1,5 %).

∎ Insee Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n° 21 – Janvier 2020

Conclusion : La croissance française garde son rythme, portée par la demande intérieure

Au troisième trimestre 2019, la croissance française s’est de nouveau établie à + 0,3 %, portée par l’investissement des entreprises, notamment en services, et par la consommation des ménages, du fait de gains élevés de pouvoir d’achat en début d’année. Le commerce extérieur a quant à lui pesé une nouvelle fois sur la croissance.

D’ici la mi-2020, la croissance française serait comprise entre + 0,2 % et + 0,3 % par trimestre, selon la Note de conjoncture nationale de l’Insee. La consommation des ménages garderait un rythme régulier, l’investissement des entreprises ralentirait tout en restant dynamique, tandis que le commerce extérieur pèserait à nouveau sur l’activité. En moyenne annuelle, le PIB croîtrait de 1,3 % en 2019 et l’acquis de croissance s’élèverait à + 0,9 % mi-2020. Le chômage poursuivrait sa baisse progressive pour atteindre 8,2 % à l’horizon de prévision.

Perspectives : La crainte d’un retournement conjoncturel global s’atténue 

L’année 2019 aura été marquée par les nombreuses incertitudes qui ont pesé sur la croissance mondiale. Les difficultés du secteur automobile et le ralentissement de l’économie chinoise ont par exemple contribué au ralentissement global. Mais certaines incertitudes qui ont pénalisé jusqu’ici le commerce international semblent se réduire un peu : la perspective d’un Brexit sans accord paraît s’éloigner et les signes d’apaisement dans la guerre commerciale sino-américaine laissent attendre un rebond du commerce mondial. Par ailleurs, les mesures budgétaires contribueraient à soutenir l’activité en zone euro.

Insee Bourgogne-Franche-Comté 8 rue Louis Garnier 25020 Besançon Directeur de la publication : Moïse Mayo Rédacteur en chef : Katy Lequin ISSN : 2497-4609

© Insee 2020

Pour en savoir plus : 

« Clair-Obscur », Insee Note de conjoncture, décembre 2019.

Volmers G., « Chômage en Bourgogne-Franche-Comté : hausse de 0,2 point au 3e trimestre 2019 », Insee Flash Bourgogne-Franche-Comté n°96, janvier 2020.

« L’intérim en Bourgogne-Franche-Comté – Un nouveau repli au 3e trimestre 2019 », Direccte Bourgogne-Franche-Comté , janvier 2020.

 

Culture - Loisirs - Histoire

BCN a vu pour vous : Les Filles du Docteur March.

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Tout le monde a entendu parler des « Filles du Docteur March » ; aussi la superproduction sortie le 1er janvier 2020 offrait-elle l’occasion de revisiter nos souvenirs et vieilles images du roman de Louisa May Alcott, justement cité dès le générique du film. Pendant la guerre de Sécession, le Docteur March est parti au front, laissant sa femme et ses quatre filles dans leur maison de Concord,  dans le Massachussets. Jo rêve de devenir écrivain, au grand désespoir de sa très riche tante qui voudrait la voir mariée. Amy, de son côté, ambitionne d’être une peintre reconnue. Meg, qui se verrait bien actrice, se conforme davantage à ce qu’on attend d’elle et est sur le point de convoler. Beth, la cadette, a une santé fragile. Très proche d’elle, Jo l’est également de Laurie, un voisin qui finit par lui demander de l’épouser. Elle refuse d’épouser le jeune homme, qui n’est qu’un ami, et compte bien réaliser ses rêves… Plus qu’un jugement, le témoignage de deux des actrices principales paru dans l’Internaute offre une grille de lecture éclairante. Extraits :

Les Quatre Filles du Docteur March a été écrit par Louisa May Alcott en 1868 et 1869. Ces personnages peuvent-ils plaire à un public moderne ?

Florence Pugh (Amy March) : Je pense que le public continue de trouver ces personnages fascinants : ces quatre filles vivaient à une époque où il était impossible pour une femme d’avoir une carrière, de gagner son propre salaire et d’avoir une vie différente que celle qu’on avait décidé pour elles. Même aujourd’hui, leurs parcours restent inspirants. Je ne pense pas que les gens vont un jour se lasser de l’histoire de quatre jeunes femmes à qui on avait interdit de vivre la vie qu’elles désiraient, mais qui l’ont vécu malgré tout.

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                             Concord – Massassuchetts.

Saoirse Ronan (Jo March) : Greta [Gerwig, la réalisatrice, ndlr] est une réalisatrice qui possède un regard neuf. Le rythme des dialogues et la musicalité d’une scène sont essentiels pour elle, ce qui rend le film très vivant. Et le coeur de l’histoire traite du rapport d’une femme de cette époque à l’argent et au succès, mais aussi du fait que pour réussir, on a besoin de nos proches autour de nous. Donc je pense que c’est une histoire qui reste très actuelle.

Selon vous, le propos féministe de cette histoire est-il toujours d’actualité ?

Florence Pugh : Oui, bien sûr. Dans différents endroits du monde, il y a certainement des mœurs qui se rapprochent de ce que raconte le livre et le film. Comme les femmes qui subissent un mariage arrangé pour des raisons économiques. Il y a encore des endroits dans le monde où c’est toujours d’actualité. Même chez nous : on revient de loin, mais on a encore beaucoup de choses à accomplir en matière d’égalité.

Que faut-il en penser ? :

Honnêtement, on est rassuré très vite sur la réalisation : le scénario « tient », le parti pris dramatique aussi. A tout moment, un nouvel événement intervient, drame familial, nouveaux voisins, rivalités… bref, ce n’est pas la Comtesse de Ségur. De plus, le contexte de la Guerre de Sécession ne prête pas à l’insouciance ( cette guerre qui  dure de 1861 à 1865 provoque la mort de 620 000 soldats, dont 360 000 nordistes et 260 000 sudistes, ce qui en fait la guerre la plus meurtrière qu’aient connue les États-Unis à ce jour). S’il fallait mettre un petit bémol, il porterait sur le manque de « lisibilité » entre le présent et les souvenirs de Jo, (Josephine March), la narratrice : heureusement, au moment où l’intrigue se dénoue, chacun est là, bien campé dans son rôle, les personnalités et contributions de chaque membre de la famille élargie à l’oeuvre commune, limpides. Une belle famille, en vérité ! Vous aimerez.

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Actualités & News·Economie·Prospective

Flash- INSEE N°94 Populations légales en Bourgogne-Franche-Comté : 2 811 423 habitants au 1er janvier 2017

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Au 1er janvier 2017, la Bourgogne-Franche-Comté  compte 2 811 423 habitants. Entre 2012 et 2017 la région perd de la population. Les départements du Doubs et de la Côte-d’Or conservent une dynamique démographique positive. En revanche, dans les autres départements le nombre d’habitants diminue. 

Charles Pilarski, Philippe Rossignol (Insee) 

Avec 2 811 423 habitants au 1er janvier 2017, la Bourgogne- Franche-Comté rassemble 4,3 % de la population de France métropolitaine. Entre 2012 et 2017, elle est la seule région de métropole à perdre des habitants : près de 5 400. La baisse reste modeste mais elle devrait s’accentuer dans les années à venir. Cette évolution démographique est portée par un solde naturel faible sur cinq ans, les naissances l’emportant encore sur les décès jusqu’en 2015. Le solde migratoire reste légèrement déficitaire. 

Entre 2012 et 2017, six des huit départements sont désormais en décroissance démographique. Dans la Nièvre, la perte de population continue et s’accélère. C’est le département qui connaît le décrochage le plus important de métropole, devant la Haute-Marne et les Ardennes. Le Jura, la Saône-et-Loire, l’Yonne, la Haute-Saône ainsi que le Territoire de Belfort, qui gagnaient encore des habitants entre 2007 et 2012, en perdent désormais. Le retournement est particulièrement marqué pour la Haute-Saône et le Territoire de Belfort. Grâce à leur solde naturel positif, le Doubs et la Côte-d’Or sont les deux seuls départements de la région à gagner des habitants, mais à un rythme toutefois inférieur à la moyenne nationale (figure 1)

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À l’image de la région, les plus grandes communes perdent des habitants, à l’exception de Chalon-sur-Saône et surtout de Dijon qui gagne près de 4 900 habitants en cinq ans (figure 2).

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Cependant, si la population de Besançon diminue, ce n’est pas le cas de son intercommunalité dont la croissance démographique s’est amplifiée (figure 3). Situées aux franges de la région, Sens et Mâcon profitent du dynamisme des régions limitrophes, respectivement l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes : leur population augmente sensiblement. 

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Enfin, les pertes d’habitants s’accélèrent dans les communes isolées, ou situées dans des zones économiquement fragilisées. C’est le cas notamment d’Autun, de Cosne – Cours-sur-Loire, d’Audincourt et de Saint-Claude. ∎ 

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Economie·Nos synthèses par domaines.

Le Doubs : des territoires différenciés par leur économie et leurs liens avec l’extérieur

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A vocation agricole et industrielle, le Doubs est un département jeune dont la croissance démographique est soutenue, notamment par l’attractivité résidentielle de sa longue zone frontalière avec la Suisse. La population et les emplois se concentrent dans deux grands pôles économiques : le Grand Besançon Métropole à l’économie tertiarisée et le Pays de Montbéliard où l’ancrage industriel reste important malgré de fortes réductions d’emplois. Les conditions de vie plutôt favorables de la population à la frontière suisse, où le chômage et la pauvreté monétaire sont contenus, contrastent avec celles du nord-est du département. Pour se rendre à leur travail, davantage d’actifs quittent le Doubs qu’il n’en arrive. Une grande majorité travaillent en Suisse. Ceux venant travailler dans le département résident surtout en Haute-Saône. Les déplacements quotidiens sont également nombreux en provenance et à destination du Territoire de Belfort. 

Régine Bordet-Gaudin, Bénédicte Piffaut (Insee).

Avec 538 500 habitants et 103 hab/km2 en 2016, le Doubs est le deuxième département le plus densément peuplé de la région après le Territoire de Belfort. Il s’inscrit dans la tradition agricole et industrielle qui caractérise la Bourgogne-Franche-Comté. 

  1. Des atouts agricoles et industriels historiques 

Dans le département, l’agriculture est traditionnellement tournée vers l’élevage et la production de lait d’appellation d’origine protégée pour la fabrication de fromages renommés comme le Comté et le Mont d’Or. Avec une forêt qui couvre plus de 40 % de sa surface, le Doubs est au 1er rang des départements de la région pour sa production biologique naturelle et sa récolte annuelle en bois. Il bénéficie de la présence d’activités liées à l’exploitation forestière et à la transformation du bois telle que la construction bois. L’industrie est spécialisée dans la construction automobile avec l’implantation historique du groupe PSA à Sochaux, dans la métallurgie et l’agro-alimentaire ; elle représente 19 % des emplois en 2017 (sources). Dix ans après la crise de 2008, le nombre d’emplois salariés a diminué de 17,6 % contre 19,5 % dans l’industrie régionale. Malgré de fortes réductions d’effectifs, la fabrication de matériels de transport reste de loin le premier employeur industriel avec un tiers des salariés. Elle dispose, en outre, du pôle de compétitivité dans le domaine des véhicules et des mobilités du futur. Berceau de l’horlogerie, le Doubs profite aujourd’hui de l’implantation du pôle des microtechniques à Besançon qui soutient l’innovation dans de nombreux secteurs comme celui de la santé avec le cluster Innov’Health ou de l’aéronautique avec le cluster Aeromicrotech. La reconnaissance de ces savoir-faire industriels permet aux territoires « Nord Franche-Comté » et « Haut-Doubs » de bénéficier du programme national « Territoires d’industries ». En parallèle, l’emploi tertiaire progresse plus fortement dans le Doubs que dans l’ensemble de la région, et surtout dans les activités tertiaires marchandes (commerce, transports, services administratifs et de soutien, etc.), + 8,2 % au cours des dix dernières années contre + 3,5 %. Il augmente légèrement dans les activités non marchandes comprenant notamment les pôles hospitaliers de Besançon et de Pontarlier alors qu’il ne parvient pas à se maintenir dans la région. 

2. Démographie et niveau de vie soutenus par le travail frontalier 

Le Doubs est un département plutôt jeune, le plus jeune de la région. Sa croissance démographique perdure et repose sur un excédent des naissances sur les décès. Le nombre d’habitants augmente de 0,4 % en moyenne annuelle entre 2011 et 2016 alors qu’il se stabilise dans la région (figure 1). À l’horizon 2050, si les tendances récemment observées se poursuivaient, le département pourrait dépasser les 560 000 habitants. Il resterait le deuxième département le plus peuplé et le plus jeune de Bourgogne-Franche-Comté.

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Le travail en Suisse favorise l’installation de jeunes actifs sur la zone frontalière française. Avec 170 km de frontière avec le Doubs, une même identité linguistique, des salaires supérieurs, les pôles d’emplois suisses offrent des opportunités particulièrement attractives notamment dans l’industrie : 11 % des actifs du Doubs partent y travailler quotidiennement, soit 25 000 frontaliers, plaçant sur ce plan le département au 4e rang des départements français. Le Doubs est ainsi le département où le niveau de vie médian (définitions) de la population est le plus élevé de la région et le 15e de France métropolitaine. La pauvreté monétaire (définitions) y est moins répandue qu’en moyenne dans la région : 12,2 % de la population vit sous le seuil de pauvreté en 2016 contre 13,1 % en Bourgogne-Franche-Comté. Néanmoins, les inégalités de niveau de vie peuvent être très importantes. Les actifs résidant dans le département sont plus qualifiés qu’en moyenne dans la région. La part de salariés exerçant un métier d’ouvrier qualifié ou de cadre est plus élevée, en lien notamment avec les emplois d’ouvriers hautement qualifiés en Suisse et de cadres dans les agglomérations bisontine et montbéliarde.

3. Sept emplois sur dix dans le nord du département 

Son relief contrasté avec, au nord la vallée du Doubs qui va d’est en ouest, et au sud une zone de moyenne montagne le long de la frontière, a influé fortement sur la répartition territoriale des acteurs économiques, des équipements et des infrastructures (figure 2). Ainsi, la population et les emplois se concentrent au nord du département, traversé notamment par l’autoroute A36 et la ligne grande vitesse Rhin-Rhône. Les intercommunalités de Besançon et de Montbéliard regroupent, à elles seules, les deux tiers de la population et 71 % des emplois.

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4. L’agglomération de Besançon attire des actifs de Haute-Saône 

Peu d’actifs se déplacent quotidiennement entre les agglomérations de Besançon et de Montbéliard distantes de plus de 80 kilomètres et dont les profils socio-économiques sont très différents. Le Grand Besançon Métropole affiche une croissance démographique soutenue par un solde naturel positif (définitions) qui favorise le développement des services à la population. Fortement tertiarisé, il abrite notamment le Centre hospitalier régional universitaire et l’Université de Besançon (figure 3). Dans ce territoire, 25 500 actifs viennent travailler quotidiennement alors qu’un peu moins de 10 000 le quittent pour leur activité professionnelle. Conséquence de la périurbanisation, les entrants habitent pour près de la moitié dans des territoires limitrophes situés dans le département, essentiellement dans les intercommunalités du Loue-Lison et du Doubs Baumois, en croissance démographique. Les autres navetteurs sont nombreux à résider en Haute-Saône, dans le Pays du Riolais et le Val Marnaysien, et dans le Jura (figure 4).

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À l’inverse, les actifs quittant chaque jour la communauté urbaine ont un emploi dans les territoires à proximité, notamment dans le Doubs Baumois. Cette intercommunalité compte plusieurs grands employeurs dont le Centre hospitalier de Baume-les-Dames ou Termoformage à Autrechaux.

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Besançon, pôle à l’économie plutôt tertiaire ; Montbéliard davantage tourné vers l’industrie. 

Implantation des établissements d’au moins 150 salariés et effectifs salariés en 2015. 

Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté no 65 – Décembre 2019 

Les plus grands établissements de l’industrie et du tertiaire 

                                                Tranche d’effectifs salariés

Industrie 

PSA Automobiles – Sochaux 5 000 et plus 

PSA Automobiles – Valentigney 1 000-1 999

Flex-N-Gate – Audincourt 500-999

Peugeot Motocycles – Beaulieu Mandeure 200-499 

Flowbird – Besançon 200-499 

 

Tertiaire CHU de Besançon 5 000 et plus

 Département du Doubs – Besançon 1 000-1 999

Hôpital de Pontarlier 1 000-1 999 

Grand Besançon Métropole – Besançon 500-999 

Centre hospitalier spécialisé – Novillars 500-999 

Source : Insee, Clap 2015 

5. Nombreux flux quotidiens entre le Pays de Montbéliard et le Grand Belfort 

À l’extrémité nord-est du département, le Pays de Montbéliard Agglomération fédère un grand nombre d’équipementiers et sous-traitants de la construction automobile autour de Peugeot SA. Depuis 20 ans, le territoire a été fortement impacté par les transformations et restructurations industrielles liées à la mondialisation et la crise économique récente ; il continue à perdre des emplois avec une baisse de 8,2 % entre 2011 et 2016. En conséquence, sa population diminue sensiblement (– 2 % en 5 ans) et est plutôt âgée. La pauvreté monétaire y est également importante : 15,5 % de la population vit sous le seuil de pauvreté en 2016, le taux le plus élevé des intercommunalités du département. Le Pays de Montbéliard entretient des liens forts avec l’extérieur : il accueille quotidiennement 18 200 actifs qui viennent y travailler quand 11 200 résidents ont un emploi ailleurs. Les déplacements domicile-travail se font surtout en provenance et à destination du Grand Belfort, plus tertiarisé et avec lequel il forme l’essentiel du Pôle métropolitain Nord Franche-Comté. Les entrants sont davantage cadres ou exercent une profession intermédiaire et travaillent dans l’industrie ; les sortants sont majoritairement employés ou ouvriers et exercent surtout dans le tertiaire et le secteur de la construction. Les navettes sont également nombreuses vers la Suisse : un quart des actifs quittant le Pays de Montbéliard travaillent de l’autre côté de la frontière dans le Canton du Jura. Le Pays de Montbéliard attire également des actifs résidant en Haute-Saône, principalement dans le Pays d’Héricourt. Il capte, dans une moindre mesure, des actifs habitant les Deux Vallées Vertes. Ce dernier territoire compte quelques grands établissements industriels (Profialis, Fromagerie Clerval) et attire aussi de la main-d’œuvre habitant le Pays de Montbéliard. Sa population, plutôt âgée et en baisse, a le niveau de vie médian le plus faible du département. 

6. Zone frontalière : des niveaux de vie plus élevés 

Bien que situés à l’extrémité est de la région et malgré un relief montagneux, les territoires frontaliers sont très attractifs pour les jeunes actifs qui trouvent sur le marché du travail suisse dynamique des opportunités d’emplois et des salaires plus élevés. Ainsi, de 30 à 50 % de leurs actifs, principalement des ouvriers qualifiés, vont travailler en Suisse. Ces territoires gagnent donc des habitants grâce aux excédents migratoires et naturels. Ils sont ainsi devenus très résidentiels et davantage artificialisés. Cette croissance démographique s’accompagne d’un développement d’équipements et de commerces, notamment dans les intercommunalités du Plateau de Russey ou de Montbenoît. La pauvreté monétaire est contenue. La population bénéficie de revenus globalement très élevés : sur l’ensemble des sept intercommunalités de la bande frontalière, le niveau de vie médian annuel de la population atteint 27 600 € en 2016, mais il cache de fortes disparités (figure 5)

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Le développement du travail frontalier, l’installation de Suisses attirés par les prix attractifs de l’immobilier en France génèrent des tensions importantes sur le marché du logement où le montant des transactions immobilières est élevé. Ils entraînent aussi à la hausse les prix à la location, impliquant un reste à charge conséquent pour les bénéficiaires d’une aide au logement. C’est notamment le cas dans le Grand Pontarlier où un quart de ceux résidant dans le parc privé consacrent plus de 39 % de leur budget à se loger en 2016, contre 22 % des bénéficiaires dans le Doubs et 17 % dans la région. 

Ainsi, entre 2011 et 2016, la croissance démographique dans le Grand Pontarlier s’est essoufflée, désormais portée uniquement par le solde naturel. Avec 27 000 habitants, il est néanmoins le territoire le plus peuplé de la bande frontalière. Son tissu économique, plutôt tertiarisé, compte plusieurs établissements de plus de 200 salariés dont le Centre hospitalier et de grandes enseignes commerciales qui attirent les consommateurs suisses par leurs prix plus faibles. Il comprend aussi des entreprises comme Schrader et Nestlé France. De ce fait, il attire des actifs qui viennent y travailler ; près d’un emploi sur deux est occupé par des personnes résidant ailleurs. En outre, c’est le territoire de la bande frontalière où la part d’actifs travaillant en Suisse est la plus faible, 30 %. Quand c’est le cas, ils vont principalement dans le canton de Vaud. Le Val de Morteau, deuxième espace le plus peuplé de la bande frontalière avec 20 400 habitants, est fortement tourné vers la Suisse. Il est desservi par la route très fréquentée des micro techniques entre Besançon et Neuchâtel et le train des horlogers, ligne reliant Besançon à la Chaux-de-Fonds. Un actif sur deux travaille en Suisse, souvent ouvrier qualifié dans l’industrie horlogère et de précision. De nombreux cadres y habitent et travaillent également de l’autre côté de la frontière. Ce territoire, devenu très résidentiel, est ainsi celui où le niveau de vie médian annuel est le plus élevé, 30 400 € en 2016. La part de la population vivant sous le seuil de pauvreté est très faible (5,5 %) mais les personnes en situation de pauvreté monétaire ont un niveau de vie parmi les plus faibles du département (9 880 € annuels). 

7. Les Portes du Haut-Doubs sous double influence 

Au centre du département, sur les contreforts du Massif du Jura, les intercommunalités du Pays de Sancey-Belleherbe et celle des Portes du Haut-Doubs constituent deux espaces interstitiels spécifiques. Dans le Pays de Sancey-Belleherbe, très peu densément peuplé, l’économie est tournée vers l’agriculture qui concentre un quart des emplois. Sa population a un niveau de vie médian parmi les plus faibles du Doubs. Les Portes du Haut-Doubs, situées à mi-distance entre Besançon et Pontarlier forment un territoire bipolarisé. Bénéficiant de nombreuses voies de communication le reliant aux grands pôles d’emplois du département et à la Suisse, des ménages de jeunes actifs sont venus s’y installer. Son offre de services s’est développée et l’emploi a progressé du fait de son dynamisme démographique et de la jeunesse de sa population, 20 % ayant moins de 14 ans. En 2016, plus de la moitié des actifs résident et travaillent sur ce territoire agricole et tertiaire.  

Directeur de la publication : Moïse Mayo 
Rédactrice en chef : Isabelle Revillier 
25020 BESANÇON CEDEX 
Mise en page : 
Crédits photos : CRT, L. Cheviet 
ISSN : 2497-4455  Dépôt légal : décembre 2019 
© Insee 2019 

 

Economie·Société

Vous avez dit « Nudge » ?

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« Excellent départ », « Promis, ces marches vous mèneront … plus haut ». Apposés sur les escaliers de la station de métro de La Part-Dieu, à Lyon, ces messages encouragent les piétons à préférer la montée à pied, plutôt qu’en Escalator. Et ça marche ! La première expérimentation , installée fin 2014 à la Station Guillotière, à Lyon, avait donné d’excellents résultats  : le taux de fréquentation des marches avait bondi de 300 % ! Ce type d’intervention porte un nom : le « nudge » (« coup de pouce » en anglais, un concept anglo-saxon créé par les chercheurs Cass Sunstein et Richard Thaler.  « Le nudge cherche à faciliter le passage de l’intention à l’action en jouant sur l’environnement et nos biais cognitifs , explique Nicolas Fieulaine, chercheur en psychologie sociale à l’Université de Lyon 2. Appeler à la raison ne suffit pas . Notre cerveau est surchargé cognitivement. Nous oublions vite nos bonnes intentions, sauf si l’on nous y incite positivement en apportant pat exemple du sens à nos comportements. cela nous oblige, nous chercheurs, à nous intéresser à la manière de fonctionner des individus en allant enquêter sur le terrain durant plusieurs mois. »

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Dans certaines gares, apposer un visuel d’arbre au-dessus d’une poubelle a permis de booster de 25 % la qualité du tri. des dispositifs fondés sur les sons et les odeurs sont actuellement à l’étude. « Toutes nos interventions doivent être les plus transparentes possible, insiste Nicolas Fieulaine, qui enseigne le nudge à l’ENA. Mal utilisées ou appliquées au marketing, elles pourraient s’apparenter à de la manipulation.  Une charte éthique a d’ailleurs été conçue pour prévenir tout dérapage.

Valérie Josselin – Magazine Fémina du 22 décembre 2019.

Nudge, ou « coup de coude » en français1, souvent traduit « coup de pouce »2, est une technique pour inciter des personnes ou une population ciblée à changer leurs comportements ou à faire certains choix sans être sous contrainte ni obligations et qui n’implique aucune sanction. Cette méthode d’influence est qualifiée de « paternalisme libertarien » car elle permet de faire ses choix sans coercition. Elle a été mise en lumière, en 2008, par Richard Thaler et Cass Sunstein grâce à leur livre Nudge : Améliorer les décisions concernant la santé, la richesse et le bonheur. Ces derniers le définissent de la façon suivante :

« Le nudge, le terme que nous utiliserons, est un aspect de l’architecture du choix qui modifie le comportement des gens d’une manière prévisible sans leur interdire aucune option ou modifier de manière significative leurs motivations économiques. Pour ressembler à un simple « coup de pouce », l’intervention doit être simple et facile à esquiver. Les « coups de pouce » ne sont pas des règles à appliquer. Mettre l’évidence directement sous les yeux est considéré comme un coup de pouce. Interdire uniquement ce qu’il ne faut pas faire ou choisir ne fonctionne pas. »

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L'éditorial·Management·Nos projets·Prospective

Plénière N°120 : L’assemblée générale de BCN vise un second quinquennat plus offensif.

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Il est dans la boîte !… Dernières prises en compte dans la comptabilité, derniers contacts avec nos partenaires, l’AFPA, Unis-Cité, entretien de découverte avec F.E.T.E. l’association voisine située rue Jean Renoir, bref, le bouclage a été musclé. N’est-ce-pas le cas de toute édition très attendue ?

I. Que retenir de l’année 2019 ?

Avec 33 adhérents enregistrés, dont 22 votants à l’Assemblée Générale, nous sommes conformes à la prévision du Projet Associatif 2020. Cela traduit aussi une progression de 50% de l’effectif régulièrement observé en 2014 lors des réunions du groupe informel de l’APEC, Bourgogne Cadres Net (alias BCN V1).

2019 a aussi été notre année la plus active :  nos rendez-vous à l’extérieur se sont enrichis de notre participation au Salon « Mes Atouts, mes projets », animé par Hélène. Nous avons de bonnes raisons d’y retourner l’an prochain.  Mais surtout, l’activité de formation « Action Emplois Compétences » a fonctionné en continu, grâce à nos 2 volontaires en Service Civique, soutenus par toute l’équipe.

Plurielle, cette équipe peut tout faire ! Elle peut vendre des ouvrages,  animer des conférences, exposer des oeuvres d’art… La force de son collectif est telle que nous devrons toujours imaginer de nouvelles voies, pour fédérer toutes les énergies, et « raconter une histoire » de diversité, de compétences transposables, de softskills, et au final de bouquet de talents, ou mieux encore du menu épicé de notre Auberge Espagnole.

II. Nos finances.

Si nous avons donné « quitus » à Danièle en séance à l’unanimité, ce n’est pas sans raison, et nos élus le savent bien : notre pilotage financier est à la fois fin et solide, et s’appuie sur des filtres analytiques, de nature à prouver à nos financeurs que nous sommes sérieux et précis.

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Quelques extraits :

« Le Fonds associatif de BCN au 31/12/2019 s’élève à 422.30€ : il correspond au cumul des résultats depuis la création de BCN en 2015.

La comptabilité est réalisée selon les normes de la partie double, aujourd’hui nécessaire dans les présentations des dossiers soumis aux financeurs institutionnels.

Le résultat de 2019 est équilibré avec un résultat de 160.03€, certes positif, mais cela uniquement grâce à des abandons de frais de déplacement effectués au profit de l’association pour un cumul de 649.30€.

L’activité de BCN a été dynamique, puisque les 2 sessions d’ateliers de recherche d’emploi commencées en 2018 ont été finalisées en 2019 avec l’aide financière des 2 subventions chacune de 1000 € de la ville de Dijon, que nous remercions pour cet accompagnement, ce qui a permis l’intervention de 2 prestataires spécialisées en coaching et psychologie. »…

  • Le Projet 2018 « conforter le réseau pour dynamiser la recherche d’emploi » a été mené à bien et a fait l’objet du versement par la Ville, du solde en 2019, pas de reste à charge pour BCN.
  • Le projet 2019 « libérer les compétences cachées » va se terminer fin décembre 2019, la Ville de Dijon sera sollicitée pour demande de versement du solde conditionnel de 200 €. Le reste à charge est minime pour 23.55€

Le montant de charges 2019 de 5 685.32 € est 2,5 fois plus important que les charges de l’exercice précédent.

Cela provient de l’activité renforcée des 2 sessions des ateliers AEC (1000 € x 2) ainsi que des versements de l’obligation alimentaire des 2 volontaires en services civiques (107.58 x 2 x 7 mois soit 1506.12 €)

Les produits évoluent dans les mêmes proportions à 5845.35 €, avec une stabilité en montant des cotisations des adhérents (de 615 € à 620 €).

De plus, l’abandon de charge pour 649 € et la subvention par nature de 897 € participent à l’augmentation des valeurs du compte de résultat entre 2018 et 2019. Nous avons les premiers à souligner l’intérêt de cette analyse des prestations de la Ville de Dijon, dont on nous annonce une version encore plus élaborée et exhaustive : cette transparence nous va bien, car « tout ce qui est gratuit, n’a pas de valeur ».

Maîtrise des flux, maîtrise des projets, technicité reconnue par tous, et désormais renforcée, puisque nous pourrons bénéficier bientôt de l’arrivée d’un second expert, Alexandre, élu à l’unanimité au poste de Trésorier-Adjoint. Un nouveau point fort.

III. Nos ambitions.

Nous avons enrichi notre « Projet Associatif » durant l’été par une commission de réflexion élargie, dans laquelle figuraient notamment Xavier et Gilles, en plus des membres du bureau. Il s’agit d’une matrice « forces – faiblesses – opportunités – menaces » (SWOT*, un outil classique de marketing), qui nous a permis de mieux prendre conscience de notre manque de notoriété, et déclenché des efforts accrus de partenariat, de communication, et de présence à l’extérieur. Ces efforts se traduisent par une importante augmentation du poste « Déplacements » du budget de BCN.

Le second apport de ce document réside dans sa perspective triennale : l’exercice n’exprime certes, que notre ambition, mais il permet de se projeter et d’orienter les efforts. Ainsi, du fait de notre vocation d’insertion, nous ne proposons pas des « produits », mais des candidats. Ces candidats, nous les voulons prêts, « outillés » : confiants en eux-mêmes, entraînés aux pratiques actuelles, et aussi parfaitement informés de leur environnement local.

Planifier nos actions, grâce à une meilleure visibilité.

Néanmoins, sans visibilité, l’exercice est délicat : nous souhaitons obtenir l’agrément d’État « Service Civique », mais sommes pour l’instant contraints de mettre en péril notre trésorerie pour aligner 2 semestres consécutifs ! Et si nous voulons développer, il est bel et bien indispensable de pouvoir communiquer à l’avance de nos Plans d’action.

Aucune stratégie, aussi soignée soit-elle, n’a de valeur sans une mise en oeuvre tactique réaliste et efficace : c’est le 2e volet de ce plan, issu de toutes vos suggestions d’amélioration.

Points d’amélioration ou d’évolution suggérés par les participants.

1.Répartir autrement nos volontaires Service Civique. (1 Web – 1 Marketing). Il s’agit d’adapter les méthodes de marketing (SWOT* – storytelling) aux besoins de communication de nos candidats.

 2. Atelier « Mise en ligne » des CV sur le WordPress. La suggestion de ces « fiches » normalisées et mises en forme est validée.

3. Relance des ateliers RH. Hélène et Danièle se proposent de reprendre l’animation de ces ateliers, dont l’un des objectifs sera la mise en ligne évoquée 2).

4. Opération Afpa Village : il s’agit d’implanter une antenne « BCN » dans les locaux de l’Afpa, ayant pour objectif la « fertilisation croisée » entre bénévoles de BCN et les apprenants du prochain module « adjoint Responsable Espace Marchand Numérique », volontaires, l’évolution digitale de RPMS (responsables de Petites & Moyennes Structures)  formation prévue début 2020

5. Validation comme partenaire-exposant à l’accueil des Nouveaux Arrivants à Dijon : Nathalie témoigne d’une expérience favorable lors de son arrivée à Dijon, et suggère que BCN se porte candidate pour devenir exposant à cette journée. Fabienne soutient l’idée, d’autant que l’accueil est organisé avec l’appui des maisons de quartier, un bon relais de proximité. Nous sommes déjà en contact avec Aude Moulin de Dijon-Mag pour avancer sur ce projet. 

6. Rapprochement avec les associations locales proches de notre objet social : Femmes Emplois Techniques Égalité / Binôme21. Nadine souhaite organiser la coopération entre les jeunes de Binôme, futurs chercheurs d’emploi et nos formateurs. Les 2 Associations vont s’y atteler ; quant à Femmes Emplois Techniques Égalité, Cécile Ruffin nous reçoit jeudi 19 décembre pour découvrir nos objectifs et nos méthodes de travail, sachant que leur activité « se limite maintenant à 10 % d’insertion », d’où une coopération possible, si BCN peut s’appuyer sur leur réseau.

7. Modification du Règlement intérieur – Commission de communication. Antoine précise qu’à l’origine de la modification, se trouve le constat que dans l’organigramme de BCN, figurait à titre « pédagogique » le rôle d’animateur référent – Webmaster tournant tous les quadrimestres. Dès le début, mais surtout depuis 2015, il est devenu très difficile de transmettre les clés et les consignes dans un temps aussi court, et les candidats ne se bousculent pas : d’où l’inscription de cette fonction en « dur » au binôme Secrétariat, en charge de l’animation d’une commission de la communication, qui utiliserait collectivement tous les outils et leviers disponibles, et formerait un vivier de postulants.

Conclusion :

De la lecture en perspective ! Car il ne s’agit bien sûr, que d’un extrait : néanmoins, il me semble naturel de laisser le mot de la fin à Christine, notre Présidente : « Au final, notre association reste pleine d’entrain et même si notre pérennité reste encore fragile, nous continuons notre action grâce à votre présence et votre investissement. BCN est l’affaire de tous et je compte sur vous pour la faire perdurer »…

Bonnes Fêtes à tous, à vos proches et vos familles !

L_Ours_n

SWOT : Strengths – Weaknesses – Opportunities – Threats. La fameuse matrice du BCG. Boston Consulting Group.

 

 

Evènements·L'éditorial

Notre prochaine Assemblée Générale.

Une année qui se termine, c’est toujours un moment d’émotion… chacun repense aux moments de joie, aux cérémonies, aux fêtes, au succès. Et parce que rien n’est jamais tout noir ou tout blanc, aux deuils, aux déceptions, aux échecs.

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C’est de tout cela qu’il sera question à notre Assemblée Générale 2019, annoncée depuis déjà quelque temps, mais dont nous entrons maintenant dans la phase active ! Nos adhérents ont tous (?) reçus une invitation incluant un pouvoir (une procuration) pour se faire représenter lors des débats. Les consignes adéquates sont fournies, pour assurer une participation de bon aloi à cette AG. C’est pour nous la marque de l’esprit d’écoute, de coopération et de bienveillance de BCN, de ses fondateurs, de ses bénévoles, de ses amis. Alors, tous sur le pont !

Nous vous attendons tous jeudi 12 décembre 2019 à 18 heures, Salle 501 de la Maison des Associations, pour le lancement de l’année 2020, pour le plaisir d’échanger avec ceux qui sont loin, et quoiqu’il en soit donner le coup d’envoi de nos nouveaux projets autour du verre de l’amitié !

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Economie·Evènements·Pour un meilleur emploi·Société

ESS : est-elle soluble dans le capitalisme d’intérêt général ?

Ouf ! Vous pouvez répéter la question ? La Table ronde de ce vendredi 29 Novembre était l’un des jalons de ce mois consacré à l’Économie Sociale et Solidaire. Pour introduire les débats, quelques sous-questions étaient proposées en hors d’oeuvre :

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Être client d’une entreprise du CAC 40 ou sociétaire d’une entreprise d’une mutuelle de l’ESS, est-ce la même chose ? L’essor de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, l’entrée de représentants des salariés dans les conseils d’administration des grandes entreprises ou le nouveau statut des entreprises à mission introduit par la Loi Pacte semblent banaliser l’ESS. Et pourtant , les principes qui la fondent et les valeurs qu’elle défend, quand elle est exemplaire, l’opposent radicalement aux grandes sociétés de capitaux. Cela suffit-il à transformer l’ensemble de l’économie ?

I. COMMENT DÉFINIR CES CONCEPTS ?

En commençant par opposer : coté Entreprises :

– la financiarisation à outrance de l’entreprise,

– la consommation « non soutenable » des ressources naturelles.

Côté ESS :

– la consommation de biens/services collectifs  individuels.

– la démocratie de toute gouvernance.

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Jérôme SADDIER, président de la Chambre française de l’ESS, s’efforce le premier de « jouer avec les mots » du débat inversé  : Capital d’Intérêt Général et Économie Sociale et Solidaire sont tout autant des oxymores que des pléonasmes.  Les deux dépendent de la légitimité, seule à définir l’intérêt général, qui appartient au seul régulateur. Une fois celle-ci définie, c’est la sincérité des engagements qui clarifie la place de chacun.

Il y a en effet des entreprises qui depuis fort longtemps ont mobilisé des capitaux à des fins paternalistes, ou philanthropiques, et surtout oeuvré pour le bien commun en mobilisant les ressources capitalistiques que nécessitaient par exemple les grands réseaux. C’est un clin d’oeil à Jean-Marc Borello (Photo) : « Pour un capitalisme d’intérêt général », qui démontre qu’une entreprise porte en elle la capacité de résoudre les maux de notre société, tout en étant parfaitement performante économiquement. De même aujourd’hui, la RSE (responsabilité sociale et environnementale) est assumée par des entreprises clairement capitalistes.

Quant à l’ESS, a-t-elle les moyens financiers de ses ambitions ? Le financement des l’utilité sociale, de la cohésion sociale, était d’abord l’affaire du nombre des adhérents : les 16 millions de bénévoles ont permis de financer le bien-vivre. L’utilité sociale passait avant l’intérêt général.

La loi de Juillet 2014 a donné un statut à l’ESS fondé sur les critères d’utilité sociale, de  démocratie de la prise de décision, et du caractère non lucratif.  De nouveaux éléments sont apparus avec la Loi Pacte sur les entreprises à Mission. Une définition de l’agrément ESUS Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale est un pas qui permet d’être ouvert à l’égard des entreprises  qui veulent avancer.

Guy Babolat, vice-président de la CGScop : Ce qui est interrogé, c’est l’État libéral. Quelles régulations veut-il -doit-il-  mettre en place ? Quel équilibre entre travail et capital ? Pour la Fonction Publique : quelle place accordée aux usagers ? Répartition des résultats : comment trouver une clé de répartition qui a du sens ?

Dominique Mahé, président de la MAIF défend la stratégie de l’assureur militant, créée il y a  90 ans par des « hussards noirs de la république » en Vendée le 17 Mai 1934. Plutôt que de subir la loi des compagnies d’assurance, ces instituteurs ont décidé de s’assurer eux-mêmes.

Qui peut agir pour le « mieux commun » ? En respectant le sens de l’éthique, tout en délivrant de la performance ? La Loi PACTE crée les sociétés à mission, dont elle définit l’objet social. Celles-ci pourront prendre publiquement des engagements connus et opposables.

L’Économie collaborative, les startups, les SAS, les SCOPs : quel sens veulent-elles donner à leur mission ? Les choses sont claires lorsque l’on parle de missions régaliennes : éducation, santé, assurance.

Les entreprises industrielles peuvent aussi exercer une mission d’utilité sociale (exemple : fabriquer des radiateurs), tout en proposant une distribution de revenus inégalitaire.

Nadine Richez-Battesti, universitaire conclut à une situation paradoxale, directement issue de la crise actionnariale de 2008, et de la recherche de sens qui en a résulté.

1°) L’État-providence a failli dans sa définition de l’Intérêt Général : cela a entraîné des  inégalités accrues dans la répartition des droits des actionnaires. Dès 1974, des  entreprises comme Danone avaient réfléchi à des modes avancés de distribution d’actions.

2°) L’État, les Entreprises et qui ?

Quid du bénévolat ?

Le capitalisme produit de l’exclusion.

Faut-il une régulation produite ou déléguée ?

La mise en concurrence génère des coûts cachés : à l’évidence, dans les EHPAD. D’autre part, comment s’assurer qu’elle ne détourne pas des objectifs initiaux, si la régulation est négociation, voire déléguée ?

L’État doit encourager une société qui produise de la solidarité, qui prenne conscience d’une communauté de destins.

3°) L’ESS : tout le monde n’a pas envie de transformer la société !

Elle est là pour produire des biens communs, et pas à réparer du social. Pour cela, son action doit être guidée par les gains en termes de qualité de vie.

Jonathan Jeremiasz : co-fondateur de l’agence Voix Publique et de Handiamol. Il observe que la question de l’indépendance capitalistique est toujours prégnante au sein de l’ESS, que l’essentiel de son histoire est ancré dans la résistance au capitalisme. Il s’interroge sur l’émergence d’un nouveau modèle de collectif (les ZAD) et sur la kleptocratie de la Fonction Publique. (Une kleptocratie est un terme péjoratif désignant un système politique où une ou des personnes à la tête d’un pays pratiquent à une très grande échelle la corruption.).

Généralement, ces personnes pratiquent le blanchiment d’argent, de manière à dissimuler l’origine de leur richesse.

II. QUELLE SOCIÉTÉ VOULONS-NOUS ?

Dominique Mahé, défend l’alignement entre le client, le sociétaire et le coopérateur au sein de la MAIF. 700 militants entretiennent au jour le jour la flamme mutualistes des conseillers.

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C’est très différent de sociétés qui habillent leur quotidien de « green-washing » soit en créant des fondations à caractère philanthropique, soit en préconisant l’éducation à de nouveaux modes de consommation.

 

Guy Babolat, évoque la création de la SCOP Alternatives Économiques. La revue a d’abord progressé grâce au militantisme de ses rédacteurs, avant qu’ils ne deviennent ses coopérateurs.

Quelques références d’auteurs : André Glücksman qui s’interrogeait sur la nature de l’État et ses modes de régulation. L’exemple de la Taxe Carbone votée quasiment à l’unanimité a été balayée par 200.000 bonnets rouges.

Amazon a été « défendu » par les CRS à l’occasion du Black Friday ; mais Amazon a de plus en plus de clients…

Pierre Rosanvallon avait coutume de dire que la démocratie est un processus toujours en devenir.

Enfin que penser de l’appel à l’Épargne Solidaire, qui permet d’orienter les capitaux vers des objectifs d’intérêt général ? Il reste des progrès à faire, mais si « Statut ne fait pas Vertu », absence de statut non plus !

Jonathan Jeremiasz : La Loi de 2014 a permis de développer la démocratie dans les SCOPs, de répartir les revenus au vu des résultats, de créer une activité, de développer des solidarités (mais pas forcément quand l’activité est encore naissante, et qu’il serait hasardeux de soumettre les premières décisions au vote).

Pour ce qui est de la MAIF, la possibilité de devenir une entreprise « à mission », ne modifie pas son objet mais constitue une vraie opportunité de communiquer.

Sur la réinsertion des entreprises-voyous, son opinion est de toujours tendre la main, même aux plus voyous ! Et ainsi de ne se priver d’aucune ressource y compris publique, (ce que l’on nommait autrefois les fonds de concours). Attention toutefois aux dérives fiscales, notamment sur l’ISF. Et enfin, pas d’objection de principe sur l’existence des Z.A.D. tant qu’elles demeurent non-violentes.

Nadine Richez-Battesti : elle renvoie aux auteurs Desroches et Castoriadis qui avaient mis en évidence le concept de « marches instituantes ». Et regrette l’attaque contre l’ESS portée par le MEDEF, « injustement aidée » : en cherchant à obtenir la transformation des plafonds de mécénat, l’impact sur les entreprises de l’ESS risque d’être non-négligeable.

Jérôme SADDIER : 

Il ne faut pas fantasmer l’ESS : ce sont d’abord des considérations pratiques qui ont prévalu, plus qu’idéologiques. Nous vivons dans une période d’injonctions paradoxales : l’État renonce à produire, et éprouve même de plus en plus de difficultés à réguler.

Il existe 3 versions des coopératives :

-une notion juridique (définie par la Loi du 31.07.2014).

-une notion technique, la coopération faisant appel à des capitaux fermés.

-une notion idéologique (opposition sur l’origine du capital) : la question de la propriété est alors fondamentale.

Au nom de quoi, agissons-nous ?

Les critères sont désormais définis : dérives, pas de leçons à recevoir, ni à donner sur la vertu. Sur l’organisation : les structures, le fonctionnement, la répartition des résultats. Enfin, sur la communication : performance, transparence.

Conclusion : Non, l’ESS n’est pas soluble dans le Capitalisme d’Intérêt Général. En revanche, l’inverse est peut-être vrai…

Actualités & News·Economie·Revue de Presse

LVMH met la bague au doigt à Tiffany

Bonjour les amis,

Pourquoi je souhaite revenir sur l’acquisition du bijoutier américain par le géant du luxe français?

En premier lieu, je relate cette info qui vous a peut-être échappé.

Car même si cela semble éloigné de notre quotidien, il faut rappeler que lorsque l’on entend encore et toujours parler des GAFAM aux US (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), on possède en France les KHOL (Kering, Hermès, L’Oréal, LVMH).

Et oui, face aux entreprises US leaders mondiales des hautes technologies, il y a en France les leaders internationaux du luxe (un peu de chauvinisme…)!!

Ensuite, lorsque l’on cherche la personne la plus riche du monde, les noms de Bill Gates (fondateur de Microsoft) ou Jeff Bezos (fondateur d’Amazon) viennent tout de suite à l’esprit.

Et pourtant, après ce rachat du joaillier Tiffany par le numéro un mondial du luxe LVMH, c’est le « frenchy » Bernard Arnaud (PDG de LVMH) qui totalise la modeste fortune d’un montant de 109,5 Milliards de dollars et devient « l’homme le plus riche du monde » (selon les estimations du magazine Challenges).

J’espère donc que vous comprenez pourquoi je tenais à rappeler cette info, en espérant aussi vous avoir appris quelque-chose.

Merci pour votre lecture et à bientôt

 

 

Actualités & News·Nos projets·Nos synthèses par domaines.

Plénière BCN N°119 : le trimestre à mi-chemin.

Nous étions quatorze ce jeudi 21 Novembre, à nous retrouver en plénière à la Maison des Associations, dont trois nouveaux venus, Frédéric et Sylvie venus en découverte suite à une rencontre en jobdating avec Christine, et Claude, rencontrée lors du Salon « Mes atouts, mes projets ».

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Comme il est de tradition, nous consacrons le temps de découverte nécessaire à chacun de nos visiteurs, en prenant le soin d’expliquer le pourquoi de la Charte de Confidentialité, puis l’adhésion aux valeurs de BCN par la suite.  Nous ne souhaitons pas « aider les gens malgré eux » mais avec leur contribution active et volontaire, en s’appuyant sur le bon vieux principe « Aide-toi, le ciel t’aidera ». Et pour cela, chacun s’engage !

Claude, qui nous vient de Chalon, a exercé des fonctions de gestion de l’événementiel au Grand Chalon, du temps de M. Perben, puis comme commerciale dans le domaine du vin, dans lequel elle possède un Master.  Elle a également exercé le métier de chargée de vente chez Acadomia. Elle vient de terminer un cycle d’actualisation débouchant sur un titre professionnel dans le domaine marketing-communication, destiné à toiletter ses connaissances. Comme elle le dit, cette formation vient compléter une expérience, l’enjeu est maintenant de parvenir à faire préférer son profil à d’autres, frais émoulus des « schools of Business » et qui envahissent le paysage. Après un premier échange, nous avons proposé de mettre à disposition l’onglet « Nos compétences » du blog pour y publier nos Fiches Marketing : ce travail de mise en forme, nécessite de réfléchir aux éléments à mettre en avant de manière homogène pour tous nos candidats. Il s’agit d’une matrice à 4 cadrans, composée d’une partie « passé » , mes Acquis, mes Réalisations, et d’une partie en projection, mes Ambitions, mes projets. Nous y reviendrons.

Frédéric est commercial en recherche, il a oeuvré dans la distribution technique, et étant indemnisé,  a eu à subir un contrôle de Pole Emploi pour vérifier qu’il effectuait bien des recherches actives. Il accompagne Sylvie, Infirmière Diplômée et formée comme Cadre de Santé à se lancer dans sa propre activité « free-lance » dans le domaine du bien-être et du coaching de vie. Pour cela, elle suit une formation en 100% e-learning et doit passer prochainement une évaluation de 45 minutes. Nous connaissons à BCN des profils similaires, les simulations d’entretien et les échanges pourront donc être très fructueux, à tous les stades de maturation du projet : cela commence par les formations Startups de Nicéphore-Cité, car il est essentiel de ne négliger aucune étape  – notamment de gestion – durant la phase du montage. Prochain rendez-vous : le vendredi 6 décembre prochain à 08 h 30 à Chalon, co-voiturage à organiser, inscription obligatoire. (Voir le lien plus bas).

Maud : infirmière en EHPAD, apprenante assidue jusqu’à l’été, elle a dû subir une intervention chirurgicale, qui entraîne des perspectives nouvelles dans l’évolution de son métier actuel. Ce qui n’était encore qu’une piste devient depuis peu une nécessité : le goût pour l’artistique, est toujours présent, mais évolue vers le « home-staging » souvent appelé en français architecte ou décorateur d’intérieur. Dans la même veine, l’activité de « merchandising », peut proposer des postes intéressants : il ne faut pas raisonner sur les grandes entreprises ni les grandes franchises, qui s’appuient sur des concepts formatés à l’extrême, souvent conduits en régie.

Nathalie : DSI métier dans le domaine de la pharmacologie – Santé, elle est arrivée en mutation à la rentrée, et montre à plusieurs égards la « marche à suivre » : profil à jour à l’APEC et à Pôle-Emploi, inscrite à nos formations, témoin à la journée Easy-Dijon, l’accueil des nouveaux arrivants, elle illustre bien la logique « Aide-toi, le ciel t’aidera ».

Nadine : Directrice de Binôme 21, c’est une battante, elle ne rêve que d’actions de « retrouvailles » et d’initiatives communes. Après avoir passé des années dans le domaine de l’aide à la personne, la voici dans le domaine de l’aide inter-générationnelle, dans une prestation qui lui va comme un gant ! A peine recrutée à BCN, elle « faisait déjà la commerciale » sur le stand, en compagnie de son « conscrit », Gilles !

Entré à la SNCF en tant qu’électricien, Gilles est devenu contrôleur, puis manager à la commande : son expérience pratique est toujours de bon aloi, et ses avis sonnent toujours juste. En entretien d’embauche, ils s’avèrent précieux?

Jean-Louis : après des années dans la gestion informatique, il a quitté son entreprise suite à une absorption, et s’est mis à son compte dans la gestion de biens immobiliers.

Hélène : notre psychologue. Elle exerce en libéral son activité, dans le cadre d’une coopérative d’activité qui la décharge d’une partie des formalités administratives. Après de nombreuses années comme coordinatrice de projet en ONG, elle effectue encore des missions comme d’autres vont au Club Med’. Hélène assure en ce moment notre formation à la « recherche d’emploi », nom de code AEC pour Action Emploi Compétences.

Xavier : l’homme des chiffres. Quelques années comme statisticien, en agriculture puis à l’INSEE, il a aussi exercé des missions dans des cellules de reclassement et détient dans la maîtrise des outils et méthodes statistiques une expertise impressionnante.

Séraphin : Docteur en droit, formateur, ancien parlementaire, ancien ministre de l’Enseignement – Recherche et de la Justice au Gabon, Séraphin a dû quitter son pays « en désaccord » avec ses dirigeants. Il mène plusieurs activités de front : écrivain, conférencier, coach de vie et d’affaires. Il s’est spécialisé dans les Relations Internationales U.E. – Afrique – Chine, le thème de son livre.

Un mot sur l’équipe de gestion – ou bureau – de BCN : Christine, la Présidente, juriste social à la FDSEA, auparavant responsable du contentieux chez un bailleur social, a connu 3 années de doute et a vécu un épisode de burn-out chez son employeur précédent. Elle a acquis une homologation du Réseau RPBO, pour accompagner la reconstruction « post-burn-out », et déploie son énergie à aider en toute bienveillance les personnes qui se trouvent confrontées aux problèmes liés à l’emploi.

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Fabienne : Vice-présidente : Directrice des Ressources Humaines pendant 20 ans, jusqu’au moment où son entreprise a été rachetée, et où elle n’a plus été maîtresse de son destin. Depuis, elle a rejoint l’entreprise de son mari, une S.A.R.L. de conception de logiciels pour les navires, dont les produits viennent d’entrer dans leur phase de commercialisation, et dont les carnets de commandes commencent à se remplir.

Antoine : Secrétaire-animateur. Depuis sa fin de carrière chez Orange, en tant que Directeur d’Intervention, il s’emploie à activer ses réseaux professionnels pour mettre en relation les adhérents de BCN avec les acteurs du Bassin d’Emploi.

Danièle : notre Trésorière termine prochainement une mission de Manager de Transition en portage salarial. De formation comptable et Responsable Administratif, et a exercé des missions de formation et de direction.

Enfin, une mention spéciale pour Jérôme, notre ingénieur agronome en mission d’envoyé spécial de BCN sur l’événement coopératif ce soir à Besançon : son article paraîtra en même temps que le compte-rendu de la plénière ici-même.

Un mot sur les animations de la fin du trimestre : elles sont nombreuses, en raison du mois de l’ESS, qui se clôturera en beauté les 29 et 30 Novembre, par les Journées de l’Économie autrement. Menus et inscription sur le site Jeudi 29 – Vendredi 30

Jeudi  28/11 : Atelier N°3 AEC.

Jeudi 29 et Vendredi 30/11 : Journées de l’Économie autrement. (Voir lien ci-dessus).

Jeudi  05/12   : Atelier N°4 AEC. De 18 à 20 heures

Vendredi 06/12 : Module N°4 Startups De 08 à 10 h. Inscription Masterclass N°4

8h30-10h00 : Conférence sur le choix du statut social et juridique du chef d’entreprise
Avec l’intervention de Franck Duhamel et Yves Pathiaux de CAPEC
> Choix de la structure juridique appropriée et particularités dans les SARL & SAS.
> Quels sont les statuts sociaux possibles pour le dirigeant ?
> Impact sur l’exonération de la Jeune Entreprise Innovante et sur le Crédit d’Impôt Recherche.
> La protection chômage du dirigeant depuis le 1ier novembre 2019 : quoi de neuf ?
> L’associé sans statut social et le travail dissimulé … ou comment se faire peur parfois !

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Jeudi 12/12       : Assemblée Générale. Salle 501.  Organisation en cours, au moyen de l’outil « Zootch ».  La répartition des achats et des rôles sera définie sans tarder.

Vendredi 13/12 : Agriculture Connectée  Nicéphore-Cité

Mardi 17/12 :  Inauguration Cité Numérique Chalon.

Jeudi 19/12  :  Atelier N° 5 AEC. De 18 à 20 heures.

Et ensuite,… Bonnes Fêtes de fin d’année à tous !

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Economie·Pour un meilleur emploi·Société

L’Emploi autrement.

Événement Coopératif du 21 novembre 2019 à Besançon.

Accueil et Introduction : François COLAS, président comité régional BFC du Crédit Coopératif

Présentation de la problématique et Animation : Philippe FREMEAUX, éditorialiste à Alternatives Économiques

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Il ne faut pas exagérer les « grandes » transformations actuelles du marché de l’emploi. Des mutations importantes ont toujours existé comme dans les années 50 60 où le nombre d’agriculteurs s’est réduit très rapidement. Le fait marquant de notre époque est la persistance d’un chômage de masse, l’élévation générale des qualifications avec de moins en moins de jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification, mais en même temps de moins en moins d’issues possibles pour ceux qui n’ont pas de qualification. D’où un chômage d’insertion pour les non qualifiés.

Il en résulte une dualité croissante entre des personnes en emploi stable et sécure et des personnes en situation de précarité. Cela s’accompagne du retour du travail indépendant, à rebours de l’évolution antérieure. Aujourd’hui l’exercice autonome et individuel du travail encourage l’externalisation et le développement du statut d’indépendant, micro entrepreneur, et in fine une « ubérisation » du travail.

Dans le même temps, l’aspiration des jeunes à l’autonomie, voire leur nature réfractaire au management, les conduit à l’insatisfaction en situation de travail classique : ils rêvent de meilleures conditions de travail. Ils semblent donc prêts à emboîter le pas de l’externalisation, autonomisation du travail.

Pour autant, dans les grandes lignes, le salariat classique reste ultra dominant avec 90 % des emplois contre 10 % d’emplois sous forme précaire. Si les recrutements en contrats courts sont si nombreux, ils ne représentent néanmoins que 10 % des volumes d’emploi. En effet, pour leur cœur de métier, où un suivi dans la durée est nécessaire, avec une acculturation au métier et à l’entreprise avec des activités transversales, les entreprises ont besoin d’emploi stable. Le recours à l’externe se pratique pour faire intervenir des experts ou si l’entreprise est trop petite. Les cas d’emploi « externes » répondent aussi aux aspirations de liberté et d’autonomie de certains.

Profession Sport – Groupement d’employeur en Franche Comté : Mr TUDESKA

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Si la formation des encadrants sportifs est un point fort de la France, la mise en œuvre des métiers du sport était insuffisamment structurée. Le ministère des sports a donné une impulsion à la professionnalisation des métiers du sport en encourageant l’organisation et la structuration des métiers du sport. Les caractéristiques principales sont l’exercice réglementé de ces métiers (diplômes nécessaires) et la fragmentation du marché du sport, avec des besoins à temps partiels.

Les emplois sont donc inévitablement partagés sur plusieurs structures, et ils ont rapidement évolués vers la forme du groupement d’employeur, forme d’organisation déjà mise en place en agriculture.

Profession Sport a d’abord œuvré dans le secteur non marchand, auprès des Associations et des Collectivités qui deviennent adhérents du groupement d’employeur. L’expérience acquise a ensuite était valorisée auprès des plus petites structures.

La vertu du groupement d’employeur est d’amener les adhérents à bien (et mieux) calibrer leur besoin, en rupture avec les pratiques anciennes inhérentes aux contrats aidés, où les structures optaient pour des emplois à temps plein et se préoccupaient ensuite du reste à charge à trouver pour financer le poste. La fin des emplois jeunes a de ce fait était pour ces structures une opportunité pour se professionnaliser, vers une véritable approche économique de la création d’emploi.

L’intérêt pour les jeunes est de trouver un cadre unique et une stabilisation de leur emploi. Le groupement d’employeur veille également au développement des compétences des salariés par la formation pour accéder à plus de polyvalence dans le respect des réglementations s’agissant d’activités réglementées. Le salarié a ensuite l’assurance de pouvoir valoriser ses compétences sur plusieurs structures.

Après avoir travaillé dans le secteur non marchand, Profession Sport s’est tourné vers le secteur marchand où de petites entreprises ont des besoins du même ordre. L’outil pour cela est « STAFFEMPLOI », groupement d’employeur dans le secteur marchand, toujours dans le domaine des sports. Les entreprises doivent adhérer au groupement d’employeur.

STAFFEMPLOI assure le recrutement, la gestion de l’emploi et facture à l’entreprise. Il y a un seul contrat de travail, un seul interlocuteur. Cette forme d’emploi concerne 10 000 entreprises et 36 000 salariés en France. Pour STAFFEMPLOI c’est 113 salariés et 70 entreprises, avec le même engagement de suivi et de formation des salariés.

Les difficultés de recrutement des entreprises tiennent pour une part à leur posture : elles ne souhaitent pas réellement recruter ou ont des attentes irréalistes. STAFFEMPLOI fait un travail de sourcing, gère des fichiers et mobilise les réseaux ad hoc (Pôle Emploi, Mission Locale) sur des compétences bien identifiées. Pour améliorer l’arrivée du salarié dans l’entreprise, STAFFEMPLOI préconise un parcours d’adaptation à l’emploi sur 6 mois incluant les formations utiles au poste, ce temps d’adaptation est financé par l’OPCA. La pertinence du dispositif est accrue du fait que les formations sont directement et rapidement mises en œuvre dans l’entreprise en situation réelle.

L’atteinte d’un emploi à temps plein permet de fidéliser le salarié à court terme. A moyen terme (18 mois), 90 % des salariés du groupement d’employeur sont embauchés à temps plein par une des entreprises adhérentes. Ce qui est une forme évidente d’aboutissement du processus.

La Canopée – Biocoop : transformation de la SARL en SCOP.

Mr MAILLOTE, responsable de Biocoop La Canopée à Besançon.(A gauche sur la photo).

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La Canopée présente une gouvernance atypique, qui associe les producteurs, les salariés et les consommateurs. Elle est animée d’une vie coopérative forte, avec des allers-retours permanents au service du projet politique de l’entreprise : promouvoir un projet agricole bio et de proximité, et concourir au développement d’une marque nationale « Ensemble ».

Le passage d’une SARL à une SCOP s’origine dans le désir des gérants de transmettre l’entreprise tout en conservant les compétences et la nature du projet : inscrire l’ESS dans le territoire.

D’où l’engagement dans un processus de transformation en SCOP qui a pris 2 ans et demi de discussions et concerne 2 magasins et 26 salariés. Les discussions ont porté sur la charte de la future SCOP, le mandat du mandataire, les modalités de décisions internes.

Le financement de cette transformation s’est fait essentiellement par endettement de la SCOP, avec le soutien de la Banque Populaire, du Crédit Coopératif, et de la NEF, et le fonds régional dédié « Tremplin SCOP ». Les apports des sociétaires respectent une échelle de 1 à 2,5, chaque personne disposant d’une voie indépendamment du montant de son apport.

Parmi les 26 salariés, 13 sont devenus sociétaires, et les réunions ou groupes de travail thématique restent ouvertes aux non sociétaires, qui pourront le devenir ultérieurement, s’ils le souhaitent.

Aujourd’hui l’axe de travail essentiel est d’avancer dans la gouvernance partagée et l’horizontalité. Le gérant devenu mandataire conserve, selon le souhait des sociétaires, des prérogatives en matière de RH et une marge de manœuvre opérationnelle (pour des achats inférieurs à 2000 euros) afin de préserver l’efficacité. Les décisions stratégiques sont prises par l’ensemble des sociétaires.

Le principal critère de réussite aura été de prendre le temps de la discussion. Passer du « je » au « nous » n’est pas évident. Les salariés doivent passer de l’autre côté du miroir, accepter la prise de responsabilité, et l’accompagnement par l’ex gérant est nécessaire, voire déterminant.

Aujourd’hui, le projet de La Canopée Biocoop est axé sur le local, les liens et les garanties au-delà du seul label Bio, et les préoccupations sont la qualité et la pérennité des emplois.

Reportage signé : Jérôme, envoyé spécial de BCN.

 

Management

Management : les nouveaux mousquetaires.

Dans un article de la Harvard Business Review, Scott Gregory propose 4 profils caractéristiques de leaders incompétents. L’impact d’un mauvais leader est énorme

Traduit en français par Christophe Clavé.

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Dans le pire des cas, le leader est suffisamment mauvais pour démotiver tout le monde.
Les équipes sont désengagées. Les salariés travaillent pour eux-mêmes et non pour l’entreprise. Ils font leur CV, soignent leur image sur LinkedIn, entretiennent leur réseau.

Dans le meilleur des cas subsistent au sein de l’organisation quelques acteurs soucieux de son devenir. Ceux-ci s’engagent, s’investissent au maintiennent l’organisation à flot.

Cette situation présente un double désavantage. Elle dissimule la médiocrité du mauvais leader et ostracise progressivement les acteurs impliqués parce qu’ils remettent en cause par leur attitude et leur énergie les comportements désengagés.

La première catégorie de mauvais leaders est celle des leaders distants. Les leaders distants basent leurs relations avec leur équipe sur l’émotion. La communication n’est pas professionnelle, centrée sur les émotions et les ressentis. Le doute et le scepticisme sont roi et sapent les bases de la confiance.

Des leaders égocentrés

La deuxième catégorie de mauvais managers sont les leaders égocentrés. Tout tourne autour de leur personne, de leurs perceptions, de leurs intérêts. Leurs relations sont manipulatoires. Ils se préoccupent plus de leur communication personnelle que de leur rôle de leader au bénéfice de l’entreprise qui les emploie. L’intérêt de l’entreprise passe loin derrière.

La troisième catégorie de mauvais leaders recouvre les leaders conformistes. Ceux-ci priorisent la neutralité. Ce sont les leaders de l’eau tiède. Leur devise est «pas de vague». Vous ne les verrez jamais avoir une idée révolutionnaire. Jamais ils n’iront se battre pour quelqu’un de leur équipe. Pour vivre heureux vivons cachés.

La dernière catégorie de leaders est la plus néfaste dans l’entreprise: les leaders absents. Le leader absent est celui qui n’a de leader que le titre. Il a un rôle d’encadrement, de direction, de leadership mais n’en exerce aucun des attributs. C’est la forme d’incompétence au leadership la plus commune, et pourtant la moins documentée. Les leaders absents ont été promus à des postes de responsabilités, bénéficient des titres, positions hiérarchiques, salaires et avantages qui vont avec, mais n’en assument pas le rôle. Leur manque d’implication, leur absence de décision les rend néfastes pour leur organisation. Mieux vaut pas de leader qu’un leader absent.

80% des salariés dans de nombreuses études considèrent comme leur première source d’inefficacité et de démotivation ce que leur chef devrait faire et ne fait pas, devrait dire et ne dit pas, devrait décider et ne décide pas.

La plupart des leaders absents ne sont pas remis en question par leur propre hiérarchie qui se concentre sur les dysfonctionnements managériaux plus visibles.

Vous reconnaissez votre patron dans un de ces quatre profils? C’est normal. Le leadership c’est un métier. Combien de leaders ont effectivement été formés à cette tâche? Combien d’entreprises ont-elles des indicateurs de la performance du leadership?

Le leadership est une fonction essentielle de l’entreprise. L’atteinte des résultats, la motivation, l’engagement des équipes et l’innovation en dépendent. Cependant dans 80% des cas le leadership ne donne lieu ni à formation ni à évaluation.

A l’heure des talents managers, peut-être n’est-il pas trop tard pour investir dans les talents de leadership?

* Professeur de stratégie & management INSEEC SBE

>>Du même auteur, lire aussi: 

-Recrutement: il est très probable que vous vous y preniez mal

-Comment faire sans leader charismatique sous la main?

-Baisse du QI, appauvrissement du langage et ruine de la pensée

Christophe_Clavé2

Actualités & News·L'éditorial

Plénière de BCN : un rendez-vous essentiel !

Bonjour à toutes et tous,

P1010137

ce jeudi 21 Novembre, à partir de 18 heures, vous êtes attendus à la Maison des

Associations pour notre plénière !

Pour vous y rendre, les transports en commun sont bien sûr, à privilégier : Tramway T2 –

Liane L 5 –  Bus 12,18 etc. Pour nous rejoindre : les arrêts Monge ou Suquet, et l’adresse :

2 Rue des Corroyeurs à DIJON. Le N° de salle sera affiché à l’Accueil.

I. A l’ordre du jour,

l’accueil des nouveaux arrivants, suite au Grand Déj’, au Salon « Mes Atouts, mes Projets »,

ou tout simplement sur le blog WordPress.

L’avancement des démarches et contacts qui jalonnent la recherche de chacun, les

réactions, remarques et conseils du collectif.

Le point sur les activités de l’association, ses projets, ses avancées.

La participation aux événements économiques.(Formation Start-Ups, Salon Co-Next, les

Annonces ESS).

La préparation de l’Assemblée Générale du 12 Décembre 2019. (Formule souhaitée, votes

par procuration, etc).

Questions diverses, sujets parking.

Nous comptons sur vous !

 

Le Bureau de BCN.

Economie·Revue de Presse·Société

« Nous vivons un moment dangereux ».

L’Entretien du Dimanche du 22 Septembre 2019 – Thomas Piketty.

Comment un pavé de près de 1200 pages bourrées de notes sur le capitalisme et les inégalités peut-il affoler les chiffres de vente des librairies ? Rencontre avec son auteur, Thomas Piketty, dans son petit bureau de l’école d’Économie de Paris.

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Le B.P. : Un livre de 1198 pages, ça fait peur, non ?

« C’est un livre très lisible, je crois, qui ne demande pas de bagage économique. J’essaie de raconter une histoire vivante, humaine… »

Le B.P. : Pour ne pas laisser l’économie aux économistes ?

« C’est mon principal message : notre crise démocratique vient aussi d’une autonomisation excessive de l’économie par rapport à la société. C’est en partie la faute des économistes, qui ont prétendu avoir développé une science tellement scientifique que personne ne peut la comprendre. C’est une blague. »

Le B.P. : L’économie n’est pas une science ?

« C’est une science sociale. On ne peut pas séparer l’économie de l’histoire, la sociologie, la science politique… Il ne faut surtout pas abandonner l’économie aux économistes, chacun peut et doit se faire une opinion. »

Le B.P. : Votre vie personnelle peut-elle expliquer votre concentration sur les inégalités ?

« Je ne sais pas. J’ai eu 18 ans en 1989, à la Chute du Mur. Je suis parti dans les ex-pays communistes, où j’ai vu des conditions de vie très dures, et j’ai essayé de comprendre : comment la peur des inégalités du capitalisme avait conduit à ce désastre absolu. J’étais alors plus libéral, en partie par anticommunisme. Le problème est qu’après, on est allé trop loin dans l’autre sens : en Russie, en Chine, vous n’avez plus aucun impôts sur les successions ! Mes recherches m’ont aussi montré que la réduction des inégalités a été le résultat des crises : en France, les élites n’acceptent le principe d’un impôt sur le revenu qu’en juillet 1914, pour payer la guerre contre l’Allemagne. Or, c’est bien le choc des inégalités, en France, en Allemagne, dans les colonies, qui a conduit à la guerre mondiale. J’ai été marqué par l’hypocrisie d’une partie des élites qui niait le problème inégalitaire. »

Le B.P. : Vous dites que les inégalités rappellent 1914…

« L’Histoire ne se répète pas, mais nous vivons un moment dangereux. Toutes les sociétés ont besoin d’une sorte de grand récit qui justifie les inégalités, qui forge une identité. Si on abandonne toute perspective d’une économie juste, réduisant les inégalités, alors le récit de substitution est celui d’un repli nationaliste identitaire, tribal, sur la base de la couleur de la peau ou de la religion… La défiance actuelle des classes moyennes face à la mondialisation peut conduire à cela. »

Le B.P. : Pourquoi être aussi inquiet sur l’avenir de l’Europe ?

« Le vote sur le Brexit montre une telle défiance contre l’Union européenne ! Vous avez déjà eu cela lors des référendums de 1992, puis de 2005 en France, avec les 40% du haut de la société qui votaient pour, et les 60 % du bas qui votaient contre. »

Le B.P. : En précisant que vous, vous aviez voté oui…

« Oui, je l’assume, je suis un fédéraliste européen. Mais quand je vois le Brexit, je me dis qu’il est urgent de changer le cours de la construction européenne, en lui donnant des objectifs explicites de solidarité sociale, de justice fiscale, de réduction des inégalités : un impôt sur les multinationales pour financer l’éducation, un salaire minimum… Si l’on ne fait rien, le Brexit ne sera que le début d’une dislocation de l’Union. Le problème, c’est que la France, l’Allemagne et l’Italie se renvoient la balle en disant que c’est la faute des autres, ce n’est qu’une autre forme de nationalisme. »

« La crise des Gilets Jaunes m’inquiète car ses débouchés politiques et institutionnels ne sont pas clairs.

Le B.P. : Vous avez écrit votre livre pendant la Crise des Gilets  Jaunes. Cela vous a fait évoluer ?

« Cette crise confirme bien sûr certaines de mes inquiétudes sur la justice fiscale. Mais elle m’inquiète car ses débouchés politiques et institutionnels ne sont pas clairs. Je montre dans le livre que les crises sociales ne produisent pas toujours le changement escompté : ceux qui ne misent que sur la conflictualité pour améliorer les choses prennent un risque. »

« Comme par hasard on choisit de baisser l’ISF qui pèse sur les riches, et pas sur la taxe foncière qui pèse sur tous ! »

Le B.P. : Vous dites qu’il faut taxer l’héritage, mais une majorité de Français est contre…

« Je propose surtout le rétablissement d’un impôt sur la fortune. Il permettrait un allègement très fort de la taxe foncière qui reste, on l’oublie, le premier impôt français sur le patrimoine : 40 milliards d’euros, contre 5 milliards pour l’ISF. Et comme par hasard on choisit de baisser l’ISF qui pèse sur les riches, et pas sur la taxe foncière qui pèse sur tous ! »

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Le B.P. : On vous dit aussi contre la propriété…

« Au contraire, je voudrais que tout le monde reçoive une dotation de 120.000 €, pour pouvoir s’acheter un logement, créer une entreprise… je suis pour la propriété, tant qu’elle demeure d’une ampleur raisonnable. Le problème, c’est la sacralisation de la propriété, qui justifie toutes les dérives. »

Le B.P. : Vous citez beaucoup les écrivains, dont Balzac… Vous pourriez écrire un roman ?

« Je n’ai pas ce talent. J’ai un immense respect pour les écrivains, qui sont capables de rentrer dans la subjectivité de chacun, d’en comprendre la part de vérité, d’angoisse. J’essaie de le faire à mon niveau, quand j’évoque les différentes idéologies, y compris les plus extrêmes : je les restitue avec leur part de vérité, car je suis convaincu que jamais personne n’aura la vérité absolue sur le régime fiscal idéal ou l’éducation idéale. Je prône la lutte des idéologies : à la différence de la lutte des c lasses, elle a besoin de délibération  et d’échanges. Je voudrais montrer qu’on peut avoir un débat apaisé. »

Propos recueillis par Francis Brochet.

Biographie express

  • Né il y a 48 ans à Clichy, en banlieue parisienne
  • Diplômé de l’ENS, docteur en économie, il reçoit le prix du meilleur jeune économiste en 2002.
  • Conseiller économique de Ségolène Royal pour la présidentielle de 2007, il soutient François Hollande en 2012 (il le critique ensuite pour son « improvisation fiscale » et son « inertie européenne »), et Benoît Hamon en 2017.
  • Livres : L’Économie des Inégalités (La Découverte, 2004) – Le Capital au XXe siècle (Le seuil, 2013) – Capital et Idéologie (Le Seuil, 2019).
  • Marié à l’économiste Julia Cagé.

2,5 millions d’exemplaires vendus du « Capital au XXIe siècle ». Son nouveau livre est déjà en 3e position des ventes derrière Amélie Nothomb et le volumineux Volume VI de « Millénium ».

Société

Poisson d’Avril.

Hasard ? Coronavirus ? Confinement ? Ce 2e article sur la solitude (encore écrit par une femme – mais où sont les hommes ?) fait suite à celui de Londres de Paula Cocozza. Très américain, il doit nous rappeler,  – et ceci même un 1er avril – que l’essentiel est d’être solidaire, entouré, soutenu.

Jusqu’à il y a environ un siècle, presque personne ne vivait seul ; maintenant, beaucoup subissent eux-mêmes des fermetures et des blocages. Comment la vie moderne est-elle devenue si solitaire ?

 Par Jill Lepore

30 mars 2020 – Paru dans l’édition du 6 Avril 2020 du New-Yorker.

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La chimpanzé femelle du Jardin zoologique de Philadelphie est décédée des complications d’un rhume tôt le matin du 27 décembre 1878. « Mlle Chimpanzé », selon les informations, est décédée « en recevant les attentions de son compagnon ». Elle et ce compagnon, un mâle de quatre ans, étaient nés près du fleuve Gabon, en Afrique de l’Ouest; ils étaient arrivés à Philadelphie en avril, ensemble. « Ces singes ne peuvent être capturés que lorsqu’ils sont jeunes », a expliqué le directeur du zoo, Arthur E. Brown, et ils ne sont généralement pris qu’un ou deux à la fois.

À l’état sauvage, «ils vivent ensemble en petites bandes d’une demi-douzaine et construisent des plates-formes parmi les branches, à partir de branches et de feuilles, sur lesquelles ils dorment». Mais à Philadelphie, dans la maison des singes, où ils étaient juste tous les deux.

Le Philadelphia Zoological Garden a été le premier zoo des États-Unis. Il a ouvert ses portes en 1874, deux ans après la publication par Charles Darwin de «L’expression des émotions chez l’homme et les animaux», dans laquelle il a raconté ce qu’il avait appris sur les liens sociaux des primates avec Abraham Bartlett, le surintendant de la Zoological Society de Londres:

De nombreuses sortes de singes, comme m’ont assuré les gardiens des jardins zoologiques, se plaisent à se caresser et à se caresser les uns les autres, et par les personnes auxquelles ils sont attachés. M. Bartlett m’a décrit le comportement de deux chimpanzés, des animaux plutôt âgés que ceux généralement importés dans ce pays, lorsqu’ils ont été réunis pour la première fois. Ils étaient assis en face, se touchant avec leurs lèvres très saillantes; et l’un a mis sa main sur l’épaule de l’autre. Ils se sont ensuite mutuellement repliés dans leurs bras. Ensuite, ils se sont levés, chacun avec un bras sur l’épaule de l’autre, ont levé la tête, ouvert la bouche et crié de joie.

M. et Mlle Chimpanzé, à Philadelphie, n’étaient que deux des quatre chimpanzés en Amérique, et quand elle est morte, des observateurs humains ont pleuré sa perte, mais, surtout, ils ont remarqué le comportement de son compagnon. Pendant longtemps, ont-ils rapporté, il a tenté en vain de la réveiller. Puis il «est entré dans une frénésie de chagrin». Ce paroxysme concordait entièrement avec ce que Darwin avait décrit chez l’homme: «Les personnes souffrant de chagrin excessif cherchent souvent à se soulager par des mouvements violents et presque frénétiques.» Le chimpanzé endeuillé a commencé à s’arracher les cheveux de la tête. Il gémissait, faisant un bruit que le gardien de zoo n’avait jamais entendu auparavant: ah-ah-ah-ah-ah. «Ses cris ont été entendus dans tout le jardin. Il s’est précipité contre les barreaux de la cage et s’est cogné la tête contre le fond de bois dur, et quand cet éclat de chagrin a pris fin, il a mis sa tête sous la paille dans un coin et a gémi comme si son coeur allait se briser.

Rien de tel n’avait jamais été observé. Le surintendant Brown a préparé un article savant, « Grief in the Chimpanzee ». Même longtemps après la mort de la femelle, a rapporté Brown, le mâle « dormait invariablement sur une traverse en haut de la cage, revenant à une habitude héritée et montrant, probablement, que l’appréhension des dangers invisibles avait été renforcée par son sentiment de solitude ».

La solitude est un chagrin distendu. Les gens sont des primates et encore plus sociables que les chimpanzés. Nous avons faim d’intimité. Nous nous flétrissons sans lui. Et pourtant, bien avant la pandémie actuelle, avec son isolement forcé et ses distanciations sociales, les humains avaient commencé à construire leurs propres maisons de singe. Avant les temps modernes, très peu d’êtres humains vivaient seuls. Lentement, commençant il y a à peine plus d’un siècle, cela a changé. Aux États-Unis, plus d’une personne sur quatre vit désormais seule; dans certaines parties du pays, en particulier les grandes villes, ce pourcentage est beaucoup plus élevé. Vous pouvez vivre seul sans être seul, et vous pouvez être seul sans vivre seul, mais les deux sont étroitement liés, ce qui rend les verrouillages, les abris en place, beaucoup plus difficiles à supporter. Il semble inutile de dire que la solitude est terrible pour votre santé. En 2017 et 2018, les anciens États-Unis Le chirurgien général Vivek H. Murthy a déclaré une «épidémie de solitude» et le Royaume-Uni a nommé un ministre de la solitude. Pour diagnostiquer cette condition, les médecins de l’UCLA ont conçu une échelle de solitude.

Est-ce-que vous ressentez – souvent, parfois, rarement ou jamais – ces sentiments ?

Je suis malheureuse de faire tant de choses seule.
Je n’ai personne à qui parler.
Je ne peux pas tolérer d’être si seule.
J’ai l’impression que personne ne me comprend vraiment.
Je ne suis plus proche de personne.
Je ne peux me tourner vers personne.
Je me sens isolée des autres.

À l’ère de la quarantaine, une maladie en produit-elle une autre?

« Solitude » est un terme à la mode, et comme tous les termes à la mode, c’est une couverture pour toutes sortes de choses que la plupart des gens préfèrent ne pas nommer et ne savent nullement corriger. Beaucoup de gens aiment être seuls. J’aime moi-même être seule. Mais  l’isolement, que j’aime est différent de la solitude, que je déteste. La solitude est un état de profonde détresse. les neuro-scientifiques identifient la solitude comme un état d’hyper-vigilance dont les origines se trouvent chez nos ancêtres primates et dans notre propre passé de chasseurs-cueilleurs.

Une grande partie de la recherche dans ce domaine a été dirigée par John Cacioppo, au Center for Cognitive and Social Neuroscience, à l’Université de Chicago. Cacioppo, décédé en 2018, était connu sous le nom de Dr « Solitude ». Dans le nouveau livre « Ensemble : le pouvoir de guérison de la connexion humaine dans un monde parfois solitaire » (Harper Wave), Murthy explique comment la théorie évolutive de  la solitude de Cacioppo a été testée par les anthropologues de l’Université d’Oxford, qui ont retracé ses origines depuis cinquante-deux millions d’années, jusqu’aux tout premiers primates.

Les primates doivent appartenir à un groupe social intime, une famille ou un groupe, pour survivre ; cela est particulièrement vrai pour les humains (des humains que vous ne connaissez pas pourraient très bien vous tuer, ce qui n’est pas un problème commun à la plupart des autres primates).

 Séparé du groupe – se retrouver seul ou se retrouver parmi un groupe de personnes qui ne vous connaissent pas et ne vous comprennent pas – déclenche une réaction de lutte ou de fuite. Cacioppo a fait valoir que votre corps comprend être seul, ou être avec des étrangers, comme une urgence. « Au cours des millénaires, cette hyper-vigilance en réponse à l’isolement s’est enracinée dans notre système nerveux pour produire l’anxiété que nous associons à la solitude », écrit Murthy. Nous respirons vite, notre cœur bat la chamade, notre tension artérielle augmente, nous ne dormons pas. Nous agissons avec crainte, sur la défensive et sur nos propres forces, ce qui fait fuir les personnes qui pourraient réellement vouloir aider et a tendance à empêcher les personnes seules de faire ce qui leur serait le plus bénéfique: tendre la main aux autres.

L’épidémie de solitude, en ce sens, ressemble un peu à l’épidémie d’obésité. Sur le plan de l’Évolution, paniquer tout en étant seul, comme trouver des aliments riches en calories irrésistibles, est très adaptatif, mais, plus récemment, dans un monde où les lois nous empêchent (la plupart du temps) de nous entre-tuer, nous devons travailler avec des étrangers tous les jours, et le problème est plus susceptible d’être trop d’aliments riches en calories plutôt que trop peu. Cela provoque un retour de flamme.

La solitude, soutient Murthy, est à l’origine d’une multitude de problèmes: anxiété, violence, traumatisme, crime, suicide, dépression, apathie politique et même polarisation politique. Murthy écrit avec compassion, mais son argument « tout-peut-être-réduit-à-la-solitude » est difficile à avaler, notamment parce qu’une grande partie de ce qu’il a à dire sur la solitude a été dit à propos du sans-abrisme dans les années quatre-vingt-quatre-vingt-dix, quand « le sans-abrisme » était le terme en vogue – un mot plus facile à dire que «pauvreté» – et il va sans dire que cela n’a pas aidé. (Depuis lors, le nombre d’Américains sans abri a augmenté.) Curieusement, Murthy confond souvent les deux, expliquant la solitude comme se sentant sans abri. Appartenir, c’est se sentir chez soi. «Être à la maison, c’est être connu», écrit-il. La maison peut être n’importe où.

Les sociétés humaines sont si complexes que les gens ont des liens significatifs et intimes de toutes sortes, avec toutes sortes de groupes d’autres personnes, même à travers des distances. Vous pouvez vous sentir chez vous avec des amis, ou au travail, ou dans une salle à manger universitaire, ou à l’église, ou au Yankee Stadium, ou dans votre bar de quartier. La solitude est le sentiment qu’aucun endroit n’est à la maison. «Communauté après communauté», écrit Murthy, «j’ai rencontré des personnes seules qui se sentaient sans abri même si elles avaient un toit au-dessus de leur tête.» Peut-être que ce dont les personnes en solitude et les sans-abri ont besoin, ce sont des maisons avec d’autres humains qui les aiment et en ont besoin, et de savoir qu’ils sont nécessaires à eux dans les sociétés qui se soucient d’eux. Ce n’est pas un programme politique. C’est un réquisitoire contre la vie moderne.

Dans « A Biography of Loneliness: The History of an Emotion » (Oxford), l’historienne britannique Fay Bound Alberti définit la solitude comme «un sentiment conscient et cognitif d’aliénation ou de séparation sociale des autres signifiants», et elle s’oppose à l’idée que c’est universel, trans-historique et la source de tout ce qui nous afflige. Elle soutient que la condition n’existait vraiment pas avant le XIXe siècle, du moins pas sous une forme chronique. Ce n’est pas que les gens – les veuves et les veufs en particulier, et les très pauvres, les malades et les parias – n’étaient pas seuls ; c’est que, puisqu’il n’était pas possible de survivre sans vivre avec d’autres personnes, et sans être lié à d’autres personnes, par des liens d’affection, de loyauté et d’obligation, la solitude était une expérience passagère. Les monarques étaient probablement solitaires, chroniquement. (Hé, c’est le sommet de la solitude !)

Mais, pour la plupart des gens ordinaires, la vie quotidienne impliquait des réseaux si complexes de dépendance et d’échange – et d’abris partagés – qu’être chroniquement ou désespérément solitaire, c’était mourir. Le mot «solitude» apparaît très rarement en anglais avant 1800 environ. Robinson Crusoé était seul, mais jamais seul. Une exception est «Hamlet»: Ophélia souffre de «solitude» ; puis elle se noie.

La solitude moderne, selon Alberti, est l’enfant du capitalisme et de la laïcité. «Beaucoup de divisions et de hiérarchies qui se sont développées depuis le XVIIIe siècle – entre soi et le monde, l’individu et la communauté, le public et le privé – ont été naturalisées à travers la politique et la philosophie de l’individualisme», écrit-elle. « Est-ce une coïncidence si un langage de solitude a émergé en même temps ? » Ce n’est pas un hasard. La montée de la vie privée, elle-même un produit du capitalisme de marché – la vie privée étant quelque chose que vous achetez – est un moteur de la solitude. Il en va de l’individualisme, pour lequel vous devez également payer.

Le livre d’Alberti est une histoire culturelle (elle propose une lecture anodine des «Hauts de Hurlevent», par exemple, et une autre des lettres de Sylvia Plath ). Mais l’histoire sociale est plus intéressante, et là, la bourse démontre que toute épidémie de solitude dont on peut dire qu’elle est étroitement liée au fait de vivre seul. Que vivre seul rend les gens seuls ou que les gens vivent seuls parce qu’ils sont seuls peut sembler plus difficile à dire, mais la prépondérance des preuves soutient la première: c’est la force de l’histoire, et non l’effort de choix, qui conduit les gens à vivre seuls. C’est un problème pour les gens qui essaient de lutter contre une épidémie de solitude, car la force de l’histoire est implacable.

Avant le XXe siècle, selon les meilleures études démographiques longitudinales, environ cinq pour cent de tous les ménages (soit environ un pour cent de la population mondiale) étaient composés d’une seule personne. Ce chiffre a commencé à augmenter vers 1910, sous l’effet de l’urbanisation, du déclin des domestiques, de la baisse du taux de natalité et du remplacement de la famille traditionnelle multi-générationnelle par la famille nucléaire. Au moment où David Riesman a publié « The Lonely Crowd», En 1950, neuf pour cent (9%) de tous les ménages étaient composés d’une seule personne. En 1959, la psychiatrie a découvert la solitude, dans un essai subtil de l’analyste allemande Frieda Fromm-Reichmann. «La solitude semble être une expérience si douloureuse et effrayante que les gens feront pratiquement tout pour l’éviter», a-t-elle écrit.

Elle aussi recula d’horreur devant sa contemplation. « Le désir d’intimité interpersonnelle demeure en chaque être humain de l’enfance à la mort », écrit-elle, « et il n’y a aucun être humain qui soit menacé de sa perte. » Les gens qui ne sont pas seuls sont tellement terrifiés par la solitude qu’ils évitent le solitaire, craignant que la condition ne soit contagieuse. Et les gens qui sont seuls sont tellement horrifiés par ce qu’ils vivent qu’ils deviennent secrets et obsédés par eux-mêmes – «cela produit la triste conviction que personne d’autre n’a vécu ou ne ressentira jamais ce qu’ils vivent ou ont vécu», écrit Fromm-Reichmann. Une tragédie de la solitude est que les personnes seules ne peuvent pas voir que beaucoup de gens ressentent la même chose qu’eux.

« Au cours du dernier demi-siècle, notre espèce s’est lancée dans une expérience sociale remarquable », a écrit le sociologue Eric Klinenberg dans  » Going Solo: The Extraordinary Rise and Surprising Appel of Living Alone »», ouvrage datant de 2012.

« Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un grand nombre de personnes – à tous les âges, en tous lieux, de toutes les tendances politiques – ont commencé à s’installer en singletons». Klinenberg considère qu’il s’agit en grande partie d’un triomphe ; plus vraisemblablement, c’est une catastrophe. À partir des années 1960, le pourcentage de ménages monoparentaux a augmenté à un rythme beaucoup plus élevé, entraîné par un taux de divorce élevé, un taux de natalité toujours en baisse et une durée de vie plus longue. (Après l’avènement de la famille nucléaire, les personnes âgées ont commencé à résider seules, les femmes survivant généralement à leurs maris.) Une littérature médicale sur la solitude a commencé à émerger dans les années quatre-vingt-quatre-vingt-dix, en même temps que les décideurs politiques s’en sont inquiétés et ont baptisée « L’itinérance ». Celle-ci est une condition beaucoup plus grave que d’être un ménage d’une personne : être sans domicile c’est être un ménage qui n’a pas de maison. Cacioppo a commencé ses recherches dans les années 90, alors même que les humains construisaient un réseau d’ordinateurs, pour nous connecter tous. Klinenberg, diplômé de l’université en 1993, s’intéresse particulièrement aux personnes qui ont choisi de vivre seules à ce moment-là.

Je suppose que j’étais l’un d’eux. J’ai essayé de vivre seul quand j’avais vingt-cinq ans, car cela me semblait important, la façon de posséder un meuble que je ne trouvais pas dans la rue me semblait importante, comme signe que j’étais devenu majeur, que je pouvais payer un loyer sans avoir besoin d’une sous-location. Je pourrais me permettre de m’offrir mon intimité, comme on dirait maintenant, mais je suis sûr que j’aurais dit que j’étais devenu «ma propre personne». Je n’ai tenu que deux mois. Je n’aimais pas regarder la télévision seul, et je n’avais pas non plus de télévision, et si ce n’est l’âge d’or de la télévision, c’était l’âge d’or des Simpsons, alors j’ai commencé à regarder la télévision avec la personne qui vivait dans l’appartement voisin. J’ai emménagé avec elle, puis je l’ai épousée.

Une telle expérience pourrait ne pas toujours se terminer si bien dans l’histoire que raconte Klinenberg ; il fait valoir que les technologies de communication en réseau, à commencer par l’adoption généralisée du téléphone, dans les années cinquante, ont contribué à rendre la vie seule possible. Radio, télévision, Internet, réseaux sociaux : on se sent chez soi en ligne. Ou pas. Le livre influent de Robert Putnam sur le déclin des liens communautaires américains, «Bowling seul», est sorti en 2000, quatre ans avant le lancement de Facebook, qui monétisait la solitude. Certaines personnes disent que le succès des médias sociaux est le produit d’une épidémie de solitude ; certaines personnes disent qu’il y a contribué ; certains disent que c’est le seul remède.

Créez du lien ! Déconnectez-vous! The Economist a déclaré que la solitude était «la lèpre du 21e siècle». L’épidémie n’a fait que s’aggraver.

Ce n’est pas un phénomène particulièrement américain. Vivre seul, bien que courant aux États-Unis, est plus courant dans de nombreuses autres parties du monde, notamment en Scandinavie, au Japon, en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, en Australie et au Canada, et il est en augmentation en Chine, en Inde et au Brésil. La vie seule fonctionne mieux dans les pays disposant de solides soutiens sociaux. Cela fonctionne plus mal  dans des endroits comme les États-Unis. Il vaut mieux avoir non seulement un Internet mais un filet de sécurité sociale.

Puis le grand confinement mondial a commencé : isolement forcé, distanciation sociale, fermetures, fermetures, un jardin zoologique humain mais inhumain. Le zoo vaut mieux que rien. Mais pour combien de temps? Et qu’en est-il du moment où votre connexion se bloque : la panique, la dernière égalité rompue? C’est une expérience terrible et effroyable, un test de la capacité humaine à supporter la solitude. Tirez-vous vos cheveux? Vous précipitez-vous contre les murs de votre cage ? Est-ce-que si vous êtes  enfermé à l’intérieur, vous vous débattez, pleurez et gémissez ?

Parfois, rarement ou jamais ? Plus aujourd’hui qu’hier ? 

Publié dans l’édition imprimée du numéro du 6 avril 2020 , avec le titre «The Isolation Ward».

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 Jill Lepore est rédactrice au New Yorker et professeure d’histoire à l’Université Harvard. Plus tard cette année, elle publiera son quatorzième livre, « If Then: How the Simulmatics Corporation Invented the Future ».

 

 

Formation et professionnalisation

Quelques astuces pour celles et ceux qui s’ennuient.

Confinement

Pour ceux qui ont jeté un coup d’oeil sur LinkedIn aujourd’hui, difficile de manquer la recommandation de Tracey, recommandant la visite virtuelle de musées. Excellent choix, en effet ! Pas de geste-barrière, pas d’attestation minutée, pas de billet coupe-file, etc. D’autres préfèreront sans nul doute l’Hymne à la Joie de l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam, ou la quotidienne de Francis Cabrel… qui nous emmènera, paraît-il, au-delà du 15 Avril.

Mon propos se veut plus raisonnable : comment trouver à se former ou se documenter « utilement » … ? Aïe, aïe, aïe. Heureusement je ne suis pas le seul à y avoir pensé. Hélène m’a adressé cette excellente recommandation :

France Université Numérique : Le  Mooc ouvre ses archives et des cours commencent bientôt. certains peuvent être très intéressants, notamment un sur « les usages du web » qui commence mardi.

 

Le module démarrait le 24 Mars… Mais nous avons été un peu confinés depuis !

 

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De mon coté, j’ai repéré quelques tuyaux qui pourraient vous intéresser : la sélection d’ouvrages numériques (e-books) gratuits, parmi lesquels chacun devrait pouvoir trouver son bonheur. Tout y passe  : action publique, sécurité, justice, éducation, environnement, économie, communication. Voici le lien :

Vie publique

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Bonnes lectures et découvertes à tous.

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